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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

Saisie immobilière en SCI : le bien est-il protégé ?

La réponse honnête tient en une phrase : cela dépend entièrement de l'identité du créancier. Si c'est un créancier de la SCI — la banque qui a financé l'achat, l'entreprise de travaux impayée, le Trésor public —, l'immeuble est saisissable, et la SCI n'y change strictement rien. Si c'est un créancier personnel d'un associé — une dette privée, une caution donnée pour une autre société, un solde de divorce —, il ne peut pas toucher l'immeuble : celui-ci appartient à la société, pas à l'associé. Il pourra en revanche faire vendre ses parts sociales.

Ce guide décrit précisément les deux scénarios, puis déroule la procédure de saisie immobilière telle qu'elle s'applique à une SCI : commandement de payer valant saisie, publication au service de la publicité foncière, audience d'orientation, vente amiable ou adjudication, distribution du prix, et — point que beaucoup de gérants découvrent trop tard — la poursuite des associés au prorata de leurs parts lorsque le prix de vente ne suffit pas.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code civil, Code des procédures civiles d'exécution, Code de commerce, BOFiP). Mis à jour le 20 juillet 2026.

En 30 secondes

  • L'immeuble appartient à la SCI, pas aux associés. C'est de là que découle tout le reste.
  • Créancier de la SCI : il saisit l'immeuble. La SCI ne protège rien.
  • Créancier personnel de l'associé : il ne peut pas saisir l'immeuble, mais il peut saisir et vendre les parts.
  • Si le prix de vente ne solde pas la dette, les associés restent poursuivables au prorata de leurs parts (art. 1857 C. civ.), jamais solidairement.
  • Le moment décisif de la procédure est l'audience d'orientation : après elle, presque plus rien n'est contestable (art. R311-5 CPCE).

1. Saisie immobilière et SCI : deux créanciers, deux scénarios radicalement différents

Tout part d'un principe simple, et pourtant mal compris : la SCI a la personnalité morale. Patrimoine propre, distinct de celui des associés. L'immeuble figure à son actif — pas au leur. Ce que possèdent les associés, ce sont des parts sociales : un droit sur l'actif net de la société, pas un droit sur les murs.

De ce principe découle mécaniquement la règle de la saisie : un créancier ne peut saisir que les biens qui figurent dans le patrimoine de son propre débiteur. Il faut donc, avant toute chose, identifier qui est le débiteur.

Le créancier est celui de… Peut-il saisir l'immeuble ? Peut-il saisir les parts ? Base légale
La SCI (banque, artisan, fisc, syndic)OuiNon (les parts ne sont pas à elle)Art. L311-1 et s. CPCE
Un associé, à titre personnelNonOuiArt. 1867 et 1868 C. civ.
La SCI, après vente insuffisanteImmeuble déjà venduPoursuite des associés au prorataArt. 1857 et 1858 C. civ.

La confusion la plus répandue

« La SCI met le bien à l'abri. » La phrase circule dans les forums, les dîners et parfois les rendez-vous bancaires, et on en déduit une protection générale. Elle n'existe pas. La SCI ne protège que d'un seul type de créancier : celui qui poursuit l'associé personnellement. Face au créancier de la société — dans l'immense majorité des dossiers réels, la banque qui a financé l'acquisition — elle n'apporte rien. Elle est le débiteur, l'immeuble est son bien, l'immeuble est saisissable. Point.

Pire : la structure sociétaire ajoute même une couche de risque que le détenteur en nom propre ne connaît pas. Après avoir vendu l'immeuble, si le prix ne solde pas la dette, le créancier peut se retourner contre chaque associé personnellement, à hauteur de sa quote-part (voir chapitre 4). En nom propre, la banque saisit le bien et, si elle a une hypothèque et que le prix ne suffit pas, poursuit également le patrimoine du propriétaire : la différence est que la SCI répartit la charge résiduelle entre plusieurs personnes, sans jamais la faire disparaître.

À retenir : la SCI est un outil de gestion et de transmission, pas un bouclier anti-saisie. Si votre motivation principale pour créer une société est d'échapper à un créancier existant, le montage est non seulement inefficace, mais attaquable (voir l'action paulienne). Notre comparatif SCI ou nom propre détaille ce que la structure apporte réellement.

Le cas particulier de la caution personnelle

Une situation hybride vide la protection de sa substance dans la plupart des dossiers de financement, et il vaut mieux la connaître avant de signer : la caution personnelle des associés sur le prêt de la SCI. C'est la contrepartie que réclame la quasi-totalité des banques pour prêter à une société civile.

Dans ce cas, la banque est à la fois créancière de la SCI (par le prêt) et créancière de chaque associé caution (par l'engagement de caution). Elle peut donc :

  • faire saisir l'immeuble de la SCI en tant que créancier social ;
  • et, en parallèle ou ensuite, poursuivre les associés cautions sur leur patrimoine personnel — y compris leur résidence principale — dans les limites de leur engagement.

La caution est un engagement autonome : elle n'est pas soumise à la règle de subsidiarité de l'article 1858 du Code civil ni à la division par quote-part de l'article 1857. Si la caution est solidaire (elle l'est presque toujours), la banque peut réclamer la totalité à un seul associé, à charge pour lui de se retourner contre les autres. Avant de signer un prêt bancaire en SCI, c'est le point à négocier en priorité : montant plafonné, durée limitée, caution divisée entre associés plutôt que solidaire.


2. Le créancier de la SCI : oui, il peut saisir l'immeuble

Qui sont ces créanciers ?

On pense spontanément à la banque, mais la liste est plus large qu'on ne l'imagine :

Créancier Origine de la créance Garantie habituelle
Banque prêteuseCrédit immobilier impayé, déchéance du termeHypothèque ou hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers
Entreprise de travauxFacture de rénovation impayéeSouvent chirographaire, parfois hypothèque légale spéciale
Syndicat des copropriétairesCharges de copropriété impayéesHypothèque légale spéciale du syndicat (art. 2402 3° C. civ.), garantissant les créances de l'année courante et des quatre dernières années échues, dispensée d'inscription et primant toutes les autres hypothèques pour l'année courante et les deux dernières années échues (art. 2418 C. civ.), et hypothèque légale de l'art. 19 de la loi du 10 juillet 1965
Trésor public / DGFiPIS, taxe foncière, TVA, CRL, pénalitésPrivilège du Trésor, hypothèque légale
Locataire ou tiers victimeCondamnation (troubles de jouissance, dommages)Hypothèque judiciaire possible
Associé titulaire d'un compte courantRemboursement d'avances non honoréChirographaire (sauf sûreté consentie)

Le dernier cas surprend toujours. Un associé qui a financé la SCI par compte courant d'associé est un créancier de la société comme un autre. En cas de mésentente, il peut réclamer le remboursement en justice, obtenir un titre exécutoire et, en théorie, poursuivre la saisie de l'immeuble social. Le levier est redoutable dans les conflits familiaux — et c'est une raison de plus de formaliser chaque compte courant par une convention écrite plutôt que par un virement et un accord verbal.

Les trois conditions préalables à la saisie

Un créancier ne peut pas saisir sur simple impayé. L'article L311-2 du Code des procédures civiles d'exécution exige la réunion de trois éléments :

  1. Un titre exécutoire figurant dans la liste limitative de l'article L111-3 CPCE : décision de justice exécutoire, acte notarié revêtu de la formule exécutoire (c'est le cas de l'acte de prêt immobilier notarié), titre délivré par l'administration fiscale. Précision utile : lorsque la poursuite est engagée en vertu d'une décision seulement exécutoire par provision, le commandement est possible mais la vente forcée ne peut intervenir qu'après une décision passée en force de chose jugée (art. L311-4 CPCE).
  2. Une créance liquide : son montant est chiffré, ou déterminable par un simple calcul (capital restant dû + intérêts + indemnité de résiliation).
  3. Une créance exigible : elle est arrivée à échéance. Pour un crédit, c'est la déchéance du terme qui rend l'intégralité du capital restant dû exigible d'un coup.

Le point aveugle : l'acte notarié de prêt. Beaucoup de gérants pensent qu'il faudra d'abord un procès. C'est faux dans le cas le plus fréquent : lorsque le prêt de la SCI a été consenti par acte authentique (ce qui est systématique quand une hypothèque ou une hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers est prise), la banque détient déjà un titre exécutoire. Elle n'a pas besoin de vous assigner au fond : après déchéance du terme, elle passe directement au commandement de payer valant saisie.

La chronologie réelle d'un impayé bancaire

Étape Délai indicatif Ce que la SCI peut encore faire
1 à 2 échéances impayéesM+1 à M+2Tout : report d'échéance, modulation, apport en compte courant
Mise en demeure recommandéeM+2 à M+4Renégocier, allonger la durée, vendre à l'amiable
Déchéance du terme prononcéeM+4 à M+8Négocier un protocole, refinancer, vendre vite
Commandement de payer valant saisieM+8 à M+12Payer sous 8 jours, ou préparer l'audience d'orientation
Audience d'orientationM+12 à M+16Demander la vente amiable et/ou des délais
AdjudicationM+18 à M+24Presque plus rien

Lecture du tableau : la fenêtre d'action utile se situe entre le premier impayé et la déchéance du terme. Passé ce point, chaque mois qui s'écoule réduit les options et augmente la dette (intérêts de retard, indemnité de résiliation, frais de commissaire de justice, frais d'avocat du créancier mis à la charge du débiteur). Sur l'indemnité de résiliation, une précision qui surprend souvent : le plafond de 7 % de l'article R313-28 du Code de la consommation s'applique aux crédits immobiliers relevant du Code de la consommation, et une SCI n'en est pas écartée par principe — l'article L313-1 3° vise aussi les personnes morales de droit privé, dès lors que le crédit ne finance pas une activité professionnelle. En pratique, une SCI dont l'objet est de louer des immeubles est regardée comme exerçant une activité professionnelle et sort du dispositif : c'est alors la clause de l'offre de prêt qui fixe l'indemnité. Beaucoup de banques reprennent malgré tout le taux de 7 % par alignement de pratique, mais rien ne les y oblige : ce point se lit dans l'offre de prêt, et se négocie avant signature. Une renégociation de crédit engagée au premier trimestre d'impayé coûte quelques centaines d'euros ; une saisie menée à son terme coûte des dizaines de milliers.


3. Le créancier personnel de l'associé : non, il ne peut pas saisir l'immeuble

C'est ici, et ici seulement, que la SCI joue son rôle protecteur. Un créancier qui poursuit un associé à titre personnel — pour une dette de consommation, un solde de prestation compensatoire, une condamnation civile, une caution donnée pour une autre société — se heurte à un mur : l'immeuble ne figure pas dans le patrimoine de son débiteur. Il appartient à une personne morale distincte, contre laquelle il n'a aucun titre.

La règle est absolue tant que la société est réelle. Le créancier ne peut pas :

  • faire délivrer un commandement de payer valant saisie sur l'immeuble de la SCI ;
  • inscrire une hypothèque judiciaire sur cet immeuble en garantie de la dette personnelle de l'associé ;
  • faire saisir les loyers versés par les locataires à la SCI ;
  • appréhender le compte bancaire de la SCI par saisie-attribution.

Mais il peut saisir les parts sociales

La protection n'est pas totale. Ce que l'associé possède, ce sont ses parts sociales — et celles-ci sont bien dans son patrimoine, donc saisissables. Les articles 1867 et 1868 du Code civil organisent leur vente forcée.

Étape Contenu Délai
Notification du projet de venteSignifiée par commissaire de justice à la société et à chaque associéAu moins 1 mois avant la vente (art. 1868)
Réaction des associésRachat des parts par la société ou par les associés, ou dissolution votéeDans le mois
Vente forcéeAdjudication des partsAprès le délai d'un mois
Faculté de substitutionChaque associé peut se substituer à l'adjudicataire5 jours francs après la vente (art. 1867)

Deux conséquences pratiques :

  • L'immeuble n'est pas vendu, la SCI continue d'exister. Ce n'est pas rien : la structure survit, les baux se poursuivent, les autres associés conservent leur investissement.
  • Mais l'associé perd sa participation, et un tiers peut entrer au capital. Les clauses d'agrément statutaires ne font pas obstacle à la vente forcée elle-même. C'est précisément pour cette raison que les statuts de la SCI et le pacte d'associés doivent prévoir un mécanisme de rachat prioritaire, avec une méthode de valorisation définie à l'avance.

La décote qui protège de fait

Les parts de SCI se vendent mal, et c'est heureux pour l'associé poursuivi. Qui achète 40 % d'une SCI familiale ? Un tiers qui hérite d'une position minoritaire, illiquide, sans la moindre prise sur la gérance, dans une société parfaitement libre de ne jamais distribuer un euro. Les parts partent donc avec une décote de 10 % à 30 % sur la quote-part d'actif net réévalué, davantage quand la participation n'atteint même pas une minorité de blocage.

Résultat concret : pour recouvrer 100 000 €, le créancier doit faire vendre des parts représentant une valeur théorique de 120 000 à 140 000 €. La perspective est si dissuasive que beaucoup de créanciers personnels préfèrent négocier un échéancier plutôt que d'engager la procédure. C'est là, et uniquement là, que réside l'effet protecteur réel de la SCI.

Les limites : quand le voile tombe

La séparation des patrimoines n'est pas inconditionnelle. Trois brèches classiques :

  1. La SCI fictive. Si la société n'a aucune vie sociale (jamais d'assemblée générale, pas de comptabilité, compte bancaire inexistant ou confondu avec celui du gérant, aucun bail écrit), un juge peut déclarer la société fictive et considérer que l'immeuble est resté dans le patrimoine de l'associé. Le créancier saisit alors comme si la SCI n'existait pas. Voir notre guide SCI fictive : les critères et les sanctions.
  2. L'action paulienne (art. 1341-2 C. civ.). Si l'immeuble a été apporté à la SCI alors que le créancier existait déjà, et dans le but de lui échapper, celui-ci peut faire déclarer l'apport inopposable à son égard. L'immeuble redevient saisissable, sans que la société soit annulée.
  3. La confusion des patrimoines. Flux financiers anarchiques entre le gérant et la société, dépenses privées payées par la SCI, loyers encaissés sur un compte personnel : autant d'éléments qui alimentent une demande d'extension de procédure ou de requalification. Un compte bancaire dédié et une comptabilité tenue sont la meilleure défense.

Une SCI qui tient debout, c'est une SCI documentée

Comptabilité à jour, comptes courants d'associés tracés, assemblées générales horodatées, pièces justificatives archivées : sci-ai.app produit automatiquement les preuves qui font échouer une demande de fictivité ou de confusion des patrimoines.


4. Après la saisie : les associés restent poursuivables (art. 1857 et 1858)

C'est le chapitre que personne ne lit avant d'en avoir besoin. L'immeuble a été vendu, le créancier a encaissé, et pourtant le prix ne solde pas la dette. Beaucoup de gérants pensent l'affaire close à ce stade. Elle ne l'est pas.

Article 1857 : une responsabilité indéfinie mais divisée

L'article 1857 du Code civil pose la règle : « À l'égard des tiers, les associés répondent indéfiniment des dettes sociales à proportion de leur part dans le capital social à la date de l'exigibilité ou au jour de la cessation des paiements. »

Deux mots comptent :

  • Indéfiniment : la responsabilité n'est pas limitée au montant de l'apport, contrairement à une SARL ou une SAS. Tout le patrimoine personnel de l'associé est engagé.
  • À proportion : la responsabilité est divisée, jamais solidaire. Un associé à 30 % ne peut être poursuivi que pour 30 % du passif résiduel, même si les autres sont insolvables. Écrire ou lire quelque part que les associés de SCI sont « solidairement responsables » est une erreur juridique fréquente et lourde de conséquences.

Article 1858 : la subsidiarité, un vrai filtre

L'article 1858 ajoute une condition procédurale de taille : « Les créanciers ne peuvent poursuivre le paiement des dettes sociales contre un associé qu'après avoir préalablement et vainement poursuivi la personne morale. »

Concrètement, le créancier doit prouver deux choses :

  1. Des poursuites préalables : il a agi contre la SCI elle-même, avec un titre exécutoire contre elle.
  2. Des poursuites vaines : ces diligences n'ont pas permis le recouvrement. Une saisie immobilière menée à son terme dont le prix n'a pas soldé la créance remplit cette condition sans discussion. Un simple commandement resté sans effet, un procès-verbal de carence ou une saisie-attribution infructueuse peuvent également suffire selon les circonstances. La Cour de cassation juge par ailleurs que, lorsque la société civile fait l'objet d'une procédure collective, la déclaration de la créance au passif dispense le créancier d'établir l'insuffisance du patrimoine social (Cass., ch. mixte, 18 mai 2007, n° 05-10.413) — un créancier qui n'a pas déclaré sa créance ne remplit donc pas pour autant la condition de l'article 1858.

Une protection supplémentaire trop peu connue : la Cour de cassation juge de façon constante que le titre exécutoire obtenu contre la SCI ne vaut pas titre contre l'associé. Le créancier doit engager une action distincte contre chaque associé qu'il entend poursuivre et obtenir une condamnation propre. Cela lui coûte un procès de plus, par associé, et lui laisse une prescription à respecter — d'où beaucoup d'abandons en pratique lorsque les montants résiduels sont modestes.

Exemple chiffré

Poste Montant
Capital restant dû après déchéance du terme262 000 €
Intérêts de retard et indemnité de résiliation21 000 €
Frais de procédure (commissaire de justice, avocat, publicité, greffe)14 000 €
Total dû par la SCI297 000 €
Prix d'adjudication de l'immeuble (valeur de marché : 340 000 €)238 000 €
Passif résiduel59 000 €
Part de l'associé A (60 %)35 400 €
Part de l'associé B (40 %)23 600 €

Si l'associé B est insolvable, la banque ne peut pas réclamer ses 23 600 € à l'associé A : la dette est divisée. En revanche, si A s'est porté caution solidaire du prêt, la banque contournera entièrement l'article 1857 et lui réclamera les 59 000 € au titre du cautionnement. C'est toute la différence entre la responsabilité légale de l'associé et l'engagement contractuel de caution.

Cas de l'associé sortant : la responsabilité s'apprécie « à la date de l'exigibilité ou au jour de la cessation des paiements ». Un associé qui a cédé ses parts avant que la dette devienne exigible n'est pas tenu de celle-ci ; en revanche, il reste tenu des dettes déjà exigibles au jour de la cession. C'est un point à sécuriser par une garantie de passif lors d'une cession de parts, et une raison de dater précisément les événements dans les registres sociaux.


5. La procédure de saisie immobilière d'une SCI, pas à pas

Tout se trouve aux articles L311-1 et suivants et R311-1 et suivants du Code des procédures civiles d'exécution. Bonne nouvelle, si l'on peut dire : le fait que le débiteur soit une SCI ne change rien au déroulé. Seules diffèrent les modalités de signification, faites au siège social entre les mains du représentant légal — ce qui suppose, accessoirement, que l'adresse du siège au Kbis soit à jour. Un commandement signifié à une adresse abandonnée est un commandement que personne ne lit.

Étape 1 — Le commandement de payer valant saisie

Tout commence par un acte de commissaire de justice signifié à la SCI : le commandement de payer valant saisie immobilière. Il contient notamment :

  • le décompte détaillé de la créance (principal, intérêts, frais) ;
  • la copie du titre exécutoire ;
  • l'avertissement que la SCI doit payer ces sommes dans un délai de huit jours, et qu'à défaut la procédure de vente se poursuivra (art. R321-3 CPCE) — l'omission des mentions de cet article est sanctionnée par la nullité de l'acte ;
  • la désignation cadastrale de l'immeuble ;
  • l'indication que le débiteur doit constituer avocat et qu'il peut demander la vente amiable ;
  • l'indication qu'un procès-verbal de description du bien sera dressé.

Effet immédiat : la signification du commandement produit l'effet de saisie. L'immeuble devient indisponible et les droits de jouissance et d'administration de la SCI sont restreints (art. L321-2 CPCE) : elle ne peut plus le vendre librement, ni l'hypothéquer, ni consentir de nouveaux droits réels. À moins que l'immeuble ne soit loué — ce qui est le cas le plus fréquent en SCI —, le débiteur en est constitué séquestre. La saisie s'étend aux fruits, c'est-à-dire aux loyers, qui sont juridiquement affectés au créancier et devront être remis lors de la distribution du prix.

Étape 2 — La publication au service de la publicité foncière

Le commandement doit être publié au fichier immobilier, tenu par le service de la publicité foncière, dans les deux mois de sa signification (art. R321-6 CPCE). Ce délai — comme ceux des articles R321-1, R322-6, R322-10, R322-31 et les délais de deux et trois mois de l'article R322-4 — est prescrit à peine de caducité du commandement (art. R311-11 CPCE). Attention toutefois : cette caducité n'est pas automatique. Elle doit être demandée au juge de l'exécution par une partie intéressée, et elle n'est pas prononcée si le créancier poursuivant justifie d'un motif légitime. C'est cette publication qui rend la saisie opposable aux tiers (art. L321-5 CPCE) : un acquéreur potentiel qui consulte le fichier immobilier verra la saisie et ne pourra pas invoquer sa bonne foi.

La publication a une deuxième vertu, moins visible : elle déclenche l'information des créanciers inscrits (hypothèques, privilèges), qui seront assignés pour faire valoir leurs droits dans la distribution du prix.

Durée de vie du commandement : depuis la réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2021, le commandement cesse de plein droit de produire effet si, dans les cinq ans de sa publication, un jugement constatant la vente n'a pas été mentionné en marge (art. R321-20 CPCE). Auparavant, ce délai était de deux ans. Autrement dit, le créancier dispose désormais d'une fenêtre confortable et le débiteur ne peut plus miser sur la péremption.

Étape 3 — Le procès-verbal de description

Un commissaire de justice dresse un procès-verbal descriptif du bien : composition, superficie, état, occupation, identité des occupants, éventuels diagnostics. Ce document sera annexé au cahier des conditions de vente et servira de base d'information aux enchérisseurs. La SCI ne peut pas s'y opposer ; le refus d'accès expose à une autorisation judiciaire de pénétrer dans les lieux, au besoin avec le concours de la force publique.

Étape 4 — L'assignation à l'audience d'orientation

Dans les deux mois suivant la publication du commandement, le créancier poursuivant assigne la SCI à comparaître devant le juge de l'exécution à une audience d'orientation (art. R322-4 CPCE). L'assignation doit être délivrée dans un délai compris entre un et trois mois avant la date de l'audience. Les créanciers inscrits sont assignés en parallèle.

Le créancier dépose également au greffe le cahier des conditions de vente, qui contient l'état descriptif, les diagnostics, l'état hypothécaire, le montant de la mise à prix et les modalités de l'adjudication. Ce document est consultable par tout intéressé.

Étape 5 — L'audience d'orientation

Voir le chapitre 6, qui lui est entièrement consacré.

Étape 6 — La vente

Deux voies, selon ce que le juge a décidé :

Vente amiable autorisée Vente forcée (adjudication)
Qui vend ?La SCI elle-même, sous contrôle du jugeLe tribunal, aux enchères publiques
PrixNégocié, plancher fixé par le jugeMise à prix fixée par le créancier (art. L322-6)
Délai4 mois maximum, + 3 mois de prorogation possibleAudience de vente fixée par le juge
Résultat économique typique85 à 100 % de la valeur de marché50 à 75 % de la valeur de marché
Frais à la charge de l'acquéreurFrais d'acte classiquesDroits d'enregistrement + émoluments d'avocat, souvent 10 à 15 %

Étape 7 — La surenchère

Après une adjudication, toute personne peut former une surenchère du dixième au moins du prix principal (art. R322-50 CPCE). À peine d'irrecevabilité, elle est formée par acte d'avocat déposé au greffe du juge de l'exécution dans les dix jours suivant l'adjudication (art. R322-51), l'avocat attestant détenir une caution bancaire irrévocable ou un chèque de banque du dixième du prix. Une nouvelle audience de vente est alors organisée sur la mise à prix majorée.

Pour la SCI débitrice, la surenchère est une nouvelle chance : elle relève mécaniquement le prix plancher et peut réduire, voire effacer, le passif résiduel.

Étape 8 — La distribution du prix

Le prix d'adjudication n'est pas remis au créancier poursuivant : il est réparti selon un ordre de priorité, dans le cadre d'une procédure de distribution (art. L331-1 et s. CPCE). Premier point à comprendre : tous les créanciers de la SCI ne sont pas admis à la distribution. L'article L331-1 la réserve au créancier poursuivant, aux créanciers inscrits sur l'immeuble à la date de la publication du commandement, à ceux inscrits avant la publication du titre de vente et intervenus dans la procédure, ainsi qu'aux créanciers visés à l'article 2377 et au 3° de l'article 2402 du Code civil. Un simple créancier chirographaire qui n'a rien engagé reste à la porte. L'ordre est ensuite le suivant :

  1. Frais de justice exposés pour parvenir à la vente ;
  2. Créanciers titulaires d'une sûreté immobilière (hypothèque conventionnelle, hypothèques légales spéciales), dans l'ordre de leur inscription au fichier immobilier ;
  3. Créancier poursuivant chirographaire et créanciers chirographaires admis, au prorata de leurs créances, sur ce qui reste — c'est-à-dire, le plus souvent, rien ;
  4. Solde éventuel restitué à la SCI.

C'est la raison pour laquelle le rang de l'inscription hypothécaire est déterminant : une banque inscrite en second rang derrière un prêt principal de 250 000 € sur un bien vendu 238 000 € ne récupère rien.


6. L'audience d'orientation : le moment où tout se joue

Si vous ne devez retenir qu'une chose de ce guide, c'est celle-ci : l'audience d'orientation est le seul rendez-vous qui compte. Elle se tient devant le juge de l'exécution du tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble. La représentation par avocat y est obligatoire.

Ce que le juge y fait

Selon l'article R322-15 du CPCE, le juge, après avoir entendu les parties présentes ou représentées :

  • vérifie que les conditions des articles L311-2, L311-4 et L311-6 sont réunies : existence et validité du titre exécutoire, caractère liquide et exigible de la créance, étendue de la saisie, régularité formelle du commandement et de sa publication ;
  • statue sur les contestations et demandes incidentes : nullité du commandement, contestation du décompte de la créance, prescription, irrégularité de la déchéance du terme, contestation de la mise à prix ;
  • détermine les modalités de poursuite : il autorise la vente amiable si le débiteur la demande et si les conditions de marché permettent d'espérer un prix correct, ou il ordonne la vente forcée.

La règle de concentration : la porte se referme

Article R311-5 du CPCE : à peine d'irrecevabilité prononcée d'office, aucune contestation ni demande incidente ne peut être formée après l'audience d'orientation, sauf si elle porte sur des actes de procédure postérieurs à celle-ci — et dans ce cas, dans les quinze jours de leur notification. La Cour de cassation applique cette règle sans distinguer entre les contestations tenant à la procédure de saisie et celles tirées du droit substantiel.

Traduction concrète : si vous ne soulevez pas à cette audience la prescription de la créance, l'irrégularité de la déchéance du terme, l'erreur dans le décompte des intérêts, le caractère manifestement insuffisant de la mise à prix ou votre demande de délais de grâce, vous ne pourrez plus jamais le faire. Le jugement d'orientation est susceptible d'appel dans les quinze jours de sa notification ; cet appel est formé, instruit et jugé selon la procédure à jour fixe, sans que l'appelant ait à justifier d'un péril dans sa requête (art. R322-19 CPCE). Mais la cour d'appel ne peut connaître d'aucune contestation ni demande incidente qui n'aurait pas été soumise au juge de l'exécution (art. R311-5 CPCE) ; seuls des moyens nouveaux au soutien d'une contestation déjà formée demeurent recevables.

La checklist de préparation

À vérifier / produire Pourquoi
Régularité de la déchéance du termeUne mise en demeure préalable manquante ou non conforme au contrat peut priver la créance de son exigibilité
Décompte détaillé de la créanceIntérêts, indemnité de résiliation, frais : les erreurs de calcul sont fréquentes
Date de publication du commandementPublication hors du délai de 2 mois : caducité encourue (art. R321-6 et R311-11)
Pouvoir du signataire pour la SCISignification et représentation doivent viser le représentant légal en exercice
Montant de la mise à prixInsuffisance manifeste contestable devant le juge (art. L322-6)
Estimations de valeur (2 agences minimum)Étayer la demande de vente amiable et le prix plancher
Mandat de vente déjà signé, marques d'intérêt écritesDémontrer que la vente amiable est réaliste, pas dilatoire
Plan de trésorerie de la SCIAppuyer une demande de délais au titre de l'article 1343-5 C. civ.

Un gérant qui arrive à l'audience avec une comptabilité à jour, des relevés bancaires cohérents, deux avis de valeur et un mandat de vente signé obtient très fréquemment l'autorisation de vendre à l'amiable. Un gérant qui arrive les mains vides, ou qui ne comparaît pas, sort de l'audience avec un jugement ordonnant la vente forcée et une date d'adjudication.


7. Hypothèque, prêteur de deniers et hypothèque judiciaire sur l'immeuble de la SCI

Les sûretés inscrites sur l'immeuble déterminent qui sera payé, et dans quel ordre. Cette lecture-là n'attend pas le contentieux : un état hypothécaire demandé au service de la publicité foncière coûte quelques euros et dit, en une page, combien il manquera le jour d'une vente. Peu de gérants pensent à le demander avant qu'un commissaire de justice sonne à la porte.

L'hypothèque conventionnelle

Consentie par la SCI dans un acte notarié, elle garantit un prêt de n'importe quelle nature : acquisition, travaux, construction, refinancement, découvert. Elle est inscrite au service de la publicité foncière pour la durée du prêt augmentée d'un an. Elle donne à son titulaire un droit de préférence (être payé avant les chirographaires, selon le rang d'inscription) et un droit de suite (poursuivre le bien même s'il a été vendu à un tiers).

Coût : de l'ordre de 1,5 % du montant garanti, en cumulant émoluments du notaire, taxe de publicité foncière de 0,70 % (art. 844 CGI, soit 0,715 % frais d'assiette compris), contribution de sécurité immobilière et débours. Sur un prêt de 300 000 €, comptez environ 4 000 à 4 500 €.

L'hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers

C'est l'ancien « privilège de prêteur de deniers » (PPD). L'ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021 portant réforme du droit des sûretés, entrée en vigueur le 1er janvier 2022, a supprimé les privilèges immobiliers spéciaux et les a transformés en hypothèques légales spéciales. Le prêteur de deniers relève désormais de l'article 2402 du Code civil.

Critère Hypothèque conventionnelle Hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers
Ce qu'elle peut garantirTout financement, y compris travaux et constructionUniquement les fonds ayant servi à acquérir un bien existant
FormalismeActe notariéActe de prêt authentique mentionnant l'affectation + quittance authentique du vendeur
Taxe de publicité foncière0,70 % due (art. 844 CGI), soit 0,715 % frais d'assiette comprisExonérée
Coût total indicatif≈ 1,5 % du montant garanti≈ 0,5 % du montant garanti
RangÀ la date d'inscriptionÀ la date d'inscription (et non plus rétroactivement à la date de l'acte de vente comme sous l'ancien PPD) ; prime les hypothèques judiciaires et conventionnelles inscrites le même jour

Conséquence pratique pour une SCI qui achète et rénove : la banque prendra souvent une hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers sur la part « acquisition » et une hypothèque conventionnelle sur la part « travaux ». Deux inscriptions, deux coûts. Sur un projet de 400 000 € dont 80 000 € de travaux, la différence de coût de garantie par rapport à une hypothèque unique se chiffre en quelques milliers d'euros — un poste à intégrer dans le plan de financement, au même titre que les frais de dossier.

L'hypothèque judiciaire conservatoire

Un créancier qui n'a pas encore de titre exécutoire mais dont la créance paraît fondée en son principe, et dont le recouvrement est menacé, peut obtenir du juge l'autorisation d'inscrire une hypothèque judiciaire conservatoire sur l'immeuble de la SCI (autorisation : art. L511-1 CPCE ; sûreté judiciaire : art. L531-1 CPCE, qui vise aussi bien les immeubles que les parts sociales). L'inscription est provisoire, publiée, et doit faire l'objet d'une publicité définitive dans les délais impartis une fois le titre obtenu, faute de quoi elle devient caduque. À noter : le bien grevé d'une sûreté judiciaire reste aliénable, le prix étant alors consigné.

C'est une arme fréquente dans les litiges de travaux : l'entreprise impayée inscrit une hypothèque conservatoire, ce qui bloque de fait toute vente ou tout refinancement de la SCI, et crée une forte pression à la négociation. Là encore, la sûreté ne peut être inscrite que si la créance est contre la SCI : un créancier personnel d'un associé ne peut pas l'obtenir sur l'immeuble social.

Et le fisc ?

Le Trésor public dispose de ses propres garanties : privilège du Trésor et faculté d'inscrire une hypothèque légale pour les impôts dus par la SCI (IS, taxe foncière, TVA, contribution sur les revenus locatifs, pénalités). Il peut aussi engager lui-même une saisie immobilière sur le fondement de l'avis de mise en recouvrement, qui vaut titre exécutoire — sans passer par un juge. C'est une des raisons pour lesquelles une dette fiscale ne doit jamais être laissée dormir. Voir notre guide sur le contrôle fiscal d'une SCI et celui sur que faire en cas de retard.


8. Les portes de sortie : vente amiable, délais de grâce, procédures collectives

Porte n° 1 — La vente amiable sur autorisation judiciaire

C'est statistiquement la meilleure issue, et de loin. Prévue aux articles L322-1 à L322-4 et R322-20 à R322-25 du CPCE, elle permet à la SCI de vendre elle-même son bien, sous le contrôle du juge.

Mécanique précise :

  • La demande se formule à l'audience d'orientation. Le juge apprécie si les conditions du marché permettent d'espérer un prix proche de la valeur réelle du bien.
  • S'il autorise, il fixe un prix plancher en dessous duquel l'immeuble ne peut être vendu, ainsi que les conditions particulières (délais de visite, publicité).
  • L'affaire est rappelée à une audience fixée par le juge, dans un délai qui ne peut excéder quatre mois (art. R322-21 CPCE).
  • À cette audience, le juge ne peut accorder qu'un seul délai supplémentaire, de trois mois maximum, et uniquement si la SCI justifie d'un engagement écrit d'acquisition, pour permettre la réitération par acte authentique.
  • Le prix est consigné et distribué selon l'ordre des créanciers. Si le prix ne suffit pas, la procédure de distribution s'ouvre normalement.

L'écart économique est énorme. Sur un bien valant 340 000 € : une vente amiable bien menée sort à 320 000-335 000 € ; une adjudication sur mise à prix de 150 000 € sort typiquement entre 190 000 et 250 000 €. Sur notre exemple du chapitre 4, le passif résiduel de 59 000 € disparaissait entièrement en vente amiable. La vente amiable ne sauve pas le bien — mais elle sauve souvent le patrimoine personnel des associés.

Le conseil qui change tout : ne pas attendre l'audience d'orientation pour commencer à vendre. Dès la réception du commandement, mandatez deux agences, faites établir les diagnostics, réunissez les baux et le dossier technique. Arriver à l'audience avec une offre écrite en main transforme une demande de vente amiable en formalité.

Porte n° 2 — Les délais de grâce (art. 1343-5 C. civ.)

L'article 1343-5 du Code civil permet au juge, compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier, de reporter ou échelonner le paiement des sommes dues dans la limite de deux années. Il peut également ordonner que les sommes correspondant aux échéances reportées porteront intérêt à un taux réduit, et subordonner ces mesures à l'accomplissement d'actes propres à faciliter ou garantir le paiement. La décision suspend les procédures d'exécution engagées par le créancier.

Trois conditions pratiques pour que ça marche :

  1. Demander à l'audience d'orientation — impérativement, en raison de la concentration imposée par l'article R311-5 CPCE.
  2. Documenter la capacité de remboursement : c'est un plan de trésorerie, pas une déclaration d'intention. Loyers attendus, charges, échéancier proposé, mois par mois. Une SCI dont la comptabilité est à jour peut le produire en quelques minutes ; une SCI dont les comptes sont en retard n'a rien à montrer.
  3. Montrer une difficulté conjoncturelle, pas structurelle : un locataire défaillant remplacé, des travaux terminés, un second bien vendu. Un déficit chronique ne justifie pas des délais.

Porte n° 3 — Renégocier ou refinancer

Avant la déchéance du terme, presque tout reste possible : report d'échéances (la plupart des contrats prévoient une modularité), allongement de la durée, passage temporaire à des échéances réduites, rachat de crédit par un autre établissement. Après la déchéance du terme, le refinancement devient difficile mais pas impossible si la SCI dispose d'un actif net positif : certains acteurs spécialisés proposent des prêts de restructuration adossés à l'immeuble, à des taux élevés, dans l'attente d'une vente. Si le déséquilibre est structurel et non conjoncturel, la question à traiter n'est pas le financement mais le modèle : voir notre guide sur la SCI déficitaire.

L'apport en compte courant d'associé reste la solution la plus rapide et la moins coûteuse lorsque les associés en ont les moyens : il n'exige aucune formalité de capital, il est remboursable, et il permet de purger les échéances en retard avant que la déchéance ne soit prononcée. Il doit être formalisé (convention écrite, écriture comptable, mention en assemblée) pour être opposable.

Porte n° 4 — Les procédures collectives

Une SCI est une personne morale de droit privé : elle est donc éligible aux procédures collectives — sauvegarde (art. L620-2 C. com.), redressement judiciaire (art. L631-2) et liquidation judiciaire (art. L640-2). Deux particularités à connaître :

  • Le tribunal compétent. En principe, la procédure collective d'une société civile relève du tribunal judiciaire et non du tribunal de commerce. Mais depuis le 1er janvier 2025, et jusqu'au 31 décembre 2028, une expérimentation confie ce contentieux au tribunal des activités économiques (TAE) dans 12 ressorts — Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles : dans ces ressorts, c'est le TAE qui est compétent pour une SCI (loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023, art. 26).
  • La cessation des paiements se définit comme l'impossibilité de faire face au passif exigible avec l'actif disponible (art. L631-1 C. com.). L'ouverture doit être demandée par le débiteur au plus tard dans les 45 jours qui suivent la cessation des paiements, s'il n'a pas dans ce délai demandé l'ouverture d'une conciliation (art. L631-4 C. com.). Le défaut de déclaration expose le gérant à une sanction personnelle, notamment une interdiction de gérer.

Effet majeur : le jugement d'ouverture suspend les poursuites individuelles et arrête le cours des intérêts — sauf, précisément, les intérêts des contrats de prêt conclus pour une durée d'au moins un an (art. L622-28 C. com.). Le crédit immobilier de la SCI continue donc à produire des intérêts. Une saisie immobilière en cours est interrompue. En sauvegarde ou en redressement, un plan peut étaler le passif sur plusieurs années. C'est parfois la seule manière de sauver un patrimoine locatif viable dont la trésorerie a décroché ponctuellement.

Attention aux fausses bonnes idées. La procédure de surendettement des particuliers n'est pas ouverte à une SCI (elle est réservée aux personnes physiques). La mise en sommeil ne fait pas disparaître les dettes et n'arrête aucune saisie. La dissolution amiable est impossible tant que la SCI ne peut pas désintéresser ses créanciers : le liquidateur qui constate une insuffisance d'actif doit déclarer la cessation des paiements.


9. Trois cas pratiques chiffrés de saisie en SCI

Cas 1 — La banque saisit l'immeuble de la SCI

Situation. SCI Les Tilleuls, à l'IS, deux associés (Marc 60 %, Julie 40 %). Immeuble de rapport acheté 400 000 € en 2019, financé par un prêt de 340 000 € sur 20 ans garanti par une hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers. Les deux associés se sont portés caution solidaire à hauteur de 50 % chacun. Deux locataires partent, le troisième cesse de payer ; la trésorerie décroche.

Chronologie Événement Passif cumulé
Mars N1re échéance impayée (1 850 €)264 000 € de CRD
Juin NMise en demeure — 4 échéances de retard271 400 €
Septembre NDéchéance du terme + indemnité contractuelle de 7 %290 000 €
Janvier N+1Commandement de payer valant saisie, publié en février296 000 €
Mai N+1Audience d'orientation — vente amiable autorisée, plancher 315 000 €304 000 €
Septembre N+1Vente signée à 328 000 €Solde positif : + 24 000 €

Résultat. La vente amiable solde intégralement la dette et laisse 24 000 € à la SCI, répartis entre Marc et Julie après liquidation. Les cautions ne sont jamais appelées.

Variante défavorable. Marc, sidéré, ne consulte pas d'avocat et ne comparaît pas à l'audience d'orientation. Le juge ordonne la vente forcée sur une mise à prix de 160 000 €. L'immeuble est adjugé 232 000 € en novembre N+1. Passif résiduel : 72 000 €. La banque appelle les cautions — mais chacune étant plafonnée à 50 % de la dette, elle ne peut réclamer à Marc que 36 000 € et doit poursuivre Julie pour le solde. C'est exactement l'intérêt d'une caution plafonnée : sans ce plafond, Marc, plus solvable, aurait été appelé pour la totalité. Coût de l'absence à une audience : 96 000 € d'écart.

Cas 2 — Le créancier personnel d'un associé

Situation. SCI Bellevue, trois associés. Paul (35 %) a cautionné personnellement la SAS de son beau-frère, qui a été liquidée. La banque obtient contre Paul une condamnation à 145 000 €. Elle découvre qu'il détient 35 % d'une SCI propriétaire d'un immeuble estimé 620 000 €, sur lequel il reste 180 000 € de crédit.

Ce que la banque tente Résultat
Saisie de l'immeuble de la SCIImpossible — l'immeuble n'est pas dans le patrimoine de Paul
Saisie-attribution du compte bancaire de la SCIImpossible — compte de la personne morale
Saisie des loyers entre les mains des locatairesImpossible — les loyers sont dus à la SCI
Saisie des parts sociales de Paul (art. 1867)Possible
Saisie des distributions futures dues à PaulPossible (créance de Paul sur la SCI)

Calcul de la valeur des parts. Actif net réévalué : 620 000 − 180 000 = 440 000 €. Quote-part de Paul : 35 % × 440 000 = 154 000 €. Décote de minorité et d'illiquidité de 25 % en adjudication : valeur probable d'adjudication ≈ 115 000 €, pour une créance de 145 000 €.

Issue réelle. Les deux autres associés reçoivent la notification du projet de vente un mois avant et exercent la faculté de rachat prévue par les statuts : ils rachètent les parts de Paul à 148 000 €, valeur d'expertise. La banque est désintéressée, la SCI n'a pas changé de mains, l'immeuble n'a jamais été menacé. Sans clause de rachat prévue dans les statuts et sans trésorerie mobilisable, un tiers serait entré au capital.

Cas 3 — La dette fiscale de la SCI

Situation. SCI Marais, à l'IS, n'a déposé aucune liasse fiscale pendant quatre exercices. Contrôle fiscal : reconstitution du résultat, rappels d'IS de 46 000 €, majoration de 40 % pour manquement délibéré (18 400 €), intérêts de retard au taux de 0,20 % par mois (art. 1727 CGI, environ 3 300 €), et amende de 5 000 € pour non-présentation du fichier des écritures comptables (art. 1729 D CGI). Total mis en recouvrement : 72 700 €.

L'avis de mise en recouvrement vaut titre exécutoire. Le comptable public inscrit une hypothèque légale, puis engage une saisie immobilière sur l'immeuble de la SCI, estimé 290 000 € et grevé d'un crédit de 95 000 €.

Ce qui a sauvé la SCI : une demande de délais de paiement présentée au comptable public avant l'audience d'orientation, appuyée sur un plan de trésorerie issu d'une comptabilité reconstituée, assortie d'une remise gracieuse partielle des pénalités (art. L247 du LPF). La majoration de 40 % a été ramenée à 10 %, le passif à environ 58 900 €, étalé sur 24 mois. La saisie a été abandonnée.

La leçon : le dossier a été sauvé par des documents. Sans comptabilité reconstituée, aucun plan crédible, aucune remise gracieuse, et une adjudication. C'est l'illustration la plus nette de ce que vaut une comptabilité de SCI tenue à jour le jour où les choses tournent mal.

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10. Les erreurs qui coûtent le plus cher

Erreur 1 — Croire que la SCI met le bien à l'abri de la banque

C'est l'erreur fondatrice. La SCI protège du créancier personnel de l'associé, jamais du créancier social. Et comme la banque exige presque toujours des cautions personnelles, la protection résiduelle face au financeur principal est proche de zéro. Si la protection patrimoniale est votre objectif, l'action utile n'est pas de créer une société mais de négocier la garantie : caution plafonnée en montant et en durée, caution divisée entre associés au lieu de solidaire, ou garantie limitée au bien financé.

Erreur 2 — Apporter un bien à une SCI pour échapper à un créancier existant

L'action paulienne de l'article 1341-2 du Code civil permet au créancier antérieur de faire déclarer l'apport inopposable à son égard. Le bien redevient saisissable comme s'il n'avait jamais quitté le patrimoine du débiteur. S'y ajoutent le risque de fictivité de la société et, sur le terrain fiscal, la procédure d'abus de droit. Le calendrier est décisif : une SCI créée dix ans avant l'apparition de la dette ne pose aucun problème ; une SCI créée trois mois après une assignation en est un.

Erreur 3 — Ignorer le commandement de payer

Un commandement de payer valant saisie n'est pas une relance. C'est le déclenchement d'une procédure judiciaire dont le calendrier est déjà écrit. Le délai de huit jours pour payer est court, mais ce n'est pas le vrai enjeu : le vrai enjeu est de constituer avocat immédiatement et de préparer l'audience d'orientation, seule fenêtre de contestation.

Erreur 4 — Ne pas comparaître à l'audience d'orientation

C'est l'erreur la plus coûteuse de toutes, et la plus fréquente. La règle de concentration de l'article R311-5 CPCE éteint définitivement tous les moyens non soulevés. Ne pas venir revient à renoncer à la vente amiable, aux délais de grâce, à la contestation du décompte et à celle de la mise à prix — soit, dans notre cas pratique, un écart de près de 100 000 €.

Erreur 5 — Attendre l'audience pour chercher un acquéreur

Le juge n'autorise la vente amiable que s'il la juge réaliste. Arriver sans estimation, sans mandat et sans marque d'intérêt écrite, c'est se voir opposer un doute légitime et repartir avec une vente forcée. Le travail commercial doit commencer le jour de la réception du commandement.

Erreur 6 — Confondre patrimoine personnel et patrimoine social

Loyers encaissés sur un compte personnel, travaux de la SCI payés par le gérant sans écriture, retraits sans convention de compte courant : chacun de ces faits alimente une demande de fictivité ou de confusion des patrimoines, qui fait tomber la seule protection réelle offerte par la structure. La discipline élémentaire — compte bancaire dédié, comptabilité, assemblée générale annuelle, registres tenus — n'est pas du formalisme, c'est votre défense.

Erreur 7 — Laisser dormir un impayé de loyer

Beaucoup de saisies commencent par un locataire qui cesse de payer. Chaque mois d'inaction sur un impayé de loyer creuse le décalage entre les recettes et les échéances d'emprunt. Une garantie loyers impayés souscrite en amont coûte 2 à 4 % des loyers annuels ; une saisie coûte l'immeuble.

Erreur 8 — Écrire ou croire que les associés sont solidaires

Ils ne le sont pas. L'article 1857 du Code civil institue une responsabilité indéfinie mais divisée, à proportion des parts. Cette nuance vaut parfois des dizaines de milliers d'euros : un associé minoritaire poursuivi pour la totalité doit opposer la division de la dette. Seule une caution solidaire librement consentie permet au créancier de réclamer le tout à un seul.


11. Prévenir : documenter ses engagements avant qu'il soit trop tard

Une saisie immobilière ne se joue pas devant le juge de l'exécution. Elle se joue trois ans plus tôt, à la signature du prêt, dans la rédaction des statuts et dans la régularité du suivi comptable. Ce qui suit tient en huit réflexes, tous peu coûteux, et tous décisifs le jour où ça déraille.

Action préventive Quand Ce que ça évite
Négocier une caution plafonnée et diviséeÀ la signature du prêtQue la banque réclame 100 % de la dette résiduelle à un seul associé
Prévoir une clause de rachat des parts saisies dans les statutsÀ la création ou par modificationL'entrée d'un tiers adjudicataire au capital
Constituer une réserve de trésorerie (3 à 6 mois d'échéances)En continuLa spirale impayé → déchéance du terme
Souscrire une GLI ou exiger une caution solide du locataireÀ chaque bailLe trou de recettes qui déclenche tout
Formaliser tout compte courant d'associé par convention écriteÀ chaque apportLa contestation du financement et la confusion des patrimoines
Tenir une AG annuelle et un registre à jourChaque année, dans les 6 mois de la clôtureLa demande de fictivité de la société
Déposer les déclarations fiscales dans les délaisChaque exerciceRappels, majorations 40-80 %, hypothèque légale du Trésor
Conserver les justificatifs 10 ansEn continuL'impossibilité de contester un décompte ou un redressement

Rien d'exotique là-dedans : c'est le quotidien d'une SCI correctement gérée. Le jour où un commandement arrive, ce qui sépare un dossier défendable d'un dossier perdu tient presque toujours à la même chose — des pièces datées, cohérentes, et sorties en dix minutes plutôt qu'en trois semaines. Voir aussi notre guide sur les documents à conserver et sur les charges déductibles, qui conditionnent la crédibilité de vos comptes.

Contenu pédagogique. Cet article présente le droit applicable en 2026 à titre d'information générale. Il ne remplace pas l'analyse d'un avocat sur votre dossier : la saisie immobilière est une procédure technique où chaque délai compte. Si vous avez reçu un commandement de payer valant saisie, consultez un avocat sans attendre — la représentation est obligatoire devant le juge de l'exécution.


12. FAQ — Saisie immobilière et SCI

La SCI protège-t-elle l'immeuble d'une saisie ?

Uniquement contre le créancier personnel d'un associé, qui ne peut pas saisir un bien appartenant à une autre personne juridique. Contre un créancier de la SCI — banque, artisan, syndic, Trésor public — l'immeuble est parfaitement saisissable. Et même dans le premier cas, la protection est partielle : le créancier personnel peut faire vendre aux enchères les parts sociales de son débiteur (art. 1867 C. civ.).

Combien de temps dure une procédure de saisie immobilière ?

Comptez généralement 12 à 24 mois entre le commandement de payer valant saisie et l'adjudication, en fonction de l'encombrement du tribunal, des contestations soulevées et d'une éventuelle autorisation de vente amiable (qui ajoute 4 à 7 mois). Si l'on remonte au premier impayé, l'ensemble du processus s'étale plus souvent sur 2 à 3 ans.

La SCI peut-elle vendre son bien après le commandement ?

Pas librement : la signification du commandement rend l'immeuble indisponible (art. L321-2 CPCE). Une vente conclue en méconnaissance de cette indisponibilité est inopposable au créancier saisissant. En revanche, la SCI peut demander au juge de l'exécution, à l'audience d'orientation, l'autorisation de vendre à l'amiable sous contrôle judiciaire — c'est presque toujours la meilleure issue financière.

Que deviennent les locataires en cas d'adjudication ?

Les baux en cours régulièrement conclus avant la saisie sont en principe maintenus : l'adjudicataire devient le nouveau bailleur et reprend le bail aux conditions existantes. Les baux consentis après l'acte de saisie, en revanche, sont inopposables au créancier poursuivant comme à l'acquéreur, quelle que soit leur durée (art. L321-4 CPCE) — la preuve de l'antériorité du bail pouvant être rapportée par tous moyens, et la Cour de cassation admettant que le bail postérieur reste opposable à l'adjudicataire qui en avait connaissance avant l'adjudication. C'est un point à connaître avant de relouer un bien sous le coup d'une saisie.

Le gérant de la SCI risque-t-il quelque chose personnellement ?

En tant que gérant, sa responsabilité peut être engagée pour faute de gestion à l'égard des associés ou des tiers, et en cas de procédure collective, pour insuffisance d'actif ou défaut de déclaration de la cessation des paiements dans les 45 jours. En tant qu'associé, il répond des dettes sociales à proportion de ses parts (art. 1857). En tant que caution, il répond de ce qu'il a signé. Ces trois casquettes sont distinctes et se cumulent. Voir notre guide sur le gérant de SCI.

Faut-il obligatoirement un avocat ?

Oui. La représentation par avocat est obligatoire devant le juge de l'exécution en matière de saisie immobilière, et seul un avocat peut porter les enchères à l'audience d'adjudication. Compte tenu de la règle de concentration de l'article R311-5 CPCE, choisir un avocat rompu à cette procédure — et le saisir dès la réception du commandement — n'est pas une dépense mais un investissement.

Un associé peut-il racheter le bien aux enchères ?

Rien n'interdit à un associé d'enchérir, par ministère d'avocat, sur l'immeuble de sa propre SCI. Le débiteur saisi, lui, ne peut enchérir ni par lui-même ni par personne interposée (art. R322-39 CPCE) : une SCI constituée pour faire écran a déjà été jugée nulle sur ce fondement. C'est une stratégie parfois utilisée pour conserver le bien à un prix d'adjudication inférieur au marché, mais elle suppose de disposer du financement à très court terme : le prix doit être consigné dans des délais brefs, et l'adjudicataire supporte en sus les droits et émoluments, souvent 10 à 15 % du prix.

Le taux d'endettement HCSF s'applique-t-il à la SCI ?

Les normes du Haut Conseil de stabilité financière — taux d'effort maximal de 35 % assurance comprise, durée de crédit plafonnée à 25 ans — visent les personnes physiques emprunteuses, pas la SCI en tant que telle. En pratique, comme les associés se portent caution, les banques réintègrent l'engagement dans leur analyse personnelle. La SCI ne permet donc pas de contourner ces normes.

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FAQ

Questions fréquentes

Tout dépend de qui est le créancier. Le créancier de la SCI elle-même (la banque qui a prêté à la société, l'entreprise de travaux impayée, le Trésor public pour un impôt dû par la SCI) peut parfaitement faire saisir l'immeuble : il appartient à la SCI, qui est le débiteur. Le créancier personnel d'un associé (une dette de carte de crédit, un divorce, une caution donnée à titre personnel pour une autre société) ne le peut pas : l'immeuble n'est pas dans le patrimoine de l'associé. Il pourra en revanche faire saisir et vendre les parts sociales de cet associé.
Elle protège contre un seul risque : celui du créancier personnel de l'associé. Elle ne protège absolument pas contre le créancier de la SCI. Et même contre le créancier personnel, la protection est partielle : celui-ci peut faire vendre aux enchères les parts sociales de l'associé débiteur (art. 1867 et 1868 du Code civil), ce qui revient économiquement à lui faire perdre sa quote-part du bien.
Pas directement. Elle doit d'abord prononcer la déchéance du terme (le capital restant dû devient immédiatement exigible), puis faire délivrer par un commissaire de justice un commandement de payer valant saisie immobilière. Ce commandement est publié au service de la publicité foncière dans les deux mois. La procédure judiciaire commence ensuite devant le juge de l'exécution du tribunal judiciaire. Comptez rarement moins de 12 mois entre le commandement et l'adjudication, et le plus souvent 2 à 3 ans si l'on remonte au premier impayé.
C'est l'acte qui déclenche la saisie immobilière. Signifié par commissaire de justice au débiteur, il contient l'avertissement de payer dans un délai de huit jours (art. R321-3 du Code des procédures civiles d'exécution) et, à défaut, l'annonce de la vente forcée du bien. Il doit être publié au fichier immobilier dans les deux mois de sa signification (art. R321-6), ce délai étant prescrit à peine de caducité du commandement (art. R311-11). C'est la publication qui rend la saisie opposable aux tiers (art. L321-5).
Oui. La signification du commandement produit l'effet de saisie : l'immeuble devient indisponible et les droits de jouissance et d'administration de la SCI sont restreints ; à moins qu'il ne soit loué — ce qui est le cas le plus fréquent en SCI — le débiteur en est constitué séquestre (art. L321-2 CPCE). Elle ne peut plus le vendre librement, ni le grever de droits réels. Elle en conserve la jouissance, mais les loyers sont eux aussi saisis (art. L321-3 CPCE) et devront être remis lors de la distribution du prix.
L'acte de saisie emporte saisie des fruits, donc des loyers (art. L321-3 CPCE). En pratique, la SCI les perçoit encore matériellement mais à titre de séquestre : ils sont juridiquement affectés au créancier saisissant et devront être restitués lors de la distribution du prix. Le créancier peut aussi les faire bloquer directement en pratiquant une saisie-attribution entre les mains des locataires.
C'est l'audience clé de la procédure, devant le juge de l'exécution. Le créancier doit y assigner la SCI dans les deux mois de la publication du commandement (art. R322-4 CPCE). Le juge y vérifie la régularité de la procédure, tranche toutes les contestations, statue sur les demandes de délais, puis oriente : soit il autorise une vente amiable, soit il ordonne la vente forcée aux enchères. C'est le moment où tout se joue.
Presque plus. L'article R311-5 du CPCE impose une concentration stricte : à peine d'irrecevabilité relevée d'office, aucune contestation ni demande incidente ne peut être formée après l'audience d'orientation, sauf si elle porte sur des actes postérieurs à celle-ci (et alors dans les quinze jours de leur notification). Ne pas comparaître à cette audience, ou y venir sans avocat préparé, ferme définitivement la porte.
Oui, et c'est presque toujours la meilleure issue. À l'audience d'orientation, la SCI peut demander l'autorisation de vendre elle-même son bien. Le juge fixe un prix plancher et les conditions. La vente doit être réalisée dans un délai fixé par le juge, qui ne peut excéder quatre mois, prorogeable une seule fois de trois mois si un engagement écrit d'acquisition est justifié (art. R322-21 CPCE). Le prix obtenu à l'amiable est en général très supérieur à celui d'une adjudication.
Le créancier poursuivant (art. L322-6 CPCE). Elle est souvent nettement inférieure à la valeur du bien. Le débiteur peut saisir le juge en cas d'insuffisance manifeste pour la faire relever, mais attention : s'il n'y a aucune enchère, le créancier ne peut être déclaré adjudicataire d'office qu'au montant de la mise à prix initiale.
Oui, sur le fondement de l'article 1343-5 du Code civil : le juge peut reporter ou échelonner le paiement dans la limite de deux ans, et suspendre les procédures d'exécution en cours. Mais en saisie immobilière, cette demande doit impérativement être présentée à l'audience d'orientation, faute de quoi elle sera irrecevable (art. R311-5 CPCE).
Oui, si le prix ne couvre pas la dette. L'article 1857 du Code civil rend les associés de SCI responsables indéfiniment des dettes sociales, à proportion de leurs parts — mais jamais solidairement. L'article 1858 impose au créancier d'avoir préalablement et vainement poursuivi la SCI : une saisie qui n'a pas suffi remplit cette condition. Chaque associé est alors poursuivi pour sa quote-part exacte.
Le privilège de prêteur de deniers n'existe plus sous ce nom : la réforme des sûretés du 15 septembre 2021, entrée en vigueur le 1er janvier 2022, l'a transformé en hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers (art. 2402 du Code civil). Elle ne garantit qu'un prêt ayant servi à acquérir un bien existant, exige un acte authentique, et est exonérée de taxe de publicité foncière — donc moins coûteuse. L'hypothèque conventionnelle, elle, peut garantir n'importe quel financement, y compris travaux et construction.
Oui. Le créancier personnel d'un associé peut faire saisir et vendre aux enchères ses parts sociales. La réalisation forcée doit être notifiée un mois avant la vente à la société et aux associés (art. 1868 du Code civil). Dans ce délai, les associés peuvent décider la dissolution de la société ou acquérir les parts dans les conditions des articles 1862 et 1863. Après la vente, chaque associé dispose de cinq jours francs pour se substituer à l'acquéreur (art. 1867).
Non, et c'est même dangereux. L'apport d'un immeuble à une SCI dans le but d'échapper à un créancier existant est attaquable par l'action paulienne (art. 1341-2 du Code civil) : le créancier peut faire déclarer l'acte inopposable et saisir le bien comme s'il n'avait jamais été apporté. S'y ajoute le risque de SCI fictive et, sur le terrain fiscal, d'abus de droit.
Oui. Une SCI est une personne morale de droit privé : elle est éligible à la sauvegarde, au redressement et à la liquidation judiciaire (art. L620-2, L631-2 et L640-2 du Code de commerce). En principe, le tribunal compétent pour une société civile est le tribunal judiciaire, et non le tribunal de commerce ; mais depuis le 1er janvier 2025 et jusqu'au 31 décembre 2028, une expérimentation confie ce contentieux au tribunal des activités économiques (TAE) dans 12 ressorts (dont Paris, Lyon, Marseille, Nanterre, Versailles, Le Havre) : une SCI dont le siège s'y trouve relève du TAE. La cessation des paiements — passif exigible supérieur à l'actif disponible — doit être déclarée dans les 45 jours (art. L631-1). L'ouverture d'une procédure collective suspend les poursuites individuelles.