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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

Modèle de lettre de démission de gérant de SCI (2026)

La lettre est la partie facile. Dix lignes, une signature, un recommandé : on quitte la gérance d'une société civile immobilière sans notaire, sans formulaire officiel et sans vote. Le reste l'est nettement moins. Le moment que vous choisissez, la forme de l'envoi, et surtout la chaîne que votre départ met en route : une assemblée à réunir, un successeur à nommer, des statuts parfois à reprendre, une annonce légale à publier, une déclaration à déposer à l'INPI dans le mois, une banque à prévenir le jour même. Et votre responsabilité personnelle, qui, elle, ne démissionne pas avec vous : elle court encore cinq ans.

Ce que vous trouverez ici. D'abord le principe : vous êtes libre de partir, avec une seule vraie limite, le départ à contretemps. Ensuite les cinq clauses de vos statuts à relire avant d'écrire une ligne, puis les trois choix qui sécurisent l'opération — destinataire, forme, date d'effet. Vient le modèle de lettre de démission de gérant de SCI, prêt à copier, avec trois variantes selon votre configuration et la liste des phrases à ne jamais y mettre. Puis un modèle de procès-verbal qui constate la démission et nomme le successeur. Enfin le calendrier des formalités, un budget chiffré au poste près (autour de 335 à 390 € en autonomie), et l'inventaire de ce que votre départ change — ou ne change absolument pas — pour vous.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, logiciel de comptabilité et de déclarations fiscales pour SCI. Contenu vérifié contre Légifrance, le Code de commerce et service-public.fr, mis à jour le 28/07/2026. La nomination et la révocation d'un gérant sont traitées dans notre guide changer de gérant en SCI ; ici, on se concentre sur le départ volontaire et les documents à produire.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app
Mis à jour le 28/07/2026

À retenir en 30 secondes

  • La démission ne se vote pas, elle se constate. C'est un acte unilatéral : les associés ne peuvent ni la refuser, ni l'accepter. L'assemblée qui suit prend acte du départ et nomme un successeur.
  • Lisez vos statuts avant d'écrire. Préavis, forme, destinataire, exercice en cours : la seule règle vraiment contraignante est celle que vous vous êtes donnée à la création de la SCI.
  • Démissionner à contretemps se paie. Le départ reste valable, mais s'il est brutal et cause un préjudice évitable à la société, il peut ouvrir droit à des dommages-intérêts. Un délai raisonnable est votre meilleure assurance.
  • LRAR ou remise contre décharge. Ce qui compte n'est pas la beauté de la lettre mais la date certaine : elle détermine le préavis, la date d'effet et la fin de vos pouvoirs.
  • Un mois pour la formalité. La publicité de la cessation de fonction du gérant est obligatoire (art. 1846-2 du Code civil) : procès-verbal, statuts modifiés le cas échéant, annonce légale, puis déclaration de modification au guichet unique de l'INPI dans le mois (art. R123-66 du Code de commerce).
  • Vous partez, votre responsabilité reste. Les fautes commises pendant le mandat restent poursuivables cinq ans (art. 2224 du Code civil). Et vos parts d'associé, elles, ne bougent pas d'un pouce.

Références légales mobilisées dans ce guide

Code civil : art. 1210 (prohibition des engagements perpétuels), 1836 (modification des statuts à l'unanimité sauf clause contraire), 1843-5 (action sociale en responsabilité, portée du quitus), 1846 (nomination du gérant ; vacance : tout associé peut réunir les associés ou faire désigner un mandataire sur requête), 1846-1 (dissolution judiciaire après plus d'un an sans gérant), 1846-2 (publication obligatoire de la nomination et de la cessation de fonction des gérants), 1848 et 1849 (pouvoirs du gérant), 1850 (responsabilité pour fautes de gestion), 1851 (révocation, juste motif, retrait de l'associé gérant révoqué au sens de l'art. 1869), 1855 (droit d'information de l'associé), 1856 (reddition annuelle des comptes), 1857 (obligation aux dettes, indéfinie et proportionnelle aux parts), 1869 (retrait), 2007 (renonciation au mandat), 2224 (prescription quinquennale)
Code de commerce : art. R123-66 (inscription modificative dans le mois), L123-9 (inopposabilité aux tiers des faits non publiés), L123-33 (guichet unique des formalités d'entreprises)
Code monétaire et financier : art. L561-2-2 et R561-1 (définition du bénéficiaire effectif), R561-55 (inscription modificative dans les trente jours)
Décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 : art. 22 et 24 (avis dans un support d'annonces légales, constitution et modifications), art. 40 (convocation des associés quinze jours au moins à l'avance par lettre recommandée), art. 48 (droit d'information de l'associé)
Formalité : déclaration modificative déposée sur le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), obligatoire depuis le 1er janvier 2023
Tarifs : arrêté du 19 novembre 2025 fixant le tarif 2026 des annonces judiciaires et légales (JO du 28 décembre 2025) ; barème des émoluments de greffe en vigueur
Loi n° 2019-744 du 19 juillet 2019 : faculté pour tout associé de réunir directement les associés en cas de vacance de la gérance (art. 1846, dernier alinéa)

Avertissement. Cet article est informatif et pédagogique : il ne remplace pas un conseil personnalisé. Les modèles proposés sont des trames générales, à adapter à vos statuts, qui priment toujours. Les montants cités (annonce légale, frais de formalité) sont indicatifs et varient selon le support de publication, le département et l'étendue de la formalité : vérifiez-les sur le barème en vigueur au jour de votre démarche. Si votre départ intervient dans un contexte de conflit entre associés, faites relire votre lettre par un avocat avant de l'envoyer. Textes à jour au 28/07/2026.


1. Le droit de démissionner : libre, mais pas à contretemps

Personne ne peut vous obliger à rester gérant. C'est le point de départ, et il est solide. La gérance d'une société civile est une fonction acceptée, jamais subie : elle repose sur une confiance réciproque entre les associés et celui qui les représente. Le jour où cette confiance se fissure — ou, plus souvent, le jour où vous n'avez tout simplement plus le temps, la santé ou l'envie —, vous y mettez fin. Aucun associé, aucune clause, aucun juge ne peut vous contraindre à exercer un mandat social contre votre volonté.

Un texte qu'on cite souvent à tort

On lit régulièrement, sur les forums et dans certains modèles en circulation, que la démission du gérant de SCI serait « prévue à l'article 1851 du Code civil ». C'est inexact. L'article 1851 traite de la révocation : il fixe la majorité requise (plus de la moitié des parts sociales, sauf clause contraire), prévoit des dommages-intérêts en cas de révocation sans juste motif, ouvre la révocation judiciaire pour cause légitime et, sauf clause contraire, ouvre à l'associé gérant révoqué un droit de retrait au sens de l'article 1869 du Code civil, à un prix fixé à défaut d'accord amiable selon l'article 1843-4. Rien sur la démission.

La vérité est plus simple, et plus exigeante : le Code civil n'organise pas la démission du gérant de société civile. Il n'y a ni préavis légal, ni forme imposée, ni formulaire. Le seul texte qui s'y intéresse frontalement est l'article 1846-2, et uniquement pour en tirer une conséquence de publicité : « La nomination et la cessation de fonction des gérants doivent être publiées. » Pour le reste, le régime applicable se reconstitue à partir de trois sources :

  • Les statuts, d'abord et avant tout. C'est là que se trouve, s'il existe, le préavis, la forme de la notification et le destinataire. En société civile, la liberté statutaire est très large : ce que vous avez écrit à la création s'impose à vous aujourd'hui. Relire ses statuts de SCI est donc la toute première étape.
  • Le droit du mandat, ensuite, par analogie. L'article 2007 du Code civil autorise le mandataire à renoncer à son mandat en notifiant sa renonciation au mandant, tout en précisant que si cette renonciation préjudicie au mandant, celui-ci doit être indemnisé — sauf impossibilité pour le mandataire de continuer sans subir lui-même un préjudice considérable. C'est le fondement classique de la responsabilité pour démission intempestive.
  • Le droit commun de la responsabilité, enfin : un départ organisé pour nuire, ou qui laisse sciemment la société dans une impasse, engage celui qui l'a provoqué.

Un mot sur ce que je constate au quotidien. Sur les dossiers qui passent par sci-ai.app, la démission elle-même ne pose presque jamais de difficulté : la lettre part, elle produit ses effets, personne ne la conteste. Ce qui coince, c'est le trimestre suivant. Le Kbis qui affiche encore l'ancien nom neuf mois plus tard. Le successeur qui n'a jamais reçu les codes de l'espace professionnel et qui découvre l'échéance déclarative de mai en avril. La caution bancaire dont personne n'avait pensé à demander la mainlevée. Écrire la lettre prend un quart d'heure ; réparer l'oubli d'une formalité prend des mois.

La règle pratique à retenir

Votre démission est toujours valable, même si elle est prématurée, même si elle contrarie les autres associés, même si elle viole un préavis statutaire. Ce qui est en jeu n'est jamais la validité du départ, mais l'éventuelle indemnisation du préjudice qu'il cause. Autrement dit : vous ne risquez pas de rester gérant contre votre gré, vous risquez de payer.

Qu'est-ce qu'une démission « à contretemps » ?

La notion n'a rien d'abstrait. Elle vise le départ qui, par son moment ou sa brutalité, cause à la société un dommage qu'un minimum de prévenance aurait évité. Quatre situations reviennent :

  • Démissionner du jour au lendemain trois jours avant la signature d'un acte de vente ou d'un compromis, alors que vous êtes le seul signataire habilité.
  • Partir au milieu d'un chantier financé par un prêt à déblocages successifs, sans avoir transmis les codes, les marchés et l'échéancier.
  • Quitter la gérance la veille de l'échéance déclarative alors que la déclaration de résultat n'est pas préparée, exposant la SCI à des pénalités de retard.
  • Démissionner sans prévenir personne et sans laisser aux associés le temps matériel de se réunir, alors que vous êtes gérant unique et que le compte bancaire n'a aucun autre mandataire.

À l'inverse : une démission annoncée deux ou trois mois à l'avance, avec les dossiers remis en ordre et une date d'assemblée proposée noir sur blanc, est très difficilement critiquable — y compris dans un contexte de mésentente entre associés. Souvenez-vous du mécanisme : pour vous faire condamner, il faut démontrer une faute, un préjudice et le lien entre les deux. Un préavis raisonnable fait tomber la faute, et tout l'édifice avec.

Démission, révocation, non-renouvellement : ne pas confondre

Critère Démission Révocation Non-renouvellement
Qui décideLe gérant seulLes associés (ou le juge)Personne : le terme arrive
Vote nécessaireNonOui, majorité de l'art. 1851 sauf statutsNon
Motivation exigéeNonJuste motif, sinon dommages-intérêtsSans objet
Écrit à produireLettre de démissionPV d'assemblée motivéPV constatant l'expiration
Retrait possible de la sociétéNon de plein droitOui pour l'associé gérant révoqué (art. 1851)Non
Risque financierDommages-intérêts si départ à contretempsDommages-intérêts si absence de juste motifAucun

Cette distinction a une conséquence patrimoniale qu'on sous-estime souvent : la démission n'ouvre aucun droit de retrait de plein droit, alors que l'associé gérant révoqué peut, lui, se retirer de la société dans les conditions de l'article 1869, sauf clause contraire (art. 1851, dernier alinéa). Le démissionnaire n'est pas pour autant prisonnier : comme tout associé, il conserve la voie de l'article 1869 du Code civil, c'est-à-dire le retrait « dans les conditions prévues par les statuts ou, à défaut, après autorisation donnée par une décision unanime des autres associés », le retrait pouvant en outre être autorisé pour justes motifs par une décision de justice. Simplement, ce retrait-là se négocie ou se plaide, il ne se déclenche pas tout seul. Posez-vous donc la question avant d'écrire : si votre objectif réel est de sortir de la SCI et pas seulement d'arrêter de la gérer, la lettre de démission ne suffira pas — il faudra céder vos parts ou emprunter la voie du retrait organisé par les statuts.


2. Avant d'écrire : les cinq clauses à relire dans vos statuts

La loi se tait, donc ce sont vos statuts qui écrivent la règle. Prenez vingt minutes et ouvrez le document — attention, la bonne version : celle déposée à la création plus toutes les modifications intervenues depuis, y compris celle de 2021 que personne ne retrouve jamais. Cherchez les cinq points ci-dessous. À eux seuls, ils dictent la rédaction de votre lettre.

Clause 1 — Le préavis

C'est la clause la plus fréquente, et de loin la plus lourde de conséquences. Les statuts types recopiés depuis vingt ans reprennent presque tous une formule du même genre : « Le gérant peut démissionner de ses fonctions en prévenant les associés au moins trois mois à l'avance ». Parfois six mois. Parfois « à la clôture de l'exercice en cours ». Ce préavis vous est opposable : vous l'avez signé. Le violer n'annule pas votre départ, mais il transforme le débat sur le contretemps en formalité pour la partie adverse.

Concrètement : statuts signés en 2019, article 14, préavis de trois mois. Vous postez votre lettre le 12 mars 2026, elle est présentée le 14. Le point de départ du délai dépend de la rédaction de la clause : si elle raisonne en notification, la jurisprudence retient pour celui qui notifie la date d'expédition (Cass. ch. mixte, 16 décembre 2005, n° 04-10.986), soit une date d'effet possible dès le 12 juin 2026 ; si elle exige que les associés aient été prévenus, mieux vaut compter à partir de la présentation, soit le 14 juin. Les deux lectures sont défendables : en cas de doute, retenez la date la plus tardive, elle ne vous coûte que deux jours. Et si vous inscrivez le 1er avril, votre démission reste parfaitement valable au 1er avril — mais vous offrez à un associé mécontent un argument tout prêt.

Deux nuances qui servent souvent. Un préavis statutaire peut être levé d'un commun accord : si tous les associés acceptent une date rapprochée, faites-le écrire dans le procès-verbal, une ligne suffit. Et un préavis n'est pas une prison : maladie, expatriation, conflit d'intérêts devenu ingérable justifient un départ anticipé. Simplement, documentez la circonstance au lieu de la raconter après coup.

Clause 2 — La forme de la notification

Certains statuts imposent une forme : recommandé avec accusé de réception, acte de commissaire de justice (l'ancien huissier), notification individuelle à chaque associé. Si la clause existe, respectez-la au mot près. C'est le terrain de contestation le plus facile qui soit : il suffit à un associé de mauvaise foi de soutenir qu'il n'a jamais été régulièrement notifié pour prolonger artificiellement vos obligations de quelques mois — et vos responsabilités avec.

Clause 3 — Le destinataire

À qui adresse-t-on la lettre ? Les statuts désignent parfois expressément la société elle-même, ou le co-gérant, ou « les associés ». En l'absence de clause, la logique institutionnelle commande de s'adresser aux associés, puisque ce sont eux qui détiennent le pouvoir de nomination (art. 1846 du Code civil) et qui devront pourvoir au remplacement. Nous verrons plus loin la solution la plus sûre : écrire aux deux.

Clause 4 — Le mode de désignation du gérant

Cette clause ne concerne pas directement la démission, mais elle conditionne la suite. Êtes-vous gérant statutaire (nommé nommément dans le corps des statuts) ou gérant nommé par acte séparé (par un procès-verbal d'assemblée) ?

Situation Conséquence de la démission Formalités déclenchées
Gérant nommé par acte séparéLe départ ne touche pas les statutsPV d'assemblée, annonce légale, déclaration INPI
Gérant désigné dans les statutsLes statuts deviennent inexacts : il faut les modifierPV, statuts mis à jour, annonce légale, dépôt d'acte à l'INPI
Clause statutaire « nommé pour la durée de la société »Aucun terme n'arrive : seule la démission ou la révocation met fin aux fonctionsIdem selon le mode de désignation

Si vous êtes gérant statutaire, la démission entraîne mécaniquement une modification des statuts, avec la majorité que ceux-ci prévoient pour ce type de décision. À défaut de clause contraire, l'article 1836 du Code civil impose l'accord unanime des associés pour modifier les statuts : c'est la règle supplétive, et elle est exigeante. C'est le point de friction le plus fréquent : la démission, elle, est acquise ; la mise à jour des statuts, elle, peut se heurter à un blocage entre associés.

Clause 5 — La rémunération et les comptes courants

Regardez enfin ce que prévoient les statuts, ou une décision d'assemblée, sur votre rémunération de gérant et sur votre compte courant d'associé. La rémunération s'arrête à la date d'effet, au prorata : si vous percevez 3 600 € par an et que vous partez le 30 juin, vous avez droit à 1 800 €, pas un euro de plus. Le compte courant, lui, obéit à une logique différente : votre démission ne vaut ni renonciation, ni remboursement automatique. Le solde — souvent 20 000, 40 000, parfois 100 000 € dans une SCI qui a financé des travaux — reste une créance sur la société, remboursable selon la convention en place et la trésorerie disponible. Autrement dit, vous partez, votre argent reste. Beaucoup de gérants sortants le découvrent une fois la lettre envoyée, c'est-à-dire trop tard pour négocier.

Retrouvez vos statuts et vos actes en trois clics

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3. Destinataire, forme, date d'effet : les trois choix qui sécurisent tout

Une lettre de démission ne se juge pas à son style. Le jour où quelqu'un la conteste, trois éléments seulement seront examinés : qui l'a reçue, quand, et à partir de quand vous n'êtes plus gérant. Le reste est de la mise en forme.

À qui adresser la lettre

En l'absence de clause statutaire, la doctrine majoritaire retient que la démission doit être portée à la connaissance de ceux qui ont le pouvoir de nommer, c'est-à-dire les associés. Mais la société, en tant que personne morale, est également concernée : c'est elle qui subit la vacance et qui devra accomplir les formalités.

La solution la plus sûre : la double notification

  • Un exemplaire à la SCI, à l'adresse de son siège social, à l'attention du co-gérant s'il en existe un, ou « à l'attention des associés ».
  • Un exemplaire à chaque associé, à son adresse personnelle, en recommandé lui aussi. Dans une SCI familiale à trois associés, cela fait quatre envois, soit une trentaine d'euros. Mettez ce chiffre en face d'une contestation de date : la question est réglée.
  • Une copie par courriel le même jour, à titre de courtoisie et de preuve complémentaire — jamais en remplacement du recommandé.

Cas de figure très courant dans les SCI familiales : vous êtes gérant unique et le siège est domicilié à votre domicile. S'envoyer un recommandé à soi-même n'a aucun sens, et fait plutôt mauvais effet. Écrivez alors à chacun des associés, individuellement, et gardez les avis de réception : c'est la notification aux associés qui déclenche les effets de la démission.

Sous quelle forme

Forme Valeur probatoire Recommandation
LRAR (recommandé avec AR)Excellente : date d'envoi et date de réceptionLe standard. À privilégier dans tous les cas.
Remise en main propre contre déchargeExcellente si la décharge est datée et signéeParfait en SCI familiale, si tout le monde est présent.
Acte de commissaire de justiceIncontestableRéservez-le aux situations de conflit ouvert.
Recommandé électronique qualifiéBonne, si le service est conformeAcceptable, sauf clause statutaire imposant le papier.
Simple courrielFragile : réception contestableEn complément seulement, jamais seul.
Démission verbale en assembléeTrès fragile hors PV signéÀ confirmer impérativement par écrit le jour même.

Une démission annoncée de vive voix en assemblée est valable, dès lors qu'elle figure dans un procès-verbal signé. Mais elle laisse toujours planer un doute : sur la date exacte, et sur le caractère ferme et non équivoque de la volonté exprimée. « Il a dit qu'il en avait assez » n'est pas une démission. La règle tient en six mots : on annonce oralement, on confirme par écrit.

Quelle date d'effet choisir

C'est le choix le plus stratégique de toute l'opération, et celui qu'on bâcle le plus souvent. Trois options, trois profils de risque :

  • Effet immédiat à réception. Défendable quand un préavis statutaire n'existe pas, qu'un co-gérant reste en fonction et que la continuité est assurée. Dangereux si vous êtes gérant unique.
  • Effet à une date fixe. La bonne réponse dans neuf cas sur dix : « ma démission prendra effet le 30 septembre 2026 ». Les associés ont le temps de se réunir, le préavis est respecté, le reproche de contretemps s'effondre. Calez si possible cette date sur une clôture d'exercice ou sur l'assemblée d'approbation des comptes : vous partez sur un bilan arrêté, ce qui rend votre reddition de comptes limpide.
  • Effet à la nomination du successeur. Très élégante en apparence — « ma démission prendra effet à la date de nomination d'un nouveau gérant » — mais à manier avec précaution : si les associés ne se réunissent jamais, vous restez gérant indéfiniment. Si vous retenez cette formule, bornez-la impérativement : « et au plus tard le [date] ».

Le piège de la démission conditionnelle

Ne subordonnez jamais votre démission à une contrepartie : « je démissionne à condition que mon compte courant soit remboursé », « sous réserve que ma caution soit levée ». Une démission conditionnelle n'est pas une démission : c'est une offre de négociation, que les associés peuvent ignorer et dont ils pourront ensuite contester la portée. Négociez avant, formalisez l'accord dans un écrit distinct, puis démissionnez de façon pure et simple.


4. Le modèle de lettre de démission de gérant de SCI (et ses variantes)

Voici la trame complète. Elle tient sur une page, elle contient tout ce qui est utile et rien de superflu. Vous n'avez qu'à remplacer ce qui est entre crochets — et à relire une dernière fois la date d'effet, qui est le seul endroit où l'on se trompe vraiment.

Modèle — Lettre de démission de gérant de SCI

[Prénom NOM du gérant démissionnaire]

[Adresse personnelle complète]

[Code postal — Ville]

[Téléphone] — [Adresse électronique]

À l'attention des associés de la

SCI [Dénomination sociale]

Société civile immobilière au capital de [montant] €

Siège social : [adresse complète du siège]

SIREN [n° SIREN] — RCS [ville d'immatriculation]

Lettre recommandée avec accusé de réception n° [n° de suivi]

(ou : remise en main propre contre décharge)

Fait à [Ville], le [JJ/MM/AAAA]

Objet : démission de mes fonctions de gérant de la SCI [Dénomination]

Madame, Monsieur, Chers associés,

Je soussigné(e) [Prénom NOM], né(e) le [JJ/MM/AAAA] à [lieu de naissance], demeurant [adresse complète], agissant en qualité de gérant de la société civile immobilière [Dénomination], société civile immobilière au capital de [montant] €, dont le siège social est situé [adresse], immatriculée au registre du commerce et des sociétés de [ville] sous le numéro [SIREN],

fonctions auxquelles j'ai été nommé(e) par [selon le cas : les statuts constitutifs de la société en date du JJ/MM/AAAA / une décision de l'assemblée générale des associés en date du JJ/MM/AAAA, dont le procès-verbal est annexé],

vous informe de ma décision de démissionner de mes fonctions de gérant de la société.

Cette démission prendra effet le [JJ/MM/AAAA], conformément au délai de prévenance de [durée] prévu par l'article [n°] des statuts. [Variante sans clause statutaire : Cette démission prendra effet le JJ/MM/AAAA, délai que j'ai souhaité suffisant pour vous permettre de pourvoir à mon remplacement dans de bonnes conditions.]

Je vous invite en conséquence à réunir une assemblée générale avant cette date, afin de prendre acte de ma démission et de procéder à la nomination d'un nouveau gérant, conformément à l'article 1846 du Code civil et à l'article [n°] des statuts.

Jusqu'à la date d'effet ci-dessus, je continuerai d'exercer normalement mes fonctions et d'assurer la gestion courante de la société. Je me tiens à votre disposition pour vous remettre l'ensemble des documents, registres, moyens de paiement et accès en ma possession, et pour accompagner mon successeur dans la transmission des dossiers en cours.

Je vous remercie de bien vouloir procéder, dans le délai d'un mois suivant la prise d'effet (article R123-66 du Code de commerce), aux formalités de publicité et à la déclaration de modification auprès du guichet unique des formalités des entreprises, afin que la cessation de mes fonctions soit régulièrement publiée, conformément à l'article 1846-2 du Code civil, et opposable aux tiers.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, Chers associés, l'expression de mes salutations distinguées.

[Prénom NOM]

(signature manuscrite)

Pièces jointes éventuelles : copie de la pièce d'identité ; état des comptes bancaires de la société à la date de la lettre ; liste des documents et accès remis.

Les six mentions qui doivent impérativement y figurer

Mention Pourquoi elle compte
Votre identité complèteNom, date et lieu de naissance, adresse : ce sont les données reprises telles quelles dans la déclaration au guichet unique.
L'identification de la SCIDénomination, capital, siège, SIREN. Une démission adressée à une société mal identifiée se conteste.
Le rappel de votre nominationStatuts ou acte séparé, avec la date. C'est ce qui détermine s'il faudra modifier les statuts.
La volonté claire et non équivoque« Je démissionne » ou « je vous informe de ma décision de démissionner ». Pas « j'envisage », pas « je souhaiterais ».
La date d'effetElle fixe la fin de vos pouvoirs, le prorata de rémunération et le point de départ du délai de formalité.
La demande de réunion de l'assembléeElle prouve que vous avez organisé votre départ : c'est votre meilleure protection contre le grief de contretemps.

Ce qu'il ne faut surtout PAS écrire

Cinq phrases à bannir de votre lettre

  • « Compte tenu de votre gestion déloyale et de vos manœuvres… » — Les reproches n'ajoutent aucun droit. Ils créent en revanche une pièce écrite, versée un jour à un dossier, et transforment une sortie propre en début de contentieux.
  • « Je démissionne sous réserve du remboursement de mon compte courant. » — Condition suspensive : votre démission devient incertaine dans sa date comme dans son existence.
  • « Je décline toute responsabilité pour les actes accomplis pendant mon mandat. » — Une déclaration unilatérale n'efface aucune responsabilité (art. 1850 du Code civil). Elle attire l'attention sur ce qu'elle prétend écarter.
  • « Je démissionne également de ma qualité d'associé. » — Cela n'existe pas. On ne démissionne pas d'un droit de propriété : les parts se cèdent, se rachètent ou font l'objet d'un retrait statutaire.
  • « Je cesse mes fonctions avec effet immédiat, à compter de ce jour. » (sans successeur, en gérance unique) — C'est la définition même du départ à contretemps.

Variante 1 — Co-gérance : la démission de l'un des gérants

Variante — Paragraphe à substituer

« … vous informe de ma décision de démissionner de mes fonctions de co-gérant de la société, avec effet au [JJ/MM/AAAA].

La société demeurant représentée par [Prénom NOM], co-gérant en fonction, la continuité de la gestion est assurée sans interruption. Je vous invite néanmoins à faire constater ma démission par une décision collective et à procéder aux formalités de publicité correspondantes, la cessation de mes fonctions devant être publiée pour être opposable aux tiers. »

En co-gérance, le départ de l'un n'ouvre aucune vacance. La SCI garde un représentant légal, la banque ne bloque rien, les baux restent signables, la déclaration de mai sera déposée. C'est de très loin le scénario le plus confortable. Et une raison sérieuse, quand la configuration familiale le permet, de prévoir deux gérants dès la rédaction des statuts : ça ne coûte rien à la création et ça épargne un trimestre de blocage dix ans plus tard.

Variante 2 — Gérant unique, avec successeur déjà pressenti

Variante — Paragraphe à substituer

« … vous informe de ma décision de démissionner de mes fonctions de gérant de la société.

Afin d'assurer la continuité de la gestion et d'éviter toute vacance de la gérance, ma démission prendra effet à la date de nomination d'un nouveau gérant par l'assemblée générale des associés, et au plus tard le [JJ/MM/AAAA]. Je vous propose de réunir cette assemblée le [date] et j'y présenterai un état complet de la situation comptable, bancaire et locative de la société. »

Ne sautez pas la borne temporelle (« et au plus tard le… »). Sans elle, une démission suspendue à la nomination du successeur peut vous laisser gérant six mois, un an, le temps que les associés se décident. Pendant tout ce temps, vous signez, vous engagez la société, et votre responsabilité continue de courir. J'ai vu cette clause bien intentionnée maintenir quelqu'un en fonction dix-huit mois après qu'il avait cru partir.

Variante 3 — Départ pour raison de santé ou d'éloignement

Variante — Paragraphe à substituer

« … vous informe de ma décision de démissionner de mes fonctions de gérant, avec effet au [JJ/MM/AAAA].

Cette décision est motivée par [des raisons de santé / mon installation durable à l'étranger / une évolution professionnelle] qui ne me permettent plus d'exercer la gérance dans les conditions de disponibilité et de diligence qu'elle requiert. Bien que la démission n'ait pas à être motivée, j'ai souhaité vous en exposer la raison afin que vous puissiez organiser sereinement la succession. »

Donner un motif neutre et vérifiable n'est jamais obligatoire. C'est parfois habile : le soupçon de départ hostile tombe, et si le préavis statutaire n'a pas pu être tenu, la circonstance légitime est documentée dès le premier écrit. Une seule ligne rouge : un fait, jamais un grief.


5. L'assemblée qui prend acte : modèle de procès-verbal

La lettre est partie : la balle passe aux associés. Un point de vocabulaire, qui n'a rien d'un détail — l'assemblée n'« accepte » pas votre démission, elle en prend acte. Votre départ est acquis par la seule notification. Ce que l'assemblée décide, c'est ce qui vient après : le successeur, les statuts s'il faut les reprendre, et le mandat donné à quelqu'un pour courir après les formalités.

Qui convoque, et selon quelles règles

Tant que votre démission n'a pas pris effet, c'est vous qui convoquez : vous êtes encore gérant. Profitez-en, c'est votre dernier levier sur le calendrier. Convoquez l'assemblée vous-même, rédigez l'ordre du jour, respectez les formes et les délais des statuts. À défaut de clause statutaire, l'article 40 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 impose une convocation par lettre recommandée adressée quinze jours au moins avant la réunion, avec un ordre du jour rédigé de telle sorte que la portée des questions apparaisse clairement ; la Cour de cassation a jugé que le point de départ de ce délai est la date d'expédition de la lettre recommandée (ch. mixte, 16 décembre 2005). Notre guide sur l'assemblée générale de SCI détaille la convocation, le quorum et la tenue des débats.

Si votre démission a déjà pris effet et qu'aucun gérant n'est en place, la vacance est ouverte. Le dernier alinéa de l'article 1846 du Code civil offre alors deux voies : tout associé peut réunir lui-même les associés à seule fin de nommer un ou plusieurs gérants — faculté ouverte directement, sans juge, depuis la loi n° 2019-744 du 19 juillet 2019 —, ou, s'il n'y parvient pas, demander au président du tribunal statuant sur requête la désignation d'un mandataire chargé de le faire. La première voie ne coûte rien et prend quinze jours. La seconde ajoute des honoraires d'avocat et plusieurs semaines à un dossier qu'une convocation envoyée un mois plus tôt aurait réglé pour le prix de trois recommandés.

Quelle majorité pour nommer le successeur

Sauf clause contraire des statuts, le gérant est nommé par une décision des associés représentant plus de la moitié des parts sociales (art. 1846 du Code civil). Les statuts peuvent durcir cette exigence — deux tiers, trois quarts, unanimité — ou, à l'inverse, l'assouplir. Si le gérant démissionnaire était statutaire, la nomination du successeur suppose en outre une modification des statuts, souvent votée à l'unanimité à défaut de clause d'aménagement. Voyez le détail des majorités dans notre guide changer de gérant en SCI.

Modèle — Procès-verbal d'assemblée constatant la démission et nommant le nouveau gérant

SCI [Dénomination sociale]

Société civile immobilière au capital de [montant] €

Siège social : [adresse complète]

SIREN [n° SIREN] — RCS [ville]

PROCÈS-VERBAL DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES ASSOCIÉS

du [JJ/MM/AAAA]

L'an deux mille vingt-six, le [jour] [mois], à [heure], les associés de la SCI [Dénomination] se sont réunis en assemblée générale au siège social [ou : à l'adresse suivante], sur convocation de la gérance adressée le [date] par lettre recommandée, conformément à l'article [n°] des statuts.

Sont présents ou représentés :

[Prénom NOM], associé[X] parts
[Prénom NOM], associé[Y] parts
[Prénom NOM], associé[Z] parts
Total[X+Y+Z] parts sur [N] parts composant le capital

L'assemblée peut valablement délibérer conformément à l'article [n°] des statuts.

Ordre du jour :

1. Constatation de la démission de [Prénom NOM] de ses fonctions de gérant ;

2. Nomination d'un nouveau gérant ;

3. [Le cas échéant] Modification corrélative de l'article [n°] des statuts ;

4. Pouvoirs en vue des formalités de publicité.

PREMIÈRE RÉSOLUTION — Constatation de la démission

L'assemblée générale, après avoir pris connaissance de la lettre de démission de [Prénom NOM] reçue le [JJ/MM/AAAA], prend acte de la démission de [Prénom NOM] de ses fonctions de gérant de la société, avec effet au [JJ/MM/AAAA].

L'assemblée [donne quitus au gérant démissionnaire pour sa gestion jusqu'à cette date / réserve expressément la question du quitus, qui sera examinée lors de l'assemblée d'approbation des comptes de l'exercice en cours].

Cette résolution est adoptée à [l'unanimité / la majorité de X parts contre Y].

DEUXIÈME RÉSOLUTION — Nomination d'un nouveau gérant

L'assemblée générale nomme en qualité de gérant, à compter du [JJ/MM/AAAA] et pour une durée [indéterminée / de X années] :

[Prénom NOM], né(e) le [JJ/MM/AAAA] à [lieu], de nationalité [nationalité], demeurant [adresse complète].

[Prénom NOM] déclare accepter ces fonctions et n'être frappé(e) d'aucune interdiction ni incompatibilité de nature à l'empêcher de les exercer. Sa rémunération est fixée à [montant / néant].

Cette résolution est adoptée à [l'unanimité / la majorité de X parts contre Y].

TROISIÈME RÉSOLUTION — Modification des statuts (le cas échéant)

En conséquence de ce qui précède, l'assemblée décide de modifier l'article [n°] des statuts, dont la rédaction devient :

« La société est gérée par [Prénom NOM], demeurant [adresse], nommé(e) pour une durée [indéterminée / de X années]. »

Le reste de l'article et les autres dispositions statutaires demeurent inchangés.

Cette résolution est adoptée à [l'unanimité / la majorité requise par l'article [n°] des statuts].

QUATRIÈME RÉSOLUTION — Pouvoirs

L'assemblée donne tous pouvoirs au porteur d'un original, d'une copie ou d'un extrait du présent procès-verbal à l'effet d'accomplir toutes formalités de publicité, de dépôt et de déclaration, notamment la publication d'un avis dans un support habilité à recevoir les annonces légales et le dépôt de la déclaration de modification auprès du guichet unique des formalités des entreprises.

Cette résolution est adoptée à l'unanimité.

L'ordre du jour étant épuisé et personne ne demandant plus la parole, la séance est levée à [heure].

De tout ce que dessus, il a été dressé le présent procès-verbal, signé par les associés présents.

Signatures :

[Prénom NOM] — [Prénom NOM] — [Prénom NOM]

Le procès-verbal se conserve dans le registre des décisions de la société, avec la lettre de démission et l'accusé de réception en annexe. Ce trio — lettre, accusé, procès-verbal — constitue le dossier que vous devrez pouvoir produire dans dix ans si quelqu'un conteste la date de votre départ.

Sur le quitus : ne surestimez pas sa portée

Faire voter un quitus est utile — il vaut approbation de votre gestion et constitue une pièce favorable. Mais il ne vous immunise pas : aux termes de l'article 1843-5 du Code civil, aucune décision de l'assemblée des associés ne peut avoir pour effet d'éteindre une action en responsabilité contre le gérant pour la faute commise dans l'accomplissement de son mandat. Le quitus a une valeur morale et probatoire, pas un effet libératoire. Voir aussi notre guide sur l'approbation des comptes en SCI.


6. Les formalités obligatoires : calendrier, coûts, qui fait quoi

C'est ici que les démissions se transforment en dossiers pénibles. La lettre et le procès-verbal ne suffisent pas. L'article 1846-2 du Code civil est explicite : « La nomination et la cessation de fonction des gérants doivent être publiées. » Et tant que la cessation de vos fonctions ne l'a pas été, elle reste inopposable aux tiers de bonne foi (art. L123-9 du Code de commerce). Traduction : l'extrait Kbis continue d'afficher votre nom comme représentant légal, la banque continue de vous appeler, et un créancier peut soutenir en toute bonne foi qu'il ignorait votre départ. Vous êtes parti sur le papier interne, pas dans le monde réel.

Le même article 1846-2 protège aussi la sécurité des tiers dans l'autre sens : ni la société ni les tiers ne peuvent, pour se soustraire à leurs engagements, se prévaloir d'une irrégularité dans la nomination des gérants ou dans la cessation de leurs fonctions dès lors que ces décisions ont été régulièrement publiées. La publicité n'est donc pas une case administrative à cocher pour faire plaisir au greffe : c'est elle qui rend votre départ opposable, et c'est elle qui sécurise chaque acte signé ensuite par votre successeur.

Le chemin complet, dans l'ordre

Étape Qui Délai Obligatoire ?
1. Lettre de démission notifiéeLe gérant sortantSelon préavis statutaireOui (l'écrit fait la preuve)
2. Convocation de l'assembléeLe gérant en fonctionFormes et délais des statutsOui
3. PV constatant la démission + nominationLes associésAvant la date d'effet, idéalementOui
4. Statuts mis à jourLe nouveau gérantDans la foulée du PVSi le gérant était statutaire
5. Annonce légaleLe nouveau gérantAvant le dépôt de la formalitéOui (art. 1846-2 C. civ. ; art. 22 et 24 décret 78-704)
6. Déclaration au guichet unique INPILe nouveau gérant1 mois (art. R123-66 C. com.)Oui
7. Mise à jour du registre des bénéficiaires effectifsLe nouveau gérant30 jours (art. R561-55 CMF)Si la déclaration devient inexacte
8. Information de la banqueAncien et nouveau gérantImmédiatIndispensable en pratique
9. Information de l'assureurLe nouveau gérantSans délaiContractuellement exigée
10. Information des locatairesLe nouveau gérantProchaine quittanceRecommandée

L'annonce légale

Tout changement de dirigeant d'une société civile passe par un avis publié dans un support habilité à recevoir les annonces judiciaires et légales du département du siège. C'est l'article 1846-2 du Code civil qui l'impose ; les articles 22 et 24 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 en fixent les modalités. La règle est logique : une mention publiée à la constitution se modifie dans les mêmes conditions, l'ancienne mention étant reproduite à côté de la nouvelle. Que met-on dans l'avis ? Dénomination, forme, capital, siège, SIREN, l'organe qui a décidé, le nom du gérant sortant, celui du gérant entrant, la date d'effet. Le support vous renvoie ensuite une attestation de parution, que vous joindrez au dossier déposé sur le guichet unique.

Côté budget, le tarif 2026 est forfaitaire : l'arrêté du 19 novembre 2025 (JO du 28 décembre 2025) fixe l'avis de nomination ou de cessation de fonction d'un dirigeant à 109 € HT en métropole et aux Antilles-Guyane, et 126 € HT à La Réunion et à Mayotte. Attention : si vous regroupez plusieurs modifications dans le même avis, la tarification bascule au caractère (0,189 € HT le caractère dans les départements de l'annexe I de l'arrêté) et la facture peut dépasser le forfait. Notre guide sur l'annonce légale de SCI détaille la rédaction de l'avis et les tarifs applicables.

La déclaration au guichet unique de l'INPI

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités des entreprises passent par le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr), y compris pour les sociétés civiles. Vous déposez une « formalité de modification », rubrique dirigeants, en joignant :

  • le procès-verbal d'assemblée constatant la démission et nommant le successeur ;
  • les statuts mis à jour, certifiés conformes par le nouveau gérant, si le gérant démissionnaire y était désigné ;
  • l'attestation de parution de l'annonce légale ;
  • une copie de la pièce d'identité du nouveau gérant et sa déclaration de non-condamnation et de filiation ;
  • le cas échéant, la lettre de démission elle-même, que certains greffes demandent en pièce justificative.

Le délai court sur un mois à compter de l'événement qui rend la modification nécessaire (art. R123-66 du Code de commerce). Le dépasser ne déclenche pas de sanction automatique en pratique. Cela laisse simplement une publicité fausse en ligne — et le premier à en payer le prix, ce n'est pas la société, c'est le démissionnaire dont le nom reste affiché.

Le registre des bénéficiaires effectifs

Le bénéficiaire effectif est la personne physique qui détient, directement ou indirectement, plus de 25 % du capital ou des droits de vote, ou qui exerce un pouvoir de contrôle sur les organes de gestion (art. L561-2-2 et R561-1 du Code monétaire et financier). À défaut d'une telle personne, le représentant légal est déclaré comme bénéficiaire effectif.

Dans une SCI familiale classique où chaque associé détient plus de 25 %, un changement de gérant ne modifie généralement pas la déclaration. Mais si vous figuriez au registre en qualité de représentant légal, ou au titre du contrôle exercé sur la gestion, la déclaration devient inexacte et doit être rectifiée. L'article R561-55 du Code monétaire et financier impose de demander l'inscription modificative dans les trente jours suivant tout fait ou acte rendant nécessaire la rectification ou le complément des informations déclarées. Voyez notre guide sur les bénéficiaires effectifs d'une SCI pour le détail de la déclaration.

Cas chiffré — Budget d'une démission de gérant statutaire

Prenons un cas réaliste. SCI familiale « Les Tilleuls », capital 1 000 €, siège en métropole, deux immeubles de rapport et trois associés. Le père, 71 ans, gérant désigné nommément dans les statuts depuis 2008, veut passer la main. Il écrit le 10 avril 2026 pour un effet au 30 juin ; l'assemblée du 12 juin prend acte et nomme sa fille gérante à compter du 1er juillet. Personne ne délègue : ils font tout eux-mêmes. Voici la facture réelle.

Poste Montant indicatif Commentaire
Lettres recommandées (4 envois)≈ 30 €Société + trois associés : 6,11 € la LR de niveau R1 jusqu'à 20 g + 1,45 € l'avis de réception (tarifs La Poste 2026)
Annonce légale (cessation / nomination de dirigeant)109 € HT, soit ≈ 131 € TTCForfait métropole et Antilles-Guyane, arrêté du 19/11/2025 (126 € HT à La Réunion et Mayotte)
Formalité de modification (guichet unique / greffe)≈ 174 à 186 € TTCDont 116 € d'insertion au BODACC, non optionnels pour une société civile ; 185,77 € avec dépôt de l'acte modificatif
Enregistrement du PV au service des impôts0 €Non exigé pour un simple changement de gérant sans apport ni cession
Mise à jour des bénéficiaires effectifs (si due)≈ 37 à 41 € TTCTarif légèrement réduit en cas de dépôt simultané à la formalité de modification ; il n'y a pas de gratuité (37,14 € TTC au barème 2026, contre 42,90 € en 2025)
Honoraires d'un prestataire (facultatif)150 à 300 € HTUniquement si vous déléguez la rédaction et le dépôt
Total en autonomie≈ 335 à 390 €30 € de recommandés + 131 € d'annonce légale + 174 à 186 € de formalité ; jusqu'à ≈ 390 € si une déclaration modificative de bénéficiaires effectifs est due

Montants indicatifs au 28/07/2026. Le tarif des annonces légales est fixé chaque année par arrêté — pour 2026, l'arrêté du 19 novembre 2025, publié au Journal officiel du 28 décembre 2025 — et varie selon le département du siège ; les frais de formalité dépendent essentiellement du dépôt ou non d'un acte modificatif. Le barème 2026 place la modification statutaire d'une société à 177,01 € TTC (contre 192,01 € en 2025) et le changement de dirigeant d'une société civile avec dépôt d'acte à 185,77 € TTC, dont 116 € d'insertion au BODACC. Cette insertion n'est pas optionnelle : le tarif réduit « sans avis au BODACC » est réservé aux sociétés unipersonnelles (SASU, EURL dont l'associé unique est le dirigeant), ce qu'une SCI ne peut jamais être puisqu'elle suppose au moins deux associés (art. 1832 du Code civil). Vérifiez les barèmes en vigueur avant de budgéter.

Ce qu'on oublie presque toujours

  • La banque. Le démissionnaire reste souvent mandataire du compte bancaire de la SCI longtemps après son départ, parce que personne n'a pensé à révoquer la procuration. C'est un risque pour lui — il peut être associé à des opérations qu'il ne maîtrise plus — et pour la société. Écrivez à la banque le jour même de la prise d'effet, avec le procès-verbal.
  • L'assurance. Les contrats de la SCI (propriétaire non occupant, garantie loyers impayés, multirisque immeuble) mentionnent le représentant légal. La déclaration des changements à l'assureur est une obligation contractuelle classique ; une déclaration de sinistre signée par un ancien gérant peut être discutée.
  • Les locataires. Rien n'impose de leur notifier le changement, le bail étant conclu avec la société et non avec le gérant. Mais en pratique, il faut leur indiquer le nouveau signataire des quittances, des congés et des révisions de loyer, ainsi que le nouvel interlocuteur pour les travaux. Un simple courrier joint à la quittance suffit.
  • Les administrations. Espace professionnel impots.gouv.fr, mandats de télétransmission, accès au service des impôts des entreprises : tout cela est nominatif, et rattaché à une adresse électronique qui est souvent la vôtre. Si personne n'organise le transfert, la SCI découvre le problème début mai, à quinze jours de l'échéance déclarative, avec un espace auquel plus personne n'a la main.
  • Les archives. Statuts, procès-verbaux, baux, contrats de prêt, pièces comptables : tout doit être remis au successeur, contre inventaire signé. C'est votre protection : sans les pièces, vous ne pourrez plus justifier votre gestion. Voyez nos guides sur les documents à conserver et sur l'archivage numérique.

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Assemblées, procès-verbaux, registre des décisions, pièces sociales et comptables : sci-ai.app prépare vos documents et garde la trace de chaque formalité. Le successeur reprend un dossier propre, pas un carton d'archives.


7. Après le départ : responsabilité, parts, caution bancaire

Voilà le point le plus mal compris de tout le sujet : la démission arrête vos pouvoirs, elle n'efface pas votre passé. Poste par poste, ce qui s'éteint et ce qui reste accroché à vous.

Élément Effet de la démission
Pouvoir d'engager la sociétéS'éteint à la date d'effet (sous réserve de la publicité, art. L123-9 C. com.)
Rémunération de géranceCesse à la date d'effet, au prorata
Obligation de rendre compte de la gestion passéeSubsiste (art. 1856 C. civ. pour l'exercice écoulé)
Responsabilité pour fautes de gestionSubsiste 5 ans (art. 1850 et 2224 C. civ.)
Qualité d'associé et parts socialesInchangées : vous restez associé
Obligation aux dettes sociales (si associé)Inchangée : indéfinie et proportionnelle aux parts (art. 1857 C. civ.)
Compte courant d'associéCréance maintenue, remboursable selon la convention et la trésorerie
Caution personnelle donnée à la banqueMaintenue : contrat distinct, mainlevée à négocier
Droit à l'information de l'associéConservé (art. 1855 C. civ.)

La responsabilité : cinq ans, pas trois

Une confusion circule beaucoup depuis la réforme des nullités en droit des sociétés (ordonnance n° 2025-229 du 12 mars 2025, applicable au 1er octobre 2025), qui a ramené à deux ans le délai de prescription de l'action en nullité des décisions sociales. Ce délai concerne les nullités ; il ne s'applique pas à l'action en responsabilité contre le gérant d'une société civile, qui relève de la prescription quinquennale de droit commun de l'article 2224 du Code civil. Le gérant démissionnaire d'une SCI reste donc exposé cinq ans à compter du jour où le titulaire de l'action a connu ou aurait dû connaître les faits.

Sur le fond, l'article 1850 du Code civil retient trois fondements : l'infraction aux lois et règlements, la violation des statuts, et les fautes commises dans la gestion. En SCI, cela vise typiquement les loyers encaissés sur un compte personnel, l'absence de comptabilité rendant impossible la reddition de comptes, la souscription d'un emprunt hors objet social, un bail conclu à des conditions manifestement anormales, ou l'omission de déclarations fiscales générant des pénalités. Notre guide sur le gérant de SCI détaille ces obligations, et celui sur le gérant de fait rappelle un risque symétrique.

Le piège de la gérance de fait après la démission

Vous démissionnez, mais vous continuez à encaisser les loyers, à signer les ordres de virement, à négocier avec les entreprises, « le temps que ma fille prenne ses marques ». Juridiquement, vous devenez gérant de fait : vous cumulez l'absence de pouvoir régulier et la totalité de la responsabilité, sans même le bénéfice d'un mandat. Si une période de transition est nécessaire, faites-la encadrer : un mandat écrit et limité, donné par le nouveau gérant, vaut infiniment mieux qu'une continuation officieuse.

La caution personnelle : l'angle mort financier

C'est le sujet qui coûte le plus cher, et de très loin. Quand une SCI emprunte, la banque exige presque toujours l'engagement personnel d'un associé — dans la pratique, celui du gérant. Or ce cautionnement personnel est un contrat conclu entre vous et la banque. Il ne dépend pas de votre fonction, il ne s'éteint pas avec elle. Imaginez : vous avez quitté la gérance en 2026, la SCI cesse de rembourser en 2029, et la banque vous appelle en garantie sur un prêt de 300 000 € que vous n'avez pas géré depuis trois ans. Rien dans votre lettre de démission n'y change quoi que ce soit.

Les seules portes de sortie sont contractuelles : une mainlevée accordée par la banque, une substitution de caution par le nouveau gérant, ou à défaut un plafonnement en montant et en durée. Menez cette négociation avant d'envoyer la lettre, tant que vous êtes encore l'interlocuteur de l'établissement et que votre signature vaut quelque chose. Une fois parti, vous n'avez plus rien à mettre sur la table.

Vos droits d'associé restent intacts

Dernier point, souvent vécu comme une consolation : en cessant d'être gérant, vous ne devenez pas un tiers. Vous restez associé, avec le droit de vote attaché à vos parts, votre quote-part de résultat, et surtout le droit d'information de l'associé — le droit d'obtenir, au moins une fois par an, communication des livres et documents sociaux et de poser par écrit des questions sur la gestion, auxquelles il doit être répondu par écrit dans le délai d'un mois (art. 1855 du Code civil ; art. 48 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978). Ce droit devient précieux : c'est désormais votre seul moyen de contrôle sur une société dont vous restez, en qualité d'associé, tenu des dettes à proportion de vos parts.


8. Cas particuliers et erreurs qui coûtent cher

Le modèle de lettre de démission de gérant de SCI donné plus haut couvre la situation ordinaire : un gérant parmi d'autres associés, une société qui tourne, un successeur disponible. Restent les configurations qui font dérailler l'opération. Et cinq erreurs qui, elles, reviennent dans presque tous les dossiers, quelle que soit la taille de la SCI.

Le gérant unique qui part sans successeur

C'est le scénario noir. La SCI n'a plus de représentant légal : personne pour signer un chèque, encaisser un loyer, renouveler l'assurance de l'immeuble, déposer la déclaration de résultat ou répondre à un locataire qui a une fuite. Le blocage est bien réel, et il s'aggrave chaque semaine.

L'issue existe, et elle est plus simple qu'on ne le croit. Le dernier alinéa de l'article 1846 du Code civil prévoit que, en cas de vacance de la gérance pour quelque cause que ce soit, tout associé peut réunir les associés à seule fin de nommer un ou plusieurs gérants — la loi n° 2019-744 du 19 juillet 2019 a ouvert cette faculté directement à l'associé, alors qu'il fallait auparavant passer par le juge. Ce n'est qu'à défaut, si personne ne prend l'initiative ou si la convocation échoue, qu'il faut demander au président du tribunal, statuant sur requête, la désignation d'un mandataire chargé de réunir les associés : comptez alors quelques semaines et des honoraires d'avocat.

Le vrai risque n'est donc pas juridique, il est humain : l'inertie. Chacun attend que l'autre bouge, les mois passent. Et cette inertie a un terme. Lorsque la société est dépourvue de gérant depuis plus d'un an, tout intéressé — un associé, mais aussi un créancier ou la banque — peut demander au tribunal la dissolution anticipée (art. 1846-1 du Code civil). Une SCI dissoute parce que personne n'a convoqué une assemblée : cela existe. La parade tient en une phrase : convoquez l'assemblée avant de démissionner, ou fixez une date d'effet postérieure à cette assemblée.

La SCI qui n'a plus qu'un associé

Rappel utile : une SCI suppose au moins deux associés (art. 1832 du Code civil). Il n'existe pas de « SCI unipersonnelle ». Si toutes les parts se retrouvent réunies en une seule main, la situation doit être régularisée ; à défaut, tout intéressé peut demander la dissolution après un délai d'un an (art. 1844-5 du Code civil). Cette question, distincte de la démission, se pose souvent en même temps qu'elle — par exemple lorsqu'un gérant associé majoritaire veut à la fois quitter la gérance et racheter les parts des autres. Voyez alors la dissolution-liquidation ou la mise en sommeil selon votre objectif réel.

La démission collective des co-gérants

Si tous les co-gérants démissionnent en même temps, on retombe sur la vacance totale, avec une nuance : la démission simultanée et concertée est le cas d'école du départ à contretemps. Organisez un départ échelonné (l'un reste jusqu'à la nomination du successeur), ou faites précéder les démissions d'une assemblée nommant les remplaçants avec effet différé.

La démission « stratégique » dans un conflit d'associés

Démissionner pour faire pression : mauvaise idée dans neuf cas sur dix. Vous lâchez le seul pouvoir que vous déteniez, la gestion, et vous n'obtenez rien en échange. Vos parts restent bloquées, votre compte courant n'est pas remboursé d'un centime, et si le blocage nuit à la société on vous opposera le départ intempestif. Dans un contexte de blocage durable, les voies utiles sont ailleurs : mise en demeure motivée, action en responsabilité contre le gérant en place, contestation d'une décision abusive, ou négociation d'un rachat de parts. Nos guides sur la mésentente entre associés et sur l'abus de majorité ou de minorité traitent ces hypothèses ; le guide « litige avec le gérant de SCI » les complétera.

La démission qui masque un décès ou une incapacité

La démission suppose une volonté libre et lucide. Faire signer une lettre à un gérant âgé et diminué quelques semaines avant son décès est une pratique aussi répandue que fragile : les héritiers écartés ont tout intérêt à la contester, et ils le font. Lorsque le gérant décède, ce n'est pas une démission qu'il faut produire mais un acte de décès, et la procédure diffère : voyez notre guide décès du gérant de SCI. Anticiper la succession de la gérance dans les statuts — clause de remplacement automatique, co-gérance — évite ces situations.

Les cinq erreurs les plus fréquentes

Erreur Conséquence Le bon réflexe
Démissionner par simple courrielDate de réception contestée, préavis discutéLRAR ou remise contre décharge
Ne pas relire les statutsPréavis violé, forme irrégulière, dommages-intérêtsVérifier les cinq clauses du chapitre 2
Oublier la publicitéCessation inopposable aux tiers, Kbis inexactAnnonce légale + INPI dans le mois
Rester mandataire du compte bancaireExposition à des opérations non maîtriséesÉcrire à la banque le jour de l'effet
Croire que la caution tombeAppel en garantie des années plus tardNégocier la mainlevée avant de partir

Votre checklist de sortie

À cocher avant, pendant et après

  • Statuts relus : préavis, forme, destinataire, mode de désignation, rémunération.
  • Caution bancaire : mainlevée ou substitution négociée avant l'envoi.
  • Compte courant d'associé : solde arrêté, convention de remboursement écrite si possible.
  • Comptabilité à jour et exercice en cours documenté : c'est votre reddition de comptes.
  • Assemblée convoquée avant la date d'effet, avec ordre du jour complet.
  • Lettre envoyée en LRAR à la société et à chaque associé ; accusés conservés.
  • Procès-verbal signé, registre des décisions mis à jour, statuts modifiés si nécessaire.
  • Annonce légale publiée, formalité INPI déposée dans le mois, Kbis vérifié après coup.
  • Banque, assureur, locataires, service des impôts et prestataires informés.
  • Inventaire signé des documents, registres, clés et accès remis au successeur.
  • Copie personnelle de tout le dossier conservée au moins cinq ans.

9. FAQ — Démission du gérant de SCI

Ce qu'on nous demande le plus souvent une fois le modèle de lettre de démission de gérant de SCI sous les yeux. Réponses courtes, pour éviter d'avoir à rouvrir le dossier dans six mois.

La démission doit-elle être acceptée par les associés ?

Non. C'est un acte unilatéral : il produit ses effets par la seule notification, sans acceptation. L'assemblée qui suit ne vote pas sur votre départ, elle en prend acte et nomme un successeur. Une résolution rédigée en termes d'« acceptation » n'est pas invalide, mais elle entretient une confusion sur la date réelle d'effet.

Puis-je démissionner si la SCI est déficitaire ou endettée ?

Oui : la situation financière de la société ne vous prive pas du droit de partir. Mais elle rend le grief de contretemps plus facile à soulever, et surtout elle ne change rien à vos engagements personnels — caution bancaire, obligation aux dettes en qualité d'associé. Préparez le départ avec un préavis long et une reddition de comptes irréprochable.

Faut-il enregistrer le procès-verbal aux impôts ?

Non pour un simple changement de gérant sans apport ni modification du capital : la formalité de l'enregistrement n'est pas exigée. Elle le devient si l'acte comporte d'autres opérations (apport, cession de parts, augmentation de capital). En cas de doute sur un procès-verbal mixte, faites-le vérifier avant dépôt.

Le nouveau gérant peut-il refuser de publier ma démission ?

Il n'en a pas le droit : la déclaration modificative est une obligation légale (art. R123-66 du Code de commerce). Si l'inertie persiste, mettez-le en demeure par écrit, en rappelant que la publicité conditionne l'opposabilité aux tiers. En dernier recours, le juge peut être saisi pour ordonner la formalité, au besoin sous astreinte.

Que faire si mon nom figure toujours sur le Kbis six mois après ?

Commencez par un courrier recommandé au nouveau gérant, avec copie du procès-verbal et de votre lettre. Conservez tout : en cas de mise en cause par un tiers, vous prouverez que la cessation de fonctions était acquise et que le retard de publicité ne vous est pas imputable. Si rien ne bouge, une action judiciaire permet d'obtenir la rectification.

Un gérant non associé démissionne-t-il différemment ?

La procédure est identique : lettre, notification aux associés, assemblée qui en prend acte, formalités de publicité. La différence est en aval : le gérant non associé n'a aucune part à conserver, aucune obligation aux dettes sociales, et sa sortie est donc totale une fois la publicité accomplie — sous réserve de sa responsabilité pour les fautes commises pendant le mandat.

Peut-on prévoir dans les statuts qu'un gérant ne peut pas démissionner ?

Non. Une clause interdisant purement et simplement la démission se heurterait à la prohibition des engagements perpétuels posée par l'article 1210 du Code civil, aux termes duquel chaque contractant peut mettre fin à un engagement de durée indéterminée. En revanche, les statuts peuvent parfaitement encadrer le départ : préavis de trois ou six mois, effet en fin d'exercice, forme imposée, obligation de proposer un successeur. Ces aménagements-là sont valables et vous engagent.

Ma démission met-elle fin aux baux signés par mes soins ?

Absolument pas. Les baux sont conclus entre la société et les locataires ; vous n'étiez que son représentant. Ils se poursuivent sans modification, le nouveau gérant reprenant simplement la signature des quittances, des congés et des révisions. Il est utile d'informer les locataires du changement d'interlocuteur, sans que cela soit une condition de validité.

Dois-je établir les comptes de l'exercice en cours avant de partir ?

Vous n'avez pas à clôturer un exercice qui n'est pas achevé, mais vous devez rendre compte de votre gestion (art. 1856 du Code civil). En pratique : une comptabilité à jour à la date d'effet, un état des créances et dettes, la situation bancaire et locative, et la liste des dossiers en cours. C'est autant votre protection que celle de la société.

La démission a-t-elle un effet fiscal pour la SCI ?

Aucun en elle-même : le régime fiscal de la société, IR ou IS, n'est pas affecté par un changement de dirigeant. Les seuls impacts sont pratiques : l'arrêt d'une rémunération de gérance en cours d'exercice, le transfert des accès à l'espace professionnel impots.gouv.fr et la mise à jour du signataire des déclarations.

Puis-je démissionner de la gérance et rester salarié ou prestataire de la SCI ?

C'est juridiquement concevable — gestion locative, travaux, comptabilité — mais délicat en SCI : la convention doit être conclue à des conditions normales, décidée par le nouveau gérant, et documentée. Le sujet rejoint celui du cumul des statuts du gérant et des conventions entre la SCI et ses dirigeants.

Combien de temps dois-je conserver ma lettre et mes preuves d'envoi ?

Au minimum cinq ans après la date d'effet, pour couvrir la prescription de l'action en responsabilité (art. 2224 du Code civil). En pratique, conservez le dossier complet — lettre, accusés de réception, procès-verbal, statuts, inventaire de remise — sans limite : il ne pèse rien sous forme numérique et il est irremplaçable en cas de contestation tardive.

Un modèle trouvé en ligne suffit-il vraiment ?

Pour la lettre, oui dans l'immense majorité des cas : le contenu est simple et notre modèle couvre les six mentions utiles. Le risque n'est jamais dans la lettre, il est dans ce qui l'entoure — un préavis statutaire ignoré, une date d'effet mal choisie, une caution oubliée, une formalité jamais déposée. C'est là qu'un regard extérieur a de la valeur.

Faut-il un notaire ou un avocat pour démissionner ?

Non, aucune intervention obligatoire : la lettre est un acte sous seing privé et le procès-verbal se rédige entre associés. Un avocat devient utile dans trois cas : conflit ouvert entre associés, démission en cours de contentieux, ou négociation d'une mainlevée de caution assortie d'un protocole. Un notaire n'intervient que si l'opération s'accompagne d'un acte immobilier.

Et si les associés refusent de se réunir malgré ma lettre ?

Votre démission produit ses effets à la date prévue, qu'ils se réunissent ou non — c'est précisément l'intérêt d'une date fixe plutôt que d'un effet lié à la nomination du successeur. La société tombe alors en vacance de gérance : le dernier alinéa de l'article 1846 du Code civil permet à tout associé de réunir lui-même les associés pour nommer un gérant et, à défaut, de faire désigner en justice un mandataire chargé de le faire.

Peut-on démissionner d'une SCI qui n'a jamais rien déclaré ?

Vous pouvez partir, mais ne partez pas pour cela : votre responsabilité pour les manquements de votre mandat vous suivra cinq ans, et le successeur héritera d'un passif que vous avez constitué. Régularisez d'abord — comptabilité, déclarations, assemblées manquantes — puis démissionnez avec un dossier propre. C'est plus rapide et beaucoup moins cher qu'on ne le croit.

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FAQ

Questions fréquentes

Oui, sur le principe. La gérance est une fonction exercée librement : personne ne peut contraindre un gérant à rester en poste. Deux limites seulement : ce que prévoient vos statuts (préavis, forme, destinataire) et l'interdiction de démissionner à contretemps, c'est-à-dire au moment où votre départ cause un préjudice évitable à la société. Dans ce dernier cas, la démission reste valable mais peut ouvrir droit à des dommages-intérêts.
Non. La démission est un acte unilatéral qui n'a pas à être justifié. Vous pouvez indiquer un motif neutre (raisons personnelles, disponibilité, éloignement géographique) mais vous n'y êtes pas tenu. Évitez surtout les reproches et les griefs : une lettre polémique n'ajoute aucun droit et fournit des pièces à une procédure future.
Ce n'est pas une obligation légale sauf si vos statuts l'imposent, mais c'est fortement recommandé. La lettre recommandée avec accusé de réception donne une date certaine à votre démission, ce qui détermine le point de départ du préavis, la date d'effet et la fin de vos pouvoirs. À défaut, une remise en main propre contre décharge datée et signée fait le même office.
Aux associés, en principe, puisque ce sont eux qui détiennent le pouvoir de nommer et de révoquer le gérant. Vérifiez d'abord vos statuts : certains désignent expressément un destinataire (la société à son siège, le co-gérant, l'associé le plus âgé). En pratique, la solution la plus sûre consiste à écrire à la société à son siège social et à adresser une copie à chaque associé.
Elle prend effet à la date que vous indiquez dans la lettre, ou à défaut à sa réception. La date que vous fixez s'impose, même si elle est antérieure au terme d'un préavis statutaire : la démission reste valable, mais vous vous exposez alors à des dommages-intérêts, sauf accord des associés pour raccourcir le délai. En l'absence de clause, laissez un délai raisonnable pour permettre la nomination d'un successeur : c'est la meilleure protection contre le reproche de démission intempestive.
Non. La démission ne s'accepte pas et ne se refuse pas : elle se constate. L'assemblée qui se réunit ensuite ne vote pas sur votre départ mais prend acte de la démission et nomme votre successeur. Attention toutefois : sans successeur nommé, la société se retrouve sans représentant légal, ce qui bloque la banque, les baux et les déclarations.
La gérance est vacante et la SCI n'a plus de représentant légal : plus personne ne peut signer un bail, un chèque ou une déclaration fiscale. Le dernier alinéa de l'article 1846 du Code civil permet alors à tout associé de réunir lui-même les associés à seule fin de nommer un ou plusieurs gérants — sans passer par le juge depuis la loi n° 2019-744 du 19 juillet 2019 — ou, à défaut, de demander au président du tribunal statuant sur requête la désignation d'un mandataire chargé de le faire. Si la société reste dépourvue de gérant plus d'un an, tout intéressé peut en demander la dissolution judiciaire (art. 1846-1 du Code civil).
Non, absolument pas. La qualité de gérant et la qualité d'associé sont deux choses distinctes. En démissionnant de la gérance, vous restez associé, vous conservez vos parts, votre droit de vote, votre droit à l'information et votre quote-part de résultat. Pour sortir vraiment de la société, il faut céder les parts ou se retirer selon ce que prévoient les statuts.
Un procès-verbal d'assemblée prenant acte de la démission et nommant le successeur, la modification des statuts si le gérant y était désigné nommément, une annonce légale, puis la déclaration de modification au guichet unique de l'INPI dans le mois de l'événement (art. R123-66 du Code de commerce). La publicité de la cessation de fonction est expressément imposée par l'article 1846-2 du Code civil. Il faut aussi vérifier le registre des bénéficiaires effectifs et prévenir la banque, l'assureur et les locataires.
En pratique le nouveau gérant, puisqu'il est désormais le représentant légal de la SCI. Mais c'est le démissionnaire qui a le plus grand intérêt à ce qu'elles soient faites : la nomination et la cessation de fonction des gérants doivent être publiées (art. 1846-2 du Code civil) et, tant qu'elle ne l'est pas, la cessation reste inopposable aux tiers de bonne foi (art. L123-9 du Code de commerce). Conservez donc une preuve de votre lettre et relancez par écrit.
Non. Elle met fin à vos pouvoirs pour l'avenir, pas à votre responsabilité pour le passé. Vous restez comptable des fautes de gestion, des violations des statuts et des infractions commises pendant votre mandat (art. 1850 du Code civil). L'action en responsabilité contre le gérant d'une société civile se prescrit par cinq ans (art. 2224 du Code civil), et non par trois ans.
Beaucoup moins qu'on ne le croit. Le quitus est une approbation de gestion, pas une amnistie : aucune décision des associés ne peut éteindre une action en responsabilité contre le gérant pour les fautes commises dans l'exercice de son mandat (art. 1843-5 du Code civil). Il a une valeur morale et probatoire, pas un effet libératoire.
Non, et c'est l'angle mort le plus coûteux. Le cautionnement est un contrat conclu entre vous et la banque, indépendant de votre fonction de gérant. Démissionner ne libère pas la caution : il faut négocier une mainlevée ou une substitution de caution avec l'établissement prêteur, idéalement avant d'envoyer la lettre.
La démission est un acte volontaire du gérant, unilatéral, qui ne se vote pas. La révocation est une décision des associés, qui peut ouvrir droit à dommages-intérêts si elle est décidée sans juste motif (art. 1851 du Code civil). Le non-renouvellement suppose un mandat à durée déterminée arrivé à son terme : les fonctions cessent d'elles-mêmes, sans lettre ni vote.
La lettre ne coûte que l'affranchissement du recommandé. Le budget réel tient à la publicité : l'annonce légale de nomination ou de cessation de dirigeant est au forfait de 109 € HT en métropole et aux Antilles-Guyane (126 € HT à La Réunion et à Mayotte) selon l'arrêté du 19 novembre 2025, soit environ 131 € TTC ; s'y ajoute la formalité de modification au guichet unique, de l'ordre de 174 € TTC sans dépôt d'acte à 185,77 € TTC avec dépôt des statuts modifiés — dont 116 € d'insertion au BODACC, obligatoire pour une société civile. Comptez environ 335 à 390 € au total (jusqu'à 390 € si une déclaration modificative de bénéficiaires effectifs est due), hors honoraires si vous déléguez.
Une fois reçue par son destinataire, la démission est en principe irrévocable : c'est un acte unilatéral qui produit ses effets sans acceptation. La rétractation n'est possible qu'avec l'accord des associés, ou si la lettre n'a pas encore été reçue. Ne rédigez donc jamais une démission sous le coup d'un conflit : relisez-la à froid, quarante-huit heures plus tard.