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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Cession de parts de SCI 2026 Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Guide SCI Familiale 2026 SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Le guichet unique INPI Statuts SCI : rédiger des statuts solides Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

Pas-de-porte et droit au bail en SCI : fiscalité et écritures (2026)

Un locataire commercial verse 40 000 € pour entrer dans les murs. La SCI encaisse. Et c'est là que commence le vrai sujet. Loyer d'avance imposable dès l'année de l'encaissement, ou indemnisation d'une dépréciation du patrimoine, qui échappe à l'impôt ? Entre les deux réponses, dans le cas chiffré que vous trouverez plus bas, il y a 23 280 €. Autant dire que la question n'est pas académique.

Le réflexe naturel du gérant est de chercher la bonne formule dans le bail. Mauvaise piste : la qualification ne se décrète pas, elle se démontre. Et l'administration requalifie plus souvent qu'on ne le croit. Ce guide prend le sujet dans l'ordre où il se pose en pratique — la règle, l'exception et ce qu'il faut prouver pour y entrer, l'étalement quand il est possible, les écritures ligne à ligne, la TVA, les droits d'enregistrement, et un cas chiffré où la même somme de 40 000 € aboutit à quatre résultats.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (CGI, BOFiP, Légifrance). Mis à jour le 3 août 2026. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé.


1. Deux choses qu'on confond toujours : pas-de-porte et droit au bail

Commençons par déminer le vocabulaire, parce que la moitié des erreurs que je vois naissent là. Deux opérations différentes, deux flux d'argent différents, et le même mot employé pour les deux dans la conversation courante.

Le pas-de-porte, aussi appelé droit d'entrée, est la somme versée par le preneur au bailleur à la conclusion du bail, en sus du loyer. Le BOFiP le définit comme « la somme d'argent que le propriétaire ou, le cas échéant, le principal locataire, d'un local à usage commercial, industriel ou artisanal exige d'un preneur, en sus du prix annuel du loyer » (BOI-BIC-PDSTK-10-30-20, § 10). Votre SCI l'encaisse : c'est donc elle qui doit le qualifier, le comptabiliser et, le cas échéant, l'imposer. Personne d'autre ne le fera à sa place.

Le droit au bail est tout autre chose : c'est le prix versé par le nouveau preneur à l'ancien preneur lorsque ce dernier lui cède son bail. Ce que le cessionnaire achète, c'est la valeur économique du bail lui-même : l'emplacement, un loyer devenu avantageux avec le temps, le droit au renouvellement. La SCI n'est pas partie à cette opération et n'encaisse rien. Elle en subit les conséquences, en revanche : son débiteur change, la garantie du cédant se met à courir, et sa clause d'agrément — si elle en a une — doit être respectée.

Critère Pas-de-porte (droit d'entrée) Droit au bail
Qui verse ?Le preneur entrantLe preneur entrant
Qui reçoit ?La SCI bailleresseLe preneur sortant
Quand ?À la conclusion d'un bail nouveauÀ la cession d'un bail existant
Impact sur le résultat de la SCIOui (recette ou produit, sauf exception)Aucun
Droits d'enregistrementEn principe hors champ de l'article 725 du CGI (bail nouveau, aucun droit cédé)Art. 725 CGI, tarif de l'art. 719
Qui supporte le coût fiscal ?La SCI (impôt sur la recette)Le cessionnaire (droits d'enregistrement)

Le piège de vocabulaire. Le BOFiP lui-même emploie l'expression « droit au bail » dans la liste des sommes versées au propriétaire (BOI-RFPI-BASE-10-10, § 230). Symétriquement, l'article 725 du CGI vise toute cession d'un droit à un bail « quelle que soit la forme qui lui est donnée par les parties, qu'elle soit qualifiée cession de pas de porte, indemnité de départ ou autrement ». Ni le fisc ni le juge ne s'arrêtent au mot employé dans l'acte. Trois questions suffisent : qui paie, qui reçoit, à quelle occasion. C'est le seul test fiable, et il tient en dix secondes.

Sur la durée de vie d'un même local, une SCI croise généralement les deux. Elle encaisse un droit d'entrée à la première mise en location, en 2018 par exemple, puis regarde passer deux ou trois cessions du droit au bail entre exploitants successifs — un boulanger qui vend à un primeur, le primeur qui revend à une enseigne — sans jamais toucher un euro de ces cessions. Notre guide du bail commercial en SCI couvre le statut lui-même : durée, révisions, congé. Ici, on ne parle que de l'argent qui change de mains à l'entrée.


2. La qualification fiscale du pas-de-porte chez la SCI bailleresse

La distinction est posée. Reste la seule question qui décide de l'impôt : cette somme est-elle un revenu ? La doctrine répond en deux temps, un principe large puis une exception étroite. L'ordre compte. Ceux qui commencent par l'exception — et ils sont nombreux, les forums d'investisseurs en sont pleins — se construisent un raisonnement à l'envers dont ils ne sortent plus.

Le principe : un supplément de loyer imposable

La doctrine administrative ne laisse aucune marge d'interprétation. « Les pas-de-porte et droits d'entrée de toutes sortes sont considérés comme des recettes imposables dès lors qu'ils présentent le caractère de suppléments de loyers » (BOI-RFPI-BASE-10-10, § 220). Notez le « de toutes sortes » : il est là pour couper court aux inventions de vocabulaire.

Le paragraphe suivant précise le raisonnement : « Les sommes que le locataire verse au propriétaire en sus du prix annuel du loyer, à titre de "pas-de-porte", de "droit au bail", ou de "droit d'entrée" doivent, en principe, être prises en compte pour la détermination du revenu foncier, au même titre que le loyer proprement dit, dès lors que, leur versement constituant une des conditions de location et trouvant son origine dans l'exploitation de l'immeuble, elles présentent le caractère d'un supplément de loyer » (BOI-RFPI-BASE-10-10, § 230).

Derrière ce paragraphe, une jurisprudence qui n'a pas bougé depuis un demi-siècle : CE 24 février 1978 n° 97347, CE 10 octobre 1979 n° 15483, CE 11 mai 1994 n° 126303, et CAA Nancy 13 mars 1997 n° 94NC01512. N'espérez pas un revirement.

Le texte fournit ses deux critères de rattachement, et ils sont simples à manier. Le versement est une condition de la location — sans lui, pas de bail. Il trouve son origine dans l'exploitation de l'immeuble — c'est bien le local qui le génère, pas autre chose. Réunissez ces deux éléments et vous avez un supplément de loyer. Dans un bail commercial classique, ils le sont pratiquement toujours.

SCI à l'IR : une recette foncière de l'année d'encaissement

Dans une SCI relevant de l'impôt sur le revenu, le pas-de-porte qualifié de supplément de loyer entre dans les recettes brutes foncières. Il suit le régime de droit commun des revenus fonciers : imposition à l'encaissement, au barème progressif de l'impôt sur le revenu, augmenté des prélèvements sociaux à 17,2 % applicables aux revenus fonciers.

Concrètement, la somme rejoint les loyers de l'année dans les recettes de la déclaration 2072, puis descend dans la quote-part de chaque associé, sur sa 2044 puis sa 2042. Un droit d'entrée de 40 000 € réparti entre deux associés, ce sont 20 000 € de revenus fonciers supplémentaires chacun, sur un seul exercice, sans un euro de charge en face. De quoi faire basculer un associé de la tranche à 30 % vers celle à 41 %. C'est l'effet indésirable numéro un de cette qualification, et la raison pour laquelle tant de bailleurs cherchent la porte de sortie. Elle existe. Elle est étroite.

SCI à l'IS : un produit d'exploitation, sans échappatoire doctrinale

Une SCI à l'IS détermine son résultat selon les règles des bénéfices industriels et commerciaux. Changement de bulletin, donc, et la doctrine BIC se montre encore moins accommodante. Après avoir défini le pas-de-porte à son § 10, le BOFiP consacre le § 20 à la qualification et s'appuie sur deux arrêts (BOI-BIC-PDSTK-10-30-20, § 20).

Le premier, CE 7 février 1966 n° 64182, juge que l'existence du droit des preneurs au renouvellement de leur bail n'entraîne pas, à l'égard de la société bailleresse, une dépréciation de la valeur des locaux fixée lors de leur acquisition en tenant compte de leur destination normale : les pas-de-porte ne sauraient donc être regardés comme correspondant à la diminution d'éléments d'actif, mais constituent des suppléments de loyers à comprendre dans le bénéfice imposable. Le second, CE 24 février 1978 n° 97347, retient que les droits d'entrée constituent des revenus assimilables à des loyers. Deux formulations, un même verrou.

Le point que presque personne n'écrit. L'exception de la dépréciation du patrimoine, détaillée plus bas, est une construction propre aux revenus fonciers. La doctrine BIC ne la reprend pas : elle écarte l'argument tiré du seul droit au renouvellement, jugé insuffisant à lui seul pour caractériser une dépréciation de la valeur des locaux. Ce n'est pas une exclusion de principe de toute diminution d'éléments d'actif, mais la porte se referme sur l'argument que l'on invoque neuf fois sur dix — et la fenêtre de non-imposition est donc bien plus étroite à l'IS qu'à l'IR. En échange, l'IS offre l'étalement, que l'IR n'offre jamais. Chaque régime a son avantage sur ce sujet, et ils ne sont pas cumulables : voyez notre comparatif SCI à l'IS ou à l'IR.

L'exception : l'indemnité compensatrice d'une dépréciation

En revenus fonciers, il existe bel et bien une porte. Elle est étroite, mais elle existe. Le § 240 de BOI-RFPI-BASE-10-10 pose d'abord le principe général : « Le versement d'une indemnité destinée à dédommager le bailleur d'une dépréciation de son capital ne devrait pas être inclus dans les revenus fonciers de ce dernier, pour autant que cette dépréciation soit réelle. » Le même paragraphe applique ensuite cette idée au droit d'entrée : celui-ci ne constitue pas un supplément de loyer lorsque le loyer stipulé n'est pas anormalement bas et que ce droit d'entrée a, en fait, pour objet d'indemniser le bailleur de la dépréciation de son fonds.

Tout se joue sur un adjectif : la dépréciation doit être réelle. Et sur le fait qu'il y a deux conditions à remplir, pas une seule — c'est le second oubli classique.

  • Le loyer n'est pas anormalement bas. Si le loyer est manifestement inférieur à la valeur locative du marché, le droit d'entrée vient mécaniquement compenser ce manque à gagner : c'est un loyer déguisé, la qualification d'indemnité tombe.
  • Le droit d'entrée a, en fait, pour objet d'indemniser une dépréciation. Les mots « en fait » sont décisifs : c'est la réalité économique qui compte, pas la rédaction du bail.

Les fondements ne datent pas d'hier : CE 28 septembre 1984 n° 38704, CE 29 septembre 1989 n° 68212, et une réponse ministérielle Dejoie (n° 16768, JO Sénat 27 septembre 1984, p. 1544), tous cités par le BOFiP.

L'idée économique tient en trois lignes. En signant un bail commercial, le bailleur donne au preneur une « propriété commerciale » : droit au renouvellement, indemnité d'éviction s'il refuse. À partir de là, son local vaut durablement moins cher qu'un local vide. Quand le droit d'entrée compense cette perte de valeur vénale, il ne paie pas la jouissance des lieux — il paie un appauvrissement.

Séduisant sur le papier. Sauf qu'il y a un problème logique, et il faut le regarder en face : tout bail commercial produit cet effet, et pourtant les pas-de-porte restent imposables par principe. Si l'argument de la propriété commerciale suffisait, l'exception avalerait la règle. Ce n'est donc pas le statut des baux commerciaux qui fait la dépréciation. C'est une dépréciation démontrée, chiffrée, propre à ce bien-là et à cette opération-là.

Le cas particulier du nu-propriétaire

Une variante que l'on rencontre dès qu'un montage est démembré, et que le BOFiP tranche au § 250 de BOI-RFPI-BASE-10-10 : l'indemnité versée au nu-propriétaire pour qu'il autorise l'usufruitier à consentir un bail commercial est imposable si elle correspond à un véritable droit d'entrée, et ne l'est pas si elle compense une diminution de valeur vénale. Même grille de lecture, autre personnage. Si votre SCI est dans ce cas, notre guide sur le démembrement de parts et d'immeubles en SCI pose le décor.


3. Comment se démontre la dépréciation qui exonère le droit d'entrée

On arrive au nœud du problème. Une SCI qui décide de ne pas imposer un droit d'entrée prend un engagement à retardement : trois ou quatre ans plus tard, un vérificateur lui demandera de justifier ce choix. Ce qu'elle sortira ce jour-là de son dossier décidera de tout. Passons en revue les pièces qui pèsent — et celles qui ne pèsent rien.

Preuve n° 1 : le loyer n'est pas anormalement bas

Condition éliminatoire : si elle n'est pas remplie, inutile d'aller plus loin, l'analyse s'arrête là. Il faut établir que le loyer stipulé se situe dans la fourchette de la valeur locative du secteur, appréciée à la date de signature — pas aujourd'hui, pas au moment du contrôle.

  • Une étude comparative écrite établie par un expert immobilier ou un professionnel local, listant des baux comparables récents (surface, emplacement, destination, état).
  • Les références de commercialisation du local : annonces, mandats, propositions reçues et refusées.
  • Un rapprochement avec les indices publiés et les loyers de marché de la commune, à la date de conclusion.

Un loyer inférieur de 20 à 30 % au marché ruine le dossier d'entrée de jeu : le vérificateur y lira un loyer minoré compensé par un capital versé au départ, ce qui est d'ailleurs souvent la vérité. Attention au contresens sur ce point. On ne vous reproche pas le loyer bas en lui-même — vous louez au prix que vous voulez. Ce loyer bas sert d'indice pour requalifier autre chose : les 40 000 €.

Preuve n° 2 : la dépréciation est réelle et documentée

Seconde marche, et c'est la plus haute : montrer que le patrimoine de la SCI a effectivement perdu de la valeur du fait de cette opération-là. Quatre types de pièces portent réellement.

  • Une évaluation avant / après : valeur vénale du local libre d'occupation, valeur vénale du même local occupé sous bail commercial, écart chiffré. C'est la pièce maîtresse.
  • Des contreparties consenties au preneur qui excèdent le régime légal : durée ferme longue sans faculté triennale, renonciation à des garanties, prise en charge par le bailleur de travaux normalement dus par le preneur, clause de destination très large facilitant une despécialisation.
  • La perte durable de disponibilité du local : engagement du bailleur au-delà du minimum légal, impossibilité pratique de reprendre le bien avant une échéance lointaine.
  • Une correspondance précontractuelle montrant que le montant a été négocié en considération de cette perte de valeur, et non en considération du loyer.

Ce qui ne suffit jamais

Élément avancé Valeur probante
Clause du bail intitulée « indemnité de dépréciation »Nulle à elle seule
Mention « somme non imposable » dans l'acteNulle — et contre-productive
Argument général : « tout bail commercial déprécie le bien »Insuffisante
Étude de valeur locative écrite et datéeForte (condition n° 1)
Évaluation chiffrée libre / occupé par un expertForte (condition n° 2)
Contreparties exorbitantes du droit commun, écrites au bailUtile en appui

Pourquoi une mention dans le bail ne suffit jamais. L'administration n'est pas liée par la qualification que les parties donnent à une somme ; elle en retient la nature réelle, lue dans l'économie du contrat. Le § 240 l'annonce lui-même avec ces deux mots glissés au milieu de la phrase : « a, en fait, pour objet ». Une bonne clause reste indispensable — elle cadre l'intention, elle organise la preuve, elle évite les incohérences —, mais elle ne remplace aucune des deux conditions. Nécessaire, jamais suffisante.

Mon avis, après en avoir vu passer beaucoup. Sur dix droits d'entrée encaissés par des SCI, neuf sont des suppléments de loyer et doivent être déclarés comme tels. L'indemnité de dépréciation existe en droit ; elle est rare en fait. Si vous pensez être dans le dixième cas, faites valider l'analyse par un avocat fiscaliste avant de signer, constituez le dossier le jour de la signature, et rangez-le avec le bail pour au moins six ans. Reconstituer tout cela trois ans plus tard, une proposition de rectification sur le bureau, je ne l'ai jamais vu fonctionner.

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4. L'étalement du pas-de-porte : possible à l'IS, impossible à l'IR

« Est-ce que je peux répartir ces 40 000 € sur les neuf ans du bail ? » C'est la question qu'on me pose le plus souvent sur ce sujet, et la réponse est franchement binaire : elle dépend du régime fiscal de la SCI, point. Le problème, c'est que beaucoup d'articles en ligne raisonnent sur l'IS et concluent pour l'IR. Reprenons proprement, texte par texte.

SCI à l'IR : aucun étalement possible

Les revenus fonciers obéissent à une règle simple et sans exception : l'imposition suit l'encaissement. Le pas-de-porte qualifié de supplément de loyer est donc imposable en totalité l'année où il est perçu, quand bien même il rémunère économiquement neuf années d'occupation. Aucun texte n'autorise l'étalement dans cette catégorie. Une SCI qui répartirait la somme sur sa 2072 ne ferait pas de l'optimisation, elle minorerait ses recettes.

Il existe pourtant un correctif, et il est régulièrement oublié : le système du quotient de l'article 163-0 A du CGI. Le BOFiP cite expressément notre cas parmi les revenus exceptionnels éligibles : « l'indemnité de "pas-de-porte" perçue par un propriétaire : cette indemnité s'analyse comme un supplément de loyer perçu d'avance mais elle n'en a pas moins le caractère d'un revenu exceptionnel » (BOI-IR-LIQ-20-30-20, § 110). Le même paragraphe vise également « le supplément de loyer résultant de l'attribution gratuite en fin de bail des aménagements effectués par le preneur ».

Attention à ne pas en attendre ce qu'il ne fait pas :

  • Il ne diffère pas l'imposition : le revenu reste rattaché à l'année d'encaissement.
  • Il lisse la progressivité : l'impôt correspondant au revenu exceptionnel est calculé en ajoutant le quart de ce revenu au revenu net global, puis en multipliant par quatre le supplément d'impôt obtenu.
  • Il suppose que le revenu exceptionnel dépasse la moyenne des revenus nets d'après lesquels le contribuable a été imposé au titre des trois années précédentes (BOI-IR-LIQ-20-30-20, § 140). Les revenus fonciers ne figurent pas parmi les revenus dispensés de cette condition de montant.
  • Il est sans effet sur les prélèvements sociaux, qui restent dus au taux de 17,2 % sur la totalité.
  • Il n'apporte un gain réel que si l'associé n'est pas déjà au sommet du barème. Un associé imposé à la tranche marginale la plus élevée avant et après n'en tirera presque rien.

Le détail du calcul figure dans notre guide quotient et revenus fonciers en SCI. Un point à ne pas rater : c'est une option, elle se demande sur la déclaration, et l'administration ne l'applique jamais d'office. Beaucoup d'associés la découvrent l'année suivante, quand il est trop tard.

SCI à l'IS : étalement sur la durée initiale du bail, sous condition

Tout change à l'IS, parce que le rattachement des produits y obéit au 2 bis de l'article 38 du CGI : pour les prestations continues rémunérées notamment par des intérêts ou des loyers, comme pour les prestations discontinues à échéances successives échelonnées sur plusieurs exercices, les produits sont pris en compte au fur et à mesure de l'exécution. La mise à disposition d'un local sur neuf ans est, par nature, une prestation continue.

Le BOFiP en tire les conséquences pour le droit d'entrée et sépare deux cas (BOI-BIC-PDSTK-10-30-20, § 30) :

Nature de la prestation rémunérée Rattachement du produit
Prestation continue (mise à disposition du local sur la durée)Étalement sur la durée initiale du bail
Prestation ponctuelle (avantage acquis dès la conclusion)Exercice au cours duquel le droit d'entrée est réputé acquis

Trois précisions, parce que cet étalement est souvent mal compris :

  • Il porte sur la durée initiale du bail, pas sur la durée effective d'occupation ni sur un renouvellement futur. Pour un bail de neuf ans, c'est neuf ans — pas douze.
  • Il n'est pas un choix de confort. Il découle de la nature de la prestation. Une SCI ne peut pas étaler un produit qui, en réalité, rémunère un avantage immédiatement acquis.
  • Il ne concerne que l'impôt, pas la trésorerie. Les 40 000 € sont bien sur le compte de la SCI dès l'année 1 ; c'est le résultat imposable qui est lissé.

La conséquence stratégique, rarement formulée. À l'IS, le bailleur a tout intérêt à ce que son droit d'entrée soit un supplément de loyer rémunérant une prestation continue : le produit s'étale, et il est imposé au taux de l'IS — 15 % dans la limite de 42 500 € de bénéfice si les conditions de l'article 219, I-b du CGI sont réunies, 25 % au-delà. À l'IR, l'intérêt est rigoureusement inverse : le bailleur cherche l'indemnité. Deux régimes, deux stratégies opposées sur la même somme. Cela ne vous donne aucune liberté de choix — la réalité de l'opération tranche —, mais cela explique pourquoi les services de contrôle ne regardent pas les mêmes choses selon le régime.


5. Les écritures du droit d'entrée, du virement reçu à la déclaration

Assez de doctrine, ouvrons le journal. Hypothèse de travail pour toute la suite : la SCI encaisse 40 000 € de droit d'entrée à la signature d'un bail commercial de neuf ans conclu le 1er janvier 2026, exercice social calé sur l'année civile.

Étape 0 — ce qu'il faut trancher avant la première écriture

Une écriture n'est jamais neutre : elle fige une analyse. Avant de saisir quoi que ce soit, répondez à trois questions et consignez les réponses dans un mémo d'une page que vous rangerez au dossier permanent.

  1. Supplément de loyer ou indemnité de dépréciation ? (chapitres 2 et 3)
  2. Si supplément de loyer : prestation continue (étalement) ou ponctuelle (rattachement immédiat) ?
  3. Le bail est-il soumis à la TVA sur option ? (chapitre 6)

SCI à l'IS — écritures avec option TVA et étalement

Droit d'entrée 40 000 € HT, TVA à 20 % soit 8 000 €, total appelé au preneur : 48 000 €. Le locataire est la SARL Meunier, le local se trouve 12 rue des Lices.

1. Constatation de la créance (facturation du droit d'entrée)

Compte Libellé Débit Crédit
411Locataires — SARL Meunier48 000,00
706Droit d'entrée — bail commercial 12 rue des Lices40 000,00
44571TVA collectée 20 %8 000,00

2. Encaissement

Compte Libellé Débit Crédit
512Banque — virement du 05/01/202648 000,00
411Locataires — SARL Meunier48 000,00

3. Étalement à la clôture du 31/12/2026. Neuf ans de bail, donc 40 000 / 9 = 4 444,44 € de produit acquis sur l'exercice. Le solde, 35 555,56 €, sort du résultat et va patienter au passif.

Compte Libellé Débit Crédit
706Droit d'entrée — fraction non acquise35 555,56
487Produits constatés d'avance35 555,56

4. Reprise, à l'ouverture ou à la clôture de chacun des huit exercices suivants

Un détail d'arithmétique qui vous évitera une ligne orpheline en révision : 4 444,44 × 8 = 35 555,52 €, soit 0,04 € qui resteraient au compte 487 à la fin du bail. Reprenez-les sur le dernier exercice, dont la quote-part s'élève donc à 4 444,48 € (ou lissez à 4 444,45 € sur les huit premiers et 4 444,40 € sur le dernier). Le compte 487 doit être soldé à zéro au terme des neuf ans.

Compte Libellé Débit Crédit
487Produits constatés d'avance — reprise annuelle4 444,44
706Droit d'entrée — quote-part de l'exercice4 444,44

Sur le choix du compte de produit. Le compte 706 « Prestations de services » convient pour un local commercial. Certaines SCI utilisent le 752 « Revenus des immeubles non affectés à des activités professionnelles » selon le plan de comptes retenu — les deux se rencontrent en pratique et notre guide écritures de loyers en SCI détaille l'arbitrage. Le vrai sujet est ailleurs : ouvrez un sous-compte dédié, un 7065 « Droits d'entrée » par exemple, au lieu de noyer la somme dans les loyers courants. Trois ans plus tard, quand il faudra justifier la reprise annuelle de 4 444,44 €, vous ne perdrez pas une demi-journée à retrouver l'écriture d'origine.

SCI à l'IR — la comptabilité de trésorerie

Ici, c'est beaucoup plus court : pas de compte 487, pas d'étalement, une recette et voilà. Si votre SCI tient une comptabilité d'engagement — je le recommande même à l'IR, la 2072 se prépare tellement mieux —, reprenez les écritures ci-dessus en sautant l'étape 3. Le produit reste intégralement dans le résultat de l'année.

L'enjeu se déplace alors sur la traçabilité. Virement reçu sur le compte bancaire dédié de la SCI, libellé qui dit ce qu'il est, rapprochement avec la clause du bail, facture ou quittance de droit d'entrée conservée. Et un rappel qui n'a rien d'anecdotique : un droit d'entrée encaissé sur le compte personnel du gérant pose un problème en soi, avant même toute question de qualification. Notre guide comptabilité SCI revient sur ces fondamentaux.

Où la somme atterrit dans les déclarations

Régime Où figure le droit d'entrée Où figure la fraction étalée
SCI à l'IRRecettes brutes de la 2072, puis quote-part sur la 2044 de chaque associéSans objet — pas d'étalement
SCI à l'IS (régime simplifié)Produits d'exploitation du compte de résultat 2033-BPassif du bilan 2033-A, parmi les dettes (compte 487)
Indemnité de dépréciation démontrée (IR)Hors recettes de la 2072Sans objet — dossier de preuve à conserver

Le détail des rubriques figure dans notre guide liasse fiscale 2033 pour une SCI ; la logique des comptes, dans le plan comptable adapté aux SCI.

Et la CRL ?

Question posée en rendez-vous à peu près une fois sur deux, et souvent pour rien. La contribution annuelle sur les revenus locatifs de l'article 234 nonies du CGI ne frappe pas toutes les SCI, loin de là. Elle est acquittée par les seuls bailleurs visés au I de l'article 234 duodecies (personnes morales soumises à l'impôt sur les sociétés), à l'article 234 terdecies (sociétés relevant du régime des sociétés de personnes de l'article 8 du CGI dont l'un au moins des membres est soumis à l'IS au taux de droit commun à la date de clôture) et à l'article 234 quaterdecies, qui ne vise que les personnes morales ou organismes non mentionnés aux deux articles précédents. Une SCI à l'IR dont tous les associés sont des personnes physiques relève de l'article 8 sans qu'aucun membre ne soit à l'IS : elle n'est donc pas redevable de la contribution.

Quand elle est due, la contribution est assise sur les recettes nettes définies à l'article 29 du CGI, au taux de 2,5 %, pour les locaux situés dans des immeubles achevés depuis quinze ans au moins au 1er janvier de l'année d'imposition. Un droit d'entrée qualifié de supplément de loyer relève de ces recettes et entre donc dans l'assiette. Deux exonérations sont à connaître : les revenus qui donnent lieu au paiement de la TVA — c'est-à-dire, en pratique, les baux commerciaux pour lesquels l'option de l'article 260, 2° du CGI a été exercée — et les revenus n'excédant pas 1 830 € par local et par an (article 234 nonies, III). Notre guide CRL et SCI à l'IS déroule le sujet ; retenez surtout que le champ des redevables est plus étroit qu'on ne le raconte, et que la vérification se fait société par société.


6. TVA sur le pas-de-porte et droits d'enregistrement du droit au bail

L'IR et l'IS ne sont pas les seuls prélèvements en embuscade. Deux autres entrent en scène, et chacun suit sa propre opération : la TVA frappe le pas-de-porte encaissé par la SCI, les droits d'enregistrement frappent la cession du droit au bail entre preneurs. Bonne nouvelle au passage — ils ne se croisent jamais sur la même somme.

La TVA sur le pas-de-porte

La location nue de locaux professionnels est exonérée de TVA par principe (article 261 D du CGI), mais le bailleur peut opter pour l'assujettissement en application de l'article 260, 2° du CGI. Option exercée, le sort du droit d'entrée est réglé par une phrase du BOFiP qu'il faut lire lentement, chaque membre comptant :

« Toutes les sommes exigées des preneurs de bail doivent, quelle que soit leur dénomination (droits d'entrée, pas-de-porte, loyers d'avances, etc.), être incluses dans le chiffre d'affaires imposable à la TVA dès leur versement si le bailleur est redevable de la taxe dans la mesure bien entendu où elles présentent le caractère de complément de loyers. » — BOI-TVA-BASE-10-10-10, § 10

Ce qu'il faut en faire, très concrètement :

  • La dénomination est indifférente. Appeler la somme « indemnité » ne la sort pas du champ si elle est, économiquement, un complément de loyer.
  • L'exigibilité intervient dès le versement. Sur un bail signé en janvier, la TVA figure sur la déclaration de la période d'encaissement — pas neuf ans plus tard au rythme de l'étalement comptable. Le décalage entre le résultat fiscal étalé et la TVA collectée immédiatement est parfaitement normal, et surprend beaucoup de gérants.
  • Il faut une facture. Le droit d'entrée doit être facturé au preneur, HT + TVA, mentions habituelles, comme n'importe quelle prestation.

Le § 20 du même document trace la frontière avec le dépôt de garantie : les cautionnements et dépôts de garantie « ne sont pas la contrepartie des prestations prévues au contrat et ne sont définitivement acquis par les loueurs que si, et au moment où, le preneur n'exécute pas les obligations auxquelles le contrat subordonne le remboursement du dépôt. Ils ne doivent donc être soumis à la TVA que lorsque survient la cause contractuelle de leur conservation par le loueur. » Autrement dit : ce qui est acquis au bailleur est taxable tout de suite, ce qui est restituable attend. Une frontière nette, pour une fois. Notre guide sur les écritures de dépôt de garantie en SCI couvre l'autre côté de cette frontière.

Pour l'option elle-même — sa forme, sa portée bien par bien, sa date de prise d'effet et sa dénonciation —, reportez-vous à nos guides lever l'option TVA en SCI et SCI et TVA. Une remarque tout de même : sans option, pas de TVA sur le droit d'entrée. C'est un argument de négociation face à un preneur non assujetti — un professionnel de santé, une association —, mais le revers est connu : la SCI perd la déduction de la TVA sur ses travaux d'aménagement, ce qui coûte vite plus cher que le confort gagné.

Les droits d'enregistrement sur la cession du droit au bail

On change de scène et d'acteurs. Le pas-de-porte, c'était votre SCI. La cession du droit au bail se joue entre preneurs, et votre SCI n'est que spectatrice — mais elle a intérêt à savoir ce qui s'y passe.

L'article 725 du CGI soumet « toute cession d'un droit à un bail ou du bénéfice d'une promesse de bail portant sur tout ou partie d'un immeuble, quelle que soit la forme qui lui est donnée par les parties, qu'elle soit qualifiée cession de pas de porte, indemnité de départ ou autrement » à un droit d'enregistrement déterminé selon le tarif de l'article 719 du CGI. Le droit est assis sur le prix stipulé ou, à défaut de stipulation expresse ou si celle-ci est inférieure, sur la valeur vénale réelle du droit cédé déterminée par déclaration estimative des parties. Le texte s'étend à tous actes ou conventions ayant pour effet de transférer le droit à la jouissance de locaux relevant des articles L. 145-1 à L. 145-3 du Code de commerce (BOI-ENR-DMTOM-30, § 170 et § 180).

Attention à la fausse symétrie. Le droit d'entrée encaissé par votre SCI à la conclusion d'un bail nouveau n'est pas une cession : rien de préexistant n'est transféré, l'article 725 reste à la porte. Sauf que ce texte vise expressément les sommes « qualifiées cession de pas de porte ». Traduction : une somme baptisée pas-de-porte qui paierait en réalité la reprise du bail d'un occupant en place — substitution de preneur, entrée dans les lieux négociée avec le sortant — retomberait dans son champ. Comme partout dans ce guide, c'est l'opération qui commande, pas son intitulé.

Le tarif de l'article 719 ne donne que la part de l'État. S'y ajoutent la taxe additionnelle départementale (article 1595 du CGI) et la taxe additionnelle communale (articles 1584 et 1595 bis du CGI), d'où l'écart entre les deux colonnes ci-dessous. C'est le taux global de droite qui sort la calculette du cessionnaire.

Fraction de la valeur taxable Taux art. 719 (part État) Taux global avec taxes additionnelles
N'excédant pas 23 000 €0 %0 %
De 23 000 € à 107 000 €2 %3 %
De 107 000 € à 200 000 €0,60 %3 %
Au-delà de 200 000 €2,60 %5 %

Qui paie ? Le BOFiP est explicite : « c'est le locataire (c'est-à-dire le bénéficiaire du transfert) qui doit supporter la charge de l'impôt » (BOI-ENR-DMTOM-30, § 340), sauf convention contraire entre les parties. La SCI bailleresse n'est ni redevable, ni bénéficiaire. À défaut d'acte écrit, une déclaration de mutation verbale doit être déposée dans le mois de l'entrée en possession (§ 150).

Ce que la SCI doit surveiller lors d'une cession. Elle n'encaisse rien, mais son bail change de titulaire, et là elle a du travail. Vérifier le respect de la clause d'agrément ou de la clause d'information prévue au bail ; se souvenir que l'article L. 145-16 du Code de commerce frappe de nullité les conventions interdisant au locataire de céder son bail à l'acquéreur de son fonds de commerce ; et surtout, si le bail comporte une clause de garantie solidaire du cédant, savoir qu'elle ne peut être invoquée que pendant trois ans à compter de la cession (article L. 145-16-2 du Code de commerce, issu de la loi n° 2014-626 du 18 juin 2014) et que le bailleur doit informer le cédant de tout défaut de paiement du cessionnaire dans le mois de l'échéance impayée (article L. 145-16-1). J'ai vu une SCI perdre une garantie solide pour cette seule raison : neuf mois de loyers impayés accumulés en silence, cédant prévenu trop tard, garantie contestée et perdue. La lettre au cédant coûte un timbre.


7. Côté preneur : comment il traite le pas-de-porte qu'il verse

Négocier un droit d'entrée sans savoir ce que la somme deviendra dans les comptes d'en face, c'est négocier à l'aveugle. Le preneur, lui, a fait le calcul — ou son expert-comptable l'a fait pour lui. Autant l'anticiper.

Deux traitements possibles chez le locataire

  • Prix d'un élément incorporel. Si le versement rémunère l'acquisition d'un droit — le droit au bail, la propriété commerciale attachée aux lieux —, le preneur l'inscrit à l'actif au compte 206 « Droit au bail ». Cet actif n'est en principe pas amortissable, faute de dépérissement prévisible dans le temps : la déduction est donc reportée, au mieux, à la sortie du bail. C'est le traitement le moins favorable pour lui.
  • Supplément de loyer. Si le versement compense un loyer anormalement bas, il s'analyse en charge locative payée d'avance : le preneur la déduit de son résultat, étalée sur la durée du bail via le compte 486 « Charges constatées d'avance ». C'est le miroir exact du 2 bis de l'article 38 du CGI côté bailleur — et c'est nettement plus favorable pour lui.

Sur l'amortissement du droit au bail, la position de principe reste le refus. Mais le contentieux est abondant, et certaines décisions l'admettent quand les effets bénéfiques de l'élément sur l'exploitation cessent à une date déterminable. C'est typiquement un point à faire trancher au cas par cas par un conseil ; je n'écrirai pas ici une règle générale qui n'existe pas.

Pourquoi vos intérêts sont opposés

Qualification Intérêt de la SCI à l'IR Intérêt de la SCI à l'IS Intérêt du preneur
Supplément de loyerDéfavorable (imposition immédiate)Favorable (étalement, taux IS)Favorable (charge déductible)
Indemnité / prix d'un incorporelFavorable (non imposable si démontré)Sans effet doctrinal favorableDéfavorable (actif non amortissable)

Lisez la ligne du haut, puis celle du bas. Une SCI à l'IR et son preneur veulent l'inverse l'un de l'autre : elle veut une indemnité, il veut un supplément de loyer. Chacun sera contrôlé de son côté, par un service différent, sans coordination. D'où le pire scénario, que j'ai déjà vu se réaliser : la somme requalifiée en supplément de loyer chez le bailleur, et refusée en charge chez le preneur pour incohérence documentaire. Tout le monde perd.

À l'IS, la configuration s'inverse : bailleur et preneur veulent la même chose, tous deux étalent, et la cohérence des dossiers vient toute seule. C'est un argument que personne ne met sur la table au moment d'arbitrer le régime fiscal d'une SCI qui achète un local d'activité ou un local commercial destiné à être loué avec droit d'entrée. Il devrait y être.

Incidence sur la négociation

Un preneur averti signera plus volontiers un droit d'entrée élevé s'il peut le déduire — c'est-à-dire s'il vient compenser un loyer réduit. Mais ce loyer réduit fait sauter la première condition de l'exception côté bailleur à l'IR. Le serpent se mord la queue. Traduit en pratique : une SCI à l'IR qui veut à la fois un loyer de marché et un droit d'entrée non imposé demande à son locataire de sortir un capital qu'il ne déduira pas avant longtemps. C'est jouable. Simplement, cela se paie dans le montant négocié — comptez 10 à 20 % de moins sur la somme obtenue, d'expérience.


8. La clause de droit d'entrée : ce qu'elle peut et ne peut pas faire

Une clause ne crée pas une qualification fiscale : elle documente une réalité. Bien écrite, elle rend cette réalité vérifiable. Mal écrite, elle tend au vérificateur exactement l'aveu qu'il cherchait, et vous l'aurez signé vous-même.

Ce qu'une bonne clause doit contenir

  1. Nommer la somme sans ambiguïté : « droit d'entrée » ou « indemnité », jamais les deux, et jamais « dépôt de garantie ».
  2. Dire ce qu'elle rémunère. Si c'est un supplément de loyer : indiquer qu'elle constitue la contrepartie de la mise à disposition des lieux sur la durée du bail — ce qui soutient l'étalement au titre du 2 bis de l'article 38 du CGI côté IS. Si c'est une indemnité : décrire précisément la dépréciation compensée.
  3. Articuler explicitement avec le loyer. Une clause qui affirme que le loyer correspond à la valeur locative du marché, avec renvoi à l'étude annexée, verrouille la première condition du § 240.
  4. Annexer les pièces : étude de valeur locative, évaluation libre / occupé. Une annexe datée et signée vaut mille adjectifs.
  5. Traiter la TVA : mentionner l'option de l'article 260, 2° du CGI si elle est exercée, indiquer le montant HT, le taux et le montant TTC.
  6. Prévoir l'exigibilité et le sort en cas de résiliation anticipée : somme définitivement acquise au bailleur ou non, remboursement prorata temporis ou absence de remboursement.
  7. Renvoyer à la facture qui sera émise, ce qui évite l'écriture comptable orpheline.

Ce qu'une clause ne peut pas faire

  • Décider du régime fiscal. N'écrivez jamais « cette somme ne constitue pas un revenu imposable » : c'est inopposable à l'administration, et cela signale au vérificateur exactement où regarder.
  • Contredire l'économie du contrat. Une « indemnité de dépréciation » assortie d'un loyer inférieur de 30 % au marché est une contradiction interne. Le bail se retourne alors contre son rédacteur.
  • Transformer un dépôt de garantie en produit, ou l'inverse. Ce sont deux natures juridiques différentes ; les mélanger fausse le bilan et le résultat.
  • Rendre la somme opposable au preneur suivant. Le droit d'entrée est propre au bail conclu ; il n'est pas transmis lors d'une cession du droit au bail.

Un réflexe de calendrier qui sauve des dossiers. Faites établir l'étude de valeur locative avant de fixer le montant du droit d'entrée. Dans cet ordre, c'est un élément de négociation, daté et crédible. Dans l'ordre inverse, c'est une pièce de circonstance — et la première chose qu'un vérificateur regarde sur un rapport d'expert, c'est sa date.


9. Cas chiffré : un pas-de-porte de 40 000 €, quatre résultats

Tout ce qui précède se chiffre. Même somme, même bail, même immeuble : on ne fait varier que deux paramètres, le régime fiscal de la SCI et la qualification du droit d'entrée. Résultat, plus de 23 000 € d'écart entre le meilleur et le pire scénario. Sur une seule ligne de bail.

Données communes. SCI Vauban, propriétaire d'un local commercial de 120 m² à Angers. Bail commercial de neuf ans signé le 1er janvier 2026. Loyer annuel 36 000 €, soit 3 000 € par mois. Droit d'entrée encaissé à la signature : 40 000 €. Charges déductibles annuelles (taxe foncière, assurance, gestion, intérêts d'emprunt) : 14 000 €. Deux associés à parts égales, tranche marginale à 41 % l'un comme l'autre. Pas d'option TVA dans le scénario de base, pour ne pas brouiller la lecture.

Scénario A — SCI à l'IR, droit d'entrée qualifié de supplément de loyer

Poste Sans droit d'entrée Avec droit d'entrée imposé
Recettes brutes 202636 000 €76 000 €
Charges déductibles− 14 000 €− 14 000 €
Revenu foncier net22 000 €62 000 €
Quote-part par associé (50 %)11 000 €31 000 €
IR à 41 % (par associé)4 510 €12 710 €
Prélèvements sociaux 17,2 % (par associé)1 892 €5 332 €
Total pour les deux associés12 804 €36 084 €
Coût fiscal du droit d'entrée23 280 € (58,2 %)

Ce calcul est volontairement brut : il ignore la CSG déductible à 6,8 %, imputable sur le revenu global de l'année de son paiement (article 154 quinquies, II du CGI), qui adoucira un peu la note l'année suivante — voyez notre guide CSG déductible en SCI. Sur les 40 000 € encaissés, il en reste donc environ 16 720 €. Un peu moins de 42 %. C'est brutal, et beaucoup de gérants le découvrent au moment de payer.

Et le quotient de l'article 163-0 A ? Ici, il ne servirait à rien : nos deux associés sont à 41 % avant comme après, et le quotient reste sans effet sur les prélèvements sociaux. Il change en revanche la donne pour un associé qui passerait de 11 % ou de 30 % à 41 % du seul fait du droit d'entrée. C'est exactement le profil qu'il faut identifier avant de déposer la 2072.

Scénario B — SCI à l'IR, indemnité de dépréciation démontrée

Cette fois, le dossier est monté : loyer conforme à la valeur locative avec étude à l'appui, évaluation libre / occupé faisant ressortir une perte de valeur vénale supérieure à 40 000 €, contreparties consenties au preneur écrites noir sur blanc dans le bail. Le résultat est sans commune mesure.

  • Recettes brutes 2026 : 36 000 € (le droit d'entrée reste hors recettes)
  • Revenu foncier net : 22 000 € — impôt et prélèvements sociaux : 12 804 €
  • Le droit d'entrée de 40 000 € est encaissé net d'impôt
  • Écart avec le scénario A : 23 280 €

23 280 € d'écart entre A et B. Le prix d'une voiture neuve, pour la même somme encaissée et le même local. On comprend pourquoi la préparation du dossier vaut la peine — et pourquoi l'administration regarde de près. Ajoutez que cette économie n'est rattrapée par aucun mécanisme ultérieur en revenus fonciers : contrairement à l'IS, où l'impôt différé finit toujours par tomber, ici l'argent sort définitivement du champ. C'est ce caractère définitif qui explique la vigilance des services de contrôle.

Scénario C — SCI à l'IS, supplément de loyer rémunérant une prestation continue

Hypothèse : la SCI dégage un résultat fiscal de 12 000 € avant droit d'entrée, remplit les conditions du taux réduit de l'article 219, I-b du CGI (chiffre d'affaires n'excédant pas 10 M€, capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques). Le droit d'entrée est étalé sur neuf ans, soit 4 444 € par exercice.

Vérifiez le taux réduit avant de compter dessus. Par une décision du 13 mars 2025 (CE, 9e et 10e ch., n° 481538), le Conseil d'État a jugé que, lorsque la société appartient à un groupe, le chiffre d'affaires à retenir pour le seuil de 10 M€ est celui de l'ensemble du groupe, qu'il soit ou non intégré fiscalement. Une SCI détenue par une holding immobilière peut donc être imposée à 25 % dès le premier euro, ce qui porterait le coût total du droit d'entrée à 10 000 € au lieu de 6 000 € dans le scénario ci-dessous.

Poste Sans droit d'entrée Avec étalement
Résultat fiscal annuel12 000 €16 444 €
IS au taux réduit de 15 %1 800 €2 467 €
Surcoût annuel667 €
Coût total sur 9 ans6 000 € (15 %)

Les 40 000 € dorment sur le compte de la SCI dès janvier 2026, et l'impôt s'étale sur neuf exercices : 667 € par an, à peine perceptible. Ne vous arrêtez pas là pour autant. À l'IS, l'imposition des associés n'a pas disparu, elle attend la distribution — le prélèvement forfaitaire unique sur les dividendes s'élève à 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). Le sujet est traité dans notre guide PFU et dividendes de SCI à l'IS.

Scénario D — SCI à l'IS, droit d'entrée rémunérant une prestation ponctuelle

Même SCI, mais l'analyse conclut cette fois à un avantage acquis dès la conclusion du bail : pas d'étalement, rattachement intégral à l'exercice 2026. La marche du taux réduit se fait sentir immédiatement.

  • Résultat fiscal 2026 : 12 000 + 40 000 = 52 000 €
  • IS : 42 500 € × 15 % = 6 375 €, puis 9 500 € × 25 % = 2 375 € → 8 750 €
  • IS sans droit d'entrée : 1 800 €
  • Surcoût immédiat : 6 950 €, payé en une fois

Synthèse

Scénario Coût fiscal du droit d'entrée Étalement Reste sur 40 000 €
A — IR, supplément de loyer23 280 €Aucun16 720 €
B — IR, indemnité démontrée0 €Sans objet40 000 €
C — IS, prestation continue6 000 € sur 9 ansOui, 9 ans34 000 € (avant distribution)
D — IS, prestation ponctuelle6 950 € en une foisAucun33 050 € (avant distribution)

Ce que ce tableau ne dit pas. Dans les scénarios C et D, l'argent reste dans la SCI. La comparaison avec A et B n'est donc honnête qu'en ajoutant la fiscalité de sortie : PFU de 31,4 % sur les dividendes, ou plus-value professionnelle le jour où l'immeuble est revendu. On retombe sur le grand débat du choix entre IR et IS, qu'un seul droit d'entrée ne doit surtout pas trancher. Il pèse dans la balance ; il ne la renverse pas.


10. Les 5 erreurs qui coûtent cher sur un droit d'entrée

Ces cinq-là reviennent dans presque tous les dossiers où un pas-de-porte a été encaissé sans être analysé. Aucune n'est théorique. Chacune se termine par un rappel d'impôt, des intérêts de retard et, selon l'humeur du dossier, une majoration.

Erreur 1 : comptabiliser le pas-de-porte comme un dépôt de garantie

La championne toutes catégories, et la plus facile à repérer en contrôle. Le réflexe « argent reçu à l'entrée du locataire = compte 165 » range un produit définitivement acquis dans un compte de dettes. Conséquences en chaîne : résultat minoré, bilan faux, dette fantôme au passif qui traîne pendant des années, puis rappel avec intérêts le jour où quelqu'un prend la peine d'ouvrir le bail. Une question suffit à trancher : cette somme est-elle restituable ? Si non, ce n'est pas un dépôt de garantie.

Erreur 2 : écrire « indemnité de dépréciation » avec un loyer au prix du marché… sans rien d'autre

La clause ne prouve rien par elle-même, et en prime elle attire l'œil. Le § 240 pose deux conditions : loyer non anormalement bas et dépréciation réelle. La première ne coûte rien à remplir, il suffit de louer au prix du marché. La seconde exige une évaluation, donc un expert, donc des honoraires. Devinez laquelle est oubliée neuf fois sur dix. Un dossier à moitié construit, et c'est précisément la moitié manquante qui emporte la décision.

Erreur 3 : oublier la TVA quand l'option a été exercée

Le droit d'entrée est inclus dans le chiffre d'affaires imposable dès son versement (BOI-TVA-BASE-10-10-10, § 10). Le gérant se dit « je facture la TVA sur mes loyers mensuels, c'est réglé » et laisse passer la somme d'entrée — d'autant plus facilement qu'elle arrive souvent avant le premier loyer, hors du rythme habituel de facturation. Sur 40 000 €, le rappel dépend de ce que dit le bail : 8 000 € si la somme est stipulée hors taxes, la TVA venant s'ajouter au prix convenu. Mais si le bail ne mentionne aucune taxe et que 40 000 € ont été encaissés tels quels, le prix perçu est réputé toutes taxes comprises : le rappel se calcule alors « en dedans », soit 40 000 × 20/120 = 6 666,67 € (CJUE 7 novembre 2013, Tulică et Plavoşin, aff. C-249/12 et C-250/12). Dans les deux cas, une somme rarement provisionnée, à retrouver plus tard avec intérêts de retard et, le cas échéant, majoration.

Erreur 4 : étaler le droit d'entrée dans une SCI à l'IR

Importer la mécanique du compte 487 dans une 2072, c'est mélanger deux régimes qui n'ont rien à voir. En revenus fonciers, on impose ce qui est encaissé : déclarer 4 444 € la première année au lieu de 40 000 € s'appelle une minoration de recettes, et le fait de déclarer le solde plus tard n'efface pas l'insuffisance de la première année. Si le montant vous effraie, la bonne réponse s'appelle article 163-0 A, pas étalement maison.

Erreur 5 : confondre pas-de-porte et droit au bail — et attendre un encaissement qui ne viendra pas

Celle-ci relève presque du malentendu. J'ai vu des gérants passer une écriture de créance dès l'annonce d'une cession de fonds de commerce, convaincus qu'une part du prix du droit au bail leur reviendrait. Il ne leur revient rien du tout : ce prix va au preneur sortant, intégralement. La SCI n'a aucune recette à constater. Elle a, en revanche, trois choses à vérifier — l'agrément, la garantie du cédant, la solvabilité du cessionnaire — et c'est déjà beaucoup plus utile qu'une créance imaginaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Le pas-de-porte est versé par le preneur à la SCI ; le droit au bail est versé par le preneur entrant au preneur sortant. La SCI n'encaisse que le premier.
  • Le pas-de-porte est imposable par principe comme supplément de loyer (BOI-RFPI-BASE-10-10, § 220 et § 230). La non-imposition suppose une dépréciation réelle et un loyer non anormalement bas (§ 240) — c'est au bailleur de le démontrer, pièces à l'appui.
  • Aucun étalement en revenus fonciers : imposition intégrale à l'encaissement, avec pour seul correctif le quotient de l'article 163-0 A du CGI. À l'IS, étalement sur la durée initiale du bail quand la prestation est continue (article 38, 2 bis du CGI).
  • Si l'option de l'article 260, 2° du CGI est exercée, la TVA est due dès le versement, sans attendre l'étalement comptable.
  • Le pas-de-porte est un produit (compte 706 ou 752), jamais une dette : le compte 165 est réservé au dépôt de garantie.

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11. FAQ — Pas-de-porte et droit au bail en SCI

Un pas-de-porte encaissé par une SCI est-il imposable ?

Oui, par principe : « les pas-de-porte et droits d'entrée de toutes sortes sont considérés comme des recettes imposables dès lors qu'ils présentent le caractère de suppléments de loyers » (BOI-RFPI-BASE-10-10, § 220). En SCI à l'IR, la somme entre dans les recettes brutes foncières de l'année d'encaissement ; en SCI à l'IS, c'est un produit d'exploitation. La non-imposition est l'exception, et c'est au bailleur de la démontrer.

Quelle est la différence entre le pas-de-porte et le droit au bail ?

Le pas-de-porte est versé par le preneur entrant au bailleur, à la conclusion du bail : la SCI l'encaisse. Le droit au bail est versé par le nouveau preneur à l'ancien preneur, lors d'une cession : la SCI n'y est pas partie et ne perçoit rien. Regardez toujours qui paie et qui reçoit, jamais le mot employé dans l'acte.

Suffit-il d'écrire dans le bail que la somme est une indemnité pour qu'elle ne soit pas imposée ?

Non. L'administration retient la nature réelle de l'opération, pas la qualification que lui donnent les parties — le BOFiP écrit d'ailleurs que le droit d'entrée doit avoir « en fait, pour objet d'indemniser le bailleur ». Une clause qui baptise « indemnité » un droit d'entrée assorti d'un loyer de marché sans dépréciation démontrée sera requalifiée, avec intérêts de retard et, le cas échéant, majoration.

Comment démontrer que le droit d'entrée indemnise une dépréciation ?

Le § 240 de BOI-RFPI-BASE-10-10 exige une dépréciation « réelle », puis pose deux conditions cumulatives : un loyer stipulé qui n'est pas anormalement bas, et un droit d'entrée qui a, en fait, pour objet d'indemniser le bailleur de la dépréciation de son fonds. Concrètement, il faut une étude de valeur locative écrite et datée, et une évaluation chiffrée du bien libre puis occupé sous bail commercial. Constituez ce dossier le jour de la signature : reconstitué trois ans plus tard, il ne convainc personne.

Peut-on étaler l'imposition du pas-de-porte dans une SCI à l'IR ?

Non. Les revenus fonciers sont imposés à l'encaissement : le pas-de-porte est imposable en totalité au titre de l'année de sa perception, même s'il rémunère un bail de neuf ans. L'étalement sur la durée du bail est réservé aux entreprises relevant des BIC et de l'IS, sur le fondement du 2 bis de l'article 38 du CGI. Le seul correctif en revenus fonciers est le système du quotient.

Le système du quotient peut-il s'appliquer au pas-de-porte ?

Oui : le BOFiP cite « l'indemnité de "pas-de-porte" perçue par un propriétaire » parmi les revenus exceptionnels éligibles au quotient de l'article 163-0 A du CGI (BOI-IR-LIQ-20-30-20, § 110). Le revenu doit dépasser la moyenne des revenus nets des trois années précédentes, l'option se formule sur la déclaration, et le quotient reste sans effet sur les prélèvements sociaux. Voir notre guide quotient et revenus fonciers.

Comment s'étale le droit d'entrée dans une SCI à l'IS ?

Lorsqu'il rémunère une prestation continue, le produit est rattaché au fur et à mesure de l'exécution (article 38, 2 bis du CGI) : le BOFiP retient un étalement sur la durée initiale du bail (BOI-BIC-PDSTK-10-30-20, § 30). Comptablement, la fraction non acquise est neutralisée au compte 487 « Produits constatés d'avance », puis reprise chaque exercice. S'il rémunère une prestation ponctuelle, il est rattaché en une fois à l'exercice où il est réputé acquis.

Le pas-de-porte est-il soumis à la TVA ?

Si la SCI a opté pour la TVA sur le loyer (article 260, 2° du CGI), oui : « toutes les sommes exigées des preneurs de bail doivent, quelle que soit leur dénomination (droits d'entrée, pas-de-porte, loyers d'avances, etc.), être incluses dans le chiffre d'affaires imposable à la TVA dès leur versement » (BOI-TVA-BASE-10-10-10, § 10). Il faut donc facturer le droit d'entrée HT + TVA et reverser la taxe sur la déclaration de la période d'encaissement, sans attendre l'étalement comptable. Sans option, pas de TVA. Voir lever l'option TVA.

Sur quel compte comptabiliser un droit d'entrée ?

C'est un produit d'exploitation : compte 706 « Prestations de services » (ou 752 « Revenus des immeubles non affectés à des activités professionnelles » selon le plan de comptes retenu), idéalement dans un sous-compte dédié du type 7065 « Droits d'entrée ». La TVA éventuelle se crédite au 44571, la contrepartie au 411 puis au 512. La fraction étalée transite par le compte 487 « Produits constatés d'avance ».

Pas-de-porte et dépôt de garantie : quelle différence comptable ?

Le dépôt de garantie est restituable : c'est une dette au compte 165, sans effet sur le résultat, et il n'est soumis à la TVA que si et quand survient la cause contractuelle de sa conservation (BOI-TVA-BASE-10-10-10, § 20). Le pas-de-porte est définitivement acquis au bailleur : c'est un produit, taxable dès son versement. Le test tient en une question : cette somme est-elle remboursable en fin de bail ? Notre guide écritures de dépôt de garantie détaille le second cas.

Où déclarer le pas-de-porte : 2072 ou liasse 2033 ?

SCI à l'IR : dans les recettes brutes de la déclaration 2072, puis dans la quote-part de chaque associé sur sa 2044 et sa 2042. SCI à l'IS : dans les produits d'exploitation du 2033-B, la fraction étalée figurant au passif du bilan 2033-A via le compte 487. Une somme encaissée qui n'apparaît nulle part est une omission de recette, sanctionnée comme telle.

Qui paie les droits d'enregistrement lors d'une cession de droit au bail ?

Le cessionnaire : « c'est le locataire (c'est-à-dire le bénéficiaire du transfert) qui doit supporter la charge de l'impôt » (BOI-ENR-DMTOM-30, § 340), sauf convention contraire. Le droit est calculé selon le tarif de l'article 719 du CGI par renvoi de l'article 725 : taxes additionnelles comprises, 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 à 200 000 € et 5 % au-delà. La SCI bailleresse n'est pas redevable.

La SCI perçoit-elle quelque chose lors d'une cession du droit au bail ?

Non : le prix va au locataire sortant. L'article L. 145-16 du Code de commerce frappe d'ailleurs de nullité les conventions interdisant au locataire de céder son bail à l'acquéreur de son fonds. La SCI a en revanche des vérifications à mener : respect de la clause d'agrément ou d'information, solvabilité du cessionnaire, et suivi de la garantie du cédant, qui ne peut être invoquée que pendant trois ans (article L. 145-16-2).

Le locataire peut-il déduire ou amortir le pas-de-porte qu'il a versé ?

S'il s'agit d'un supplément de loyer — hypothèse d'un loyer anormalement bas —, c'est une charge déductible étalée sur la durée du bail via le compte 486 « Charges constatées d'avance ». S'il s'agit du prix d'un élément incorporel, la somme s'inscrit à l'actif au compte 206 « Droit au bail » et n'est en principe pas amortissable. Ce dernier point fait l'objet d'un contentieux abondant : faites-le trancher par un conseil au cas par cas.

Peut-on demander un pas-de-porte dans un bail d'habitation ?

Non, et le texte est exprès : l'article 4 de la loi du 6 juillet 1989 répute non écrite toute clause imposant au locataire le versement, lors de l'entrée dans les lieux, de sommes d'argent en plus de celles prévues aux articles 5 et 22 — honoraires encadrés et dépôt de garantie plafonné (un mois de loyer hors charges en location nue). Un droit d'entrée réclamé en sus expose la SCI à une action en restitution. Le pas-de-porte est une pratique propre aux baux commerciaux — voir notre guide SCI et bail d'habitation.

Que devient le pas-de-porte si le bail est résilié avant son terme ?

Il est en principe définitivement acquis au bailleur et n'est pas remboursable, sauf clause contraire. Fiscalement, une SCI à l'IS qui étalait le produit doit reprendre en résultat le solde du compte 487 à la date où le bail prend fin, la prestation continue justifiant l'étalement ayant cessé. Prévoyez ce cas dans la rédaction du bail : c'est une source classique de litige en fin de relation.

Sources officielles citées

  • BOI-RFPI-BASE-10-10, § 220 à 250 — pas-de-porte, droits d'entrée et exception de la dépréciation du fonds
  • BOI-BIC-PDSTK-10-30-20, § 10 à 30 — qualification et rattachement du droit d'entrée chez le bailleur relevant des BIC
  • BOI-IR-LIQ-20-30-20, § 110 et § 140 — pas-de-porte, revenu exceptionnel et système du quotient
  • BOI-TVA-BASE-10-10-10, § 10 et § 20 — droits d'entrée, pas-de-porte et dépôts de garantie au regard de la TVA
  • BOI-ENR-DMTOM-30, § 150, § 170, § 180 et § 340 — cession du droit à un bail d'immeuble
  • BOI-ENR-DMTOM-10-20-20 — tarif de l'article 719 du CGI et répartition entre droit budgétaire, taxe départementale et taxe communale
  • CGI : art. 29 ; art. 38, 2 bis ; art. 154 quinquies, II ; art. 163-0 A ; art. 219, I-b ; art. 234 nonies, 234 duodecies, 234 terdecies et 234 quaterdecies ; art. 260, 2° ; art. 261 D ; art. 719 ; art. 725 ; art. 1584 ; art. 1595
  • Code de commerce : art. L. 145-16, L. 145-16-1 et L. 145-16-2 (loi n° 2014-626 du 18 juin 2014)
  • Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, art. 4 (clauses réputées non écrites) et art. 22 — sommes exigibles à l'entrée dans les lieux en bail d'habitation
  • Conseil d'État : 7 février 1966 n° 64182 ; 24 février 1978 n° 97347 ; 10 octobre 1979 n° 15483 ; 28 septembre 1984 n° 38704 ; 29 septembre 1989 n° 68212 ; 11 mai 1994 n° 126303 ; 13 mars 2025 n° 481538 (chiffre d'affaires de groupe et taux réduit d'IS)
  • CAA Nancy, 13 mars 1997, n° 94NC01512 ; RM Dejoie n° 16768 (JO Sénat 27 septembre 1984)
FAQ

Questions fréquentes

Oui, par principe. Le BOFiP pose que « les pas-de-porte et droits d'entrée de toutes sortes sont considérés comme des recettes imposables dès lors qu'ils présentent le caractère de suppléments de loyers » (BOI-RFPI-BASE-10-10, § 220). Pour une SCI à l'IR, la somme entre dans les recettes brutes foncières de l'année d'encaissement ; pour une SCI à l'IS, elle constitue un produit d'exploitation. La non-imposition est l'exception, et c'est au bailleur de la démontrer.
Le pas-de-porte (ou droit d'entrée) est versé par le preneur AU BAILLEUR à la conclusion du bail : la SCI l'encaisse et doit le qualifier fiscalement. Le droit au bail est versé par le nouveau preneur À L'ANCIEN PRENEUR lors d'une cession de bail : la SCI n'y est pas partie et n'encaisse rien. Les deux sommes circulent entre des personnes différentes, relèvent de régimes différents et ne se comptabilisent pas au même endroit.
Non. L'administration n'est pas liée par la qualification que les parties donnent à une somme : elle en retient la nature réelle, appréciée au vu de l'économie du contrat. Une clause qui baptise « indemnité de dépréciation » un droit d'entrée assorti d'un loyer conforme au marché sera requalifiée en supplément de loyer, avec rappel d'impôt, intérêts de retard et, le cas échéant, majoration.
Le BOFiP pose que « le versement d'une indemnité destinée à dédommager le bailleur d'une dépréciation de son capital ne devrait pas être inclus dans les revenus fonciers de ce dernier, pour autant que cette dépréciation soit réelle » (BOI-RFPI-BASE-10-10, § 240), et subordonne la solution à deux conditions cumulatives : un loyer qui n'est pas anormalement bas, et un droit d'entrée qui a, en fait, pour objet d'indemniser la dépréciation du fonds. Il faut donc un loyer aligné sur la valeur locative — étude comparative écrite à l'appui — et une dépréciation réelle et documentée, pas une simple affirmation.
Non. Les revenus fonciers sont imposés à l'encaissement : un pas-de-porte qualifié de supplément de loyer est imposable en totalité au titre de l'année où il est perçu, même s'il rémunère un bail de neuf ans. L'étalement du produit sur la durée du bail est un mécanisme comptable et fiscal propre aux entreprises relevant des BIC et de l'IS. Le seul correctif en revenus fonciers est le système du quotient.
Oui. Le BOFiP cite expressément « l'indemnité de pas-de-porte perçue par un propriétaire » parmi les revenus exceptionnels éligibles au quotient de l'article 163-0 A du CGI : elle s'analyse comme un supplément de loyer perçu d'avance « mais elle n'en a pas moins le caractère d'un revenu exceptionnel » (BOI-IR-LIQ-20-30-20, § 110). Encore faut-il que son montant dépasse la moyenne des revenus nets des trois années précédentes, et le quotient reste sans effet sur les prélèvements sociaux.
Lorsque le droit d'entrée rémunère une prestation continue du bailleur, le produit est rattaché aux exercices au fur et à mesure de l'exécution, en application du 2 bis de l'article 38 du CGI : le BOFiP retient un étalement sur la durée initiale du bail (BOI-BIC-PDSTK-10-30-20, § 30). Comptablement, la fraction non acquise est neutralisée au compte 487 « Produits constatés d'avance ». Si le droit d'entrée rémunère une prestation ponctuelle, il est rattaché en une fois à l'exercice au cours duquel il est réputé acquis.
Si votre SCI a opté pour la TVA sur le loyer (article 260, 2° du CGI), oui. Le BOFiP est explicite : « toutes les sommes exigées des preneurs de bail doivent, quelle que soit leur dénomination (droits d'entrée, pas-de-porte, loyers d'avances, etc.), être incluses dans le chiffre d'affaires imposable à la TVA dès leur versement si le bailleur est redevable de la taxe » (BOI-TVA-BASE-10-10-10, § 10). Le droit d'entrée doit donc être facturé TTC et la TVA reversée sur la déclaration de la période d'encaissement.
Le droit d'entrée est un produit d'exploitation : il se crédite au compte 706 « Prestations de services » (ou 752 selon le plan de comptes retenu par la SCI), idéalement dans un sous-compte dédié pour le retrouver en révision. La TVA éventuelle se crédite au 44571. Si le produit doit être étalé, la fraction non acquise est virée au compte 487 « Produits constatés d'avance » à la clôture, puis reprise chaque exercice.
Le dépôt de garantie est une dette : il se crédite au compte 165 « Dépôts et cautionnements reçus », n'affecte pas le résultat et sera restitué. Le pas-de-porte est acquis définitivement au bailleur : c'est un produit, jamais une dette. Le BOFiP confirme d'ailleurs que les cautionnements ne sont soumis à la TVA que si et quand survient la cause contractuelle de leur conservation (BOI-TVA-BASE-10-10-10, § 20), alors que le droit d'entrée l'est dès son versement.
SCI à l'IR : le pas-de-porte qualifié de supplément de loyer s'ajoute aux recettes brutes de la déclaration 2072, et chaque associé le retrouve dans sa quote-part reportée sur sa 2044 puis sa 2042. SCI à l'IS : il figure dans les produits d'exploitation du compte de résultat (2033-B), et la fraction étalée apparaît au passif du bilan (2033-A) via le compte 487. Une somme encaissée et absente des deux est une omission de recette.
Le cessionnaire, c'est-à-dire le nouveau locataire : le BOFiP précise que « c'est le locataire (c'est-à-dire le bénéficiaire du transfert) qui doit supporter la charge de l'impôt » (BOI-ENR-DMTOM-30, § 340), sauf convention contraire entre les parties. Le droit est calculé selon le tarif de l'article 719 du CGI par renvoi de l'article 725, soit — taxes additionnelles départementale et communale comprises — 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 à 200 000 € et 5 % au-delà. La SCI bailleresse n'en est pas redevable.
Non : le prix du droit au bail est encaissé par le locataire sortant, pas par le bailleur. Une clause qui subordonnerait la cession au versement d'une somme à la SCI serait d'interprétation stricte et s'exposerait à l'article L. 145-16 du Code de commerce, qui frappe de nullité les conventions tendant à interdire au locataire de céder son bail à l'acquéreur de son fonds. En revanche, la SCI subit les conséquences de l'opération : changement de débiteur, garantie du cédant limitée à trois ans, obligation d'information en cas d'impayé.
Cela dépend de la qualification retenue. S'il s'agit d'un supplément de loyer — hypothèse d'un loyer anormalement bas —, la somme est une charge déductible, étalée sur la durée du bail via le compte 486 « Charges constatées d'avance ». S'il s'agit du prix d'un élément incorporel, elle s'inscrit à l'actif au compte 206 « Droit au bail » et n'est en principe pas amortissable, faute de dépérissement prévisible : ce point fait l'objet d'un contentieux nourri et mérite l'avis d'un conseil.
Non, et le texte est exprès : l'article 4 de la loi du 6 juillet 1989 répute non écrite toute clause qui impose au locataire le versement, lors de l'entrée dans les lieux, de sommes d'argent en plus de celles prévues aux articles 5 et 22 — c'est-à-dire les honoraires encadrés et le dépôt de garantie (un mois de loyer hors charges en location nue). Un « droit d'entrée » réclamé en sus est donc inopposable et expose la SCI à une action en restitution. Le pas-de-porte est une pratique propre aux baux commerciaux.
Le pas-de-porte est en principe définitivement acquis au bailleur : il n'est pas remboursable, sauf clause contraire du bail. Fiscalement, en revanche, une SCI à l'IS qui étalait le produit sur la durée du bail doit reprendre en résultat le solde du compte 487 à la date où le bail prend fin, puisque la prestation continue qui justifiait l'étalement a cessé. Anticipez ce point dans la rédaction du bail : c'est la source de désaccords classique en fin de relation.