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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

SCI en liquidation judiciaire : sauvegarde, redressement et dépôt de bilan (2026)

Oui, une SCI peut déposer le bilan. C'est probablement la phrase la plus mal comprise du droit des sociétés civiles. Parce que la SCI n'est pas commerçante, parce qu'elle n'a ni salariés ni fonds de commerce, beaucoup de gérants croient qu'elle se situe hors du champ des procédures collectives. C'est faux : la sauvegarde, le redressement judiciaire et la liquidation judiciaire sont ouverts à toute personne morale de droit privé, et la SCI en fait partie. Ce guide décrit les trois procédures, la condition qui les déclenche, le délai de 45 jours qui met le gérant en danger, le tribunal réellement compétent en 2026 — un point que la moitié des articles disponibles en ligne se trompe — et surtout le sort concret de l'immeuble, des baux, des associés et des cautions.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code de commerce, Code civil, Légifrance, jurisprudence de la Cour de cassation). Mis à jour le 20 juillet 2026.

Si vous lisez cette page en urgence

  • La SCI ne peut plus payer une échéance exigible aujourd'hui ? Vous êtes peut-être déjà en cessation des paiements. Le compteur des 45 jours tourne.
  • Avant de déposer, regardez la conciliation (chapitre 9) : confidentielle, rapide, elle sauve la majorité des SCI qui n'ont qu'un problème de trésorerie.
  • Ne consentez aucune nouvelle hypothèque et ne payez aucun créancier en priorité maintenant : ce sont des nullités de la période suspecte (chapitre 4).
  • La liquidation n'efface pas la dette des associés (chapitre 8). Ne comptez pas dessus.

1. Une SCI peut-elle déposer le bilan ? L'éligibilité aux procédures collectives

La réponse est oui, sans nuance ni exception. Le Code de commerce ne réserve pas les procédures collectives aux commerçants : il vise trois catégories de débiteurs, et la troisième — « toute personne morale de droit privé » — englobe la société civile immobilière.

Procédure Texte d'ouverture SCI concernée ?
SauvegardeArt. L620-2 C. com.Oui
Redressement judiciaireArt. L631-2 C. com.Oui
Liquidation judiciaireArt. L640-2 C. com.Oui
Mandat ad hocArt. L611-3 + L611-5 C. com.Oui
ConciliationArt. L611-4 + L611-5 C. com.Oui

L'article L611-5 du Code de commerce est le texte-clé pour les procédures amiables : il étend le mandat ad hoc et la conciliation, initialement conçus devant le tribunal de commerce, aux personnes morales de droit privé et aux professionnels indépendants. La SCI y entre de plein droit.

Ce qui ne protège pas la SCI

Trois croyances tenaces, toutes fausses :

  • « La SCI n'est pas commerçante, donc elle échappe aux procédures collectives. » Le critère n'est pas la commercialité mais la qualité de personne morale de droit privé. Une association loi 1901 déficitaire est logeable en redressement judiciaire ; une SCI aussi.
  • « La SCI n'a pas d'activité économique, elle gère un patrimoine. » La jurisprudence ne fait pas de cette distinction une condition d'ouverture. La SCI encaisse des loyers, rembourse un prêt, paie une taxe foncière : elle a un passif exigible et un actif disponible, ce qui suffit.
  • « La SCI a un immeuble, elle est solvable, elle ne peut pas être en cessation des paiements. » C'est le contresens majeur, traité au chapitre suivant.

Le cas particulier de l'extension de procédure

Une SCI peut aussi être happée par la procédure d'une autre société, sans jamais avoir été elle-même en cessation des paiements. L'article L621-2 alinéa 2 du Code de commerce permet au tribunal d'étendre une procédure ouverte à une ou plusieurs autres personnes en cas de fictivité de la personne morale ou de confusion des patrimoines.

C'est le risque numéro un du montage classique « SCI propriétaire des murs + société d'exploitation locataire ». Les signaux qui déclenchent une extension :

  • Des loyers jamais appelés, ou appelés puis systématiquement abandonnés sans convention.
  • Des flux financiers croisés sans support juridique : la société d'exploitation paie directement les échéances du prêt de la SCI.
  • Un compte courant d'associé qui sert de compte de passage entre les deux structures.
  • Une absence totale de vie sociale : pas d'assemblée générale, pas de comptes, pas de bail écrit.

L'effet est brutal : les deux patrimoines sont réunis en une seule procédure, et l'immeuble de la SCI devient le gage des créanciers de l'exploitation. La prévention est simple et strictement comptable : un bail commercial écrit, des loyers réellement appelés et encaissés, des comptes courants d'associés documentés, et une comptabilité tenue sans mélange. Le même raisonnement vaut contre la qualification de SCI fictive.


2. La cessation des paiements d'une SCI : la notion qui déclenche tout

L'article L631-1 du Code de commerce définit la cessation des paiements comme « l'impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible ». Deux mots portent tout le raisonnement, et les deux sont contre-intuitifs pour une SCI.

Notion Ce qui compte Ce qui ne compte pas
Actif disponible Solde bancaire créditeur, découvert autorisé non utilisé, placements immédiatement mobilisables, effets escomptables L'immeuble. Les parts sociales. Un compte à terme bloqué. Une promesse de vente non signée.
Passif exigible Échéances de prêt échues, taxe foncière appelée, charges de copropriété appelées, factures de travaux échues, dette fiscale mise en recouvrement Le capital restant dû du prêt non encore échu. Une dette bénéficiant d'un moratoire écrit. Le compte courant d'associé bloqué.

L'immeuble n'est pas de l'actif disponible. C'est le point qui surprend systématiquement les gérants de SCI. Un bien immobilier n'est pas liquide : sa vente prend trois à neuf mois, dépend d'un acquéreur, d'un financement, d'un notaire. Le droit ne le compte donc pas comme moyen de paiement immédiat. Une SCI peut être en cessation des paiements avec 700 000 € d'actif net au bilan.

La réserve de crédit et les moratoires

L'article L631-1 précise, dans son alinéa 1er, que le débiteur qui établit que les réserves de crédit ou les moratoires dont il bénéficie lui permettent de faire face au passif exigible n'est pas en cessation des paiements. Traduit en langage de SCI :

  • Un accord écrit de la banque suspendant six échéances (pause d'amortissement) sort ces échéances du passif exigible.
  • Un échéancier accepté par le comptable public pour la taxe foncière produit le même effet.
  • Un engagement écrit d'un associé d'abonder le compte courant à hauteur de X € peut être compté — mais un simple accord verbal ne vaudra rien devant le tribunal.

La leçon opérationnelle est simple : tout doit être écrit. Un moratoire non formalisé ne vous protège ni de la cessation des paiements, ni de la responsabilité du gérant pour dépôt tardif.

Test de cessation des paiements — SCI Les Tilleuls

Immeuble de rapport acheté 480 000 €, valeur estimée 520 000 €. Prêt amortissable sur 20 ans, capital restant dû 355 000 €, échéance mensuelle 2 340 €. Deux locataires sur trois sont partis, le troisième est en impayé depuis 4 mois.

Actif disponible au 30 juin : solde bancaire 1 250 € + découvert autorisé résiduel 0 € = 1 250 €

Passif exigible au 30 juin : 3 échéances de prêt impayées 7 020 € + taxe foncière appelée 3 400 € + charges de copropriété du trimestre 1 180 € + facture de ravalement échue 4 800 € = 16 400 €

Verdict : cessation des paiements. 1 250 € face à 16 400 €. Peu importe que la valeur nette du patrimoine soit de + 165 000 € (520 000 € de valeur de marché − 355 000 € de capital restant dû) : le gérant a 45 jours pour agir, en conciliation ou en déclaration.

Les signaux d'alerte propres à une SCI

Avant la cessation des paiements, il y a presque toujours 6 à 18 mois de dérive silencieuse. Les indicateurs qui devraient déclencher une réaction :

  • Un compte courant d'associé qui gonfle sans convention : l'associé comble les trous de trésorerie de sa poche. C'est un pansement, pas une solution — et cette créance sera chirographaire dans la procédure.
  • Un taux de vacance qui dépasse deux mois par an sur un bien unique. Une SCI mono-bien n'a aucune mutualisation du risque.
  • Des impayés de loyer non traités au-delà de 60 jours. La procédure d'expulsion prend en pratique de 12 à 24 mois : la trésorerie doit tenir sans ce loyer pendant tout ce temps.
  • Un prêt in fine dont l'échéance de capital approche sans que l'adossement (assurance-vie, revente) soit sécurisé. C'est un mur de dette daté, connu à l'avance, et pourtant régulièrement subi.
  • Un DPE F ou G avec une interdiction de location qui se rapproche : la perte de louabilité est une perte de recette programmée, à anticiper (voir SCI et passoire thermique).
  • Une taxe foncière impayée deux années de suite. Le comptable public est un créancier qui inscrit rapidement des sûretés.
  • Des charges non provisionnées alors qu'elles sont connues et datées : ravalement voté en copropriété, gros entretien, mise aux normes. Le cadrage des charges d'une SCI et un budget annuel réaliste suffisent à voir venir le choc.

Voir venir la difficulté six mois à l'avance

sci-ai.app synchronise le compte bancaire de la SCI, classe les écritures et affiche en continu la trésorerie disponible, les échéances à venir et la couverture des charges. La cessation des paiements ne devrait jamais être une surprise.


3. Sauvegarde, redressement, liquidation judiciaire : les trois procédures

Tout se joue sur deux questions, dans cet ordre. La SCI est-elle en cessation des paiements ? Si oui, son redressement est-il encore envisageable ? Les réponses commandent la procédure, et personne ne choisit librement : on ne demande pas une sauvegarde quand on est déjà en cessation des paiements, le tribunal la refuserait.

Critère Sauvegarde Redressement Liquidation
Cessation des paiements Non (interdite) Oui Oui
Redressement possible Sans objet Oui Manifestement impossible
Texte Art. L620-1 Art. L631-1 Art. L640-1
Qui demande l'ouverture Le gérant seul Gérant, créancier, ministère public Gérant, créancier, ministère public
Le gérant reste en fonction Oui, il gère Oui, assisté ou surveillé Non, dessaisi
Caution personne physique Protégée (L622-28, L626-11) Suspension seulement (L631-20) Poursuivie
Sort de l'immeuble Conservé si le plan est viable Conservé ou cédé Vendu

3.1 La sauvegarde : la procédure du gérant lucide

L'article L620-1 réserve la sauvegarde au débiteur qui « justifie de difficultés qu'il n'est pas en mesure de surmonter » mais qui n'est pas en cessation des paiements. Elle ne peut être demandée que par le débiteur lui-même : aucun créancier, aucune banque ne peut vous y traîner.

Pour une SCI, la sauvegarde est intéressante dans un scénario précis : le prêt est lourd, le locataire principal est parti, la trésorerie tient encore quelques mois, mais le mur est visible. La procédure permet de :

  • Geler immédiatement les poursuites individuelles (art. L622-21) : plus de saisie, plus de commandement de payer valant saisie immobilière.
  • Interdire le paiement des créances antérieures (art. L622-7) : la SCI cesse de vider sa trésorerie pour éteindre l'ancien passif.
  • Imposer un plan échelonnant la dette sur une durée pouvant aller jusqu'à dix ans (art. L626-12) — y compris à la banque qui refusait tout rééchelonnement amiable.
  • Protéger les cautions personnes physiques, qui peuvent se prévaloir des délais et remises du plan (art. L626-11). C'est un avantage que le redressement judiciaire n'offre pas.

À retenir : la sauvegarde est la seule procédure qui protège la caution du gérant sur le fond, et non seulement pendant la période d'observation. Si un associé s'est porté caution du prêt de la SCI — ce qui est le cas dans l'immense majorité des dossiers de prêt bancaire en SCI —, c'est un argument déterminant pour agir avant la cessation des paiements plutôt qu'après.

3.2 Le redressement judiciaire

Ouvert par l'article L631-1 lorsque la SCI est en cessation des paiements mais que son redressement n'est pas manifestement impossible. « Redressement possible » n'a rien d'abstrait : il faut qu'existe un scénario dans lequel, au sortir de la période d'observation, les loyers encaissés suffisent à tenir un plan. Un tableau de trésorerie, pas une intention.

Les leviers réalistes dans un plan de redressement de SCI :

  • La cession d'un des immeubles pour désendetter le reste du portefeuille. C'est le scénario le plus fréquent dans les SCI multi-biens.
  • L'étalement de la dette bancaire sur dix ans avec reprise des échéances à un niveau soutenable.
  • La relocation à un loyer de marché, parfois après travaux financés par un apport en compte courant d'associé.
  • L'abandon partiel de créance consenti par les créanciers publics (une commission des chefs de services financiers peut accorder des remises), ou par les associés sur leurs comptes courants.

Le gérant n'est pas dessaisi : selon la taille du dossier, il gère seul sous la surveillance d'un mandataire judiciaire, ou est assisté d'un administrateur. Pour une SCI de taille modeste, le tribunal ne désigne souvent pas d'administrateur.

3.3 La liquidation judiciaire

L'article L640-1 l'ouvre lorsque la SCI est en cessation des paiements et que son redressement est manifestement impossible. Traduction pour une SCI : aucun scénario de loyers futurs, même optimiste, ne permet d'honorer la dette. Il ne reste qu'à vendre l'immeuble.

Trois conséquences immédiates, dès le jugement d'ouverture :

  • Le gérant est dessaisi de l'administration et de la disposition des biens. Il ne signe plus rien, n'encaisse plus rien, ne relouera plus. Le liquidateur exerce ses droits et actions sur le patrimoine.
  • Les loyers sont encaissés par le liquidateur, qui gère les baux jusqu'à la vente.
  • L'immeuble est réalisé sous le contrôle du juge-commissaire (art. L642-18) : adjudication judiciaire ou vente de gré à gré autorisée.

Le tribunal peut autoriser une poursuite d'activité pour une durée limitée si l'intérêt public ou celui des créanciers le justifie — pour une SCI, cela sert à maintenir les baux en cours le temps de vendre l'immeuble occupé, souvent dans de meilleures conditions qu'un bien vide.


4. La déclaration de cessation des paiements et le délai de 45 jours

Les articles L631-4 (redressement) et L640-4 (liquidation) imposent au dirigeant de demander l'ouverture de la procédure au plus tard dans les quarante-cinq jours qui suivent la cessation des paiements, s'il n'a pas dans ce délai demandé l'ouverture d'une procédure de conciliation.

Deux conséquences pratiques, souvent mal comprises :

  • Le délai se compte à partir de la date réelle de cessation des paiements, pas de la date à laquelle vous en prenez conscience. Le tribunal fixera lui-même cette date, et peut la reporter jusqu'à dix-huit mois avant le jugement d'ouverture (art. L631-8). Un gérant qui « découvre » sa cessation des paiements six mois après coup est déjà hors délai.
  • Demander une conciliation dans les 45 jours neutralise l'obligation de déclarer. C'est la porte de sortie légale, et elle est confidentielle. Elle est développée au chapitre 9.

La sanction du dépôt tardif

L'article L653-8, alinéa 3 du Code de commerce permet au tribunal de prononcer une interdiction de gérer contre le dirigeant qui a omis, sciemment, de demander l'ouverture d'une procédure dans le délai de quarante-cinq jours, sans avoir par ailleurs demandé l'ouverture d'une conciliation. Cette interdiction peut aller jusqu'à quinze ans et frappe la gestion de toute entreprise ou personne morale — y compris les autres SCI de la famille.

Elle se cumule, le cas échéant, avec la responsabilité pour insuffisance d'actif (art. L651-2), examinée au chapitre 8.

La période suspecte : ce qu'il ne faut surtout pas faire maintenant

Entre la date de cessation des paiements retenue par le tribunal et le jugement d'ouverture s'étend la période suspecte. L'article L632-1 frappe de nullité de droit une liste d'actes accomplis pendant cette période. Pour une SCI, les plus fréquents :

Acte accompli en période suspecte Situation typique en SCI Sort
Hypothèque ou nantissement consenti pour une dette antérieurement contractéeLa banque exige une hypothèque supplémentaire pour « accompagner » la SCINul de droit
Paiement d'une dette non échueRemboursement anticipé d'un compte courant d'associéNul de droit
Paiement d'une dette échue par un moyen anormalDation en paiement d'un lot à un créancierNul de droit
Acte à titre gratuit translatif de propriétéDonation de parts aux enfants « pour mettre à l'abri »Nul de droit
Contrat commutatif déséquilibréVente de l'immeuble à un proche nettement sous sa valeurNul de droit

Ces nullités sont de droit : le juge n'a pas à apprécier l'intention. Le liquidateur n'a qu'à démontrer la date de l'acte et sa nature. Le II de l'article L632-1 va même plus loin pour les actes à titre gratuit : ils sont annulables lorsqu'ils ont été passés dans les six mois précédant la date de cessation des paiements, donc avant même l'ouverture de la période suspecte. Et l'article L632-2 permet d'annuler, sur démonstration de la connaissance de l'état de cessation des paiements, les paiements et actes à titre onéreux accomplis pendant la période suspecte. Ajoutez à cela l'action paulienne de l'article 1341-2 du Code civil, qui permet à un créancier d'attaquer un acte accompli en fraude de ses droits — un apport d'immeuble à une SCI réalisé pour échapper à une saisie, par exemple.

Les trois réflexes qui aggravent tout

  1. Donner les parts aux enfants quand la situation se dégrade. Acte à titre gratuit en période suspecte : nul, et lourd sur le terrain de la faute de gestion.
  2. Payer d'abord la banque parce qu'elle fait le plus de bruit. La rupture d'égalité entre créanciers est exactement ce que la nullité de la période suspecte sanctionne.
  3. Vendre l'immeuble à une autre SCI de la famille à prix décoté. Contrat déséquilibré, action paulienne, et potentiellement banqueroute.

Le contenu du dossier de déclaration

La déclaration de cessation des paiements se dépose au greffe de la juridiction compétente, sur le formulaire dédié, accompagnée d'un dossier. Pour une SCI, les pièces habituellement exigées :

  • Les statuts à jour et un extrait d'immatriculation récent.
  • Les comptes du dernier exercice clos et une situation de trésorerie récente (moins de trois mois).
  • L'état chiffré des créances et des dettes, avec les noms et adresses des créanciers — c'est la pièce la plus lourde à produire, et celle qui bloque les dossiers mal tenus.
  • L'état actif et passif des sûretés (hypothèques inscrites, privilèges du Trésor).
  • L'inventaire sommaire des biens : l'immeuble, sa valeur estimée, les baux en cours.
  • Le nombre d'associés et leur identité (le tribunal en a besoin pour apprécier l'obligation aux dettes de l'article 1857).

Une SCI dont la comptabilité n'est pas à jour perd des semaines à ce stade — semaines pendant lesquelles la trésorerie continue de se dégrader et le délai de 45 jours court. Si vous avez du retard dans vos obligations, traitez-le sans attendre : voir que faire en cas de retard.


5. Quel tribunal pour une SCI ? Le piège du tribunal de commerce

C'est le point sur lequel une grande partie de l'information disponible en ligne se trompe, et une erreur d'aiguillage vous coûte des semaines de délai.

Le principe

Une SCI n'est pas commerçante. Le tribunal compétent pour ouvrir une procédure amiable ou collective à son encontre est le tribunal judiciaire, et non le tribunal de commerce. Deux textes le disent. Pour les procédures collectives, l'article L621-2, alinéa 1er : « Le tribunal compétent est le tribunal de commerce si le débiteur exerce une activité commerciale ou artisanale. Le tribunal judiciaire est compétent dans les autres cas. » Pour les procédures amiables, l'article L611-5 : « le tribunal judiciaire est compétent » et son président exerce les pouvoirs attribués au président du tribunal de commerce.

L'exception 2026 : les douze tribunaux des activités économiques

Depuis le 1er janvier 2025, une expérimentation prévue par l'article 26 de la loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023 d'orientation et de programmation du ministère de la justice, mise en œuvre par le décret n° 2024-674 du 3 juillet 2024 et l'arrêté du 5 juillet 2024, transforme douze tribunaux de commerce en tribunaux des activités économiques (TAE). Ces TAE reçoivent compétence pour les procédures amiables et collectives de tous les débiteurs, y compris les sociétés civiles, les associations et les exploitants agricoles — à l'exception des avocats, des officiers publics et ministériels (notaires, commissaires de justice) et des administrateurs et mandataires judiciaires, qui restent du ressort du tribunal judiciaire.

Situation de la SCI Juridiction à saisir
Siège social dans le ressort d'un des 12 TAE expérimentauxLe tribunal des activités économiques
Siège social partout ailleurs en FranceLe tribunal judiciaire

Les douze TAE : Paris, Nanterre, Versailles, Lyon, Marseille, Avignon (également compétent pour le ressort du tribunal judiciaire de Carpentras), Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Nancy et Saint-Brieuc. L'expérimentation court quatre ans, du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2028. En 2026, elle est donc pleinement en vigueur, et dans ces douze ressorts le TAE est seul compétent : un dépôt au tribunal judiciaire y serait renvoyé.

Réflexe pratique : avant tout dépôt, vérifiez le ressort du siège social de la SCI. Si vous êtes hors des douze ressorts expérimentaux, c'est le tribunal judiciaire — et un dépôt au tribunal de commerce sera renvoyé, avec les semaines perdues que cela implique alors que le délai de 45 jours court.

La compétence territoriale

La juridiction compétente est celle dans le ressort de laquelle la SCI a son siège social. Attention à une règle anti-fraude classique : en cas de changement de siège dans les six mois précédant la saisine, la juridiction du siège initial reste seule compétente. Déplacer le siège social de la SCI à la dernière minute pour choisir son tribunal ne fonctionne pas.


6. Période d'observation, plan, réalisation de l'actif immobilier

6.1 La période d'observation

La sauvegarde et le redressement judiciaire ouvrent une période d'observation destinée à établir un bilan économique et social et à préparer un plan. Sa durée est fixée par l'article L621-3 : six mois maximum, renouvelable une fois par décision spécialement motivée, soit douze mois. Une prolongation exceptionnelle de six mois supplémentaires peut être accordée à la demande du ministère public, portant le total à dix-huit mois.

Pendant cette période, pour la SCI :

Effet Texte Traduction concrète pour la SCI
Arrêt des poursuites individuellesArt. L622-21Plus de saisie immobilière, plus de saisie-attribution sur le compte de la SCI
Interdiction de payer les créances antérieuresArt. L622-7La SCI ne rembourse plus les échéances antérieures au jugement, même si elle le voulait
Déclaration des créancesArt. L622-242 mois à compter de la publication au BODACC pour déclarer, délai porté à 4 mois pour les créanciers qui ne demeurent pas en France métropolitaine (art. R622-24)
Continuation des contrats en coursArt. L622-13Les baux, l'assurance PNO, le contrat de syndic se poursuivent
Privilège des créances postérieures utilesArt. L622-17Les charges nées après le jugement et utiles à la procédure sont payées à échéance et priment
Arrêt du cours des intérêtsArt. L622-28Sauf pour les prêts d'une durée ≥ 1 an : le prêt immobilier continue à produire des intérêts

Le piège de l'article L622-28 pour une SCI. Beaucoup de gérants croient que l'ouverture d'une procédure « gèle » la dette. C'est vrai pour les intérêts des dettes courantes — mais l'article L622-28 excepte expressément les intérêts résultant de prêts conclus pour une durée égale ou supérieure à un an. Or c'est exactement la nature du prêt immobilier de la SCI. Pendant une période d'observation de douze mois, la dette bancaire continue donc de grossir des intérêts contractuels. La procédure achète du temps, pas de la gratuité.

6.2 Le plan de sauvegarde ou de redressement

Si la période d'observation démontre qu'un redressement est possible, le tribunal arrête un plan. Sa durée maximale est de dix ans (art. L626-12). Dans un dossier de SCI, il contient à peu près toujours les mêmes briques :

  • Un échéancier d'apurement du passif imposé aux créanciers qui n'ont pas accepté de remises. En pratique, le plan étale la dette antérieure sur 8 à 10 ans, souvent avec des annuités progressives.
  • Les remises consenties par les créanciers qui ont accepté : administration fiscale, URSSAF le cas échéant, fournisseurs, associés sur leurs comptes courants.
  • Le cas échéant, des cessions d'actifs : la vente d'un des immeubles pour désendetter le reste.
  • Une inaliénabilité temporaire des biens jugés indispensables à la continuation, décidée par le tribunal.

Le plan est exécuté sous le contrôle d'un commissaire à l'exécution du plan. Une échéance impayée peut entraîner la résolution du plan (art. L626-27) et, si la cessation des paiements est constatée, l'ouverture d'un redressement ou d'une liquidation. Un plan est un contrat avec le tribunal : il ne se renégocie pas au fil de l'eau.

6.3 La liquidation et la réalisation de l'immeuble

En liquidation judiciaire, le liquidateur réalise l'actif. Pour l'immeuble, l'article L642-18 ouvre trois voies, le juge-commissaire fixant dans tous les cas la mise à prix ou le prix, les conditions essentielles de la vente et les modalités de publicité :

Voie Mécanisme Effet sur le prix
Adjudication judiciaireVente aux enchères devant le juge, sur mise à prix fixée par le juge-commissaireDécote fréquente de 20 à 40 % par rapport à la valeur de marché
Adjudication amiableEnchères devant notaire, ordonnées par le juge-commissaire sur une mise à prix qu'il fixe, lorsque la nature ou la situation du bien le permetIntermédiaire
Vente de gré à gréLe juge-commissaire autorise une vente amiable à un prix et des conditions qu'il détermineGénéralement proche de la valeur de marché

C'est ici que se joue la différence entre déposer tôt et déposer tard. Une SCI qui agit avant l'asphyxie peut vendre elle-même, au prix, en négociant avec la banque. Une SCI qui subit une adjudication perd fréquemment le tiers de la valeur du bien — un écart qui, sur un immeuble à 500 000 €, représente 150 000 € que les associés devront combler au titre de l'article 1857.

6.4 L'ordre de paiement des créanciers

Le prix de vente de l'immeuble ne revient pas à la SCI. Il est réparti selon un ordre légal, dans lequel les associés arrivent bons derniers :

  1. Les frais de justice de la procédure (honoraires du liquidateur, frais de vente).
  2. Le privilège de conciliation (art. L611-11) au profit de celui qui a apporté un financement nouveau dans le cadre d'une conciliation homologuée — un argument de plus pour la voie amiable.
  3. Les créanciers postérieurs privilégiés (art. L622-17) : les créances nées régulièrement après le jugement d'ouverture pour les besoins de la procédure.
  4. Les créanciers hypothécaires, selon le rang de leur inscription : la banque prêteuse en tout premier lieu, puis le Trésor public s'il a inscrit son privilège.
  5. Les créanciers chirographaires : fournisseurs, syndic pour les charges antérieures, et les associés au titre de leurs comptes courants. Autant dire, dans la grande majorité des dossiers, rien.

Conséquence directe pour les associés : le compte courant d'associé n'est pas une créance privilégiée. Un associé qui a injecté 60 000 € pour maintenir la SCI à flot passe après la banque, après le Trésor, après les frais de procédure. Dans un dossier de liquidation, il récupère en pratique zéro. Cela ne signifie pas qu'il ne faut jamais abonder — mais qu'il faut le faire tôt, avec une convention écrite, et pas comme dernier recours. Voir notre guide sur le compte courant d'associé en SCI.

6.5 La clôture de la liquidation

La liquidation se clôt soit pour extinction du passif — rare mais possible dans une SCI dont l'immeuble se vend bien — soit, le plus souvent, pour insuffisance d'actif (art. L643-9). L'article L643-11 pose alors un principe : la clôture pour insuffisance d'actif ne fait pas recouvrer aux créanciers leur droit de poursuite individuelle contre le débiteur, sauf exceptions limitativement énumérées (créance résultant d'une condamnation pénale, fraude fiscale, droits attachés à la personne du créancier, etc.).

Mais attention : ce texte protège la SCI, personne morale — qui de toute façon disparaît. Il ne protège en rien les associés, dont l'obligation aux dettes découle d'un autre fondement, l'article 1857 du Code civil. C'est l'objet du chapitre suivant, et c'est le contresens le plus coûteux de tout ce guide.


7. Le sort de l'immeuble de la SCI et des baux en cours

7.1 Les baux ne tombent pas avec la procédure

Un bail en cours est un contrat en cours au sens de l'article L622-13 du Code de commerce (article L641-11-1 en liquidation judiciaire). Le texte pose une règle protectrice décisive : toute clause qui modifierait les conditions de poursuite d'un contrat en cours du seul fait de l'ouverture d'une procédure est réputée non écrite. Une clause de bail prévoyant sa résiliation de plein droit en cas de procédure collective du bailleur est donc sans effet.

Côté locataires, cela donne :

  • Ils restent dans les lieux et continuent de payer leur loyer, désormais entre les mains du liquidateur (en liquidation) ou de la SCI elle-même (en sauvegarde et redressement, le gérant n'étant pas dessaisi).
  • Les loyers postérieurs au jugement sont des créances de la procédure et alimentent la trésorerie de la SCI ou la caisse de la liquidation.
  • Le dépôt de garantie versé avant le jugement est une créance antérieure : le locataire doit la déclarer au passif dans les deux mois de la publication au BODACC s'il veut avoir une chance de la récupérer. C'est très souvent oublié.
  • Les travaux du bailleur dus au titre du bail deviennent problématiques : les créances antérieures ne peuvent plus être payées (art. L622-7), et une liquidation ne finance quasiment jamais de gros travaux.

7.2 La vente de l'immeuble ne met pas fin au bail

L'article 1743 du Code civil impose à l'acquéreur d'un immeuble loué de respecter le bail conclu par le vendeur, dès lors que ce bail a date certaine. L'adjudicataire ou l'acquéreur amiable reprend donc le bien occupé, avec le locataire en place et aux conditions du bail.

Type de bail Effet de la procédure collective du bailleur Effet de la vente
Bail d'habitation (loi du 6 juillet 1989)Aucun. Le bail se poursuit, le locataire est protégé par le statut d'ordre publicL'acquéreur reprend le bail. Congé pour vente impossible en cours de bail
Bail commercialAucun. Le droit au renouvellement du preneur subsisteL'acquéreur reprend le bail et le statut, y compris le droit au renouvellement
Bail professionnel ou dérogatoireContrat en cours, clause résolutoire liée à la procédure réputée non écriteTransmis à l'acquéreur s'il a date certaine

Un bien occupé se vend moins cher qu'un bien libre — de 10 à 20 % selon les marchés pour de l'habitation. C'est un effet de second ordre mais réel : la procédure collective interdit de délivrer congé pour vente, donc l'immeuble part occupé, donc à un prix inférieur, donc l'insuffisance d'actif est plus grande, donc l'appel aux associés au titre de l'article 1857 est plus lourd. La chaîne de causalité est mécanique.

7.3 Ce qu'il advient des autres contrats

  • L'assurance propriétaire non occupant : contrat en cours, à maintenir absolument. Un sinistre non couvert pendant la procédure transforme un dossier difficile en catastrophe, et engage la responsabilité du gérant.
  • Le contrat de syndic et les appels de charges : les provisions appelées après le jugement sont des créances postérieures, à payer normalement. Les arriérés antérieurs sont gelés et à déclarer par le syndicat des copropriétaires.
  • Le mandat de gestion locative : contrat en cours, poursuivi ou résilié selon l'utilité pour la procédure.

8. Le sort des associés, du gérant et des cautions après la liquidation

C'est la partie la plus mal comprise, et la plus coûteuse. Retenez la phrase suivante : la liquidation judiciaire de la SCI n'efface pas la dette des associés.

8.1 L'obligation aux dettes de l'article 1857

L'article 1857 du Code civil dispose que les associés d'une société civile répondent indéfiniment des dettes sociales à proportion de leur part dans le capital social à la date de l'exigibilité ou au jour de la cessation des paiements. Deux précisions capitales :

  • « Indéfiniment » ne veut pas dire « solidairement ». L'obligation est conjointe : un associé détenant 30 % du capital doit 30 % de la dette résiduelle, jamais 100 %. Un créancier qui réclamerait l'intégralité à un seul associé se verrait opposer cette limite. C'est la différence fondamentale avec la SNC, où l'obligation est solidaire.
  • Elle est indéfinie au sens où elle n'est pas plafonnée au montant de l'apport : si la quote-part de dette d'un associé est de 90 000 € alors qu'il n'a apporté que 1 000 €, il doit 90 000 €.

L'article 1858 ajoute une condition de forme protectrice : les créanciers ne peuvent poursuivre un associé qu'après avoir préalablement et vainement poursuivi la personne morale. C'est le caractère subsidiaire de l'obligation.

8.2 Pourquoi la liquidation judiciaire facilite l'action contre les associés

Voilà le retournement que beaucoup de gérants découvrent trop tard. Par un arrêt de chambre mixte du 18 mai 2007 (n° 05-10.413), la Cour de cassation a jugé que, lorsque la société civile fait l'objet d'une liquidation judiciaire, la déclaration de la créance à la procédure dispense le créancier d'établir que le patrimoine social est insuffisant pour le désintéresser. La solution est expressément rendue pour la liquidation judiciaire, celle-ci valant par elle-même démonstration de la vaine poursuite exigée par l'article 1858.

Regardez la mécanique. Hors procédure collective, un créancier doit d'abord obtenir un titre contre la SCI, tenter une exécution, échouer, et prouver cet échec avant de se retourner vers les associés. C'est long et dissuasif. Dès l'ouverture d'une liquidation judiciaire, il lui suffit de déclarer sa créance pour satisfaire la condition de l'article 1858 et actionner directement chaque associé au prorata.

Ne comptez jamais sur la liquidation pour « effacer » la dette

La clôture pour insuffisance d'actif éteint le droit de poursuite contre la SCI (art. L643-11), qui disparaît de toute façon. Elle ne dit rien de l'obligation des associés, qui repose sur l'article 1857 du Code civil et survit intacte. Un associé à 50 % d'une SCI liquidée avec 180 000 € de passif résiduel doit 90 000 € sur son patrimoine personnel. La seule vraie limite est la prescription de l'article 1859 du Code civil : les actions contre les associés non liquidateurs se prescrivent par cinq ans à compter de la publication de la dissolution. Depuis l'ordonnance n° 2014-326 du 12 mars 2014, l'article 1844-7, 7° du Code civil fait naître cette dissolution non pas au jugement d'ouverture, mais au jugement ordonnant la clôture de la liquidation judiciaire pour insuffisance d'actif. Le délai de cinq ans court donc à compter de la publication de ce jugement de clôture au BODACC — c'est-à-dire souvent un à trois ans après l'ouverture de la procédure. Autrement dit, l'exposition des associés se prolonge bien au-delà de la fin de la procédure.

8.3 Un exemple chiffré complet

Poste Montant
Valeur de marché de l'immeuble520 000 €
Prix obtenu en adjudication judiciaire (décote 28 %)374 400 €
Frais de justice et honoraires du liquidateur– 22 000 €
Créance hypothécaire de la banque (capital + intérêts courus pendant la procédure)– 398 000 €
Privilège du Trésor (taxe foncière + pénalités)– 11 500 €
Charges de copropriété antérieures (chirographaire)– 6 800 €
Comptes courants d'associés (chirographaires)– 45 000 €
Insuffisance d'actif– 108 900 €

Répartition entre les associés, au titre de l'article 1857, sur la partie du passif restée impayée (hors comptes courants, qui sont leur propre créance) :

  • Associé A, 60 % du capital : 60 % de 63 900 € de passif tiers résiduel = 38 340 € à payer sur son patrimoine personnel.
  • Associé B, 40 % du capital : 25 560 €.
  • Et les 45 000 € de comptes courants qu'ils avaient injectés sont perdus.

Ce calcul suppose des comptes courants détenus au prorata du capital et neutralisés par compensation. Le compte courant d'associé reste juridiquement une dette sociale comme une autre : chaque associé demeure tenu, au prorata de ses parts, de la fraction du compte courant détenue par l'autre associé. Si la répartition des apports en compte courant s'écarte de celle du capital, les montants dus par A et B diffèrent de ceux affichés ci-dessus.

Le même dossier traité en conciliation dix-huit mois plus tôt, avec une vente amiable à 505 000 € et un rééchelonnement bancaire, se solde sans insuffisance d'actif et sans appel aux associés. La différence de coût pour les deux associés dépasse 100 000 €. C'est tout l'enjeu du timing.

8.4 Le sort du gérant

Le gérant de SCI encourt, en plus de son éventuelle caution, deux séries de sanctions :

Sanction Texte Condition
Responsabilité pour insuffisance d'actifArt. L651-2 C. com.Faute de gestion ayant contribué à l'insuffisance d'actif. La simple négligence est expressément exclue depuis la loi Sapin II du 9 décembre 2016.
Faillite personnelleArt. L653-4 et L653-5Détournement d'actif, comptabilité fictive ou disparue, poursuite abusive d'une activité déficitaire dans un intérêt personnel
Interdiction de gérerArt. L653-8Notamment l'omission de déclarer la cessation des paiements dans les 45 jours
BanquerouteArt. L654-2 C. com.Détournement d'actif, augmentation frauduleuse du passif, comptabilité irrégulière ou absente. Sanction pénale.

Le point d'attention pour une SCI : la « comptabilité manifestement incomplète ou irrégulière » est l'un des cas les plus fréquemment retenus. Une SCI qui n'a produit aucun compte pendant cinq ans expose son gérant sur ce terrain, indépendamment de la qualité de sa gestion locative. Tenir une comptabilité propre n'est pas seulement une obligation fiscale : c'est une assurance personnelle pour le gérant. Voir nos guides sur les responsabilités du gérant de SCI et sur la reprise d'une comptabilité en retard.

8.5 Le sort des cautions

Dans une SCI, la banque exige presque toujours la caution personnelle et solidaire des associés ou du gérant, en plus de l'hypothèque. Cette caution est un engagement autonome, totalement distinct de l'article 1857 : elle porte sur 100 % de la dette garantie, pas sur une quote-part.

Procédure Pendant la période d'observation Après l'arrêté du plan
SauvegardePoursuites suspendues (art. L622-28)La caution personne physique peut se prévaloir des délais et remises du plan (art. L626-11)
Redressement judiciairePoursuites suspenduesLes coobligés et garants ne peuvent se prévaloir du plan (art. L631-20)
Liquidation judiciairePoursuivie immédiatement pour la totalitéSans objet

Ce tableau, à lui seul, justifie de consulter tôt. Un associé caution qui laisse la SCI glisser jusqu'à la liquidation perd le seul régime qui le protégeait.

8.6 Une bonne nouvelle : l'associé personne physique reste éligible au surendettement

Parce que l'associé d'une SCI n'est pas commerçant et n'exerce pas d'activité professionnelle indépendante du seul fait de sa qualité d'associé, il peut, s'il est de bonne foi, relever de la procédure de surendettement des particuliers. Deux points de l'article L711-1 du Code de la consommation jouent ici en sa faveur. D'abord, depuis la loi n° 2022-172 du 14 février 2022, le surendettement s'apprécie au regard de l'ensemble des dettes, professionnelles et non professionnelles, exigibles et à échoir — l'ancienne exclusion des dettes professionnelles a disparu. Ensuite, le texte précise expressément que l'impossibilité manifeste de faire face à l'engagement de cautionner ou d'acquitter solidairement la dette d'une société caractérise elle aussi une situation de surendettement : la caution donnée à la banque de la SCI entre donc dans le champ. Ce n'est pas une échappatoire — la commission apprécie strictement la bonne foi et l'origine des dettes — mais c'est une voie de traitement qui existe, et qu'il faut connaître.

Une situation qui se tend ? Parlez-en avant qu'elle ne se referme

L'écart entre une conciliation menée à temps et une liquidation subie se chiffre en dizaines de milliers d'euros par associé. Nos experts-comptables partenaires savent lire une trésorerie de SCI et dire, chiffres en main, s'il faut renégocier, vendre ou déclarer.


9. Éviter la liquidation : mandat ad hoc et conciliation

Pour une SCI, les procédures amiables sont presque toujours la bonne porte. Elles sont confidentielles — aucune publicité, la banque et les locataires ne l'apprennent pas par le BODACC —, rapides, et laissent le gérant totalement aux commandes.

Critère Mandat ad hoc Conciliation
TexteArt. L611-3 (+ L611-5 pour la SCI)Art. L611-4 (+ L611-5 pour la SCI)
Cessation des paiementsAucune condition légale (art. L611-3), mais outil de prévention conçu hors cessation des paiements — et surtout : la demande de mandat ad hoc ne neutralise pas l'obligation de déclarer dans les 45 jours, contrairement à la conciliationAdmise si elle date de moins de 45 jours
DuréeLibre, fixée par le président4 mois, prorogeable sans dépasser 5 mois
ConfidentialitéTotaleTotale (sauf homologation)
Qui saisitLe gérant seulLe gérant seul
Force de l'accordContractuelleConstaté (force exécutoire) ou homologué par jugement
Privilège d'argent fraisNonOui si homologation (art. L611-11)

Comment ça se passe concrètement pour une SCI

Le gérant saisit par requête le président du tribunal compétent (tribunal judiciaire, ou TAE dans les douze ressorts expérimentaux). Il expose la situation, propose éventuellement le nom d'un professionnel. Le président désigne un mandataire ad hoc ou un conciliateur — en général un administrateur judiciaire —, dont la mission est de négocier avec les créanciers.

Sur quoi négocie-t-on, dans une SCI ? Presque toujours sur les mêmes cinq points :

  • Une pause d'amortissement de 6 à 12 mois auprès de la banque : la SCI ne rembourse plus que les intérêts, ou rien.
  • Un allongement de la durée du prêt, qui abaisse mécaniquement l'échéance. Un prêt de 300 000 € restant sur 12 ans à 3,5 % coûte environ 2 555 €/mois ; réallongé sur 20 ans, environ 1 740 €/mois. C'est près de 815 € de trésorerie mensuelle regagnée — au prix d'un coût total d'intérêts plus élevé. Voir notre guide sur la renégociation de crédit en SCI.
  • Un échéancier fiscal auprès du comptable public pour la taxe foncière ou l'IS impayé.
  • Un délai de vente amiable : la banque s'engage à ne pas déclencher la saisie immobilière pendant 6 mois, le temps de vendre au prix.
  • Un apport d'argent frais par un associé ou un tiers, sécurisé par le privilège de conciliation de l'article L611-11 si l'accord est homologué.

Le levier le plus sous-utilisé. Une banque préfère très largement un rééchelonnement à une saisie immobilière : la procédure lui coûte cher, dure deux ans et se solde par une adjudication décotée. Un dossier présenté par un conciliateur désigné par le tribunal, avec des comptes propres et un prévisionnel de trésorerie crédible, obtient des choses qu'un gérant seul au téléphone n'obtiendra jamais.

Ce qui fait échouer une conciliation

  • Arriver trop tard, avec quatre mois d'échéances impayées et une saisie déjà lancée.
  • Ne pas avoir de comptes. Sans bilan ni situation de trésorerie, aucun créancier ne s'engage. C'est la première cause d'échec dans les SCI.
  • Ne pas avoir de plan crédible : le conciliateur négocie un rééchelonnement contre un engagement. Si la SCI ne montre pas comment elle paiera après, il n'y a rien à négocier.
  • Une mésentente entre associés qui bloque toute décision. Un blocage en assemblée pendant une crise de trésorerie est mortel — voir notre guide sur la mésentente entre associés de SCI.

10. Liquidation judiciaire ou dissolution amiable d'une SCI ?

La confusion entre les deux est fréquente et lourde de conséquences. Ce ne sont pas deux variantes d'une même chose : ce sont deux mondes, et le critère qui bascule de l'un à l'autre est la cessation des paiements.

Critère Dissolution-liquidation amiable Liquidation judiciaire
DécisionAssemblée générale des associésJugement du tribunal
ConditionLa SCI peut payer ses dettesCessation des paiements + redressement impossible
Qui liquideUn liquidateur amiable choisi par les associés (souvent le gérant)Un liquidateur judiciaire désigné par le tribunal
Vente de l'immeubleAu prix, au rythme choisiAdjudication ou gré à gré autorisé, souvent décoté
Résultat pour les associésBoni de liquidation à partagerAppel en paiement au titre de l'article 1857
PublicitéAnnonce légaleJugement publié au BODACC
Risque pour le gérantFaibleInsuffisance d'actif, interdiction de gérer, banqueroute

La règle d'or : si la SCI est en cessation des paiements, la dissolution amiable n'est pas une option. Convoquer une assemblée pour dissoudre à l'amiable une SCI qui ne peut plus payer, c'est éviter la déclaration obligatoire des 45 jours et exposer le gérant à l'interdiction de gérer. Si en revanche la SCI est simplement à l'arrêt, sans dette exigible qu'elle ne peut honorer, la voie amiable est la bonne : voir notre guide sur la dissolution-liquidation d'une SCI.

Une troisième voie existe pour une SCI temporairement sans activité mais sans dettes problématiques : la mise en sommeil. Elle ne règle rien si un prêt continue de courir, mais elle évite les frais d'une structure inactive.


11. Trois cas pratiques chiffrés de SCI en difficulté

Cas 1 — La SCI mono-bien avec un locataire commercial défaillant

Situation. SCI détenue à 50/50 par deux frères. Local commercial acheté 340 000 €, prêt sur 15 ans, capital restant dû 205 000 €, échéance 1 640 €/mois. Le locataire, un restaurant, est placé en liquidation judiciaire en janvier. Loyer 1 950 €/mois HT, plus rien depuis novembre. Trésorerie SCI : 2 800 €.

Compte à rebours. Avec 2 800 € de trésorerie et 1 640 €/mois d'échéance plus 2 200 € de taxe foncière en octobre, la SCI est en cessation des paiements dès le deuxième mois d'impayé, en décembre : la trésorerie ne couvre déjà plus l'échéance de prêt exigible.

Ce qu'il faut faire. Ne pas attendre. Déclarer la créance de loyers à la liquidation du restaurant (deux mois à compter du BODACC — c'est souvent oublié et la créance est alors perdue). Saisir en parallèle le président du tribunal pour une conciliation, avec deux demandes : pause d'amortissement de 9 mois et allongement de la durée du prêt. Chercher immédiatement un nouveau preneur, quitte à baisser le loyer de 15 %. Un apport en compte courant des deux associés, formalisé par convention, complète le dispositif.

Ce qu'il ne faut pas faire. Laisser courir six mois en espérant que le liquidateur du restaurant paie. Vider les économies personnelles au fil de l'eau sans convention. Attendre le commandement de payer valant saisie immobilière : à ce stade la banque ne négocie plus.

Cas 2 — Le prêt in fine dont l'adossement n'a pas suivi

Situation. SCI familiale, immeuble locatif 620 000 €, prêt in fine de 400 000 € sur 12 ans adossé à un contrat d'assurance-vie. À l'échéance, le contrat vaut 262 000 € au lieu des 400 000 € projetés. La SCI doit rembourser 400 000 € le 30 septembre. Elle en a 262 000 €. Manque : 138 000 €.

Le point de bascule. Au 1er octobre, 138 000 € deviennent exigibles face à un actif disponible qui ne les couvre pas. Cessation des paiements caractérisée, 45 jours pour agir.

Le bon calendrier. Ce mur est connu douze ans à l'avance. La date d'échéance figure dans l'offre de prêt. Le pilotage consiste à comparer, chaque année, la valeur de rachat du contrat adossé au capital à rembourser, et à réagir dès que l'écart dépasse 10 %. Deux ans avant l'échéance, les options sont encore nombreuses : refinancement en amortissable, vente d'un lot, apport des associés. Deux mois avant, il n'en reste qu'une, mauvaise. Voir notre guide dédié au prêt in fine en SCI.

Cas 3 — La SCI aspirée par la liquidation de la société d'exploitation

Situation. Un artisan détient une SARL et une SCI qui possède l'atelier. Aucun bail écrit. La SARL paie directement les échéances du prêt de la SCI depuis six ans, aucun loyer n'a jamais été appelé, les deux comptes bancaires servent indifféremment. La SARL est mise en liquidation avec 240 000 € de passif.

Ce qui se passe. Le liquidateur demande l'extension de la procédure à la SCI sur le fondement de l'article L621-2 alinéa 2 : confusion des patrimoines caractérisée par les flux financiers anormaux et l'absence de relation contractuelle. Extension prononcée, l'atelier entre dans l'actif à réaliser au bénéfice des créanciers de la SARL.

Ce qui aurait évité cela. Un bail commercial écrit et enregistré, un loyer de marché réellement appelé et encaissé sur le compte de la SCI, des comptes annuels tenus pour les deux structures, et une convention de compte courant si la SARL avance des fonds. Rien de complexe — mais rien de tout cela n'existait.


12. Les erreurs qui coûtent le plus cher

Erreur 1 : croire que la SCI est hors du champ des procédures collectives

Elle ne l'est pas. Les articles L620-2, L631-2 et L640-2 visent toute personne morale de droit privé. Cette croyance fait perdre les mois pendant lesquels une conciliation aurait encore été possible.

Erreur 2 : confondre solvabilité et liquidité

Un immeuble de 600 000 € au bilan ne paie pas une échéance de 1 800 € le 5 du mois. L'actif disponible ne comprend que ce qui est mobilisable immédiatement. C'est la définition légale, pas une interprétation.

Erreur 3 : déposer au tribunal de commerce

Hors des douze ressorts expérimentaux de TAE, une SCI relève du tribunal judiciaire. Un dépôt à la mauvaise juridiction est renvoyé et fait perdre des semaines alors que le délai de 45 jours court.

Erreur 4 : compter sur la liquidation pour effacer la dette

L'article 1857 du Code civil survit à la clôture, et l'arrêt de chambre mixte du 18 mai 2007 dispense même le créancier, en cas de liquidation judiciaire, de prouver l'insuffisance du patrimoine social dès lors qu'il a déclaré sa créance. La liquidation ouvre la porte aux associés, elle ne la ferme pas. Seule joue la prescription quinquennale de l'article 1859 du Code civil, à compter de la publication de la dissolution.

Erreur 5 : « sécuriser » le patrimoine à la veille du dépôt

Donation de parts, vente sous-évaluée à un proche, hypothèque de dernière minute, remboursement d'un compte courant : ce sont les nullités de droit de l'article L632-1, doublées de l'action paulienne de l'article 1341-2 du Code civil et, dans les cas graves, de la banqueroute.

Erreur 6 : ne pas déclarer sa propre créance

Quand le locataire est en procédure collective, la SCI est créancière : elle doit déclarer ses loyers impayés dans les deux mois de la publication au BODACC. Une créance non déclarée dans le délai est inopposable à la procédure. Le même réflexe vaut pour les associés titulaires d'un compte courant lorsque c'est la SCI qui est en procédure.

Erreur 7 : ne pas avoir de comptabilité

Sans comptes, pas de conciliation crédible, pas de dossier de déclaration complet, pas de négociation bancaire, et un risque direct de sanction personnelle pour comptabilité irrégulière ou inexistante. C'est l'erreur qui multiplie toutes les autres.

Erreur 8 : laisser un blocage entre associés paralyser les décisions

Vendre un immeuble, apporter des fonds, saisir le tribunal : ces décisions supposent une majorité. Une SCI 50/50 en mésentente ne décide plus rien, et la trésorerie ne s'arrête pas de couler pendant ce temps. C'est un argument pour rédiger correctement les statuts de la SCI et un pacte d'associés avant la crise, en prévoyant des règles de majorité et de sortie qui fonctionnent sous tension.


13. FAQ — SCI et liquidation judiciaire

Une SCI sans salarié et sans activité commerciale peut-elle vraiment être liquidée judiciairement ?

Oui. L'article L640-2 du Code de commerce vise « toute personne morale de droit privé », sans exiger ni salarié, ni activité commerciale, ni chiffre d'affaires. Une SCI patrimoniale familiale entre pleinement dans le champ. Les tribunaux ouvrent chaque année des liquidations judiciaires de SCI, le plus souvent à l'initiative d'un créancier bancaire ou du comptable public.

Un créancier peut-il demander lui-même l'ouverture d'une procédure contre ma SCI ?

Oui, pour le redressement et la liquidation judiciaire : un créancier peut assigner la SCI, tout comme le ministère public. Seule la sauvegarde est réservée à l'initiative du débiteur. C'est une raison de plus d'agir soi-même : celui qui saisit le tribunal choisit sa procédure et présente son dossier ; celui qui est assigné subit le calendrier et la version de l'autre.

Le compte bancaire de la SCI est-il bloqué pendant la procédure ?

En sauvegarde et en redressement, non : la SCI continue de fonctionner et le gérant gère, éventuellement assisté. En liquidation judiciaire, le gérant est dessaisi : le liquidateur ouvre un compte à son nom et y centralise les encaissements, notamment les loyers. Les paiements de créances antérieures au jugement sont interdits dans tous les cas (art. L622-7).

Puis-je vendre l'immeuble moi-même une fois la procédure ouverte ?

Pas librement. En sauvegarde et en redressement, la vente d'un actif immobilisé requiert l'autorisation du juge-commissaire. En liquidation, le gérant est dessaisi et c'est le liquidateur qui vend, sous le contrôle du juge-commissaire (art. L642-18). Si vous voulez maîtriser la vente et le prix, il faut l'avoir organisée avant, en conciliation.

Combien de temps dure une liquidation judiciaire de SCI ?

De un à trois ans en pratique, la durée étant essentiellement dictée par le délai de vente de l'immeuble et par les contentieux éventuels sur les créances. Une adjudication ajoute couramment six à douze mois. Pendant tout ce temps, les intérêts du prêt immobilier continuent de courir (art. L622-28 excepte les prêts d'une durée supérieure ou égale à un an), ce qui creuse l'insuffisance d'actif.

Que devient le compte courant d'associé dans une liquidation ?

C'est une créance chirographaire, sans aucun privilège. L'associé doit la déclarer au passif comme n'importe quel créancier, dans les deux mois de la publication au BODACC. Elle est remboursée après les frais de justice, les créanciers postérieurs privilégiés et les créanciers hypothécaires — c'est-à-dire, dans la quasi-totalité des dossiers, jamais.

Un associé peut-il quitter la SCI pour échapper aux dettes ?

Non, pas pour les dettes déjà nées. L'article 1857 du Code civil fait porter l'obligation sur l'associé à la date de l'exigibilité de la dette ou au jour de la cessation des paiements. Céder ses parts après coup ne l'efface pas, et une cession réalisée en période suspecte ou en fraude des droits des créanciers est attaquable. La cession de parts se prépare quand tout va bien, pas quand la trésorerie se vide.

La banque peut-elle saisir l'immeuble sans passer par une procédure collective ?

Oui. La saisie immobilière est une voie d'exécution de droit commun, indépendante des procédures collectives : munie de son titre et de son hypothèque, la banque délivre un commandement de payer valant saisie et fait vendre le bien à l'audience d'orientation. L'ouverture d'une procédure collective arrête cette saisie (art. L622-21) — c'est parfois la seule raison pour laquelle on la sollicite.

Une SCI à l'IS avec un déficit important est-elle en difficulté au sens du droit des procédures collectives ?

Pas nécessairement. Un résultat fiscal déficitaire n'est pas une cessation des paiements : une SCI à l'IS très amortie peut afficher un déficit comptable tout en dégageant un flux de trésorerie positif. Le critère est exclusivement la comparaison passif exigible / actif disponible. Voir nos guides sur la SCI déficitaire et le déficit reportable en SCI à l'IS.

Le gérant non associé est-il concerné par l'article 1857 ?

Non. L'article 1857 vise les associés, à proportion de leur part dans le capital. Un gérant non associé n'y est pas soumis. Il reste exposé, en revanche, à la responsabilité pour insuffisance d'actif (art. L651-2), à l'interdiction de gérer (art. L653-8) et, s'il en a donné une, à sa caution personnelle.

Faut-il un avocat pour déposer le bilan d'une SCI ?

Ce n'est pas légalement obligatoire pour la déclaration de cessation des paiements, mais c'est fortement recommandé — et pratiquement indispensable pour une sauvegarde ou une conciliation, où la stratégie compte autant que le formulaire. Le duo utile est un avocat en droit des entreprises en difficulté pour la procédure, et un expert-comptable pour produire la situation de trésorerie et l'état des créances.

Que se passe-t-il si la SCI n'a jamais déposé ses déclarations fiscales ?

Deux problèmes se cumulent. Fiscalement, le droit de reprise de l'administration en matière d'IR et d'IS s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est due (art. L169 du LPF), délai porté à dix ans en cas d'activité occulte (le délai sexennal de l'article L186 du LPF ne concerne, lui, que les droits d'enregistrement et l'IFI) ; s'y ajoutent des majorations pouvant atteindre 80 % en cas d'activité occulte (art. 1728 du CGI) ou de manœuvres frauduleuses (art. 1729 du CGI). Sur le terrain des procédures collectives, l'absence de comptabilité alimente directement la faillite personnelle et la banqueroute. Régularisez avant tout dépôt : voir retard de déclaration en SCI et contrôle fiscal d'une SCI.

Une holding associée de la SCI est-elle tenue au titre de l'article 1857 ?

Oui. L'article 1857 ne distingue pas selon la qualité de l'associé : une société associée d'une SCI est tenue des dettes sociales à proportion de sa part, exactement comme une personne physique. C'est un paramètre souvent négligé dans les montages de holding immobilière : la holding n'est pas un écran, elle est un associé comme un autre.

Peut-on créer une nouvelle SCI après la liquidation de la précédente ?

Oui, sauf si le gérant a été frappé d'une interdiction de gérer ou d'une faillite personnelle (art. L653-8 et L653-2), qui lui interdisent de diriger toute personne morale pendant la durée fixée par le tribunal, jusqu'à quinze ans. Les associés non gérants ne sont pas frappés de cette incapacité — mais leur dette au titre de l'article 1857 les suit.

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Ce guide est un contenu pédagogique à jour au 20 juillet 2026. Il ne remplace pas un conseil personnalisé : une situation de difficulté doit être examinée avec un avocat spécialisé en droit des entreprises en difficulté et un expert-comptable, au vu de vos chiffres réels.

FAQ

Questions fréquentes

Oui. Les articles L620-2, L631-2 et L640-2 du Code de commerce ouvrent la sauvegarde, le redressement et la liquidation judiciaire à « toute personne morale de droit privé ». Une SCI en fait partie, au même titre qu'une SARL ou une association. Le fait qu'elle ne soit pas commerçante ne la protège pas : elle n'échappe ni à la procédure collective, ni à la liquidation forcée de son immeuble.
Le principe est le tribunal judiciaire, et non le tribunal de commerce : l'article L621-2 du Code de commerce réserve le tribunal de commerce au débiteur qui exerce une activité commerciale ou artisanale et donne compétence au tribunal judiciaire « dans les autres cas ». La SCI n'est pas commerçante. Attention toutefois à l'exception : depuis le 1er janvier 2025, douze tribunaux de commerce sont devenus des tribunaux des activités économiques (TAE) — Paris, Nanterre, Versailles, Lyon, Marseille, Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Nancy et Saint-Brieuc. Dans ces douze ressorts, c'est le TAE qui est compétent pour les SCI. L'expérimentation, prévue par l'article 26 de la loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023, court quatre ans, du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2028.
L'article L631-1 du Code de commerce la définit comme l'impossibilité de faire face au passif exigible avec l'actif disponible. L'actif disponible, ce sont les liquidités immédiates (trésorerie, découvert autorisé non utilisé, créances mobilisables) — pas l'immeuble, qui est un actif immobilisé. C'est le piège central de la SCI : elle peut être en cessation des paiements en étant largement solvable au bilan.
Oui, et c'est le cas le plus fréquent. Une SCI qui possède un immeuble de 600 000 € financé par 350 000 € de prêt restant dû est solvable sur le papier. Si elle a 800 € en banque et 12 000 € d'échéances et de taxe foncière exigibles, elle est en cessation des paiements : l'immeuble n'est pas de l'actif disponible. Le remède est alors la vente amiable ou la conciliation, pas l'attente.
45 jours à compter de la date de cessation des paiements (art. L631-4 et L640-4 du Code de commerce). L'obligation de déclarer est écartée si le gérant a demandé, dans ce même délai, l'ouverture d'une procédure de conciliation. Passé les 45 jours sans déclaration ni demande de conciliation, le gérant s'expose à une interdiction de gérer (art. L653-8 alinéa 3).
Non — c'est l'erreur la plus coûteuse. L'article 1857 du Code civil rend chaque associé tenu des dettes sociales à proportion de sa part dans le capital, et cette obligation survit à la clôture de la liquidation. Pire : la Cour de cassation (chambre mixte, 18 mai 2007, n° 05-10.413) juge que, lorsque la société civile est en liquidation judiciaire, la simple déclaration de créance à la procédure dispense le créancier de prouver l'insuffisance du patrimoine social exigée par l'article 1858. La liquidation judiciaire facilite donc l'action contre les associés au lieu de la bloquer. Ces actions se prescrivent par cinq ans à compter de la publication de la dissolution (art. 1859 du Code civil).
Non, jamais — sauf engagement personnel séparé (caution). L'article 1857 du Code civil pose une responsabilité indéfinie mais conjointe, à proportion des parts. Un associé à 20 % supporte 20 % de la dette résiduelle, pas 100 %. Elle est en outre subsidiaire : le créancier doit d'abord poursuivre la SCI (art. 1858). En revanche, une caution personnelle donnée à la banque échappe totalement à cette limite et couvre 100 % de la dette garantie.
Il est réalisé par le liquidateur, sous le contrôle du juge-commissaire (art. L642-18 du Code de commerce) : soit par adjudication judiciaire, soit par vente de gré à gré si le juge-commissaire l'autorise. La vente de gré à gré donne presque toujours un meilleur prix. Le produit est distribué selon le rang des créanciers : frais de justice, créanciers postérieurs privilégiés, créanciers hypothécaires (la banque en tête), puis chirographaires.
Non. Les baux en cours sont des contrats en cours : l'article L622-13 du Code de commerce répute non écrite toute clause qui les résilierait du seul fait de l'ouverture de la procédure. Et en cas de vente de l'immeuble, l'article 1743 du Code civil impose à l'acquéreur de respecter le bail. Le locataire reste dans les lieux et paie son loyer entre les mains du liquidateur.
En sauvegarde, la caution personne physique est la mieux protégée : les poursuites sont suspendues pendant la période d'observation et elle peut se prévaloir des délais et remises du plan (art. L622-28 et L626-11). En redressement judiciaire, elle bénéficie de la suspension pendant la période d'observation mais pas des remises du plan (art. L631-20). En liquidation judiciaire, elle est poursuivie immédiatement pour la totalité. C'est l'argument décisif pour anticiper au stade de la sauvegarde.
La dissolution-liquidation amiable est décidée par les associés en assemblée, sur une SCI qui peut payer ses dettes : ils nomment un liquidateur, vendent, apurent le passif et se partagent le boni. La procédure collective est judiciaire et subie : le tribunal l'ouvre parce que la SCI ne peut plus payer, dessaisit le gérant en liquidation et confie tout à un mandataire. Si la SCI est en cessation des paiements, la dissolution amiable n'est pas une option : le gérant doit déclarer, sous peine de sanction.
Oui, sur trois terrains. La responsabilité pour insuffisance d'actif (art. L651-2) permet de mettre à sa charge tout ou partie du passif s'il a commis une faute de gestion — la simple négligence est exclue depuis la loi Sapin II. La faillite personnelle et l'interdiction de gérer (art. L653-4, L653-5, L653-8) sanctionnent les fautes graves et le dépôt tardif. Enfin, sa caution personnelle, s'il en a donné une, est un engagement autonome.
C'est l'intervalle entre la date de cessation des paiements retenue par le tribunal (reportable jusqu'à 18 mois avant le jugement, art. L631-8) et le jugement d'ouverture. Les actes de l'article L632-1 y sont nuls de plein droit : hypothèque consentie pour garantir une dette antérieure, paiement d'une dette non échue, donation, contrat déséquilibré. Une SCI qui hypothèque son immeuble à la veille du dépôt pour rassurer la banque prend le risque de voir la garantie annulée.
Ce sont les deux procédures amiables et confidentielles (art. L611-3 et L611-4, applicables aux SCI par l'article L611-5). Le président du tribunal désigne un mandataire ou un conciliateur qui négocie avec la banque et les principaux créanciers : rééchelonnement, pause d'amortissement, abandon partiel. La conciliation dure quatre mois, prorogeable à cinq. Elle est ouverte même en cessation des paiements, à condition que celle-ci date de moins de 45 jours. C'est presque toujours la bonne porte pour une SCI.
Oui, par extension de procédure (art. L621-2 alinéa 2). Si la SCI est fictive ou si son patrimoine est confondu avec celui de la société locataire — loyers jamais appelés, flux financiers croisés sans convention, comptes mélangés — le tribunal peut étendre la procédure à la SCI. C'est le risque numéro un du montage SCI + société d'exploitation mal tenu.
Non, pas pour une SCI dans la majorité des cas. L'article L622-28 arrête le cours des intérêts, mais il réserve expressément les prêts conclus pour une durée égale ou supérieure à un an. Un prêt immobilier amortissable sur 20 ans continue donc à produire des intérêts pendant toute la procédure. Le gel des poursuites ne gèle pas la dette.