SCI jamais déclarée depuis des années : comment régulariser (2026)
Votre SCI existe, elle encaisse des loyers, mais elle n'a jamais rien déclaré depuis des années. C'est plus fréquent qu'on ne l'imagine. Je vois passer ces dossiers régulièrement : un couple qui a monté une SCI familiale « pour plus tard » et n'a jamais su qu'il fallait déposer une 2072, un gérant persuadé qu'une SCI sans bénéfice n'avait rien à déclarer. Dans presque tous les cas, ça se répare. Tant que la société est immatriculée, l'administration ne remonte en principe que sur trois exercices, et le fait de bouger avant elle fait fondre les pénalités. Ce guide part de ce constat pour dérouler la marche à suivre, exercice par exercice : ce que vous risquez réellement, jusqu'où le fisc peut remonter, comment reconstituer les années manquantes et comment régulariser au coût le plus bas.
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (CGI, Livre des procédures fiscales, BOFiP). Contenu informatif, il ne remplace pas un conseil personnalisé. Mis à jour le 17 juillet 2026.
Sommaire
- D'abord, dédramatiser : votre situation est réparable
- Ce que vous risquez vraiment
- La prescription : jusqu'où l'administration peut remonter
- Reconstituer les exercices manquants
- La régularisation spontanée (et pourquoi l'article L62 ne s'applique pas)
- La remise gracieuse des pénalités (art. L247 LPF)
- Combien coûte le rattrapage
- La marche à suivre, exercice par exercice
- Les erreurs à éviter
- FAQ
1. D'abord, dédramatiser : votre situation est réparable
Quand on découvre que sa SCI n'a jamais rien déclaré, le premier réflexe est d'imaginer le pire : redressement massif, dix ans de rappels, courrier de la brigade fiscale. La réalité est presque toujours plus douce. Trois faits changent tout :
- Votre SCI est immatriculée. Elle a un SIREN, elle est inscrite au registre du commerce et des sociétés, son existence est connue de l'administration. Vous n'êtes donc pas en activité occulte — et c'est décisif pour la durée de reprise (voir chapitre 3).
- L'administration ne remonte que sur un nombre limité d'années. En droit commun, le délai de reprise est de trois ans (art. L169 LPF). En 2026, cela vise concrètement les exercices 2023, 2024 et 2025 : les années antérieures sont, en principe, prescrites.
- La démarche spontanée est fortement récompensée. Régulariser avant toute mise en demeure plafonne la majoration à 10 % (au lieu de 40 %), écarte la taxation d'office et démontre votre bonne foi.
La vraie question n'est donc pas « vais-je payer dix ans d'arriérés ? » mais « comment reconstituer proprement les trois derniers exercices et les déposer avant que l'administration ne bouge ? ». Un chantier borné, en somme, pas une catastrophe.
Le principe directeur : plus vous agissez tôt et de vous-même, moins cela coûte. La différence entre une régularisation spontanée et un redressement après contrôle peut représenter, à impôt égal, plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros de pénalités.
2. Ce que vous risquez vraiment
Le rattrapage se compose de trois briques : l'impôt réellement dû, l'intérêt de retard (qui n'est pas une sanction mais la réparation du préjudice de trésorerie du Trésor) et la majoration (la vraie pénalité). Voici les barèmes 2026.
| Situation | Taux | Base légale |
|---|---|---|
| Intérêt de retard | 0,20 %/mois (2,4 %/an) | Art. 1727 CGI |
| Défaut ou retard, sans mise en demeure | + 10 % | Art. 1728-1-a CGI |
| Défaut après mise en demeure (> 30 jours) | + 40 % | Art. 1728-1-b CGI |
| Activité occulte | + 80 % | Art. 1728-1-c CGI |
| Manquement délibéré | + 40 % | Art. 1729-a CGI |
| Manœuvres frauduleuses | + 80 % | Art. 1729-c CGI |
Pour un simple oubli déclaratif régularisé spontanément, avant toute mise en demeure, c'est la majoration de 10 % qui s'applique (art. 1728-1-a CGI). L'intérêt de retard, lui, reste dû au taux plein : sa réduction de moitié (art. 1727 V CGI) est réservée aux déclarations rectificatives, pas à une déclaration jamais déposée (voir chapitre 5). Les taux de 40 % et 80 % supposent soit une mise en demeure restée sans réponse, soit une intention frauduleuse caractérisée — deux situations qu'une démarche spontanée permet précisément d'éviter.
Le cas particulier de la SCI déficitaire ou sans bénéfice
Si vos exercices non déclarés ne dégagent aucun bénéfice imposable (charges et intérêts d'emprunt supérieurs aux loyers), il n'y a pas d'impôt en principal, donc pas d'intérêt de retard ni de majoration proportionnelle. Reste l'amende pour défaut de production de déclaration : 150 € par déclaration non déposée (art. 1729 B CGI). L'enjeu, ici, est surtout de sécuriser vos déficits reportables et de régulariser la forme, sujet développé dans notre guide sur la SCI déficitaire.
La taxation d'office : le vrai risque si vous ne faites rien
Tant que rien n'est déposé, l'administration peut vous adresser une mise en demeure. Si celle-ci reste sans réponse au-delà de 30 jours, elle est en droit de procéder à une taxation d'office (art. L66 et L67 LPF) : elle évalue elle-même vos revenus, souvent à votre défaveur, avec renversement de la charge de la preuve (c'est à vous de démontrer l'excès). S'y ajoute la majoration de 40 %. C'est exactement ce que la régularisation spontanée permet d'éviter.
3. La prescription : jusqu'où l'administration peut remonter
C'est le point le plus important, et le plus rassurant. Le fisc ne remonte pas indéfiniment : son droit de reprise est borné par la loi. Trois régimes coexistent, et savoir dans lequel vous tombez décide de tout le reste.
| Situation | Délai de reprise | Base légale |
|---|---|---|
| Droit commun (IR, IS, revenus fonciers) | Fin N+3 | Art. L169 LPF |
| Droits d'enregistrement non révélés (cessions de parts) | 6 ans | Art. L186 LPF |
| Activité occulte (structure jamais immatriculée) | 10 ans | Art. L169 al. 2 LPF |
Le délai de droit commun : trois ans (N+3)
Pour l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les sociétés et les revenus fonciers, le droit de reprise s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due (art. L169 LPF). Concrètement, en 2026, l'administration peut redresser les revenus 2023, 2024 et 2025. Les revenus 2022 et antérieurs sont, sauf exception, prescrits — l'administration ne peut plus établir d'imposition les concernant.
Pourquoi une SCI immatriculée relève du délai de 3 ans, pas de 10 ans
L'activité occulte, qui porte le délai à dix ans (art. L169 al. 2 LPF), suppose deux conditions cumulatives : l'absence d'immatriculation et l'absence de toute déclaration (BOI-CF-PGR-10-70). Une SCI régulièrement immatriculée au greffe, dotée d'un SIREN, dont l'existence est connue de l'administration, ne peut pas être qualifiée d'occulte au seul motif qu'elle a omis ses déclarations de résultat. Elle reste dans le délai de reprise de trois ans. C'est la raison pour laquelle « SCI jamais déclarée » ne rime presque jamais avec « dix ans de rappels ».
Attention aux cessions de parts non enregistrées
Si, pendant les années non déclarées, des parts sociales ont été cédées sans enregistrer l'acte, les droits d'enregistrement correspondants relèvent du délai spécial de 6 ans (art. L186 LPF) tant que la cession n'a pas été portée à la connaissance de l'administration. C'est un point à vérifier lors du diagnostic.
Nuance importante : un déficit né d'un exercice ancien n'est reportable que s'il a été régulièrement déclaré à l'époque. La prescription protège du redressement, mais elle ne « ressuscite » pas des déficits jamais déclarés. Reconstituez donc soigneusement les exercices non prescrits avant de vous en servir.
4. Reconstituer les exercices manquants
Le cœur du rattrapage, c'est la reconstitution comptable de chaque exercice non prescrit. On avance année par année, en repartant des documents qui font foi. Et pour une SCI, bonne surprise : l'essentiel de la matière est traçable via le compte bancaire, ce qui simplifie beaucoup le travail par rapport à une entreprise commerciale classique.
Les documents pour reconstituer un exercice
- Les relevés bancaires du compte de la SCI : ils tracent les loyers encaissés (recettes) et les charges payées (dépenses). C'est la colonne vertébrale de la reconstitution, surtout pour une SCI à l'IR tenue en trésorerie.
- Les baux et quittances : pour retrouver les loyers dus et les régularisations de charges locatives.
- Les tableaux d'amortissement des emprunts : votre banque peut les rééditer. Ils ventilent capital / intérêts année par année (les intérêts sont déductibles).
- Les avis de taxe foncière et appels de charges de copropriété.
- Les factures de travaux : à récupérer auprès des artisans, fournisseurs ou de votre espace client. Distinguez l'entretien/réparation (déductible) des travaux d'agrandissement (non déductibles à l'IR).
- Les actes notariés d'acquisition (utiles pour la base amortissable en cas de SCI à l'IS, et pour le bilan d'ouverture).
SCI à l'IR : une reconstitution de trésorerie
Pour une SCI à l'IR dont tous les associés sont des personnes physiques, la comptabilité est une comptabilité de trésorerie : recettes encaissées, dépenses décaissées. On reconstitue chaque exercice à partir des flux bancaires, on établit le résultat foncier, puis on remplit la déclaration 2072 manquante. Chaque associé doit ensuite reprendre sa quote-part sur sa 2044 et sa 2042 pour les années non prescrites.
SCI à l'IS : reconstituer bilan et amortissements
Pour une SCI à l'IS, le chantier est plus lourd : il faut reconstituer une comptabilité d'engagement, un bilan, un compte de résultat, les amortissements par composants et la liasse 2065 + 2033 de chaque exercice. Le point délicat est le bilan d'ouverture du premier exercice à reconstituer et le report correct des amortissements et des déficits d'un exercice à l'autre. C'est typiquement le cas où l'accompagnement d'un expert-comptable est précieux. Notre guide dédié détaille la méthode de reprise de comptabilité d'une SCI.
Rattrapez plusieurs exercices en une seule interface
sci-ai.app importe vos relevés bancaires, catégorise vos écritures et reconstruit chaque exercice manquant — 2072 ou liasse 2033 — prêt à télétransmettre. Avec un expert-comptable dédié si vous le souhaitez.
5. La régularisation spontanée (et pourquoi l'article L62 ne s'applique pas)
La spontanéité est votre meilleur levier, et de loin. Le droit fiscal récompense celui qui vient de lui-même avant que l'administration ne frappe à la porte. Attention toutefois à ne pas se tromper sur le montant du gain : il porte pour l'essentiel sur la majoration, pas sur l'intérêt de retard. C'est une nuance que beaucoup d'articles escamotent, et qui change le chiffrage.
Régulariser avant toute mise en demeure : majoration limitée à 10 %
Si vous déposez les déclarations manquantes avant toute mise en demeure, tout contrôle et toute relance, la majoration reste plafonnée à 10 % (art. 1728-1-a CGI) au lieu de 40 % après une mise en demeure restée sans réponse (art. 1728-1-b CGI). Vous écartez également la taxation d'office et vous démontrez votre bonne foi, ce qui pèse ensuite pour la remise gracieuse.
Attention à une idée reçue : la fameuse réduction de 50 % de l'intérêt de retard (0,10 %/mois au lieu de 0,20 %/mois, art. 1727 V CGI, « droit à l'erreur ») ne concerne que les déclarations rectificatives déposées par un contribuable qui avait initialement déclaré et payé dans les délais (BOI-DAE-20-10). Elle ne s'applique pas à une première déclaration jamais déposée : pour une SCI jamais déclarée, l'intérêt de retard court au taux plein (0,20 %/mois). Le vrai levier, ici, c'est la majoration à 10 % au lieu de 40 %.
L'article L62 en cours de contrôle : pourquoi il ne s'applique pas ici
On lit parfois que l'article L62 du LPF permettrait, une fois le contrôle lancé, de régulariser en 30 jours avec un intérêt de retard réduit de 30 % (70 % du taux, soit 0,14 %/mois). C'est exact, mais ce dispositif ne vise que les « erreurs, inexactitudes, omissions ou insuffisances dans les déclarations souscrites dans les délais » : il sert à corriger une déclaration déjà déposée, pas à créer une déclaration qui n'a jamais existé. Une SCI qui n'a jamais déposé ses 2072 ou 2065 ne peut donc pas s'en prévaloir. Si un contrôle survient sans qu'aucune déclaration n'ait été déposée, la sanction est la taxation d'office et la majoration de 40 %, pas la douceur de l'article L62. C'est précisément pourquoi il faut agir avant le contrôle : la régularisation spontanée est le seul levier réellement à votre portée.
| Cas de figure | Intérêt de retard | Base légale |
|---|---|---|
| Déclaration rectificative spontanée (déclaration initiale déposée dans les délais) | 0,10 %/mois (− 50 %) | Art. 1727 V CGI |
| Régularisation en cours de contrôle (30 jours, déclaration souscrite dans les délais) | 0,14 %/mois (− 30 %) | Art. L62 LPF |
| 1re déclaration jamais déposée (cas de la SCI jamais déclarée) | 0,20 %/mois (taux plein) | Art. 1727 CGI |
Comment matérialiser la démarche
- Déposez les déclarations manquantes (2072, ou 2065 + liasse 2033) pour chaque exercice non prescrit, via l'espace professionnel impots.gouv.fr ou par EDI.
- Accompagnez-les d'un courrier de régularisation spontanée adressé au service des impôts des entreprises (SIE), expliquant l'omission, sa cause et le caractère volontaire de la démarche.
- Conservez la preuve de la date de dépôt : elle établit l'antériorité de votre démarche par rapport à toute action de l'administration.
Bon réflexe : déposer d'abord, discuter ensuite. C'est le dépôt spontané, daté avant toute relance, qui verrouille le taux de majoration de 10 % (au lieu de 40 %) et écarte la taxation d'office. La négociation de la remise gracieuse — qui peut, elle, porter sur l'intérêt de retard — vient dans un second temps.
6. La remise gracieuse des pénalités (art. L247 LPF)
Les déclarations déposées, les avis reçus, vient le second temps : la demande gracieuse. L'article L247 du LPF permet à l'administration d'accorder, sur demande, une remise ou une modération des pénalités, majorations et intérêts de retard. Dans les cas de gêne ou d'indigence avérée, elle peut même toucher au principal des impôts directs — c'est rare, mais le texte l'autorise.
Ce que la remise gracieuse peut couvrir
- La majoration de 10 % (ou plus) appliquée pour dépôt tardif.
- Les intérêts de retard, en tout ou partie.
- Les amendes pour défaut de production de déclaration.
Les arguments qui pèsent
- La bonne foi : un oubli, une méconnaissance des obligations, l'absence d'intention de se soustraire à l'impôt.
- La spontanéité : vous avez régularisé de vous-même, avant tout contrôle.
- L'absence d'antécédent : aucune infraction fiscale antérieure.
- Le paiement rapide des droits : régler le principal sans délai est un signal fort de bonne volonté.
Aucune promesse. La remise gracieuse est une faculté de l'administration, jamais un droit : aucun texte ne l'oblige à l'accorder, et l'issue dépend de l'appréciation du service. Méfiez-vous de tout intervenant qui vous « garantit » une remise. Notre rôle est de constituer un dossier solide et de placer votre demande dans les meilleures conditions — pas de vendre un résultat.
La demande se fait par courrier libre au service des impôts, sans forme particulière ni délai spécifique, en exposant votre situation et en joignant les justificatifs. Une transaction (art. L247 LPF également) peut par ailleurs être négociée pour figer le montant des pénalités.
7. Combien coûte le rattrapage
Le coût total additionne deux choses : le coût fiscal (impôt + intérêts + majoration) et le coût de reconstitution comptable. Deux exemples chiffrés, volontairement simples, valent mieux qu'un long développement.
Exemple 1 — SCI à l'IS, bénéficiaire, 3 exercices oubliés
Une SCI à l'IS dégage un résultat imposable de 10 000 €/an. L'IS au taux réduit de 15 % (résultat sous 42 500 €, art. 219-b CGI) représente 1 500 €/an, soit 4 500 € d'impôt pour trois exercices. En régularisation spontanée :
| Poste | Montant indicatif |
|---|---|
| IS en principal (3 × 1 500 €) | 4 500 € |
| Intérêt de retard, taux plein (0,20 %/mois, art. 1727 CGI) | ≈ 120 € |
| Majoration 10 % (art. 1728-1-a) | 450 € |
| Coût fiscal total | ≈ 5 070 € |
À comparer avec le scénario du redressement subi après mise en demeure : la majoration passe à 40 %, soit 1 800 € au lieu de 450 € — un surcoût de 1 350 € pour le même impôt. L'intérêt de retard, lui, court au taux plein dans les deux cas : c'est donc sur la majoration que la spontanéité fait la différence.
Exemple 2 — SCI à l'IR familiale, résultat modeste
Une SCI à l'IR loue un appartement et dégage un revenu foncier net de 3 000 €/an, réparti entre deux associés. L'impôt est dû par les associés : sur leur quote-part, ils supportent l'IR (selon leur tranche) et les prélèvements sociaux à 17,2 %. Pour un associé à la tranche de 30 %, la charge annuelle avoisine 30 % + 17,2 % ≈ 47,2 % de sa quote-part, soit environ 708 €/an pour 1 500 € de quote-part. La régularisation porte sur les 2072 de la SCI et les déclarations personnelles, avec la même mécanique d'intérêt réduit et de majoration de 10 %.
Le coût de reconstitution comptable
| Solution | Coût par exercice | Inclus |
|---|---|---|
| sci-ai.app Autonomie | à partir de 229 €/an | Reconstitution, 2072/2033, FEC, télétransmission |
| sci-ai.app Expert-comptable | à partir de 349 €/an | Idem + EC dédié, révision, courrier de régularisation |
| Cabinet comptable traditionnel | 800 – 2 000 €/an | Variable, souvent majoré pour un dossier de rattrapage |
Bon à savoir : les frais de comptabilité et de rattrapage sont déductibles — du résultat pour une SCI à l'IS, comme charges de gestion pour une SCI à l'IR.
Un accompagnement dédié pour votre rattrapage
Selon la complexité, choisissez l'autonomie guidée ou l'expert-comptable dédié qui reconstruit vos exercices et rédige votre courrier de régularisation spontanée.
8. La marche à suivre, exercice par exercice
Voici le plan d'action méthodique, du diagnostic au dépôt. Traitez chaque exercice non prescrit comme un dossier autonome.
Étape 1 — Établir le périmètre
- Vérifiez le régime fiscal réel de la SCI (IR ou IS) et la date de clôture des exercices.
- Déterminez les exercices non prescrits : en 2026, les revenus 2023, 2024 et 2025 en droit commun.
- Repérez d'éventuelles cessions de parts non enregistrées (délai de 6 ans).
Étape 2 — Rassembler les pièces
- Relevés bancaires complets du compte de la SCI pour chaque exercice.
- Baux, tableaux d'amortissement des emprunts, avis de taxe foncière, factures de travaux, acte d'acquisition.
Étape 3 — Reconstituer chaque exercice
- SCI à l'IR : comptabilité de trésorerie, résultat foncier, déclaration 2072.
- SCI à l'IS : comptabilité d'engagement, bilan, amortissements, liasse 2065 + 2033. Notre guide de clôture comptable détaille les écritures de fin d'exercice.
Étape 4 — Déposer spontanément
- Télédéclarez chaque exercice via l'espace professionnel ou par EDI.
- Joignez un courrier de régularisation spontanée au SIE.
- Corrigez, le cas échéant, les déclarations personnelles des associés (SCI à l'IR).
Étape 5 — Payer et demander la remise gracieuse
- Réglez rapidement les droits en principal (signal de bonne foi).
- Une fois les avis reçus, adressez une demande de remise gracieuse (art. L247 LPF) des pénalités et intérêts.
Étape 6 — Remettre la SCI « à jour » pour l'avenir
- Formalisez les assemblées générales d'approbation des comptes manquantes et reconstituez le registre des PV.
- Mettez en place un outil pour ne plus jamais manquer une échéance : consultez notre calendrier fiscal SCI.
Si vous êtes également en retard sur une seule échéance ponctuelle plutôt que sur plusieurs années entières, notre guide que faire en cas de retard de déclaration SCI et celui sur les pénalités de retard traitent ce cas plus léger.
9. Les erreurs à éviter
Erreur 1 : attendre le contrôle
C'est l'erreur la plus coûteuse. Attendre, c'est risquer la mise en demeure, la taxation d'office (majoration 40 %) et la perte du bénéfice de l'intérêt réduit. Chaque mois qui passe augmente aussi mécaniquement l'intérêt de retard. La spontanéité est votre meilleur atout.
Erreur 2 : déclarer des années prescrites
Inutile de déposer des déclarations pour des exercices hors délai de reprise : l'administration ne peut plus les redresser, et cela n'apporte rien. Concentrez l'effort sur les années non prescrites.
Erreur 3 : confondre oubli de bonne foi et activité occulte
Une SCI immatriculée qui a oublié de déclarer n'est pas en activité occulte : elle relève du délai de 3 ans, pas de 10 ans. Ne vous laissez pas convaincre que vous devez dix ans d'arriérés si votre SCI a toujours eu un SIREN. À l'inverse, une structure jamais immatriculée qui exerce en douce relève bien de l'occulte (10 ans, majoration 80 %) : la distinction est capitale.
Erreur 4 : négliger la vie sociale de la SCI
Une SCI sans AG, sans PV, sans comptabilité et sans déclaration prête le flanc à la requalification en SCI fictive. Reconstituez aussi les assemblées d'approbation des comptes, pas seulement le volet fiscal.
Erreur 5 : croire aux promesses de remise
Aucun professionnel ne peut garantir une remise gracieuse : c'est une faculté discrétionnaire de l'administration. Fuyez les promesses d'issue. Ce que l'on peut réellement faire, c'est bâtir un dossier de bonne foi, spontané et documenté.
10. FAQ — Régulariser une SCI jamais déclarée
Ma SCI n'a jamais été déclarée depuis 5 ans, dois-je payer 5 ans d'arriérés ?
Non, en principe. Si votre SCI est immatriculée, l'administration ne peut redresser que les exercices non prescrits, soit les trois dernières années en droit commun (art. L169 LPF). En 2026, cela vise 2023, 2024 et 2025 : les années 2022 et antérieures sont généralement prescrites. La régularisation se concentre sur ces trois exercices.
Une SCI immatriculée mais jamais déclarée risque-t-elle le délai de 10 ans ?
Non. Le délai de 10 ans vise l'activité occulte, qui suppose l'absence d'immatriculation ET de déclaration (art. L169 al. 2 LPF). Une SCI dotée d'un SIREN et connue de l'administration relève du délai de 3 ans, même si elle a omis toutes ses déclarations de résultat.
Quelle est la différence entre l'intérêt de retard et la majoration ?
L'intérêt de retard (0,20 %/mois, art. 1727 CGI) n'est pas une sanction : il répare le préjudice de trésorerie du Trésor. La majoration (art. 1728) est la véritable pénalité : 10 % en cas de dépôt spontané, 40 % après mise en demeure, 80 % en cas d'activité occulte. Pour une SCI jamais déclarée, la spontanéité joue sur la majoration (10 % au lieu de 40 %), pas sur l'intérêt de retard, qui reste dû au taux plein.
La régularisation spontanée réduit-elle vraiment le coût ?
Oui, surtout par la majoration : le dépôt spontané avant mise en demeure la limite à 10 % au lieu de 40 % (art. 1728). Sur un rappel d'impôt de 4 500 €, l'écart de majoration représente 1 350 € (450 € contre 1 800 €). En revanche, la réduction de 50 % de l'intérêt de retard (art. 1727 V CGI) ne vise que les déclarations rectificatives, pas une première déclaration jamais déposée : l'intérêt court au taux plein (0,20 %/mois).
Peut-on obtenir une remise totale des pénalités ?
C'est possible mais jamais garanti. L'article L247 du LPF autorise l'administration à accorder une remise ou une modération des pénalités et intérêts, sur demande motivée. La bonne foi, la spontanéité et le paiement rapide des droits sont favorables, mais la décision reste discrétionnaire. Nous ne promettons aucune issue.
Que faire si je n'ai plus tous mes justificatifs ?
On reconstitue à partir des relevés bancaires du compte de la SCI, qui tracent loyers et charges. On complète avec les baux, les tableaux d'amortissement des emprunts (réédités par la banque), les avis de taxe foncière et les factures récupérées auprès des fournisseurs. Une SCI à l'IR se reconstitue essentiellement à partir des flux bancaires.
Risque-je des poursuites pénales pour fraude fiscale ?
Un simple oubli de bonne foi reste dans le champ fiscal (droits, intérêts, majorations). Le délit de fraude fiscale (art. 1741 CGI) suppose une intention frauduleuse caractérisée. Régulariser spontanément démontre précisément l'absence de volonté de dissimulation, ce qui écarte, en pratique, le terrain pénal.
Ma SCI est déficitaire : dois-je quand même régulariser ?
Oui. Sans bénéfice, il n'y a pas d'impôt ni d'intérêt proportionnel, mais l'amende pour défaut de déclaration reste due (150 € par déclaration, art. 1729 B CGI). Surtout, seuls des déficits régulièrement déclarés sont reportables : régulariser permet de sécuriser vos déficits futurs et d'éviter la requalification en SCI fictive.
Régularisez votre SCI sereinement
sci-ai.app reconstruit chaque exercice manquant à partir de vos relevés bancaires, génère les 2072 ou liasses 2033 et le FEC, et vous accompagne dans la démarche de régularisation spontanée. IR ou IS, avec ou sans expert-comptable dédié.
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