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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Cession de parts de SCI 2026 Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Guide SCI Familiale 2026 SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Le guichet unique INPI Statuts SCI : rédiger des statuts solides Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

Répartition des charges du bail commercial en SCI : qui paie quoi (2026)

« Le preneur supportera tous les frais, charges, impôts et travaux de quelque nature qu'ils soient. » Cette phrase se trouve encore dans la majorité des baux commerciaux que je vois passer. Pendant quarante ans, elle a fonctionné : le bailleur encaissait son loyer net, le locataire payait le reste, et personne ne discutait. Depuis la loi Pinel du 18 juin 2014 et son décret d'application du 3 novembre 2014, elle est en grande partie du papier peint.

Le bail doit désormais comporter un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, et cinq blocs de dépenses ne peuvent plus partir chez le locataire, quoi qu'en dise la clause. Pour une SCI qui détient des murs commerciaux, ça se traduit par deux chiffres très concrets : ce que l'immeuble coûte vraiment chaque année une fois la refacturation faite, et ce que le preneur peut vous réclamer s'il fait relire son bail — cinq annuités de charges appelées à tort.

On reste ici sur le bail commercial. La copropriété d'habitation est traitée dans le guide sur les charges de copropriété en SCI, le décompte du bail d'habitation dans celui sur les charges locatives, et les écritures comptables dans celui sur la refacturation des charges au locataire.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code de commerce, Code civil, CGI, BOFiP, Légifrance). Mis à jour le 3 août 2026. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé.

À retenir en 30 secondes. Deux dates, pas une. Bail conclu ou renouvelé à partir du 1er septembre 2014 ? Il lui faut un inventaire précis et limitatif des charges (art. L145-40-2 C. com.). À partir du 5 novembre 2014 s'y ajoutent les interdictions du décret Pinel (art. R145-35 à R145-37) : cinq catégories ne partiront alors jamais chez le preneur — les grosses réparations de l'article 606 du Code civil et les honoraires qui vont avec, les travaux de vétusté ou de mise en conformité qui relèvent de ces mêmes grosses réparations, les impôts dont vous êtes le redevable légal (sauf la taxe foncière, ses additionnelles et les impôts liés à l'usage du local ou à un service dont le preneur profite), les honoraires de gestion des loyers, et les charges des locaux vacants. Toute clause contraire est réputée non écrite (art. L145-15), et la restitution se réclame sur cinq ans.


1. La répartition des charges avant et après la loi Pinel

Jusqu'en 2014 : le règne de la clause « tous frais et charges »

Le statut des baux commerciaux — les articles L145-1 et suivants du Code de commerce — ne disait rien des charges. Rien du tout. Le principe applicable était donc la liberté contractuelle pure, et la pratique s'est installée : une clause balai stipulant que le preneur supporte tous les frais, charges, impôts, taxes et travaux de quelque nature qu'ils soient, y compris ceux de l'article 606 du Code civil, de sorte que le loyer soit perçu net de toute charge par le bailleur.

C'est le fameux « loyer triple net », importé des pratiques anglo-saxonnes. Parfaitement valable à l'époque. C'était même l'un des grands arguments du commercial face à l'habitation, où la liste des charges récupérables est verrouillée depuis 1987. Vous achetiez une boutique, vous saviez que le loyer tomberait presque sans déperdition.

Un seul contrepoids, et il était indirect : au renouvellement, le juge des loyers tient compte des obligations respectives des parties — dont la charge des travaux —, troisième des éléments de la valeur locative listés à l'article L145-33 du Code de commerce. Un bail écrasant pour le preneur justifiait un loyer plus bas. Le contrat, lui, restait libre.

La loi Pinel du 18 juin 2014 : un ordre public partiel

La loi n° 2014-626 du 18 juin 2014 relative à l'artisanat, au commerce et aux très petites entreprises, dite loi Pinel, a introduit dans le Code de commerce un article L145-40-2 qui impose désormais trois obligations au bailleur :

  • Annexer au bail un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts, taxes et redevances liés au bail, en indiquant leur répartition entre bailleur et preneur.
  • Adresser chaque année un état récapitulatif de ces charges, et informer le preneur en cours de bail de toute charge nouvelle.
  • Communiquer, à la conclusion du bail puis tous les trois ans, un état prévisionnel des travaux à venir avec budget, et un état récapitulatif des travaux réalisés avec leur coût.

Le dernier alinéa de l'article renvoie à un décret en Conseil d'État le soin de préciser « les charges, les impôts, taxes et redevances qui, en raison de leur nature, ne peuvent être imputés au locataire ». C'est le décret n° 2014-1317 du 3 novembre 2014, publié au Journal officiel du 5 novembre 2014, qui a créé les articles R145-35 à R145-37 du Code de commerce.

La loi Pinel n'a donc pas tué la liberté contractuelle : elle a posé un plancher. Vous restez libre de garder une charge à votre compte pour rendre un local attractif. Vous n'êtes plus libre d'envoyer au preneur ce que le décret vous interdit d'envoyer.

Le point qui fâche : à quels baux cela s'applique-t-il ?

C'est toujours la première question quand on détient un patrimoine ancien. La réponse est nette, à condition de ne pas confondre deux dates d'entrée en vigueur distinctes, ce que fait la quasi-totalité des articles en ligne.

  • L'obligation d'inventaire précis et limitatif vient de la loi elle-même. L'article 21 de la loi n° 2014-626 du 18 juin 2014 rend l'article L145-40-2 applicable « aux contrats conclus ou renouvelés à compter du premier jour du troisième mois suivant la promulgation de la présente loi », soit le 1er septembre 2014.
  • Les interdictions de transfert et les délais d'information viennent du décret. L'article 8 du décret n° 2014-1317 du 3 novembre 2014 réserve l'application des articles R145-35 à R145-37 aux contrats conclus ou renouvelés à compter de la publication du décret — soit le 5 novembre 2014.

Entre les deux, une fenêtre de deux mois où le bail devait déjà comporter son inventaire sans être soumis aux interdictions du décret. C'est rare, mais ça existe, et ça change la réponse à donner à un preneur qui conteste.

Situation du bail Régime applicable aux charges
Bail conclu ou renouvelé avec effet à compter du 5 novembre 2014Régime Pinel intégral (L145-40-2 + R145-35 à R145-37)
Bail conclu ou renouvelé avec effet entre le 1er septembre et le 4 novembre 2014Inventaire obligatoire (L145-40-2), mais décret non applicable — les interdictions de R145-35 ne jouent pas
Bail antérieur, poursuivi par tacite prolongationStipulations d'origine — ni la loi ni le décret ne s'appliquent encore
Bail antérieur, renouvelé avec effet avant le 1er septembre 2014Stipulations d'origine
Avenant modifiant un bail antérieur sans renouvellementAnalyse au cas par cas — un simple avenant ne vaut pas renouvellement

Attention à la définition de « renouvelé ». La Cour de cassation a tranché : un bail commercial est renouvelé à la date de prise d'effet du bail renouvelé, et non à la date à laquelle l'acte de renouvellement est signé, ni à celle à laquelle le loyer est judiciairement fixé (Cass. 3e civ., 17 juin 2021, n° 20-12.844, publié au bulletin). Un bail dont le renouvellement a pris effet le 1er avril 2014 échappe donc au décret, même si les parties ont bataillé jusqu'en 2018 sur le montant du loyer.

Traduction pour une SCI qui détient le même immeuble de rapport depuis quinze ans : il n'y a pas de réponse globale. Il faut reprendre les baux un par un, chercher la date d'effet du dernier renouvellement, et classer. Sur un immeuble à quatre lots, on se retrouve régulièrement avec deux baux sous régime Pinel et deux sous l'ancien régime. C'est une demi-journée de travail. C'est aussi ce qui décide de ce que vous avez le droit d'appeler, alors autant la passer.

Et l'ordre public ? La sanction du réputé non écrit

L'article L145-40-2 n'énonce pas lui-même de sanction. Mais il est visé par l'article L145-15 du Code de commerce, qui répute non écrits « les clauses, stipulations et arrangements qui ont pour effet de faire échec au droit de renouvellement (…) ou aux dispositions des articles L145-4, L145-37 à L145-41 ». L145-40-2 se trouve dans cette fourchette : les clauses qui contreviennent au régime des charges sont donc réputées non écrites, et non pas nulles.

La nuance n'a rien d'académique. Une clause réputée non écrite est censée n'avoir jamais existé : le reste du bail survit, et l'action tendant à faire constater ce caractère n'est enfermée dans aucun délai. L'action en restitution des sommes déjà versées, elle, obéit à la prescription quinquennale de droit commun (article 2224 du Code civil). La Cour de cassation a articulé les deux règles dans un arrêt de principe : le caractère non écrit se fait constater à tout moment, mais le preneur ne récupère que les sommes des cinq années précédant sa demande, le calcul se faisant en neutralisant rétroactivement les effets de la clause litigieuse (Cass. 3e civ., 23 janvier 2025, n° 23-18.643, publié au bulletin). Le locataire qui découvre en 2026 qu'il paie des charges illégales depuis dix ans écarte la clause pour l'avenir et repart avec cinq annuités. Pas dix. Cinq. C'est déjà beaucoup.

Ordre de grandeur du risque. Prenez un immeuble dont 30 000 € de charges partent chaque année chez les preneurs alors qu'elles n'auraient pas dû : l'exposition est de 150 000 €. Une reprise complète des baux par un avocat spécialisé coûte quelques milliers d'euros. Le calcul est vite fait — encore faut-il le faire avant, et non pendant le contentieux de renouvellement, quand le preneur arrive avec dix ans de décomptes sous le bras.

La loi Pinel n'a d'ailleurs pas touché qu'aux charges : durée des baux dérogatoires, révision du loyer, plafonnement, tout y est passé. Le guide du bail commercial en SCI reprend l'ensemble.


2. L'inventaire précis et limitatif des charges

Savoir quel régime s'applique ne suffit pas. Encore faut-il que le bail organise la répartition dans les formes. Et sous régime Pinel, tout se joue dans l'annexe d'inventaire : c'est elle, pas la clause de charges du corps du bail, qui décide de ce que la SCI pourra appeler pendant neuf ans.

Ce que le bail doit contenir

Le premier alinéa de l'article L145-40-2 tient en une phrase : « Tout contrat de location comporte un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts, taxes et redevances liés à ce bail, comportant l'indication de leur répartition entre le bailleur et le locataire. »

Trois mots portent toute la charge du texte.

  • Inventaire : une liste, pas une formule. « Toutes charges de copropriété » ou « l'ensemble des dépenses de l'immeuble » n'est pas un inventaire, c'est un renvoi.
  • Précis : chaque catégorie doit être identifiable. « Charges d'entretien » ne veut rien dire. « Nettoyage des parties communes », « contrat de maintenance de l'ascenseur », « entretien des espaces verts » : là, on sait de quoi on parle.
  • Limitatif : ce qui n'y est pas ne s'appelle pas. L'inventaire est fermé, pas indicatif.

À cela s'ajoute l'obligation d'indiquer la répartition : pour chaque catégorie, qui paie. Un tableau à trois colonnes — catégorie, bailleur, preneur — reste la présentation la plus difficile à attaquer. L'annexe est jointe au bail, signée ou paraphée par les deux parties, et vous en gardez un exemplaire complet dans le dossier du lot.

Un modèle de structure d'inventaire

Catégorie Exemples de postes Répartition usuelle
Fluides et énergieEau, électricité et chauffage des parties communesPreneur
Entretien courantNettoyage, vitrerie, espaces verts, dératisationPreneur
Contrats de maintenanceAscenseur, CVC, portes automatiques, sécurité incendiePreneur
AssurancesMultirisque immeuble (hors garanties propres au bailleur)Preneur
Impôts et taxesTaxe foncière, taxes additionnelles, TEOM, taxe annuelle sur les bureauxPreneur (si stipulé)
Impôts propres au bailleurCFE et CVAE (contribution économique territoriale), CRLBailleur (impératif)
HonorairesGestion des loyersBailleur (impératif)
HonorairesAdministration technique de l'immeuble, syndicPreneur si nettement distingué
Travaux d'entretien et réparationsMenues réparations, remplacements à l'identiquePreneur
Grosses réparationsArticle 606 du Code civil et honoraires associésBailleur (impératif)

Les lignes en rouge ne se négocient pas. Même si le preneur signe des deux mains, la clause est réputée non écrite. Tout le reste se discute : rien n'interdit à une SCI de garder le nettoyage à sa charge pour faire passer un loyer, surtout sur un local d'activité ou un entrepôt qui traîne à la relocation.

La sanction de l'absence d'inventaire

Le texte ne dit rien de la sanction. Les juges du fond, eux, en tirent la conséquence logique du mot limitatif : une catégorie absente de l'inventaire ne se récupère pas. Et s'il n'y a pas d'inventaire du tout, il n'y a rien à récupérer.

La cour d'appel de Versailles l'a jugé le 7 mars 2024 (n° 22/05759) : faute d'annexe établissant l'inventaire des catégories de charges, impôts, taxes et redevances récupérables, le bail ne satisfait pas à l'article L145-40-2. Le bailleur avait pourtant une clause qui mettait la TEOM et la taxe foncière au preneur. Elle n'a pas suffi — une stipulation qui contourne une exigence d'ordre public est réputée non écrite, et une clause ne remplace pas un inventaire.

Deux ans plus tôt, la cour d'appel de Bordeaux avait retenu le 2 mars 2022 (n° 18/04413) qu'une simple énumération des charges du preneur, sans clé de répartition entre les occupants, ne constitue pas davantage l'inventaire exigé. Les deux exigences se cumulent : lister les catégories, et dire comment elles se répartissent.

Conséquence pratique pour une SCI. Signez un bail commercial en 2026 sans annexe d'inventaire, et vous ne perdez pas les charges de l'année : vous perdez la faculté de les appeler pendant toute la durée du bail. Neuf ans. Sur un immeuble à 40 000 € de charges refacturables par an, l'oubli d'une page A4 coûte 360 000 €. Je n'ai jamais vu de meilleur rendement pour une annexe.

Les charges nouvelles en cours de bail

Le deuxième alinéa de l'article L145-40-2 prévoit qu'« en cours de bail, le bailleur informe le locataire des charges, impôts, taxes et redevances nouveaux ». Le texte impose une information. Il ne dit nulle part que cette information suffit à rendre appelable une charge qui ne figure pas à l'inventaire — et c'est là que beaucoup de bailleurs se font piéger.

Ma lecture, qui est la prudente : tout dépend d'où vient la charge nouvelle.

  • Elle naît d'un texte (une taxe locale créée en cours de bail, mise à la charge de l'occupant) et entre dans une catégorie déjà présente à l'inventaire ? Elle est appelable, à condition d'avoir informé.
  • Elle naît d'une décision de gestion — vous souscrivez un contrat de gardiennage qui n'existait pas — et crée une catégorie inédite ? Passez par un avenant signé qui met l'inventaire à jour. Une lettre d'information ne vaut pas modification du contrat.

Tenir l'inventaire au fil des avenants relève de la même discipline que la tenue de la comptabilité de la SCI : ce qu'on ne note pas au moment où ça se produit, on ne le retrouve jamais trois ans plus tard.

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3. Les cinq blocs de charges que le bailleur ne peut plus transférer

Vient maintenant le cœur du sujet. L'article R145-35 du Code de commerce s'ouvre sur un chapeau sans ambiguïté — « Ne peuvent être imputés au locataire : » — puis énumère cinq catégories de dépenses, numérotées de 1° à 5°, avant d'ajouter deux alinéas de fond : l'un sur la pondération conventionnelle de la répartition, l'autre sur les travaux d'embellissement. Cinq blocs, donc, à avoir en tête quand on rédige un bail ou qu'on relit un décompte.

Texte Ce qui est interdit de transfert Exception / nuance
R145-35, 1°Grosses réparations de l'article 606 du Code civil et les honoraires liés à leur réalisationLe dernier alinéa de R145-35 exclut du 1° et du 2° les travaux d'embellissement dont le montant excède le coût du remplacement à l'identique
R145-35, 2°Travaux remédiant à la vétusté ou de mise en conformité réglementaireSeulement s'ils relèvent des grosses réparations du 1°
R145-35, 3°Impôts, taxes et redevances dont le redevable légal est le bailleur — dont la contribution économique territorialeTaxe foncière, taxes additionnelles, et impôts liés à l'usage du local ou à un service dont le preneur bénéficie
R145-35, 4°Honoraires du bailleur liés à la gestion des loyersLes honoraires d'administration technique de l'immeuble restent discutés
R145-35, 5°Dans un ensemble immobilier, charges, impôts, taxes, redevances et coût des travaux relatifs à des locaux vacants ou imputables à d'autres locatairesAucune : la vacance reste au bailleur

Bloc 1 — Les grosses réparations et leurs honoraires

C'est le bloc qui pèse le plus lourd dans un budget d'immeuble, et de loin. Le 1° vise « les dépenses relatives aux grosses réparations mentionnées à l'article 606 du code civil ainsi que, le cas échéant, les honoraires liés à la réalisation de ces travaux ».

Retenez la fin de la phrase, celle que tout le monde saute. Les honoraires de maîtrise d'œuvre, de bureau d'études, de bureau de contrôle, de coordonnateur SPS ou d'architecte engagés sur une réfection de toiture suivent le sort du chantier. La SCI qui appelle 38 000 € d'étanchéité à ses preneurs et ajoute 3 800 € d'honoraires derrière ne commet pas une irrégularité, elle en commet deux.

Bloc 2 — Vétusté et mise en conformité : la nuance du « dès lors que »

Le 2° écarte « les dépenses relatives aux travaux ayant pour objet de remédier à la vétusté ou de mettre en conformité avec la réglementation le bien loué ou l'immeuble dans lequel il se trouve, dès lors qu'ils relèvent des grosses réparations mentionnées à l'alinéa précédent ».

Ces cinq mots changent tout, et beaucoup d'articles en ligne les oublient. Le décret n'interdit pas de refacturer les travaux de mise en conformité : il n'interdit que ceux qui, par leur nature, relèvent déjà de l'article 606. Deux exemples valent mieux qu'un paragraphe.

  • Mise aux normes du tableau électrique et du câblage des parties communes : cela ne touche ni les gros murs, ni les voûtes, ni les poutres, ni les couvertures. Ce n'est pas une grosse réparation au sens de l'article 606 → refacturable si l'inventaire le prévoit.
  • Reprise structurelle d'un plancher porteur imposée par une commission de sécurité : il s'agit du rétablissement de poutres → relève de l'article 606 → non refacturable.

Même grille de lecture pour l'accessibilité et pour la rénovation énergétique. Isolation par l'intérieur, remplacement d'une chaudière collective : hors article 606, donc refacturables. Réfection complète de la couverture avec isolation par l'extérieur : article 606, donc pour vous. La frontière passe dans le devis, pas dans l'intitulé du chantier — un point que détaillent les guides rénovation globale en SCI et audit énergétique.

Bloc 3 — Les impôts : la ligne de partage du redevable légal

Le 3° fonctionne en deux temps : un principe, puis une exception qui sauve l'essentiel. Le principe d'abord — les impôts, taxes et redevances dont le redevable légal est le bailleur ou le propriétaire du local ne partent pas chez le preneur. Le texte nomme expressément la contribution économique territoriale, donc la CFE et sa seconde composante, la CVAE (dont la suppression, repoussée par la loi de finances pour 2025, est désormais calée sur 2030, les taux de 2025 étant reconduits en 2026).

L'exception ensuite, et elle est large : « peuvent être imputés au locataire la taxe foncière et les taxes additionnelles à la taxe foncière ainsi que les impôts, taxes et redevances liés à l'usage du local ou de l'immeuble ou à un service dont le locataire bénéficie directement ou indirectement ». Sans elle, le rendement net des murs commerciaux prendrait un point d'un coup.

Impôt ou taxe Refacturable au preneur ? Fondement
Taxe foncière sur les propriétés bâtiesOui, si le bail le prévoitR145-35, 3° (exception expresse)
Taxes additionnelles à la taxe foncièreOui, si le bail le prévoitR145-35, 3° (exception expresse)
TEOM (ordures ménagères)Oui — taxe liée à un service dont le preneur bénéficieR145-35, 3° (exception expresse)
CFE et CVAE du bailleur (contribution économique territoriale)NonR145-35, 3° (visée nommément)
Taxe annuelle sur les bureaux — Île-de-France (art. 231 ter CGI) et Bouches-du-Rhône / Var / Alpes-Maritimes (art. 231 quater CGI)Oui, si le bail et l'inventaire le prévoient — taxe liée à l'usage du localR145-35, 3° (exception) ; fiche service-public.fr F32336
CRL (contribution sur les revenus locatifs, art. 234 nonies CGI)Non — assise sur les loyers du bailleurR145-35, 3°
Taxe sur les logements vacantsNon — et sans objet pour un local commercial louéR145-35, 3°

Deux pièges à signaler. Le premier : la taxe foncière n'est refacturable que si le bail le dit. Le décret autorise le transfert, il ne l'organise pas à votre place. Pas de clause, pas de refacturation — et l'avis de taxe foncière reste intégralement dans les comptes de la SCI. Le critère du « redevable légal » ne suffit d'ailleurs jamais à trancher : le propriétaire est aussi le redevable légal de la taxe foncière, et elle reste refacturable par l'effet de l'exception.

Le second concerne la taxe annuelle sur les bureaux, qui revient dans toutes les discussions dès qu'on touche au tertiaire : due en Île-de-France au titre de l'article 231 ter du CGI et, depuis le 1er janvier 2023, dans les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes au titre de l'article 231 quater. Beaucoup d'articles la rangent d'office chez le bailleur au motif que le redevable légal est le propriétaire au 1er janvier. C'est un raccourci : cette taxe n'est due qu'en raison de l'affectation des surfaces en bureaux, commerces ou stockage, ce qui en fait un impôt « lié à l'usage du local » au sens de l'exception du 3° — exactement le raisonnement qui rend la TEOM refacturable. La fiche service-public.fr F32336 la cite d'ailleurs expressément, aux côtés de la taxe foncière et de la TEOM, parmi les taxes imputables au locataire à condition qu'un inventaire précis les mentionne. La position n'est pas unanime en doctrine, mais l'analyse dominante est bien celle-là : sur un plateau de bureaux parisien, où la taxe se compte en dizaines de milliers d'euros, la ligne mérite d'être écrite noir sur blanc à l'inventaire plutôt qu'abandonnée par principe. Le détail poste par poste est dans les guides taxe foncière en SCI, taxe sur les bureaux, CFE et CRL.

Bloc 4 — Les honoraires de gestion des loyers

Le 4° tient en une ligne : sont exclus « les honoraires du bailleur liés à la gestion des loyers du local ou de l'immeuble faisant l'objet du bail ». Ce que vous versez à un administrateur de biens pour quittancer, encaisser, relancer et traiter les impayés est un coût de bailleur. Définitivement.

Le problème est ailleurs. Les mandats de gestion prévoient presque toujours un honoraire unique, en pourcentage des loyers encaissés, qui rémunère à la fois la gestion locative stricto sensu et l'administration technique de l'immeuble — appels d'offres, suivi des prestataires, gestion des sinistres, établissement des décomptes. Une seule ligne sur la facture, deux natures juridiques différentes. La jurisprudence n'a pas encore tranché nettement, et la doctrine se partage.

La pratique la plus sûre. Faites scinder le mandat de gestion en deux lignes distinctes : un honoraire de gestion locative (assiette : les loyers) et un honoraire d'administration de l'immeuble (assiette : le budget de charges). Seule la seconde ligne est appelée aux preneurs, et elle figure explicitement à l'inventaire. Une facturation globale non ventilée expose au rejet de la totalité.

Bloc 5 — Locaux vacants et charges imputables à d'autres locataires

Le 5° de l'article R145-35 est celui que les bailleurs découvrent en dernier, souvent trop tard. Sous le chapeau « Ne peuvent être imputés au locataire : », il vise, mot pour mot : « Dans un ensemble immobilier, les charges, impôts, taxes, redevances et le coût des travaux relatifs à des locaux vacants ou imputables à d'autres locataires. »

Deux règles cohabitent dans cette phrase.

  • La vacance reste au bailleur. Interdit de répartir 100 % du budget sur les seuls lots occupés. La quote-part des lots vides est un coût sec pour la SCI, point.
  • Pas de mutualisation de ce qui appartient à un lot. Le remplacement de la devanture du lot B ne se noie pas dans le budget commun pour être réparti sur A, C et D.

À intégrer dès le tableau de rendement, avant même l'offre d'achat. Sur un immeuble commercial avec 10 % de vacance structurelle, ce n'est pas 10 % de loyer que vous perdez : c'est 10 % de loyer plus 10 % du budget de charges. Le sujet est développé dans les guides vacance locative en SCI et acheter un local commercial en SCI.


4. L'article 606 : la frontière grosse réparation / entretien

Le premier des cinq blocs concentre à lui seul l'essentiel du contentieux. Motif : il renvoie à un texte de 1804 dont la frontière avec l'entretien courant est tout sauf évidente devant un devis de couvreur. C'est le point à maîtriser avant de signer quoi que ce soit.

Le texte, qui date de 1804

L'article 606 du Code civil est l'un des plus courts et des plus cités du droit immobilier :

« Les grosses réparations sont celles des gros murs et des voûtes, le rétablissement des poutres et des couvertures entières. Celui des digues et des murs de soutènement et de clôture aussi en entier. Toutes les autres réparations sont d'entretien. »

Ce texte vit à l'origine dans le titre de l'usufruit, où il partage les charges entre usufruitier et nu-propriétaire. Le décret Pinel est allé le chercher là pour définir ce que le bailleur commercial ne peut pas transférer. Des digues et des voûtes appliquées à un centre commercial de 2026 : voilà pourquoi les cours d'appel ne désemplissent pas sur ce sujet.

Une liste limitative, mais interprétée

La jurisprudence tient de longue date que l'énumération de l'article 606 est limitative. Gros murs, voûtes, poutres, couvertures entières, digues, murs de soutènement et de clôture : au-delà de cette liste, on est dans l'entretien.

Deux tempéraments, tout de même.

  • Le caractère « entier » et exceptionnel. Refaire une couverture entière, c'est une grosse réparation. Remplacer trente tuiles après une tempête, c'est de l'entretien. Les juges raisonnent par faisceau d'indices : ampleur du chantier, caractère exceptionnel par rapport à l'entretien courant, incidence sur la structure et la pérennité du bâtiment.
  • L'assimilation par fonction. Personne ne construit plus de voûtes. Les juges rattachent donc aux ouvrages listés ceux qui jouent le même rôle dans une construction moderne : fondations et ossature béton pour les « gros murs », charpente métallique pour les « poutres », étanchéité de toiture-terrasse pour la « couverture ».

Et il existe une soupape que presque personne ne cite, alors qu'elle figure dans le décret lui-même. Le dernier alinéa de l'article R145-35 dispose que « ne sont pas comprises dans les dépenses mentionnées aux 1° et 2° celles se rapportant à des travaux d'embellissement dont le montant excède le coût du remplacement à l'identique ». Autrement dit, la fraction d'un chantier qui correspond à un embellissement au-delà du remplacement à l'identique échappe à l'interdiction de transfert, même quand le support est un ouvrage de l'article 606. C'est exactement l'argument à garder sous la main sur un chantier de façade mixte — encore faut-il, une fois de plus, pouvoir isoler la ligne dans le devis.

Grille pratique de qualification

Travaux Qualification usuelle Refacturable ?
Réfection complète de la couverture ou de l'étanchéité de la toiture-terrasseGrosse réparation (art. 606)Non
Remplacement ponctuel de tuiles, reprise d'un solinEntretienOui
Reprise de fissures structurelles, confortement des fondationsGrosse réparationNon
Ravalement d'embellissement, peinture, nettoyage de façadeEntretienOui
Ravalement emportant réfection du parement porteur ou traitement structurelGrosse réparation (pour la part structurelle)Non
Remplacement de la chaudière collectiveEntretien / remplacement d'équipementOui
Remplacement complet de la cabine et de la machinerie d'ascenseurDiscuté — souvent qualifié d'entretien majeurÀ trancher au cas par cas
Réfection du mur de clôture en entierGrosse réparation (visée nommément)Non
Réfection de l'enrobé du parkingEntretienOui
Mise aux normes électriques des parties communesNe relève pas de l'art. 606Oui

Le réflexe qui protège : ventiler dès le devis. Un chantier de façade mélange presque toujours de l'entretien (peinture, nettoyage, menuiseries) et de la grosse réparation (reprise de maçonnerie porteuse). Réclamez à l'entreprise une décomposition du prix global et forfaitaire par poste, et rangez-la avec le bail. C'est cette feuille qui justifiera la part refacturée le jour où le preneur conteste. Une facture d'un seul montant, deux ans après la fin du chantier, est à peu près impossible à ventiler — et le doute profite rarement à celui qui a émis l'appel de charges.

Le cas particulier de la clause « article 606 à la charge du preneur »

Beaucoup de baux anciens comportent une stipulation expresse qui met les travaux de l'article 606 au preneur, parfois en toutes lettres. Tout dépend alors de la date d'effet du bail.

  • Bail conclu ou renouvelé à compter du 5 novembre 2014 : la clause est réputée non écrite. Le preneur qui l'a appliquée peut demander la restitution des sommes versées dans la limite de cinq ans.
  • Bail antérieur non renouvelé : la clause reste valable, mais elle est d'interprétation stricte. Les juges exigent que la volonté de transférer soit non équivoque, et refusent d'étendre la clause aux travaux de reconstruction, aux mises en conformité imposées par une autorité administrative, ou aux dépenses qui excèdent l'obligation de délivrance du bailleur.

Cette clause a un effet secondaire qu'on oublie : au renouvellement, une charge exorbitante pesant sur le preneur entre dans l'appréciation de la valeur locative. Selon le dossier, elle nourrit un déplafonnement ou justifie au contraire un loyer minoré. Le mécanisme est détaillé dans le guide sur la révision du loyer en SCI.


5. État prévisionnel des travaux et récapitulatif annuel

La loi Pinel n'a pas seulement redistribué les charges. Elle a monté à côté un régime d'information périodique du preneur, devenu le premier point de friction dans les immeubles multi-locataires — souvent avant même la question de savoir ce qui était refacturable. Trois obligations distinctes, à ne pas confondre.

L'état récapitulatif annuel des charges (art. R145-36)

Chaque année, chaque preneur reçoit un état récapitulatif des charges. Le délai figure à l'article R145-36 du Code de commerce, et il varie selon la configuration de l'immeuble.

Situation de l'immeuble Délai d'envoi de l'état récapitulatif
Immeuble détenu en pleine propriété par la SCIAu plus tard le 30 septembre de l'année suivant celle au titre de laquelle il est établi
Lot dans un immeuble en copropriétéTrois mois à compter de la reddition des charges de copropriété

Le preneur peut aussi réclamer tout document justifiant le montant des charges qu'on lui impute : factures des prestataires, avis de taxe foncière, décompte du syndic, contrat de maintenance. Une SCI qui appelle des provisions sans pouvoir sortir ces pièces se retrouve désarmée au premier contentieux. Ce n'est pas une hypothèse d'école — c'est la situation classique du bailleur qui a changé de gestionnaire entre-temps.

Pour un lot en copropriété, la chaîne est courte : le syndic sort le décompte annuel, la SCI en extrait ce que l'inventaire rend refacturable au preneur commercial, et elle a trois mois pour transmettre. Le guide sur les appels de fonds de copropriété en SCI déroule cette mécanique ; celui sur les travaux de copropriété traite du sort des travaux votés en assemblée générale.

L'état prévisionnel des travaux (art. L145-40-2 et R145-37)

Celle-là, presque personne ne la respecte. L'article L145-40-2 impose pourtant de communiquer à chaque locataire, à la conclusion du bail puis tous les trois ans, deux documents :

  1. Un état prévisionnel des travaux qu'il envisage de réaliser dans les trois années suivantes, assorti d'un budget prévisionnel.
  2. Un état récapitulatif des travaux réalisés dans les trois années précédentes, précisant leur coût.

L'article R145-37 fixe le délai : deux mois à compter de chaque échéance triennale. Et là encore, le preneur peut demander les justificatifs du coût des travaux.

L'idée du législateur était de permettre au locataire d'anticiper ses appels de charges et de discuter les travaux avant qu'ils ne partent. Dans les faits, entre les SCI familiales et les bailleurs particuliers, j'estime que l'obligation est ignorée dans la grande majorité des baux — quand elle n'est pas découverte au moment du litige.

Que risque le bailleur qui ne communique rien ?

Aucune amende, aucune sanction chiffrée. D'où l'idée tenace que l'obligation serait décorative. Elle ne l'est pas, et voici pourquoi.

  • La preuve de la créance. Qui réclame des charges doit démontrer qu'elles sont dues. Sans état récapitulatif ni justificatifs, vous vous privez du moyen de preuve le plus simple, et les juges rejettent régulièrement des demandes pour ce seul motif.
  • La responsabilité contractuelle. Le preneur qui établit un préjudice — travaux non anticipés, impossibilité de provisionner, renouvellement décidé sans information — peut réclamer des dommages et intérêts.
  • Le rapport de force au contentieux du loyer. Un bailleur qui n'a rien communiqué depuis six ans arrive affaibli devant le juge des loyers commerciaux, quel que soit le fond du dossier.

La routine annuelle, dans l'ordre. Entre la clôture des comptes et le 30 septembre : (1) éditer le décompte de charges réelles de l'immeuble, (2) écarter les postes que R145-35 interdit, (3) appliquer la clé et sortir la quote-part des locaux vacants, (4) comparer aux provisions appelées et établir la régularisation, (5) envoyer l'état récapitulatif avec les justificatifs. Tous les trois ans, y agrafer les deux états de travaux. Comptez vingt minutes par lot si votre comptabilité est ventilée correctement. Comptez la journée si tout est encore dans une boîte à chaussures.

La transparence entre locataires, et le dossier de cession

Dernière couche, toujours à l'article L145-40-2 : dans un ensemble immobilier à plusieurs locataires, le bail précise la répartition des charges ou du coût des travaux entre les occupants, en fonction de la surface exploitée. Et le bailleur informe les locataires de tout élément susceptible de modifier cette répartition. Traduction : chaque preneur doit pouvoir vérifier, à n'importe quel moment, que ce qu'on lui appelle correspond bien à sa quote-part.

Si vous envisagez de céder l'immeuble un jour, ces documents deviennent une pièce du dossier de due diligence. Un acquéreur sérieux demandera les inventaires, les états récapitulatifs des trois dernières années et les décomptes de régularisation. Un dossier troué se paie en décote ou en garantie de passif, jamais en indulgence. Voir la vente d'un immeuble par la SCI et le guide de l'immeuble de rapport en SCI.


6. Immeuble à plusieurs locataires : clé de répartition et vacance

On savait quelles charges sont refacturables. Avec plusieurs preneurs dans le même immeuble, la question devient : dans quelle proportion chacun les supporte. Deuxième terrain de contentieux du décret Pinel, et celui où j'ai vu les erreurs les plus chères.

La clé de répartition doit être écrite

Le deuxième alinéa de l'article L145-40-2 ne laisse pas de marge : « Dans un ensemble immobilier comportant plusieurs locataires, le contrat de location précise la répartition des charges ou du coût des travaux entre les différents locataires occupant cet ensemble. Cette répartition est fonction de la surface exploitée. Le montant des impôts, taxes et redevances pouvant être imputés au locataire correspond strictement au local occupé par chaque locataire et à la quote-part des parties communes nécessaires à l'exploitation de la chose louée. »

Le critère légal, c'est donc la surface exploitée. L'article R145-35 ouvre une seule soupape : cette répartition « peut être conventionnellement pondérée ». Nuance importante — on ne troque pas la surface contre un autre critère, on la pondère, et on doit pouvoir expliquer pourquoi. Le dernier alinéa de L145-40-2 ajoute qu'en cours de bail, tout élément susceptible de modifier la répartition doit être porté à la connaissance des locataires.

Quatre clés circulent dans les baux. La première reste la référence, les trois autres s'en déduisent.

Clé Principe Quand l'utiliser
SurfaceQuote-part = surface du lot / surface totale louableImmeuble homogène, lots de même nature
Surface pondéréeSurfaces affectées de coefficients (rez-de-chaussée, étages, réserves)Immeuble mixte commerce / bureaux / réserves
Utilité réellePoste par poste, selon le bénéfice effectif du serviceAscenseur non utilisé par le rez-de-chaussée, eau d'un restaurant
Tantièmes de copropriétéReprise des tantièmes du règlementLot isolé dans une copropriété — cohérence avec le décompte du syndic

Dans la pratique, la clé mixte est la plus juste et la plus solide devant un juge : surface pondérée pour les charges générales, utilité réelle pour les postes individualisables (eau, ascenseur, sécurité). Elle doit rester arrimée à la surface exploitée qu'exige l'article L145-40-2, figurer dans chaque bail, et être portée à la connaissance de tous les locataires : l'avant-dernier alinéa de l'article R145-35 précise en effet que « ces pondérations sont portées à la connaissance des locataires ». Une clé forfaitaire sortie du chapeau, sans lien démontrable avec la surface, se fait balayer : c'est ce qu'a jugé la cour d'appel de Bordeaux le 2 mars 2022 (n° 18/04413), face à un bail qui listait les charges du preneur sans indiquer la moindre clé.

Le piège du dénominateur

Voici l'erreur numéro un, celle qui coûte le plus cher. Un lot se vide, et la tentation est immédiate : recalculer les quotes-parts sur la seule surface occupée, pour que 100 % du budget parte quand même. Le décret l'interdit noir sur blanc.

La règle tient en une ligne. Le dénominateur, c'est la surface totale louable, vacance comprise. Sur 600 m² dont 80 m² vides, vous refacturez 520/600, soit 86,67 % du pool refacturable. Les 13,33 % restants sont à vous.

Ce que la vacance coûte réellement

Taux de vacance Loyer perdu (base 180 000 € de loyers) Charges non refacturables (base 56 400 €) Impact total
0 %0 €0 €0 €
5 %9 000 €2 820 €11 820 €
13,33 % (cas chiffré ci-dessous)24 000 €7 520 €31 520 €
25 %45 000 €14 100 €59 100 €

Regardez la troisième colonne. Dans cet exemple, où le pool refacturable pèse un peu moins d'un tiers des loyers, les charges non refacturables représentent près d'un quart du coût total de la vacance — environ 24 %. Un lot vide vous coûte donc à peu près un tiers de plus que le seul loyer manquant. C'est précisément la ligne que les business plans d'acquisition n'ont pas. Le rapport bouge avec le poids des charges : plus l'immeuble est chargé, plus l'écart se creuse. À croiser avec le guide du rendement d'une SCI et celui du cash-flow.


7. La TVA sur les charges refacturées au preneur

Le principe : les charges suivent le loyer

Point de départ : la location de locaux nus à usage professionnel est exonérée de TVA par principe (article 261 D 2° du CGI). Le bailleur peut opter pour l'assujettissement, sur le fondement de l'article 260, 2° du CGI.

Le reste en découle mécaniquement. Les charges refacturées au preneur sont des frais accessoires à la location. Elles entrent dans la base d'imposition de cette prestation par l'effet de l'article 267 du CGI, qui y range les impôts, taxes et frais accessoires réclamés au client. Elles suivent donc le loyer, sans exception.

Attention aux références en 2026. À compter du 1er septembre 2026, les dispositions relatives à la TVA quittent le CGI pour être recodifiées dans le code des impositions sur les biens et services (CIBS), en application de l'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025. Il ne s'agit pas d'une réforme de fond : le mécanisme de correspondance automatique fait que les renvois aux articles abrogés du CGI s'entendent des articles correspondants du CIBS. Les articles 260, 2°, 261 D 2°, 267 et 283, 3 cités ci-dessous restent donc la bonne grille de lecture, sous une numérotation appelée à changer.

Situation Loyer Charges refacturées TVA d'amont sur les charges
Option TVA exercée (art. 260, 2° CGI)TVA 20 %TVA 20 % sur le montant HTDéductible
Pas d'option — locaux nus professionnelsExonéré (art. 261 D 2° CGI)Hors TVA, sur le montant TTC supportéNon déductible
Immeuble mixte, option sur une partieVariable par localRégime du local concernéDéduction selon coefficient

Le cas de la taxe foncière refacturée

Celui-là fait toujours réagir. La taxe foncière n'est pas soumise à la TVA : c'est un impôt. Mais dès qu'elle est refacturée au preneur d'un local dont les loyers sont soumis à la TVA sur option, elle change de nature — elle devient un supplément de loyer et entre dans la base d'imposition. Vous la facturez donc avec 20 % de TVA par-dessus.

L'erreur classique consiste à la refacturer « à l'euro l'euro, hors TVA », comme on traiterait un débours. Ce n'en est pas un. Un débours suppose que vous agissiez au nom et pour le compte du preneur ; or c'est vous, et vous seul, que le Trésor considère comme redevable de la taxe foncière.

Conséquences pratiques de l'option

L'option ne se limite pas à la question de la refacturation. Elle emporte quatre effets qu'il faut peser ensemble.

  • Récupération de la TVA d'amont sur les charges, les travaux et, sous conditions, sur l'acquisition. C'est presque toujours la vraie raison de l'option.
  • Coût inchangé pour le preneur s'il est assujetti et déduit tout. Surcoût sec de 20 % s'il ne l'est pas : professions médicales, organismes de formation, associations exonérées. À vérifier avant d'opter, pas après.
  • Exonération de CRL : la contribution sur les revenus locatifs, due au taux de 2,5 % sur les loyers d'immeubles achevés depuis quinze ans au moins (article 234 nonies du CGI), n'est pas due lorsque les loyers donnent lieu au paiement effectif de la TVA.
  • Engagement dans le temps et mécanique de régularisation par vingtièmes en cas de changement d'affectation.

Chacun de ces effets mérite son propre développement : lever l'option TVA en SCI, SCI et TVA, le prorata de déduction, la déclaration de TVA d'une SCI. Un dernier avertissement au passage : la SCI qui refacture des charges avec TVA sans avoir régulièrement exercé l'option devra reverser la taxe facturée à tort, sur le fondement de l'article 283, 3 du CGI. Facturer de la TVA ne vaut pas option.


8. Le traitement comptable des charges côté SCI

Le principe : une provision n'est pas un produit

La faute comptable que je vois le plus souvent : passer les provisions trimestrielles pour charges directement en produit. Tant que la régularisation annuelle n'est pas faite, ces sommes sont une dette envers le preneur. Vous détenez un acompte, pas un revenu acquis — et un compte de résultat gonflé de provisions non régularisées donne une image fausse de l'immeuble.

Le schéma correct, à l'IS comme en comptabilité d'engagement à l'IR, tient en quatre temps.

Étape Débit Crédit
1. Appel de la provision trimestrielle411 Clients (preneur)4191 Avances et acomptes reçus
2. Encaissement512 Banque411 Clients (preneur)
3. Charges réelles de l'immeuble6061 (eau, énergie) / 614 (charges de copropriété) / 615 (entretien et réparations) / 616 (assurances) / 622 (honoraires) / 63512 (taxe foncière)401 Fournisseurs ou 512 Banque
4a. Régularisation — part refacturable4191 Avances et acomptes reçus708 Produits des activités annexes
4b. Complément à appeler411 Clients (ou 4181 factures à établir)708 Produits des activités annexes
4c. Trop-perçu à restituer4191 Avances et acomptes reçus411 Clients (avoir)

Sous option TVA, chaque appel et chaque régularisation portent de la TVA collectée (44571), et la TVA d'amont sur les charges se déduit (44566). Les écritures complètes sont dans le guide dédié à la refacturation des charges au locataire, le référentiel de comptes dans le plan comptable d'une SCI.

Le sort des charges non refacturables

Ce que R145-35 vous interdit de transférer, plus la quote-part des lots vides, reste dans les comptes de la SCI pour de bon.

  • Charges d'exploitation des lots vides, selon leur nature : les fluides (eau, électricité, chauffage) en 6061 « fournitures non stockables », le nettoyage, la maintenance et les contrats d'entretien en 615, les appels de charges du syndic en 614, la multirisque immeuble en 616.
  • Taxe foncière non refacturée (part des lots vacants) → compte 63512.
  • Honoraires de gestion locative → compte 622.
  • Grosses réparations de l'article 606 → soit en charge de l'exercice si elles conservent le bien en état, soit en immobilisation si elles augmentent la valeur ou la durée d'utilisation. Une réfection complète d'étanchéité relève en principe du composant « étanchéité » et s'amortit sur sa propre durée.

Le découpage par composants devient central dès qu'on est à l'IS. Il est traité en détail dans les guides amortissement de l'étanchéité, amortissement de la toiture, amortissement en SCI et écritures de travaux.

Anticiper les grosses réparations : la provision pour gros entretien

Puisque l'article 606 vous reste sur les bras, autant le provisionner. Une SCI à l'IS peut constituer une provision pour gros entretien — ou grandes révisions — qui étale la charge d'un programme pluriannuel sur les exercices qui en profitent, sous des conditions strictes de programmation et de justification. C'est ce qui évite qu'une réfection de toiture à 40 000 € ne fasse basculer un exercice entier en perte. Le mode d'emploi est dans le guide provision pour gros entretien en SCI.

Déductibilité fiscale

À l'IS, les charges de l'immeuble sont déductibles dès lors qu'elles sont engagées dans l'intérêt de la société et régulièrement comptabilisées (article 39 du CGI). La refacturation ne joue pas sur la déductibilité de la charge, elle joue sur le produit qui lui répond.

À l'IR, le raisonnement change de logique. Les charges déductibles des revenus fonciers sont limitativement énumérées par l'article 31 du CGI, et ce que vous refacturez au locataire constitue une recette accessoire au sens de l'article 29. Sur le papier, le mécanisme est neutre : le remboursement est un revenu, la dépense est une charge déductible si elle figure bien à l'article 31. Le problème naît là où le décret Pinel vous interdit de refacturer — ces postes restent déductibles, mais sans aucun produit en face. Ils tapent directement dans le résultat foncier. Voir les charges déductibles en SCI et la quote-part de résultat sur la 2044.

Le bon réflexe analytique. Deux axes, pas plus : un par lot, un par nature (refacturable ou non au sens de R145-35). Chaque dépense est ventilée au moment de la saisie, jamais en septembre suivant. À partir de là, le décompte annuel se sort en quelques clics et la quote-part de vacance se calcule toute seule. C'est exactement la logique de la plateforme sci-ai.app.


9. Cas chiffré : 600 m² commerciaux, trois locataires

Assez de principes. Voici ce que tout cela donne en euros, poste par poste, sur un immeuble tel qu'on en croise tous les jours.

La situation

La SCI Belleville détient 600 m² louables en pied d'immeuble, achetés en 2019, société à l'IS, option TVA levée sur l'ensemble des locaux. Tous les baux datent d'après 2014 : régime Pinel intégral, pas de question à se poser sur la date d'effet. Quatre lots.

Lot Surface Occupant Quote-part
Lot A220 m²Enseigne de prêt-à-porter36,67 %
Lot B180 m²Restaurant30,00 %
Lot C120 m²Cabinet d'assurance20,00 %
Lot D80 m²Vacant toute l'année13,33 %
Total600 m²100 %

Le budget de charges de l'exercice

L'immeuble a coûté 104 500 € HT de charges sur l'exercice — l'année a été chargée, avec une étanchéité à refaire. Chaque poste est qualifié au regard de l'article R145-35.

Poste Montant Qualification
Nettoyage des parties communes7 200 €Refacturable
Électricité des parties communes2 400 €Refacturable
Eau1 800 €Refacturable
Contrat de maintenance ascenseur3 600 €Refacturable
Entretien CVC et chaufferie4 200 €Refacturable
Espaces verts et entretien du parking2 100 €Refacturable
Assurance multirisque immeuble3 900 €Refacturable
Honoraires d'administration de l'immeuble (ligne distincte du mandat)2 800 €Refacturable
TEOM2 600 €Refacturable
Taxe foncière (clause de transfert au bail)14 500 €Refacturable
Remplacement de la porte automatique du hall4 800 €Refacturable (équipement, hors art. 606)
Mise aux normes électriques des parties communes6 500 €Refacturable (ne relève pas de l'art. 606)
Sous-total refacturable56 400 €
Réfection de l'étanchéité de la toiture-terrasse38 000 €Art. 606 — non refacturable
Honoraires de maîtrise d'œuvre sur ce chantier3 800 €R145-35 1° — non refacturable
Honoraires de gestion des loyers (ligne « gestion locative » du mandat)6 300 €R145-35 4° — non refacturable
Sous-total non refacturable par nature48 100 €
Total du budget de charges104 500 €

La répartition entre les preneurs

Le pool refacturable — 56 400 € — se répartit sur les 600 m² louables, lot vide compris. La part du lot D ne se reporte sur personne : elle reste à la SCI.

Lot Quote-part Charges appelées Supporté par
Lot A (220 m²)36,67 %20 680 €Preneur
Lot B (180 m²)30,00 %16 920 €Preneur
Lot C (120 m²)20,00 %11 280 €Preneur
Lot D (80 m², vacant)13,33 %7 520 €SCI
Total refacturable100 %56 400 €dont 48 880 € aux preneurs

Le solde à la charge de la SCI

Poste Montant
Budget total de charges104 500 €
− Refacturé aux trois preneurs− 48 880 €
dont charges non refacturables par nature (art. 606, honoraires MOE, gestion des loyers)48 100 €
dont quote-part du lot vacant sur le pool refacturable7 520 €
= Total réellement supporté par la SCI (104 500 − 48 880)55 620 €

Sur 104 500 € de charges, la SCI Belleville en garde 53 %. Avec 156 000 € de loyers annuels sur les trois lots occupés, cela fait plus de 35 % des loyers encaissés qui repartent en charges non refacturées. Voilà le vrai chiffre du dossier. Pas le rendement brut affiché dans l'annonce.

Ce que la SCI aurait perdu avec l'ancienne clause

Rejouons la scène avec une clause « loyer triple net » recopiée d'un modèle des années 1990, et les 104 500 € intégralement appelés aux trois preneurs. Tout va bien — jusqu'au jour où l'un d'eux fait relire son bail par un avocat.

Élément Montant
Charges refacturées à tort, par an55 620 €
Prescription applicable à l'action en restitution (art. 2224 C. civ.)5 ans
Exposition maximale à la restitution278 100 €
Coût d'une reprise préventive des trois baux par un avocat3 000 à 6 000 €

De un à quarante-cinq dans l'hypothèse haute de coût, de un à quatre-vingt-dix dans l'hypothèse basse. Je ne connais pas beaucoup de dépenses juridiques qui affichent ce ratio, et si vous détenez des murs commerciaux avec des baux d'avant 2014, c'est probablement la ligne la plus rentable de votre budget de cette année.

Précision de méthode. Tous les montants ci-dessus sont hors taxes. La SCI ayant opté, les charges appelées aux preneurs partent majorées de 20 % — soit 9 776 € de TVA collectée sur les 48 880 € refacturés — et la TVA d'amont sur les charges se déduit, y compris sur la part du lot vacant tant que celui-ci reste destiné à une location soumise à la TVA.


10. Les 5 erreurs de répartition qui coûtent le plus cher

Le cas chiffré donne l'ordre de grandeur. Voici maintenant les cinq fautes que je retrouve le plus souvent dans les baux commerciaux détenus par des SCI, classées par fréquence, avec la parade à chaque fois.

Erreur 1 — Recopier une clause « toutes charges au preneur »

L'erreur matricielle, celle dont découlent presque toutes les autres. On récupère un modèle de bail en ligne, ou le bail de l'immeuble d'à côté, avec sa clause balai qui met l'intégralité des charges, impôts et travaux au preneur. On signe. Aucune annexe d'inventaire.

Résultat : double peine. La clause est réputée non écrite pour tout ce qui heurte l'article R145-35, et l'absence d'inventaire vous prive en plus des charges qui étaient, elles, parfaitement transférables. Exposé à la restitution d'un côté, privé de recette de l'autre.

Le bon réflexe : tout bail postérieur à 2014 comporte une annexe intitulée « Inventaire des catégories de charges, impôts, taxes et redevances », sous forme de tableau catégorie / bailleur / preneur, signée des deux parties.

Erreur 2 — Refacturer un ravalement structurel

Ravalement à 60 000 €, appelé aux preneurs parce que « le bail met les travaux à leur charge ». Sauf que le devis mélange une reprise de maçonnerie porteuse — grosse réparation de l'article 606 — et de la peinture, qui est de l'entretien. Tout part, sans ventilation.

Résultat : au contentieux, impossible de démontrer quelle part relevait de l'entretien. Et quand la ventilation manque, le doute ne profite pas à celui qui doit prouver sa créance : c'est-à-dire vous.

La parade : décomposition du prix par poste exigée avant signature du devis, refacturation des seules lignes d'entretien. Sur un chantier important, faites viser la ventilation par le maître d'œuvre — cela coûte une signature et vaut une expertise.

Erreur 3 — Oublier l'état prévisionnel triennal des travaux

Le bail est signé, les provisions tombent, l'état récapitulatif annuel part même à l'heure. Mais les états de travaux de l'article L145-40-2, personne ne les a jamais envoyés. Trois ans passent. Puis six.

Résultat : le jour où vous lancez un chantier à 80 000 € et voulez en appeler la part récupérable, le preneur sort l'absence totale d'information préalable et réclame des dommages et intérêts pour n'avoir pas pu provisionner. Il n'a pas tort.

Le bon réflexe : inscrire l'échéance triennale au calendrier de gestion de la SCI, à côté de l'assemblée générale et du dépôt de la liasse. Voir le calendrier fiscal et social d'une SCI et la checklist de clôture.

Erreur 4 — Répartir 100 % des charges sur les lots occupés

Un lot se libère en mars. Le gestionnaire, plein de bonnes intentions, recalcule les quotes-parts sur la surface occupée pour ne pas « perdre » les charges du lot vide. Les trois preneurs restants voient leur appel grimper de 15 % du jour au lendemain.

Ce qui arrive ensuite : c'est une violation frontale de l'article R145-35, qui interdit d'imputer au locataire les charges des locaux vacants. Restitution du différentiel sur cinq ans, et une relation contractuelle durablement abîmée avec trois preneurs qui ne vous font plus confiance sur aucun décompte.

La parade : figer la clé sur la surface totale louable dans le bail, et l'appliquer sans exception. La quote-part de vacance est une charge de la SCI, à budgéter comme le reste.

Erreur 5 — Refacturer les honoraires de gestion locative

Mandat de gestion à 6 % des loyers encaissés, tout compris. Le gestionnaire glisse cette ligne dans le décompte des preneurs sous l'intitulé « frais d'administration de l'immeuble ». Le renommage ne change rien à sa nature.

Résultat : l'article R145-35 4° exclut les honoraires liés à la gestion des loyers, et une ligne globale non ventilée saute en entier — y compris la fraction d'administration technique qui, isolée, aurait été refacturable. Vous perdez tout au lieu de perdre la moitié.

Ce qu'il faut faire à la place : renégocier le mandat pour obtenir deux honoraires, deux assiettes — les loyers pour la gestion locative, le budget de charges pour l'administration de l'immeuble — et n'appeler que le second, inscrit noir sur blanc à l'inventaire.

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11. FAQ — Répartition des charges du bail commercial en SCI

Peut-on encore écrire « toutes charges au preneur » dans un bail commercial ?

La clause peut figurer au bail, mais elle est en grande partie privée d'effet. L'article L145-40-2 du Code de commerce impose un inventaire précis et limitatif, et l'article R145-35 interdit d'imputer au preneur certaines dépenses. Une clause générale ne remplace pas l'inventaire et ne permet pas de contourner ces interdictions, qui sont d'ordre public par le jeu de l'article L145-15.

La taxe foncière est-elle refacturable au locataire commercial ?

Oui, à deux conditions. L'article R145-35 3° écarte les impôts dont le bailleur est le redevable légal, mais réserve expressément la taxe foncière et les taxes additionnelles. Encore faut-il que le bail le prévoie et que la taxe foncière figure dans l'inventaire annexé : sans clause et sans inventaire, elle reste à la charge de la SCI. Voir notre guide sur la taxe foncière en SCI.

Un ravalement de façade est-il à la charge du bailleur ou du preneur ?

Tout dépend de sa nature. Un ravalement d'embellissement ou de nettoyage relève de l'entretien et peut être refacturé si le bail et l'inventaire le prévoient. Une réfection qui touche à la structure des gros murs relève des grosses réparations de l'article 606 du Code civil et reste à la charge du bailleur. Les chantiers mixtes doivent être ventilés poste par poste sur la base des situations de travaux.

Que se passe-t-il si le bail ne comporte aucun inventaire des charges ?

Le bailleur se prive de la possibilité de récupérer les charges correspondantes. L'inventaire a un caractère limitatif : une catégorie qui n'y figure pas ne peut pas être appelée. La cour d'appel de Versailles l'a rappelé dans un arrêt du 7 mars 2024 (n° 22/05759), en jugeant qu'à défaut d'annexe établissant l'inventaire, le bail ne satisfaisait pas à l'article L145-40-2 — quand bien même une clause prévoyait le remboursement de certaines charges par le preneur.

Mon bail date de 2010 : le décret Pinel s'applique-t-il ?

Non, pas tant que le bail n'a pas été renouvelé. L'article 8 du décret n° 2014-1317 du 3 novembre 2014 réserve l'application des articles R145-35 à R145-37 aux contrats conclus ou renouvelés à compter de la publication du décret, soit le 5 novembre 2014. Ne confondez pas les deux dates : l'obligation d'inventaire de l'article L145-40-2 vise, elle, les contrats conclus ou renouvelés depuis le 1er septembre 2014 (article 21 de la loi du 18 juin 2014). Un bail de 2010 poursuivi par tacite prolongation échappe aux deux et reste régi par ses stipulations d'origine.

À quelle date un bail est-il considéré comme « renouvelé » ?

À la date de prise d'effet du bail renouvelé, et non à la date de signature de l'avenant ni à celle de la fixation judiciaire du loyer. La Cour de cassation l'a jugé de manière expresse (3e civ., 17 juin 2021, n° 20-12.844, publié au bulletin). Un renouvellement prenant effet le 1er avril 2014 échappe donc au décret, même si le loyer n'a été fixé que des années plus tard.

Le bailleur peut-il refacturer ses honoraires de gestion ?

Non pour les honoraires liés à la gestion des loyers, expressément exclus par l'article R145-35 4°. Les honoraires d'administration technique de l'immeuble (appels d'offres, suivi des prestataires, établissement des décomptes) restent discutés : la pratique la plus sûre consiste à faire scinder le mandat en deux lignes avec deux assiettes distinctes et à n'appeler que la seconde, en l'inscrivant à l'inventaire.

La CFE du bailleur peut-elle être mise à la charge du preneur ?

Non. L'article R145-35 3° vise expressément la contribution économique territoriale parmi les impôts dont le redevable légal est le bailleur et qui ne peuvent pas être refacturés. Une SCI redevable de la CFE au titre de son activité de location ne peut donc pas la mettre à la charge de ses locataires, contrairement à la taxe foncière.

Qui paie les charges du local vacant ?

Le bailleur. L'article R145-35 interdit d'imputer au locataire les charges, impôts, taxes, redevances et coûts de travaux relatifs aux locaux vacants ou imputables à d'autres locataires. Si un lot de 80 m² sur 600 m² est vide, la SCI conserve 13,33 % du budget de charges refacturables. C'est un coût de vacance systématiquement oublié dans les prévisionnels — voir notre guide sur la vacance locative en SCI.

Les travaux de mise en conformité sont-ils refacturables ?

Cela dépend de leur ampleur. L'article R145-35 2° n'écarte les travaux de vétusté ou de mise en conformité que « dès lors qu'ils relèvent des grosses réparations » de l'article 606. Une mise aux normes électriques des parties communes ne relève pas de l'article 606 et reste refacturable si l'inventaire la prévoit ; une reprise structurelle de planchers imposée par une commission de sécurité reste au bailleur.

Dans quel délai envoyer l'état récapitulatif annuel des charges ?

Au plus tard le 30 septembre de l'année suivant celle au titre de laquelle il est établi (article R145-36 du Code de commerce). Pour un lot en copropriété, le délai est de trois mois à compter de la reddition des charges de copropriété. Le preneur peut demander tout document justifiant le montant des charges appelées.

Que faut-il communiquer au preneur tous les trois ans ?

Un état prévisionnel des travaux envisagés dans les trois années suivantes avec budget prévisionnel, et un état récapitulatif des travaux réalisés dans les trois années précédentes avec leur coût (article L145-40-2). La communication intervient dans les deux mois de chaque échéance triennale (article R145-37), la première ayant lieu à la conclusion du bail.

Faut-il facturer la TVA sur les charges refacturées ?

Les charges suivent le régime TVA du loyer. Si la SCI a opté pour l'assujettissement en application de l'article 260, 2° du CGI, les charges sont des compléments de loyer soumis à la TVA à 20 %, y compris la taxe foncière refacturée (article 267 du CGI). À défaut d'option, la location est exonérée (article 261 D 2° du CGI), la refacturation se fait hors TVA et la SCI refacture le TTC qu'elle a supporté. Voir lever l'option TVA en SCI.

Comment comptabiliser les provisions pour charges appelées ?

Une provision n'est pas un produit tant que la régularisation n'est pas faite : elle constitue une dette envers le preneur, enregistrée au crédit d'un compte 4191 (avances et acomptes reçus). À la clôture, la régularisation solde ce compte par le produit de refacturation (708) et fait apparaître soit un complément à appeler, soit un trop-perçu à restituer. Détail des écritures dans notre guide sur la refacturation des charges.

Le preneur peut-il réclamer le remboursement de charges indûment payées ?

Oui, et c'est le principal risque financier du bailleur. Les clauses contraires à l'article L145-40-2 sont réputées non écrites par l'effet de l'article L145-15 du Code de commerce, et l'action tendant à ce constat n'est enfermée dans aucun délai. L'action en restitution des sommes versées se prescrit en revanche par cinq ans (article 2224 du Code civil ; Cass. 3e civ., 23 janvier 2025, n° 23-18.643, publié au bulletin) : le preneur peut donc récupérer cinq annuités de charges irrégulièrement refacturées.

Peut-on prévoir une clé de répartition autre que les surfaces ?

Oui. L'article R145-35 prévoit que la répartition entre les locataires « peut être conventionnellement pondérée ». Une pondération selon l'usage réel (un restaurant qui consomme plus d'eau, un rez-de-chaussée qui n'utilise pas l'ascenseur) est valable, à condition d'être écrite dans le bail et portée à la connaissance de tous les locataires.

Ce régime de répartition des charges s'applique-t-il aux baux professionnels et dérogatoires ?

Non. Les articles L145-40-2 et R145-35 figurent dans le chapitre du Code de commerce consacré au bail commercial et s'appliquent aux baux soumis au statut. Le bail professionnel relève de l'article 57 A de la loi du 23 décembre 1986 et n'est pas soumis à ce régime de charges, sauf si les parties ont volontairement opté pour le statut des baux commerciaux. Le bail dérogatoire de l'article L145-5 obéit à ses propres règles. Dans les deux cas, la répartition des charges reste largement contractuelle — raison de plus pour la rédiger avec soin.

Sources

  • Code de commerce, articles L145-15, L145-40-2, R145-35, R145-36 et R145-37
  • Loi n° 2014-626 du 18 juin 2014 relative à l'artisanat, au commerce et aux très petites entreprises (loi Pinel), article 21 : L145-40-2 applicable aux contrats conclus ou renouvelés à compter du 1er septembre 2014
  • Décret n° 2014-1317 du 3 novembre 2014 relatif au bail commercial, publié au JO du 5 novembre 2014 (article 8 : application aux contrats conclus ou renouvelés à compter de la publication)
  • Code civil, articles 606 et 2224
  • Cass. 3e civ., 17 juin 2021, n° 20-12.844, publié au bulletin (le contrat est renouvelé à la date d'effet du bail renouvelé)
  • Cass. 3e civ., 23 janvier 2025, n° 23-18.643, publié au bulletin (imprescriptibilité de l'action en réputé non écrit ; restitution limitée aux cinq années précédant la demande)
  • CA Versailles, 7 mars 2024, n° 22/05759 (absence d'inventaire des charges)
  • CA Bordeaux, 2 mars 2022, n° 18/04413 (absence de clé de répartition entre locataires)
  • Code général des impôts, articles 29, 31, 39, 231 ter, 231 quater, 234 nonies, 260, 2°, 261 D 2°, 267 et 283, 3
  • Ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025 (recodification de la TVA du CGI vers le code des impositions sur les biens et services au 1er septembre 2026)
  • BOFiP — BOI-RFPI-CTRL-20 (contribution sur les revenus locatifs) et BOI-IF-AUT-50 (taxe annuelle sur les bureaux)
  • service-public.fr / entreprendre.service-public.gouv.fr, fiche F32336 — Bail commercial : charges et dépenses du locataire et du bailleur (liste des taxes imputables au locataire en présence d'un inventaire précis, dont la taxe annuelle sur les bureaux en Île-de-France et en région PACA)
  • Plan comptable général (règlement ANC n° 2014-03), comptes 6061, 614, 615, 616, 622 et 63512
FAQ

Questions fréquentes

La clause peut figurer au bail, mais elle est en grande partie privée d'effet. Depuis la loi Pinel, l'article L145-40-2 du Code de commerce impose un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, et l'article R145-35 interdit d'imputer au preneur certaines dépenses (grosses réparations de l'article 606 du Code civil, honoraires de gestion des loyers, charges des locaux vacants). Une clause générale ne remplace pas l'inventaire et ne permet pas de contourner ces interdictions, qui sont d'ordre public par le jeu de l'article L145-15.
Oui, à deux conditions. L'article R145-35 3° du Code de commerce écarte les impôts dont le bailleur est le redevable légal, mais réserve expressément la taxe foncière et les taxes additionnelles, qui peuvent être imputées au locataire. Encore faut-il que le bail le prévoie et que la taxe foncière figure dans l'inventaire des charges annexé au bail : sans clause et sans inventaire, elle reste à la charge de la SCI.
Tout dépend de sa nature. Un ravalement d'embellissement, de nettoyage ou de peinture relève de l'entretien : il peut être refacturé si le bail et l'inventaire le prévoient. Une réfection qui touche à la structure des gros murs (reprise de maçonnerie, traitement de fissures structurelles, réfection complète du parement porteur) relève des grosses réparations de l'article 606 du Code civil et reste, elle, à la charge du bailleur. En pratique, les chantiers mixtes doivent être ventilés poste par poste sur la base des situations de travaux.
Le bailleur se prive de la possibilité de récupérer les charges correspondantes. L'inventaire de l'article L145-40-2 a un caractère limitatif : une catégorie qui n'y figure pas ne peut pas être appelée. La cour d'appel de Versailles l'a rappelé dans un arrêt du 7 mars 2024 (n° 22/05759), en jugeant qu'à défaut d'annexe établissant l'inventaire, le bail ne satisfaisait pas à l'article L145-40-2, quand bien même une clause prévoyait le remboursement de certaines charges par le preneur.
Non, pas tant que le bail n'a pas été renouvelé. L'article 8 du décret n° 2014-1317 du 3 novembre 2014 réserve l'application des articles R145-35 à R145-37 aux contrats conclus ou renouvelés à compter de la publication du décret, soit le 5 novembre 2014. Attention toutefois à ne pas confondre les deux dates : l'obligation d'inventaire de l'article L145-40-2 s'applique, elle, aux contrats conclus ou renouvelés à compter du 1er septembre 2014 (article 21 de la loi du 18 juin 2014). Un bail de 2010 poursuivi par tacite prolongation échappe aux deux et reste régi par ses stipulations d'origine ; c'est au renouvellement que le régime Pinel prend le relais.
À la date de prise d'effet du bail renouvelé, et non à la date de signature de l'avenant ni à celle de la fixation judiciaire du loyer. La Cour de cassation l'a jugé de manière expresse (3e civ., 17 juin 2021, n° 20-12.844, publié au bulletin). Un bail dont le renouvellement prend effet le 1er avril 2014 échappe donc au décret, même si l'acte de renouvellement a été signé beaucoup plus tard.
Non. L'article R145-35 4° exclut expressément « les honoraires du bailleur liés à la gestion des loyers du local ou de l'immeuble faisant l'objet du bail ». Les honoraires versés à un administrateur de biens pour quittancer, encaisser et relancer les loyers restent à la charge de la SCI. La distinction avec les honoraires d'administration technique de l'immeuble (gestion des contrats d'entretien, suivi des prestataires) est délicate : ces derniers sont refacturables s'ils sont clairement identifiés à l'inventaire et distincts de la gestion des loyers.
Le bailleur. L'article R145-35 interdit d'imputer au locataire les charges, impôts, taxes, redevances et coûts de travaux relatifs aux locaux vacants ou imputables à d'autres locataires. Concrètement, si un lot de 80 m² sur 600 m² est vide, la SCI conserve à sa charge 13,33 % du budget de charges refacturables. C'est un coût de vacance souvent oublié dans les prévisionnels d'acquisition.
Cela dépend de leur ampleur. L'article R145-35 2° écarte les travaux destinés à remédier à la vétusté ou à mettre l'immeuble en conformité avec la réglementation « dès lors qu'ils relèvent des grosses réparations » de l'article 606. Une mise aux normes électriques des parties communes ou le remplacement d'un équipement ne relèvent pas de l'article 606 et restent donc refacturables si l'inventaire les prévoit ; en revanche une reprise structurelle imposée par une norme de sécurité incendie touchant les planchers ou les murs porteurs reste au bailleur.
Au plus tard le 30 septembre de l'année suivant celle au titre de laquelle il est établi (article R145-36 du Code de commerce). Pour un immeuble en copropriété, le délai est de trois mois à compter de la reddition des charges de copropriété. Le preneur peut en outre demander au bailleur tout document justifiant le montant des charges appelées.
Deux documents, prévus par l'article L145-40-2 et détaillés par l'article R145-37 : un état prévisionnel des travaux que le bailleur envisage de réaliser dans les trois années suivantes, accompagné d'un budget prévisionnel, et un état récapitulatif des travaux réalisés au cours des trois années précédentes avec leur coût. La communication doit intervenir dans les deux mois de chaque échéance triennale, la première ayant lieu à la conclusion du bail.
Non. L'article R145-35 3° vise expressément la contribution économique territoriale parmi les impôts dont le redevable légal est le bailleur et qui ne peuvent pas lui être refacturés. Une SCI qui serait redevable de la CFE au titre de son activité de location ne peut donc pas la mettre à la charge de ses locataires, contrairement à la taxe foncière.
Les charges refacturées suivent le régime TVA du loyer. Si la SCI a opté pour l'assujettissement des loyers en application de l'article 260, 2° du CGI, les charges constituent des compléments de loyer et sont soumises à la TVA à 20 %, y compris la taxe foncière refacturée, en application de l'article 267 du CGI. À défaut d'option, la location est exonérée (article 261 D 2° du CGI) : la refacturation se fait hors TVA et la SCI, qui n'a pas déduit la TVA d'amont, refacture le montant TTC des charges qu'elle a supportées.
Les provisions trimestrielles appelées ne sont pas un produit : elles constituent une dette envers le locataire tant que la régularisation n'a pas été faite. On les enregistre au crédit d'un compte 4191 (avances et acomptes reçus), et non directement en 708. À la clôture, la régularisation solde le compte d'avances par le produit de refacturation, et fait apparaître soit un complément à appeler, soit un trop-perçu à restituer.
Oui, et c'est le principal risque financier du bailleur. Les clauses contraires aux dispositions de l'article L145-40-2 sont réputées non écrites par l'effet de l'article L145-15 du Code de commerce, et l'action tendant à ce constat n'est soumise à aucune prescription. L'action en restitution des sommes versées se prescrit toutefois par cinq ans (article 2224 du Code civil ; Cass. 3e civ., 23 janvier 2025, n° 23-18.643) : le preneur peut donc réclamer cinq annuités de charges irrégulièrement refacturées, ce qui représente vite plusieurs dizaines de milliers d'euros sur un immeuble de rapport.
Oui. L'article R145-35 prévoit que la répartition entre les locataires des charges, impôts, taxes, redevances et coûts de travaux relatifs à l'ensemble immobilier « peut être conventionnellement pondérée ». Une pondération selon l'usage réel (un restaurant qui consomme plus d'eau, une boutique en rez-de-chaussée qui n'utilise pas l'ascenseur) est parfaitement valable, à condition d'être écrite dans le bail et portée à la connaissance de tous les locataires.
Non. Les articles L145-40-2 et R145-35 figurent dans le chapitre du Code de commerce consacré au bail commercial et ne visent que les baux soumis au statut. Le bail professionnel relève de l'article 57 A de la loi du 23 décembre 1986 et n'est pas soumis à ce régime de charges, sauf si les parties ont volontairement opté pour le statut des baux commerciaux. Le bail dérogatoire de l'article L145-5 obéit à ses propres règles : dans les deux cas, la répartition des charges reste largement contractuelle.