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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Cession de parts de SCI 2026 Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Guide SCI Familiale 2026 SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Le guichet unique INPI Statuts SCI : rédiger des statuts solides Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

SCI et sous-location : ce que le bailleur peut autoriser ou refuser (2026)

Un voisin vous signale que « des touristes avec des valises » entrent tous les week-ends dans l'appartement que votre SCI loue depuis quatre ans. Vous tapez l'adresse sur une plateforme : elle y est, 130 € la nuit, quarante-sept commentaires. La première question qui vient à l'esprit est « ai-je le droit de l'en empêcher ? ». Mauvaise question. La réponse est oui, et elle est écrite noir sur blanc depuis 1989. La bonne question, celle qui décide de ce que vous allez récupérer, est ailleurs : que peut réclamer la SCI maintenant que la sous-location a déjà eu lieu ?

Sur ce point précis, le droit a bougé. Depuis un arrêt de la troisième chambre civile de la Cour de cassation du 12 septembre 2019, les sous-loyers encaissés sans autorisation ne sont plus seulement une faute contractuelle : ce sont des fruits civils qui appartiennent au propriétaire par accession. Autrement dit, l'argent que votre locataire a gagné avec votre immeuble n'a juridiquement jamais été le sien. Deux arrêts de 2022 et 2023 ont ensuite verrouillé le calcul : restitution intégrale, sans déduction du loyer principal. Et deux arrêts de janvier 2026 ont ouvert un second front, du côté de la plateforme elle-même.

Ce guide déroule la mécanique bail par bail (habitation, meublé de tourisme, commercial, professionnel), puis la partie que personne n'explique jamais correctement : comment prouver, comment chiffrer, comment réclamer, et comment écrire l'opération dans les comptes de la SCI sans se créer un problème fiscal en réglant un problème locatif.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, code de commerce, code civil, code de la construction et de l'habitation, BOFiP). Mis à jour le 4 août 2026.


1. La sous-location en bail d'habitation : la règle de l'article 8 de la loi de 1989

Le cas le plus fréquent d'abord : votre SCI a signé un bail d'habitation et le locataire installe quelqu'un d'autre dans les murs, contre paiement. Tout le régime tient alors dans un seul article. Un article court, que presque personne ne lit jusqu'au bout — et c'est précisément la fin qui est intéressante.

Le texte, mot pour mot

Tout part de l'article 8 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. Trois alinéas, une centaine de mots. Chacun règle une question que les gérants de SCI nous posent toutes les semaines :

Article 8 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989

« Le locataire ne peut ni céder le contrat de location, ni sous-louer le logement sauf avec l'accord écrit du bailleur, y compris sur le prix du loyer. Le prix du loyer au mètre carré de surface habitable des locaux sous-loués ne peut excéder celui payé par le locataire principal. Le locataire transmet au sous-locataire l'autorisation écrite du bailleur et la copie du bail en cours. »

« En cas de cessation du contrat principal, le sous-locataire ne peut se prévaloir d'aucun droit à l'encontre du bailleur ni d'aucun titre d'occupation. »

« Les autres dispositions de la présente loi ne sont pas applicables au contrat de sous-location. »

Quatre règles sortent de ce texte. Elles se cumulent : il suffit d'en manquer une pour que la sous-location soit irrégulière, même si les trois autres sont respectées à la lettre.

Règle 1 : l'accord doit être écrit, et le silence ne vaut rien

Le mot « écrit » n'est pas décoratif. Un accord donné au téléphone, un « oui, pourquoi pas » lâché pendant un état des lieux, un courrier du locataire resté sans réponse : rien de tout cela n'est l'autorisation exigée par l'article 8. Retenez bien cette asymétrie, parce qu'elle s'inverse au chapitre 4 : en bail commercial, le silence du bailleur, lui, produit des effets.

Formalisez donc votre accord dans un document distinct du bail, daté et signé par le gérant. Une SCI ne parle que par son représentant légal. Si votre société a deux gérants, ou une clause statutaire qui limite leurs pouvoirs, regardez qui a qualité pour signer un acte engageant la SCI sur un bail avant d'envoyer quoi que ce soit. Une autorisation signée par un associé non gérant n'engage pas la société. Vous auriez fabriqué un contentieux là où vous vouliez en éviter un.

Règle 2 : l'accord doit porter « y compris sur le prix du loyer »

Voilà la précision qu'on oublie le plus. « La SCI autorise M. X à sous-louer une chambre » : cette phrase, telle quelle, ne remplit pas la condition légale. Il manque le prix. Un locataire qui obtient un accord de principe puis fixe librement son tarif n'a pas d'autorisation valable, il a un bout d'autorisation.

La logique du texte est facile à comprendre : il s'agit d'empêcher que le locataire fasse commerce du bien de la SCI. Et comme le bailleur d'habitation ne peut pas, lui, augmenter son propre loyer quand le sous-loyer s'envole (le bail commercial, si — voir plus loin), le législateur lui a donné ce droit de regard en amont. C'est son seul levier économique.

Règle 3 : le plafond au mètre carré de surface habitable

Le deuxième membre de phrase de l'alinéa 1 pose un plafond impératif : le prix du sous-loyer, ramené au mètre carré de surface habitable, ne peut pas dépasser celui payé par le locataire principal. Attention à la mécanique du calcul. On ne compare pas deux montants globaux, on compare deux prix unitaires. Une chambre sous-louée 350 € dans un bail à 900 € peut parfaitement être illégale.

Situation Calcul Sous-loyer maximum
Bail 60 m² à 900 € — sous-location d'une chambre de 14 m²900 / 60 = 15 €/m² → 15 × 14210 €
Bail 40 m² à 800 € — sous-location totale800 / 40 = 20 €/m² → 20 × 40800 €
Bail 75 m² à 1 200 € — sous-location de 30 m²1 200 / 75 = 16 €/m² → 16 × 30480 €
Bail 40 m² à 800 € — sous-location saisonnière à 1 900 €/moisPlafond 800 € dépasséIrrégulier même avec accord

Tirez-en la conséquence pour la courte durée, elle est décisive. Une sous-location touristique n'est rentable que si le prix au mètre carré dépasse largement celui du bail principal. C'est même toute sa raison d'être. Le plafond de l'article 8 la vide donc de son intérêt : autorisée au prix au mètre carré du bail principal, elle ne rapporte plus rien au locataire. Précisons la mécanique. Ce plafond est analysé par les juges du fond comme un ordre public de protection, joué au bénéfice du sous-locataire, qui peut réclamer au locataire principal la répétition de ce qu'il a payé en trop (CA Nancy, 2e ch. civ., 25 octobre 2018, RG n° 16/02398) ; il ne frappe pas de nullité l'autorisation du bailleur en tant que telle. La Cour de cassation ne s'est pas prononcée sur ce point. Mais pour la SCI, autoriser au-delà du plafond serait doublement contre-productif : elle couvrirait une pratique dont le sous-locataire pourra demander la réduction, et surtout elle perdrait le bénéfice de la restitution des sous-loyers, qui ne joue que « sauf lorsque la sous-location a été autorisée » (voir le chapitre 3). Voilà pourquoi, dans la quasi-totalité des affaires jugées, il n'y avait pas d'autorisation valable.

Règle 4 : la remise de deux documents au sous-locataire

Le locataire doit transmettre au sous-locataire l'autorisation écrite du bailleur et la copie du bail en cours. L'obligation pèse sur le locataire, pas sur la SCI. Elle sert quand même le bailleur : un sous-locataire censé avoir lu le bail principal aura beaucoup de mal, ensuite, à plaider qu'il ignorait tout des limites de son occupation.

Le sous-locataire n'a aucun droit contre la SCI

L'alinéa 2 verrouille ce qui inquiète le plus les bailleurs. À la cessation du bail principal, le sous-locataire ne peut se prévaloir d'aucun droit contre le propriétaire ni d'aucun titre d'occupation. Congé, résiliation, arrivée du terme : quelle qu'en soit la cause, la sous-location tombe avec le bail. La SCI n'hérite pas d'un occupant. C'est une protection considérable, et elle est trop peu connue.

L'alinéa 3 ajoute que les autres dispositions de la loi de 1989 ne s'appliquent pas au contrat de sous-location. Elle relève donc largement du droit commun du louage (articles 1713 et suivants du code civil) : pas de durée minimale imposée au contrat de sous-location (à ne pas confondre avec la durée du bail principal : six ans quand le bailleur est une personne morale, donc quand c'est votre SCI qui loue, article 10 de la loi de 1989, ou trois ans lorsqu'il s'agit d'une SCI familiale au sens de l'article 13), pas de régime de congé calqué sur le bail d'habitation, pas d'encadrement du dépôt de garantie tiré de l'article 22. Attention au contresens habituel : « pas la loi de 1989 » ne veut pas dire « aucune règle ». Cela veut dire un autre corpus, en général moins protecteur du sous-locataire.

Ce qui n'est pas une sous-location

Avant d'aller plus loin, écartons trois situations qu'on nous présente régulièrement comme des sous-locations et qui n'en sont pas. Se tromper de qualification, c'est envoyer la mauvaise lettre à la mauvaise personne.

  • L'hébergement gratuit d'un proche. La sous-location suppose une contrepartie financière. Accueillir son conjoint, son enfant majeur, un parent ou un ami sans percevoir de somme n'entre pas dans l'article 8. Depuis l'arrêt Mel Yedei (Cass. 3e civ., 6 mars 1996, n° 93-11.113, publié), les clauses d'un bail d'habitation « ne peuvent, en vertu de l'article 8.1 de la Convention européenne des droits de l'homme, avoir pour effet de priver le preneur de la possibilité d'héberger ses proches ». La SCI ne peut donc pas s'en servir pour résilier.
  • La colocation. Les colocataires sont cotitulaires du bail signé avec la SCI : ils sont ses locataires directs, chacun avec ses droits et ses obligations envers elle. Rien à voir avec une sous-location, où la SCI n'a aucun lien de droit avec l'occupant. Le régime est traité en détail dans notre guide dédié à la colocation en SCI, y compris la question de la clause de solidarité.
  • La cession de bail. Elle est visée par le même article 8, avec la même exigence d'accord écrit. Mais l'effet est tout autre : le cessionnaire remplace le locataire dans le contrat conclu avec la SCI, tandis que le sous-locataire crée un second étage contractuel sans toucher au premier.

À retenir : en bail d'habitation, la sous-location n'est pas interdite au sens absolu. Elle est subordonnée à un accord écrit portant aussi sur le prix, et bridée par un plafond au mètre carré. Ce n'est pas une subtilité de rédaction : c'est exactement ce qui prive la sous-location touristique de tout intérêt économique une fois autorisée, et ce qui rend une autorisation contre-productive pour le bailleur.


2. Sous-location en meublé et en meublé de tourisme : l'empilement d'autorisations

La règle de l'article 8 vaut pour le logement nu. Change-t-elle si la SCI loue meublé, ou si le locataire transforme le bien en meublé de tourisme ? Première question : non, rien ne change. Seconde question : l'accord du bailleur cesse d'être le sujet principal, parce que trois autres verrous viennent s'empiler par-dessus.

L'article 8 s'applique aussi aux meublés

Une idée fausse circule beaucoup : le bail meublé échapperait à l'article 8. Non. L'article 25-3 de la loi de 1989, qui ouvre le titre Ier bis consacré aux logements meublés loués comme résidence principale, rend expressément applicable à ces baux une liste d'articles du titre Ier. L'article 8 y figure, juste à côté de l'article 8-1 sur la colocation.

Même mécanisme pour le bail mobilité issu de la loi ELAN : l'article 25-12 énumère les dispositions applicables et y inclut l'article 8. Ne cherchez pas d'interdiction spéciale de sous-louer propre au bail mobilité, il n'y en a pas. C'est le régime de l'accord écrit qui joue, tel quel. Si votre SCI utilise ce contrat, le sujet est développé dans notre guide sur le bail mobilité et le bail étudiant en SCI.

Bref : nu, meublé classique ou bail mobilité, même règle. Pas de sous-location sans accord écrit du bailleur portant sur le prix. Sur la frontière entre ces régimes et leurs suites fiscales, voyez notre guide sur la location meublée en SCI, un sujet qui, lui, peut faire basculer toute la société à l'impôt sur les sociétés.

Quand le locataire sous-loue en meublé de tourisme

C'est l'hypothèse Airbnb. Elle ne pose pas une question mais quatre, et le locataire doit passer les quatre pour être en règle. Sur les dossiers que nous voyons, il en rate au moins deux.

Autorisation requise Source Qui l'accorde
Accord écrit sur le principe et le prixArt. 8 loi n° 89-462La SCI bailleresse
Respect de la destination de l'immeubleRèglement de copropriétéAssemblée générale / syndic
Enregistrement du meublé de tourisme et numéro affiché sur l'annonceArt. L324-1-1 code du tourisme (loi n° 2024-1039)Téléservice national depuis le 20 mai 2026
Changement d'usage (hors résidence principale)Art. L631-7 CCHLa commune

Le premier verrou est purement arithmétique. Une sous-location touristique autorisée devrait se pratiquer au même prix au mètre carré que le bail principal, ce qui la vide de tout intérêt économique. Le deuxième est le règlement de copropriété : une clause d'habitation bourgeoise stricte, ou une clause de destination exclusivement résidentielle, interdit l'activité même si le bailleur a dit oui. Le syndicat peut agir seul, sans vous. Si votre SCI détient des lots en copropriété, notre guide sur la SCI et la copropriété détaille ce contrôle.

Changement d'usage et loi Le Meur : le risque financier

Le troisième verrou est celui du changement d'usage, régi par l'article L631-7 du code de la construction et de l'habitation. La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 dite « Le Meur », visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale, a durci l'ensemble du dispositif : généralisation de l'enregistrement avec numéro à afficher sur les annonces, extension des pouvoirs de régulation des maires, et surtout un doublement de l'amende civile.

La marche a été franchie il y a peu. Le III de l'article L324-1-1 du code du tourisme, issu de la loi Le Meur, est entré en vigueur le 20 mai 2026 : toute personne qui offre à la location un meublé de tourisme doit procéder à une déclaration soumise à enregistrement auprès d'un téléservice national, et le numéro obtenu doit figurer sur chaque annonce en ligne. Fini le dépôt commune par commune. Côté collectivités, deux décrets n° 2026-196 et n° 2026-197 du 19 mars 2026 (JO du 20 mars 2026) complètent le dispositif : ils désignent la direction générale des entreprises comme organisme public unique et créent le traitement « API meublés » qui met à la disposition des communes les données d'activité transmises par les plateformes. Bonne nouvelle pour les bailleurs. Une annonce sans numéro se repère en trois secondes, et un numéro valide renvoie à un déclarant identifié. Si vous soupçonnez votre locataire, c'est le premier élément à figer dans le constat.

L'article L651-2 du CCH prévoit désormais que « toute personne qui enfreint les dispositions de l'article L. 631-7 [...] est condamnée à une amende civile dont le montant ne peut excéder 100 000 € par local irrégulièrement transformé ». L'amende est prononcée par le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, sur assignation de la commune, de l'EPCI compétent en matière de plan local d'urbanisme ou de l'Agence nationale de l'habitat, et son produit est intégralement versé à la commune. Le plafond était de 50 000 € avant la loi de 2024. Le même article permet en outre au juge d'ordonner le retour à l'usage d'habitation dans un délai qu'il fixe, sous une astreinte pouvant atteindre 1 000 € par jour et par mètre carré utile du local irrégulièrement transformé.

Le point qui inquiète les bailleurs, et ils ont raison. L'article L651-2 vise « toute personne qui enfreint » l'article L631-7. Il ne dit pas « le propriétaire ». Le locataire qui transforme l'usage du local sans autorisation peut donc être recherché personnellement. Mais une SCI qui a autorisé, toléré ou laissé prospérer la situation en connaissance de cause s'expose à un débat sur sa propre implication. Et le débat porte sur des dizaines de milliers d'euros. Voilà la raison la plus concrète de réagir vite, et par écrit.

Quand le changement d'usage est exigé, quelles communes l'imposent, comment l'obtenir, comment fonctionne la compensation : tout cela est développé dans notre guide dédié au changement d'usage en SCI. Autre hypothèse, autre cadre : si c'est la SCI elle-même qui envisage d'exploiter le bien en courte durée, rien de ce qui précède ne s'applique. Lisez plutôt la location saisonnière par une SCI, et notamment le passage sur la bascule à l'impôt sur les sociétés.


3. Les sous-loyers perçus sans autorisation : ce que la SCI peut récupérer

Nous y voilà. Jusqu'en 2019, le bailleur qui découvrait une sous-location irrégulière avait deux armes : faire résilier le bail, et réclamer des dommages-intérêts. La seconde décevait systématiquement. Il fallait démontrer un préjudice, or le bailleur avait reçu tous ses loyers, à l'heure, sans incident. Les tribunaux accordaient quelques centaines d'euros symboliques et l'affaire s'arrêtait là.

L'arrêt du 12 septembre 2019

Puis la Cour de cassation a changé la nature même du débat. Dans un arrêt de la troisième chambre civile du 12 septembre 2019 (pourvoi n° 18-20.727), publié au Bulletin, elle pose une phrase que tout gérant de SCI devrait connaître :

Cass. 3e civ., 12 septembre 2019, n° 18-20.727

« Sauf lorsque la sous-location a été autorisée par le bailleur, les sous-loyers perçus par le preneur constituent des fruits civils qui appartiennent par accession au propriétaire. »

Les faits ont le mérite d'être ordinaires. Deux locataires parisiens sous-louent leur appartement sur Airbnb entre 2013 et 2015, à 120 € la nuit ou 700 € la semaine, sans rien demander à personne. Total encaissé : 27 295 € nets. La cour d'appel de Paris les condamne à restituer l'intégralité de cette somme au propriétaire. La Cour de cassation rejette leur pourvoi.

Le fondement : les articles 546 et 547 du code civil

Le raisonnement contourne complètement la responsabilité contractuelle. Il passe par le droit de propriété. L'article 546 du code civil dit que la propriété d'une chose donne droit sur tout ce qu'elle produit. L'article 547 attribue les fruits civils au propriétaire par droit d'accession, et l'article 584 précise ce que recouvre l'expression : les fruits civils sont « les loyers des maisons, les intérêts des sommes exigibles, les arrérages des rentes ». Et un sous-loyer, quoi qu'on en pense, reste un loyer produit par l'immeuble.

Les locataires avaient tenté une lecture habile : les sous-loyers ne seraient pas des fruits civils mais « l'équivalent économique du droit de jouissance » qu'on leur avait concédé, et la sous-location, inopposable au bailleur, le serait aussi dans ses fruits. La Cour n'a pas suivi. Le bail donne un droit de jouissance personnel, rien de plus. Il ne donne pas le droit de faire fructifier commercialement le bien d'autrui.

Mesurez ce que cela change en pratique. Une action en dommages-intérêts suppose de prouver une faute, un préjudice et un lien de causalité. Une action en restitution de fruits civils suppose de prouver deux choses seulement : que la sous-location n'était pas autorisée, et combien elle a rapporté. Le bailleur n'a plus rien à démontrer sur ce qu'il aurait « perdu ». C'est un tout autre procès.

Restitution intégrale : le locataire ne déduit pas les loyers qu'il a payés

C'est le prolongement le plus important de l'arrêt de 2019, et celui que la plupart des articles en ligne racontent encore de travers. La question posée était simple : le locataire qui restitue les sous-loyers peut-il déduire le loyer qu'il a lui-même versé au bailleur sur les mêmes mois, au titre des « frais » exposés pour produire ces fruits ?

Réponse : non. Deux fois plutôt qu'une. D'abord un arrêt publié au Bulletin du 22 juin 2022 (3e civ., n° 21-18.612), puis un arrêt du 21 septembre 2023 (3e civ., n° 22-18.251), inédit, qui censure une cour d'appel pour avoir retranché de la somme restituée le montant du loyer que la locataire avait elle-même acquitté.

Tout tient aux articles 548 et 549 du code civil, seuls visés par l'arrêt de 2022. L'article 548 ne met à la charge du propriétaire que le remboursement des frais exposés par des tiers pour produire les fruits ; l'article 549 réserve le bénéfice des fruits au possesseur de bonne foi. La Cour censure la cour d'appel qui avait déduit le loyer principal, « alors que le loyer constitue un fruit civil de la propriété et que le preneur, auteur de la sous-location interdite, ne pouvait être un possesseur de bonne foi ». Autrement dit : le loyer versé à la SCI n'est pas un frais déductible, c'est lui-même un fruit civil. D'où la restitution totale, sans compensation.

La règle à retenir

Sous-loyers encaissés sans autorisation = restitution intégrale. Le loyer principal payé à la SCI ne vient pas en déduction : le locataire sous-loueur n'est pas un possesseur de bonne foi au sens de l'article 549 du code civil, et son loyer n'est pas un frais exposé pour produire les fruits au sens de l'article 548 — il constitue lui-même un fruit civil de la propriété. La SCI conserve donc ses loyers et récupère les sous-loyers.

Depuis janvier 2026 : la plateforme peut être recherchée elle aussi

Un second verrou a bougé avec deux arrêts publiés de la chambre commerciale du 7 janvier 2026 (n° 23-22.723 et n° 24-13.163). Jusque-là, les plateformes de courte durée sortaient du débat en brandissant leur statut d'hébergeur au sens de l'article 6, I, 2 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 (LCEN) dans sa rédaction alors applicable, qui limite très fortement leur responsabilité. L'argument marchait presque à tous les coups. Un mot sur le calendrier, car il compte : les deux arrêts statuent sur des rédactions antérieures du texte — celle issue de la loi n° 2014-1353 du 13 novembre 2014 pour le pourvoi n° 24-13.163, celle antérieure à la loi n° 2020-766 du 24 juin 2020 pour le pourvoi n° 23-22.723. Depuis la loi SREN n° 2024-449 du 21 mai 2024, qui a restructuré l'article 6 de la LCEN, ce régime d'exonération de responsabilité figure à l'article 6 du règlement (UE) 2022/2065 (DSA), le critère du rôle actif y étant repris à l'identique. La solution garde donc toute sa portée, mais ne citez plus la LCEN comme fondement pour des faits d'aujourd'hui.

La Cour de cassation a refusé cette lecture automatique. Distinguons bien deux niveaux, parce qu'ils sont régulièrement confondus. Le standard général d'abord, repris de la Cour de justice de l'Union européenne (L'Oréal c/ eBay) : l'exploitant qui, au lieu de se limiter à une fourniture neutre par un traitement purement technique et automatique, prête une assistance consistant notamment à optimiser la présentation des offres ou à en promouvoir certaines, joue un rôle actif de nature à lui confier une connaissance ou un contrôle des données stockées, et excède la fonction purement technique, automatique et passive de l'hébergeur. Les indices retenus en fait ensuite : dans l'arrêt n° 24-13.163 (§ 11), la Cour n'en relève que deux, d'une part « un ensemble de règles contraignantes auxquelles les hôtes et les voyageurs doivent accepter de se soumettre tant avant la publication d'une annonce qu'en cours d'exécution de la transaction, et dont elle est en mesure de vérifier le respect », d'autre part la promotion de certaines offres par l'octroi de la qualité de « superhost ». L'optimisation de la présentation des offres appartient donc au chapeau de principe, pas aux faits retenus contre la plateforme. Quand le rôle actif est caractérisé, retour au régime de responsabilité de droit commun.

Restons précis sur la portée, car les deux arrêts ne disent pas la même chose. Dans le pourvoi n° 23-22.723, la cassation est prononcée pour défaut de base légale : la cour d'appel n'avait pas recherché si les règles contraignantes imposées aux hôtes et la promotion de certaines annonces par le statut « superhost » donnaient à la plateforme la connaissance ou le contrôle des offres. Dans le pourvoi n° 24-13.163, en revanche, la Cour rejette le moyen d'Airbnb Ireland qui contestait la perte de sa qualité d'hébergeur : elle approuve la cour d'appel d'avoir écarté le régime de l'article 6, I, 2 de la LCEN, dans sa rédaction alors applicable, en raison de ce rôle actif. La qualité d'hébergeur n'est donc plus seulement discutable : elle a été écartée par un arrêt publié au Bulletin.

Et le même arrêt contient un avertissement décisif sur la façon de rédiger la demande. Sa cassation partielle ne porte que sur la condamnation de la plateforme à 32 399,61 €, censurée pour modification de l'objet du litige (article 4 du code de procédure civile) : la propriétaire réclamait la restitution des fruits civils au titre de son droit de propriété, et la cour d'appel a indemnisé un « gain manqué », celui de n'avoir pas exploité elle-même le bien en meublé de tourisme. Retenez-en la leçon avant d'assigner : demandez la restitution des fruits civils, jamais la réparation d'un manque à gagner locatif — c'est exactement ce qui a fait tomber la condamnation. Et conservez la trace de l'annonce et de la plateforme, pas seulement celle du locataire.

Les limites : ce que cette jurisprudence ne dit pas

Beaucoup d'articles présentent cette jurisprudence comme un chèque en blanc. Elle ne l'est pas, et trois réserves sérieuses tempèrent l'enthousiasme.

  • La preuve du montant pèse sur le bailleur. Aucune plateforme ne vous communiquera spontanément les revenus d'un hôte. Il faut reconstituer à partir de ce qui est visible : nombre de commentaires, tarif affiché, calendrier de disponibilité, durée moyenne des séjours. Parfois, il faut demander une mesure d'instruction au juge pour aller chercher les chiffres réels.
  • Une autorisation, même bancale, fait tomber tout le mécanisme. Le principe ne joue que « sauf lorsque la sous-location a été autorisée par le bailleur ». Le bailleur qui a écrit un accord vague, ou qui s'est comporté pendant trois ans comme s'il consentait, prend le risque qu'on lui oppose une autorisation tacite. Et avec elle, la bonne foi du sous-loueur.
  • Le domaine exact de la solution reste celui du bail d'habitation. Les trois arrêts de 2019, 2022 et 2023 ont été rendus en matière de baux d'habitation et de logements conventionnés. Sa transposition au bail commercial a été admise par des juges du fond (par exemple CA Grenoble, ch. com., 5 décembre 2019, RG n° 18/03362), mais aucun arrêt de la Cour de cassation ne l'a consacrée dans le statut des baux commerciaux, où l'on rappelle par ailleurs qu'une sous-location irrégulière ne cause pas, à elle seule, un préjudice indemnisable au bailleur. La demande est parfaitement plaidable ; elle n'est pas acquise.

La prescription : trois ans ou cinq ans ?

Rien de théorique ici : c'est ce délai qui décide du nombre d'années de sous-loyers que vous récupérerez. Deux textes s'affrontent, et l'écart entre eux vaut souvent plusieurs milliers d'euros.

Fondement Délai Argument
Art. 7-1 loi n° 89-4623 ansAction « dérivant du contrat de bail »
Art. 2224 code civil5 ansAction fondée sur le droit de propriété, non sur le bail

La cour d'appel de Paris (pôle 4, chambre 3, 23 novembre 2023, RG n° 20/11313) a retenu la prescription quinquennale de droit commun de l'article 2224 du code civil, en jugeant que l'action en restitution « ne dérive pas du bail, mais uniquement du droit de propriété du bailleur ». C'est cohérent avec le fondement retenu en 2019. Cette solution n'a toutefois pas encore été consacrée par un arrêt de principe de la Cour de cassation à ce jour : il serait imprudent de la tenir pour acquise et de laisser filer trois ans en s'appuyant dessus.

Le point de départ, lui, obéit à l'article 2224 : le jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir. Traduit en langage de gérant : le jour où vous avez vu l'annonce, ou reçu le message du syndic. D'où un réflexe à prendre tout de suite, avant même d'appeler un avocat : datez et conservez la preuve de cette découverte. Un mail à vous-même, un courriel du syndic archivé, une capture horodatée.

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4. La sous-location en bail commercial : l'article L145-31 du code de commerce

Si votre SCI loue des murs à un commerçant, oubliez tout ce qui précède. Le régime des articles L145-31 et L145-32 du code de commerce fonctionne autrement, et il contient deux pièges que le bail d'habitation ignore : le silence du bailleur produit des effets, et le sous-locataire peut acquérir un droit direct contre la SCI. Deux pièges qui coûtent cher.

Le principe et le formalisme

L'article L145-31, alinéa 1er pose une interdiction supplétive : « Sauf stipulation contraire au bail ou accord du bailleur, toute sous-location totale ou partielle est interdite. » Le bail peut donc autoriser par avance, et beaucoup de baux de bureaux ou de locaux d'activité le font pour les sociétés d'un même groupe. Relisez votre bail avant de vous indigner : l'autorisation est peut-être déjà dedans.

Le dernier alinéa (l'alinéa 4) organise la procédure, en trois temps :

  • Le locataire fait connaître au propriétaire son intention de sous-louer, par acte extrajudiciaire (commissaire de justice) ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.
  • Le propriétaire dispose de quinze jours à compter de la réception de cet avis pour faire connaître s'il entend concourir à l'acte.
  • « Si, malgré l'autorisation prévue au premier alinéa, le bailleur refuse ou s'il omet de répondre, il est passé outre. »

Ce dernier membre de phrase est le piège. Quand la sous-location est déjà autorisée, par une clause du bail ou par un accord antérieur, le refus du bailleur de concourir à l'acte ne bloque rien. Son silence pendant quinze jours non plus. On passe outre. Le concours à l'acte n'est pas un droit de veto, c'est un droit d'être présent et informé. La SCI qui laisse dormir une LRAR dans un tiroir croit résister : elle se prive simplement d'un moyen d'action.

Réflexe de gérant : toute LRAR reçue d'un locataire commercial doit être datée à réception et traitée dans les quinze jours, réponse écrite à l'appui. C'est un des rares délais du statut des baux commerciaux qui se compte en jours et non en mois.

L'augmentation du loyer principal (alinéa 3)

C'est l'outil que le bail d'habitation n'offre pas. L'alinéa 3 dispose que « lorsque le loyer de la sous-location est supérieur au prix de la location principale, le propriétaire a la faculté d'exiger une augmentation correspondante du loyer de la location principale, augmentation qui, à défaut d'accord entre les parties, est déterminée selon une procédure fixée par décret en Conseil d'État, en application des dispositions de l'article L. 145-56 ».

Attention à trois choses. Le texte dit « faculté », pas automatisme : personne ne l'exercera à votre place, la SCI doit la demander. L'augmentation doit ensuite être « correspondante », donc proportionnée au périmètre : un sous-loyer élevé sur 30 m² d'un local qui en fait 200 ne justifie pas d'aligner tout le loyer principal. Enfin, à défaut d'accord, direction le juge des loyers commerciaux et la procédure de fixation judiciaire. Sur les autres leviers d'évolution du loyer, voyez notre guide sur la révision du loyer en SCI et, pour le cadre général, celui sur la SCI et le bail commercial.

Le vrai risque : le droit au renouvellement du sous-locataire

C'est ici que se joue ce qu'on appelle le « bail dérobé ». L'article L145-32 commence de façon rassurante : le sous-locataire peut demander le renouvellement de son bail au locataire principal, dans la limite des droits que celui-ci tient du propriétaire. La SCI n'est pas concernée. Puis vient l'alinéa 2, et tout change :

Article L145-32, alinéa 2 du code de commerce

« À l'expiration du bail principal, le propriétaire n'est tenu au renouvellement que s'il a, expressément ou tacitement, autorisé ou agréé la sous-location et si, en cas de sous-location partielle, les lieux faisant l'objet du bail principal ne forment pas un tout indivisible matériellement ou dans la commune intention des parties. »

Deux mots à souligner dans ce texte : « ou tacitement ». La SCI qui sait, qui encaisse, qui adresse des quittances au vu et au su de tous pendant quatre ans sans jamais écrire une ligne de réserve, peut se voir opposer un agrément tacite. À l'expiration du bail principal, elle doit alors le renouvellement au sous-locataire. Si elle le refuse, elle paie une indemnité d'éviction qui se chiffre en dizaines de milliers d'euros, qui n'obéit à aucun barème et qui se calcule à dire d'expert. Une inaction de gestion se transforme ainsi en dette.

La parade tient en une phrase à écrire. Dès la découverte, adressez au locataire principal une réserve expresse : « la SCI n'autorise pas et n'agrée pas cette sous-location, et réserve expressément toutes les conséquences de droit ». Puis répétez-la. En bail commercial, se taire n'est pas neutre : se taire, c'est prendre position.

Sous-location ou location-gérance : ne pas confondre

La location-gérance (articles L144-1 et suivants du code de commerce) est le contrat par lequel le propriétaire d'un fonds de commerce en confie l'exploitation à un gérant qui l'exploite à ses risques et périls, moyennant une redevance. Elle porte sur le fonds de commerce, pas sur les locaux : ce n'est donc pas, en elle-même, une sous-location au sens de l'article L145-31, et elle n'a pas à être autorisée sur ce fondement.

La distinction est plus fragile qu'elle n'en a l'air. D'abord parce que beaucoup de baux commerciaux comportent une clause soumettant la location-gérance à l'agrément ou à l'information préalable du bailleur, et cette clause est parfaitement licite. Ensuite parce qu'un contrat présenté comme une location-gérance alors qu'il n'existe aucun fonds à exploiter (ni clientèle, ni éléments incorporels) peut être requalifié en sous-location par le juge, avec toutes les conséquences décrites plus haut. Conclusion pratique : lisez le bail avant de raisonner sur les qualifications, pas l'inverse.

Critère Sous-location Location-gérance
ObjetLes locauxLe fonds de commerce
TexteArt. L145-31 et L145-32 C. com.Art. L144-1 s. C. com.
Autorisation du bailleurRequise sauf clause contraireNon requise sur ce fondement, mais souvent imposée par le bail
Concours du bailleur à l'acteOui (L145-31 al. 2)Non
Droit au renouvellement contre le bailleurPossible si agrément exprès ou taciteNon (le locataire reste le preneur)

5. Bail professionnel, bail dérogatoire et bail civil : la liberté contractuelle

En dehors de l'habitation et du bail commercial, aucun texte spécial n'organise la sous-location. Vous revenez donc au contrat : ce que le bail prévoit s'applique, ce qu'il ne prévoit pas retombe dans le droit commun du louage. Autant dire que la qualité de la rédaction fait tout.

Le bail professionnel

Le bail professionnel, régi par l'article 57 A de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986, est un texte court : forme écrite, durée minimale de six ans, faculté pour le locataire de donner congé à tout moment moyennant un préavis de six mois, tacite reconduction. Il ne dit rien de la sous-location.

Conséquence directe : faute de clause, le locataire professionnel échappe à l'interdiction supplétive de l'article L145-31, qui n'existe que dans le statut des baux commerciaux. Une SCI qui loue à un cabinet d'avocats ou à un kinésithérapeute et qui veut garder la main sur l'arrivée de confrères, de collaborateurs ou de sociétés d'exercice doit écrire la clause. Le partage de locaux entre professionnels est la norme, pas l'exception : sans clause, vous découvrirez la situation en passant devant la plaque.

Le bail dérogatoire et la convention d'occupation précaire

Le bail dérogatoire de l'article L145-5 du code de commerce, conclu pour trois ans au maximum, échappe au statut des baux commerciaux, donc aussi à ses articles L145-31 et L145-32. Tout repose là encore sur la clause. Avec un enjeu supplémentaire, propre à ce contrat : une sous-location prolongée brouille la question de savoir qui est « laissé en possession » des lieux au terme du bail. Or c'est exactement ce critère qui déclenche la requalification en bail commercial de neuf ans. Vous vouliez trois ans, vous en obtenez neuf.

La convention d'occupation précaire (article L145-5-1) obéit à la même logique, avec une prudence supplémentaire : sa validité tient à des circonstances objectives de précarité indépendantes de la volonté des parties. Autoriser l'occupant à sous-louer affaiblit précisément le caractère précaire que l'on invoque.

Le bail civil et les locaux atypiques

Garage isolé, local de stockage, terrain nu, emplacement de parking loué indépendamment d'un logement : on bascule dans le louage de droit commun des articles 1713 et suivants du code civil. Et là, surprise. L'article 1717 pose que le preneur a le droit de sous-louer si cette faculté ne lui a pas été interdite. C'est l'inverse exact du bail commercial : le silence du bail vaut liberté de sous-louer.

Beaucoup de SCI qui gèrent des parkings et boxes ou des emplacements loués isolément découvrent la règle le jour où un locataire revend l'accès à trois voisins, avec pour seul contrat une page téléchargée sur internet. Deux lignes dans le bail auraient suffi à reprendre la main.

Type de bail Règle par défaut Texte Clause indispensable ?
Habitation nueAccord écrit obligatoire, prix plafonnéArt. 8 loi 1989Utile (clause résolutoire)
Meublé résidence principaleIdem habitation nueArt. 25-3 renvoyant à l'art. 8Utile
Bail mobilitéIdem habitation nueArt. 25-12 renvoyant à l'art. 8Utile
Bail commercialInterdite sauf clause ou accordArt. L145-31 C. com.Recommandée (préciser le formalisme)
Bail professionnelAucune règle légaleArt. 57 A loi 1986 (silencieux)Indispensable
Bail dérogatoireAucune règle légaleArt. L145-5 C. com. (silencieux)Indispensable
Bail civil (parking, terrain, stockage)Sous-location libre si non interditeArt. 1717 C. civ.Indispensable

6. Comment autoriser proprement une sous-location

Refuser n'est pas toujours la bonne décision, et je le dis contre l'intuition de beaucoup de bailleurs. Un locataire de qualité qui part six mois en mission à l'étranger vous demande d'installer un collègue : si vous refusez, il donnera congé, et vous récupérerez un logement vide, une remise en état et deux mois de vacance locative. En revanche, autoriser à moitié est toujours pire que refuser.

Les huit mentions de l'autorisation écrite

L'autorisation est un document autonome, signé par le gérant de la SCI et par le locataire. Voici ce qu'elle doit contenir, au minimum :

  1. L'identité complète de la SCI (dénomination, siège, RCS) et du gérant signataire, avec sa qualité.
  2. La référence précise du bail principal : date, adresse du logement, surface habitable retenue.
  3. L'identité du sous-locataire, nommément désigné. Une autorisation « à sous-louer à toute personne de son choix » est un chèque en blanc.
  4. Le périmètre exact : sous-location totale ou partielle, et dans ce second cas la description et la surface des pièces concernées.
  5. Le prix du sous-loyer et des charges, en montant et en euros par mètre carré, avec la démonstration du respect du plafond de l'article 8. C'est la mention exigée par le texte.
  6. La durée, avec une date de fin ferme. Une autorisation à durée indéterminée est une autorisation perpétuelle.
  7. Le caractère personnel et non transmissible de l'autorisation, et l'absence de tout lien de droit entre la SCI et le sous-locataire.
  8. Les conditions de caducité : fin du bail principal, changement de sous-locataire, dépassement du prix autorisé, manquement du locataire.

Ajoutez toujours une clause rappelant que le locataire demeure seul responsable envers la SCI de l'exécution du bail : loyers, dégradations, troubles de voisinage, entretien courant. Dites-le en une phrase que personne ne pourra discuter : pour la SCI, le sous-locataire n'existe pas, et le locataire répond de lui comme de lui-même.

La clause à écrire dans le bail dès l'origine

Trois lignes au moment de la signature valent trois ans de procédure en moins. Dans vos baux d'habitation, rappelez l'interdiction de l'article 8 et couplez-la à une clause résolutoire visant expressément la sous-location non autorisée. La différence apparaît le jour du contentieux : au lieu de plaider la gravité du manquement devant un juge qui appréciera librement, vous lui demandez de constater l'acquisition d'une clause. Nos modèles de bail pour SCI intègrent cette rédaction.

En commercial et en professionnel, allez plus loin : formalisme de la demande, délai de réponse imposé au bailleur, motifs de refus admis, obligation d'information sur le prix du sous-loyer. Et si vous voulez fermer la porte à la location-gérance sans agrément, écrivez-le noir sur blanc.

Assurance, responsabilité et copropriété

Restent trois points que les bailleurs oublient à peu près systématiquement au moment de signer l'autorisation. Chacun a déjà coûté cher à quelqu'un.

  • L'assurance. Exigez que le sous-locataire souscrive une assurance habitation couvrant les risques locatifs, avec remise de l'attestation à la SCI chaque année. Puis regardez de votre côté : votre assurance propriétaire non occupant comporte-t-elle une exclusion en cas de sous-location ? Votre garantie loyers impayés reste-t-elle acquise ? Beaucoup de contrats GLI excluent purement et simplement les logements sous-loués, et personne ne vous préviendra avant le sinistre.
  • La caution. Un garant s'est engagé pour un locataire, pas pour une exploitation locative. Informez-le, faites-lui confirmer son engagement par écrit. Sans cela, votre cautionnement se discutera devant le juge au pire moment.
  • Le règlement de copropriété. Relisez la clause de destination avant de signer, pas après. Votre autorisation ne neutralise aucune interdiction de la copropriété : le syndicat agira contre l'occupant et contre vous, en votre qualité de copropriétaire bailleur.

Le risque de « bail dérobé »

L'expression désigne la situation où un occupant finit par acquérir contre le propriétaire des droits que celui-ci n'a jamais voulu lui consentir. En habitation, l'alinéa 2 de l'article 8 vous protège solidement. En bail commercial, le risque est bien réel, par le jeu de l'agrément tacite de l'article L145-32. Trois réflexes suffisent à le neutraliser, et ils ne coûtent rien :

  • Ne jamais adresser de quittance, de courrier ou d'appel de charges directement au sous-locataire : cela crée une apparence de relation directe.
  • Ne jamais encaisser un paiement provenant du sous-locataire. Si cela arrive, restituer et réclamer au locataire principal.
  • Écrire une réserve expresse dès la découverte, et la réitérer périodiquement tant que la situation dure.

7. Sous-location non autorisée : ce que la SCI risque et ce qu'elle peut faire

Passons à l'exécution. Une sous-location découverte se traite dans un ordre précis, et l'ordre compte autant que le fond. La preuve d'abord. La mise en demeure ensuite. La résiliation en dernier. Inverser ces trois étapes, c'est perdre le dossier avant même de l'avoir ouvert.

Étape 1 : constituer la preuve avant de bouger

L'erreur classique ? Envoyer une lettre furieuse le soir même du premier soupçon. Vingt-quatre heures plus tard, l'annonce a disparu, les commentaires avec, et il ne reste rien à produire devant le juge. La preuve se constitue en silence. C'est frustrant, et c'est indispensable.

Élément de preuve Force probante Comment l'obtenir
Constat de commissaire de justiceTrès forteRequête directe, environ 200 à 400 € selon l'étendue
Captures d'écran horodatées de l'annonceMoyenne (contestable)À faire immédiatement, page complète et calendrier
Avis et commentaires de voyageursForte (datation des séjours)Historique complet de la page hôte
Attestations de voisins ou du syndicMoyenne à forteFormulaire d'attestation (art. 202 CPC), pièce d'identité jointe
Réservation test par un tiersForte (établit le prix réel)Par une personne extérieure à la SCI, avec conservation des échanges
Mesure d'instruction judiciaireTrès forteRequête au juge (art. 145 CPC) avant tout procès

Le constat de commissaire de justice reste la pièce maîtresse du dossier. Il fige l'annonce, le prix, le calendrier de disponibilité et l'historique complet des commentaires à une date certaine. Deux à quatre cents euros, en général mis à la charge de la partie perdante, pour un litige qui porte sur plusieurs milliers. Le calcul est vite fait.

Étape 2 : la mise en demeure

La preuve en poche, adressez au locataire une lettre recommandée avec accusé de réception. Quatre éléments doivent y figurer. Pas trois :

  1. Le rappel de l'article 8 de la loi de 1989 (ou de la clause du bail) et le constat du manquement, pièces à l'appui.
  2. La mise en demeure de cesser immédiatement la sous-location et de retirer toute annonce, sous un délai précis.
  3. La réserve expresse : « la SCI n'a jamais autorisé ni agréé cette sous-location et réserve expressément l'ensemble de ses droits, notamment la restitution des sous-loyers perçus ».
  4. La demande de communication du montant des sommes encaissées et des justificatifs correspondants.

Le point 3 n'est pas une formule de style. C'est lui qui empêche qu'on vous oppose une tolérance dix-huit mois plus tard. Quant au point 4, il prépare le chiffrage, et si le locataire refuse d'y répondre, ce refus deviendra lui-même un argument devant le juge.

Étape 3 : résilier le bail

Deux voies possibles, qui ne se valent pas du tout.

La clause résolutoire, quand le bail en comporte une visant expressément la sous-location. La SCI fait délivrer un commandement par commissaire de justice, puis saisit le juge pour faire constater l'acquisition de la clause. Le juge ne discute pas la gravité du manquement : il vérifie que la clause existe et que le manquement est établi. Il garde un pouvoir de délai, mais le cadre est autrement plus prévisible.

La résiliation judiciaire, faute de clause. La SCI assigne et demande la résiliation pour manquement grave. Là, tout dépend de l'appréciation du tribunal : ampleur de la sous-location, durée, profits réalisés, troubles causés, attitude du locataire après la mise en demeure. Une chambre sous-louée deux semaines pendant un festival et une exploitation touristique menée trois ans durant ne reçoivent évidemment pas le même traitement.

Dans les deux cas, l'expulsion suppose ensuite un commandement de quitter les lieux et, le cas échéant, le concours de la force publique. Ajoutez la trêve hivernale à votre calendrier, elle décale tout. Et si la sous-location s'accompagne d'impayés, ne menez pas deux procédures parallèles : notre guide sur les impayés de loyer en SCI détaille comment les articuler.

Le calendrier réaliste

Étape Délai indicatif Coût d'ordre de grandeur
Constitution de la preuve et constat1 à 3 semaines200 à 400 €
Mise en demeure LRARImmédiat + délai de réponseQuelques euros
Commandement (clause résolutoire)Sous 1 mois150 à 300 €
Assignation et audience6 à 18 mois selon la juridictionHonoraires d'avocat variables
Exécution et expulsion éventuellePlusieurs mois supplémentairesVariable

Un procès de sous-location se gagne au moment de la découverte, pas à l'audience. Les dossiers perdus sont presque toujours ceux où le bailleur a réagi tard, sans constat, sans réserve écrite, et après avoir encaissé dix-huit mois de loyers en connaissance de cause.


8. Le volet fiscal et comptable de la sous-location

Reste la question que tout gérant finit par se poser au moment de clôturer l'exercice : qu'est-ce que cette histoire change dans les comptes de la SCI ? Beaucoup moins qu'on ne le craint du côté de la société. Beaucoup plus qu'on ne l'imagine du côté du locataire.

Pour la SCI : rien ne change… tant qu'elle n'encaisse rien de plus

Commençons par la bonne nouvelle. Autorisée ou non, la sous-location ne modifie pas la situation fiscale de la SCI. Elle perçoit le seul loyer du bail principal, et c'est ce loyer qu'elle déclare. À l'IR, il alimente les revenus fonciers portés sur la déclaration 2072, puis répartis entre les associés. À l'IS, c'est un produit d'exploitation ordinaire, rien de plus.

Le danger commence ailleurs : le jour où la SCI encaisse directement les sous-loyers, ou une part de ceux-ci. Elle quitte alors la simple mise à disposition d'un immeuble nu pour s'approcher d'une exploitation. En SCI à l'IR, cela réveille aussitôt la question de la commercialité et de la bascule à l'impôt sur les sociétés au titre de l'article 206, 2 du CGI. Le cas reste rare, mais il existe : on le rencontre dans des montages où la SCI accepte de « partager » les recettes touristiques avec son locataire, en croyant régulariser la situation. C'est précisément la chose à ne pas faire.

Pour le locataire sous-loueur : BIC ou BNC

Comprendre la fiscalité de votre locataire n'est pas de la curiosité déplacée. C'est ce qui explique son comportement, et ce qui vous dit quel est l'enjeu financier réel pour lui.

Situation Catégorie d'imposition du sous-loueur Pourquoi
Sous-location meublée (dont meublé de tourisme)BIC — art. 35, I, 5° bis CGILe texte vise la location « directe ou indirecte » de locaux d'habitation meublés : le sous-loueur y est inclus, même quand il loue le bien nu à la SCI
Sous-location nueBNC — art. 92 CGILe sous-loueur n'est pas propriétaire : « les profits réalisés par des personnes qui sous-louent à des tiers des immeubles dont elles sont locataires n'entrent pas dans la catégorie des revenus fonciers » (BOI-RFPI-CHAMP-10-30, § 80)
La SCI propriétaireRevenus fonciers (IR) ou résultat ISElle perçoit un loyer d'immeuble, indépendamment de ce que fait son locataire

Le mécanisme mérite d'être posé clairement : l'immeuble est loué nu par la SCI, mais sous-loué meublé par le locataire. Le propriétaire relève des revenus fonciers, le premier preneur des BIC. Cette dissociation n'a rien d'audacieux, la doctrine administrative l'admet expressément : si « la sous-location est consentie en meublé, les loyers ont le caractère de revenus commerciaux » (BOI-RFPI-CHAMP-10-30, § 80 ; BOI-BIC-CHAMP-40-20 pour le régime de la location meublée).

Faites le calcul du côté du locataire. Il encaisse 1 900 €, il en verse 800 à la SCI : 1 100 € de marge brute par mois. Attention toutefois à ne pas confondre marge et base imposable. Ces 1 100 € ne sont la base d'imposition qu'au régime réel, où le loyer principal est effectivement déductible. En dessous des seuils, le sous-loueur relève de plein droit du micro-BIC : il déclare alors ses recettes brutes, soit 1 900 € par mois, et le loyer versé à la SCI n'est pas déductible — seul joue l'abattement forfaitaire, ramené par la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 à 30 %, dans la limite de 15 000 € de recettes, pour les meublés de tourisme non classés (article 50-0 du CGI, applicable depuis l'imposition des revenus 2025). La plupart ne déclarent rien. Ils cumulent donc un risque locatif et un risque fiscal personnel — et c'est aussi pour cette raison qu'ils transigent vite quand la SCI arrive avec un dossier sérieusement documenté.

Comment enregistrer des sous-loyers récupérés

Le jour où la SCI obtient la restitution, une tentation apparaît : passer la somme en loyers, puisqu'elle vient de l'immeuble. Ne le faites pas. Ce n'est pas la contrepartie d'une mise à disposition, c'est une indemnité de restitution de fruits civils, née d'un jugement ou d'un protocole d'accord.

  • SCI à l'IS. La créance s'enregistre en produit à la date où elle devient certaine dans son principe et son montant (jugement définitif, protocole signé), et non à l'encaissement. Prenez un compte distinct de celui des loyers, en produits divers de gestion courante : si l'administration examine l'exercice, la traçabilité fera toute la différence. Les frais engagés — constat, honoraires — sont déductibles dès lors qu'ils sont justifiés et exposés dans l'intérêt de la société.
  • SCI à l'IR. On raisonne en trésorerie : c'est l'encaissement effectif qui compte. Le mécanisme des écritures courantes de loyers est détaillé dans notre guide sur les écritures de loyers en SCI.
  • Dans les deux cas, gardez au dossier le jugement ou la transaction, le constat, la mise en demeure et le détail du calcul. Une entrée de trésorerie inhabituelle sans pièce derrière, c'est une question de contrôle assurée.

Point d'honnêteté. Je n'ai trouvé aucune doctrine administrative publiée traitant spécifiquement du régime d'imposition, chez le bailleur, des sous-loyers restitués sur le fondement de l'accession. Le traitement le plus défendable consiste à les imposer comme un revenu de l'immeuble, dans la catégorie dont relèvent déjà les loyers de la SCI. Mais si la somme est significative, faites valider la qualification avec votre conseil avant de déposer la déclaration. Personne ne gagne à découvrir le débat après coup.

Pour le reste des obligations comptables de la société (plan de comptes, pièces à conserver, écritures de charges refacturées), voyez nos guides sur la comptabilité d'une SCI, sur les charges locatives et sur la refacturation de charges au locataire.


9. Cas pratique chiffré : une sous-location Airbnb sur deux étés

La situation. La SCI Les Tilleuls loue un T2 de 40 m² à Bordeaux, 800 € par mois hors charges, bail nu signé en 2021. Septembre 2026 : le syndic signale des allées et venues estivales avec valises. Le gérant ne réagit pas à chaud, il fait établir un constat de commissaire de justice. Verdict : l'annonce a été mise en ligne en juin 2025, une quinzaine de commentaires, 95 € la nuit, et un calendrier ouvert uniquement l'été. Le locataire a sous-loué en meublé de tourisme en juillet et août 2025, puis en juillet et août 2026, à raison d'une vingtaine de nuits par mois, soit environ 1 900 € encaissés mensuellement. Soit quatre mois de sous-location à reconstituer.

Le chiffrage

Poste Calcul Montant
Sous-loyers encaissés par le locataire1 900 € × 4 mois7 600 €
Loyer principal versé à la SCI sur les mêmes mois800 € × 4 mois3 200 €
Restitution des fruits civils demandéeTotalité des sous-loyers, sans déduction du loyer principal (Cass. 3e civ. 22/06/2022 et 21/09/2023)7 600 €
Loyers conservés par la SCINon compensés avec la restitution3 200 €
Plafond légal du sous-loyer (art. 8)800 / 40 = 20 €/m² × 40 m²800 €/mois
Dépassement du plafond(1 900 − 800) × 44 400 €

Ce que la SCI demande, et sur quel fondement

  • 7 600 €, sur le fondement des articles 546 et 547 du code civil et de l'arrêt du 12 septembre 2019 : les sous-loyers sont des fruits civils qui lui appartiennent par accession, puisqu'elle n'a jamais autorisé la sous-location.
  • Sans aucune déduction des 3 200 € de loyers qu'elle a encaissés sur les mêmes mois : le locataire ayant sous-loué en violation de l'article 8 n'est pas un possesseur de bonne foi au sens de l'article 549 du code civil, et ne peut donc pas imputer son propre loyer sur la restitution (Cass. 3e civ., 22 juin 2022, n° 21-18.612 ; 21 septembre 2023, n° 22-18.251).
  • La résiliation du bail, sur le fondement de la clause résolutoire si le bail en comporte une, à défaut la résiliation judiciaire pour manquement grave.
  • Les frais : constat, commandement, article 700 du code de procédure civile.

Une mise en garde sur la ligne à 4 400 €, l'écart entre le sous-loyer pratiqué et le plafond légal. Ce n'est pas le montant de la demande, et il ne faut surtout pas l'y ajouter. Ce chiffre sert uniquement à démontrer qu'aucune régularisation acceptable n'était possible : à 1 900 € quand le plafond légal est de 800 €, une autorisation aurait exposé le locataire à la répétition de l'excédent au profit du sous-locataire, et aurait surtout privé la SCI de sa demande de restitution.

Sur la prescription : on est en septembre 2026, les faits les plus anciens remontent à juillet 2025. Même en retenant l'hypothèse la plus défavorable au bailleur, le délai triennal de l'article 7-1 de la loi de 1989, l'action est largement dans les temps. Voilà tout l'intérêt d'agir vite : le débat théorique sur la prescription devient sans objet.

Ce que la SCI ne demande pas

Elle ne réclame pas l'amende civile de l'article L651-2 du CCH, et c'est une erreur qu'on voit passer régulièrement. Cette amende ne peut être demandée que sur assignation de la commune, de l'EPCI compétent en matière de plan local d'urbanisme ou de l'Agence nationale de l'habitat, et son produit va intégralement à la commune. En revanche, rien n'interdit au bailleur de signaler la situation au service compétent de la mairie. L'effet est mécanique : quand un locataire comprend qu'il encourt jusqu'à 100 000 € par local irrégulièrement transformé pour quatre mois de sous-location, sa disposition à transiger n'est plus la même.

Elle ne réclame pas non plus un loyer majoré : le mécanisme d'augmentation du loyer principal de l'article L145-31, alinéa 3 appartient au bail commercial et n'a pas d'équivalent en habitation.

Le dénouement le plus probable

Dans la majorité des dossiers correctement documentés, on ne va jamais jusqu'au jugement. Constat de commissaire de justice, mise en demeure précise, perspective d'un signalement en mairie : le locataire finit par proposer une transaction. Restitution d'une partie des sous-loyers, retrait immédiat de l'annonce, engagement écrit de cessation, parfois un départ négocié à échéance convenue. Cette transaction doit être écrite, signée, et versée au dossier comptable de la SCI. C'est elle qui justifiera l'écriture le jour de la clôture.

Un dossier propre commence par une gestion propre

Baux, quittances, encaissements, pièces : dans SCI-AI tout est daté et archivé. Le jour où vous devez prouver ce que vous avez perçu et quand, la réponse tient en trois clics — pas en trois week-ends de classement.


10. Sous-location : les 5 erreurs qui coûtent le plus cher

Ces cinq erreurs reviennent dans presque tous les dossiers de sous-location qui passent entre nos mains. Aucune n'est technique. Ce sont des réflexes de gestion, et vous pouvez toutes les corriger en une après-midi.

Erreur 1 : croire qu'un accord verbal suffit

Elle est symétrique, et c'est ce qui la rend amusante. Le locataire croit qu'un « oui » au téléphone l'autorise. Le bailleur croit qu'un refus oral suffit à le protéger. Les deux se trompent. L'article 8 exige un accord écrit, et l'écrit reste aussi la seule preuve du refus. Quand un locataire demande à sous-louer, répondez par écrit. Même pour dire non. Surtout pour dire non.

Erreur 2 : autoriser sans encadrer le prix

Une autorisation muette sur le prix ne respecte pas le texte, qui exige un accord « y compris sur le prix du loyer ». Elle laisse aussi le locataire libre de crever le plafond au mètre carré, ce que la SCI découvrira bien trop tard. Et surtout, elle a un effet en retour que personne n'anticipe : puisqu'elle a autorisé, la SCI perd le bénéfice de la restitution des fruits civils, qui ne joue que « sauf lorsque la sous-location a été autorisée ». Autoriser sans plafonner, c'est renoncer à son meilleur recours en croyant faire une faveur.

Erreur 3 : confondre sous-location et colocation

Le gérant qui traite une colocation comme une sous-location envoie des mises en demeure à des gens qui sont ses propres locataires. Il se met en tort et perd toute crédibilité pour la suite. L'erreur inverse existe aussi : considérer qu'un « colocataire » arrivé sans avenant est cotitulaire du bail, et laisser ainsi prospérer une sous-location pendant deux ans. Une seule question à se poser, toujours la même : cette personne a-t-elle signé le bail avec la SCI ? Si oui, colocation. Si non, occupation à qualifier.

Erreur 4 : oublier le règlement de copropriété

Rien n'empêche une SCI d'autoriser une sous-location que le règlement de copropriété interdit. L'autorisation vaudra entre elle et son locataire, et ne vaudra rien face au syndicat des copropriétaires, qui agira contre l'occupant et contre la SCI en sa qualité de copropriétaire. Relisez la clause de destination et la clause d'habitation bourgeoise avant de signer. Pas le jour où vous recevez l'assignation.

Erreur 5 : laisser courir en encaissant sans réserve

La plus coûteuse et, de loin, la plus fréquente. Le gérant hésite. Le locataire paie bien, le contentieux coûte cher, on verra à la fin du bail. Pendant ces mois d'hésitation, il fabrique lui-même l'argument que son adversaire lui opposera : tolérance, renonciation, autorisation tacite. En bail commercial, cette inaction se paie en indemnité d'éviction. En habitation, elle affaiblit à la fois la demande de restitution et la demande de résiliation. Encaisser n'est pas une faute. Encaisser sans réserve écrite en est une.

Le bon réflexe tient en une phrase, à insérer dans la mise en demeure et à répéter sur chacune des quittances de loyer émises pendant la période contentieuse : « paiement reçu à titre de loyer, sans renonciation aux droits de la société ni régularisation de la situation d'occupation ». Vingt-six mots qui valent, dans certains dossiers, plusieurs milliers d'euros.


Récapitulatif : la sous-location en un tableau

Question Bail d'habitation Bail commercial
Sous-location libre par défaut ?Non (art. 8 loi 1989)Non (art. L145-31 al. 1)
Forme de l'autorisationÉcrit obligatoire, portant sur le prixClause du bail ou accord ; concours à l'acte
Effet du silence du bailleurAucun (pas d'autorisation)On passe outre (15 jours)
Plafond du sous-loyerPrix au m² du bail principalAucun
Augmentation du loyer principalNon prévueFaculté (art. L145-31 al. 3)
Droits du sous-locataire contre le bailleurAucun (art. 8 al. 2)Renouvellement possible (art. L145-32)
Restitution des sous-loyersOui, intégrale (fruits civils, art. 546-547 C. civ.)Transposition plaidée et admise par des juges du fond, non consacrée à ce jour par la Cour de cassation
Sanction du manquementClause résolutoire ou résiliation judiciaireClause résolutoire ou résiliation judiciaire

Si vous ne deviez retenir qu'une chose de tout ce guide, retenez celle-ci. En bail d'habitation, la loi protège très bien le bailleur, à condition qu'il ne dise rien qui ressemble à un accord. En bail commercial, elle le protège aussi, mais à condition qu'il parle, et vite. Le même silence vous sauve dans un cas et vous condamne dans l'autre. Tout le reste en découle.


FAQ — SCI et sous-location

Mon locataire m'a demandé l'autorisation de sous-louer six mois : dois-je accepter ?

Rien ne vous y oblige, et un refus n'a pas à être motivé en bail d'habitation. Mais avant de refuser par principe, mesurez l'alternative : si le locataire donne congé, vous supportez une vacance, une remise en état et une nouvelle recherche. Une autorisation strictement encadrée — sous-locataire nommé, prix plafonné, durée ferme, responsabilité maintenue sur le locataire principal — est parfois la meilleure décision économique.

Que se passe-t-il si j'autorise puis que je change d'avis ?

Une autorisation donnée est un engagement contractuel : vous ne pouvez pas la retirer arbitrairement pendant sa durée. C'est pourquoi l'autorisation doit être à durée déterminée et prévoir expressément ses causes de caducité (changement de sous-locataire, dépassement du prix, manquement du locataire, fin du bail principal). Sans cela, vous risquez de vous retrouver lié plus longtemps que prévu.

La SCI peut-elle se retourner directement contre le sous-locataire ?

Il n'existe aucun lien contractuel entre la SCI et le sous-locataire : l'action se dirige contre le locataire principal, seul débiteur des obligations du bail. En revanche, le sous-locataire est un occupant sans droit ni titre une fois le bail principal résilié, et il peut être visé par la procédure d'expulsion. Adressez vos courriers au locataire, jamais au sous-locataire — un échange direct crée une apparence de relation contractuelle dangereuse.

Mon bail ne parle pas de sous-location : suis-je démuni ?

En habitation, non : l'article 8 de la loi de 1989 s'applique même si le bail est muet, et il est d'ordre public. En bail commercial, l'interdiction de l'article L145-31 s'applique aussi par défaut. C'est en bail professionnel, en bail dérogatoire et en bail civil (parking, terrain, local de stockage) que l'absence de clause est réellement pénalisante — l'article 1717 du code civil rend même la sous-location libre si elle n'a pas été interdite.

Combien de temps faut-il pour faire cesser une sous-location ?

Le retrait de l'annonce intervient souvent dans les jours suivant une mise en demeure documentée. La résiliation judiciaire du bail, elle, se compte en mois : six à dix-huit selon l'encombrement du tribunal, plus le délai d'exécution en cas d'expulsion. C'est pourquoi la stratégie la plus efficace combine pression rapide (constat, mise en demeure, signalement en mairie) et action de fond.

Le sous-locataire peut-il se retourner contre la SCI s'il est expulsé ?

En bail d'habitation, l'article 8 alinéa 2 est catégorique : à la cessation du contrat principal, le sous-locataire ne peut se prévaloir d'aucun droit contre le bailleur ni d'aucun titre d'occupation. Son recours est dirigé contre le locataire principal, qui lui a loué un bien qu'il n'avait pas le droit de sous-louer. C'est le sous-loueur, pas la SCI, qui supporte ce risque.

Une SCI peut-elle interdire toute sous-location dans un bail commercial ?

Oui, et c'est même la règle par défaut de l'article L145-31. Une clause d'interdiction absolue est valable. Mais réfléchissez avant de la verrouiller : elle réduit la liquidité du bail pour le preneur, donc parfois l'attractivité du local et le niveau de loyer acceptable. Une clause d'autorisation sous agrément, avec critères objectifs et délai de réponse, est souvent un meilleur équilibre.

Une sous-location a-t-elle un impact sur la TVA ou sur la CFE de la SCI ?

Pas en principe : la SCI continue de fournir la même prestation, la mise à disposition d'un immeuble nu, et son régime ne dépend pas de l'usage qu'en fait son locataire. C'est le sous-loueur qui exerce éventuellement une activité commerciale, avec ses propres obligations. Les sujets sont traités séparément dans nos guides sur la SCI et la TVA et sur la CFE en SCI.

Puis-je réclamer les sous-loyers et la résiliation en même temps ?

Oui, et c'est même conseillé : les deux demandes reposent sur des fondements distincts. La restitution des fruits civils est fondée sur le droit de propriété (art. 546 et 547 du code civil) ; la résiliation est fondée sur le manquement contractuel ou sur la clause résolutoire. Les cumuler dans une même assignation évite deux procédures et renforce la cohérence du dossier.

Le gérant peut-il agir seul ou faut-il une décision des associés ?

Le gérant représente la société et engage ses actes entrant dans l'objet social (art. 1849 du code civil) : il peut délivrer une mise en demeure et agir en justice. Vérifiez toutefois vos statuts, qui subordonnent parfois l'engagement d'une action judiciaire ou d'une dépense au-delà d'un certain seuil à l'accord des associés. En cas de doute, faites voter une résolution en assemblée : cela ne coûte rien et sécurise la procédure. Voir notre guide sur les pouvoirs du gérant de SCI.

Et si mon locataire est une société qui loge ses salariés ?

C'est une situation fréquente et juridiquement particulière. Un bail conclu avec une personne morale qui met le logement à disposition de ses salariés n'est pas nécessairement une sous-location si la mise à disposition est gratuite et accessoire au contrat de travail. Si une redevance est perçue, la qualification de sous-location redevient discutable. Faites préciser la destination et le mode d'occupation dans le bail dès l'origine : c'est le seul moyen d'éviter le débat.

Puis-je faire constater la sous-location en entrant dans le logement ?

Non, et c'est une erreur grave. Le domicile du locataire est inviolable, y compris pour le propriétaire : entrer sans autorisation vous expose à des poursuites et détruit la crédibilité de votre dossier. Le constat se fait depuis l'extérieur et sur internet, ou par une mesure d'instruction ordonnée par le juge sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile.

Une clause du bail peut-elle interdire tout occupant supplémentaire ?

Une clause peut interdire la sous-location, qui suppose une contrepartie financière. Elle ne peut pas interdire au locataire d'héberger ses proches à titre gratuit : depuis l'arrêt Mel Yedei (Cass. 3e civ., 6 mars 1996, n° 93-11.113), une telle clause est illicite au regard de l'article 8.1 de la Convention européenne des droits de l'homme. Formulez donc la clause en visant la sous-location et la cession, pas « toute occupation par un tiers ».

La SCI doit-elle déclarer les sous-loyers récupérés ?

Une somme encaissée par la société doit figurer dans ses comptes : la question n'est pas de savoir s'il faut la déclarer, mais où. À l'IS, on l'enregistre en produit distinct des loyers, à la date où la créance devient certaine. À l'IR, à l'encaissement. Aucune doctrine administrative ne traite spécifiquement de ce cas : documentez le jugement ou la transaction et validez la qualification avec votre conseil avant de déposer la déclaration.

Peut-on transiger plutôt que d'aller au procès ?

Oui, et c'est l'issue la plus fréquente quand le dossier est solide. La transaction (art. 2044 du code civil) doit être écrite, comporter des concessions réciproques, chiffrer précisément la somme restituée et prévoir l'engagement de cessation ainsi que, le cas échéant, la date de départ. Elle fait obstacle à l'introduction ou à la poursuite entre les parties d'une action ayant le même objet (art. 2052 du code civil) : ne la signez pas sans avoir vérifié qu'elle ne vaut pas régularisation rétroactive de la sous-location.

Faut-il modifier tous mes baux existants après la lecture de ce guide ?

Pas nécessairement en habitation, où l'article 8 s'applique de plein droit. En revanche, si votre SCI détient des locaux professionnels, des baux dérogatoires ou des parkings loués isolément avec des contrats sommaires, un audit des clauses est justifié — et il se fait à l'occasion des renouvellements, sans attendre. Un point complet est prévu dans notre audit annuel de SCI.

Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Chaque situation locative comporte ses particularités — nature du bail, rédaction des clauses, règlement de copropriété, réglementation communale — qui peuvent modifier les conclusions ci-dessus.

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Sources

  • Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, articles 7-1, 8, 10, 13, 25-3 et 25-12 (Légifrance)
  • Code civil, articles 546, 547, 548, 549, 584, 1717, 1849, 2044, 2052 et 2224 (Légifrance)
  • Code de commerce, articles L145-5, L145-31, L145-32 et L144-1 (Légifrance)
  • Cour de cassation, 3e chambre civile, 12 septembre 2019, pourvoi n° 18-20.727, publié au Bulletin (Légifrance)
  • Cour de cassation, 3e chambre civile, 22 juin 2022, pourvoi n° 21-18.612, publié au Bulletin — rendu au visa des articles 548 et 549 du code civil, restitution sans déduction du loyer principal (Légifrance)
  • Cour de cassation, 3e chambre civile, 21 septembre 2023, pourvoi n° 22-18.251 — absence de bonne foi du locataire sous-loueur (Légifrance)
  • Cour de cassation, chambre commerciale, 7 janvier 2026, pourvois n° 23-22.723 et n° 24-13.163, publiés au Bulletin — rôle actif de la plateforme, qualité d'hébergeur écartée dans le second, cassation partielle sur la modification de l'objet du litige (Légifrance)
  • Cour d'appel de Grenoble, chambre commerciale, 5 décembre 2019, RG n° 18/03362 — transposition de la restitution des fruits civils en bail commercial (juge du fond)
  • Cour d'appel de Nancy, 2e chambre civile, 25 octobre 2018, RG n° 16/02398 — plafond de l'article 8 analysé comme un ordre public de protection du sous-locataire (juge du fond)
  • Cour de cassation, 3e chambre civile, 6 mars 1996, pourvoi n° 93-11.113, publié au Bulletin — hébergement des proches (Légifrance)
  • Cour d'appel de Paris, pôle 4 chambre 3, 23 novembre 2023, RG n° 20/11313 — prescription quinquennale
  • Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 (LCEN), article 6, I, 2 dans ses rédactions applicables aux litiges (loi n° 2014-1353 du 13 novembre 2014 ; rédaction antérieure à la loi n° 2020-766 du 24 juin 2020) ; article 6 restructuré par la loi SREN n° 2024-449 du 21 mai 2024, régime d'exonération désormais porté par l'article 6 du règlement (UE) 2022/2065 (DSA) — Légifrance et EUR-Lex
  • Code de la construction et de l'habitation, articles L631-7 et L651-2 (Légifrance)
  • Code du tourisme, article L324-1-1, III (issu de la loi n° 2024-1039 dite Le Meur), en vigueur depuis le 20 mai 2026 — déclaration soumise à enregistrement auprès d'un téléservice national (Légifrance)
  • Décret n° 2026-196 du 19 mars 2026 relatif à la location de meublés de tourisme — désignation de la direction générale des entreprises comme organisme public unique, nature, conservation et accessibilité des données d'activité transmises par les intermédiaires ; décret n° 2026-197 du 19 mars 2026 créant le traitement de données « API meublés » ; JO du 20 mars 2026 (Légifrance)
  • Loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale (Légifrance)
  • Loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986, article 57 A (Légifrance)
  • CGI, articles 35, I, 5° bis, 50-0 (micro-BIC, abattement de 30 % et plafond de 15 000 € pour les meublés de tourisme non classés, loi n° 2024-1039) et 92 ; BOFiP, BOI-RFPI-CHAMP-10-30 § 80 et BOI-BIC-CHAMP-40-20 (qualification des revenus de sous-location)
FAQ

Questions fréquentes

Non. L'article 8 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 interdit au locataire de sous-louer le logement « sauf avec l'accord écrit du bailleur, y compris sur le prix du loyer ». Un accord verbal, un SMS ambigu ou le silence de la SCI ne valent pas autorisation. Sans écrit, la sous-location est irrégulière, même si elle ne cause aucun trouble.
Oui, c'est la solution posée par la Cour de cassation (3e civ., 12 septembre 2019, n° 18-20.727) : « sauf lorsque la sous-location a été autorisée par le bailleur, les sous-loyers perçus par le preneur constituent des fruits civils qui appartiennent par accession au propriétaire » (art. 546 et 547 du code civil). Dans cette affaire, les locataires avaient encaissé 27 295 € nets via Airbnb et ont été condamnés à les restituer.
Non. La Cour de cassation l'a jugé deux fois (3e civ., 22 juin 2022, n° 21-18.612, publié ; 3e civ., 21 septembre 2023, n° 22-18.251) : le locataire qui sous-loue en violation du bail n'est pas un possesseur de bonne foi au sens de l'article 549 du code civil, et son propre loyer n'est pas un frais déductible au sens de l'article 548 : il constitue lui-même un fruit civil de la propriété. La SCI conserve ses loyers et récupère la totalité des sous-loyers.
Les juridictions du fond retiennent la prescription quinquennale de droit commun de l'article 2224 du code civil, et non la prescription triennale de l'article 7-1 de la loi de 1989 (voir CA Paris, pôle 4 ch. 3, 23 novembre 2023, RG n° 20/11313), au motif que l'action ne dérive pas du bail mais du seul droit de propriété du bailleur. La question n'a pas encore été tranchée par un arrêt de principe de la Cour de cassation : agissez sans attendre.
Elle n'a pas à le faire : la loi le fait pour elle. L'article 8 dispose que « le prix du loyer au mètre carré de surface habitable des locaux sous-loués ne peut excéder celui payé par le locataire principal ». Un locataire qui paie 800 € pour 40 m² (20 €/m²) ne peut pas sous-louer 20 m² au-delà de 400 €. L'autorisation de la SCI doit de toute façon porter expressément sur le prix.
En bail d'habitation, non : l'article 8 alinéa 2 précise qu'« en cas de cessation du contrat principal, le sous-locataire ne peut se prévaloir d'aucun droit à l'encontre du bailleur ni d'aucun titre d'occupation ». En bail commercial, la réponse est inverse : l'article L145-32 du code de commerce permet au sous-locataire d'obtenir le renouvellement contre le bailleur si celui-ci a autorisé ou agréé la sous-location, même tacitement.
Pratiquement jamais sans une accumulation d'autorisations : l'accord écrit de la SCI sur le principe et sur le prix (art. 8), le respect du règlement de copropriété, l'enregistrement de la commune et, s'il ne s'agit pas de sa résidence principale, l'autorisation de changement d'usage (art. L631-7 CCH). L'amende civile de l'article L651-2 CCH atteint 100 000 € par local irrégulièrement transformé depuis la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024.
Par principe oui : « sauf stipulation contraire au bail ou accord du bailleur, toute sous-location totale ou partielle est interdite » (art. L145-31, al. 1 du code de commerce). Quand elle est autorisée, le propriétaire est appelé à concourir à l'acte, et le locataire doit lui notifier son intention par acte extrajudiciaire ou LRAR, le bailleur ayant quinze jours pour dire s'il entend concourir.
En bail commercial uniquement. L'article L145-31, alinéa 3 donne au propriétaire « la faculté d'exiger une augmentation correspondante du loyer de la location principale » lorsque le loyer de la sous-location est supérieur au prix de la location principale, augmentation fixée à défaut d'accord selon la procédure de l'article L145-56. En bail d'habitation, ce mécanisme n'existe pas : c'est le plafonnement au mètre carré qui joue.
Non. La sous-location suppose une contrepartie financière. Accueillir son conjoint, ses enfants, un parent ou un ami à titre gratuit relève du droit au respect de la vie privée et familiale, et la Cour de cassation juge de longue date qu'une clause interdisant au locataire d'héberger ses proches est disproportionnée. La SCI ne peut donc pas invoquer l'article 8 dans cette situation.
Non, et la confusion coûte cher. En colocation, tous les occupants sont cotitulaires du bail signé avec la SCI : ils sont ses locataires directs. En sous-location, un seul locataire est lié à la SCI et il conclut un second contrat avec un tiers que la SCI ne connaît pas. Le régime, les recours et la fiscalité diffèrent entièrement.
Par un faisceau d'indices constitué avant toute mise en demeure : captures d'écran horodatées des annonces en ligne, avis de voyageurs mentionnant l'adresse, attestations de voisins ou du syndic, et surtout un constat de commissaire de justice, qui est la pièce la plus difficile à contester. Une réservation test réalisée par un tiers permet d'établir le prix effectivement pratiqué.
Oui, sur deux fondements. Si le bail comporte une clause résolutoire visant expressément la sous-location, la SCI délivre un commandement par commissaire de justice puis saisit le juge en constatation de l'acquisition de la clause. À défaut de clause, elle demande la résiliation judiciaire du bail pour manquement grave. Dans les deux cas, l'appréciation de la gravité relève du juge.
Elle affaiblit sérieusement sa position. Encaisser sans réserve pendant des mois alors qu'on connaît la sous-location peut être analysé comme une autorisation tacite — ce qui, en bail commercial, ouvre au sous-locataire le droit au renouvellement de l'article L145-32. Il faut donc écrire une réserve expresse dès la découverte des faits et la répéter sur chaque quittance.
La sous-location meublée relève des BIC, y compris lorsque le locataire principal loue le bien nu à la SCI. La sous-location nue relève en principe des BNC, et non des revenus fonciers, puisque le sous-loueur n'est pas propriétaire. La SCI, elle, reste imposée sur le seul loyer principal qu'elle perçoit.
La somme n'est pas un loyer : c'est une indemnité de restitution. À l'IS, on l'enregistre en produit de l'exercice d'acquisition de la créance, distinctement des loyers (compte de produits divers de gestion courante). À l'IR, la SCI raisonne en trésorerie et enregistre l'encaissement effectif. Le traitement fiscal exact de cette indemnité n'est pas couvert par une doctrine administrative dédiée : faites-le valider avant de déclarer.
En habitation, ce n'est pas indispensable puisque l'article 8 pose déjà l'interdiction, mais une clause explicite assortie d'une clause résolutoire simplifie énormément le contentieux. En bail commercial, bail professionnel et bail dérogatoire, la clause est déterminante : c'est elle qui fixe le régime, le formalisme de l'autorisation et les sanctions.