Découvrir le logiciel Explorez l'interface intelligente de sci-ai.app
Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Cession de parts de SCI 2026 Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Guide SCI Familiale 2026 SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Le guichet unique INPI Statuts SCI : rédiger des statuts solides Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

Plus-Value sur la Vente d'un Bien Démembré Détenu par une SCI (2026)

Vendre un bien démembré détenu par une SCI, c'est vendre deux droits en même temps. Un prix unique arrive chez le notaire, un solde unique repart, et tout le monde range le dossier. Sauf l'administration, qui attend deux plus-values. Deux prix de cession. Deux prix d'acquisition. Deux durées de détention. C'est précisément là que ça se casse la figure, et rarement pour quelques centaines d'euros.

Je prends l'exemple que je vois le plus souvent. Une SCI familiale achète en 2012 la nue-propriété d'un immeuble, le parent garde l'usufruit, tout le monde signe content. Quatorze ans plus tard arrive la vraie question, celle que personne n'a posée le jour de l'acte : qui touche quoi sur les 400 000 € et qui paie combien ? Les deux réponses n'ont aucune raison d'être symétriques. Dans ce dossier précis, l'usufruitier sort une moins-value qu'il ne pourra jamais utiliser, pendant que la SCI nue-propriétaire dégage une plus-value de 145 625 € sur laquelle le notaire prélève 35 396 € — malgré quatorze ans de détention et les abattements qui vont avec. Même immeuble, même acte, même acquéreur.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (code civil, CGI, BOFiP). Mis à jour le 31 juillet 2026.


1. Les quatre configurations de démembrement à distinguer avant tout calcul

Avant d'ouvrir la moindre feuille de calcul : de quel démembrement parle-t-on ? Le mot recouvre quatre situations qui n'ont fiscalement rien à voir entre elles. Et la confusion entre deux d'entre elles — le bien démembré et les parts démembrées — reste la cause numéro un des calculs faux qui atterrissent sur mon bureau.

Schéma des configurations

A — La SCI détient l'usufruit

La SCI encaisse les loyers pendant toute la durée de l'usufruit ; un tiers détient la nue-propriété, souvent une personne physique, parfois les enfants. Au moment de vendre, la SCI cède un droit qui n'a fait que se déprécier. Attention au passé du dossier : si l'usufruit a été acquis à titre onéreux, l'article 13, 5° du CGI a pu frapper le cédant initial à l'entrée (chapitre 8).

B — La SCI détient la nue-propriété

De loin la plus fréquente en gestion familiale. Le parent garde l'usufruit et les loyers ; la SCI, détenue par les enfants, porte la nue-propriété et se valorise sans rien encaisser ni rien déclarer. Elle cède donc, le jour de la vente, un droit qui s'est apprécié mécaniquement pendant des années. Plus-value quasi garantie, et souvent copieuse.

C — La SCI détient la pleine propriété, mais les PARTS sont démembrées

Cas radicalement différent : l'immeuble n'est pas démembré, la SCI en est pleine propriétaire. La vente ne dégage qu'une seule plus-value. La question devient celle de la répartition du résultat entre l'usufruitier et le nu-propriétaire des parts. C'est le sujet de notre guide sur le démembrement des parts de SCI — ne mélangez pas les deux.

D — La SCI vend après extinction de l'usufruit

L'usufruit s'est éteint (décès de l'usufruitier ou arrivée du terme) : la SCI vend en pleine propriété. Il n'y a plus qu'un seul cédant, mais toujours deux dates d'acquisition et deux valeurs à reconstituer. Voir le chapitre 5.

Pourquoi la distinction A/B et C est décisive

En A, B et D, c'est l'immeuble qui est démembré : la SCI porte à son actif un droit réel partiel, usufruit ou nue-propriété, et l'acte de vente porte sur ce droit. En C, la SCI est propriétaire de tout. Ce sont les parts qui sont éclatées entre un usufruitier et un nu-propriétaire, sujet de droit des sociétés qui n'a rien à faire dans le régime des plus-values immobilières.

Appliquez le raisonnement « deux plus-values » à la configuration C, votre calcul est faux. Appliquez « une seule plus-value » aux configurations A et B, il est faux aussi, et en général à votre détriment : soit le nu-propriétaire perd l'antériorité de son droit, soit l'usufruitier paie sur une plus-value qu'il n'a jamais réalisée.

Trente secondes pour trancher : ouvrez l'acte notarié d'acquisition et lisez la qualité de l'acquéreur. La SCI y achète l'usufruit ou la nue-propriété ? Vous êtes en A ou en B, et vous êtes au bon endroit. Elle y achète la pleine propriété ? Alors le démembrement est ailleurs : dans les statuts, ou dans un acte de donation de parts.

Ce que cet article ne traite pas

Restent A, B et D. Là, l'immeuble est bien démembré, et avant la moindre ligne de calcul il faut régler une question civile : comment la vente se déroule et selon quelle clé le prix se partage.


2. La vente conjointe : répartition, report, remploi (art. 621 du code civil)

Un bien démembré ne se vend pas tout seul. Personne ne peut céder la pleine propriété à lui seul : chacun ne dispose librement que de son propre droit. Il faut donc les deux signatures, les deux titulaires réunis à l'acte comme covendeurs. C'est la vente conjointe.

Ce que dit exactement l'article 621

L'article 621 du code civil, issu de la réforme des successions et libéralités de 2006, tient en deux règles. Elles se lisent en trente secondes et décident de tout le reste :

  • Règle de répartition : en cas de vente simultanée de l'usufruit et de la nue-propriété d'un bien, le prix se répartit entre l'usufruit et la nue-propriété selon la valeur respective de chacun de ces droits, sauf accord des parties pour reporter l'usufruit sur le prix.
  • Règle de protection : la vente du bien grevé d'usufruit, sans l'accord de l'usufruitier, ne modifie pas le droit de ce dernier, qui continue à jouir de son usufruit sur le bien s'il n'y a pas expressément renoncé.

Traduisons. Un nu-propriétaire qui vendrait « son » immeuble sans l'usufruitier ne vendrait en réalité que sa nue-propriété, et l'acheteur récupérerait un bien dont un tiers continue de percevoir les loyers jusqu'à sa mort. Personne ne signe ça. La vente conjointe n'est pas juridiquement obligatoire, elle est simplement la seule qui trouve preneur.

Les trois options ouvertes aux parties

Option Mécanisme Conséquence fiscale
1. Répartition du prix Chacun reçoit la fraction du prix correspondant à la valeur de son droit. Le démembrement disparaît. Deux plus-values distinctes, chacune imposée chez son titulaire.
2. Report de l'usufruit sur le prix (quasi-usufruit) L'usufruitier reçoit la totalité du prix et en dispose (art. 587 C. civ.) ; le nu-propriétaire détient une créance de restitution exigible à l'extinction. Deux plus-values quand même : le fait générateur reste la cession de chaque droit. La déductibilité de la créance de restitution à l'ouverture de la succession suppose les conditions de l'art. 773, 2° du CGI et le passage du filtre de l'art. 774 bis du CGI (voir ci-dessous).
3. Remploi (subrogation) Le prix est réinvesti dans un nouveau bien sur lequel le démembrement se reporte à l'identique. Deux plus-values également : le remploi n'est pas un report d'imposition. L'impôt est dû au moment de la vente, avant réinvestissement.

Le contresens que j'entends le plus souvent : « on fait un quasi-usufruit, comme ça on décale l'impôt ». Non. Ces trois options règlent le sort civil du prix et rien d'autre. Dans les trois cas, les droits ont été cédés, le fait générateur est intervenu, et chaque plus-value est due tout de suite. La seule chose qui change, c'est de savoir lequel des deux a le cash sur son compte le jour où il faut payer.

Le quasi-usufruit : intérêt et point de vigilance

Le report de l'usufruit sur le prix transforme un usufruit portant sur un immeuble en un quasi-usufruit portant sur une somme d'argent. L'usufruitier peut en disposer librement — la consommer, la placer, la donner — à charge de restituer l'équivalent à la fin. Le nu-propriétaire n'a plus un droit réel sur un bien, mais une créance sur la succession de l'usufruitier.

L'outil est excellent en gestion patrimoniale. Il traîne aussi deux risques que je vois sous-estimés à peu près systématiquement :

  • L'insolvabilité. L'usufruitier dépense la somme, meurt, laisse une succession déficitaire : la créance de restitution ne vaut plus rien. Le nu-propriétaire, lui, aura payé son impôt de plus-value quatorze ans plus tôt sans jamais avoir vu un euro du prix.
  • La déduction de la créance, qui n'a rien d'acquis. Pour venir en déduction de l'actif successoral, la dette de restitution doit passer l'article 773, 2° du CGI : s'agissant d'une dette consentie par le défunt au profit de ses héritiers, cela suppose en principe un acte authentique, ou au moins un acte ayant date certaine avant l'ouverture de la succession. Conclusion pratique : la convention de quasi-usufruit se signe chez le notaire. Pas sur un papier libre rangé dans un tiroir.

Depuis 2024, un second filtre : l'article 774 bis du CGI. Créé par l'article 26 de la loi de finances pour 2024 et applicable aux successions ouvertes à compter du 29 décembre 2023, ce texte prive par principe de déductibilité la dette de restitution portant sur une somme d'argent dont le défunt s'était réservé l'usufruit, et fait supporter au nu-propriétaire des droits de mutation par décès sur la valeur correspondante. Le quasi-usufruit issu de la vente d'un bien démembré n'y échappe pas automatiquement : le texte réserve expressément le sort des « dettes de restitution contractées sur le prix de cession d'un bien dont le défunt s'était réservé l'usufruit », mais sous réserve qu'il soit justifié qu'elles n'ont pas été contractées dans un objectif principalement fiscal. Autrement dit, la déduction reste possible, mais elle se prouve. Commentaires : BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20.

La clause dans l'acte de vente : à rédiger avant, jamais après

La signature éteint le démembrement sur l'immeuble, et referme la porte. Rien n'a été prévu à l'acte ? La règle par défaut de l'article 621 s'applique, chacun reçoit la fraction du prix correspondant à son droit, point final. Vouloir transformer cette répartition en quasi-usufruit trois mois plus tard, c'est monter une opération nouvelle, que l'administration lira comme une donation ou comme un prêt, avec la fiscalité qui va avec.

D'où le calendrier que je recommande :

  1. Décision de vendre → réunion des covendeurs (usufruitier + SCI nue-propriétaire) et arbitrage entre les trois options.
  2. Décision collective des associés de la SCI autorisant la vente, dans les formes prévues par les statuts — la vente de l'unique actif immobilier excède presque toujours les pouvoirs du gérant seul. Formalisez-la en assemblée générale avec procès-verbal.
  3. Compromis intégrant déjà la clé de répartition du prix.
  4. Acte authentique portant la ventilation définitive et, le cas échéant, la convention de quasi-usufruit ou de remploi.

Simulez la répartition et l'impôt de votre cession dans SCI-AI

Ventilation du prix entre usufruit et nue-propriété, deux plus-values calculées séparément avec leurs abattements respectifs, comparaison IR / IS : le simulateur reprend vos données comptables et vous rend le net après impôt de chaque cédant.


3. Calculer la plus-value de chaque titulaire de droit

Le principe s'énonce en une ligne : chaque titulaire est imposé sur sa propre plus-value. Il n'y a pas de plus-value globale qu'on répartirait ensuite au prorata. Il y a deux calculs autonomes, menés en parallèle, chacun avec sa formule entière. L'énoncé est simple ; l'application, beaucoup moins.

La formule, deux fois

Plus-value brute du droit = prix de cession du droit − prix d'acquisition du droit (majoré des frais et, le cas échéant, des travaux)

Plus-value imposable = plus-value brute − abattement pour durée de détention propre à ce droit (art. 150 VC du CGI)

3.1 Le prix de cession de chaque droit

C'est la fraction du prix global attribuée à chaque droit dans l'acte de vente, en application de l'article 621 du code civil. La doctrine est explicite : « en cas de cession conjointe de l'usufruit et de la nue-propriété, le prix global doit être ventilé de façon à faire apparaître distinctement le prix de cession de la nue-propriété et celui de l'usufruit, en fonction de leur valeur réelle au jour de la vente » ; et « à titre de règle pratique, il est admis que cette ventilation puisse être effectuée en appliquant le barème prévu par l'article 669 du CGI, en tenant compte de l'âge de l'usufruitier au jour de la vente » (BOI-RFPI-PVI-20-10-10, § 300). Deux méthodes de valorisation coexistent donc, et le choix n'est pas neutre :

  • La valeur économique. On capitalise les revenus nets que l'usufruitier percevra jusqu'à l'extinction de son droit, actualisés, avec l'espérance de vie réelle et le rendement effectif du bien. Techniquement, c'est la bonne méthode, et c'est celle des praticiens du démembrement. Elle demande une note de calcul défendable.
  • Le barème de l'article 669 du CGI. Un forfait par tranches d'âge, conçu à l'origine pour liquider des droits de mutation. Simple, incontestable, immédiatement lisible par un inspecteur. Son défaut : sur un bien à fort rendement il sous-évalue l'usufruit, et l'écart se chiffre parfois en dizaines de milliers d'euros.
Âge de l'usufruitier Valeur de l'usufruit Valeur de la nue-propriété
Moins de 21 ans révolus90 %10 %
Moins de 31 ans révolus80 %20 %
Moins de 41 ans révolus70 %30 %
Moins de 51 ans révolus60 %40 %
Moins de 61 ans révolus50 %50 %
Moins de 71 ans révolus40 %60 %
Moins de 81 ans révolus30 %70 %
Moins de 91 ans révolus20 %80 %
Plus de 91 ans révolus10 %90 %

Cas de l'usufruit à durée fixe. Le II de l'article 669 du CGI prévoit une règle distincte : « l'usufruit constitué pour une durée fixe est estimé à 23 % de la valeur de la propriété entière pour chaque période de dix ans de la durée de l'usufruit, sans fraction et sans égard à l'âge de l'usufruitier ». Le texte légal s'arrête là. Le plafonnement que l'on lit partout — la valeur ainsi obtenue ne peut excéder celle de l'usufruit viager — ne figure pas dans l'article : c'est une règle doctrinale, posée par l'administration (BOI-ENR-DG-30, § 80). Elle s'applique, mais il faut la citer pour ce qu'elle est. C'est le barème applicable, notamment, lorsque l'usufruitier est une personne morale — un usufruit consenti à une société ne pouvant excéder trente ans (art. 619 du code civil).

À retenir : pour la ventilation du prix de cession, le barème de l'article 669 n'est qu'une règle pratique admise (BOI-RFPI-PVI-20-10-10, § 300) : la référence de principe reste la valeur réelle de chaque droit au jour de la vente, et les parties peuvent retenir une valeur économique documentée. Le barème redevient obligatoire dans un cas précis : la reconstitution du prix d'acquisition d'un droit démembré issu d'un bien acquis à l'origine en pleine propriété (voir 3.2 ci-dessous).

3.2 Le prix d'acquisition : tout dépend de l'origine du démembrement

Nous voici au cœur technique du sujet, et à l'endroit où la doctrine (BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10) se lit lentement. Quatre origines possibles pour le droit cédé, quatre traitements différents :

Origine du droit cédé Prix d'acquisition à retenir
Acquisition simultanée mais séparée des deux droits (usufruit à l'un, nue-propriété à l'autre) Le prix effectivement acquitté par le cédant pour son droit, tel qu'il a été stipulé dans l'acte. Aucune réévaluation rétrospective, aucun barème à appliquer.
Acquisition isolée d'un droit démembré à titre onéreux (rachat d'un usufruit, achat d'une nue-propriété seule) Idem : le prix réel payé pour ce droit, stipulé dans l'acte, majoré des frais d'acquisition (réels ou forfait de 7,5 %).
Droit reçu par succession ou donation La valeur retenue pour la liquidation des droits de mutation à titre gratuit (art. 150 VB I du CGI), c'est-à-dire la valeur déclarée du droit. À défaut de ventilation dans l'acte, application du barème de l'article 669 du CGI.
Bien acquis en pleine propriété, puis cession d'un seul des deux droits La fraction du prix d'acquisition de la pleine propriété afférente au droit cédé, déterminée par le barème de l'article 669 du CGI selon l'âge de l'usufruitier au jour de la cession. La doctrine précise que ces dispositions s'appliquent de plein droit, sans possibilité de retenir un autre mode d'évaluation.

Le dernier cas mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il prend tout le monde à contre-pied. Une SCI achète un immeuble 300 000 € en pleine propriété. Dix ans plus tard, elle cède l'usufruit viager à une personne physique de 68 ans. Pour calculer sa plus-value, elle n'a pas le droit de décréter que « l'usufruit valait 100 000 € à l'achat » : la doctrine impose le barème, selon l'âge de l'usufruitier au jour de la cession. Tranche « moins de 71 ans révolus », soit 40 % de 300 000 €, soit 120 000 € de prix d'acquisition — portés à 129 000 € après application du forfait de frais de 7,5 %, qui se calcule sur le prix d'acquisition du droit cédé (voir 3.3). Si l'usufruit a été négocié 90 000 €, la SCI ressort avec une moins-value sèche de 39 000 €. Sur un immeuble qui s'est apprécié. Sans avoir rien fait de fautif.

Deux vérifications avant d'appliquer ce raisonnement. D'une part, si l'usufruit cédé est temporaire (durée à terme fixe), on ne calcule pas une plus-value du tout : c'est l'article 13, 5° du CGI qui s'applique à la première cession, et le produit est imposé en revenus fonciers (voir le chapitre 8). D'autre part, la durée de détention n'est pas celle du droit : lorsque le droit démembré cédé porte sur un bien acquis en pleine propriété, elle se décompte à partir de la date d'acquisition du bien en pleine propriété (BOI-RFPI-PVI-20-20, § 40).

3.3 Les majorations du prix d'acquisition

  • Frais d'acquisition (art. 150 VB II 3° du CGI) : frais réels justifiés, ou forfait de 7,5 % du prix d'acquisition en cas d'acquisition à titre onéreux. Pour un droit démembré, le forfait s'applique au prix d'acquisition de ce droit.
  • Frais d'acte et droits payés lors d'une acquisition à titre gratuit : ils s'ajoutent à la valeur déclarée, sur justificatifs.
  • Travaux (art. 150 VB II 4°) : dépenses de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration, sur factures d'entreprise, à condition de ne pas avoir déjà été déduites des revenus fonciers. Le forfait alternatif de 15 % suppose un immeuble bâti détenu depuis plus de cinq ans ; son application à la cession d'un droit démembré isolé est un point à valider expressément avec votre notaire, car les charges de grosses réparations pèsent en principe sur le nu-propriétaire (art. 605 et 606 du code civil) alors que l'usufruitier supporte l'entretien.

Le piège des travaux, celui qui se règle aux relevés bancaires. Dans un démembrement tenu correctement, les gros travaux de l'article 606 du code civil ont été payés par le nu-propriétaire, l'entretien courant par l'usufruitier. Chacun ne peut majorer son prix d'acquisition que de ce qu'il a lui-même financé et qu'il n'a pas déjà déduit de ses revenus fonciers. Une facture réglée par l'usufruitier ne viendra jamais gonfler le prix de revient du nu-propriétaire, même si l'entreprise a libellé la facture au nom des deux. Sortez les relevés, pas seulement les factures.

3.4 Et si le calcul donne une moins-value ?

Elle est perdue. Sèchement. Le I de l'article 150 VD du CGI dispose que la moins-value brute réalisée sur les biens ou droits immobiliers n'est pas prise en compte. Le II ménage une dérogation unique et étroite : la vente en bloc d'un immeuble acquis par fractions successives, constatée par le même acte soumis à publication ou enregistrement, et entre les mêmes parties (BOI-RFPI-PVI-20-20, § 110 à 160).

Cette dérogation ne sauvera jamais une vente conjointe : usufruitier et nu-propriétaire sont deux cédants distincts, rien ne se compense entre eux. Elle joue en revanche dans le cas voisin du chapitre 5, celui du cédant unique qui a acquis successivement l'usufruit puis la nue-propriété (ou l'inverse) et revend en bloc. La doctrine le vise expressément (BOI-RFPI-PVI-20-20, § 120) : calcul distinct par fraction, puis imputation des moins-values, chacune corrigée de son propre abattement.

Et attention, ce cas de figure n'a rien d'exotique. C'est la trajectoire ordinaire d'un usufruitier viager qui vieillit. Son droit pesait 50 % du bien quand il avait 58 ans ; à 72 ans il n'en pèse plus que 30 %. Tant que le prix de l'immeuble n'a pas doublé pour compenser, il revend son usufruit moins cher qu'il ne l'a payé. Le nu-propriétaire fait exactement le chemin inverse et rafle toute la plus-value.

Nous avons la plus-value brute de chacun. Reste à la réduire, et c'est là que la seconde asymétrie du démembrement entre en scène.


4. Durée de détention et abattements : droit par droit

Une règle, mal appliquée à peu près partout : dans une vente conjointe, chaque cédant décompte sa durée de détention depuis la date d'acquisition de son propre droit. Il n'existe aucune durée de détention « du bien » qui vaudrait pour les deux.

Résultat concret : sur le même immeuble, vendu le même jour, au même acquéreur, l'usufruitier peut sortir totalement exonéré pendant que le nu-propriétaire paie plein pot. Ou l'exact contraire.

Deux exceptions doctrinales à connaître par cœur (tableau du § 40 de BOI-RFPI-PVI-20-20) : lorsque le droit démembré cédé porte sur un bien acquis en pleine propriété, le point de départ est la date d'acquisition du bien en pleine propriété (date de l'acte ou date d'ouverture de la succession) ; et en cas de cession après réunion de la propriété, « la durée de détention doit être décomptée à partir de la première des deux acquisitions, qu'elles soient à titre onéreux, à titre gratuit ou par voie d'extinction naturelle ». Ces deux règles sont favorables au contribuable : ne les laissez pas passer.

Le barème des abattements (art. 150 VC du CGI)

Durée de détention du droit Abattement impôt sur le revenu (19 %) Abattement prélèvements sociaux (17,2 %)
Jusqu'à 5 ans0 %0 %
De la 6e à la 21e année6 % par an1,65 % par an
22e année4 %1,60 %
De la 23e à la 30e année9 % par an
Au-delà de 22 ansExonération totaleTaxation résiduelle
Au-delà de 30 ansExonération totaleExonération totale

Rappel de taux 2026 : l'impôt sur le revenu proportionnel reste à 19 % (art. 200 B du CGI) et les prélèvements sociaux sur les plus-values immobilières à 17,2 %. La hausse à 18,6 % issue de la LFSS pour 2026 ne concerne que les revenus mobiliers et les revenus de placement — pas les revenus fonciers ni les plus-values immobilières. Le détail est dans notre guide sur les prélèvements sociaux en SCI en 2026.

Une illustration qui parle

Cédant Droit Acquis en Détention à la vente (2026) Abattement IR
Mme R., usufruitièreUsufruit1999 (succession)27 ans100 % — exonérée d'IR
SCI R. PatrimoineNue-propriété2018 (achat)8 ans18 % seulement

Deux cédants, un acte, un acquéreur, et deux situations fiscales qui n'ont rien à voir. Toute simulation appliquant un abattement unique au prix global est fausse par construction, même si le total « tombe rond ».

La surtaxe sur les plus-values élevées

La taxe de l'article 1609 nonies G du CGI s'applique, par tranches de 2 % à 6 %, lorsque la plus-value imposable d'un cédant dépasse 50 000 €. Elle s'apprécie donc droit par droit, ce qui peut faire échapper l'usufruitier à la surtaxe pendant que le nu-propriétaire y est pleinement soumis.

Une réserve importante pour les sociétés translucides. Quand le cédant est une société de l'article 8 du CGI, le seuil de 50 000 € s'apprécie au niveau de la société, pas associé par associé (BOI-RFPI-TPVIE-20, § 60). Deux associés à 50/50 sur une plus-value sociale de 60 000 € ne peuvent donc pas plaider qu'ils sont chacun à 30 000 € et passer sous le radar. La doctrine offre en revanche un correctif appréciable : le seuil se mesure sur la seule plus-value revenant aux associés redevables de l'impôt sur le revenu, hors quote-part des associés à l'IS et hors quote-parts exonérées au titre de la résidence principale. Un guide entier est consacré à cette surtaxe.

Le barème se lit par paliers de taux, entrecoupés de tranches de lissage destinées à éviter les effets de seuil : 2 % de 60 001 à 100 000 €, 3 % de 110 001 à 150 000 €, 4 % de 160 001 à 200 000 €, 5 % de 210 001 à 250 000 €, 6 % au-delà de 260 000 €, les intervalles intermédiaires (50 001 à 60 000, 100 001 à 110 000, etc.) faisant l'objet d'une formule de lissage (BOI-RFPI-TPVIE-20, § 70). La taxe ne s'applique ni aux cessions de terrains à bâtir, ni aux SCI soumises à l'impôt sur les sociétés.

Tout ceci suppose que les deux droits soient encore vivants le jour de la vente. Et si l'usufruitier est décédé entre-temps ?


5. Vendre un bien démembré après la réunion des droits

Configuration D. L'usufruit s'est éteint avant la vente, la SCI nue-propriétaire est devenue plein propriétaire, elle vend un bien entier à un acquéreur pour un prix. Un seul cédant, un seul calcul : on respire. À tort.

5.1 L'extinction elle-même n'est pas taxable

L'article 1133 du CGI est parfaitement clair : sous réserve des dispositions de l'article 1020 du CGI, la réunion de l'usufruit à la nue-propriété ne donne ouverture à aucun impôt ou taxe lorsque cette réunion a lieu par le décès de l'usufruitier ou par l'expiration du temps fixé pour la durée de l'usufruit. Depuis la loi de finances pour 2024, ce principe connaît toutefois une exception notable en matière de quasi-usufruit sur une somme d'argent : l'article 774 bis du CGI, évoqué au chapitre 2.

Voilà tout l'intérêt patrimonial du démembrement : le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans droit de mutation, sans impôt et sans déclaration. Le jour du décès, il ne se passe rien. Cette gratuité se paie néanmoins ailleurs, et il faut le savoir avant de mettre le bien en vente.

Le piège : l'extinction n'étant ni une acquisition à titre onéreux ni une mutation à titre gratuit taxable, elle ne crée en principe aucun prix d'acquisition nouveau. Le prix d'acquisition de l'usufruit ainsi recueilli est en principe nul. Impossible, donc, de prétendre avoir « acheté » l'usufruit au jour du décès pour ce qu'il valait alors. Même mécanique pour un usufruit temporaire arrivé à son terme. Heureusement, la doctrine adoucit sérieusement cette rigueur : voyez le 5.2 ci-dessous avant de vous alarmer.

5.2 Le prix d'acquisition reconstitué

La doctrine (BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10, § 220) traite la cession après réunion en additionnant les valeurs d'acquisition de chacun des deux droits, chacune appréciée selon son propre mode d'acquisition :

  • Deux droits acquis à titre onéreux (par exemple : la SCI achète la nue-propriété en 2010, puis rachète l'usufruit en 2020) → somme des deux prix d'acquisition réellement payés, chacun majoré de ses frais.
  • Nue-propriété reçue à titre gratuit + usufruit acquis à titre onéreux → valeur vénale retenue pour les droits de mutation à titre gratuit, cumulée avec le prix payé pour l'usufruit.
  • Nue-propriété acquise à titre onéreux + usufruit recueilli par extinction → le prix d'acquisition de l'usufruit réuni par extinction est en principe nul, puisque son extinction n'est pas une acquisition. La doctrine admet toutefois de retenir la valeur vénale de chacun des droits, soit la valeur de la pleine propriété, appréciée à la date d'entrée de la nue-propriété dans le patrimoine du cédant. La tolérance est très favorable et beaucoup l'ignorent. Faites-la écrire noir sur blanc par le notaire dans la déclaration de plus-value, avec la pièce justificative derrière.

5.3 La durée de détention, elle, ne se dédouble pas

Ici l'intuition trompe, et elle trompe au détriment du contribuable. On se dit qu'il faut deux durées de détention, comme dans une vente conjointe. Non. Le tableau du § 40 de BOI-RFPI-PVI-20-20 ne laisse aucune place au doute : en cas de cession après réunion de la propriété, « la durée de détention doit être décomptée à partir de la première des deux acquisitions, qu'elles soient à titre onéreux, à titre gratuit ou par voie d'extinction naturelle ».

Prenons une SCI qui a acheté la nue-propriété en 2001, recueilli l'usufruit par extinction en 2019, et qui vend en 2026. Elle ne compte pas 25 ans sur une fraction et 7 ans sur l'autre. Elle compte 25 ans sur la totalité, à partir de 2001. Autrement dit : exonération complète d'impôt sur le revenu, le seuil des 22 ans étant franchi, et 55 % d'abattement aux prélèvements sociaux (16 années à 1,65 %, la 22e à 1,60 %, puis 3 années à 9 %). Le découpage « en deux fractions » aurait fait payer un impôt sur le revenu qui n'était pas dû. J'ai vu la scène plus d'une fois.

Le dédoublement subsiste en revanche pour le prix d'acquisition (point 5.2 ci-dessus) et, le cas échéant, pour l'imputation des moins-values sur le fondement du II de l'article 150 VD du CGI, la doctrine visant expressément le propriétaire ayant acquis successivement les droits démembrés puis vendant en bloc (BOI-RFPI-PVI-20-20, § 120 à 160).

Tout cela croise évidemment les successions. Décès de l'associé usufruitier, transmission des parts, réunion des droits : autant d'événements qu'il vaut mieux avoir documentés avant de mettre le bien sur le marché, pas la veille de l'acte. J'y reviens dans décès d'un associé de SCI et dans léguer des parts de SCI.


6. SCI translucide : l'impôt remonte chez les associés

Petite mise au point de vocabulaire, parce qu'elle a des conséquences. Une SCI à l'impôt sur le revenu n'est pas transparente : ce mot est réservé aux sociétés d'attribution de l'article 1655 ter du CGI. Elle est translucide (art. 8 du CGI). Elle a une personnalité juridique et un patrimoine bien à elle, mais elle ne paie pas l'impôt. Le résultat se calcule chez elle, puis s'impose chez les associés, chacun pour sa quote-part. Notre guide de fond sur la translucidité fiscale de la SCI reprend le mécanisme depuis le début.

6.1 Comment se déroule concrètement la vente

  1. La plus-value est calculée au niveau de la société, sur le droit qu'elle cède (usufruit ou nue-propriété), selon le régime des plus-values immobilières des particuliers (art. 150 U et suivants du CGI) — abattements pour durée de détention inclus.
  2. Elle est ensuite répartie entre les associés au prorata de leurs droits sociaux, à la date de la cession, et imposée entre leurs mains : 19 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux, plus la surtaxe éventuelle.
  3. Le notaire liquide et acquitte l'impôt pour le compte des associés personnes physiques, sur la déclaration 2048-IMM déposée à l'appui de la publication de l'acte (art. 150 VF à 150 VH du CGI).
  4. Le virement reçu par la SCI est donc déjà net d'impôt de plus-value. Rien à provisionner, rien à déclarer plus tard sur la 2072 : la plus-value immobilière ne transite pas par le résultat foncier courant.

Ne confondez pas les deux imprimés, l'erreur est fréquente. La 2048-IMM concerne la cession d'un immeuble ou d'un droit réel immobilier : c'est celle qui nous occupe ici. La 2048-M concerne la cession de droits sociaux de sociétés à prépondérance immobilière, autrement dit la vente des parts elles-mêmes, sujet de notre guide cession de parts de SCI.

6.2 La quote-part reportée par chaque associé

Les revenus fonciers courants de la SCI continuent, eux, de suivre le circuit habituel : déclaration 2072 déposée par la société, puis quote-part reportée par chaque associé sur sa 2044. La plus-value, elle, sort du circuit : le notaire la traite à part, une fois pour toutes. Ne la reportez nulle part ailleurs.

Un détail que presque personne n'anticipe. Dans un démembrement, l'usufruitier a perçu les loyers et les a déclarés ; la SCI nue-propriétaire, elle, n'a rien encaissé pendant quinze ans. Ses exercices sont donc nuls ou déficitaires, avec un déficit foncier limité aux seules charges qu'elle a réellement supportées : intérêts d'emprunt, gros travaux de l'article 606. Cet historique-là, il faut le ressortir le jour où l'on justifie les travaux qui majorent le prix d'acquisition. Sans lui, le notaire retiendra le prix nu et rien d'autre.

6.3 L'associé personne morale à l'IS : le décrochage

Si l'un des associés de la SCI est une société soumise à l'impôt sur les sociétés — typiquement une holding — sa quote-part de plus-value est déterminée selon les règles de l'impôt sur les sociétés et non selon celles des particuliers (I de l'article 238 bis K du CGI, qui vise notamment les parts détenues par une personne morale passible de l'IS ou inscrites à l'actif d'une entreprise industrielle, commerciale ou agricole). Trois conséquences, toutes désagréables :

  • Aucun abattement pour durée de détention sur cette quote-part. Vingt-cinq ans de détention ne changent rien.
  • Aucun prélèvement par le notaire : la société associée intègre elle-même le résultat dans sa liasse et paie l'IS correspondant à l'échéance de son propre exercice.
  • Un décalage de trésorerie : la holding encaisse sa part du prix sans que rien n'ait été prélevé, dépense parfois, et reçoit la note un an plus tard à la liquidation de son propre IS. Provisionnez le jour même du virement.

Deux guides creusent la question : SCI avec un associé personne morale et holding immobilière et SCI. Le cas particulier des parts de SCI détenues par une holding à l'IS a le sien.

6.4 L'associé non-résident

Si un associé de la SCI translucide n'est pas fiscalement domicilié en France, sa quote-part relève du prélèvement de l'article 244 bis A du CGI, avec ses propres modalités et, dans certains cas, l'obligation de désigner un représentant fiscal accrédité — obligation dont sont dispensés les résidents de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative, ainsi que les cessions dont le prix n'excède pas 150 000 € par cédant ou celles exonérées par la durée de détention. Le notaire gère l'opération, mais l'information doit lui être donnée avant la signature. Voir SCI et associé non-résident.


7. SCI à l'IS : plus-value professionnelle et usufruit amorti

À l'IS, tout change. La SCI cesse d'être un simple canal de répartition : elle devient un contribuable à part entière, propriétaire de son résultat. Le régime des plus-values des particuliers, abattements compris, disparaît intégralement du paysage.

7.1 Une plus-value professionnelle sur la valeur nette comptable

La plus-value d'une SCI à l'IS est une plus-value professionnelle (art. 39 duodecies et suivants du CGI), égale à la différence entre le prix de cession du droit et sa valeur nette comptable : prix de revient inscrit à l'actif, diminué des amortissements pratiqués. Elle s'intègre au résultat imposable, taxé à 15 % dans la limite de 42 500 € (sous les conditions de l'article 219 I b du CGI) puis à 25 %.

  • Aucun abattement pour durée de détention. Le régime des 22 et 30 ans n'existe pas.
  • Aucune exonération de résidence principale, aucune surtaxe de l'article 1609 nonies G : ce sont des dispositifs propres aux particuliers.
  • Les déficits reportables s'imputent sur le résultat de l'exercice de cession et peuvent réduire fortement la note. C'est le premier levier à vérifier (déficit reportable en SCI à l'IS).

Le calcul général est détaillé dans notre guide plus-value en SCI à l'IS, et la mécanique comptable dans les écritures de vente d'un immeuble.

7.2 Nue-propriété : non amortissable

L'analyse dominante, celle que retiennent les cabinets prudents, veut que la nue-propriété d'un immeuble ne s'amortisse pas. Amortir suppose de consommer les avantages économiques d'un actif sur une durée déterminable. Or la nue-propriété ne se déprécie jamais : elle s'apprécie, mécaniquement, à mesure que l'usufruit s'épuise, jusqu'à redevenir la pleine propriété.

Ce qui donne, pour une SCI à l'IS nue-propriétaire, une valeur nette comptable figée à son prix de revient d'origine, frais inclus, pendant toute la durée du démembrement. La plus-value de revente sera donc entière. Notez tout de même la contrepartie : elle n'a pas été gonflée par quinze ans d'amortissements, contrairement à ce qui arrive sur un immeuble détenu en pleine propriété. Le sujet est développé dans l'amortissement en SCI à l'IS et dans le plan d'amortissement.

7.3 Usufruit temporaire : amortissable, donc dangereux à la revente

Retournez le raisonnement et vous obtenez l'usufruit temporaire. Ses effets bénéfiques sur l'exploitation s'arrêtent à une date connue d'avance : il se déprécie inéluctablement, jusqu'à ne plus rien valoir au terme. Il est donc amortissable sur sa durée. C'est très exactement ce qui fait le succès du montage « usufruit temporaire logé dans une société à l'IS ».

Le revers arrive à la revente, et il est arithmétique. Les amortissements ont rongé la valeur nette comptable, donc la plus-value taxable enfle d'autant. Un usufruit acheté 125 000 € pour trente ans, amorti pendant quatorze exercices, affiche une VNC de 66 667 €. Revendu 120 000 €, il dégage 53 333 € de plus-value taxable. Alors même que, prix payé contre prix perçu, l'opération n'a créé aucune richesse.

À trancher avant la première clôture, pas après : le traitement comptable du droit démembré — amortissable ou non, sur quelle durée, avec quelle ventilation terrain / construction si l'usufruit porte sur du bâti — commande quinze ans de résultats et le montant de la plus-value finale. Ce n'est pas le genre d'écriture qu'on rattrape en cours de route. Notre offre avec expert-comptable dédié à 349 € TTC/an couvre exactement ce type d'arbitrage.

7.4 Et après ? Le prix reste dans la société

Différence majeure avec l'IR, et souvent la mauvaise surprise finale : à l'IS, le prix de vente reste la propriété de la société. Pour qu'il arrive chez les associés, il faut le sortir. Dividende taxé au PFU de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS pour 2026), remboursement de compte courant, réduction de capital, ou liquidation. Chaque voie a son coût. Le sujet est traité en entier dans distribuer le prix de vente d'un immeuble en SCI, et le taux dans le PFU en SCI à l'IS.

Un dernier obstacle avant le cas chiffré, et c'est le plus coûteux de tous. Il ne se joue pas à la sortie du démembrement mais à son entrée, et il peut faire basculer l'opération entière hors du régime des plus-values.


8. Le piège de l'article 13, 5° du CGI

De tout le sujet, c'est le point le plus mal compris, et celui qui produit les redressements les plus lourds. Il ne s'applique pas à la vente conjointe classique. Mais il rôde autour, et il mord.

8.1 Ce que dit le texte

L'article 13, 5° du CGI, issu de l'article 15 de la loi n° 2012-1510 du 29 décembre 2012 de finances rectificative pour 2012 (la troisième de l'année), dispose que le produit résultant de la première cession à titre onéreux d'un même usufruit temporaire — ou, si elle est supérieure, la valeur vénale de cet usufruit — est imposable au nom du cédant dans la catégorie de revenus à laquelle se rattache, au jour de la cession, le bénéfice ou revenu procuré ou susceptible d'être procuré par le bien sur lequel porte l'usufruit cédé. Le dispositif s'applique aux cessions intervenues depuis le 14 novembre 2012 et est commenté par BOI-IR-BASE-10-10-30.

Traduisons pour un immeuble loué nu : le prix de cession de l'usufruit n'est pas une plus-value immobilière, c'est un revenu foncier. Regardez ce que ça change ligne par ligne.

Critère Régime plus-value (art. 150 U) Régime art. 13, 5° (revenus fonciers)
Base imposablePrix − prix d'acquisitionPrix de cession en totalité (ou valeur vénale si supérieure)
Abattement pour duréeOui (22 / 30 ans)Aucun
Taux19 % + 17,2 %Barème progressif de l'IR (jusqu'à 45 %) + 17,2 %
ÉtalementSans objetAucun : imposition intégrale l'année de la cession

8.2 Quand s'applique-t-il, et quand ne s'applique-t-il pas

Il s'applique à la première cession à titre onéreux d'un usufruit temporaire, autrement dit consenti à terme fixe. Le montage visé est bien connu : un propriétaire cède à une société, souvent une SCI ou une structure à l'IS, l'usufruit de son immeuble pour dix ou quinze ans. Il encaisse tout de suite un capital, et ses loyers imposables disparaissent de sa feuille d'impôt pendant toute la durée du démembrement. C'est ce mécanisme précis que le législateur a neutralisé fin 2012.

Il ne s'applique pas :

  • Aux cessions à titre gratuit (donation d'usufruit, y compris temporaire).
  • Aux cessions ultérieures du même usufruit : seule la première est visée par le texte.
  • Aux usufruits viagers sans terme fixe, dont la seule cause d'extinction est le décès de leur titulaire — sous l'importante réserve signalée ci-dessous lorsque le cessionnaire est une personne morale.
  • À la cession conjointe de l'usufruit et de la nue-propriété reconstituant la pleine propriété entre les mains d'un même acquéreur : le droit cédé s'éteint par consolidation, l'opération relève du régime des plus-values immobilières. C'est la situation décrite dans les chapitres 2 à 4 de ce guide.

La zone grise, et pourquoi je n'y entre jamais sans avis écrit. Le Conseil d'État a jugé, le 31 mars 2022 (n° 458518), que l'article 13, 5° s'applique à la première cession à titre onéreux d'un usufruit préconstitué lorsque le cessionnaire en bénéficie pour une durée qui n'est pas exclusivement déterminée par la durée d'une vie humaine : un usufruit viager apporté à une société pour une durée stipulée de trente ans est donc nécessairement temporaire. Il a également jugé, le 9 octobre 2024 (n° 490685), que la prorogation d'un usufruit temporaire déjà cédé constitue la première cession d'un usufruit distinct, elle aussi imposable en revenus fonciers. En revanche, le Conseil d'État n'a pas tranché le cas de l'usufruit viager cédé à une personne morale sans qu'aucune durée soit stipulée : l'administration admet qu'il échappe au dispositif, mais le plafond de trente ans de l'article 619 du code civil rend la position fragile. Si votre montage consiste à céder un usufruit à une SCI ou à une holding, ne pariez pas sur une qualification : faites-la sécuriser par un avis écrit avant la signature.

8.3 Pourquoi ce chapitre a sa place ici

Parce que l'article 13, 5° empoisonne l'entrée du démembrement et que ses effets se lisent à la sortie. Si votre SCI a acquis un usufruit temporaire à titre onéreux, le cédant initial a été imposé en revenus fonciers : parfois il le savait, souvent il l'a découvert au contrôle. En revanche, quand la SCI revend ce même usufruit huit ans plus tard, on est sur une cession ultérieure. Elle sort du champ de l'article 13, 5° et retombe dans le régime des plus-values — des particuliers si la SCI est translucide, professionnelles si elle est à l'IS.

Il y a un dernier fil à tirer, celui de l'abus de droit en SCI. Un démembrement vide de substance économique, monté dans le seul but d'effacer des revenus fonciers, tombe sous la procédure de l'article L64 du LPF et ses majorations. Les schémas « usufruit temporaire logé à l'IS » figurent depuis des années dans les priorités de contrôle de l'administration.


9. Cas chiffré : un bien démembré vendu 400 000 €, ligne à ligne

Assez de théorie. Voici le dossier promis en introduction, déroulé jusqu'au dernier euro. Configuration B, la plus courante.

Les données du dossier

  • Mars 2012 — acquisition d'un immeuble de rapport pour 250 000 € hors frais. Montage : M. Martin, né en 1954 (donc 58 ans à l'époque), achète l'usufruit ; la SCI Martin Patrimoine, détenue à 50/50 par ses deux enfants, achète la nue-propriété. La SCI est à l'impôt sur le revenu.
  • Ventilation à l'acte de 2012 — barème de l'article 669 du CGI pour un usufruitier de 58 ans (tranche « moins de 61 ans révolus ») : usufruit 50 %, nue-propriété 50 %. Soit 125 000 € chacun.
  • Juin 2026 — vente conjointe à un tiers pour 400 000 €. M. Martin a alors 72 ans : tranche « moins de 81 ans révolus », usufruit 30 %, nue-propriété 70 %.
  • Répartition du prix retenue à l'acte — usufruit 120 000 €, nue-propriété 280 000 €.
  • Frais d'acquisition — forfait de 7,5 % pour chacun, soit 9 375 €. Aucun travaux majorant retenu.

9.1 La plus-value de M. Martin, usufruitier

Ligne de calcul Montant
Prix de cession de l'usufruit (30 % de 400 000 €)120 000 €
Prix d'acquisition de l'usufruit (stipulé à l'acte de 2012)− 125 000 €
Frais d'acquisition — forfait 7,5 %− 9 375 €
Résultat− 14 375 € (moins-value)
Impôt dû par M. Martin0 €

M. Martin repart avec 120 000 € nets d'impôt. Sa moins-value de 14 375 €, elle, part à la poubelle : ni imputable, ni reportable (art. 150 VD du CGI). Elle ne viendra pas d'un centime réduire la plus-value de la SCI, bien que les deux droits sortent du même immeuble, du même acte et partent chez le même acquéreur. C'est arbitraire, c'est le texte.

9.2 La plus-value de la SCI Martin Patrimoine, nue-propriétaire

Ligne de calcul Montant
Prix de cession de la nue-propriété (70 % de 400 000 €)280 000 €
Prix d'acquisition de la nue-propriété− 125 000 €
Frais d'acquisition — forfait 7,5 %− 9 375 €
Plus-value brute145 625 €
Durée de détention (mars 2012 → juin 2026)14 ans révolus
Abattement IR : 9 années au-delà de la 5e × 6 %54 %
Base imposable à l'IR (145 625 × 46 %)66 988 €
Impôt sur le revenu à 19 %12 728 €
Abattement PS : 9 années × 1,65 %14,85 %
Base imposable aux PS (145 625 × 85,15 %)124 000 €
Prélèvements sociaux à 17,2 %21 328 €
Surtaxe art. 1609 nonies G (base 66 988 € → tranche 60 001 à 100 000 €, 2 %)1 340 €
Total prélevé par le notaire35 396 €

Sur le compte de la SCI arrivent donc 280 000 − 35 396 = 244 604 €, déjà nets d'impôt. Économiquement, la note a été supportée par les deux enfants associés, à hauteur de 17 698 € chacun, sans qu'ils aient la moindre ligne à porter sur leur déclaration : le notaire a tout liquidé sur la 2048-IMM le jour de l'acte.

9.3 Le tableau de synthèse de l'opération

Cédant Part du prix Impôt Net encaissé
M. Martin (usufruit)120 000 €0 €120 000 €
SCI Martin Patrimoine (nue-propriété)280 000 €35 396 €244 604 €
Total400 000 €35 396 €364 604 €

Taux d'imposition global de l'opération : 8,85 % du prix de vente. Ce chiffre n'a rien de magique. Il est le produit d'un démembrement construit proprement en 2012 et conservé assez longtemps pour que les abattements fassent leur travail.

9.4 La même opération si la SCI avait été à l'IS

Même dossier, une seule variable changée : la SCI Martin Patrimoine a opté pour l'impôt sur les sociétés en 2012. Sa nue-propriété figure à l'actif pour 134 375 €, non amortie : 125 000 € de prix payé plus 9 375 € de frais d'acte réellement supportés et immobilisés.

Ne transposez pas le forfait de 7,5 % à l'IS. Le forfait de l'article 150 VB II 3° du CGI est une règle propre au régime des plus-values des particuliers. À l'IS, la valeur d'entrée à l'actif, puis la valeur nette comptable, se construisent sur le coût d'acquisition réel — prix, droits d'enregistrement et émoluments effectivement payés — ou, sur option, avec les frais passés en charges (art. 38 quinquies de l'annexe III au CGI). L'ordre de grandeur se ressemble, la méthode n'a rien à voir.

Étape Montant
Prix de cession de la nue-propriété280 000 €
Valeur nette comptable (non amortie)− 134 375 €
Plus-value professionnelle — aucun abattement145 625 €
IS à 15 % sur les 42 500 premiers euros6 375 €
IS à 25 % sur le solde (103 125 €)25 781 €
Impôt sur les sociétés32 156 €
Trésorerie restant dans la société (280 000 − 32 156)247 844 €
dont résultat net de l'exercice, seul montant distribuable en dividendes (145 625 − 32 156)113 469 €
dont apports ayant financé l'inscription de la nue-propriété à l'actif — remboursement hors revenus distribués (art. 112, 1° du CGI)134 375 €
PFU 31,4 % sur les seuls dividendes (113 469 €)− 35 629 €
Net dans la poche des associés212 215 €

L'erreur de calcul la plus fréquente sur ce tableau : appliquer le PFU à la totalité de la trésorerie. Seul le résultat est distribuable en dividendes. Les 134 375 € qui correspondent aux apports ayant financé l'acquisition ressortent par remboursement de compte courant, réduction de capital ou boni de liquidation, et le 1° de l'article 112 du CGI exclut expressément des revenus distribués les remboursements d'apports — à la condition, posée par le même texte, que les bénéfices et les réserves autres que la réserve légale aient été répartis auparavant. C'est exactement l'ordre retenu ici : on distribue d'abord le résultat, on rembourse ensuite l'apport (BOI-RPPM-RCM-10-20-30-10).

32 389 € d'écart. 244 604 € nets à l'IR, 212 215 € nets à l'IS, sur la même nue-propriété vendue au même prix au même acheteur. En pourcentage de la part de prix revenant au nu-propriétaire, le coût fiscal total passe de 12,6 % (35 396 €) à 24,2 % (32 156 € d'IS + 35 629 € de PFU, soit 67 785 €).

Ne lisez pas ce tableau comme une condamnation de l'IS. Pendant quatorze ans, cette SCI nue-propriétaire n'a rien encaissé et rien amorti : le principal atout de l'IS était neutralisé d'avance. Inversez les rôles, mettez une SCI à l'IS usufruitière, et elle aurait amorti son droit chaque année en écrasant son impôt courant. L'arbitrage se joue sur toute la durée de détention, dossier par dossier, jamais sur la seule photo de la sortie. Notre guide SCI à l'IR ou à l'IS pose la méthode.

9.5 Variante : la SCI était usufruitière et à l'IS

Une dernière déclinaison, uniquement pour voir l'effet des amortissements en pleine lumière. La SCI acquiert en 2012 un usufruit temporaire de trente ans pour 125 000 €, amorti linéairement : 4 167 € par exercice.

Deux hypothèses à poser avant de lire le tableau. D'abord la valorisation : ici l'usufruitier n'est plus M. Martin mais la SCI, et son droit est à terme fixe. Le barème viager du I de l'article 669, fonction de l'âge, n'a donc aucune place — c'est le II qui sert de référence (23 % de la propriété entière par période de dix ans). Nous conservons volontairement le prix de 120 000 € du cas principal pour isoler le seul effet des amortissements : dans un dossier réel, la valeur des seize années restant à courir se justifie par une note de calcul, jamais par report du barème viager. Ensuite le taux : le tableau suppose aucun autre résultat imposable sur l'exercice, de sorte que la tranche à 15 % est intégralement disponible. Une SCI usufruitière encaisse pourtant des loyers toute l'année : si le résultat courant a déjà consommé les 42 500 €, la plus-value est taxée à 25 % dès le premier euro, soit 13 333 €.

Étape Montant
Prix de revient de l'usufruit125 000 €
Amortissements cumulés sur 14 exercices− 58 333 €
Valeur nette comptable66 667 €
Prix de cession de l'usufruit120 000 €
Plus-value professionnelle53 333 €
Impôt sur les sociétés (15 % puis 25 %) — exercice sans autre résultat9 083 €
Impôt sur les sociétés si les loyers de l'exercice ont déjà absorbé la tranche à 15 % (25 %)13 333 €

M. Martin, usufruitier personne physique, ne payait rien : il était en moins-value. La même position logée dans une SCI à l'IS produit 9 083 € d'impôt — 13 333 € si la tranche à 15 % a déjà été consommée par les loyers de l'exercice —, tout simplement parce que les 58 333 € d'amortissements déduits en quatorze ans reviennent mécaniquement dans la base taxable. Retenez la formule, elle vaut pour tout l'IS immobilier : l'amortissement n'efface pas l'impôt, il le décale.

Trois scénarios, un seul tableau de décision

SCI-AI reprend vos écritures, votre plan d'amortissement et votre date d'acquisition pour produire les deux plus-values, l'impôt de chaque cédant et le net revenant à chacun. Vous comparez la répartition du prix, le quasi-usufruit et le remploi avant de signer, pas après.


10. Les sept erreurs qui coûtent le plus cher sur une vente démembrée

Elles reviennent dossier après dossier, toujours les mêmes. Aucune n'est théorique. Chacune finit en impôt payé en trop, en impôt oublié, ou en acte fragilisé.

Erreur 1 — Calculer une seule plus-value sur le prix global

L'erreur mère, celle dont découlent toutes les autres. On pose « 400 000 − 250 000 = 150 000 », on applique un abattement unique, et on croit avoir fini. Le résultat n'a aucune chance d'être juste : il écrase les deux prix d'acquisition, les deux durées de détention, et il suppose une compensation entre moins-value et plus-value que la loi interdit.

Erreur 2 — Confondre démembrement du bien et démembrement des parts

Deux régimes, deux mondes. Ouvrez l'acte d'acquisition avant de raisonner, comme au chapitre 1. Pour les parts, direction notre guide dédié.

Erreur 3 — Croire que le quasi-usufruit reporte l'impôt

Il ne reporte rien. L'impôt de chaque titulaire est dû au jour de la cession, peu importe ce que devient civilement le prix. Si l'usufruitier a tout encaissé en quasi-usufruit, la SCI nue-propriétaire paiera quand même sa plus-value, sur une somme qu'elle n'a jamais vue passer. D'où la question à trancher dans la convention : qui avance la trésorerie de l'impôt ?

Erreur 4 — Réutiliser le barème de l'article 669 de l'acte d'origine

Le barème se lit à la date pertinente, selon l'âge qu'a l'usufruitier à cette date-là. Un usufruit qui pesait 50 % en 2012 n'en pèse plus que 30 % en 2026. Recopier la clé d'origine pour ventiler le prix de vente revient à surévaluer l'usufruit et à déplacer l'impôt sur le mauvais cédant. Entre un père et ses enfants, l'administration a un mot pour ça : libéralité.

Erreur 5 — Attribuer les travaux au mauvais titulaire

Chacun ne majore son prix d'acquisition que des travaux qu'il a payés de sa poche et qu'il n'a pas déjà déduits de ses revenus fonciers. La facture ne prouve rien : il faut le relevé bancaire qui montre qui a réglé. Voir les travaux en SCI et les charges déductibles.

Erreur 6 — Oublier l'associé personne morale

Une seule holding au capital, et tout le calcul bascule : abattements neutralisés sur sa quote-part, aucun prélèvement par le notaire, décalage d'un exercice sur la trésorerie. Prévenez le notaire avant la signature, pas le jour où le montant viré vous surprend.

Erreur 7 — Vendre sans décision collective régulière

Céder l'actif principal d'une SCI dépasse presque toujours les pouvoirs que les statuts reconnaissent au gérant seul. Encore faut-il ne pas se tromper de risque : l'article 1849 du code civil engage la société envers les tiers pour tout acte entrant dans l'objet social et déclare inopposables aux tiers les clauses statutaires limitant les pouvoirs des gérants (Cass. 3e civ., 24 janvier 2001, n° 99-12.841). Une vente consentie sans autorisation collective n'est donc pas fragilisée à l'égard de l'acquéreur, dès lors qu'elle entre dans l'objet social — un acte qui lui est étranger, en revanche, n'engage pas la société. Ce qui se joue, c'est la responsabilité personnelle du gérant, que l'article 1850 du code civil engage individuellement envers la société et envers les tiers en cas de violation des statuts — et elle suffit largement à motiver le formalisme. Relisez les statuts, réunissez l'assemblée, consignez le procès-verbal. Deux lectures utiles : approbation des comptes et le gérant peut-il vendre un bien de la SCI ?

Bonus — La checklist avant signature

  • Acte d'acquisition d'origine retrouvé, avec la ventilation usufruit / nue-propriété stipulée.
  • Déclaration de succession ou acte de donation retrouvés si le démembrement est d'origine gratuite.
  • Dates d'acquisition de chaque droit notées au jour près (l'abattement se compte par années révolues).
  • Factures de travaux triées par payeur, avec les relevés bancaires correspondants.
  • Arbitrage répartition / quasi-usufruit / remploi tranché avant le compromis.
  • Décision collective des associés autorisant la vente, avec procès-verbal signé.
  • Qualité fiscale de chaque associé communiquée au notaire (personne morale, non-résident).
  • Sort du prix après encaissement anticipé : remboursement des comptes courants, distribution, réinvestissement.

11. Questions pratiques avant de signer

Six questions qui tombent invariablement dès qu'une SCI s'apprête à vendre un bien démembré. Les seize questions de fond (calcul, barème, prix d'acquisition, IR contre IS) sont regroupées dans la foire aux questions, en bas de page.

Le nu-propriétaire peut-il vendre le bien sans l'accord de l'usufruitier ?

Il peut vendre sa nue-propriété, mais pas la pleine propriété. L'article 621 du code civil précise que la vente du bien grevé d'usufruit sans l'accord de l'usufruitier ne modifie pas le droit de ce dernier, qui continue à jouir de son usufruit s'il n'y a pas expressément renoncé. En pratique, aucun acquéreur n'achète dans ces conditions : la vente conjointe est la seule voie réaliste.

Peut-on choisir librement la clé de répartition du prix ?

Civilement oui, dans la limite de la valeur respective des droits. Fiscalement, une clé manifestement déséquilibrée entre parents et enfants s'analyse vite en libéralité indirecte, avec les droits de mutation à titre gratuit qui suivent. Prenez une valorisation défendable, barème de l'article 669 du CGI ou évaluation économique documentée, et gardez la note de calcul dans le dossier. Elle vous sera demandée trois ans plus tard, pas le jour de la vente.

Faut-il déclarer la plus-value sur la 2072 de la SCI ?

Non. La plus-value immobilière est liquidée et payée par le notaire sur la déclaration 2048-IMM, indépendamment du résultat foncier courant. La 2072 continue de retracer les seuls revenus fonciers de l'exercice. Reporter la plus-value dans les deux endroits conduit à une double imposition qu'il faudra ensuite réclamer.

Un associé peut-il bénéficier de l'exonération résidence principale ?

L'exonération de l'article 150 U II 1° du CGI suppose que le cédant occupe le bien à titre de résidence principale au jour de la cession. Sa transposition à une SCI dépend de la situation de l'associé occupant et se vérifie au cas par cas avec le notaire — elle n'est jamais automatique, et encore moins dans un démembrement où l'occupant est en général l'usufruitier. Voir SCI et résidence principale.

Que se passe-t-il si la SCI a acquis la nue-propriété à crédit ?

Les intérêts d'emprunt ne majorent pas le prix d'acquisition pour le calcul de la plus-value : ils relèvent des charges déductibles des revenus fonciers, année par année. À la vente, le capital restant dû est remboursé sur le prix avant toute répartition, avec les éventuelles indemnités de remboursement anticipé et les frais de mainlevée. Voir le prêt bancaire en SCI.

Le démembrement doit-il apparaître dans la comptabilité de la SCI ?

Oui, et sans ambiguïté. Le droit acquis, usufruit ou nue-propriété, doit être identifié comme tel à l'actif : sa nature, sa durée le cas échéant, son traitement en amortissement. Une immobilisation libellée « immeuble » chez une SCI qui ne détient qu'une nue-propriété est une bombe à retardement, qui explose le jour du calcul de la plus-value. Voir les écritures d'achat d'immeuble.

Simulez la répartition et l'impôt de votre cession dans SCI-AI

Ventilation du prix, deux plus-values calculées séparément avec leurs abattements, comparaison IR / IS, net revenant à chaque cédant : le tout à partir de votre comptabilité, sans ressaisie. Et si le dossier est technique, un expert-comptable dédié le relit avec vous.

Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. En démembrement, c'est l'acte d'origine qui commande tout le calcul : faites relire votre situation par votre notaire et votre expert-comptable avant de signer quoi que ce soit.

FAQ

Plus-value d'un bien démembré en SCI : les 16 questions fréquentes

Les deux titulaires, chacun de son côté. L'usufruitier paie sur la plus-value de son usufruit, le nu-propriétaire sur celle de sa nue-propriété. Il n'y a pas de plus-value unique qu'on répartirait ensuite : ce sont deux calculs autonomes, avec deux prix de cession, deux prix d'acquisition et deux durées de détention. Et si la SCI est translucide (art. 8 du CGI), sa part remonte encore d'un cran, chez ses associés.
L'article 621 du code civil pose le principe : en cas de vente simultanée de l'usufruit et de la nue-propriété, le prix se répartit entre les deux droits selon la valeur respective de chacun, sauf accord des parties pour reporter l'usufruit sur le prix. Trois options sont donc ouvertes : la répartition immédiate, le report de l'usufruit sur le prix (quasi-usufruit) et le remploi sur un nouveau bien. Le choix doit figurer dans l'acte de vente.
Non pour la répartition du prix : la doctrine impose une ventilation « en fonction de la valeur réelle au jour de la vente » et admet seulement, à titre de règle pratique, l'application du barème de l'article 669 selon l'âge de l'usufruitier au jour de la vente (BOI-RFPI-PVI-20-10-10, § 300). Le barème devient en revanche obligatoire dans un cas précis : reconstituer la fraction du prix d'acquisition afférente à un droit démembré issu d'un bien acquis à l'origine en pleine propriété (BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10, § 190 et 200).
Non. L'article 150 VD, I du CGI pose que la moins-value immobilière n'est pas prise en compte. Le II du même article n'ouvre une imputation que pour un immeuble acquis par fractions successives et vendu en bloc par le même cédant, dans un acte unique et entre les mêmes parties (BOI-RFPI-PVI-20-20, § 110 à 160) : usufruitier et nu-propriétaire étant deux cédants distincts, rien ne se compense entre eux. Or un usufruitier âgé dégage très souvent une moins-value : elle est perdue, sans recours.
Lorsque le cédant a acquis son droit isolément, la durée court à compter de l'acquisition de ce droit : un usufruit acheté en 2019 et une nue-propriété acquise en 2004 ouvrent des abattements totalement différents (art. 150 VC du CGI : exonération d'impôt sur le revenu à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans). Deux exceptions doctrinales à connaître (BOI-RFPI-PVI-20-20, § 40) : si le droit cédé porte sur un bien acquis en pleine propriété, la date retenue est celle de l'acquisition de la pleine propriété ; et en cas de cession après réunion des droits, la durée se décompte à partir de la première des deux acquisitions.
La valeur retenue pour la liquidation des droits de mutation à titre gratuit (art. 150 VB I du CGI), c'est-à-dire la valeur déclarée du droit dans la déclaration de succession, majorée des frais réels d'acquisition. Si la déclaration n'a valorisé que la pleine propriété, on ventile entre usufruit et nue-propriété par le barème de l'article 669 du CGI. Premier réflexe, avant toute feuille de calcul : remettre la main sur la déclaration de succession.
La doctrine impose ici le barème de l'article 669 du CGI, apprécié en fonction de l'âge de l'usufruitier au jour de la cession, pour déterminer la fraction du prix d'acquisition de la pleine propriété afférente au droit cédé (BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10, § 190 et 200). Ces dispositions s'appliquent de plein droit : aucun autre mode d'évaluation ne peut être retenu, même mieux documenté.
Le vendeur est plein propriétaire, mais son prix d'acquisition reste la somme des valeurs de chacun des deux droits, appréciée selon le mode d'entrée de chacun dans son patrimoine (BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10, § 220). La durée de détention, en revanche, ne se dédouble pas : la doctrine la décompte à partir de la première des deux acquisitions, qu'elle soit à titre onéreux, à titre gratuit ou par voie d'extinction naturelle (BOI-RFPI-PVI-20-20, § 40). C'est une règle favorable, souvent ignorée.
Non. L'article 1133 du CGI dispose que la réunion de l'usufruit à la nue-propriété ne donne ouverture à aucun impôt ou taxe lorsqu'elle résulte du décès de l'usufruitier ou de l'expiration du temps fixé pour la durée de l'usufruit. Le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans droit à payer. En contrepartie, le prix d'acquisition de l'usufruit ainsi recueilli est en principe nul, la doctrine admettant toutefois de retenir la valeur de la pleine propriété à la date d'entrée de la nue-propriété dans le patrimoine (BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10, § 220).
La première cession à titre onéreux d'un usufruit temporaire n'est pas imposée en plus-value mais dans la catégorie de revenus que procure le bien — revenus fonciers pour un immeuble loué nu, imposés au barème progressif plus 17,2 % de prélèvements sociaux, sans aucun abattement pour durée de détention. Le dispositif, issu de l'article 15 de la loi n° 2012-1510 du 29 décembre 2012, vise l'usufruit à terme fixe et s'applique aux cessions intervenues depuis le 14 novembre 2012 (BOI-IR-BASE-10-10-30). Il ne vise pas la vente conjointe qui reconstitue la pleine propriété entre les mains d'un même acquéreur.
Il n'y a plus de plus-value des particuliers : la SCI dégage une plus-value professionnelle égale à la différence entre le prix de cession de son droit et sa valeur nette comptable (art. 39 duodecies et suivants du CGI). Aucun abattement pour durée de détention, quinze ou trente ans n'y changent rien. Et si le droit cédé était un usufruit temporaire amorti, chaque euro d'amortissement déduit pendant la détention revient dans la base taxable au moment de la vente.
L'analyse dominante est négative : la nue-propriété ne se déprécie pas par l'usage et sa valeur augmente au fur et à mesure que l'usufruit s'épuise, ce qui exclut un plan d'amortissement. Un usufruit temporaire, en revanche, est un droit dont les effets bénéfiques prennent fin à une date déterminée : il est amortissable sur sa durée. Faites valider votre traitement par votre expert-comptable avant la première clôture.
La surtaxe de l'article 1609 nonies G du CGI (2 % à 6 % au-delà de 50 000 € de plus-value imposable) s'apprécie sur la plus-value de chaque cédant, donc droit par droit. Point crucial en SCI : lorsque le cédant est une société relevant de l'article 8 du CGI, le seuil s'apprécie au niveau de la société et non de chaque associé — plus précisément au niveau de la plus-value imposable correspondant aux droits des seuls associés redevables de l'impôt sur le revenu, hors quote-part des associés soumis à l'IS et hors quote-parts exonérées au titre de la résidence principale (BOI-RFPI-TPVIE-20, § 60).
Le notaire. Il liquide l'impôt, dépose la déclaration 2048-IMM à l'appui de la publication de l'acte et acquitte l'impôt pour le compte des cédants personnes physiques et des sociétés translucides (art. 150 VF à 150 VH du CGI). Le prix qui arrive sur le compte de la SCI est donc déjà net d'impôt de plus-value — sauf pour la quote-part d'un associé soumis à l'impôt sur les sociétés.
Sa quote-part de plus-value est déterminée selon les règles de l'impôt sur les sociétés et non selon celles des particuliers (art. 238 bis K du CGI) : ni abattement pour durée de détention, ni prélèvement par le notaire. C'est la société associée qui reprend le résultat dans sa propre liasse et acquitte l'IS. Le décalage de trésorerie prend de court à peu près tous les montages holding + SCI que je vois passer.
Non, ce sont deux situations juridiquement distinctes. Si la SCI détient l'immeuble en pleine propriété et que ce sont les parts qui sont démembrées, la vente de l'immeuble ne dégage qu'une seule plus-value, imposée chez les associés selon les règles de répartition du résultat et le sort de l'usufruitier des parts. Le sujet est traité dans notre guide dédié au démembrement des parts de SCI.