SCI et assurance responsabilité du gérant : est-ce vraiment utile ?
Le gérant d'une SCI ne se cache pas totalement derrière l'écran de la société : dans certains cas, il répond de ses fautes de gestion sur son propre patrimoine. De là vient la tentation de souscrire une assurance RC dirigeant, dite RC des mandataires sociaux (RCMS) ou D&O. Un courtier vous appelle, agite le mot « patrimoine personnel », et propose 350 € par an pour dormir tranquille. La vraie question n'est pas « est-ce que ça existe » — ça existe. C'est : le risque de votre SCI justifie-t-il cette dépense chaque année ? Dans la plupart des dossiers que je vois passer, la réponse est non. Mais pas toujours. Ce guide vous donne de quoi trancher vous-même : la responsabilité réelle du gérant, ce que la RCMS couvre vraiment, ses trous, son prix, sa déductibilité, et les profils de SCI où elle mérite qu'on la signe.
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code civil, Code des assurances, LPF, CGI). Mis à jour le 24 juillet 2026.
Sommaire
- Le gérant répond de ses fautes sur son patrimoine
- Faute de gestion, faute séparable : quand la responsabilité devient personnelle
- L'assurance RC des mandataires sociaux (RCMS / D&O)
- Ce qu'elle couvre — et ce qu'elle exclut
- Coût, comptabilisation et déductibilité
- RCMS, RC exploitation, PNO : ne pas confondre
- Est-ce vraiment utile pour votre SCI ?
- Les alternatives : la gouvernance avant l'assurance
- FAQ
1. Le gérant répond de ses fautes sur son patrimoine
« La SCI a la personnalité morale, donc je suis protégé. » Je l'entends à chaque rendez-vous, et c'est faux à moitié. Le gérant porte en réalité trois casquettes de responsabilité, dont deux peuvent aller taper directement dans son compte personnel. Avant d'aller plus loin, si le rôle et les obligations du gérant restent flous pour vous, posez d'abord les bases avec notre guide de fond sur le gérant de SCI.
Responsabilité civile de gestion (article 1850 du Code civil)
L'article 1850 du Code civil pose le principe : « Chaque gérant est responsable individuellement envers la société et envers les tiers, soit des infractions aux lois et règlements, soit de la violation des statuts, soit des fautes commises dans sa gestion. » Traduit en clair : le gérant qui laisse un immeuble se dégrader faute d'entretien, qui oublie une déclaration fiscale, qui signe un emprunt étranger à l'objet social, ou qui engage la SCI sur un coup de tête, peut être condamné à réparer le préjudice. Sur ses deniers, pas sur ceux de la société.
Envers les associés et la société, cette responsabilité joue pour toute faute de gestion. Envers les tiers, elle est en revanche filtrée par la notion de faute détachable des fonctions (voir chapitre 2).
Responsabilité fiscale solidaire (article L267 du LPF)
Voilà, à mon sens, le risque le plus tangible pour un gérant de SCI — et le moins connu. L'article L267 du Livre des procédures fiscales permet au comptable public de demander au juge de déclarer le dirigeant solidairement responsable du paiement des impôts dus par la société. La condition : que le gérant ait, par des manœuvres frauduleuses ou l'inobservation grave et répétée des obligations fiscales, rendu le recouvrement impossible. Un oubli isolé ne suffit pas ; un mépris répété des échéances, oui. Et là, le fisc vient chercher l'argent sur les biens propres du gérant.
Responsabilité pénale
Le gérant peut enfin engager sa responsabilité pénale personnelle : abus de confiance (article 314-1 du Code pénal — l'abus de biens sociaux des articles L241-3 et L242-6 du Code de commerce ne vise pas les sociétés civiles), fraude fiscale (article 1741 du CGI), banqueroute en cas de procédure collective, ou infractions liées à l'état de l'immeuble (péril, sécurité des locataires). Les amendes et sanctions pénales sont strictement personnelles et ne peuvent, par nature, être prises en charge par une assurance.
À noter : les difficultés d'une SCI relèvent en principe du tribunal judiciaire et non du tribunal de commerce, la société civile n'ayant pas de caractère commercial — sauf, depuis le 1er janvier 2025, dans les douze juridictions qui expérimentent le tribunal des activités économiques (loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023), compétent pour les procédures amiables et collectives de tous les débiteurs, sociétés civiles comprises.
2. Faute de gestion, faute séparable : quand la responsabilité devient personnelle
Tout se joue ici. Pour savoir si une assurance vaut le coup, il faut d'abord comprendre à quel moment précis le patrimoine personnel du gérant est exposé envers les tiers. Car ce moment est plus rare qu'on ne le croit.
Le principe : l'écran de la société
Tant que le gérant reste dans son mandat, c'est la SCI qui est engagée, jamais lui à titre personnel. Un tiers mécontent d'une décision de gestion attaque la société, pas l'homme. L'écran de la personnalité morale fait son travail. C'est le cas de figure de très loin le plus fréquent.
L'exception : la faute séparable (ou détachable) des fonctions
Cet écran tombe lorsque le gérant commet une faute séparable de ses fonctions. La Cour de cassation (Cass. com., 20 mai 2003, n° 99-17.092) la définit comme une faute d'une particulière gravité, commise intentionnellement, et incompatible avec l'exercice normal des fonctions sociales. Dans ce cas, le gérant sort de son rôle et engage sa responsabilité personnelle directe envers le tiers.
Exemples typiques en contexte immobilier :
- Encaisser des loyers sur son compte personnel au détriment de la SCI et des associés.
- Vendre un bien de la SCI en dissimulant volontairement un vice ou une charge à l'acquéreur.
- Souscrire des engagements manifestement contraires à l'intérêt social pour en tirer un avantage personnel.
- Détourner la trésorerie sociale ou organiser sciemment l'insolvabilité de la société.
À l'inverse — et c'est rassurant pour le gérant honnête — une erreur d'appréciation, un placement qui tourne mal, une déclaration rendue en retard ne sont pas des fautes détachables. C'est de la gestion ordinaire, avec ses aléas. La SCI répond, pas son gérant. Il faut vraiment franchir la ligne de l'intention de nuire pour engager son patrimoine face à un tiers.
3. L'assurance RC des mandataires sociaux (RCMS / D&O)
L'assurance responsabilité civile des mandataires sociaux — RCMS, ou « D&O » pour Directors and Officers dans le vocabulaire anglo-saxon — est un contrat qui protège le dirigeant personnellement, et non la société, contre les conséquences financières d'une mise en cause liée à l'exercice de son mandat.
Son objet
Le contrat prend en charge deux types de conséquences :
- Les dommages et intérêts que le gérant serait condamné à verser à la société, aux associés ou à un tiers au titre d'une faute de gestion couverte.
- Les frais de défense : honoraires d'avocat, d'expert, frais de procédure, engagés pour se défendre dès la réclamation — y compris lorsque la mise en cause s'avère finalement infondée.
C'est ce second point qui fait le vrai intérêt du contrat. Même une action perdue d'avance pour l'adversaire vous oblige à prendre un avocat, à répondre, à financer la procédure. Un contentieux de dirigeant, ce sont vite plusieurs milliers d'euros d'honoraires avant même que le juge tranche. La RCMS vous évite d'avancer cet argent de votre poche.
Son champ : la faute de gestion non intentionnelle
Ce que la RCMS couvre, c'est la faute de gestion non intentionnelle : la négligence, l'imprudence, l'erreur d'appréciation, l'oubli d'une obligation légale ou statutaire, commis de bonne foi. En un mot : la maladresse du gérant honnête. Voilà le cœur du risque assurable. Tout ce qui touche à l'intention de nuire ou à la fraude tombe hors du contrat — on y revient au chapitre 4, car c'est décisif.
Qui souscrit, qui est assuré ?
Le montage étonne souvent : c'est la SCI qui souscrit et règle la prime, mais le bénéficiaire de la garantie, c'est le gérant lui-même (et, selon les contrats, les anciens gérants, les cogérants, parfois les dirigeants de fait). Rien à voir avec la PNO qui assure des murs : ici, l'assuré protégé est une personne physique, dans son rôle de mandataire. La société paie pour protéger l'homme qui la dirige.
4. Ce qu'elle couvre — et ce qu'elle exclut
Aucune assurance ne couvre tout, et la RCMS moins que d'autres. Ce sont ses exclusions — pas ses garanties — qui décident de son intérêt réel. Lisez-les avant de signer, jamais après.
| Situation | Prise en charge RCMS ? |
|---|---|
| Faute de gestion non intentionnelle (négligence, erreur) | Oui |
| Frais de défense (avocat, expertise, procédure) | Oui |
| Dommages-intérêts dus aux associés ou à un tiers | Oui (dans la limite du plafond) |
| Faute intentionnelle, dol, fraude | Non (exclusion d'ordre public) |
| Amendes et sanctions pénales personnelles | Non |
| Dettes fiscales / sociales (solidarité art. L267 LPF) | Non (en général exclu) |
| Dommages à l'immeuble, sinistres du bâtiment | Non (relève de la PNO) |
| Réclamation connue avant la souscription | Non |
L'exclusion majeure : la faute intentionnelle
L'article L113-1 du Code des assurances ne laisse aucune marge : « l'assureur ne répond pas des pertes et dommages provenant d'une faute intentionnelle ou dolosive de l'assuré. » Règle d'ordre public — aucun contrat, aussi cher soit-il, ne peut couvrir une faute délibérée. Et c'est là que le bât blesse. Souvenez-vous : la faute séparable des fonctions, celle qui expose le plus frontalement le patrimoine du gérant envers un tiers, suppose justement l'intention. Autrement dit, le risque le plus grave est aussi le moins assurable. La RCMS couvre bien la maladresse ; elle ne couvre pas la malhonnêteté. Gardez ce paradoxe en tête quand un commercial vous vend « une protection totale ».
La solidarité fiscale, généralement hors garantie
Rappelez-vous le risque L267 du chapitre 1, le plus concret pour un gérant de SCI. Or la somme dont il peut être déclaré solidairement responsable est une dette d'impôt de la société, pas un dommage causé par une faute au sens de l'assurance. Résultat : les contrats l'excluent presque toujours. Sur ce risque bien réel, la RCMS vous paiera au mieux l'avocat pour contester la solidarité — pas le chèque au Trésor public. C'est exactement le genre de nuance qu'un devis alléchant oublie de mentionner.
5. Coût, comptabilisation et déductibilité
Combien ça coûte ?
Sur les devis que je vois passer pour de petites SCI patrimoniales, la prime annuelle d'une RCMS tourne le plus souvent entre 150 et 600 €. Trois paramètres font bouger le curseur :
- le plafond de garantie retenu (souvent 100 000 à 500 000 €) ;
- la franchise laissée à la charge de l'assuré ;
- le profil de risque : patrimoine géré, présence d'associés extérieurs, activité, endettement.
Rapportée au risque réel d'une SCI familiale mono-bien, cette dépense annuelle est le plus souvent disproportionnée : vous payez 350 € pour couvrir un sinistre qui a une chance infime de survenir. Mais dès qu'entrent des associés extérieurs ou de gros montants, l'arithmétique s'inverse et la prime redevient raisonnable.
La prime est-elle déductible ?
La réponse dépend du régime fiscal de la SCI — et ce point est trop souvent survendu par les intermédiaires :
| Régime | Déductibilité de la prime RCMS |
|---|---|
| SCI à l'IS | Déductible comme charge d'assurance engagée dans l'intérêt de la société (art. 39-1 CGI), compte 616. |
| SCI à l'IR | Fragile : les charges des revenus fonciers sont limitatives (art. 31 CGI). Une prime couvrant la responsabilité personnelle du gérant n'y figure pas expressément. |
À l'IS, la prime est en principe déductible : elle constitue une charge engagée dans l'intérêt de la société pour protéger son dirigeant, comme les autres assurances. Enregistrée au débit du compte 616 (primes d'assurances), elle réduit le résultat imposable.
À l'IR, la prudence s'impose. Les charges déductibles des revenus fonciers sont énumérées limitativement à l'article 31 du CGI. Les primes d'assurance déductibles y sont visées, mais essentiellement celles qui se rattachent à la conservation du revenu foncier et de l'immeuble (PNO, GLI). Une assurance couvrant la responsabilité personnelle du gérant s'en éloigne. Nous recommandons de ne pas la déduire par défaut et de valider ce point avec votre conseil. Pour cadrer ce qui passe ou non, voyez notre guide des charges déductibles en SCI.
L'écriture comptable
La prime s'enregistre au débit du compte 616 par le crédit du compte banque 512. Si l'échéance couvre deux exercices (assurance payée en cours d'année), la fraction courue sur l'exercice suivant est neutralisée par une charge constatée d'avance (compte 486) au bilan de clôture. Un outil de comptabilité SCI comme sci-ai.app gère automatiquement ce prorata.
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6. RCMS, RC exploitation, PNO : ne pas confondre
C'est le malentendu numéro un. Trois assurances, trois risques qui n'ont rien à voir. Croire que l'une couvre le terrain de l'autre, c'est se découvrir le jour du sinistre — au pire moment.
| Assurance | Qui / quoi est protégé | Exemple de sinistre |
|---|---|---|
| RCMS / D&O | Le gérant personnellement, pour ses fautes de gestion | Un associé reproche au gérant une décision préjudiciable |
| RC exploitation | La SCI, pour les dommages causés aux tiers par son activité | Une tuile se détache et blesse un passant |
| PNO (propriétaire non occupant) | L'immeuble et la responsabilité du bailleur | Dégât des eaux dans un logement vacant |
Pour la plupart des SCI, l'assurance PNO est la garantie réellement prioritaire : elle protège le bien, socle du patrimoine, et couvre la responsabilité du propriétaire bailleur. Souvent, une RC exploitation y est adossée. La RCMS, elle, intervient sur un tout autre terrain — le risque de dirigeant — qui n'est pas prioritaire dans une structure familiale simple. Nous détaillons les garanties immeuble et locatives dans le guide assurance PNO et GLI en SCI.
7. Est-ce vraiment utile pour votre SCI ?
Je vais être franc, quitte à aller contre l'intérêt d'un vendeur d'assurance : pour la plupart des SCI familiales patrimoniales, la RCMS ne sert pas à grand-chose. Le gérant y est rarement mis en cause, et les fautes vraiment graves — celles qui feraient mal — sont intentionnelles, donc hors garantie. Reste une poignée de profils où, là, elle devient un vrai filet de sécurité.
Grille de décision
| Profil de SCI | Pertinence d'une RCMS |
|---|---|
| SCI familiale, 1 bien loué nu, tous associés proches | Faible |
| SCI entre concubins ou couple non marié, gestion simple | Faible |
| SCI avec associés extérieurs (amis, investisseurs) | Moyenne à forte |
| Gérant non associé rémunéré gérant pour le compte de tiers | Forte |
| SCI à l'IS, patrimoine important, endettement, salarié | Forte |
| SCI avec activité (para-hôtellerie, meublé) et enjeux financiers | Forte |
Cas chiffré : la SCI familiale « Les Tilleuls »
Un couple détient une SCI à l'IR avec un appartement loué nu, 900 € de loyer mensuel. La SCI génère environ 10 800 € de recettes annuelles. Un courtier propose une RCMS à 350 €/an, plafond 200 000 €.
Analyse. Les seuls tiers en relation avec la SCI sont le locataire (couvert par PNO + GLI) et la banque. Aucun associé extérieur, aucun salarié. Le risque de faute de gestion mettant en cause le gérant est quasi nul, et une éventuelle faute grave serait intentionnelle, donc non assurable. La prime représente 3,2 % des recettes annuelles pour un risque théorique.
Décision rationnelle : ne pas souscrire, et investir plutôt ces 350 € dans une gouvernance propre (AG, PV, statuts à jour) et une bonne assurance PNO/GLI.
Le scénario inverse
Changez le décor. Trois investisseurs qui ne sont pas de la même famille, une SCI à l'IS, un immeuble de rapport financé à crédit, et un gérant rémunéré aux commandes. Un désaccord sur des travaux lourds, une revente ou un refinancement, et l'un des associés attaque le gérant en responsabilité. Rien que les frais de défense justifient alors l'assurance. Ici, la RCMS a du sens — en complément, jamais en remplacement, d'un pacte d'associés solide et d'une rémunération du gérant proprement formalisée.
8. Les alternatives : la gouvernance avant l'assurance
Avant de sortir la carte bleue chaque année, posez-vous la vraie question : comment faire baisser le risque à la source ? Une gouvernance carrée protège souvent mieux qu'une assurance trouée d'exclusions — et elle ne coûte rien d'autre que de la rigueur. Voici les cinq réflexes qui, dans mon expérience, désamorcent 90 % des mises en cause de gérant.
1. Tenir des assemblées générales et des procès-verbaux
L'article 1856 du Code civil impose au gérant de rendre compte de sa gestion. Une AG annuelle, avec présentation des comptes et PV écrit, matérialise cette obligation et protège le gérant : les décisions formalisées sont difficiles à lui reprocher a posteriori. Voyez notre guide de l'assemblée générale de SCI.
2. Faire voter le quitus — sans en surestimer la portée
Le quitus voté en AG marque l'approbation de la gestion par les associés, mais sa portée juridique est limitée : l'article 1843-5 du Code civil interdit qu'une décision d'assemblée éteigne une action en responsabilité contre le gérant. C'est un outil utile, mais essentiellement probatoire : il ne protège ni contre une action de la société ou des associés, ni contre les tiers, ni contre le fisc. Il ne remplace ni une assurance, ni une gestion honnête.
3. Rédiger des statuts précis
Des statuts qui délimitent clairement les pouvoirs du gérant (seuils d'engagement, décisions soumises à l'accord des associés) réduisent le risque de dépassement et donc de faute de gestion. Le gérant sait exactement ce qu'il peut faire seul.
4. Séparer strictement les patrimoines
Un compte bancaire au nom de la SCI, zéro mélange avec vos comptes perso, chaque virement adossé à une pièce : c'est basique, et c'est pourtant la meilleure parade contre l'accusation de faute détachable comme contre la requalification en SCI fictive. Le gérant qui encaisse un loyer sur son compte personnel se met tout seul en danger — aucune assurance ne le rattrapera là-dessus.
5. Anticiper les conflits internes
La majorité des mises en cause de gérants naissent d'une mésentente entre associés. Un pacte d'associés, des règles de sortie claires et une communication régulière désamorcent le contentieux avant qu'il n'atteigne le gérant. Ce sujet, et la prévention du litige avec le gérant, méritent un traitement dédié que nous complétons ailleurs.
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FAQ — Assurance RC du gérant de SCI
Le gérant d'une SCI risque-t-il son patrimoine personnel ?
Oui, dans certains cas précis. L'article 1850 du Code civil engage sa responsabilité envers la société et les associés pour ses fautes de gestion. Envers les tiers, il n'est personnellement responsable qu'en cas de faute détachable de ses fonctions. En matière fiscale, l'article L267 du LPF permet au fisc de le déclarer solidairement responsable des dettes de la SCI en cas de manœuvres frauduleuses ou d'inobservation grave et répétée.
Qu'est-ce que l'assurance RC des mandataires sociaux (RCMS) ?
La RCMS (ou D&O) prend en charge les conséquences financières d'une mise en cause personnelle du dirigeant : dommages et intérêts qu'il pourrait devoir verser, et surtout frais de défense (avocat, expertise, procédure). Elle couvre les fautes de gestion non intentionnelles commises dans l'exercice du mandat de gérant.
La RCMS couvre-t-elle la faute intentionnelle du gérant ?
Non. La faute intentionnelle et le dol sont toujours exclus : c'est une règle d'ordre public (article L113-1 du Code des assurances). Sont aussi exclues les amendes et sanctions pénales personnelles, ainsi que, en général, les dettes fiscales relevant de l'article L267 du LPF.
Combien coûte une assurance responsabilité de dirigeant de SCI ?
Pour une petite SCI patrimoniale, la prime se situe le plus souvent entre 150 et 600 € par an, selon le plafond de garantie (généralement 100 000 à 500 000 €) et le profil de la société. Pour une SCI purement familiale sans salarié ni tiers, ce coût est souvent disproportionné par rapport au risque réel.
La prime de RCMS est-elle déductible pour la SCI ?
À l'IS, elle est déductible comme charge d'assurance engagée dans l'intérêt de la société (article 39-1 du CGI), au compte 616. À l'IR, la déductibilité est fragile : les charges des revenus fonciers sont limitatives (article 31 du CGI) et une prime couvrant la responsabilité personnelle du gérant n'y figure pas expressément. Validez ce point avec votre conseil.
La RCMS est-elle obligatoire pour une SCI ?
Non, aucune loi ne l'impose. C'est une garantie facultative, à apprécier selon le profil de risque : présence d'associés extérieurs, patrimoine important, tiers (locataires, prêteurs) ou gestion complexe. Une SCI familiale simple peut s'en passer.
Quelle différence entre RCMS, RC exploitation et assurance PNO ?
La RCMS couvre la responsabilité personnelle du gérant pour ses fautes de gestion. La RC exploitation couvre les dommages causés aux tiers par l'activité de la SCI (un passant blessé, par exemple). La PNO couvre l'immeuble et la responsabilité du propriétaire bailleur. Trois garanties distinctes, non interchangeables.
Une SCI familiale a-t-elle vraiment besoin d'une RCMS ?
Rarement. Dans une SCI familiale sans salarié, sans associé extérieur et avec un seul bien loué nu, le risque de mise en cause du gérant est faible. Une gouvernance rigoureuse (AG, PV, quitus, statuts précis) protège souvent mieux et gratuitement. La RCMS devient pertinente quand entrent des associés extérieurs ou de forts enjeux financiers.
Le quitus donné en AG protège-t-il totalement le gérant ?
Non. Le quitus n'a qu'une valeur d'approbation et de preuve : l'article 1843-5 du Code civil interdit qu'une décision d'assemblée éteigne une action en responsabilité contre le gérant. Il ne protège donc ni contre une action de la société ou des associés, ni contre les tiers, ni contre l'administration fiscale. C'est un outil de gouvernance utile, pas un bouclier absolu.
La faute séparable des fonctions, qu'est-ce que c'est ?
C'est une faute d'une particulière gravité, commise intentionnellement, incompatible avec l'exercice normal des fonctions de gérant. La jurisprudence (Cass. com., 20 mai 2003) considère qu'à ce moment le gérant sort de son rôle et engage sa responsabilité personnelle directe envers les tiers, au-delà de l'écran de la société.
Le gérant peut-il être poursuivi par le fisc sur ses biens propres ?
Oui, via l'article L267 du LPF. Si le gérant, par des manœuvres frauduleuses ou l'inobservation grave et répétée des obligations fiscales de la SCI, a rendu impossible le recouvrement des impôts dus, le comptable public peut demander au juge de le déclarer solidairement responsable du paiement. La RCMS exclut généralement ce risque.
Un gérant non associé est-il plus exposé ?
Le régime de responsabilité de gestion (article 1850 du Code civil) est identique, associé ou non. Mais un gérant non associé rémunéré, qui administre un patrimoine appartenant à d'autres, présente un profil où la RCMS a plus de sens : il agit pour le compte de tiers-associés susceptibles de le mettre en cause.
La RCMS couvre-t-elle les frais d'avocat ?
Oui, et c'est souvent son principal intérêt. Même quand la mise en cause s'avère infondée, il faut se défendre. La RCMS prend en charge les frais de défense (avocat, expertise, procédure) dès l'engagement de la réclamation, évitant au dirigeant d'avancer ces sommes sur ses deniers personnels.
Faut-il une RCMS si la SCI n'a qu'un seul bien ?
Pour une SCI mono-bien détenue en famille et louée nue, l'utilité est marginale. Le risque se concentre sur la relation locative (impayés, sinistres), qui relève de la PNO et de la GLI, pas de la responsabilité du gérant. La RCMS n'apporte de valeur réelle qu'en présence d'un risque de conflit interne ou de mise en cause par un tiers.
Où souscrire une RC dirigeant pour une SCI ?
Auprès d'un assureur ou d'un courtier proposant des contrats RCMS/D&O adaptés aux petites structures ; certains l'intègrent en option d'un contrat multirisque immeuble. Comparez le plafond de garantie, la franchise, l'étendue des frais de défense et la liste des exclusions, qui varie sensiblement d'un contrat à l'autre.
Comment enregistrer la prime dans la comptabilité de la SCI ?
Au débit du compte 616 (primes d'assurances), par le crédit du compte bancaire 512. Si l'échéance chevauche deux exercices, la fraction courue sur l'exercice suivant est neutralisée par une charge constatée d'avance (compte 486). Un logiciel comme sci-ai.app automatise ce suivi et ce prorata.
Pour aller plus loin