SCI et IFI 2026 : Comment Déclarer ses Parts, Valoriser et Réduire Légalement son Imposition
Détenir de l'immobilier via une SCI ne fait pas disparaître l'IFI — loin de là. Les parts de SCI sont imposables à l'IFI dès lors que la société détient des actifs immobiliers non affectés à une activité opérationnelle. En 2026, le seuil reste fixé à 1 300 000 € de patrimoine net taxable, et les règles de valorisation, de ratio immobilier et de dettes déductibles se sont durcies avec la réforme 2024.
Ce guide couvre tout ce que doit savoir un associé de SCI face à l'IFI : comment calculer la valeur imposable de ses parts, quelle fraction est taxable (SCI IR vs IS), quelles dettes déduire, les exonérations réelles, les règles spécifiques au démembrement, et 5 cas pratiques chiffrés. Rédigé par Quentin Hagnère, fondateur de sci-ai.app.
Sommaire
- Pourquoi les parts de SCI sont imposables à l'IFI
- Seuil et barème IFI 2026
- Valoriser ses parts de SCI pour l'IFI
- Le ratio actif immobilier (SCI IS)
- Dettes déductibles et réforme 2024
- Les exonérations possibles
- Démembrement SCI et IFI
- 5 cas pratiques chiffrés
- Stratégies d'optimisation légales
- 8 mythes à déconstruire
- FAQ — 11 questions fréquentes
1. Pourquoi les parts de SCI sont imposables à l'IFI
L'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) a remplacé l'ISF en 2018 avec un champ d'application centré sur l'immobilier. L'article 965 CGI pose le principe : sont soumis à l'IFI les « droits réels immobiliers détenus directement ou indirectement ». Pour une SCI, cela signifie que les parts sont taxables à hauteur de la fraction représentant des actifs immobiliers non affectés à une activité professionnelle.
La détention via une société n'est donc pas un écran fiscal — l'administration « transperce » la structure pour taxer la quote-part immobilière. Ce principe s'applique quelle que soit la forme juridique (SCI, SAS, SARL…) et quel que soit le régime fiscal (IR ou IS).
| Type de détention | Imposable à l'IFI ? | Base de calcul |
|---|---|---|
| Immeuble en direct | Oui — 100 % | Valeur vénale au 1er janvier |
| Parts de SCI à l'IR | Oui | Quote-part de valeur des parts (pro rata détention) |
| Parts de SCI à l'IS | Oui (ratio immobilier) | Valeur parts × ratio actif immobilier (art. 965) |
| Parts d'une SCPI | Oui | Valeur de réalisation ou valeur de retrait |
| Actions d'une société cotée (immobilier < 50 %) | Non | Exclues si détention < 5 % et société opérationnelle |
| SCI affectée à une activité professionnelle | Exonération possible | Art. 975 V CGI — conditions strictes |
2. Seuil et barème IFI 2026
Le seuil d'entrée dans l'IFI est fixé à 1 300 000 € de patrimoine net taxable au 1er janvier de l'année d'imposition (art. 964 CGI). Ce seuil est inchangé depuis 2018. L'imposition ne s'applique qu'à la fraction dépassant 800 000 €.
| Fraction de patrimoine net taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 800 000 € | 0 % |
| De 800 000 € à 1 300 000 € | 0,50 % |
| De 1 300 000 € à 2 570 000 € | 0,70 % |
| De 2 570 000 € à 5 000 000 € | 1,00 % |
| De 5 000 000 € à 10 000 000 € | 1,25 % |
| Au-delà de 10 000 000 € | 1,50 % |
Base légale : art. 977 CGI. La décote de lissage s'applique pour les patrimoines proches du seuil : si le patrimoine est compris entre 1 300 000 € et 1 400 000 €, l'IFI est réduit de 75 % × (1 400 000 − valeur nette taxable) pour éviter l'effet de seuil brutal.
Patrimoine net taxable : 1 600 000 €
Tranche 0 → 800 000 € : 0 € (taux 0 %)
Tranche 800 000 € → 1 300 000 € : 500 000 × 0,50 % = 2 500 €
Tranche 1 300 000 € → 1 600 000 € : 300 000 × 0,70 % = 2 100 €
IFI total : 4 600 €
Le patrimoine IFI est apprécié au niveau du foyer fiscal : époux/partenaires PACS + enfants mineurs. Les concubins sont soumis à une imposition séparée (chacun déclare son patrimoine). Tous les actifs immobiliers détenus en direct ou via des sociétés, en France et à l'étranger, sont pris en compte.
3. Valoriser ses parts de SCI pour l'IFI
La règle : valeur vénale, pas VNC
La valeur retenue pour l'IFI est la valeur vénale des parts au 1er janvier de l'année, c'est-à-dire le prix qu'un acquéreur indépendant serait prêt à payer. Elle est calculée sur la base des actifs réévalués à la valeur de marché et non à leur valeur comptable (VNC). En SCI IS, l'amortissement a réduit la valeur comptable des biens au fil du temps — mais pour l'IFI, on repart de la valeur vénale du bien.
Formule de valorisation d'une part de SCI pour l'IFI :
Valeur d'une part = (Actif total brut réévalué − Dettes déductibles IFI) ÷ Nombre total de parts
Note : en SCI IS, cette valeur de part est ensuite multipliée par le ratio actif immobilier (voir section 4).
Les décotes admises
Comme pour la donation, des décotes peuvent réduire la valeur déclarée :
| Décote | Justification | Fourchette | Référence |
|---|---|---|---|
| Illiquidité | Parts non cotées, clause d'agrément | 10 % | Cass. civ. 3e, 15 fév. 2023 |
| Occupation | Bien occupé par l'associé (résidence principale) | 10 % | Cass. civ. 3e, 15 fév. 2023 |
| Cumul possible | Parts illiquides + bien occupé | ~20 % | Jurisprudence cumul |
Pas d'abattement 30 % pour la résidence principale en SCI
C'est l'un des pièges majeurs de la détention via SCI : l'abattement de 30 % sur la résidence principale prévu à l'article 973 II CGI ne s'applique pas lorsque le bien est détenu via une SCI ordinaire. Le Conseil constitutionnel a confirmé cette exclusion le 17 janvier 2020 (QPC n° 2019-820 QPC), jugeant cette différence de traitement conforme à la Constitution.
L'abattement 30 % est réservé à la SCI d'attribution (art. 1655 ter CGI), c'est-à-dire les sociétés dont l'objet exclusif est de diviser un immeuble entre associés qui en ont l'usage exclusif — une forme très spécifique, différente de la SCI patrimoniale classique.
Bien : résidence principale valeur vénale 800 000 €
En direct : 800 000 × (1 − 30 %) = 560 000 € dans la base IFI
Via SCI ordinaire : 800 000 × (1 − 10 % décote illiquidité) = 720 000 € dans la base IFI
Surcoût de détention via SCI (base IFI) : + 160 000 €
Soit un surplus d'IFI annuel d'environ 1 120 à 1 600 € selon la tranche.
4. Le ratio actif immobilier — règle spécifique SCI IS
Pour les sociétés soumises à l'IS (et plus généralement pour toutes les sociétés non transparentes), l'article 965 al. 2 CGI introduit un ratio : seule la fraction de la valeur des parts correspondant à des actifs immobiliers imposables est retenue dans la base IFI.
Formule du ratio actif immobilier :
Ratio = Actifs immobiliers imposables / Actif total brut réévalué
Valeur IFI des parts = Valeur vénale des parts × Ratio
L'actif total brut est réévalué à la valeur de marché (pas valeur comptable).
Ce qui entre dans les actifs immobiliers imposables
- Immeubles bâtis détenus par la société (valeur vénale)
- Terrains à bâtir et non bâtis
- Parts dans d'autres sociétés immobilières (cascade de ratios)
- Droits réels immobiliers (usufruit, nue-propriété)
Ce qui n'entre PAS dans les actifs immobiliers imposables
- Trésorerie et placements financiers
- Créances (loyers à recevoir, CCA envers les associés)
- Matériel et équipements
- Immeubles affectés à l'activité professionnelle de la société (si conditions art. 975)
Actif de la SCI IS :
Immeuble (valeur vénale) : 1 000 000 €
Trésorerie : 100 000 €
Actif total brut réévalué : 1 100 000 €
Ratio immobilier : 1 000 000 / 1 100 000 = 90,91 %
Vous détenez 40 % des parts → valeur de vos parts = 40 % × (1 100 000 − dettes)
Supposons dettes déductibles = 300 000 € → actif net = 800 000 €
Valeur de vos parts = 40 % × 800 000 = 320 000 €
Valeur IFI = 320 000 × 90,91 % = 290 909 €
Sans la trésorerie, le ratio serait 100 % et la valeur IFI = 320 000 €. La trésorerie « dilue » le ratio et réduit la base IFI.
Ce mécanisme est une opportunité d'optimisation légale : en maintenant une trésorerie ou des créances significatives dans la SCI IS, on dilue le ratio immobilier et on réduit la base IFI. Voir la section 9 pour les stratégies.
5. Dettes déductibles et réforme 2024
Le principe : dettes afférentes aux actifs imposables
Seules les dettes afférentes aux actifs immobiliers imposables sont déductibles (art. 974 CGI). La réforme 2024 (BOI-PAT-IFI-20-30-30 mis à jour le 5 juin 2024) a durci ce principe : les dettes finançant des actifs non immobiliers (trésorerie, actions, créances) ne sont plus déductibles, même si elles sont inscrites au passif de la SCI.
| Type de dette | Déductible IFI ? | Condition |
|---|---|---|
| Emprunt bancaire acquisition immeuble | Oui | Solde restant dû au 1er janvier |
| Emprunt travaux sur immeuble imposable | Oui | Travaux sur bien imposable |
| CCA finançant l'acquisition ou les travaux | Oui | Traçabilité du financement requise |
| Dettes de charges liées à l'immeuble (taxes, charges) | Oui | Si non encore payées au 1er janvier |
| Emprunt finançant la trésorerie ou des placements | Non (réforme 2024) | Pas afférent à un actif imposable |
| CCA sans objet identifiable (avances courantes) | Partiel ou non | Durée présumée 20 ans si sans terme |
Cas particulier : l'emprunt in fine
Pour un emprunt in fine (remboursement du capital en une seule fois à l'échéance), la déductibilité n'est pas le montant nominal du capital restant dû, mais un montant dégressif défini à l'article 974 II CGI :
Formule emprunt in fine :
Déductible = Capital × (1 − années écoulées / durée totale)
Capital : 500 000 €
Durée : 15 ans
Années écoulées au 1er janvier 2026 : 5 ans
Déductible = 500 000 × (1 − 5/15) = 500 000 × 0,667 = 333 333 €
Alors que le capital nominal restant dû est toujours 500 000 € (emprunt in fine). L'écart de 166 667 € n'est pas déductible.
CCA sans terme de remboursement
Un compte courant d'associé (CCA) sans échéance fixée est traité comme un emprunt de 20 ans pour le calcul de la déductibilité IFI. La formule dégressive s'applique de la même façon que pour un emprunt in fine, en présumant une durée de 20 ans à compter de la date de souscription.
Le plafonnement anti-abus (patrimoine > 5 M€)
Pour les patrimoines dépassant 5 000 000 €, l'article 974 III CGI prévoit un plafonnement anti-abus : lorsque les emprunts déduits représentent plus de 60 % de la valeur des actifs immobiliers, la fraction excédentaire n'est déductible qu'à hauteur de 50 %. Ce dispositif vise les montages où des dettes intra-groupe ou artificielles gonflent le passif pour réduire la base IFI.
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6. Les exonérations possibles
Exonération biens professionnels (art. 975 V CGI)
Une SCI peut bénéficier de l'exonération « biens professionnels » lorsque ses actifs immobiliers sont affectés à une activité opérationnelle exercée par son associé ou par une société liée. Les conditions sont cumulatives et très strictes :
- L'associé doit exercer son activité principale dans la société qui utilise les biens (ou en être un dirigeant rémunéré)
- Ou détenir au moins 25 % des droits de vote dans la société d'exploitation utilisant les biens
- Les biens doivent être nécessaires à l'activité (entrepôt, bureau, atelier…)
- La société d'exploitation doit exercer une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale — la gestion de patrimoine immobilier est exclue
Autres cas d'exonération ou d'exclusion
| Situation | Régime IFI | Base légale |
|---|---|---|
| Parts de GFA (Groupement Foncier Agricole) | Exonération 75 % (sous conditions) | Art. 976 CGI |
| Actions de sociétés cotées (immobilier < 50 % actif) | Exclusion | Art. 965 II CGI |
| Parts de SCPI | Imposables (100 %) | Art. 965 CGI |
| Bois et forêts en direct | Exonération 75 % | Art. 976 CGI |
| Logements donnés en location dans le cadre d'une activité de location meublée professionnelle (LMP) | Exonération si LMP | Art. 975 V bis CGI |
7. Démembrement SCI et IFI : règles spécifiques
Le démembrement de parts de SCI (usufruit / nue-propriété) suit des règles IFI particulières qui diffèrent de la logique civile habituelle. Ces règles peuvent surprendre et créer des situations fiscalement défavorables si elles ne sont pas anticipées.
Règle principale : l'usufruitier déclare la pleine propriété
Contrairement au droit civil où l'usufruit et la nue-propriété constituent deux droits distincts valorisés selon le barème 669 CGI, l'article 968 CGI impose à l'usufruitier de déclarer la valeur en pleine propriété à l'IFI. Le nu-propriétaire ne déclare rien.
Monsieur X donne la nue-propriété de ses parts SCI à ses enfants, valeur pleine propriété : 600 000 €
En droit civil, les parts de M. X (usufruit) valent 50 % = 300 000 € (barème 669, 51-60 ans)
Mais à l'IFI : M. X déclare 600 000 € (pleine propriété) — pas 300 000 €
La donation en nue-propriété ne réduit pas l'IFI du donateur tant qu'il conserve l'usufruit.
Exceptions à la règle
L'article 968 CGI prévoit quelques exceptions où le nu-propriétaire et l'usufruitier répartissent la valeur selon la valeur réelle de chaque droit :
- Usufruit légal du conjoint survivant (art. 757 du Code civil)
- Démembrement résultant d'une vente avec réserve d'usufruit (vendeur usufruitier, acheteur nu-propriétaire)
Dans ces deux cas exceptionnels, la valeur de l'usufruit (barème 669) et de la nue-propriété sont déclarées séparément par chaque titulaire.
SCI dans une SCI : cascade de ratios
Lorsqu'une SCI détient des parts dans une autre SCI (SCI holding → SCI opérationnelle), le calcul du ratio immobilier se fait en cascade : on détermine d'abord le ratio immobilier de la SCI opérationnelle, puis on l'applique à la valeur des parts de la SCI holding. Les coefficients se multiplient. Ce mécanisme peut complexifier significativement la déclaration IFI.
8. 5 cas pratiques chiffrés
Cas 1 : SCI IR — associé à 50 %, appartement 600 000 €, emprunt 200 000 €
SCI IR (transparente fiscalement) — 2 associés à 50 % chacun
Actif : appartement valeur vénale 600 000 €
Passif : emprunt restant dû 200 000 €
Actif net SCI : 600 000 − 200 000 = 400 000 €
Quote-part de M. A (50 %) : 200 000 €
Décote illiquidité 10 % : 200 000 × 0,90 = 180 000 €
Base IFI de M. A : 180 000 € (ou 200 000 € sans décote)
À ajouter au reste du patrimoine IFI pour déterminer si le seuil 1 300 000 € est atteint.
Cas 2 : SCI IS — ratio immobilier 90 %, détention 40 %
SCI IS — M. B détient 40 % des parts
Actif immobilier (valeur vénale) : 1 000 000 €
Trésorerie : 100 000 €
Actif total brut réévalué : 1 100 000 €
Dettes déductibles (emprunt) : 300 000 €
Ratio immobilier : 1 000 000 / 1 100 000 = 90,91 %
Actif net SCI : 1 100 000 − 300 000 = 800 000 €
Valeur parts M. B : 40 % × 800 000 = 320 000 €
Base IFI M. B : 320 000 × 90,91 % = 290 909 €
Sans la trésorerie (ratio 100 %) : base IFI = 320 000 €. La trésorerie économise 29 091 € de base, soit ~290 € d'IFI en tranche 1 %.
Cas 3 : résidence principale — SCI vs détention directe
Bien : résidence principale valeur vénale 800 000 €, sans emprunt
En détention directe :
Abattement 30 % résidence principale (art. 973 II) → base = 800 000 × 70 % = 560 000 €
Via SCI ordinaire (50 % des parts) :
Valeur parts = 50 % × 800 000 = 400 000 €
Décote illiquidité 10 % → 360 000 €
Pas d'abattement 30 % (QPC 17/01/2020) → base = 360 000 €
La SCI est défavorable pour la résidence principale à l'IFI. L'économie de la détention directe est de 200 000 € de base (soit ~2 000 € d'IFI/an en tranche 1 %).
Cas 4 : emprunt in fine et déductibilité dégressive
Emprunt in fine : capital 400 000 €, durée 20 ans, années écoulées : 8 ans
Capital nominal restant dû : toujours 400 000 €
Déductible IFI = 400 000 × (1 − 8/20) = 400 000 × 0,60 = 240 000 €
Non déductible : 160 000 €
Après 10 ans : déductible = 400 000 × 0,50 = 200 000 €. Après 15 ans : 100 000 €. Après 20 ans : 0 €.
Cas 5 : optimisation du ratio par trésorerie (SCI IS)
SCI IS, détention 100 %, actif immobilier : 2 000 000 €, trésorerie initiale : 50 000 €
Ratio initial : 2 000 000 / 2 050 000 = 97,56 %
Après optimisation : la SCI conserve 350 000 € de trésorerie (non distribuée)
Ratio optimisé : 2 000 000 / 2 350 000 = 85,11 %
Dettes = 800 000 € → actif net = 1 550 000 €
Base IFI avant : 1 550 000 × 97,56 % = 1 512 180 €
Base IFI après : 1 550 000 × 85,11 % = 1 319 205 €
Économie de base IFI : 192 975 € → ~1 930 € d'IFI économisé en tranche 1 %
Attention : la trésorerie doit être justifiée économiquement (travaux prévus, besoin de trésorerie opérationnel). Un excès artificiel de trésorerie sans justification peut être requalifié.
9. Stratégies d'optimisation légales
L'IFI n'est pas une fatalité. Plusieurs leviers légaux permettent de réduire la base taxable des parts de SCI :
1. Maximiser les dettes déductibles
Tout emprunt finançant un actif immobilier imposable est déductible. Emprunter pour acquérir ou rénover un bien détenu par la SCI réduit l'actif net et donc la base IFI. Attention aux emprunts in fine (dégressifs) et à la réforme 2024 sur les dettes non afférentes.
2. Diluer le ratio immobilier (SCI IS)
En maintenant des actifs non immobiliers significatifs (trésorerie de travaux, créances clients, placements financiers), on dilue le ratio actif immobilier et on réduit la fraction taxable. Cette stratégie est efficace dans une SCI IS mais doit être économiquement justifiée.
3. Décotes de valorisation documentées
Appliquer une décote d'illiquidité de 10 % et une décote d'occupation de 10 % (si le bien est occupé) — cumulables. Documentez précisément : clauses d'agrément dans les statuts, attestation d'occupation, rapport d'évaluation si nécessaire.
4. Donation en pleine propriété
Contrairement à la donation en nue-propriété (qui ne réduit pas l'IFI du donateur tant qu'il conserve l'usufruit), une donation en pleine propriété fait définitivement sortir les parts de la base IFI du donateur. À arbitrer en fonction des droits de donation vs économie IFI future.
5. Restructuration en SCI d'attribution
La SCI d'attribution (art. 1655 ter CGI) permet de récupérer l'abattement 30 % sur la résidence principale à l'IFI. Cette transformation nécessite une restructuration juridique significative et doit être étudiée au cas par cas avec un notaire.
6. Investissement dans des actifs exonérés
Les bois et forêts, les parts de GFA (Groupement Foncier Agricole), les actions de sociétés opérationnelles et les actifs affectés à une activité professionnelle sont exonérés ou partiellement exonérés d'IFI. Diversifier son patrimoine vers ces actifs peut réduire la base globale.
10. Les 8 mythes sur la SCI et l'IFI
- « La SCI permet d'échapper à l'IFI. » — FAUX. L'article 965 CGI cible explicitement les droits détenus indirectement via des sociétés. La SCI n'est pas un écran fiscal vis-à-vis de l'IFI.
- « J'ai l'abattement de 30 % sur ma résidence principale en SCI. » — FAUX pour les SCI ordinaires. Le Conseil constitutionnel a tranché le 17 janvier 2020 (QPC n° 2019-820) : l'abattement 30 % ne s'applique qu'en détention directe ou via une SCI d'attribution.
- « Toutes les dettes de ma SCI réduisent ma base IFI. » — FAUX depuis la réforme 2024. Seules les dettes afférentes aux actifs immobiliers imposables sont déductibles. Les dettes finançant de la trésorerie, des actions ou des créances ne le sont plus.
- « Ma SCI est à l'IS, donc les parts sont des valeurs mobilières hors IFI. » — FAUX. La nature fiscale de la société (IS ou IR) est indifférente pour l'IFI. Seule la nature des actifs détenus compte (art. 965 al. 2 CGI).
- « Si je donne la nue-propriété de mes parts, je réduis mon IFI. » — FAUX. L'usufruitier déclare la pleine propriété à l'IFI (art. 968 CGI). La donation en nue-propriété ne réduit pas l'IFI du donateur tant qu'il conserve l'usufruit.
- « Mon emprunt in fine de 500 000 € est déductible à 100 %. » — FAUX. La déductibilité est dégressive (art. 974 II CGI) : Capital × (1 − années écoulées / durée totale). Après 5 ans sur 15, seuls 333 333 € sont déductibles.
- « Je peux appliquer n'importe quelle décote sur mes parts. » — FAUX. Les décotes doivent être documentées et proportionnées. L'administration peut contester des décotes injustifiées. Une décote de 10 % est généralement acceptée ; au-delà, un dossier est requis.
- « Ma SCI loue à ma SASU, donc elle est exonérée d'IFI. » — PAS AUTOMATIQUEMENT. L'exonération biens professionnels (art. 975 V CGI) exige que l'associé exerce son activité principale dans la structure utilisatrice ou en détienne 25 % des droits de vote ET que les conditions d'activité principale soient réunies. La simple location à une société liée ne suffit généralement pas.
11. FAQ — 11 questions fréquentes
Questions fréquentes
Oui, dès lors que la SCI détient directement ou indirectement des actifs immobiliers non affectés à une activité opérationnelle. L'imposition est proportionnelle au ratio immobilier (art. 965 CGI) : seule la fraction de la valeur des parts correspondant aux actifs immobiliers imposables est retenue dans l'assiette IFI.
1 300 000 € de patrimoine net taxable au 1er janvier 2026 (art. 964 CGI). Ce seuil est inchangé depuis la création de l'IFI en 2018. L'IFI s'applique sur la fraction dépassant 800 000 € (première tranche à 0,5 % de 800 000 € à 1 300 000 €).
À la valeur vénale des parts au 1er janvier — et non à la valeur comptable (VNC). La formule : actif total brut réévalué à la valeur de marché, diminué des dettes déductibles (art. 973 et 974 CGI). Des décotes d'illiquidité (10 %) et d'occupation sont admises (Cass. civ. 3e, 15 fév. 2023).
Oui. La SCI à l'IS n'échappe pas à l'IFI. L'article 965 CGI soumet à l'IFI les parts de toute société détenant des actifs immobiliers non affectés à une activité opérationnelle, quelle que soit sa forme juridique (IR ou IS). Le ratio actif immobilier détermine la fraction taxable.
Non, sauf SCI d'attribution (art. 1655 ter CGI). Pour une SCI ordinaire, le Conseil constitutionnel a confirmé le 17 janvier 2020 (QPC n° 2019-820) que l'abattement de 30 % (art. 973 II CGI) ne s'applique pas aux parts de SCI. C'est l'une des principales pénalités fiscales de la détention via SCI.
Uniquement les dettes afférentes aux actifs immobiliers imposables (art. 974 CGI, réforme 2024). Les emprunts bancaires liés aux biens, les CCA servant à financer des actifs imposables, les dettes de charges et taxes y afférentes. Les dettes finançant des actifs non immobiliers ne sont plus déductibles depuis 2024.
La déductibilité est dégressive : Capital × (1 − années écoulées / durée totale), conformément à l'article 974 II CGI. Exemple : 500 000 € sur 15 ans, 5 ans écoulés → déductible = 500 000 × (1 − 5/15) = 333 333 €.
L'usufruitier déclare la valeur en pleine propriété à l'IFI (art. 968 CGI). Le nu-propriétaire ne déclare rien. Une donation en nue-propriété ne réduit donc pas l'IFI du donateur tant qu'il conserve l'usufruit.
Exonération possible sous conditions très strictes (art. 975 V CGI) : l'associé doit exercer son activité principale dans la société qui utilise les biens, ou détenir au moins 25 % des droits de vote dans cette société. La simple location à une SAS dont on est actionnaire ne suffit généralement pas.
Au-delà de 5 M€ de patrimoine, l'article 974 III CGI plafonne la déduction des emprunts : la fraction excédant 60 % de la valeur des actifs n'est déductible qu'à 50 %. Ce dispositif anti-abus vise les montages où des dettes intra-groupe gonflent artificiellement le passif pour réduire la base IFI.
Les principales pistes : (1) maximiser les dettes déductibles finançant des actifs imposables, (2) diluer le ratio immobilier via la trésorerie en SCI IS, (3) décotes de valorisation documentées, (4) donation en pleine propriété, (5) restructuration en SCI d'attribution si résidence principale, (6) investissement dans des actifs exonérés (bois, GFA).
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