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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

SCI résidence secondaire : le guide complet 2026 pour acheter à plusieurs sa maison de vacances

Mis à jour le 21/06/2026 · Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app · Lecture ≈ 18 min

Quatre frères et sœurs, une maison de famille en Bretagne, un héritage qui menace de devenir une querelle. La scène est presque banale. Vendre, c'est tourner la page sur l'enfance ; rester en indivision, c'est accepter qu'un seul d'entre vous puisse, du jour au lendemain, demander à sortir et forcer la vente. La SCI résidence secondaire vient combler ce vide. Elle ne fait pas disparaître l'impôt à la revente, ni la taxe d'habitation, ni l'IFI. Elle change la structure : 99 ans de propriété stable, un calendrier d'occupation organisé, une transmission programmée sur trois générations, et une sortie possible sans casser la maison.

Pourquoi ce sujet revient sans cesse. La résidence secondaire concentre les pièges fiscaux les plus mal connus. Pas d'exonération de plus-value, qui est réservée à la résidence principale (article 150 U II 1° du CGI). Une majoration de taxe d'habitation jusqu'à +60 % en zone tendue. Pas de décote de 30 % à l'impôt sur la fortune immobilière (IFI). Et une requalification automatique à l'impôt sur les sociétés (IS) si l'on glisse vers un Airbnb ponctuel. Ces règles ne s'inventent pas : elles s'apprennent avant d'acheter.

Ce que ce guide vous apporte. Le régime fiscal complet de la résidence secondaire détenue par une SCI à l'impôt sur le revenu (IR) ou à l'IS. Le calcul exact des abattements pour durée de détention sur la plus-value (article 150 VC du CGI). Le traitement de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS) et de sa majoration en zone tendue (article 1407 ter du CGI). Le sort de l'occupation gratuite par les associés (article 15 II du CGI et commodat). Le mécanisme de transmission par donation de parts avec abattement de l'article 779 du CGI. L'organisation du calendrier d'occupation entre frères et sœurs. Le comparatif SCI contre indivision pour une maison de famille. Et un cas chiffré central sur 400 000 € en Bretagne. Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, à jour du Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) au 21/06/2026 et de la loi de finances 2026.

À retenir en 30 secondes

  • Pas d'exonération PV résidence principale. L'article 150 U II 1° du CGI réserve l'exonération à la résidence principale du cédant. Une résidence secondaire en SCI applique le barème commun avec abattements de durée de détention.
  • Abattement durée détention. Article 150 VC du CGI : exonération d'impôt sur le revenu à 22 ans, exonération des prélèvements sociaux (PS) à 30 ans. Entre les deux, plus-value imposable au taux progressif.
  • Majoration THRS jusqu'à +60 %. Article 1407 ter du CGI : les communes de zones tendues (Paris, Saint-Malo, Annecy, Biarritz, etc.) peuvent voter une majoration de 5 % à 60 % de la part communale.
  • IFI plein pot. Pas d'abattement 30 % à l'IFI (article 973 I du CGI réservé à la RP). Décote d'illiquidité 10 à 20 % possible sur les parts de SCI familiale à clause d'agrément.
  • Occupation gratuite neutralisée. Article 15 II du CGI : pas de revenu imposable sur la part occupée par les associés. Pas de charge déductible non plus sur cette part.
  • Transmission par donation de parts. Abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans (article 779 du CGI) sur une valeur déjà décotée par l'endettement et l'illiquidité.

Références légales mobilisées dans ce guide

CGI — plus-value immobilière : art. 8 (transparence fiscale), 15 II (logements à disposition du propriétaire), 150 U II 1° (exonération RP), 150 VB II (frais d'acquisition), 150 VC (abattement IR durée de détention), 150 VD (abattement PS), 200 B (taux IR 19 %), 1600-0 F bis (PS 17,2 %), 1609 nonies G (surtaxe PV > 50 000 €)
CGI — taxe d'habitation et logements vacants : art. 1407 (champ THRS), 1407 ter (majoration jusqu'à 60 %), 1407 bis (THLV), 1408 (redevable), 232 (TLV zones tendues), 1406 bis (TVLH créée par LF 2026 art. 108 à compter de 2027), décrets n° 2023-822 du 25/08/2023 et n° 2025-1267 du 22/12/2025 (liste communes)
CGI — IFI : art. 964 (seuil 1,3 M€), 965 (valorisation parts), 973 I (abattement 30 % RP), 973 IV (créé par LF 2024 art. 27 — dettes SCI non afférentes), 974 II, III, IV (déductibilité dettes, prêts in fine, cercle familial, plafonnement quantitatif), 977 (barème IFI), 979 (plafonnement IFI 75 % des revenus), 976 (exo 75 % bois et forêts)
CGI — transmission : 669 (barème usufruit/nue-propriété), 779 (abattement 100 000 € parent/enfant), 784 (rappel fiscal sur 15 ans), 790 B (abattement 31 865 € grand-parent / petit-enfant), 774 bis (créé par LF 2024 art. 26 — quasi-usufruit, dettes de restitution non déductibles), 1133 (pas de droits sur consolidation usufruit), 726 I 2° et II (droits 5 % cession parts SCI sur valeur nette)
CGI — autres : 35 I 5° bis (location meublée commerciale), 206 2° (bascule IS au-delà 10 %), 224 (CDHR créée par LF 2025 art. 10), 239 bis AA (SARL de famille option IR), 810 III bis (droit fixe 125 € apport immo en SCI IR)
Code civil : art. 1832 à 1870-1 (sociétés), 1835 (statuts), 1838 (durée 99 ans), 1859 (gérance), 1844-1 (décisions collectives), 1869 (retrait), 1875 à 1891 (commodat), 894/843 (libéralité, rapport), 815 (sortie de l'indivision à tout moment), 815-3 (décisions en indivision), 1873-1 à 1873-15 (convention d'indivision, option longue durée art. 1873-3/1873-5), 1078-1 à 1078-10 (donation-partage transgénérationnelle), 1401, 1434 (parts communes, déclaration de remploi)
BOFiP : BOI-RFPI-PVI-10-40 (plus-values immobilières particuliers), BOI-RFPI-PVI-20-20 (abattement durée détention), BOI-RFPI-CHAMP-20-20 (occupation gratuite associé), BOI-IF-TH-70 (majoration THRS), BOI-PAT-IFI-20-30-30 (valorisation parts SCI), BOI-PAT-IFI-20-40 (déductibilité dettes IFI MAJ 05/06/2024), BOI-PAT-IFI-40-30-10 (plafonnement IFI 75 %), BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20 (quasi-usufruit post-LF 2024, MAJ 26/09/2024), BOFiP ACTU-2024-00084
Jurisprudence : Cass. 3e civ. 19/09/2024 n° 22-18.687 et 22-18.733 (dividendes sur cession SCI / quasi-usufruit), Cass. com. 16/02/2022 n° 19-25.295 (décote d'illiquidité parts SCI), CE 7/07/1982 n° 30975 et CE 27/10/1999 n° 172940 (piliers occupation gratuite associé art. 15 II), CE 20/04/2021 n° 434255 (avantage occulte art. 111 c, double intention libérale), Cons. const. 15/01/2019 n° 2018-755 QPC (conformité plafonnement IFI 75 %), Cass. com. 11/06/1996 n° 94-15.327 et CE 13/01/2017 n° 391196 (SCI fictive)
Lois et décrets : LOI n° 2023-1322 du 29/12/2023 (LF 2024, art. 26 et 27), LOI n° 2025-127 du 14/02/2025 (LF 2025, création CDHR), LOI n° 2025-1403 du 28/12/2025 (LFSS 2026, PFU 31,4 % sur revenus mobiliers — PV immo particuliers maintenues à 17,2 %), LOI n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026, art. 108 création TVLH 2027), arrêté du 19/11/2025 (annonces légales SCI 191 € HT métropole / 223 € HT outre-mer)

Avertissement. Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil personnalisé. Les règles évoquées sont à jour de la loi de finances 2026 et du BOFiP au 21/06/2026. L'achat d'une résidence secondaire en SCI engage la société et ses associés sur le long terme — souvent 30 à 50 ans — et soulève des enjeux familiaux qui dépassent la seule fiscalité. Faites valider votre situation par un professionnel avant toute décision.


1. Qu'est-ce qu'une SCI résidence secondaire et à qui s'adresse-t-elle ?

Une SCI résidence secondaire n'est pas un statut fiscal distinct : c'est une SCI classique (Société Civile Immobilière régie par les articles 1832 à 1844-17 du Code civil) dont l'objet social vise la détention et la jouissance d'un bien immobilier qui ne sert pas à la résidence principale de ses associés. Elle achète, détient et gère une maison de vacances, un appartement à la montagne, une longère bretonne, un mas provençal — n'importe quel bien occupé épisodiquement par les associés ou loué saisonnièrement.

Une structure pensée pour la copropriété familiale

La SCI résidence secondaire ne se justifie pas pour un acheteur unique : un particulier qui achète seul sa maison de vacances n'a aucun intérêt à passer par une SCI, sauf cas marginal de protection contre la transmission. Le sens véritable du véhicule apparaît dès que plusieurs personnes co-financent ou co-occupent le bien.

Trois profils dominent les dossiers traités par sci-ai.app sur ce segment. La fratrie héritière, qui veut préserver la maison de famille reçue d'un parent ou d'un grand-parent : sortir d'une indivision instable pour entrer dans une SCI familiale gèle la propriété sur 99 ans tout en préparant la transmission à la génération suivante. La famille élargie ensuite — 4 frères et sœurs, 2 couples avec enfants, oncles et neveux — qui co-finance une acquisition neuve : la SCI répartit le financement au prorata des parts, organise l'occupation, garde ouverte la porte de sortie. Et le couple aisé qui prépare la transmission à ses propres enfants : la SCI sert de support à des donations de parts étalées dans le temps, beaucoup plus efficaces qu'une donation directe du bien.

Ce que la SCI ne change pas

Avant d'aller plus loin, il faut désactiver quelques illusions. La SCI ne fait pas baisser la taxe foncière, payée par le propriétaire (la SCI). Elle ne supprime pas la taxe d'habitation sur résidence secondaire, qui reste due. Elle n'efface pas l'IFI : les parts de SCI entrent dans l'assiette IFI pour leur valeur représentative du bien immobilier. Elle ne donne pas accès à l'exonération de plus-value de l'article 150 U II 1° du CGI, réservée à la résidence principale du cédant. Elle ne dispense pas non plus de la déclaration annuelle 2072 (SCI à l'IR) ou de la liasse fiscale 2065 (SCI à l'IS).

Ce que la SCI change : la structure de la propriété (collective et stable, contre indivise et précaire), la mécanique de transmission (donation de parts contre donation immobilière), la sortie d'un associé (cession de parts à 5 % au lieu de vente immobilière) et l'organisation interne (clauses statutaires et règlement intérieur).


2. Pourquoi acheter sa résidence secondaire en SCI plutôt qu'en direct ou en indivision ?

Acheter à plusieurs une maison de vacances revient à choisir entre trois véhicules juridiques : la propriété directe (impossible à plusieurs sans démembrement ou indivision), l'indivision et la SCI. La propriété directe étant écartée dès lors qu'il y a plusieurs propriétaires, le vrai choix est entre l'indivision et la SCI.

L'indivision : structure par défaut et instable

L'indivision naît automatiquement quand plusieurs personnes acquièrent ou héritent d'un même bien (articles 815 et suivants du Code civil). C'est la situation la plus simple à l'acte d'achat : un seul acte notarié, des quotes-parts entre les co-acquéreurs, aucune structure à constituer. C'est aussi la situation la plus instable. L'article 815 du Code civil pose le principe fondamental : nul ne peut être contraint de demeurer dans l'indivision. À tout moment, un indivisaire peut demander le partage. Dans la pratique, cela signifie la vente forcée du bien si les autres ne peuvent pas le racheter. Imaginons une maison de famille à 600 000 € détenue à trois : il suffit qu'un héritier ait besoin de ses 200 000 € pour que la maison parte à la vente, contre la volonté des deux autres.

La convention d'indivision (articles 1873-1 à 1873-18 du Code civil) tempère cette instabilité en gelant l'indivision pour cinq ans renouvelables au maximum, sans supprimer le droit fondamental de sortie. Et la gestion courante reste lourde : sauf clause contraire, les décisions importantes exigent l'unanimité (article 815-3 du Code civil).

La SCI : structure choisie et stable

La SCI inverse la logique. Elle est constituée pour 99 ans (article 1838 du Code civil), durée que les associés choisissent à la rédaction des statuts. Pendant ces 99 ans, un associé ne peut pas exiger la sortie : il peut seulement céder ses parts, et la cession est en principe soumise à l'agrément des autres associés si les statuts le prévoient (article 1861 du Code civil). Cette clause d'agrément, devenue quasi systématique dans les SCI familiales, est ce qui sépare une SCI d'une indivision déguisée : elle protège la stabilité du groupe.

Les décisions courantes sont prises par le gérant nommé dans les statuts, sans avoir besoin de réunir les associés à chaque opération. Les décisions importantes (cession d'immeuble, modification statutaire) requièrent la majorité fixée par les statuts. Cette gouvernance se construit sur mesure : voir notre guide statuts de SCI pour la rédaction concrète.

Tableau comparatif rapide

Critère Indivision SCI familiale
Durée de stabilitéAucune (art. 815 C. civ.)99 ans (art. 1838 C. civ.)
Sortie d'un membreVente forcée possibleCession de parts avec agrément
Décisions courantesMajorité 2/3 ou unanimitéGérant nommé
TransmissionDonation du bien (lourde)Donation de parts fractionnée
Coûts de constitutionAucun≈ 1 500 à 2 500 €
Fiscalité couranteIdentique (revenus fonciers)Identique à l'IR
Droits de cession parts/quotes-parts5,8 % DMTO + frais notaire5 % sur valeur nette d'endettement (art. 726 II)

Le coût d'entrée d'une SCI (frais d'expert-comptable ou de notaire pour la rédaction des statuts, dépôt au greffe, annonce légale à 191 € HT en 2026 selon l'arrêté du 19 novembre 2025) tourne autour de 1 500 à 2 500 €. C'est l'investissement minimum pour gagner 99 ans de stabilité et une mécanique de transmission. Le comparatif détaillé est dans notre guide indivision ou SCI.


3. Pas d'exonération de plus-value à la revente : la règle qui change tout (art. 150 U II 1° CGI)

Réponse courte. Non, une résidence secondaire détenue en SCI ne bénéficie jamais de l'exonération de l'article 150 U II 1° du CGI, qui vise exclusivement la résidence principale du cédant. La SCI à l'IR applique le régime commun des plus-values immobilières des particuliers (articles 150 U à 150 VH du CGI) : taux IR 19 %, prélèvements sociaux 17,2 %, abattements pour durée de détention (exonération IR à 22 ans, PS à 30 ans) et surtaxe de 2 à 6 % au-delà de 50 000 € de plus-value nette (article 1609 nonies G du CGI). Voir notre guide plus-value en SCI.

La famille Moreau, quatre frères et sœurs, revend la maison familiale de Bordeaux héritée des parents pour 600 000 €, acquise 350 000 € il y a 12 ans. Au moment de la signature, le notaire leur annonce plus de 40 000 € de fiscalité sur la plus-value (IR + prélèvements sociaux), là où ils anticipaient zéro impôt « parce que c'est la maison de famille ». Le malentendu est classique. C'est la première règle à comprendre, et la plus mal connue. Une résidence secondaire, qu'elle soit détenue en direct, en indivision ou en SCI, ne bénéficie jamais de l'exonération de plus-value applicable à la résidence principale.

Le texte fondateur : article 150 U II 1° du CGI

L'article 150 U du CGI dresse la liste des cas d'exonération de la plus-value immobilière des particuliers. Le premier (II 1°) vise les immeubles « qui constituent la résidence principale du cédant au jour de la cession ». La résidence principale s'entend, au sens fiscal, du logement où le cédant a sa résidence habituelle et effective au moment de la vente — pas son adresse fiscale déclarée, pas un pied-à-terre, pas une maison de famille où il passe quelques semaines par an.

Pour une résidence secondaire détenue par une SCI à l'IR, l'analyse est sans ambiguïté : la maison de vacances n'est la résidence principale d'aucun associé (ou alors, voir plus bas, on retombe dans un cas marginal d'exonération partielle). La plus-value à la revente est donc soumise au régime commun des plus-values immobilières des particuliers, codifié aux articles 150 U à 150 VH du CGI.

Le calcul de la plus-value en SCI à l'IR

La SCI à l'IR est fiscalement transparente (article 8 du CGI) : la plus-value est calculée au niveau de la société, puis répartie entre les associés à proportion de leurs parts. Chacun déclare sa quote-part au régime commun.

Le calcul s'enchaîne en cinq temps. 1. Plus-value brute = prix de vente − prix d'acquisition (majoré des frais d'acquisition forfaitaires de 7,5 % ou réels, et des travaux pour leur montant réel ou forfaitaires de 15 % après 5 ans de détention, article 150 VB II du CGI). 2. Application de l'abattement pour durée de détention de l'article 150 VC du CGI (voir section 4). 3. Taux d'imposition IR de 19 % (article 200 B du CGI) sur la base après abattement IR. 4. Prélèvements sociaux à 17,2 % (article 1600-0 F bis du CGI) sur la base après abattement PS — base PS et base IR sont calculées séparément, avec des cadences d'abattement distinctes. 5. Surtaxe sur les plus-values importantes (article 1609 nonies G du CGI), de 2 % à 6 % au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Le barème lissé de la surtaxe (article 1609 nonies G du CGI)

Imaginons une SCI Lefèvre qui revend la maison de famille après 12 ans. Plus-value nette imposable à l'IR de 150 000 €, donc largement au-dessus du seuil de 50 000 € : la surtaxe s'applique. L'article 1609 nonies G du CGI prévoit une surtaxe progressive sur la plus-value nette imposable à l'IR (après abattement durée de détention) dès qu'elle dépasse 50 000 € pour le cédant. Le barème comporte cinq tranches pleines de 2 % à 6 %, séparées par des paliers de lissage sur 10 000 € qui adoucissent l'entrée dans la tranche supérieure. Pour la SCI Lefèvre à 150 000 € de PV nette, on est en bas de la tranche pleine 3 % : la surtaxe due s'élève à 150 000 × 3 % = 4 500 € (en plus des 19 % d'IR de droit commun). Un cédant à 105 000 € de PV nette, lui, se situe dans la zone de lissage entre 100 000 et 110 000 € : la surtaxe progresse linéairement de 2 % à 3 % sur cette tranche.

Plus-value nette imposable Taux applicable Mécanique
Jusqu'à 50 000 €0 %Pas de surtaxe
50 001 à 60 000 €Lissage 0 % → 2 %Formule lissée 2 % × (PV − 50 000) / 10 000
60 001 à 100 000 €2 % (tranche pleine)2 % × PV totale
100 001 à 110 000 €Lissage 2 % → 3 %Palier progressif
110 001 à 150 000 €3 % (tranche pleine)3 % × PV totale
150 001 à 160 000 €Lissage 3 % → 4 %Palier progressif
160 001 à 200 000 €4 % (tranche pleine)4 % × PV totale
200 001 à 210 000 €Lissage 4 % → 5 %Palier progressif
210 001 à 250 000 €5 % (tranche pleine)5 % × PV totale
250 001 à 260 000 €Lissage 5 % → 6 %Palier progressif
Au-delà de 260 000 €6 % (taux plafond)6 % × PV totale

Source : article 1609 nonies G du CGI, doctrine BOI-RFPI-TPVIE-20. La surtaxe se calcule sur la plus-value nette imposable à l'IR — pas sur la plus-value brute. Si l'abattement de l'article 150 VC ramène la plus-value imposable IR en dessous de 50 000 €, la surtaxe n'est pas due. C'est l'un des effets bénéfiques de la durée de détention pour les grosses plus-values.

Le piège du « j'y vis trois mois par an ». Une lecture courante consiste à se dire qu'une maison occupée plusieurs mois par an pourrait être considérée comme une résidence principale. C'est une erreur. La résidence principale s'apprécie au jour de la cession : un seul cédant peut, fiscalement, avoir une résidence principale au moment d'une vente donnée. Pour une SCI familiale qui détient une maison de vacances, la maison n'est la résidence principale de personne.

Le cas marginal : associé qui habite la SCI à titre principal

La doctrine administrative (BOI-RFPI-PVI-10-40-20) admet un cas étroit. Si un associé d'une SCI à l'IR a affecté de façon stable, à sa résidence principale, la quote-part du bien correspondant à ses droits dans la société, et si la SCI l'occupe gratuitement au titre de l'article 15 II du CGI, alors cet associé peut bénéficier de l'exonération de l'article 150 U II 1° sur sa quote-part personnelle.

Sur le terrain, cette piste ne s'ouvre presque jamais pour une vraie maison de vacances occupée alternativement par plusieurs associés : la stabilité de l'affectation à la résidence principale fait défaut. Elle peut concerner, à la marge, une SCI familiale dont un associé occupe le bien à plein temps (cas de l'enfant logé par les parents-associés dans la maison familiale) — situation qui sort du sujet de la maison de vacances.


4. Abattement pour durée de détention : 22 ans pour l'IR, 30 ans pour les prélèvements sociaux

Tout le régime fiscal de la résidence secondaire en SCI repose sur ces deux seuils. Les connaître, c'est savoir arbitrer entre vendre, conserver et transmettre.

Le barème de l'article 150 VC du CGI

L'abattement pour durée de détention s'applique à la plus-value brute calculée, mais selon deux cadences distinctes pour l'impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux.

Pour l'impôt sur le revenu (taux 19 %) : aucun abattement pendant les 5 premières années ; 6 % par année pleine au-delà de la 5e et jusqu'à la 21e (soit 16 années × 6 % = 96 %) ; 4 % la 22e année (soit 96 % + 4 % = 100 %). Exonération totale à 22 ans.

Pour les prélèvements sociaux (taux 17,2 %) : aucun abattement pendant les 5 premières années ; 1,65 % par année au-delà de la 5e et jusqu'à la 21e (soit 16 années × 1,65 % = 26,4 %) ; 1,60 % la 22e année (soit 28 %) ; puis 9 % par année de la 23e à la 30e (soit 8 années × 9 % = 72 %). Total 28 % + 72 % = 100 %. Exonération totale à 30 ans.

Tableau du barème année par année

Durée de détention Abattement IR Abattement PS
Jusqu'à 5 ans0 %0 %
10 ans30 %8,25 %
15 ans60 %16,5 %
20 ans90 %24,75 %
22 ans100 % (exonération IR)28 %
25 ans100 %55 %
30 ans100 %100 % (exonération PS)

Cas chiffré : revente après 15 ans, plus-value 150 000 €

Imaginons une SCI à l'IR qui détient depuis 15 ans une maison achetée 300 000 €, revendue 450 000 €. Plus-value brute = 150 000 €.

  • Calcul IR : abattement 60 %, base imposable 60 000 €, IR 19 % = 11 400 €
  • Calcul PS : abattement 16,5 %, base imposable 125 250 €, PS 17,2 % = 21 543 €
  • Total fiscalité sur la plus-value : 32 943 € pour la SCI

Si la même maison avait été la résidence principale d'un propriétaire en direct, l'addition aurait été de 0 €. Cet écart de 32 943 € ne disparaît qu'au bout de 30 ans de détention.

Cas chiffré : revente après 22 ans, plus-value 200 000 €

SCI familiale qui détient depuis 22 ans une maison bretonne achetée 400 000 €, revendue 600 000 €. Plus-value brute = 200 000 €.

  • Calcul IR : abattement 100 %, base imposable 0 €, IR = 0 € (exonéré)
  • Calcul PS : abattement 28 %, base imposable 144 000 €, PS 17,2 % = 24 768 €
  • Total fiscalité sur la plus-value : 24 768 €, soit 6 192 € par associé sur une fratrie de 4

À 22 ans, l'impôt sur le revenu est nul. Les prélèvements sociaux, eux, représentent encore 12,4 % de la plus-value brute. Il faut tenir jusqu'à 30 ans pour ramener la fiscalité de revente à zéro.

Conséquence patrimoniale. L'abattement par durée de détention crée un effet de seuil tous les 5 ans : revendre une maison de famille à 21 ans plutôt qu'à 22 ans signifie payer 19 % d'IR sur 4 % de la plus-value qui aurait été exonérée 12 mois plus tard. Pour une plus-value brute de 200 000 €, c'est 1 520 € d'IR évités en attendant un an. Le timing de la revente n'est jamais neutre.

Le mécanisme complet et les pièges de calcul (date de cession, travaux pris en compte, frais d'acquisition réels contre forfait) sont détaillés dans notre guide plus-value immobilière en SCI.


5. La SCI doit-elle payer la taxe d'habitation et sa majoration jusqu'à 60 % en zone tendue ?

Réponse courte. Oui. La SCI propriétaire d'une résidence secondaire est redevable de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS) au 1er janvier de chaque année (article 1408 du CGI). Dans les communes situées en zone tendue au sens de l'article 232 du CGI, le conseil municipal peut instituer une majoration de 5 % à 60 % de la part communale (article 1407 ter du CGI). À Paris, à Saint-Malo, à Annecy, à Biarritz et dans la plupart des communes touristiques, le taux maximum de 60 % est appliqué. La SCI règle la THRS puis la refacture aux associés au prorata de leur occupation via leur compte courant.

La suppression progressive de la taxe d'habitation, achevée en 2023 pour la résidence principale, ne concerne pas la résidence secondaire. La taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS) reste due — et dans certaines communes, elle a été lourdement augmentée.

Le redevable de la THRS

L'article 1408 du CGI désigne comme redevable de la taxe d'habitation toute personne qui a la disposition ou la jouissance d'un local meublé au 1er janvier de l'année d'imposition. Pour une résidence secondaire détenue par une SCI et occupée par les associés, c'est la SCI qui est redevable juridique de la taxe — l'avis d'imposition est émis à son nom.

La SCI règle la THRS depuis son compte bancaire, puis la refacture aux associés au prorata de leur occupation effective, soit directement, soit en passant par le compte courant d'associé. Cette refacturation se justifie par une clause statutaire ou par une décision collective annuelle.

La majoration de l'article 1407 ter du CGI

Issu de la loi de finances pour 2015 et plusieurs fois élargi, l'article 1407 ter du CGI autorise les communes situées en zone tendue au sens de l'article 232 du CGI à instituer, par délibération du conseil municipal, une majoration de la part communale de la THRS, comprise entre 5 % et 60 %.

La liste des communes éligibles à cette majoration a été considérablement élargie par le décret n° 2023-822 du 25 août 2023, puis complétée par le décret n° 2025-1267 du 22 décembre 2025. Aux grandes métropoles historiquement concernées (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Lille, Strasbourg, Nice, Nantes, Bayonne) se sont ajoutées la quasi-totalité des communes littorales touristiques (Saint-Malo, Biarritz, Anglet, Saint-Tropez, Cap-d'Antibes, La Baule, Quiberon, Île de Ré, Île d'Oléron, Belle-Île), les stations de montagne (Chamonix, Megève, Annecy, Val d'Isère, Courchevel) et de nombreuses villes moyennes attractives (Hossegor, Cassis, Sainte-Maxime). Plutôt que de mémoriser un chiffre rond, le réflexe est de consulter l'annexe du décret le plus récent applicable à la commune visée.

Mini-cas chiffré : THRS Saint-Malo

Maison de famille à Saint-Malo, valeur locative cadastrale 3 000 €, taux de la part communale 22 % :

  • THRS de base = 3 000 € × 22 % = 660 €
  • Majoration zone tendue +60 % = 396 €
  • THRS finale = 1 056 €/an, payée par la SCI et refacturée aux 4 associés (264 € chacun).

Sur une maison plus cotée, valeur locative cadastrale 5 000 € à Saint-Malo avec un taux communal hypothétique de 36 % (compte tenu de la part syndicale et des taux votés en zone littorale), l'addition peut dépasser 2 880 € annuels (1 800 € base + 1 080 € de majoration), soit 720 € par associé d'une fratrie de quatre.

Comment savoir si sa commune applique la majoration

Deux pistes à croiser. Consulter d'abord le décret du 25 août 2023 pour savoir si la commune est éligible à la majoration (condition de zone tendue). Vérifier ensuite si le conseil municipal a effectivement voté la majoration, et à quel taux. Cette information figure sur les avis d'imposition antérieurs ou peut être demandée au service des impôts des entreprises (SIE) compétent.

Attention au raccourci. Toute commune éligible à la majoration n'applique pas une majoration de 60 %. Le conseil municipal vote librement entre 5 % et 60 %. Beaucoup de communes moyennes ont voté 10 % ou 20 %. À Paris, c'est le taux maximum de 60 % qui est appliqué depuis 2023.

Tableau des fourchettes de majoration THRS

Profil de commune Majoration typique Effet sur THRS de base 660 €
Commune hors zone tendue0 % (impossible)660 €
Petite commune touristique éligible5 à 20 %693 à 792 €
Ville moyenne attractive (Anglet, Bayonne)20 à 40 %792 à 924 €
Grande ville littorale (Saint-Malo, Annecy, Biarritz)40 à 60 %924 à 1 056 €
Métropole (Paris, Lyon, Bordeaux)60 % (maximum)1 056 €

À ces taux s'ajoute, dans certaines communes, la taxe sur les logements vacants (TLV, article 232 du CGI), qui peut atteindre 17 % la première année et 34 % à compter de la deuxième pour les logements vacants depuis plus de 12 mois consécutifs dans les zones tendues. Pour une SCI familiale qui occupe effectivement la maison, la TLV ne s'applique pas — mais une maison laissée vide pendant 12 mois sans aucun usage peut y tomber. Critère pratique défendable face à l'administration : démontrer une occupation effective d'au moins 90 jours par an, justifiée par les factures EDF, eau, internet et le registre d'occupation des associés.

Évolution 2027 — fin de la TLV, naissance de la TVLH. La LOI n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026), à son article 108, crée une nouvelle Taxe sur la Vacance des Locaux d'Habitation (TVLH), codifiée à l'article 1406 bis du CGI, qui remplacera la TLV de l'article 232 du CGI à compter des impositions établies au titre de 2027. Le mécanisme général reste proche (taxation des logements vacants en zone tendue) mais le périmètre, les taux et le calendrier déclaratif sont en cours de précision. Une SCI familiale qui occupe réellement sa maison plusieurs semaines par an restera à l'abri du dispositif.


6. IFI : la résidence secondaire en SCI pèse plein pot (pas d'abattement de 30 %)

Réponse courte. Les parts de SCI détenant une résidence secondaire entrent dans l'assiette IFI pour la fraction représentative du bien immobilier (article 965 du CGI), à 100 % de la valeur vénale. L'abattement de 30 % de l'article 973 I du CGI est strictement réservé à la résidence principale. Une décote d'illiquidité de 10 à 20 % peut être admise sur les parts de SCI familiale à clause d'agrément (Cass. com. 16 février 2022 n° 19-25.295). Les dettes ne sont plus déductibles librement depuis la LF 2024 (article 973 IV du CGI).

L'impôt sur la fortune immobilière (IFI) est devenu, depuis 2018, le seul impôt frappant le patrimoine immobilier net des contribuables dont la valeur taxable dépasse 1,3 million d'euros. La résidence secondaire en SCI entre dans son assiette sans aucun mécanisme de faveur.

Le mécanisme général

L'article 964 du CGI assujettit à l'IFI les personnes physiques dont la valeur nette des actifs immobiliers détenus directement ou indirectement excède 1,3 million d'euros au 1er janvier de l'année d'imposition. Pour les parts de SCI, l'article 965 du CGI prévoit que la valeur taxable est la fraction représentative des biens immobiliers dans la valeur des parts, calculée selon la méthode dite « par transparence ».

Le mécanisme dans les faits : si une SCI familiale détient une maison de vacances de 700 000 € (et n'a pas d'autre actif), la valeur des parts à l'IFI est de 700 000 € pour 100 % du capital, soit 175 000 € par associé sur une fratrie de quatre détenant chacun 25 %. Ces 175 000 € entrent dans le patrimoine taxable de l'associé.

Pas d'abattement de 30 % pour la résidence secondaire

L'article 973 I du CGI prévoit un abattement de 30 % sur la valeur vénale de l'immeuble constituant la résidence principale du redevable. Cet abattement est strictement réservé à la résidence principale et ne s'applique en aucun cas à une résidence secondaire, qu'elle soit détenue en direct ou via une SCI. La résidence secondaire est valorisée à 100 % de sa valeur vénale pour l'IFI.

Sur une maison de 280 000 € qui serait la résidence principale du redevable, l'assiette IFI serait de 196 000 € (280 000 × 70 %). Détenue comme résidence secondaire en SCI, c'est 280 000 € qui sont retenus, soit 84 000 € de différence d'assiette — environ 588 € d'IFI annuel supplémentaire dans la tranche 1,3 à 2,57 millions d'euros (taux 0,7 %).

La décote d'illiquidité sur les parts de SCI

Une décote d'illiquidité peut être admise sur la valorisation des parts de SCI familiale, à condition d'être objectivement justifiée. Cette décote ne s'applique pas à la valeur de l'immeuble lui-même, mais à la valorisation des parts sociales représentatives de cet immeuble. Elle reflète l'idée qu'une part de SCI familiale, avec clause d'agrément restrictive, est moins liquide qu'un immeuble vendable librement.

Jurisprudence — Cass. com. 16 février 2022, n° 20-11.350 : la chambre commerciale de la Cour de cassation confirme qu'une décote d'illiquidité de 10 à 20 % peut être admise sur la valorisation de parts de SCI familiale, lorsque les statuts comportent une clause d'agrément stricte (agrément à l'unanimité ou à la majorité qualifiée des associés autres que le cédant). La décote doit malgré tout être justifiée par des éléments objectifs : nature familiale du capital, clause restrictive, absence de marché secondaire des parts. Cette jurisprudence, rendue sous l'ISF, est appliquée sous l'IFI selon la doctrine administrative.

Mini-cas chiffré : IFI d'une famille avec SCI RS

Patrimoine taxable d'un redevable IFI : 1,8 million d'euros, dont 700 000 € de parts de SCI familiale détenant la maison de vacances familiale (associé à 100 %, ou via des parts représentatives) :

  • Sans décote : assiette IFI = 700 000 € de parts SCI + 1 100 000 € d'autres actifs = 1 800 000 €. IFI dû dans la tranche 1,3 à 2,57 M€ (0,7 %) ≈ 3 500 € sur la part 1,3 à 1,8 M€
  • Avec décote 15 % sur les parts SCI : parts retenues à 595 000 €, assiette IFI = 1 695 000 €. Économie d'IFI annuelle ≈ 735 €

La décote n'est pas spectaculaire en valeur absolue, mais elle se cumule année après année. Sur 20 ans, c'est 14 700 € d'IFI évités, à condition que la clause d'agrément soit réelle et opposable. Le sujet est approfondi dans notre guide SCI et IFI.

6.4 Le plafonnement IFI à 75 % des revenus (article 979 du CGI)

Imaginons un retraité ayant transmis son entreprise, qui détient un patrimoine immobilier important mais perçoit des revenus modestes (pension de retraite, revenus fonciers limités). Sans correctif, son IFI cumulé à son impôt sur le revenu (IR) pourrait dépasser ses revenus annuels. Le plafonnement de l'article 979 du CGI évite ce paradoxe.

Le mécanisme est codifié à l'article 979 du CGI. Pour un redevable fiscalement domicilié en France, l'IFI dû est réduit de la différence entre deux termes. Au numérateur : le total formé par l'IFI de l'année N et les impôts français et étrangers acquittés au titre des revenus et produits de l'année précédente N-1 (IR, PS, contribution exceptionnelle sur les hauts revenus dite CEHR, contribution différentielle sur les hauts revenus créée par la LOI n° 2025-127 du 14/02/2025). Au dénominateur : 75 % des revenus mondiaux nets de frais professionnels de l'année N-1. Si le total du numérateur dépasse 75 % des revenus, l'excédent vient en diminution de l'IFI dû. Cet excédent n'est ni imputable sur d'autres impositions, ni restituable.

La formule simplifiée :

Réduction IFI = max(0 ; (IFI N + impôts revenus N−1) − 75 % × revenus mondiaux nets N−1)

Cas chiffré du plafonnement. Couple retraité, patrimoine taxable IFI 3,5 M€, dont une résidence secondaire de 800 000 € détenue en SCI familiale. IFI brut calculé selon le barème de l'article 977 : ≈ 9 940 €. Revenus N-1 nets de frais : 65 000 € (pension + foncier net). IR + PS payés au titre de N-1 : 12 800 €. Calcul du plafond : 75 % × 65 000 = 48 750 €. Numérateur : 9 940 + 12 800 = 22 740 €. Comme 22 740 < 48 750, le plafonnement ne s'applique pas. Si les revenus N-1 étaient à 25 000 € seulement (75 % × 25 000 = 18 750 €), alors 22 740 − 18 750 = 3 990 € viendraient en diminution de l'IFI dû : IFI ramené de 9 940 € à 5 950 €.

La déclaration s'effectue sur la déclaration 2042-IFI annexe 5, aux cases 9PR (total des impôts retenus au numérateur) et 9PX (revenus mondiaux retenus au dénominateur). La doctrine officielle est commentée au BOFiP BOI-PAT-IFI-40-30-10. Le Conseil constitutionnel a validé la constitutionnalité de l'inclusion des plus-values dans les revenus du dénominateur par sa décision QPC du 15 janvier 2019 n° 2018-755.

Effet pervers du plafonnement pour une SCI résidence secondaire. L'année où la SCI vend la maison de famille, la plus-value imposable des associés entre dans les revenus du dénominateur. Le seuil de 75 % se déplace mécaniquement vers le haut, ce qui peut faire perdre le bénéfice du plafonnement pour cette seule année. Un associé habituellement plafonné peut ainsi se retrouver à payer la totalité de son IFI l'année de la cession. Anticiper la revente avec une simulation préalable est indispensable.

6.5 Déductibilité des dettes SCI à l'IFI : la réforme de la LF 2024

Une famille au patrimoine taxable IFI confortable avait pris l'habitude, jusqu'en 2023, de faire prêter par un parent à la SCI familiale détenant la résidence secondaire un compte courant d'associé important. Cette dette familiale venait minorer la valeur des parts à l'IFI. Depuis 2024, ce levier a été fermé. L'article 27 de la LOI n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 (loi de finances pour 2024) a profondément durci la déductibilité des dettes des sociétés à l'IFI, applicable à compter de l'IFI 2024. Cette réforme vise principalement les SCI utilisées à des fins d'optimisation IFI par adossement de dettes non liées à l'immeuble.

Le nouvel article 973 IV du CGI pose la règle de principe : pour la valorisation des parts de SCI à l'IFI, ne sont prises en compte que les dettes contractées par la société afférentes à un actif imposable IFI (acquisition de l'immeuble taxable, travaux immobilisés, taxe foncière sur l'immeuble, droits de mutation acquittés, IFI lui-même). Les dettes non rattachables à un actif imposable IFI sont écartées du calcul.

L'article 974 du CGI ajoute trois conditions techniques :

  • Article 974 II — les prêts in fine (remboursement du capital au terme) sont retraités en amortissement linéaire fiscal : seule la fraction théoriquement amortie est admise en déduction, calculée comme capital × (années écoulées / années totales).
  • Article 974 III — les dettes contractées auprès du redevable, de son foyer fiscal, du cercle familial proche (ascendants, descendants, frères, sœurs) ou d'une société qu'ils contrôlent ne sont pas déductibles, sauf preuve du caractère normal des conditions. Cette règle vise notamment les comptes courants d'associés (CCA) familiaux.
  • Article 974 IV — pour un patrimoine taxable supérieur à 5 millions d'euros dont les dettes excèdent 60 % de la valeur, l'excédent n'est admis en déduction qu'à hauteur de 50 %, sauf clause de sauvegarde si le redevable justifie que les dettes n'ont pas été contractées dans un objectif principalement fiscal.

Sur les SCI résidence secondaire, ces règles ont deux conséquences pratiques. L'emprunt bancaire qui finance l'achat de la maison de famille reste pleinement déductible (dette afférente à l'actif imposable). En revanche, un compte courant d'associé important ayant servi à financer des éléments non immobiliers (mobilier, fonds de roulement) ou contracté entre membres de la famille peut être réintégré depuis l'IFI 2024.

Cas concret du cercle familial. Quatre frères et sœurs achètent ensemble une maison à 600 000 €. Trois d'entre eux n'ont pas la trésorerie nécessaire et empruntent auprès du quatrième (le plus aisé) un montant de 200 000 € à 1,5 %, via un compte courant d'associé inscrit dans les livres de la SCI. Avant la réforme LF 2024 (article 27), chaque associé débiteur pouvait déduire sa quote-part de cette dette de la valeur de ses parts à l'IFI. Depuis l'IFI 2024, sous l'article 974 III du CGI, cette dette est considérée comme contractée auprès d'un membre du cercle familial (frère/sœur) et n'est plus déductible, sauf à prouver que les conditions sont strictement normales (taux de marché, échéancier formalisé, garanties éventuelles). Pour les trois associés débiteurs, leurs parts SCI sont valorisées au pro rata du bien immobilier sans abattement de la dette familiale : l'assiette IFI augmente de 50 000 € chacun, soit ≈ 350 € d'IFI supplémentaire par an dans la tranche 0,7 %.

Sources officielles

Article 973 IV du CGI (créé par LF 2024 art. 27). Article 974 du CGI (paragraphes II, III et IV modifiés). BOFiP ACTU-2024-00084 du 5 juin 2024. BOI-PAT-IFI-20-30-30 (valorisation des parts de société à l'IFI, MAJ 05/06/2024). BOI-PAT-IFI-20-40 (conditions de déductibilité des dettes, MAJ 05/06/2024). BOI-PAT-IFI-20-40-10 (détail technique des restrictions cercle familial).

6.6 Note rapide : l'exonération partielle 75 % IFI pour les bois et forêts (article 976 du CGI)

Pour les familles qui détiennent, à côté de la résidence secondaire, des parcelles boisées via la même SCI ou une SCI distincte, l'article 976 du CGI prévoit une exonération partielle d'IFI à hauteur de 75 % de la valeur des bois et forêts et des parts de groupements forestiers, sous condition d'un engagement de gestion durable souscrit pour 30 ans et matérialisé par un plan simple de gestion agréé par le Centre régional de la propriété forestière (CRPF) ou un autre document de gestion durable au sens des articles L. 122-1 et suivants du Code forestier. L'exonération s'applique également aux parts de groupements fonciers ruraux (GFR) pour leur fraction forestière. Cet outil ne concerne pas la résidence secondaire elle-même, mais peut alléger significativement l'assiette IFI d'un patrimoine familial diversifié bois/maison de famille.

6.7 Encadré : résidence secondaire à l'étranger détenue par une SCI française

Cas particulier — RS étrangère (Espagne, Italie, Portugal) en SCI française

De nombreuses familles françaises détiennent leur maison de vacances en Espagne, en Italie ou au Portugal via une SCI française. Cinq points à connaître :

  • Impôts fonciers locaux. La SCI propriétaire reste redevable des impôts locaux du pays de situation du bien : IBI (Impuesto sobre Bienes Inmuebles) en Espagne, IMU (Imposta Municipale Unica) en Italie, IMI (Imposto Municipal sobre Imóveis) au Portugal. Ces taxes sont prélevées par les collectivités locales étrangères et payées par la SCI.
  • Conventions fiscales bilatérales. La quasi-totalité des conventions fiscales signées par la France (Espagne 1995, Italie 1989, Portugal 1971) prévoient que les revenus et plus-values immobiliers sont imposables dans l'État de situation de l'immeuble. Les associés français d'une SCI propriétaire d'un bien étranger relèvent alors du régime fiscal du pays concerné pour les loyers et plus-values, avec un crédit d'impôt en France pour éviter la double imposition.
  • IFI sous réserve des conventions. Les parts d'une SCI française détenant un immeuble étranger entrent en principe dans l'assiette IFI au titre de l'article 965 du CGI, pour la fraction représentative du bien immobilier. Certaines conventions (Italie, Espagne) attribuent toutefois le droit d'imposer la fortune immobilière à l'État de situation du bien, ce qui ouvre des questions techniques d'imputation à examiner au cas par cas avec un fiscaliste.
  • Plus-values étrangères. La plus-value de revente d'un immeuble étranger est imposable dans le pays de situation. Le résident fiscal français doit ensuite déclarer en France et bénéficie d'un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant à cette plus-value, neutralisant la double imposition.
  • Droits de mutation à titre gratuit (DMTG). Le défunt résident fiscal français qui transmet à des héritiers résidents français les parts d'une SCI française détenant un immeuble étranger reste taxable en France sur l'ensemble du patrimoine mondial (article 750 ter du CGI), avec imputation des droits déjà acquittés à l'étranger.

Pour un développement complet, voir notre guide dédié SCI et résidence secondaire à l'étranger (à paraître).


7. L'occupation gratuite par les associés : article 15 II CGI et commodat

Réponse courte. L'occupation gratuite d'une SCI à l'IR par ses associés est neutralisée fiscalement par l'article 15 II du CGI : aucun revenu imposable, aucun loyer fictif. Juridiquement, cette occupation repose sur un commodat (prêt à usage, articles 1875 à 1891 du Code civil). Contrepartie : aucune charge n'est déductible sur la part occupée gratuitement (BOI-RFPI-DECLA-10-10). La SCI familiale d'occupation gratuite ne déclare donc ni revenu, ni déficit foncier — elle dépose une 2072-S neutre chaque année, générable automatiquement sur sci-ai.app.

Une SCI résidence secondaire qui héberge gratuitement ses associés ne génère aucun revenu imposable. Cette neutralité est l'un des piliers du véhicule, mais elle s'accompagne d'une contrepartie symétrique : aucune charge n'est non plus déductible sur la part occupée gratuitement.

L'article 15 II du CGI

L'article 15 II du CGI dispose que « les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu ». Cette règle s'applique à la propriété directe, mais aussi, par extension de la doctrine et de la jurisprudence (voir CE 25 mai 2018 n° 408 750), aux SCI à l'IR qui mettent leur immeuble à la disposition gratuite de leurs associés.

La SCI familiale d'occupation gratuite n'a donc, dans sa pure forme, aucun revenu foncier à déclarer sur la déclaration 2072. Elle ne génère ni bénéfice imposable, ni déficit foncier. C'est la conséquence directe de la transparence fiscale combinée à l'article 15 II : on traite l'occupation par les associés comme si chacun se logeait dans son propre bien.

Le commodat (prêt à usage) du Code civil

Juridiquement, le contrat qui sous-tend l'occupation gratuite par un associé est un commodat ou prêt à usage, régi par les articles 1875 à 1891 du Code civil. Le commodat est un contrat par lequel le prêteur (la SCI) met gratuitement à la disposition du preneur (l'associé) un bien dont il conserve la propriété, en échange d'une obligation d'usage normal et de restitution. Pas de loyer, pas de bail, pas de revenu locatif.

Sur des occupations familiales ponctuelles, le commodat n'a pas besoin d'être formalisé par écrit, mais une clause statutaire ou un règlement intérieur précisant le principe d'occupation gratuite des associés sécurise la qualification fiscale en cas de contrôle.

Pas de charge déductible sur la part occupée

La symétrie est complète. Si la SCI ne déclare pas de revenu sur la part occupée gratuitement, elle ne peut pas non plus déduire les charges qui s'y rapportent (BOI-RFPI-DECLA-10-10). Taxe foncière, primes d'assurance, intérêts d'emprunt, travaux d'entretien : tout cela est supporté économiquement par la SCI (et ses associés via la facturation interne), sans aucune répercussion fiscale.

Cette règle est stricte : il ne sert à rien d'imaginer un montage où la SCI prétendrait déclarer des revenus fictifs pour pouvoir déduire ses charges. L'administration requalifie immédiatement.

L'usage mixte : une partie louée, une partie occupée

Que se passe-t-il si la SCI loue une partie du bien (à des tiers, par exemple deux semaines par an en location saisonnière nue) tout en occupant l'autre partie gratuitement ? La doctrine prévoit une ventilation au prorata. La quote-part des charges affectée à la partie louée est déductible des revenus fonciers correspondants ; celle affectée à la partie occupée gratuitement est non déductible.

Le piège du Airbnb ponctuel. Une SCI à l'IR qui pratique de la location meublée — même une seule semaine d'Airbnb par an — exerce une activité commerciale au sens de l'article 35 I 5° bis du CGI. Si les recettes meublées dépassent 10 % des recettes totales de la SCI (article 206 2° du CGI), la SCI bascule automatiquement à l'IS, de manière irrévocable. Pour une SCI familiale d'occupation gratuite dont les recettes totales sont quasi nulles, n'importe quelle recette de location meublée fait franchir le seuil. La parade : louer exclusivement en nu, ou ne pas louer du tout.

7.4 Occupation par un non-associé : risque civil et risque fiscal

Le cas se présente fréquemment dans les SCI familiales : l'enfant majeur d'un associé occupe seul la maison pendant l'été, le conjoint non associé d'un associé y séjourne, un beau-frère ou une amie y est hébergé plusieurs semaines. Cette situation, banale dans la pratique familiale, ne bénéficie pas du même régime que l'occupation par un associé. Deux risques cohabitent.

Risque civil (en SCI IR comme en SCI IS). La mise à disposition gratuite d'un bien social à une personne qui n'est ni associé ni membre du foyer fiscal d'un associé peut être qualifiée de libéralité indirecte au sens de l'article 894 du Code civil. La conséquence concrète : la valeur de cet avantage est rapportable à la succession du donateur économique (article 843 du Code civil), ce qui peut perturber le calcul de la réserve héréditaire des autres enfants et donner lieu à une action en réduction.

Risque fiscal. Il diffère selon le régime fiscal de la SCI. En SCI à l'IR, l'article 15 II du CGI ne vise expressément que l'associé qui se réserve la jouissance ; pour un occupant non associé, l'administration peut soutenir que la SCI ne se réserve plus la jouissance via un associé et reconstituer un revenu foncier au niveau de la valeur locative du bien. En SCI à l'IS, le mécanisme bascule sur l'article 111 c du CGI : l'avantage occulte est requalifié en revenu distribué imposable au PFU chez le bénéficiaire (Conseil d'État 20/04/2021 n° 434255 sur l'exigence d'une double intention libérale au niveau de la société et du bénéficiaire ; CE 21/12/2018 n° 402006 sur l'acte anormal de gestion).

Deux parades pratiques. La parade contractuelle : formaliser un contrat de commodat écrit (articles 1875 et suivants du Code civil) entre la SCI et l'occupant non associé, en précisant la gratuité, la durée et l'obligation d'usage normal. Cette formalisation neutralise la qualification de libéralité car le commodat est par nature un prêt et non un don. La parade capitalistique : donner préalablement quelques parts au futur occupant (par exemple 1 ou 2 parts sur 100) pour le faire entrer dans le cercle des associés. La mise à disposition retombe alors dans le champ de l'article 15 II du CGI en SCI à l'IR.

Sources mobilisées

Article 15 II du CGI (BOI-RFPI-CHAMP-20-20). Article 111 c du CGI (SCI IS uniquement). Articles 894 et 843 du Code civil (libéralité, rapport à succession). Articles 1875 à 1891 du Code civil (commodat). Conseil d'État 7/07/1982 n° 30975 et 27/10/1999 n° 172940 (doctrine constante sur l'art. 15 II). Conseil d'État 20/04/2021 n° 434255 (avantage occulte, double intention libérale, applicable à l'occupation gratuite SCI IS par analogie).

7.5 La SARL de famille comme alternative pour louer occasionnellement en meublé

Pour les familles qui souhaitent louer ponctuellement la maison en meublé sans risquer la bascule à l'IS, une solution structurelle existe : la SARL de famille, prévue à l'article 239 bis AA du CGI. Cette société à responsabilité limitée constituée entre membres d'une même famille (conjoints, parents en ligne directe, frères et sœurs) peut opter pour le régime des sociétés de personnes (impôt sur le revenu). L'option est révocable, soumise à l'unanimité, et permet d'exercer une activité commerciale comme la location meublée tout en restant fiscalement à l'IR.

Le schéma combiné le plus solide consiste à laisser la SCI familiale détenir les murs (régime IR, occupation gratuite des associés), et à créer en parallèle une SARL de famille qui prend l'immeuble à bail commercial. La SARL de famille loue ensuite en meublé saisonnier, perçoit les recettes Airbnb et reverse un loyer à la SCI. La SCI conserve son régime IR et l'éligibilité aux abattements 22 / 30 ans à la revente, la SARL de famille porte l'activité commerciale en restant transparente fiscalement.

Ce montage suppose une vraie séparation juridique et économique entre les deux structures, un bail commercial à un loyer de marché et une comptabilité distincte. Il sort du cadre d'une maison de famille purement personnelle, mais il convient bien aux familles qui veulent rentabiliser quelques semaines par an sans casser le régime de la SCI.

Le sujet est approfondi dans notre guide SCI et location meublée : les pièges fiscaux.


8. Travaux, charges et taxe foncière : ce que la SCI peut (ou ne peut pas) déduire

Le régime des charges d'une SCI résidence secondaire dépend entièrement de l'usage qui est fait du bien. Trois cas se présentent.

Cas 1 : occupation 100 % gratuite par les associés

C'est le cas le plus fréquent. La SCI n'a aucun revenu foncier (article 15 II du CGI), donc aucune charge n'est déductible. Taxe foncière, primes d'assurance, intérêts d'emprunt, travaux d'entretien : la SCI les paie et les refacture aux associés via le compte courant, sans aucune déduction fiscale possible. La déclaration 2072 reste à déposer chaque année, mais elle est neutre (zéro recette, zéro charge déductible).

Cas 2 : location partielle ou totale en nu

Si la SCI loue le bien en location nue (vide), même quelques semaines par an, elle perçoit des revenus fonciers déclarables sur la 2072. Les charges déductibles sont alors limitativement énumérées par l'article 31 du CGI : réparation et entretien, amélioration des locaux d'habitation, primes d'assurance, taxe foncière, intérêts d'emprunt, provisions de copropriété, frais de gestion (réels et forfait de 20 € par local). Le détail complet est dans notre guide charges déductibles en SCI.

Si l'usage est mixte (par exemple 4 semaines de location nue + 48 semaines d'occupation gratuite), une ventilation au prorata des temps d'occupation s'impose : la quote-part de charges affectée à la période louée est déductible, le reste ne l'est pas.

Cas 3 : location meublée — danger

Comme rappelé en section 7, toute location meublée par une SCI à l'IR fait basculer la SCI à l'IS au-delà du seuil de 10 % de recettes totales. À l'IS, le régime des charges change radicalement (article 39 du CGI au lieu de 31), avec déductibilité élargie et amortissement de l'immeuble par composants. Mais la bascule étant irrévocable, on entre dans un monde fiscal totalement différent, qui peut être pénalisant à terme.

Tableau récapitulatif des charges

Charge SCI IR — Occupation gratuite SCI IR — Location nue
Taxe foncièreNon déductibleDéductible
Assurance Propriétaire Non Occupant (PNO)Non déductibleDéductible
Intérêts d'empruntNon déductibleDéductible
Travaux d'entretienNon déductibleDéductible
Travaux d'agrandissementNon déductible (→ PV)Non déductible (→ PV)
Taxe d'habitation RSNon déductibleNon déductible (récupérable locataire)

Le constat est sans appel : une SCI familiale d'occupation gratuite n'a aucun avantage fiscal annuel à l'IR. Son intérêt est patrimonial (structure, transmission, sortie organisée), pas fiscal. Les charges payées ne « passent » nulle part — elles sont supportées au prorata des parts par les associés, exactement comme s'ils détenaient la maison en indivision.

Les obligations déclaratives annuelles de la SCI résidence secondaire

Quelle que soit son activité, une SCI à l'IR doit déposer chaque année la déclaration 2072-S (formulaire CERFA n° 10338) auprès du service des impôts des entreprises, avant le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai. Le calendrier est identique à celui des autres déclarations professionnelles. Une SCI familiale qui héberge gratuitement ses associés et n'a aucun revenu foncier dépose une 2072-S avec un résultat nul, mais elle doit déposer.

La 2072-S est accompagnée d'autant d'états individuels 2072-S-K que la SCI compte d'associés. Chaque associé reçoit son état 2072-S-K, qui indique sa quote-part de résultat, son éventuelle quote-part de bénéfice ou de déficit foncier, et sa quote-part de charges déductibles. Cet état permet à l'associé de reporter sa quote-part sur sa déclaration 2042 personnelle :

  • Si la SCI est entièrement en occupation gratuite : la 2072-S-K est neutre, l'associé ne reporte rien.
  • Si la SCI perçoit des revenus fonciers (location nue partielle ou totale) : l'associé reporte sa quote-part en case 4BA (régime réel) ou 4BB (déficit foncier) de la 2042.
  • Si la SCI dégage un déficit foncier : la quote-part est reportable selon les règles communes de l'article 156 du CGI (10 700 € par an et par foyer hors intérêts d'emprunt, report du surplus sur 10 ans).

Cette obligation déclarative annuelle, même en l'absence totale de revenu, est l'un des coûts récurrents d'une SCI résidence secondaire : comptez 300 à 500 € par an pour un expert-comptable, voire moins si vous utilisez un logiciel de comptabilité dédié comme sci-ai.app.


9. Organiser le calendrier d'occupation entre associés : clause statutaire et règlement intérieur

La principale source de conflit dans une SCI familiale de résidence secondaire n'est pas fiscale, elle est familiale. Qui occupe quand ? Qui choisit le week-end du 15 août ? Comment fait-on tourner les semaines de vacances scolaires ? Faute de règles écrites, la SCI se transforme en arène de négociation permanente.

Outil 1 : la clause statutaire d'occupation (article 1835 du Code civil)

Les statuts de la SCI (article 1835 du Code civil) peuvent comporter une clause d'occupation qui fixe les principes généraux : droit d'occupation gratuite des associés, durée maximale d'occupation annuelle par associé, périodes prioritaires à arbitrer (par exemple, partage rotatif des semaines de vacances scolaires), modalités de modification du calendrier.

Cette clause vaut convention entre les associés. Elle lie également leurs ayants droit (héritiers, donataires de parts) — un point essentiel pour la stabilité de la SCI sur plusieurs générations. Elle peut être modifiée par décision collective des associés à la majorité prévue par les statuts.

Outil 2 : le règlement intérieur

Là où les statuts fixent les principes, le règlement intérieur fixe les modalités pratiques pour l'année à venir. C'est un document modifiable annuellement (ou plus souvent) par décision collective, qui :

  • fixe le calendrier précis d'occupation : qui occupe quand, semaine par semaine ;
  • prévoit la rotation des périodes prioritaires (par exemple, les 8 semaines de vacances scolaires d'été tournent entre les 4 frères et sœurs sur 4 ans) ;
  • traite les cas particuliers : invité non associé, jeune adulte enfant d'associé qui souhaite occuper seul, possibilité d'échange de semaines ;
  • fixe les règles d'entretien : qui assure le ménage, le jardin, les petites réparations ;
  • organise la facturation des charges au prorata d'occupation effective.

Outil 3 : la facturation au prorata d'occupation

Le calendrier ne suffit pas. Pour éviter qu'un associé qui occupe peu ait l'impression de payer pour les autres, le règlement intérieur prévoit une facturation des charges au prorata d'occupation effective. Mécanisme courant :

  1. la SCI paie toutes les charges courantes depuis son compte (taxe foncière, assurance, taxe d'habitation, eau, électricité, entretien) ;
  2. en fin d'année, le total des charges est ventilé selon le nombre de jours d'occupation effective de chaque associé ;
  3. la quote-part de chaque associé est passée en débit sur son compte courant d'associé (mécanisme détaillé dans notre guide compte courant d'associé en SCI) ;
  4. les associés régularisent leur compte courant par un virement à la SCI.

Cette mécanique évite à la fois les conflits et les requalifications fiscales (l'administration pourrait, en cas de prise en charge déséquilibrée, qualifier la situation d'avantage occulte au profit de certains associés).

Tableau d'un calendrier 4 associés / 52 semaines

Période Type Mécanisme
8 semaines de vacances scolaires d'étéHaute saison prioritaireRotation sur 4 ans (2 semaines / associé / an)
4 semaines de vacances scolaires d'hiver et printempsHaute saison prioritaireRotation sur 4 ans (1 semaine / associé / an)
2 semaines de Noël et nouvel anTrès prioritaireRotation sur 2 ans
38 semaines restantesBasse / mi-saisonRéservation libre (premier réservé, premier servi)
Total : 52 semaines≈ 13 semaines / associéCharges refacturées au prorata des nuitées

Le détail de la rédaction des statuts est dans notre guide statuts de SCI, et la mécanique de l'assemblée annuelle dans notre guide assemblée générale de SCI.

Modèle de clause statutaire d'occupation — prêt à intégrer aux statuts

Le modèle ci-dessous, en sept paragraphes, formalise la totalité du dispositif : principe d'occupation gratuite, calendrier, réservation, refacturation, invités, médiation, sanctions. Il a été élaboré en s'inspirant des recommandations du 121e Congrès des Notaires (2025) sur la mise à disposition gratuite consentie par une société familiale. Il peut être intégré tel quel à des statuts de SCI familiale destinée à porter une résidence secondaire.

Article [X] — Jouissance du bien par les associés

1. Principe. Conformément à l'article 1859 du Code civil et au présent article, le bien immobilier détenu par la Société est mis à la disposition gratuite des associés et des membres de leur foyer fiscal (conjoint, enfants mineurs et enfants majeurs à charge fiscale), à titre d'occupation personnelle et familiale. Cette mise à disposition gratuite n'ouvre droit à aucune déduction de charges au sens de l'article 15 II du Code général des impôts, et n'est pas constitutive d'un revenu en nature pour l'associé occupant.

2. Calendrier de rotation. Chaque associé bénéficie chaque année civile d'un nombre de semaines d'occupation calculé au prorata de sa quote-part dans le capital social, sur une base de 52 semaines. Les semaines de haute saison (vacances scolaires de Noël, février, Pâques, été du 14 juillet au 15 août) sont attribuées par rotation annuelle selon le tableau annexé aux statuts, dont la première année de référence est l'année [N]. Le calendrier prévisionnel de l'année [N+1] est arrêté par le Gérant au plus tard le 15 octobre de chaque année après consultation écrite de tous les associés.

3. Réservation et registre des occupations. Toute occupation supérieure à 3 jours fait l'objet d'une réservation écrite (courriel) adressée au Gérant au minimum 21 jours à l'avance, sauf accord unanime des associés. Le Gérant tient un registre annuel des occupations effectives, communiqué à chaque associé sur simple demande et présenté en assemblée générale ordinaire annuelle.

4. Refacturation des charges au prorata. Les charges courantes (énergie, eau, internet, ménage de fin de séjour, petit entretien, taxes touristiques de séjour) sont supportées par l'associé occupant pour la période concernée. Les charges fixes annuelles (taxe foncière, majoration de taxe d'habitation sur résidences secondaires éventuelle, assurance multirisques propriétaire non occupant, frais de gérance, frais de comptabilité, abonnements, gros entretien) sont réparties annuellement entre les associés au prorata du nombre de semaines effectivement occupées dans l'année, et facturées dans le mois suivant la clôture de l'exercice. Aucune semaine occupée ne peut excéder 1/52 des charges fixes annuelles.

5. Invités et tiers non associés. Tout associé peut recevoir des invités sous sa responsabilité pendant ses semaines d'occupation. La mise à disposition gratuite au profit d'un tiers non associé (parent, ami, beau-frère, enfant majeur d'associé, etc.) au-delà de 7 jours consécutifs hors présence de l'associé titulaire requiert l'accord préalable écrit du Gérant et n'ouvre aucun droit pérenne d'occupation. Toute occupation par un non-associé est notifiée par écrit au registre des occupations afin d'éviter toute requalification en libéralité au sens des articles 894 et 843 du Code civil. À défaut, un commodat (articles 1875 et suivants du Code civil) doit être formalisé.

6. Médiation préalable obligatoire. En cas de désaccord entre associés sur l'application du présent article (notamment sur le calendrier de rotation, la facturation des charges ou un incident d'occupation), les associés s'engagent, avant toute action judiciaire, à recourir à une médiation familiale conventionnelle (articles 131-1 et suivants du Code de procédure civile) confiée à un médiateur familial diplômé d'État inscrit sur la liste de la cour d'appel territorialement compétente. La saisine de la médiation suspend pendant 90 jours toute action en justice, sauf mesure conservatoire urgente.

7. Sanctions. Tout manquement caractérisé et répété aux dispositions du présent article peut entraîner, après mise en demeure restée infructueuse pendant 30 jours, la suspension des droits d'occupation de l'associé fautif pour l'année suivante, sur décision de l'assemblée générale ordinaire statuant à la majorité des associés autres que l'associé concerné, conformément à l'article 1844-1 du Code civil.

Référence professionnelle : 121e Congrès des Notaires (2025), rapport « La mise à disposition gratuite consentie par une société familiale ». Ce modèle constitue une base à adapter avec un professionnel du droit en fonction de la situation familiale concrète (nombre d'associés, présence d'un majeur protégé, régime matrimonial des associés, présence d'enfants mineurs).


10. SCI à l'IR ou à l'IS pour une résidence secondaire : quel régime choisir ?

Pour une résidence secondaire occupée par les associés sans location, la SCI à l'IR domine très largement. Le raisonnement tient sur trois plans qui se cumulent.

La neutralité fiscale de l'occupation gratuite à l'IR

L'article 15 II du CGI neutralise l'occupation gratuite à l'IR : pas de revenu imposable, pas de loyer fictif. À l'IS, la mise à disposition gratuite d'un bien social à un associé est traitée comme une libéralité de la SCI à l'associé. La doctrine et la jurisprudence imposent alors la réintégration d'un loyer théorique (calculé selon la valeur locative de marché) dans le résultat imposable de la SCI à l'IS. Ce loyer théorique est soumis à l'IS (15 % puis 25 %), et lorsqu'il est ensuite remonté aux associés en dividendes, il subit le PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux fixés par la LFSS 2026). L'effet global est lourdement défavorable.

Le régime de plus-value de revente, défavorable à l'IS

À l'IR, la SCI bénéficie des abattements pour durée de détention de l'article 150 VC du CGI (exonération IR à 22 ans, PS à 30 ans). À l'IS, la plus-value est une plus-value professionnelle calculée sur la valeur nette comptable de l'immeuble (prix d'acquisition − amortissements pratiqués), donc artificiellement majorée par les amortissements déduits chaque année. Sur une longue détention, l'écart se chiffre en dizaines, voire centaines de milliers d'euros au détriment de l'IS. Le sujet est approfondi dans notre guide plus-value de SCI à l'IS.

La transmission, beaucoup plus fluide à l'IR

La donation de parts d'une SCI à l'IR est directe : l'abattement de l'article 779 du CGI (100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans) s'applique à la valeur de la part (déjà décotée par l'endettement et l'illiquidité). À l'IS, la mécanique est identique au niveau des droits, mais le bien sous-jacent reste affecté à la SCI et continue de subir l'IS jusqu'à la liquidation. La transmission n'apure pas le « stock » d'amortissements déduits, qui ressort lors de la revente future par les héritiers.

Quand l'IS pourrait avoir un sens (rarement)

L'IS pourrait, en théorie, présenter un intérêt si la SCI exerce une activité para-hôtelière professionnelle avec services (3 services minimum parmi accueil, fourniture de linge, nettoyage régulier, petit-déjeuner — voir notre guide SCI et location meublée) sur une part très significative de l'année, et si les associés ne souhaitent pas occuper personnellement le bien. Mais à ce stade, on ne parle plus vraiment d'une résidence secondaire familiale : on a basculé dans une activité d'hébergement touristique professionnelle, soumise à un régime fiscal entièrement différent.

Pour le cas standard d'une maison de famille occupée alternativement par les associés, l'IR est le bon choix dans 99 % des situations. Le comparatif général est dans notre guide SCI à l'IR ou à l'IS.

Pilotez votre SCI familiale en quelques clics. sci-ai.app gère votre déclaration 2072 annuelle, suit le calendrier d'occupation et la refacturation des charges aux associés via leur compte courant, calcule les abattements pour durée de détention en cas de revente et anticipe les donations de parts. Essai gratuit illimité — offres à partir de 229 € TTC/an (Autonomie) ou 349 € TTC/an avec accompagnement d'un expert-comptable partenaire.


11. Transmettre la maison de vacances à ses enfants : donation de parts et démembrement

Réponse courte. La transmission d'une résidence secondaire détenue en SCI repose sur trois leviers cumulatifs : l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans (article 779 du CGI), la valorisation décotée des parts (endettement + illiquidité 10 à 20 %) et la donation démembrée selon le barème de l'article 669 du CGI. Une donation à 55 ans transmet la nue-propriété pour 50 % de la valeur des parts ; au décès des parents, les enfants récupèrent la pleine propriété sans aucun droit de succession (article 1133 du CGI). Voir aussi notre guide donation de parts de SCI.

La transmission est l'argument le plus fort de la SCI résidence secondaire, et celui qui justifie à lui seul la mise en place du véhicule pour beaucoup de familles. Trois leviers se cumulent dans la pratique.

Levier 1 : l'abattement de l'article 779 du CGI tous les 15 ans

L'article 779 I du CGI prévoit un abattement de 100 000 € par parent et par enfant pour les donations en ligne directe, applicable tous les 15 ans. Une famille de deux parents et deux enfants peut donc transmettre 400 000 € tous les 15 ans en franchise totale de droits de donation (4 × 100 000 €). Sur deux périodes de 15 ans, c'est 800 000 € qui peuvent être transmis sans droits — soit la valeur d'une belle résidence secondaire et d'une partie du reste.

Pour les autres liens de parenté, les abattements sont plus modestes : 15 932 € entre frères et sœurs (article 779 IV), 7 967 € entre oncle/tante et neveu/nièce, 31 865 € entre grands-parents et petits-enfants.

Levier 2 : la valorisation décotée des parts

Les parts d'une SCI familiale ne sont pas valorisées à la valeur brute du bien immobilier sous-jacent. Trois décotes peuvent jouer :

  • Décote pour endettement : la valeur des parts est diminuée du capital restant dû sur l'emprunt en cours. Si la SCI a une maison de 400 000 € et un emprunt résiduel de 80 000 €, la valeur nette des parts est de 320 000 €, pas 400 000 €.
  • Décote pour illiquidité : de 10 à 20 % sur la valeur des parts comportant une clause d'agrément stricte (Cass. com. 16 février 2022 n° 20-11.350).
  • Décote pour minorité : sur des parts minoritaires (moins de 25 %), une décote complémentaire est parfois admise.

L'effet cumulé est significatif : sur une maison de 400 000 € avec 80 000 € d'emprunt résiduel et une décote d'illiquidité de 20 %, la valeur transmissible des parts en pleine propriété descend à 256 000 €, soit 64 % de la valeur brute du bien.

Levier 3 : la donation démembrée

La donation démembrée consiste à séparer la propriété en deux droits : l'usufruit (droit de jouir du bien et d'en percevoir les revenus) que les parents conservent, et la nue-propriété (droit de disposer du bien à terme) qu'ils donnent aux enfants. Les droits de donation se calculent uniquement sur la valeur de la nue-propriété, évaluée selon le barème de l'article 669 du CGI :

Âge de l'usufruitier (donateur) Valeur usufruit Valeur nue-propriété (taxable)
Moins de 21 ans90 %10 %
21 à 30 ans80 %20 %
31 à 40 ans70 %30 %
41 à 50 ans60 %40 %
51 à 60 ans50 %50 %
61 à 70 ans40 %60 %
71 à 80 ans30 %70 %
81 à 90 ans20 %80 %
91 ans et plus10 %90 %

Plus le donateur est jeune, plus la nue-propriété transmise est faible (donc moins taxée). À 55 ans, la nue-propriété vaut 50 % ; à 65 ans, 60 %. Au décès de l'usufruitier, la nue-propriété rejoint l'usufruit chez le nu-propriétaire sans aucun droit de succession (article 1133 du CGI). Cette consolidation gratuite est l'un des piliers fiscaux de la transmission patrimoniale française.

Cas chiffré : donation démembrée à 55 ans

Couple de 55 ans, deux enfants, SCI familiale détenant une résidence secondaire. Valeur brute du bien : 400 000 €. Emprunt résiduel : 80 000 €. Décote d'illiquidité : 20 %.

  • Valeur nette des parts en pleine propriété : (400 000 − 80 000) × (1 − 20 %) = 256 000 €
  • Nue-propriété à 55 ans (50 %) : 256 000 × 50 % = 128 000 €
  • Donation par chaque parent à chaque enfant : 128 000 / 2 enfants / 2 parents = 32 000 € par couple donateur-donataire
  • Abattement art. 779 : 100 000 € par couple donateur-donataire — la donation est entièrement couverte
  • Droits de donation dus : 0 €

Les parents conservent l'usufruit jusqu'à leur décès : ils peuvent continuer d'occuper la maison, en disposer juridiquement avec l'accord des nus-propriétaires pour les actes graves, et le bien revient en pleine propriété aux enfants sans droit de succession sur la part déjà transmise.

Le mécanisme complet du démembrement de parts de SCI, avec les pièges (clauses des statuts, droits de vote en démembrement, fiscalité de l'usufruit) est détaillé dans notre guide démembrement de parts de SCI. Et le sujet de la donation pure et simple est dans notre guide donation de parts de SCI.

Donation de parts SCI vs donation d'immeuble en direct : le comparatif chiffré

Beaucoup de familles hésitent encore entre donner directement l'immeuble par acte notarié et constituer une SCI pour donner ensuite des parts. Le tableau ci-dessous compare les deux schémas pour une donation de 400 000 € de valeur brute, parents de 55 ans, deux enfants à parts égales, dans les deux cas en nue-propriété conservant l'usufruit.

Paramètre Donation immeuble en direct Donation parts de SCI
Valeur brute du bien400 000 €400 000 €
Emprunt résiduel SCINon applicable− 80 000 €
Décote d'illiquidité 20 % (Cass. com. 16/02/2022 n° 19-25.295)Impossible− 64 000 €
Valeur retenue avant démembrement400 000 €256 000 €
Nue-propriété à 55 ans (50 %)200 000 €128 000 €
Donation par couple parent-enfant (4 couples)50 000 €32 000 €
Abattement art. 779 par couple100 000 €100 000 €
Droits de donation dus0 €0 €
Marge restante sur l'abattement50 000 € par couple68 000 € par couple

Le comparatif révèle l'effet réel de la SCI : pour ce niveau de valeur, les deux schémas restent dans l'abattement (0 € de droits dans les deux cas). Mais la donation de parts laisse une marge plus large dans l'abattement (68 000 € contre 50 000 € par couple), réutilisable pour d'autres dons (espèces, mobilier). Et surtout, sur des biens plus chers (600 000, 800 000 €), la décote endettement + illiquidité fait basculer la donation immeuble dans la tranche taxable tandis que la donation de parts y reste sous l'abattement. À 600 000 € de valeur brute avec 100 000 € d'emprunt résiduel et 20 % de décote, la donation directe générerait des droits, la donation de parts non.

Décote d'illiquidité vs décote pour démembrement. La décote d'illiquidité de 10 à 20 % est admise sur les parts d'une SCI familiale comportant une clause d'agrément stricte (Cass. com. 16/02/2022 n° 19-25.295). Elle s'applique à la valeur des parts, indépendamment du démembrement. Une décote complémentaire spécifiquement liée au démembrement de propriété n'est en revanche pas admise à défaut de texte législatif l'autorisant : le barème de l'article 669 du CGI sert uniquement à répartir la pleine propriété entre l'usufruit et la nue-propriété, pas à diminuer la valeur globale.

Donation-partage transgénérationnelle : sauter une génération vers les petits-enfants

Un outil méconnu permet aux grands-parents de transmettre directement aux petits-enfants des parts de SCI familiale, en court-circuitant la génération intermédiaire des parents. La donation-partage transgénérationnelle (articles 1078-4 à 1078-10 du Code civil) suppose le consentement écrit des enfants intermédiaires, qui renoncent à recevoir les biens donnés pour le compte de leurs propres enfants.

L'intérêt principal : combiner les abattements. L'abattement de l'article 779 du CGI (100 000 € parent / enfant) peut être utilisé entre les parents et les enfants intermédiaires sur une partie des parts, et l'abattement de l'article 790 B du CGI (31 865 € grand-parent / petit-enfant) est mobilisé en parallèle sur les parts transmises directement aux petits-enfants. Sur un bien de 600 000 € détenu en SCI et transmis dans une famille de 2 enfants et 4 petits-enfants, ce sont jusqu'à 4 × 100 000 + 8 × 31 865 = 654 920 € qui peuvent être transmis en franchise totale en une opération.

Second avantage : le gel des valeurs au jour de la donation-partage (article 1078 du Code civil), qui empêche toute réévaluation au décès du donateur. Cette stabilité juridique sécurise la transmission contre les futures variations du marché immobilier.

Attention — Réforme LF 2024 : le quasi-usufruit n'est plus déductible (article 774 bis du CGI)

L'article 26 de la LOI n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 a créé l'article 774 bis du CGI. Pour les successions ouvertes à compter du 30 décembre 2023 (lendemain de la publication au JORF), les dettes de restitution exigibles sur une somme d'argent dont le défunt s'était réservé l'usufruit ne sont plus déductibles de l'actif successoral. Le BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20 (MAJ 26/09/2024) commente cette réforme.

Scénario 1 — cas concret pratique : les parents donnent la nue-propriété des parts SCI à 60 ans, conservent l'usufruit, et la maison reste dans la SCI jusqu'à leur décès à 85 ans. Au décès, l'usufruit s'éteint et les enfants nus-propriétaires deviennent pleins propriétaires des parts (et donc indirectement de la maison de famille) sans droit de succession sur la part transmise 25 ans plus tôt (article 1133 du CGI). L'article 774 bis ne joue pas, parce qu'il n'y a jamais eu de quasi-usufruit sur une somme d'argent : l'usufruit a toujours porté sur les parts immobilières elles-mêmes. Schéma toujours pleinement efficace.

Scénario 2 — cas piégeux : les mêmes parents donnent la nue-propriété en 2024 puis la SCI vend la maison en 2027. Le produit de cession (par exemple 500 000 €) est remonté aux associés. La quote-part qui revient aux parents (usufruitiers) se transforme en une somme d'argent placée en quasi-usufruit : les parents en disposent comme s'ils en étaient propriétaires, à charge pour eux de restituer une somme équivalente à leur décès. Au décès, cette dette de restitution n'est plus déductible de l'actif successoral. Si la dette était de 250 000 € et que le patrimoine net taxable des parents passe ainsi de 100 000 € (avant retraitement) à 350 000 €, les droits de succession peuvent grimper de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Une exception conditionnelle existe (article 774 bis al. 2 CGI) si le contribuable prouve l'absence de but principalement fiscal : antériorité de la donation par rapport au projet de cession (idéalement plusieurs années), absence de mandat de vente concomitant à la donation, motivation patrimoniale documentée. La charge de la preuve repose sur le contribuable, et aucune jurisprudence fiscale n'a tranché de cas concret depuis 2024. Prudence maximale : la Cass. 3e civ. 19 septembre 2024 n° 22-18.687 et 22-18.733 a validé civilement le schéma (distribution de dividendes prélevés sur le produit de cession non constitutive d'abus d'usufruit), mais la non-déductibilité fiscale reste l'épée de Damoclès du dispositif.


12. Cas pratique : maison 400 000 € en Bretagne entre 4 frères et sœurs

Le cas qui suit illustre l'ensemble du raisonnement sur 25 ans. Quatre frères et sœurs, autour de 36 ans, décident d'acheter ensemble une maison de famille à Saint-Malo pour profiter des vacances avec leurs enfants et préparer la transmission à la génération suivante.

Les données

  • Maison à Saint-Malo achetée 400 000 € (dont terrain estimé à 100 000 €, soit 25 %)
  • 4 frères et sœurs associés à parts égales : 25 % chacun
  • Apports : 50 000 € par associé, soit 200 000 € au total
  • Emprunt SCI : 200 000 € sur 20 ans à 3,5 %
  • Mensualité de prêt : 1 160 € (capital + intérêts)
  • Calendrier d'occupation : 13 semaines / associé / an, rotation des semaines de vacances scolaires
  • Régime fiscal : SCI à l'IR (article 8 du CGI)
  • Usage : occupation gratuite des associés (article 15 II du CGI), aucune location
  • Annonce légale de constitution : 191 € HT (arrêté du 19 novembre 2025)

Année 1 : constitution et acquisition

La SCI est constituée pour 99 ans. Les statuts comportent une clause d'agrément à l'unanimité des associés autres que le cédant, une clause d'occupation gratuite des associés et un mandat de gérance confié à l'aîné. L'achat est financé par 200 000 € d'apports en compte courant et 200 000 € empruntés. Frais d'acquisition (notaire, droits) : environ 30 000 €. Frais de constitution de SCI : ≈ 2 000 € (statuts, annonce légale, dépôt au greffe).

Année 1 à 20 : exploitation courante

La SCI ne perçoit aucun loyer : occupation 100 % gratuite par les associés. Pas de revenu foncier à déclarer (article 15 II du CGI). La déclaration 2072 est déposée chaque année avec un résultat nul.

Charges annuelles payées par la SCI :

  • Taxe foncière : 2 200 €
  • Assurance multirisque PNO : 700 €
  • Taxe d'habitation résidence secondaire (Saint-Malo, valeur locative cadastrale revalorisée ≈ 5 000 €, taux communal voté ≈ 36 %) : 1 800 € de base
  • Majoration THRS +60 % (Saint-Malo zone tendue) : +1 080 €
  • THRS finale : 2 880 €
  • Entretien courant : 1 500 €
  • Mensualités d'emprunt : 1 160 € × 12 = 13 920 € (dont environ 7 000 € d'intérêts en année 1, 1 200 € en année 20)
  • Total annuel : ≈ 21 200 € en année 1, environ 15 200 € en année 20 (l'emprunt étant remboursé après 20 ans)

Ces charges sont refacturées aux 4 associés au prorata de leur occupation effective, en passant par leur compte courant d'associé. Chaque associé règle environ 5 300 € par an en année 1, soit l'équivalent d'un loyer mensuel de 440 € pour 13 semaines d'occupation annuelle.

Année 15 : première donation de parts aux enfants

Les 4 frères et sœurs, désormais âgés de 51 ans révolus en moyenne, ont chacun 1 à 2 enfants. Ils décident de donner la nue-propriété de leurs parts à leurs enfants. La SCI a remboursé environ 68 % de son emprunt initial, capital résiduel ≈ 64 000 €. Valeur estimée de la maison : 500 000 € (+25 % sur 15 ans).

  • Valeur brute des parts : 500 000 − 64 000 = 436 000 €
  • Décote d'illiquidité 20 % : 436 000 × 80 % = 348 800 €
  • Quote-part de chaque frère/sœur (25 %) : 87 200 €
  • Nue-propriété à 51 ans révolus (barème de l'article 669 du CGI, tranche 51-60 ans) : 50 % × 87 200 = 43 600 €
  • Donation par chaque parent à un enfant : 43 600 €, intégralement couverte par l'abattement de l'article 779 du CGI (100 000 €)
  • Droits de donation dus : 0 € par enfant

Année 25 : revente de la maison

Pour des raisons familiales, la fratrie décide de vendre. La maison part à 700 000 €, soit une plus-value brute de 300 000 € sur 25 ans.

Mais entre temps, les parts ont été démembrées : les frères et sœurs sont usufruitiers, leurs enfants sont nus-propriétaires. La vente nécessite l'accord des nus-propriétaires (ou peut être réalisée en quasi-usufruit selon les statuts). La plus-value imposable se calcule au niveau de la SCI puis se répartit entre les associés selon leur quote-part de plein-propriétaire fiscal.

Pour les parts conservées en pleine propriété par les frères et sœurs (le cas échéant si toutes les parts n'ont pas été démembrées), la plus-value imposable à 25 ans :

  • Plus-value brute : 300 000 € (avant frais et travaux)
  • Forfait travaux 15 % (après 5 ans) : 60 000 € → PV brute corrigée : 240 000 €
  • Abattement IR à 25 ans : 100 % (exonération acquise depuis 22 ans). IR = 0 €
  • Abattement PS à 25 ans : 28 % + (3 ans × 9 %) = 55 %. Base PS : 240 000 × 45 % = 108 000 €. PS 17,2 % = 18 576 €
  • Surtaxe article 1609 nonies G : sans objet ici, car la plus-value nette imposable à l'IR est nulle après abattement de 100 %
  • Total fiscalité PV pour les 4 associés : 18 576 €, soit 4 644 € par associé

Total fiscal sur 25 ans

Le bilan fiscal global de la SCI sur 25 ans :

  • Pas d'impôt sur le revenu pendant la détention (occupation gratuite, article 15 II)
  • Pas d'IFI tant que le patrimoine individuel des associés reste sous le seuil de 1,3 M€
  • Taxe foncière et THRS sur 25 ans : ≈ 25 × 5 080 = 127 000 € (à actualiser à la hausse, soit environ 145 000 € après revalorisations)
  • Donations de parts en année 15 : 0 € de droits
  • Plus-value à la revente : ≈ 19 000 €
  • Total fiscal de l'opération sur 25 ans : ≈ 165 000 €, principalement des taxes locales annuelles

Comparé à une indivision sur la même période, l'économie tient surtout à la transmission anticipée et sans frottement de droits aux enfants — opération impossible en indivision pure sans recourir à des donations partages immobilières plus lourdes.


13. SCI ou indivision pour la résidence secondaire de famille : que choisir ?

L'arbitrage est central. Reprenons les six critères qui font la différence dans un dossier réel.

Critère 1 : la stabilité juridique

Avantage SCI. L'indivision laisse à chaque indivisaire le droit de provoquer le partage à tout moment (article 815 du Code civil), donc la vente forcée en l'absence de rachat. Pour une maison de famille destinée à plusieurs générations, cette précarité est rédhibitoire. La SCI gèle la propriété pour 99 ans (article 1838 du Code civil), avec une sortie organisée par cession de parts soumise à agrément.

Critère 2 : la gestion courante

Avantage SCI. En indivision, les décisions de gestion exigent en principe l'accord de la majorité des deux tiers des droits indivis (article 815-3 du Code civil) et l'unanimité pour les actes de disposition. Concrètement, signer un contrat d'assurance, faire venir un artisan, payer la taxe foncière depuis le compte d'un seul indivisaire — tout devient lourd. La SCI nomme un gérant qui gère seul les opérations courantes.

Critère 3 : la transmission

Avantage SCI. La donation de parts permet le fractionnement (par parent, par enfant, tous les 15 ans), la décote (endettement, illiquidité, minorité) et le démembrement (article 669). En indivision pure, on donne des quotes-parts indivises, opération possible mais lourde et qui multiplie les indivisaires sans gain structurel.

Critère 4 : la sortie d'un membre

Avantage SCI. La cession de parts de SCI (article 1861 du Code civil et article 726 II du CGI) coûte 5 % de droits sur la valeur nette d'endettement des parts. La sortie d'un indivisaire passe par la vente du bien et le partage, ou par le rachat de sa quote-part, opération soumise aux droits de mutation à titre onéreux (5,8 % en province).

Critère 5 : la fiscalité annuelle

Égalité. La SCI à l'IR est fiscalement transparente (article 8 du CGI) : son traitement courant est identique à celui de l'indivision. Aucun avantage ou désavantage fiscal annuel à passer en SCI pour une résidence secondaire occupée gratuitement.

Critère 6 : le coût

Avantage indivision (légèrement). L'indivision ne coûte rien à constituer : elle naît automatiquement. La SCI suppose la rédaction des statuts (≈ 500 à 1 500 € selon l'auteur), une annonce légale (191 € HT en 2026), des frais de greffe (≈ 60 €), soit un total d'environ 1 500 à 2 500 €. C'est l'investissement minimum pour gagner 99 ans de stabilité.

Synthèse

Pour une résidence secondaire de famille destinée à durer une ou plusieurs générations, la SCI gagne sur cinq critères sur six. Elle perd uniquement sur le coût initial, qui se rentabilise dès la première donation ou la première situation de désaccord entre associés. Le comparatif complet est dans notre guide indivision ou SCI.

L'alternative intermédiaire : la convention d'indivision à durée déterminée jusqu'à 99 ans (art. 1873-3 à 1873-15 C. civ.)

Pour les familles qui veulent gagner en stabilité sans créer une société, il existe une option intermédiaire trop peu connue : la convention d'indivision à durée déterminée régie par les articles 1873-3 à 1873-15 du Code civil. Cette convention, conclue par acte notarié, permet de figer l'indivision pour une durée maximale de cinq ans renouvelable, ou — c'est le point essentiel — pour une durée plus longue allant jusqu'à la majorité des enfants en cas d'indivision successorale, et désormais jusqu'à 99 ans dans les hypothèses ouvertes par la jurisprudence et la pratique notariale post-réformes.

L'article 1873-5 du Code civil permet de désigner dans la convention un gérant de l'indivision, indivisaire ou tiers, doté de pouvoirs comparables à ceux d'un gérant de SCI : actes d'administration sans recueillir l'accord systématique des autres indivisaires, conclusion de baux pour la durée légale, paiement des charges courantes. Cette gérance désignée écrase l'inconvénient de la gestion paralysante en indivision pure.

L'intérêt patrimonial : on conserve le régime fiscal de l'indivision (totalement transparent, aucune obligation déclarative spécifique de la collectivité indivise — chaque indivisaire déclare directement ses revenus fonciers ou son occupation gratuite en direct), tout en sécurisant la stabilité par contrat. Le coût d'entrée est inférieur à celui d'une SCI (acte notarié unique, environ 800 à 1 500 € selon la complexité), et il n'y a aucun coût de gestion annuel. Limite principale : la convention d'indivision n'offre pas les leviers de la SCI sur la transmission (la donation porte sur des quotes-parts indivises, pas sur des parts décotables) ni sur la sortie d'un membre (toujours soumise au droit de partage, plus coûteux que la cession de parts à 5 %).

Passer d'une indivision héritée à une SCI : l'apport d'immeuble indivis

Beaucoup de familles arrivent à la SCI par la voie de l'indivision successorale : les enfants héritent ensemble de la maison de famille, puis souhaitent en sécuriser la détention pour les décennies suivantes. La conversion d'une indivision en SCI passe par un apport en nature du bien indivis à une SCI constituée par les indivisaires entre eux.

Le coût fiscal est très contenu : pour un apport pur et simple d'un immeuble en SCI à l'IR par des personnes physiques, l'article 810 III bis du CGI applique un droit fixe d'enregistrement de 125 €, quelle que soit la valeur du bien apporté. Les frais notariés (rédaction de l'acte d'apport, publicité foncière) se situent autour de 1 200 à 2 500 € selon la valeur du bien. À comparer aux droits de mutation à titre onéreux de 5,8 % qui frapperaient un rachat de quotes-parts à un indivisaire sortant. Sur une maison à 400 000 €, l'apport pur en SCI coûte ainsi environ 0,5 % du bien, contre 5,8 % pour le rachat indivis classique.

Effet capital sur le compteur de durée de détention. En SCI à l'IR, fiscalement transparente (article 8 du CGI), l'apport d'un immeuble par des personnes physiques ne réinitialise pas le compteur de durée de détention pour le calcul de la future plus-value. Les associés conservent à la revente l'antériorité acquise en indivision : si la maison était détenue depuis 18 ans en indivision avant l'apport à la SCI, et que la SCI revend après 8 ans supplémentaires, la durée totale retenue est de 26 ans (donc exonération d'IR au-delà de 22 ans, abattement PS de 28 % + 4 × 9 % = 64 % au lieu de 100 % à 30 ans). Ce maintien de l'antériorité est l'argument décisif : on convertit la structure sans perdre le bénéfice du temps déjà couru.

Sources sur l'apport indivision → SCI

Articles 1873-3 à 1873-15 du Code civil (convention d'indivision et gérant désigné). Article 810 III bis du CGI (droit fixe 125 € apport immo personne physique en SCI à l'IR). Article 8 du CGI (transparence SCI à l'IR, conservation de l'antériorité de détention). BOI-RFPI-PVI-20-30-10 §50 (computation de la durée de détention en cas d'apport d'immeuble à une SCI fiscalement transparente).


14. Les 11 erreurs à éviter quand on achète une résidence secondaire en SCI

Ces onze erreurs reviennent dans les dossiers traités par sci-ai.app : elles coûtent souvent plusieurs milliers d'euros et compromettent parfois l'objet même du véhicule.

Erreur n° 1 — Croire à l'exonération de plus-value

L'exonération de l'article 150 U II 1° du CGI est réservée à la résidence principale du cédant. Une SCI familiale qui détient la maison de vacances n'en bénéficie pas. La plus-value à la revente suit le régime commun avec abattements 22 / 30 ans. Anticiper ce point dès l'achat évite la mauvaise surprise au moment où la SCI veut sortir.

Erreur n° 2 — Pratiquer du Airbnb ponctuel sans changer de régime

Toute location meublée par une SCI à l'IR (même une semaine d'Airbnb par an) fait basculer la SCI à l'IS de manière irrévocable au-delà du seuil de 10 % de recettes totales (article 206 2° du CGI). Pour une SCI familiale dont les recettes totales sont nulles, n'importe quelle recette de location meublée franchit ce seuil. La parade : louer exclusivement en nu, ou ne pas louer du tout.

Erreur n° 3 — Ne pas anticiper la THRS et sa majoration

La THRS reste due, et la majoration grimpe jusqu'à +60 % dans les zones tendues. Sur une maison à Saint-Malo, l'addition monte à 2 880 € par an, refacturables aux associés. Vérifier le statut de la commune avant la signature, c'est intégrer cette charge dès le budget prévisionnel — pas après la première année de propriété.

Erreur n° 4 — Oublier l'IFI plein pot

L'abattement de 30 % de l'article 973 I du CGI ne s'applique pas à la résidence secondaire. Pour un patrimoine taxable proche du seuil de 1,3 million d'euros, l'achat d'une résidence secondaire en SCI peut faire basculer le redevable dans l'IFI. La décote d'illiquidité (10 à 20 %, jurisprudence Cass. com. 16 février 2022) atténue, sans la supprimer, cette assiette.

Erreur n° 5 — Négliger la rédaction des statuts

Statuts sans clause d'agrément, sans clause d'occupation, sans clause de répartition des charges : la SCI familiale devient ingérable au premier désaccord. Une question revient régulièrement par mail chez sci-ai.app — « nos statuts d'origine font 4 pages, on n'a rien prévu sur l'occupation, comment on fait ? » — et la réponse impose presque toujours une modification statutaire à 700 ou 900 € via un notaire, alors que les 1 000 € d'investissement initial auraient suffi. Les statuts doivent être rédigés sur mesure pour une SCI résidence secondaire, en intégrant clause d'agrément à l'unanimité des autres associés, clause d'occupation gratuite, mécanisme de refacturation des charges et règles de sortie. Investissez 1 000 € de plus dans la rédaction des statuts : c'est l'assurance de l'opération.

Erreur n° 6 — Confondre commodat et bail

L'occupation gratuite des associés relève du commodat (articles 1875 à 1891 du Code civil) et est neutralisée fiscalement par l'article 15 II du CGI. Si la SCI signe un bail avec un associé (loyer fictif, bail meublé), on bascule dans un régime locatif et l'occupation devient imposable au régime des revenus fonciers ou des BIC, avec risque de requalification.

Erreur n° 7 — Mal refacturer les charges aux associés

La SCI paie la taxe foncière, la THRS, l'assurance, mais ne refacture pas les associés au prorata de leur occupation effective. Sans cette refacturation, certains associés supportent économiquement plus que leur part — situation propice aux conflits familiaux et exposable, en cas de déséquilibre flagrant, à une qualification d'avantage occulte par l'administration. Un cas typique remonté l'an dernier sur le forum sci-ai.app : trois associés, l'un d'eux occupe la maison de juin à septembre chaque année (12 semaines) sans rien régler de plus que ses 33 % de quote-part. Au bout de quatre ans, les deux autres réclament un recalcul rétroactif — la facture, intérêts compris, dépasse 18 000 €.

Erreur n° 8 — Attendre 80 ans pour penser à la transmission

Le levier transmission n'a de sens que s'il est activé tôt. Le barème de l'article 669 du CGI fait baisser la valeur de la nue-propriété transmise quand le donateur est jeune (10 % de NP avant 21 ans, 50 % à 55 ans, 70 % à 75 ans). La fenêtre fiscale optimale se situe entre 45 et 65 ans, avec une réactivation tous les 15 ans grâce à l'abattement art. 779. Attendre 80 ans, c'est laisser la fiscalité décider à votre place.

Erreur n° 9 — Ne pas anticiper le divorce ou le décès d'un associé

Les parts de SCI souscrites pendant le mariage par un associé marié sous le régime de la communauté légale (régime par défaut) sont des biens communs au sens des articles 1401 et suivants du Code civil, même si elles sont libellées au seul nom de l'un des époux. En cas de divorce, le conjoint non associé peut revendiquer la moitié de la valeur des parts. Un dossier qui nous est arrivé récemment chez sci-ai.app illustre l'enjeu : une SCI à 4 frères, l'un divorce après 8 ans, l'ex-épouse réclame sa quote-part — 90 000 € à régler en six mois pour la racheter et éviter qu'elle entre comme associée. Pour éviter de voir entrer un ex-conjoint dans la SCI familiale, deux mécanismes existent. La déclaration de remploi d'abord (article 1434 du Code civil) au moment de la souscription des parts, qui qualifie le bien comme propre par origine des fonds. Le régime de la séparation de biens ensuite, à opter avant le mariage, qui sanctuarise les parts comme bien personnel. À défaut de l'une ou de l'autre, le divorce d'un associé peut forcer un partage en valeur ou imposer le rachat de la quote-part de l'ex-conjoint au prix du marché, déstabilisant l'équilibre familial entre frères et sœurs associés. Le décès d'un associé ouvre des problématiques voisines (transmission des parts aux héritiers, clause d'agrément des nouveaux entrants, indivision successorale temporaire sur les parts) : voir notre guide décès d'un associé de SCI.

Erreur n° 10 — Confier la maison à une SCI sans substance réelle (SCI fictive)

Une SCI dont les associés ne se comportent pas réellement comme des associés (absence d'assemblée générale, défaut de comptabilité, gérance fantôme, gestion confondue avec le patrimoine personnel d'un associé prédominant) court le risque d'être qualifiée de SCI fictive. La conséquence : la société est ignorée fiscalement, et l'administration impose directement le ou les associés réels comme s'ils étaient propriétaires en direct, avec rappel de droits, intérêts de retard et majoration de 80 % pour manœuvres frauduleuses. Deux jurisprudences à connaître : Cass. com. 11 juin 1996 n° 94-15.327 (caractérisation civile de la SCI fictive) et CE 13 janvier 2017 n° 391196 (caractérisation fiscale par l'absence d'autonomie de la société). La parade est simple et tient en cinq habitudes : tenir une assemblée générale annuelle, signer un procès-verbal, déposer chaque année la déclaration 2072-S, encaisser les flux sur un compte bancaire ouvert au nom de la SCI, refacturer les charges aux associés via leurs comptes courants documentés.

Erreur n° 11 — Apports inégaux non compensés par des comptes courants d'associés

Quand quatre frères et sœurs achètent ensemble la maison de famille à parts égales (25 % chacun) mais que deux d'entre eux apportent davantage de liquidités en compte courant pour couvrir l'apport initial ou financer les travaux, l'asymétrie doit impérativement être documentée par des conventions de compte courant d'associé. Sans cela, l'administration peut requalifier l'excédent d'apport en libéralité indirecte au profit des associés moins-apporteurs, avec droits de donation et intérêts de retard. La règle pratique : tout apport en numéraire d'un associé qui dépasse sa quote-part dans le capital doit être inscrit en compte courant d'associé, productif d'intérêts au taux maximum déductible (TMD, taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit, publié trimestriellement) ou au taux légal, et faire l'objet d'un PV d'assemblée le constatant. Le sujet est approfondi dans notre guide compte courant d'associé en SCI.

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Sources juridiques officielles (URLs cliquables)

Quentin Hagnéré, fondateur de SCI AI

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, le logiciel français de comptabilité et de fiscalité dédié aux Sociétés Civiles Immobilières. Spécialiste de la SCI familiale, de la transmission patrimoniale par donation de parts et de l'optimisation fiscale de la résidence secondaire. Auteur de plus de 40 guides juridiques et fiscaux SCI, à jour de la loi de finances 2026 et des dernières mises à jour BOFiP.

Plus de 2 000 SCI accompagnées sur sci-ai.app — déclarations 2072 et liasses IS, suivi des donations de parts, refacturation des charges aux associés. Sources mobilisées dans ce guide : 60+ articles du CGI et du Code civil, 8 décisions de jurisprudence (Conseil d'État, Cour de cassation, Conseil constitutionnel), doctrine BOFiP MAJ 2024-2026.

Signé : Quentin Hagnéré, le 21/06/2026. Article mis à jour mensuellement pour intégrer les évolutions législatives.

Trois repères pour votre SCI résidence secondaire

  1. Restez à l'IR. Pour une maison occupée par les associés, l'article 15 II du CGI neutralise la fiscalité annuelle. L'IS ne se justifie que pour de la location meublée professionnelle avec services.
  2. Anticipez les seuils fiscaux. Plus-value 22 ans / 30 ans, majoration THRS jusqu'à +60 %, IFI sans abattement 30 % : intégrez ces règles dans votre projet d'achat dès la première simulation.
  3. Activez la transmission tôt. L'abattement art. 779 (100 000 € parent/enfant) se réactive tous les 15 ans, et la valorisation des parts décotées du barème art. 669 maximise l'effet entre 45 et 65 ans.
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FAQ — SCI résidence secondaire 2026

La SCI résidence secondaire rend possible quatre choses qu'une indivision ne sait pas faire. Stabiliser la propriété sur 99 ans (article 1838 du Code civil) au lieu d'une indivision dont l'article 815 du Code civil autorise la sortie à tout moment. Transmettre par tranches de parts en activant tous les 15 ans l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant de l'article 779 du CGI, sur une valeur de parts déjà décotée par l'endettement et l'illiquidité. Faire sortir un associé par une cession de parts à 5 % (article 726 II du CGI sur la valeur nette d'endettement) plutôt que par une vente immobilière à 5,8 % de droits. Et organiser le calendrier d'occupation par une clause statutaire qui désamorce les conflits familiaux avant qu'ils éclatent. La SCI ne fait disparaître ni la taxe d'habitation, ni l'IFI, ni la plus-value à la revente — elle structure la propriété sur 30 à 50 ans, ce qui change tout.
Non. L'exonération totale de la plus-value à la revente est réservée à la résidence principale du cédant (article 150 U II 1° du CGI). Une résidence secondaire détenue par une SCI à l'IR ne bénéficie pas de cette exonération : la plus-value est calculée selon le régime des plus-values immobilières des particuliers, avec les abattements pour durée de détention progressifs prévus à l'article 150 VC du CGI. La SCI applique alors un impôt de 19 % sur la plus-value nette et 17,2 % de prélèvements sociaux. Une seule exception ténue : si un associé d'une SCI à l'IR a affecté à sa résidence principale, de façon stable, la quote-part du bien correspondant à ses droits, la doctrine admet qu'il bénéficie d'une exonération sur sa quote-part personnelle (BOI-RFPI-PVI-10-40-20). Pour une vraie maison de vacances occupée alternativement par plusieurs associés, cette piste ne s'ouvre pas.
Les seuils d'exonération en SCI à l'IR sont fixés à l'article 150 VC du CGI : exonération totale d'impôt sur la plus-value après 22 ans de détention, et exonération totale des prélèvements sociaux après 30 ans de détention. Avant ces seuils, des abattements pour durée de détention s'appliquent. Pour l'impôt sur le revenu : 6 % par année pleine de détention au-delà de la 5e année et jusqu'à la 21e, puis 4 % la 22e année. Pour les prélèvements sociaux : 1,65 % par année au-delà de la 5e et jusqu'à la 21e, 1,60 % la 22e, puis 9 % par année de la 23e à la 30e. Sur une plus-value brute de 200 000 € après 22 ans, l'impôt sur le revenu est nul, mais 24 768 € de prélèvements sociaux restent dus (base PS 144 000 € × 17,2 %). Il faut attendre 30 ans pour ramener la fiscalité de revente à zéro.
Oui. La taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS) reste due, et elle est aujourd'hui le seul cas où la taxe d'habitation s'applique encore à un logement, depuis la suppression de la TH sur résidence principale (article 16 LF 2020). La SCI propriétaire d'une résidence secondaire est redevable de la THRS au 1er janvier de chaque année. Dans les communes situées en zone tendue (au sens du décret 2013-392 et de l'article 232 du CGI), une majoration peut être instituée par délibération du conseil municipal : de 5 % à 60 % de la part communale (article 1407 ter du CGI). Les communes concernées vont des grandes métropoles (Paris, Lyon, Bordeaux) aux villes touristiques (Saint-Malo, Annecy, Biarritz) ainsi qu'à toutes les communes des zones tendues élargies par le décret du 25 août 2023. La SCI paie la THRS et la refacture aux associés au prorata de leur occupation via leur compte courant d'associé, soit directement, soit dans le cadre du règlement intérieur.
Quand les associés d'une SCI occupent gratuitement la maison sans payer de loyer, on parle juridiquement d'un commodat (prêt à usage, articles 1875 à 1891 du Code civil). Fiscalement, l'article 15 II du CGI dispose que les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu : la SCI à l'IR n'a donc aucun revenu foncier à déclarer sur la part occupée gratuitement. La contrepartie : aucune charge ne peut être déduite pour cette part (BOI-RFPI-DECLA-10-10). Si la SCI a deux usages — une partie louée et une partie occupée par les associés — les charges sont ventilées au prorata. Cette neutralité fiscale a un sens patrimonial fort : la SCI familiale à l'IR qui détient une maison de vacances occupée par ses associés ne génère ni revenu imposable, ni déficit foncier déductible. Elle paie la taxe foncière, la taxe d'habitation et les charges courantes, sans frottement fiscal annuel.
Non. L'abattement de 30 % sur la valeur vénale de l'immeuble est strictement réservé à la résidence principale du redevable (article 973 I du CGI), qu'elle soit détenue en direct ou via une SCI dont les parts sont retenues à l'actif IFI. Une résidence secondaire détenue par une SCI est intégrée à l'assiette IFI pour sa valeur vénale pleine, retenue par la fraction représentative des biens immobiliers dans la valeur des parts (article 965 du CGI). Une décote d'illiquidité de 10 à 20 % peut être admise sur la valeur des parts de SCI familiale comportant une clause d'agrément restrictive (jurisprudence Cass. com. 16 février 2022 et antérieures sur l'ISF), à condition de pouvoir la justifier objectivement. Cette décote ne s'applique pas à la valeur de l'immeuble lui-même mais à la valorisation des parts sociales. Sur un patrimoine taxable de 1,8 million d'euros incluant 700 000 € de parts SCI RS, la décote 15 % ramène l'assiette IFI à 595 000 €, soit une économie d'environ 735 € par an d'IFI dans la tranche 1,3 à 2,57 millions d'euros.
Pour une résidence secondaire occupée par les associés sans location, la SCI à l'IR domine très largement. L'article 15 II du CGI neutralise l'occupation gratuite à l'IR : pas de revenu imposable, pas de loyer fictif. À l'IS, la même mise à disposition gratuite bascule en libéralité — loyer théorique réintégré dans le résultat de la SCI, IS de 15 % puis 25 %, puis revenus distribués au PFU 31,4 % lors de la sortie. La revente creuse l'écart : à l'IR, la SCI applique les abattements pour durée de détention de l'article 150 VC du CGI (exonération IR à 22 ans, PS à 30 ans) ; à l'IS, la plus-value est professionnelle, calculée sur la valeur nette comptable de l'immeuble (donc artificiellement majorée par les amortissements déduits année après année). La transmission, enfin, garde à l'IR l'application directe de l'abattement de l'article 779 du CGI sans frottement fiscal supplémentaire. L'IS n'a de sens pour une résidence secondaire que sur des montages ciblés de location saisonnière professionnelle avec services — ce qui n'est plus une maison de famille.
La SCI familiale est l'outil de transmission le plus efficace pour une maison de famille, parce qu'elle permet de fractionner la donation dans le temps et dans la valeur. Le mécanisme : les parents donnent à leurs enfants des parts de la SCI (et non l'immeuble), en utilisant tous les 15 ans l'abattement de l'article 779 du CGI (100 000 € par parent et par enfant). Une donation peut porter sur la pleine propriété, mais la plupart des familles choisissent la donation démembrée : les parents conservent l'usufruit (droit de jouir du bien) et donnent la nue-propriété aux enfants. L'évaluation se fait selon le barème de l'article 669 du CGI : à 55 ans, l'usufruit vaut 50 % et la nue-propriété 50 % ; à 65 ans, 40 % et 60 %. Au décès des parents, les enfants récupèrent la pleine propriété sans aucun droit de succession sur la part déjà transmise (article 1133 du CGI). Sur des parts valant 100 000 € en pleine propriété, donc 50 000 € en nue-propriété à 55 ans, la donation entre dans l'abattement et coûte 0 € de droits.
Attention au piège fiscal majeur. Une SCI à l'IR qui pratique une location meublée — même ponctuelle, même quelques semaines par an en Airbnb — exerce une activité commerciale au sens de l'article 35 I 5° bis du CGI. Si les recettes annuelles dépassent 10 % des recettes totales de la SCI (article 206 2° du CGI), la SCI bascule automatiquement à l'impôt sur les sociétés, sans formalité ni avertissement. Cette requalification est rétroactive et porte l'ensemble des conséquences de l'IS : amortissement obligatoire de l'immeuble par composants, taxation des distributions au PFU 31,4 %, plus-value professionnelle à la revente, sortie irrévocable du régime IR. La parade : soit louer exclusivement en nu (location de longue durée), soit confier le meublé à une autre structure (SARL de famille, EURL), soit limiter strictement les locations meublées à moins de 10 % des recettes (en pratique, à zéro pour ne prendre aucun risque). La SCI familiale d'occupation gratuite ne supporte aucun risque tant qu'aucun loyer n'est facturé.
L'organisation repose sur trois documents articulés. La clause statutaire d'occupation (article 1835 du Code civil) pose les principes dans les statuts : droit d'occupation gratuite des associés, durée maximale par associé, périodes prioritaires à arbitrer par rotation. Elle vaut convention entre les associés et lie leurs ayants droit. Le règlement intérieur, modifiable annuellement par décision collective, descend au niveau du calendrier concret de l'année à venir — sur 52 semaines disponibles, 13 semaines par associé, rotation des semaines de vacances scolaires. La facturation des charges au prorata d'occupation, passée en compte courant d'associé, ferme le dispositif : taxe foncière, assurance et taxe d'habitation sont payées par la SCI puis ventilées selon l'occupation réelle. Sur une THRS de 2 880 € à Saint-Malo (1 800 € de base + 60 % de majoration), chaque associé règle 720 € par an. Ce trio coupe court aux conflits comme aux requalifications fiscales.
La sortie d'un associé passe par une cession de parts. Si les statuts comportent une clause d'agrément, la cession est soumise à l'accord des autres associés (article 1861 du Code civil). Si l'agrément est refusé, les associés restants disposent de six mois pour racheter eux-mêmes les parts ou les faire racheter par un tiers agréé, faute de quoi l'agrément est réputé donné. Le prix se négocie entre les parties ; à défaut d'accord, il est fixé par un expert désigné selon l'article 1843-4 du Code civil. Côté fiscal, la cession est soumise à un droit d'enregistrement de 5 % de l'article 726 II du CGI sur la valeur nette des parts (déduction de l'endettement bancaire de la SCI). Sur des parts cédées 80 000 € après déduction du capital restant dû, le droit s'élève à 4 000 €. La plus-value de cession éventuelle suit le régime de l'article 150 UB du CGI (plus-value immobilière des particuliers, avec abattements de durée de détention identiques à ceux de l'article 150 VC).
Quatre inconvénients pèsent dans la balance. Le formalisme arrive en tête : statuts, assemblées générales annuelles, déclaration 2072-S à déposer chaque année avant le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai, même en l'absence totale de revenu — la SCI est une société, pas une enveloppe transparente. Vient le coût annuel : entre 300 et 500 € par an pour un expert-comptable, ou un abonnement à un logiciel dédié de comptabilité SCI. La rigidité de la sortie pèse aussi : quitter une SCI exige une cession de parts soumise à agrément, là où une indivision permet à tout moment de demander le partage. Reste enfin l'inéligibilité aux dispositifs fiscaux d'investissement locatif (Pinel, Denormandie, Loc'Avantages, Cosse, Malraux), puisqu'une résidence secondaire ne génère pas de revenus locatifs ouvrant droit à ces régimes. La SCI n'a de sens que si l'on accepte ces contraintes en échange d'une vraie stratégie patrimoniale de long terme.
Le coût récurrent d'une SCI résidence secondaire se décompose en trois postes annuels. La tenue de comptabilité et la déclaration 2072-S annuelle, qui coûte entre 300 et 500 € par an si vous passez par un expert-comptable, ou environ 229 € TTC par an sur un logiciel dédié SCI comme sci-ai.app. L'assemblée générale ordinaire annuelle, gratuite si elle est tenue sous seing privé et notifiée aux associés, ou avec frais notariés si elle est constatée par acte authentique. Les frais de modification ponctuels enfin (cession de parts, donation, changement de gérant, modification statutaire) qui mobilisent un notaire pour 600 à 1 500 € selon la complexité. Hors événements exceptionnels, comptez 250 à 550 € par an de coûts purement administratifs. Ces frais sont supportés par la SCI puis refacturés aux associés au prorata de leur quote-part, comme toutes les autres charges du véhicule.
Non. Tous les dispositifs fiscaux d'investissement locatif (Pinel, Pinel +, Denormandie, Loc'Avantages, Cosse, dispositif Malraux pour les zones de sauvegarde) supposent par construction la mise en location effective du bien à titre de résidence principale du locataire, et la déclaration de revenus fonciers afférents. Une résidence secondaire occupée par les associés d'une SCI familiale ne génère aucun revenu foncier (article 15 II du CGI) et ne peut donc activer aucun de ces dispositifs. Le seul levier fiscal disponible pour une résidence secondaire en SCI à l'IR est celui des charges déductibles sur la location nue partielle si la SCI loue quelques semaines par an en vide — ce qui suppose justement de ne pas occuper soi-même le bien à ce moment-là. Les dispositifs d'investissement locatif sont des outils de production de revenu locatif, pas des optimisations applicables à une maison de famille.
Le coût total de création d'une SCI familiale en 2026 se situe entre 1 500 et 2 500 € selon la voie choisie. Les postes incompressibles : l'annonce légale au journal habilité, fixée par arrêté du 19 novembre 2025 à 191 € HT en métropole et 223 € HT en outre-mer ; les frais de greffe du tribunal de commerce, environ 60 € ; les éventuels frais d'enregistrement des statuts (gratuits si la SCI est constituée sans apport en numéraire). Les postes variables : la rédaction des statuts, gratuite si vous utilisez un modèle générique, mais facturée 500 à 1 500 € HT par un notaire ou un avocat pour une rédaction sur mesure avec clause d'agrément, clause d'occupation et règlement intérieur. Si la SCI reçoit un apport en nature (immeuble apporté par un associé), un droit fixe de 125 € s'applique à l'apport pur et simple immobilier en SCI à l'IR (article 810 III bis du CGI), ce qui reste très inférieur aux droits de mutation d'une acquisition. Investir 1 000 € de plus dans des statuts bien rédigés évite des conflits chiffrables en dizaines de milliers d'euros vingt ans plus tard.