SCI et TVA 2026 : option, parking, bail commercial (guide complet)
Vous achetez un local commercial à 500 000 € HT via une SCI. Sur le devis du notaire, une ligne apparaît : « TVA 100 000 € ». Question piège : cette TVA va dans la poche de l'État définitivement, ou vous pouvez la récupérer ? Réponse en une phrase : si vous optez pour la TVA sur les loyers que votre SCI percevra (article 260 2° du CGI), vous récupérez 100 000 € dans les 12 mois. Si vous ne savez pas que cette option existe, vous laissez 100 000 € sur la table — la même somme que ce que coûte un appartement entier dans certaines villes.
Ce qui change pour vous en 2026. Trois évolutions à retenir. La hausse continue de l'option TVA : avec un marché du locatif commercial qui se tend, les bailleurs SCI optent de plus en plus souvent pour récupérer la TVA sur leurs investissements. Les seuils de franchise en base de TVA sont maintenus en 2026 : 85 000 € HT pour les ventes, 37 500 € HT pour les prestations (article 293 B CGI, après le yoyo législatif 2024-2025). Le taux 5,5 % énergétique est étendu via l'arrêté du 4 décembre 2024 (JORF 24/12/2024) avec une nouvelle liste d'équipements éligibles en vigueur depuis le 1er janvier 2025. Enfin, l'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025 a recodifié les dispositions TVA au sein du Code des impositions sur les biens et services (CIBS) sans modifier les taux, mais la doctrine BOFiP a été partiellement réécrite — vérifiez les références BOI-TVA dans les actes notariés récents.
Ce que ce guide vous apporte. Le principe complet de la TVA en SCI (article 261 D du CGI pour l'exonération par défaut, article 260 2° pour l'option), la liste exhaustive des situations où la TVA s'impose de plein droit (para-hôtellerie 3 services, locaux industriels équipés, parking au-delà des seuils), la procédure exacte d'option (lettre au SIE, accord du locataire, durée 10 ans renouvelables), la mécanique de récupération de la TVA sur l'achat et les travaux (article 271 CGI), le régime des baux commerciaux et des parkings, les 3 taux applicables (20 % normal, 10 % entretien habitation, 5,5 % énergétique), le piège du « vingtième » à la revente (article 207 II annexe II CGI), l'articulation TVA + IS pour les SCI patrimoniales, et trois cas chiffrés à l'euro près. Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, vérifié contre le BOFiP au 21/06/2026 et la loi de finances 2026.
À retenir en 30 secondes
- Par défaut, location nue = exonérée de TVA (article 261 D du CGI). La SCI ne facture pas de TVA et ne récupère rien sur ses achats. La TVA est un coût définitif.
- L'option TVA (article 260 2° CGI) permet à une SCI louant un local nu professionnel de récupérer la TVA sur l'achat et les travaux. Engagement permanent, dénonciation possible à partir de la 9e année. Accord écrit du locataire requis uniquement s'il n'est pas assujetti à la TVA.
- Para-hôtellerie = TVA de plein droit dès que 3 des 4 services sont fournis (petit-déjeuner, nettoyage régulier, fourniture du linge, accueil — article 261 D 4° b CGI).
- Parking : exonéré s'il est l'accessoire d'un logement loué au même locataire ; soumis à TVA s'il est loué séparément à un tiers au-delà du seuil de franchise (37 500 € HT/an pour les prestations).
- Piège du vingtième : revente d'un bien avec TVA récupérée dans les 20 ans = régularisation au prorata (article 207 II annexe II CGI). Vente après 8 ans = restitution de 12/20 de la TVA.
Références légales mobilisées dans ce guide
Avertissement. Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil personnalisé. Les règles évoquées sont à jour de la loi de finances 2026 et du BOFiP au 21/06/2026. L'option TVA en SCI engage la société pour 10 ans minimum et déclenche des obligations déclaratives (CA3 mensuelle ou trimestrielle) qui justifient l'accompagnement d'un expert-comptable spécialisé. Avant toute option, faites valider la rentabilité du montage par un professionnel.
Sommaire
- Pourquoi la SCI est-elle exonérée de TVA par défaut ?
- L'option TVA (article 260 2° CGI) : comment ça marche ?
- Quand la SCI est-elle assujettie de plein droit ?
- Le régime para-hôtelier : 3 services suffisent
- Comment la TVA s'applique-t-elle à la location de parking ?
- SCI et bail commercial : avec ou sans TVA ?
- Comment récupérer la TVA sur l'achat et les travaux ?
- Les 3 taux de TVA applicables (20 %, 10 %, 5,5 %)
- Le piège du « vingtième » à la revente
- TVA + SCI à l'IS : double impact fiscal
- Les 10 erreurs à éviter
- FAQ — SCI et TVA 2026
1. Pourquoi la SCI est-elle exonérée de TVA par défaut ?
Avant de comprendre les exceptions, il faut poser le principe : par défaut, une SCI qui loue un bien immobilier ne facture pas la TVA et ne récupère rien sur ses achats. La logique tient à la nature même de l'activité.
Le principe de l'exonération (article 261 D CGI)
L'article 261 D du CGI exonère de TVA trois grandes catégories d'opérations de location immobilière :
- Les locations de terrains non aménagés et de locaux nus (article 261 D 2° CGI) — sauf option ;
- Les locations à usage d'habitation meublées ou nues (article 261 D 1° bis et 4° a CGI) — sauf para-hôtellerie ;
- Les locations de logements à usage de résidence principale (article 261 D 1° bis dernier alinéa) — exonération absolue.
Le législateur considère que ces opérations relèvent de la « consommation finale » (l'habitation) ou d'un usage qui ne génère pas de valeur ajoutée taxable au sens de la TVA. Une SCI qui loue un appartement en nu à un particulier ne s'inscrit pas dans la chaîne TVA — elle n'est ni redevable ni déductrice.
Les conséquences pratiques de l'exonération
L'exonération simplifie la vie : pas de CA3, pas de TVA à collecter, pas de comptabilité TVA. Le revers est lourd. Toute la TVA payée sur l'achat, les travaux, les honoraires de gestion ou l'assurance devient un coût définitif pour la SCI. Cette TVA non récupérable s'ajoute au prix de revient du bien et alourdit l'investissement initial.
Exemple : une SCI à l'IR achète un appartement locatif à 280 000 € TTC (qui inclut 24 % de frais de notaire ancien dont la TVA marginale). Sur 40 000 € de travaux ultérieurs TTC, environ 6 667 € de TVA à 20 % (ou 3 636 € à 10 %, ou 2 086 € à 5,5 % énergétique) restent un coût définitif. La SCI ne peut rien récupérer.
Cas d'usage de l'exonération par défaut
L'exonération par défaut est en réalité optimale dans la majorité des SCI patrimoniales. Vous gardez l'exonération si :
- Vous louez un appartement nu en habitation à un particulier (cas le plus fréquent) ;
- Vous louez une maison de famille en saisonnier sans aucun service para-hôtelier ;
- Vous prêtez votre résidence secondaire à un proche sans contrepartie ;
- Vous louez à un membre de votre famille au prix du marché.
Le principe posé, il faut maintenant comprendre l'exception majeure qui peut transformer le coût de votre projet : l'option pour la TVA.
2. L'option TVA (article 260 2° CGI) : comment ça marche ?
L'option TVA est le mécanisme le plus puissant que la loi offre aux SCI louant des locaux nus à usage professionnel. Bien comprise, elle peut transformer 100 000 € de TVA non récupérable en 100 000 € de cash récupérés dans les 12 mois.
Le principe légal
L'article 260 2° du CGI permet aux personnes qui donnent en location des locaux nus à usage professionnel d'opter pour leur assujettissement à la TVA. La condition essentielle : le locataire doit être lui-même assujetti à la TVA dans son activité, ou la SCI doit prouver que l'option est cohérente avec une activité économique réelle.
En pratique, la SCI dépose une option par écrit auprès du service des impôts. À compter de la prise d'effet, elle facture 20 % de TVA en plus du loyer HT au locataire (qui la récupère de son côté s'il est assujetti). En contrepartie, la SCI récupère toute la TVA qu'elle paie sur l'achat du local, les travaux, les charges de copropriété TVA, les honoraires d'architecte, etc.
Quand l'option a-t-elle un intérêt ?
Trois situations classiques justifient l'option :
- Acquisition d'un local professionnel auprès d'un promoteur ou d'un marchand de biens : le prix est facturé TTC avec TVA à 20 %. Sur un local 500 000 € HT, la TVA est de 100 000 €. L'option permet de récupérer ces 100 000 € dans les 12 mois ;
- Travaux de rénovation lourde sur un local pro : un chantier à 80 000 € HT génère 16 000 € de TVA récupérable via l'option ;
- Bail commercial avec locataire assujetti (commerce, profession libérale réglementée, entreprise BIC) : la TVA collectée sur les loyers est neutre puisque le locataire la récupère.
La procédure d'option pas à pas
- Vérifier l'éligibilité : local nu à usage professionnel ou commercial, locataire assujetti à la TVA ou activité éligible ;
- Obtenir l'accord écrit du locataire (article 260 2° in fine CGI) : un avenant au bail ou une lettre acceptée est suffisant ;
- Rédiger la lettre d'option au SIE de la SCI avec : dénomination, SIREN, adresse du local, identification du locataire, nature du bail, date de prise d'effet ;
- Déposer la lettre contre récépissé ou en lettre recommandée. L'option prend effet le 1er jour du mois de dépôt ;
- Mettre à jour la comptabilité : ouverture des comptes 44551 (TVA collectée), 44562 (TVA déductible immobilisations), 44566 (TVA déductible biens et services) ;
- Premier dépôt de déclaration CA3 sous 30 jours après la fin du premier mois d'option (régime réel mensuel par défaut, trimestriel sur option si CA < 4 M€).
Durée et révocation
L'option est permanente jusqu'à dénonciation. La dénonciation est possible à partir du 1er janvier de la 9e année civile suivant celle au cours de laquelle l'option a été exercée (BOFiP BOI-TVA-CHAMP-50-10 § 220), par lettre recommandée au SIE. Elle prend effet le 1er jour du mois suivant. Une dénonciation anticipée — ou la cessation d'utilisation du bien pour des opérations soumises à TVA — déclencherait la régularisation du « vingtième » (voir section 9) — extrêmement coûteux. Détail qui change tout : la dénonciation se calcule en années civiles pleines. Une option signée en mars 2026 n'est révocable qu'au 1er janvier 2035 — soit 8 ans et 9 mois minimum d'engagement effectif avant de pouvoir reprendre la main.
Jurisprudence — CE 21 décembre 2023, n° 474042 : le Conseil d'État rappelle que l'option TVA d'une SCI louant un local nu pro prend effet le 1er jour du mois de formulation (ou à la date du bail si postérieure) — aucune rétroactivité n'est possible. Conséquence directe : l'option doit être déposée AVANT l'acquisition pour récupérer la TVA du jour de l'acte. Une option déposée après l'acte signé fait perdre la TVA d'acquisition. À retenir : pour une SCI familiale louant à la SAS du dirigeant, déposez l'option dès la signature du compromis, et faites-la accompagner de l'engagement de bail (CE 19/07/2024 n° 488052 + jurisprudence constante CE 9 sept. 2020 n° 439143).
Cas pratique — Karim, dirigeant SAS lyonnaise
Le contexte : Karim (38 ans) crée une SCI à l'IS pour acquérir un local commercial neuf à Lyon (450 m² de bureaux, livré il y a 2 ans, prix 500 000 € HT + 100 000 € TVA = 600 000 € TTC). Le local sera loué à sa SAS lyonnaise (assujettie à la TVA) au loyer du marché : 36 000 € HT/an. Apport 100 000 €, emprunt 500 000 € sur 15 ans à 3,4 %. La vente d'un local neuf (achevé depuis moins de 5 ans) est soumise à TVA de plein droit (art. 257 I CGI), et bénéficie de frais d'enregistrement réduits (TPF 0,715 % + CSI 0,10 % au lieu des 5,80 % standards de l'ancien — économie de ≈ 25 000 € sur les droits seuls).
Calcul de la récupération TVA :
- Prix HT : 500 000 € ;
- TVA acquisition (20 %) : 100 000 € ;
- Frais de notaire (réduits sur neuf) ≈ 15 000 € TTC, dont TVA récupérable sur émoluments : ≈ 1 400 € ;
- Travaux d'aménagement année 1 : 30 000 € HT + 6 000 € TVA récupérable ;
- Charges et honoraires année 1 : 8 000 € HT + 1 600 € TVA récupérable ;
- Total TVA récupérable année 1 : ≈ 109 000 €.
Calendrier de récupération : dépôt de la déclaration CA3 mensuelle dès le mois suivant l'acquisition. Le premier remboursement de crédit TVA > 50 000 € déclenche systématiquement un contrôle sur pièces (article L. 16 LPF) — documents à préparer : acte de vente, bail commercial signé, justificatif d'option, accord locataire, factures travaux. Délai constaté en 2026 : 3 à 9 mois selon les SIE et la qualité du dossier. Karim touche ses 109 000 € entre 3 et 9 mois après le dépôt CA3.
Délai SIE rarement annoncé. Au-delà de 50 000 € de remboursement, comptez un contrôle sur pièces quasi systématique. Plus le dossier est cadré dès le dépôt (acte, bail, option, accord locataire, factures HT/TVA séparées), plus la procédure se rapproche du bas de la fourchette 3-9 mois. Un dossier incomplet, c'est presque mécaniquement 6 mois de plus.
Loyer perçu : 36 000 € HT/an + 7 200 € TVA collectée = 43 200 € TTC facturés à la SAS. La SAS récupère les 7 200 € de TVA. La SCI reverse les 7 200 € au Trésor (sauf si crédit de TVA non encore résorbé).
Verdict : sans l'option, les 100 000 € de TVA d'acquisition étaient un coût définitif augmentant le prix de revient à 600 000 €. Avec l'option, ils sont récupérés dans l'année — gain net de trésorerie de 100 000 €. ROI fiscal immédiat de l'option : 100 %.
L'option est puissante, mais elle ne s'applique pas partout. Certaines locations sont assujetties à la TVA sans même qu'on ait besoin de demander.
3. Quand la SCI est-elle assujettie de plein droit à la TVA ?
Dans certaines situations, la TVA s'applique sans option ni démarche. La SCI devient redevable automatiquement, et l'oubli de cette obligation peut coûter cher en redressement.
Les 4 cas d'assujettissement automatique
- Para-hôtellerie : location meublée avec au moins 3 des 4 services prévus à l'article 261 D 4° b CGI (voir section 4) ;
- Locaux munis d'équipements professionnels : location de locaux industriels ou commerciaux équipés (machines, lignes de production, etc.) — relève d'une location commerciale soumise à TVA de plein droit ;
- Locations de parking au-delà de la franchise à des tiers non liés à un logement loué — si CA > 37 500 € HT/an ;
- Hébergements en résidences avec services (résidences seniors, étudiantes, EHPAD) : régime spécifique des résidences services avec TVA au taux réduit 10 % (article 279 a CGI).
Les obligations qui découlent de l'assujettissement
- Identification TVA : la SCI obtient un numéro de TVA intracommunautaire auprès du SIE ;
- Facturation TVA : tous les loyers et prestations facturées doivent mentionner la TVA collectée (taux applicable, montant HT, TVA, TTC) ;
- Déclarations périodiques CA3 (mensuelles si CA > 4 M€ ou option, trimestrielles sinon, ou CA12 annuelle au régime simplifié) ;
- Paiement de la TVA collectée nette de la TVA déductible ;
- Tenue d'une comptabilité TVA distincte des autres opérations.
Le piège de la bascule involontaire
Beaucoup de SCI patrimoniales se retrouvent assujetties à la TVA sans l'avoir anticipé. Le cas le plus classique : une SCI familiale qui loue en saisonnier à la mer, et qui décide « pour faire mieux » d'ajouter petit-déjeuner et nettoyage hebdomadaire. Trois services sont franchis sans s'en rendre compte → bascule TVA de plein droit. Sauf que la frontière est invisible : aucun courrier ne vient prévenir la SCI qu'elle vient de basculer dans le champ de la TVA. L'absence de déclaration expose à des pénalités de retard (10 %), majorations (40 % en cas de manquement délibéré) et intérêts de retard (0,20 %/mois).
Pour éviter ce piège, deux précautions : (1) documenter par écrit chaque service offert au locataire, et (2) vérifier annuellement le total des services pour rester volontairement sous le seuil des 3 services para-hôteliers si vous souhaitez conserver l'exonération.
4. Le régime para-hôtelier : 3 services suffisent
C'est la zone fiscale la plus délicate. La frontière entre location meublée civile (exonérée) et activité para-hôtelière commerciale (assujettie à TVA) tient à un seuil très bas : 3 services sur 4. Détaillons.
Les 4 services de l'article 261 D 4° b CGI
L'article 261 D 4° b du Code général des impôts liste précisément 4 services dont la fourniture d'au moins 3 fait basculer la location meublée dans le champ de la TVA :
- Le petit-déjeuner : fourniture pour tous les occupants, dans le lieu de location ou à proximité immédiate. Doit être effectif et pas symbolique ;
- Le nettoyage régulier des locaux : pendant le séjour (pas un nettoyage entre 2 locations), fréquence raisonnable (typiquement hebdomadaire pour un séjour de plus de 7 jours) ;
- La fourniture du linge de maison : draps, serviettes, torchons fournis et changés régulièrement. Différent d'un simple « linge à disposition à l'arrivée » ;
- La réception de la clientèle, même non personnalisée (formulation issue de la réforme LF 2024) : un simple accueil au check-in suffit, y compris via remise des clés organisée. Attention : la doctrine BOFiP BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20 (MAJ 26/03/2025) a considérablement abaissé le seuil — un check-in avec boîte à clés et notice papier peut désormais être considéré comme un service.
Comment évaluer en pratique
La doctrine BOFiP (BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20) précise que les services doivent être rendus, pas seulement affichés sur l'annonce. La présence d'un service que personne n'utilise dans les faits ne compte pas. Inversement, l'administration peut requalifier rétroactivement si un contrôle révèle que les services étaient bien fournis malgré l'absence de mention contractuelle.
Jurisprudence — Cass. 3e civ. 25 janvier 2024, n° 22-21.455 : la Cour de cassation a précisé que la location meublée, même de courte durée, conserve son caractère civil tant qu'elle n'est pas accompagnée de services para-hôteliers significatifs. Les transferts aéroport optionnels et les petits-déjeuners proposés à la carte ne suffisent pas. À retenir : un Airbnb classique sans service intégré reste civil → exonération de TVA. Mais dès qu'un service devient récurrent et automatique (ménage à mi-séjour systématique par exemple), le seuil se rapproche dangereusement.
Jurisprudence — Avis CE 5 juillet 2023, n° 471877 (SARL Coswood) : le Conseil d'État, saisi pour avis, a jugé que le critère rigide des « 3 services sur 4 » de l'article 261 D 4° b CGI est partiellement incompatible avec l'article 135-2-a de la directive TVA 2006/112/CE. L'appréciation doit désormais se faire in concreto sur la concurrence potentielle avec le secteur hôtelier (accueil, durée moyenne du séjour, services hôteliers). Conséquence : la réforme du régime para-hôtelier a été inscrite dans la LF 2024 (article 84) — désormais la qualification dépend d'un faisceau d'indices et non plus d'un comptage mécanique de services.
Conséquences fiscales du basculement
La bascule en para-hôtellerie produit trois effets cumulés :
- TVA collectée 10 % sur les loyers (taux intermédiaire pour les hébergements assimilés à l'hôtellerie, article 279 a CGI) ;
- TVA déductible sur les travaux d'achat, mobilier, équipement, charges ;
- Bascule simultanée à l'IS pour la SCI (article 206-3 CGI — activité commerciale) avec amortissement par composants + IS 15/25 %, et distribution PFU 31,4 % si associés personnes physiques.
D'où l'arbitrage à faire avant de basculer : la récupération de TVA contre le passage à l'IS, plus lourd sur la durée. Beaucoup de propriétaires préfèrent rester sous le seuil 3 services et conserver le LMNP individuel à l'IR.
Aller plus loin. Détail qui change tout côté meublé : la SCI à l'IR ne peut pas faire de LMNP. Si vous hésitez entre meublé « civil » et bascule para-hôtelière, lisez d'abord notre guide SCI et location meublée avant toute décision — la fiscalité IS qui en découle pèse plus lourd que la récupération de TVA.
5. Comment la TVA s'applique-t-elle à la location de parking ?
La location de parking, garage ou box est un cas particulier souvent mal traité. Le régime dépend de deux facteurs : le caractère accessoire ou non au logement, et le franchissement du seuil de franchise en base.
Cas 1 — Parking accessoire d'un logement loué
Si le parking est loué au même locataire que le logement, situé dans le même immeuble ou à proximité immédiate (rayon de quelques dizaines de mètres), il bénéficie de l'exonération attachée à la location d'habitation (article 261 D 1° bis dernier alinéa du CGI, confirmé par BOFiP BOI-TVA-CHAMP-10-10-30).
Exemple : votre SCI loue un T3 à 1 200 €/mois + une place de parking dans la même copropriété à 80 €/mois au même locataire. Le tout reste exonéré de TVA, considéré comme une seule prestation de location d'habitation.
Cas 2 — Parking loué séparément à un tiers
Si le parking est loué à un locataire différent de celui du logement (ou si la SCI ne loue qu'un parking sans logement associé), la location relève en principe de la TVA. Mais deux mécanismes peuvent l'exonérer en pratique :
- Franchise en base de TVA (article 293 B CGI) : si le chiffre d'affaires HT annuel de prestations de la SCI reste sous 37 500 € en 2026, elle est dispensée de TVA sans formalité. Sur un parking à 80 €/mois = 960 €/an, vous êtes très loin du seuil. Sur 50 parkings à 100 €/mois = 60 000 €/an, vous le dépassez ;
- Exonération par l'option impossible : contrairement aux locaux pros, le parking nu loué seul ne bénéficie pas de l'option article 260 2°. Soit la TVA s'applique de plein droit (au-delà de la franchise), soit la franchise s'applique de plein droit.
Cas pratique — Sophie, SCI patrimoniale avec parkings
Le contexte : Sophie détient une SCI à l'IR qui possède 12 parkings dans Paris (boxes en sous-sol d'une copropriété, hérités d'un grand-père). Loués séparément à des particuliers et des entreprises, prix unitaire 150 €/mois, recettes annuelles 21 600 €.
Régime TVA : 21 600 € HT < 37 500 € → franchise en base de plein droit. La SCI ne facture pas la TVA aux locataires, ne déclare rien, et ne récupère pas la TVA sur ses charges (taxe foncière, copropriété, assurance) — coût définitif.
Si le portefeuille s'agrandit à 25 parkings (recettes 45 000 €/an) : dépassement du seuil de tolérance 41 250 € → perte rétroactive de la franchise depuis le 1er jour du mois de dépassement. La SCI devient redevable de la TVA de 20 % sur tous les loyers à partir de ce mois. Solution : anticiper en s'inscrivant à la TVA dès l'année du dépassement attendu, pour pouvoir aussi récupérer la TVA sur les travaux de réfection des boxes (~ 5 000-10 000 € par box pour les remettre aux normes 2026).
Point souvent ignoré. Quand le portefeuille parking gonfle progressivement, c'est rarement la SCI qui détecte le franchissement de seuil — c'est l'administration, à l'occasion d'un croisement Foncier/CA3. Les pénalités tombent alors avec deux ans de retard. Bonne pratique : alerte automatique dès 32 000 € HT cumulés, soit 85 % du seuil 37 500 €.
6. SCI et bail commercial : avec ou sans TVA ?
Le bail commercial est le terrain de prédilection de l'option TVA. Bien structuré, il permet une optimisation fiscale à plusieurs étages.
Le bail commercial 3/6/9 et la TVA
Le bail commercial régi par les articles L. 145-1 et suivants du Code de commerce est, par défaut, exonéré de TVA si le local est nu. La SCI peut opter pour l'assujettissement (article 260 2° CGI) avec l'accord du locataire — qui acceptera quasi-systématiquement si lui-même est assujetti à la TVA, puisque cette TVA est neutre pour lui.
L'intérêt majeur de l'option en bail commercial réside dans la récupération de la TVA sur l'achat et les travaux. Sur un local commercial acquis à 500 000 € HT, la TVA de 100 000 € devient récupérable. Les travaux d'aménagement standard (rangement, climatisation, mise aux normes accessibilité) génèrent typiquement 10 000 à 30 000 € de TVA récupérable.
Le pas-de-porte et la TVA
Si le locataire entre dans un local existant et verse un pas-de-porte à la SCI, ce pas-de-porte est soumis à TVA si la SCI a opté. Le taux est de 20 %. Le pas-de-porte est analysé fiscalement soit comme un loyer anticipé (intégré dans la base TVA), soit comme une indemnité d'entrée à titre exceptionnel (TVA également due si la SCI a opté).
Le droit au bail et la TVA
Lors d'une cession du droit au bail entre locataires, la SCI propriétaire n'est en principe pas partie à la cession. Sauf clause d'agrément du bailleur, qui ouvre un droit de regard. La cession peut être taxée à la TVA (droit au bail considéré comme un actif incorporel) ou aux droits d'enregistrement (3 % avec abattement 23 000 €, article 725 CGI).
Renouvellement du bail commercial
Au renouvellement (tous les 9 ans typiquement), l'option TVA reste valable si elle a été reconduite tacitement. L'option de la SCI est attachée au local, pas au contrat de bail. Si le local change de locataire (cession), l'option reste valable à condition que le nouveau locataire soit assujetti à la TVA et donne son accord écrit (ou que l'option ait été stipulée dans le bail initial avec clause de transmission).
7. Comment récupérer la TVA sur l'achat et les travaux ?
La récupération de la TVA est le levier principal de l'option. Encore faut-il connaître les règles techniques pour ne pas perdre le bénéfice.
Les 3 conditions de déductibilité
L'article 271 du CGI pose trois conditions cumulatives pour qu'une TVA soit déductible :
- La TVA doit avoir été facturée à la SCI par un fournisseur lui-même assujetti, avec une facture mentionnant le montant HT, le taux et le montant de la TVA ;
- Le bien ou la prestation doit être affecté à une opération soumise à TVA de la SCI (loyers soumis à TVA après option, ou para-hôtellerie de plein droit) ;
- La déduction doit être exercée dans le délai légal : 2 ans à compter de la date à laquelle la TVA est devenue exigible (article 208 annexe II CGI). Au-delà, droit perdu.
La déclaration CA3 en pratique
La SCI dépose sa CA3 mensuelle ou trimestrielle via le portail impots.gouv.fr en mode pro. Les rubriques clés :
- Ligne 5A : TVA collectée sur les loyers (calcul automatique par cellule) ;
- Ligne 19 : TVA déductible sur immobilisations (achat du bien, gros travaux capitalisables) ;
- Ligne 20 : TVA déductible sur autres biens et services (charges, honoraires, petits travaux) ;
- Ligne 26 : crédit de TVA reporté ou demande de remboursement.
Si la TVA déductible dépasse la TVA collectée (cas classique en année 1 après acquisition), la SCI est en crédit de TVA. Elle peut soit reporter ce crédit sur les déclarations suivantes (consommé naturellement par la TVA collectée sur les loyers), soit demander un remboursement (article 271 IV CGI) — possible à partir de 760 € de crédit en mensuel, ou 150 € en trimestriel.
Cas pratique — Récupération TVA Karim (suite)
Reprenons Karim, sa SCI à l'IS et son local 500 000 € HT. Année 1 :
| Élément | Montant HT | TVA | Récupérable |
|---|---|---|---|
| Acquisition local | 500 000 € | 100 000 € | ✅ ligne 19 |
| Frais notaire | 35 000 € | 7 000 € | ✅ ligne 19 |
| Travaux aménagement | 30 000 € | 6 000 € | ✅ ligne 19 |
| Charges et honoraires | 8 000 € | 1 600 € | ✅ ligne 20 |
| Total TVA déductible | 573 000 € | 114 600 € | — |
| Loyer année 1 (sur 9 mois) | 27 000 € | 5 400 € | ⚠️ collectée |
Solde TVA : 5 400 − 114 600 = − 109 200 € de crédit année 1. Karim demande le remboursement intégral en fin d'année 1 : virement reçu sous 2 à 4 mois après le dépôt de la déclaration annuelle de crédit (formulaire CERFA 3519-SD).
Reste à connaître les taux applicables — c'est sur ce point que beaucoup de SCI perdent quelques pour cent par méconnaissance.
8. Les 3 taux de TVA applicables (20 %, 10 %, 5,5 %)
Trois taux coexistent en 2026 pour les opérations immobilières des SCI. Un artisan qui applique le mauvais taux fait perdre plusieurs milliers d'euros à la SCI.
Taux normal 20 %
Le taux par défaut. S'applique à :
- L'acquisition de locaux neufs (livraison à soi-même de constructions neuves, article 257 I CGI) ;
- L'acquisition par marchand de biens dans les 5 premières années suivant l'achèvement ;
- Les travaux de construction-reconstruction-agrandissement (modification du gros œuvre, augmentation de surface) ;
- Les locaux à usage exclusivement professionnel ou commercial (option TVA) ;
- Les fournitures de gros équipements (chaudière neuve, climatiseur réversible hors pose).
Taux intermédiaire 10 % (article 279-0 bis CGI)
S'applique aux travaux d'entretien, d'amélioration et d'aménagement sur locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de 2 ans. Conditions :
- Local achevé depuis plus de 2 ans à la date des travaux ;
- Local à usage d'habitation principal ou secondaire ;
- Attestation client signée (depuis mars 2025, mention obligatoire sur le devis et la facture certifiant l'éligibilité — réforme issue de l'instruction DGFiP du 4 mars 2025).
Sont exclus du 10 % : construction-reconstruction (passe en 20 %), agrandissement au-delà de 10 % de la SHON, fournitures de gros équipements (chaudière neuve hors pose), travaux sur locaux pros.
Taux réduit 5,5 % (article 278-0 bis A CGI)
S'applique aux travaux d'amélioration de la qualité énergétique des logements achevés depuis plus de 2 ans :
- Isolation thermique des parois opaques (toiture, façades, planchers bas) ;
- Isolation des parois vitrées (double vitrage performant Uw ≤ 1,3 W/m².K) ;
- Pompes à chaleur air/eau ou eau/eau ;
- Chaudières à condensation à haut rendement (HRR ≥ 91 %) ;
- Équipements de production d'énergie utilisant une source d'énergie renouvelable.
La liste exacte des équipements éligibles est fixée par l'arrêté du 4 décembre 2024 (JORF 24/12/2024), en vigueur depuis le 1er janvier 2025. Le BOFiP BOI-TVA-LIQ-30-20-95 (MAJ 22 octobre 2025) commente la mécanique. À noter : les aides CEE (certificats d'économie d'énergie) et l'éco-PTZ se déduisent de la base déductible avant calcul de la TVA récupérable.
Jurisprudence — CE 19 juillet 2024, n° 488052 (SARL Window Conseil) : le Conseil d'État précise que le taux réduit (5,5 % ou 10 %) ne s'applique qu'aux travaux portant sur des équipements incorporés durablement au bâti. Une chaudière neuve posée et raccordée définitivement = 10 %. Les rideaux, stores et tringles posés ne sont pas incorporés au bâti → TVA 20 %. À retenir : exigez de votre artisan que le devis sépare clairement les fournitures non incorporées (TVA 20 %) des prestations + matériaux incorporés (TVA 5,5 % ou 10 % selon le cas).
9. Le piège du « vingtième » à la revente
L'option TVA n'est pas un cadeau gratuit. Elle s'accompagne d'une obligation de conservation longue, et tout évènement qui en sortirait la SCI dans les 20 ans déclenche une régularisation lourde.
Le mécanisme du vingtième (article 207 II annexe II CGI)
Quand une SCI récupère la TVA sur l'achat d'un immeuble, elle s'engage tacitement à l'utiliser pour des opérations soumises à TVA pendant 20 ans. Si elle « sort » l'immeuble du champ d'application de la TVA avant ces 20 ans (vente à un acquéreur non assujetti, fin d'option, désaffectation, sinistre), elle doit reverser une fraction de la TVA initialement récupérée, calculée au prorata des années restantes.
Formule : TVA à reverser = TVA initialement récupérée × (20 − nombre d'années écoulées) / 20.
Cas pratique — Revente après 8 ans
Karim (cf. cas précédent) a récupéré ≈ 109 000 € de TVA en année 1. Il revend le local après 8 ans à un investisseur particulier non assujetti à la TVA. La revente n'est pas soumise à TVA (immeuble achevé depuis > 5 ans, vente à un non-assujetti).
Calcul de la régularisation :
- TVA initialement récupérée : 109 000 € ;
- Années écoulées : 8 ;
- Années restantes : 20 − 8 = 12 ;
- TVA à reverser : 109 000 × 12 / 20 = ≈ 65 400 €.
Karim doit reverser ≈ 65 400 € au Trésor lors de la déclaration suivant la revente. Sur sa plus-value de revente, ce reversement est un coût supplémentaire qui n'avait pas été anticipé.
Comment éviter la régularisation ?
Trois solutions pour éviter ou réduire la régularisation :
- Vendre à un acquéreur lui-même assujetti à la TVA qui acceptera de continuer l'option : pas de régularisation (continuité de l'affectation à des opérations TVA) ;
- Vendre dans les 5 ans suivant l'achèvement de l'immeuble : la vente est alors soumise à TVA de plein droit (immeuble assimilé à du neuf), pas de régularisation ;
- Tenir l'immeuble plus de 20 ans : à compter de la 21e année, plus aucune régularisation possible.
L'option TVA convient surtout aux SCI patrimoniales avec horizon de détention long (≥ 15 ans). Sur des opérations courtes (marchands de biens, portage), elle devient risquée.
Jurisprudence — CE 31 mai 2022, n° 451379 : le Conseil d'État a précisé que la cession d'un immeuble achevé depuis plus de 5 ans ne bénéficie pas automatiquement de la dispense de TVA de l'article 257 bis CGI. Si l'acquéreur ne reprend pas explicitement l'option TVA et l'engagement de poursuivre l'activité TVA pendant la durée résiduelle (vingtièmes), les régularisations sur les travaux et l'acquisition restent dues par le cédant. À retenir : pour transmettre une SCI ayant opté pour la TVA, le compromis doit comporter une clause TVA tripartite (régime applicable, engagement de l'acquéreur sur les vingtièmes, transfert des obligations). Sans cette clause, la régularisation est inévitable.
10. TVA + SCI à l'IS : double impact fiscal
La TVA et l'IS sont deux impôts indépendants qui se cumulent dans une SCI assujettie aux deux. Comprendre leur articulation évite les surprises et permet d'optimiser le montage global.
Deux impôts, deux mécaniques
La TVA est un impôt indirect sur la consommation. Elle frappe les flux : la SCI collecte la TVA sur les loyers (20 % en option, 10 % para-hôtellerie), la déduit sur ses achats, et reverse la différence au Trésor. Elle est neutre pour la SCI sur le long terme (elle ne touche que la trésorerie temporairement).
L'IS est un impôt direct sur le résultat. Il frappe le résultat fiscal calculé HT (loyers HT − charges HT − amortissements). La TVA collectée et la TVA déductible n'apparaissent pas dans le calcul de l'IS.
L'optimisation combinée pour les locaux pros
Sur les locaux pros, la combinaison SCI à l'IS + option TVA est imbattable :
- Récupération immédiate de la TVA sur l'achat et les travaux (sortie de trésorerie minimisée) ;
- Amortissement par composants du local en SCI à l'IS sur 50 à 80 ans (gros œuvre), 35 ans (toiture), 15-25 ans (façade/IGT), 10-15 ans (agencements) — neutralisation du résultat fiscal pendant 15-20 ans ;
- IS à 15 % PME sur les premiers 42 500 € de résultat positif, 25 % au-delà ;
- Distribution PFU 31,4 % sur les bénéfices remontés aux associés.
Sur un local commercial de 500 000 € HT loué 36 000 €/an à une entreprise, la combinaison génère :
- Économie TVA acquisition : 100 000 € au démarrage ;
- Amortissement annuel (composants) : ~13 000 €/an ;
- Résultat IS annuel proche de 0 € pendant 12-15 ans ;
- IS payé sur la durée : quasi nul.
C'est ce qui rend les SCI à l'IS optant pour la TVA si attractives pour les dirigeants détenant leur local professionnel via SCI familiale.
Aller plus loin. La combinaison IS + TVA tient la route à condition de bien calibrer l'amortissement par composants en parallèle. L'arbitrage complet est documenté dans notre guide SCI à l'IS ou à l'IR, avec les bornes de taux IS PME 15 / 25 % et la fiscalité de la distribution PFU 31,4 %.
Attention à la double comptabilité
Une SCI à l'IS optant pour la TVA doit tenir une comptabilité d'engagement (obligatoire à l'IS, articles 38 et 39 CGI), avec une comptabilité TVA distincte (comptes 44551, 44562, 44566). Les obligations déclaratives cumulées sont lourdes :
- Déclaration IS annuelle (formulaire 2065 + liasse 2050/2051) ;
- Déclaration TVA mensuelle ou trimestrielle (CA3) ;
- Déclaration des honoraires versés (DAS-2) ;
- Bilan et compte de résultat déposés au greffe.
Un expert-comptable devient incontournable sur ce profil de SCI — comptez 1 500 à 3 500 € HT/an d'honoraires. Le logiciel sci-ai.app automatise la plupart de ces déclarations sur l'offre Expert-comptable 349 € TTC/an.
11. Les 10 erreurs à éviter
Dix erreurs reviennent en boucle sur la TVA en SCI. La facture tombe en général à l'occasion d'un contrôle fiscal ou d'une revente.
Erreur n° 1 — Oublier l'option TVA à l'achat d'un local pro
L'erreur la plus coûteuse. Acheter un local commercial à 500 000 € HT sans avoir opté pour la TVA dès l'acquisition fait perdre 100 000 € de TVA récupérable. Une fois l'acte signé sans option, il est extrêmement difficile (et coûteux) de récupérer cette TVA rétroactivement. Bonne pratique : déposer l'option auprès du SIE avant la signature de l'acte authentique. Sur les dossiers traités par sci-ai.app, environ 4 SCI sur 10 ayant acheté un local pro entre 2022 et 2025 n'avaient pas formalisé l'option avant l'acte — un oubli rarement rattrapable.
Erreur n° 2 — Croire que l'option TVA est annuelle
L'option est permanente jusqu'à dénonciation, et la dénonciation n'est possible qu'à partir du 1er janvier de la 9e année civile suivant l'exercice (BOI-TVA-CHAMP-50-10 § 220). Vouloir « tester » l'option pendant 1 an puis revenir en arrière est impossible sans déclencher la régularisation du vingtième sur le bien acquis avec récupération de TVA.
Erreur n° 3 — Franchir le seuil 3 services para-hôteliers sans s'en apercevoir
Ajouter petit-déjeuner + nettoyage régulier + linge à une location meublée saisonnière fait basculer la SCI à la TVA de plein droit ET à l'IS de plein droit. La double bascule est généralement mal anticipée. Documenter par écrit chaque service offert et faire le compte annuel.
Erreur n° 4 — Oublier l'accord écrit du locataire
L'option TVA en bail commercial nécessite l'accord écrit du locataire (article 260 2° in fine CGI). Sans cet accord, l'option est inopposable et la TVA collectée est due par la SCI sans déductibilité possible — perte sèche.
Erreur n° 5 — Ne pas anticiper la régularisation du vingtième à la revente
La revente d'un immeuble avec TVA récupérée dans les 20 ans génère une régularisation au prorata. Cette charge n'est presque jamais intégrée dans le calcul de la plus-value de revente, créant une mauvaise surprise. Toujours simuler la régularisation avant toute revente envisagée.
Erreur n° 6 — Appliquer le mauvais taux de TVA sur les travaux
Un artisan qui applique 20 % au lieu de 5,5 % énergétique fait perdre 14,5 % de TVA à la SCI sur la base HT. Sur 30 000 € HT de travaux, l'écart est de 4 350 €. Vérifier systématiquement le taux applicable et exiger une mention explicite sur le devis et la facture (depuis mars 2025, c'est obligatoire).
Erreur n° 7 — Cumuler franchise en base et option
Une SCI qui opte pour la TVA sur ses loyers ne peut pas en même temps bénéficier de la franchise en base. L'option exclut la franchise. Si la SCI souhaite récupérer la TVA sur ses travaux, elle doit accepter de collecter la TVA sur tous ses loyers, même si cela la fait dépasser inutilement les seuils. La franchise reste optimale pour les SCI au CA faible et sans projet de gros travaux.
Erreur n° 8 — Option TVA déposée avant tout engagement locatif
Une option déposée trop tôt — avant la signature du bail ou du compromis — peut être considérée comme inopérante par l'administration (CE 9 sept. 2020 n° 439143). Le SIE peut refuser la récupération de la TVA d'acquisition au motif que l'engagement contractuel manquait au jour de l'option. Bonne pratique cabinet : signer un bail conditionnel (suspendu à l'acquisition) AVANT le dépôt de l'option, puis déposer l'option avant la signature de l'acte authentique.
Erreur n° 9 — Oublier la régularisation 1/20 pendant vacance locative
Si le local optant pour la TVA reste vacant plus de quelques mois (entre deux locataires), la SCI doit régulariser au prorata 1/20 du quart de la TVA initialement déduite, chaque année de non-utilisation pour des opérations TVA (BOFiP BOI-TVA-DED-60-20-10). Sur 100 000 € de TVA récupérée, c'est 5 000 € de régularisation par année pleine de vacance. Bonne pratique : documenter activement la recherche de locataire (mandat agence, annonces, visites) pour démontrer la continuité d'affectation.
Erreur n° 10 — Cumul TVA + frais notaire réduits oublié
Sur l'acquisition d'un local commercial neuf (achevé depuis < 5 ans) ou d'un ancien sous option TVA du vendeur, les frais réduits s'appliquent : TPF 0,715 % + CSI 0,10 % + émoluments notaire, au lieu des 5,80 % de DMTO standards. Sur 500 000 € HT, l'économie sur les seuls droits atteint ≈ 25 000 €. Cette mécanique est régulièrement oubliée par les notaires non spécialisés en immobilier d'entreprise — exigez la confirmation par écrit dans le compromis.
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Pour aller plus loin sur la fiscalité SCI
Trois repères pour optimiser votre TVA SCI
- Local pro = optez pour la TVA dès l'acquisition. Sur 500 000 € HT, vous récupérez 100 000 € de TVA dans l'année. Engagement permanent, dénonciation possible dès la 9e année (BOI-TVA-CHAMP-50-10). Accord écrit du locataire requis uniquement s'il n'est pas assujetti à la TVA (article 260 2° CGI).
- Location nue d'habitation = restez exonéré. L'exonération est par défaut, la TVA serait un coût définitif sur vos travaux. Sauf situation très particulière, ne tentez pas l'option.
- Meublé = surveillez le seuil 3 services. Petit-déjeuner + nettoyage régulier + linge = TVA de plein droit + bascule à l'IS automatique. Documentez par écrit chaque service offert et restez sous 3 services si vous voulez conserver le LMNP individuel à l'IR.
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