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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC
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Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 Fiscalite d'une SCI : IR, IS, plus-values SCI à l'IR : fonctionnement SCI à l'IS : fonctionnement Imposition des revenus SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Apport-cession Cession de parts de SCI 2026 Parts de SCI : valeur et operations Fiscalité cession de parts Valeur des parts Parts ou immeuble ? Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Effet de levier du crédit Domiciliation des loyers Prêt à paliers Assurance emprunteur Simuler un prêt en SCI Banques qui financent Assurance emprunteur Hypothèque en SCI Prêt relais Emprunter pour ses parts Faux RIB et virement frauduleux Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Crédit vendeur en SCI Sortir de sa caution Décès associé SCI 2026 Recel de parts de SCI Dissolution SCI 2026 Bilan de liquidation Fermer une SCI sans activité Coût de la dissolution Boni de liquidation Dissoudre avec un bien Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Transfert de permis Réforme de la copropriété Plan pluriannuel de travaux (PPT) DPE collectif en copropriété Commerce en logement Autoliquidation de la TVA travaux Garantie de paiement des travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Révision du loyer commercial Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Clause d'échelle mobile Immeuble mixte Bail à construction Charges du bail commercial Louer à une société Décret tertiaire Bail commercial : les échéances 3-6-9 Accession et construction en SCI Guide SCI Familiale 2026 Avantages reels de la SCI familiale SCI familiale et succession : 4 cas chiffres Inconvénients SCI familiale SCI familiale et emprunt Déclaration SCI familiale SCI et EHPAD SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Mineur associé de SCI Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale Bien atypique Vendre son bien à sa SCI Conjoint survivant Logement de la famille SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer Représenter la SCI en justice Locataire en procédure collective État des lieux Permis de louer Diagnostics obligatoires Encadrement des loyers Décès du locataire Local industriel ICPE Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Qu'est-ce qu'une SCI ? Apports en SCI Délai de création Frais de notaire Le guichet unique INPI SCI jamais immatriculée SIREN, SIRET et code APE Statuts SCI : rédiger des statuts solides Clauses de majorité Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Associé qui ne paie pas Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Modèle de PV d'augmentation de capital Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI Jouissance partagée SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif Racheter une soulte SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Du nu au meublé Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Caves et dépendances Taxe d'habitation et SCI Résidence gérée Dégrèvement taxe foncière Créer une SCI seul Assemblée générale SCI Contester un PV d'assemblée
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Vente à réméré Expropriation d'un bien de SCI Droits de préemption à la vente Acheter un bien loué Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Vendre un immeuble en IS Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS Balance âgée des loyers Lire son bilan de SCI Bilan annuel de SCI La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Comptabiliser une subvention Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Provisionner un loyer impayé Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Déclaration DECLOYER Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités SCI qui ne peut pas payer Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers Taxe sur les salaires Revenus accessoires TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Donation-partage de parts SCI et succession : transmettre un bien Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Quasi-usufruit Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Forêt et bois Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv Mandat de télétransmission EDI Contester un redressement Commission de conciliation FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
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Réponse rapide : 30 s · Guide complet : 34 min

Logement de la famille en SCI : ce que l'article 215 protège vraiment

Votre conjoint gère la société civile immobilière qui détient la maison où vous vivez. Peut-il la vendre sans votre signature ? Oui, il le peut — sauf si vous détenez un titre d'occupation sur cette maison. L'article 215 du Code civil ne protège pas des murs : il protège le droit par lequel le logement est assuré. La société escamote les murs. Elle n'escamote le titre que si personne n'a pris la peine d'en créer un.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié au 3 septembre 2026 sur le Code civil, le Code général des impôts et les arrêts de la Cour de cassation. Ce guide prend la suite de celui sur le régime matrimonial et la propriété des parts de SCI. Ici, c'est le régime primaire : le socle de règles que le mariage impose à tous les couples, quel que soit leur contrat.

La réponse en 30 secondes

Avant l'apport : votre signature est obligatoire. Le droit sur la maison est encore dans le patrimoine de votre conjoint, et l'article 215 mord. Même sur un bien propre. Même en séparation de biens.

Après l'apport : la protection ne joue plus qu'à une condition, posée par la Cour de cassation le 14 mars 2018. Un époux au moins doit être associé, et tenir de cette qualité ou d'une décision unanime le droit d'occuper le bien.

Sans titre d'occupation : rien. Le gérant vend, et la vente tient.

La suite dit comment créer ce titre, et ce que coûte son absence.


1. Ce que l'article 215 protège vraiment : un titre, pas des murs

Tout le malentendu tient à un mot. L'article 215, alinéa 3, du Code civil dispose que « les époux ne peuvent l'un sans l'autre disposer des droits par lesquels est assuré le logement de la famille, ni des meubles meublants dont il est garni ». Le texte ne dit pas « l'immeuble ». Il dit « les droits ».

C'est ce mot qui explique tout le reste. Propriétaire, le droit protégé est votre droit de propriété ; locataire, c'est votre droit au bail. Reste le cas de la société civile immobilière, cette société non commerciale dont les associés détiennent des parts et qui possède l'immeuble en son nom propre. Le droit protégé n'est alors plus la propriété : c'est le titre par lequel vous occupez. S'il n'y en a aucun, il n'y a rien à protéger.

La sanction est spécifique. L'époux qui n'a pas consenti peut demander l'annulation de l'acte, dans l'année du jour où il l'a connu, et jamais plus d'un an après la dissolution du régime matrimonial. Le délai est court, mais il part de la connaissance, pas de la signature. C'est la seule bonne nouvelle du texte : il protège celui qui découvre tard.

Le régime primaire s'impose à tous les contrats de mariage

L'article 226 du Code civil règle une question qu'on lit souvent de travers. Les règles du chapitre où figure l'article 215 « sont applicables, par le seul effet du mariage, quel que soit le régime matrimonial des époux ». Séparation de biens, participation aux acquêts, communauté universelle : la règle est la même.

La conséquence est contre-intuitive. L'article 1428 énonce que chaque époux a l'administration et la jouissance de ses propres et peut en disposer librement. Cette liberté s'arrête au logement de la famille. Un époux marié en séparation de biens, propriétaire exclusif d'une maison héritée, ne peut pas l'apporter seul à une société si sa famille y vit.

« Logement de la famille » n'est pas « résidence principale »

La notion est civile, pas fiscale. Le logement de la famille est celui où la famille vit effectivement, celui que les époux ont choisi d'un commun accord au sens de l'alinéa 2. La résidence principale, elle, sert à l'exonération de plus-value ou à la taxe d'habitation. Les deux coïncident souvent, jamais par nécessité. Une résidence secondaire où la famille ne vit pas n'est pas protégée, même si c'est le bien le plus cher du patrimoine. Sur l'arbitrage fiscal du logement occupé par les associés, voyez SCI et résidence principale.

À retenir

Le droit de la famille protège un titre, jamais un immeuble. C'est la thèse de toute cette page, et elle explique aussi bien la protection qui joue avant l'apport que celle qui disparaît après. Toute la question pratique se ramène à une seule : de quel droit occupez-vous cette maison, et où est-il écrit ?


2. Le seul moment où l'article 215 mord à coup sûr : l'apport

Avant l'apport, la maison est encore dans le patrimoine d'un époux, et le droit par lequel le logement est assuré, c'est son droit de propriété. L'apporter est un acte de disposition, le plus radical qui soit : la propriété change de main. L'article 215, alinéa 3, s'applique sans discussion. Même sur un bien propre. Même en séparation de biens. C'est le seul moment de toute la vie de la société où la règle joue mécaniquement.

Une page de ce site dit encore le contraire, et il vaut mieux la corriger frontalement. Le tableau de la section 9 du guide apport d'immeuble en SCI indique « bien propre de l'apporteur, accord du conjoint requis : non, article 1428 » et « séparation de biens : non, article 1536 ». Ces deux lignes sont fausses quand l'immeuble est le logement de la famille : l'article 226 rend l'article 215 applicable quel que soit le régime. Le reste de ce guide, sur la fiscalité de l'apport, reste la bonne référence.

Immeuble commun : c'est l'article 1424, pas l'article 1832-2

Deuxième correction, plus technique mais tout aussi coûteuse. On lit partout que l'apport d'un bien commun exige l'accord du conjoint « au titre de l'article 1832-2 ». Le texte dit autre chose. Il interdit d'employer des biens communs pour faire un apport « sans que son conjoint en ait été averti et sans qu'il en soit justifié dans l'acte ». Une information tracée, donc, pas un consentement.

Ce qui impose la co-signature d'un immeuble commun, c'est l'article 1424 : les époux ne peuvent, l'un sans l'autre, aliéner ou grever de droits réels les immeubles dépendant de la communauté. Le même texte vise « les droits sociaux non négociables », c'est-à-dire les parts de société civile. La nuance a un effet de calendrier. La nullité de l'article 1424 s'exerce dans les deux ans de la connaissance de l'acte (article 1427), celle de l'article 215 dans un an. Deux compteurs, et c'est le plus court qui commande votre agenda. Un troisième est apparu le 1er octobre 2025 : l'article 1844-14 soumet désormais les actions en nullité d'apports à une prescription de deux ans, courant du jour où la nullité est encourue, c'est-à-dire de l'acte et non de sa connaissance. Savoir s'il plafonne l'action de l'article 215 dirigée contre un apport n'est pas tranché, et aucune décision ne s'est prononcée. Raison de plus pour agir vite.

Cas 1 — L'apport annulé : ce que les frais perdus coûtent vraiment

Marc a hérité la maison en 2009. Le couple, marié en 2012 en séparation de biens, y vit depuis 2013. En mars 2026, Marc apporte la maison, évaluée 420 000 €, à la SCI Les Tilleuls, qui relève de l'impôt sur le revenu. Léa n'a rien signé.

Coût de l'apport, poste par poste. Droits d'enregistrement : 0 €, l'apport pur et simple à une société civile non soumise à l'impôt sur les sociétés étant enregistré gratuitement (article 810, I du Code général des impôts). Viennent ensuite les émoluments du notaire, c'est-à-dire sa rémunération fixée par un tarif d'État. Barème de l'apport en société, article A444-158 du Code de commerce : 1,935 %, 0,798 %, 0,532 %, 0,399 %. Soit 6 500 × 1,935 % = 125,78 € ; 10 500 × 0,798 % = 83,79 € ; 43 000 × 0,532 % = 228,76 € ; 360 000 × 0,399 % = 1 436,40 €. Total 1 874,73 € hors taxes, soit 2 249,68 € toutes taxes comprises. Contribution de sécurité immobilière, la taxe que l'État perçoit pour inscrire l'acte au fichier immobilier, 0,10 % de 420 000 € : 420 €. Total décaissé : 2 669,68 €, auxquels s'ajoutent les débours — état hypothécaire, publication, frais de dossier —, de l'ordre de 400 €.

Léa découvre l'acte le 12 septembre 2026, par l'avis de taxe foncière au nom de la société. Son action est ouverte jusqu'au 12 septembre 2027. Si elle obtient l'annulation, l'immeuble revient à Marc. Les 2 249,68 € d'émoluments et les débours sont perdus ; les 420 € de contribution de sécurité immobilière, eux, sont restituables sur réclamation une fois la nullité passée en force de chose jugée (article 1961 du Code général des impôts). S'y ajoute le coût d'une instance au fond, plusieurs milliers d'euros d'honoraires par partie, que nous ne chiffrons pas ici parce qu'il dépend de la convention signée avec l'avocat. L'économie fiscale visée par l'apport, elle, n'a jamais existé.

Une précision de tarif, au passage : le barème d'un apport n'est pas celui d'une vente. L'article A444-91 vise « la vente ou cession de gré à gré » ; l'apport en société relève de l'article A444-158, dont le barème est environ deux fois plus bas. Les émoluments d'un apport ne sont donc ni libres, ni alignés sur ceux d'une vente.


3. Après l'apport : l'arrêt du 14 mars 2018 et la condition qui change tout

Une fois l'immeuble entré dans la société, le droit de propriété a disparu du patrimoine des époux. Il ne reste que des parts sociales, et des parts ne sont pas un logement. La question devient : reste-t-il quelque chose à protéger ?

La Cour de cassation y a répondu le 14 mars 2018 (1re civ., n° 17-16.482, publié au bulletin, rejet). Elle rappelle d'abord l'objectif du texte : protéger le logement familial en soumettant au consentement des deux époux les actes de disposition portant sur les droits qui l'assurent. Puis elle ajoute la phrase décisive, celle qui vise le cas où ces droits appartiennent à une société civile immobilière dont un époux au moins est associé. La protection joue alors « à la condition [...] que celui-ci soit autorisé à occuper le bien en raison d'un droit d'associé ou d'une décision prise à l'unanimité de ceux-ci », dans les formes des articles 1853 et 1854 du Code civil.

C'est une condition, pas une exclusion. La formule qu'on lit partout — « la SCI fait tomber l'article 215 » — déforme l'arrêt. Elle serait exacte si la Cour avait écarté le texte ; elle l'a maintenu, en le subordonnant à trois éléments.

  • Un époux au moins est associé. Sinon, aucun droit n'existe dans leur patrimoine, et l'action n'a pas d'objet.
  • Il est autorisé à occuper le bien. L'occupation de fait ne suffit pas.
  • Cette autorisation vient d'un droit d'associé ou d'une décision unanime. Les articles 1853 et 1854 en donnent les formes : assemblée, consultation écrite si les statuts la prévoient, ou consentement de tous les associés exprimé dans un acte.

Dans l'espèce jugée, l'épouse détenait 1 % des parts, l'époux 99 %, et la société a vendu l'appartement. Les juges du fond ont constaté qu'il n'existait ni bail, ni droit d'habitation, ni convention de mise à disposition : la protection a été refusée. Un pour cent du capital ne crée pas un titre d'occupation.

Deux réserves d'honnêteté, parce que cette page repose sur cet arrêt. La solution est isolée : la recherche plein texte de la formule « autorisé à occuper le bien en raison d'un droit d'associé » ne renvoie que cette décision. Elle est publiée et n'a pas été contredite depuis, mais la doctrine la discute. Et ce que recouvre un « droit d'associé » d'occuper reste non tranché : nul ne sait si une clause statutaire de jouissance suffit, sans décision d'assemblée. D'où le conseil : faites les deux.

Cas 2 — La vente annulée : ce que l'acquéreur a payé pour rien

SCI Le Clos : Sophie détient 40 % des parts, Julien 60 %, et Julien est gérant. Le 3 juin 2024, une assemblée décide à l'unanimité, dans les formes de l'article 1853, de mettre la maison à disposition du couple. La condition posée en 2018 est remplie. En février 2026, Julien vend seul, sans la signature de Sophie, pour 495 000 €.

Ce que l'acquéreur a payé en plus du prix. Droits de mutation à titre onéreux : 31 284 €, soit 6,32 % du prix, le taux applicable dans la grande majorité des départements depuis la majoration de 2025. C'est l'impôt payé sur le prix, et de loin la plus grosse part de ce qu'on appelle les frais de notaire. Émoluments du notaire, barème de vente de l'article A444-91 (3,870 %, 1,596 %, 1,064 %, 0,799 %) : 6 500 × 3,870 % = 251,55 € ; 10 500 × 1,596 % = 167,58 € ; 43 000 × 1,064 % = 457,52 € ; 435 000 × 0,799 % = 3 475,65 €. Soit 4 352,30 € hors taxes, donc 5 222,76 € toutes taxes comprises. Contribution de sécurité immobilière, 0,10 % : 495 €.

Total des frais : 37 001,76 €, ce qui porte l'engagement réel de l'acquéreur à 532 001,76 €.

Sophie apprend la vente le 20 mars 2026 : son action est ouverte jusqu'au 20 mars 2027. Si elle aboutit, l'acquéreur récupère son prix. Les droits de mutation, 31 284 €, et la contribution de sécurité immobilière, 495 €, lui sont restituables par le Trésor, sur réclamation, une fois l'annulation passée en force de chose jugée (article 1961 du Code général des impôts). Restent à sa charge les 5 222,76 € d'émoluments et les débours, qu'il devra réclamer au vendeur ou à l'assurance de l'étude. Le coût de l'erreur tombe donc bien sur un tiers, mais pour 5 222,76 € et non pour 37 001,76 €.

Retenez la symétrie : sans titre, comme en 2018, l'époux non gérant n'a rien. Avec un titre régulièrement consenti, la vente devient annulable, et c'est un acquéreur de bonne foi qui en fait les frais. Le point de bascule tient à un procès-verbal d'assemblée. Sur les pouvoirs du gérant, voyez le gérant peut-il vendre seul le bien de la SCI ; sur le déroulé de l'opération, vendre l'immeuble de la SCI.


4. Les trois titres d'occupation possibles, comparés

Puisque tout dépend du titre, autant savoir lequel choisir : il en existe trois, et ils ne se valent pas. Le guide SCI à jouissance partagée pose le principe : le droit d'usage d'un associé ne se présume pas. Voici ce que chacun apporte, sur six critères.

Critère Bail d'habitation Décision unanime de mise à disposition Prêt à usage (occupation gratuite)
Déclenche l'article 215, alinéa 3 ?Oui contre la résiliation ou la cession du bail par un seul époux. Contre la vente par la société, seulement si le bail procède d'un droit d'associé ou d'une décision unanime : point non tranché pour un bail signé du seul gérant.Oui, si l'unanimité est acquiseSeulement si l'unanimité l'a décidé
Cotitularité automatique entre époux (article 1751) ?Oui, de plein droitNonNon
Congé notifié aux deux époux ?Oui, sous réserve de l'article 9-1Sans objetNon
Durée minimale3 ans en SCI familiale, 6 ans sinon (articles 10 et 13 de la loi de 1989)Celle que fixe la décisionAucune : précaire par nature
Coût fiscal annuel (cas 3 ci-dessous)2 704,56 €, soit environ 2 588 € net de CSG déductible0 €0 €
Reprise possible par la société ?Oui en SCI familiale, au profit d'un associé (articles 13 et 15)Oui, par une nouvelle décision unanimeOui, à tout moment ou presque

L'asymétrie saute aux yeux, à condition de lire la première ligne pour ce qu'elle dit. Le bail apporte deux protections, mais pas de la même force. Celle de l'article 1751 joue de plein droit. Celle de l'article 215 joue sûrement contre la résiliation ou la cession du bail par un seul époux. Contre la vente par la société, en revanche, elle suppose que le bail procède lui-même d'un droit d'associé ou d'une décision unanime. Le point n'est pas tranché pour un bail signé du seul gérant : faites les deux, le bail et l'assemblée. Notez au passage que la vente ne met pas fin au bail, l'acquéreur reprenant la place du bailleur (article 1743 du Code civil). La décision unanime, elle, n'apporte que la protection de l'article 215. Le prêt à usage, c'est-à-dire la convention par laquelle la société laisse occuper gratuitement, n'apporte rien en lui-même : il ne compte que si une décision unanime l'a adopté. C'est le titre le plus fragile. Le guide modèle de convention d'occupation à titre gratuit en donne la trame ; retenez ici qu'un document signé du seul gérant ne remplit pas la condition de 2018.

Cas 3 — Combien coûte, chaque année, la protection du bail

SCI familiale à l'impôt sur le revenu, dont le couple détient la totalité des parts. Loyer de marché : 1 100 € par mois, soit 13 200 € par an. Charges déductibles de l'année : taxe foncière 1 450 €, assurance propriétaire non occupant 320 €, intérêts d'emprunt 4 800 €, entretien 900 €. Total 7 470 €.

Revenu foncier net : 13 200 − 7 470 = 5 730 €. Imposition dans une tranche marginale à 30 %, plus 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 47,2 % : 5 730 × 47,2 % = 2 704,56 €. La CSG déductible en restitue une part l'année suivante : 6,8 des 17,2 points sont déductibles du revenu global (article 154 quinquies, II du Code général des impôts), soit 389,64 € de base et environ 117 € d'économie dans une tranche à 30 %. Coût net : environ 2 588 € par an.

En occupation gratuite, la facture est de 0 € : les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas imposés (article 15, II du Code général des impôts), et en contrepartie aucune charge n'est déductible.

Le loyer lui-même n'est pas une perte tant que le couple détient 100 % des parts : il le verse à une société qui est la sienne. S'il n'en détenait que 70 %, les 30 % revenant aux autres associés — 3 960 € par an ici — sortiraient bel et bien de son patrimoine. Ce qui en sort dans tous les cas, c'est l'impôt. La cotitularité de l'article 1751, le congé encadré et la durée minimale coûtent donc environ 2 588 € par an. Soit 7 763 € sur les trois ans du bail initial, durée réservée à la société civile familiale par l'article 13 de la loi de 1989. À vous de dire si votre situation vaut ce prix ; sur un couple en instance de séparation, la réponse est presque toujours oui.


5. L'article 1751 : la cotitularité que la SCI ne peut pas écarter

Quand le titre est un bail, un second texte entre en scène, et il est d'une fermeté rare. L'article 1751 du Code civil répute le droit au bail du local qui sert effectivement à l'habitation des deux époux appartenir « à l'un et à l'autre ». Trois précisions y sont accolées, et chacune ferme une porte : « quel que soit leur régime matrimonial », « nonobstant toute convention contraire », et « même si le bail a été conclu avant le mariage ».

Aucune clause n'y déroge. Une société qui ferait signer le bail au seul époux gérant, ou qui écrirait que le conjoint n'est pas partie, n'obtiendrait rien : le conjoint est cotitulaire de plein droit. Il faut donc lui notifier le congé, et la vente n'efface pas son droit au bail. C'est la protection la plus solide du dispositif, et la seule qui ne dépende d'aucune décision d'assemblée.

Le piège de l'article 9-1 : la protection tombe si le bailleur ignore le mariage

Il existe une brèche, et peu de gens la connaissent. L'article 9-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 vise les notifications et significations faites par le bailleur. Elles sont de plein droit opposables au conjoint du locataire « si l'existence de ce conjoint n'a pas été préalablement portée à la connaissance du bailleur ». La cotitularité existe donc, mais le congé délivré au seul signataire produit tous ses effets contre le conjoint que le bailleur ignorait.

En SCI familiale, le bailleur est souvent le conjoint gérant : l'ignorance est alors difficile à soutenir. Dans une société où d'autres associés gèrent, le risque est réel. La parade tient en une lettre. Écrivez à la société, en recommandé avec accusé de réception, pour l'informer de votre mariage et de votre occupation, puis conservez l'accusé. Cette pièce de deux lignes vaut, le jour venu, plus qu'un long contrat.

Trois ans ou six ans : la SCI familiale n'est pas un bailleur comme les autres

L'article 10 de la loi de 1989 fixe la durée minimale du bail à trois ans pour les bailleurs personnes physiques et ceux définis à l'article 13, à six ans pour les autres personnes morales. L'article 13 vise la société civile « constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré inclus », agissant au profit de l'un de ses associés. Une SCI strictement familiale relève donc des trois ans et peut reprendre le logement pour y loger un associé. Un seul associé extérieur à ce cercle la fait basculer aux six ans, sans reprise. Le détail figure dans SCI et bail d'habitation.


6. Le divorce : ce que le juge décide, ce que la SCI n'est pas obligée de subir

Premier point de vocabulaire, parce que beaucoup de pages en ligne sont restées cinq ans en arrière. L'ordonnance de non-conciliation a disparu au 1er janvier 2021, par l'effet de la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019. Depuis, l'article 254 du Code civil organise une audience sur mesures provisoires dès le début de la procédure, et les mesures figurent à l'article 255.

Le bon alinéa est le . Il permet au juge d'attribuer à l'un des époux « la jouissance du logement et du mobilier du ménage », ou de partager cette jouissance. Le texte lui demande d'en préciser le caractère gratuit ou non, et de constater le cas échéant l'accord des époux sur une indemnité d'occupation. Le 5°, souvent cité à sa place, ordonne seulement la remise des vêtements et objets personnels. Le 8°, lui, vise les biens communs ou indivis autres que ceux du 4° : c'est lui qui saisit les parts de la société, pas l'immeuble.

Le juge le fait. C'est l'opposabilité qui pose problème

Deux idées circulent, et toutes deux sont trop tranchées. « Le juge aux affaires familiales ne peut rien décider sur un bien de SCI » est faux : il le fait, et un arrêt au moins en porte la trace, sur ses faits. Le 8 décembre 2021 (Cass. 1re civ., n° 19-24.039, inédit, rejet), la Cour rappelle qu'une ordonnance du 8 mars 2010 avait attribué à l'épouse la jouissance du domicile conjugal, immeuble appartenant à la SCI Artemisia, et ordonné l'expulsion de l'époux. L'épouse était associée de cette société avec les enfants du couple. La société a vendu le bien 735 000 € le 21 octobre 2013, et c'est l'époux expulsé, non l'épouse attributaire, qui a fait annuler cette vente en soutenant que l'immeuble ne pouvait être cédé sans son accord. L'arrêt du 13 décembre 2018 qui a prononcé l'annulation est devenu irrévocable, mais la Cour de cassation n'en reprend pas les motifs. Le pourvoi qu'elle tranche en 2021 ne porte d'ailleurs pas sur l'article 215 : il porte sur la responsabilité du notaire, condamné in solidum à réparer le prix de vente. N'en retenez donc qu'un constat de fait, et il suffit ici : une mesure provisoire peut porter sur un immeuble détenu par une société.

Mais « la décision du juge s'impose à la société » est faux aussi. La société est un tiers à l'instance en divorce, et l'autorité de la chose jugée n'a lieu qu'entre les mêmes parties (article 1355 du Code civil). Ce seul texte porte l'inopposabilité, et il vaut mieux s'y tenir.

Une mise au point s'impose ici, parce que la référence circule partout et qu'elle est mal citée. On lit couramment que la Cour de cassation aurait jugé, le 7 janvier 2021, qu'une ordonnance de non-conciliation n'est « pas opposable à la SCI ». Nous avons lu la décision (Cass. 3e civ., n° 19-23.469, inédit, cassation) : la formule ne figure pas dans les motifs de la Cour. Elle figure dans le moyen annexé : l'argumentation du plaideur, reproduite à la suite de l'arrêt, et qui n'engage jamais la Cour. Elle y résume le raisonnement de la cour d'appel, laquelle a précisément été cassée. Cet arrêt ne fonde donc pas l'inopposabilité. Ce que la Cour a jugé, au visa de l'article 31 du Code de procédure civile, va même dans l'autre sens en pratique. Le propriétaire d'un logement donné à bail, dont le locataire est privé de sa jouissance par des occupants sans droit ni titre, a intérêt et qualité pour agir contre ces occupants. Dans cette affaire, la société avait loué l'appartement aux deux époux ; après le décès de l'épouse, ce sont ses enfants majeurs, restés dans les lieux, que la société assignait. La cour d'appel lui avait dénié qualité à agir, et elle est cassée. Retenez-en que la société propriétaire n'est pas désarmée. N'en retenez pas que la Cour aurait qualifié d'occupant sans titre l'époux attributaire de la jouissance : ce point-là n'est pas tranché.

La conclusion pratique est inconfortable, et mieux vaut l'écrire que la masquer. Le juge peut vous attribuer la jouissance ; la société peut, en parallèle, vous assigner en expulsion comme occupante sans titre. L'arrêt de 2021 dit qu'elle est recevable à le faire, il ne dit rien de l'issue au fond, qui reste ouverte. Les deux décisions ne se contredisent pas : elles ne concernent pas les mêmes personnes. La seule vraie parade est en amont, un titre opposable à la société, créé quand l'ambiance le permettait encore. Notez aussi l'article 262-1 : la jouissance du logement conjugal par un seul époux reste gratuite jusqu'à la demande en divorce, sauf décision contraire. Sur le partage et la soulte, voyez SCI et divorce ; sur l'expulsion, expulsion d'un occupant en SCI.


7. L'indemnité d'occupation qui n'a pas de créancier

Voici le point le plus mal compris du sujet, et celui qui coûte le plus cher aux deux époux à la fois. L'article 815-9, alinéa 2, du Code civil rend redevable d'une indemnité l'indivisaire qui use ou jouit privativement de la chose indivise. Ce texte suppose une indivision. Quand l'immeuble appartient à une société civile immobilière, il n'y en a pas : ce qui est éventuellement indivis entre les époux, ce sont les parts. Or occuper un immeuble social, ce n'est pas user privativement d'une part sociale.

Sur ce fondement, l'indemnité d'occupation entre époux n'a donc rien sur quoi se calculer. Ce qui existe est autre chose : une créance d'indemnité d'occupation de la société contre l'occupante. Et la société n'est pas l'époux.

Cas 4 — Deux créances, aucune au bon endroit

Le juge attribue à Léa la jouissance du logement à titre onéreux, comme le 4° de l'article 255 lui permet de le préciser. Il ne fixe aucun montant : les époux ne se sont accordés sur rien. L'immeuble appartient à la SCI Le Verger, gérée par Marc, et dix-huit mois passent.

Créance n° 1 : Marc chiffre à 700 € par mois ce qu'il entend faire valoir au partage, soit 18 × 700 = 12 600 €, sur le fondement de l'article 815-9. Problème : pas d'indivision sur l'immeuble, donc rien à saisir, et la créance a de fortes chances d'être écartée.

Créance n° 2 : dans le même temps, la société — gérée par Marc — réclame à Léa une indemnité d'occupation de 1 250 € par mois, soit 18 × 1 250 = 22 500 €, et l'assigne en expulsion. Celle-là a un fondement : la société est propriétaire, et Léa occupe sans bail. Les deux montants ne se calculent pas sur la même base : Marc raisonne sur ce qu'il estime dû entre époux, la société sur la valeur locative du bien.

Somme des deux prétentions : 35 100 €, dont 12 600 € probablement sans fondement. Le risque réellement chiffrable pour Léa est celui de la seule créance n° 2 : 22 500 €, contre lesquels la décision du juge ne la protège pas. Selon la façon dont la société plaide cette créance-là, la même occupation ne lui coûte rien ou lui coûte 22 500 €. C'est l'écart le plus large de cette page, et il ne tient à aucun texte fiscal.

Ce que le juge aurait pu faire, si les époux s'étaient entendus, c'est constater leur accord sur une indemnité : le 4° de l'article 255 le prévoit expressément, et c'est la seule voie par laquelle un montant s'impose entre eux. Un accord vaut convention, et une convention n'a pas besoin de l'article 815-9 pour produire effet entre ceux qui l'ont signée. Si vous êtes dans cette situation, c'est la voie à privilégier : négociez le montant, faites-le constater, et faites-le articuler avec la position de la société.


8. Ce que coûte la gratuité pendant l'instance, selon le régime fiscal

Une jouissance gratuite ordonnée par un juge n'est pas neutre fiscalement, et tout dépend du régime de la société.

À l'impôt sur le revenu, il ne se passe rien : le cas 3 l'a déjà chiffré à zéro, article 15, II du Code général des impôts à l'appui. Aucun loyer fictif à déclarer, aucune charge du logement occupé à déduire. C'est neutre, et c'est pourquoi personne n'y pense.

À l'impôt sur les sociétés, la mécanique s'inverse. Renoncer à percevoir un loyer est une renonciation à recettes : la société s'appauvrit sans contrepartie. L'administration ajoute alors d'office au résultat imposable le loyer qu'elle aurait dû encaisser — c'est la réintégration —, puis impose l'avantage chez celui qui en profite comme un revenu distribué, c'est-à-dire comme un dividende. Deux impositions pour une seule occupation.

Cas 5 — La gratuité ordonnée par le juge, société à l'impôt sur les sociétés

SCI Ambre, à l'impôt sur les sociétés, dont Claire et Marc sont les deux seuls associés. Valeur locative du logement : 1 400 € par mois. Le 14 avril 2026, le juge attribue à Claire la jouissance gratuite, et Marc, gérant, ne facture rien.

Douze mois. Recettes abandonnées : 12 × 1 400 = 16 800 €. Impôt sur les sociétés au taux réduit de 15 %, le bénéfice restant sous 42 500 € : 16 800 × 15 % = 2 520 €. Ce taux suppose les conditions de l'article 219, I, b, remplies ici : chiffre d'affaires sous 10 millions d'euros, capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Puis imposition de l'avantage chez le bénéficiaire, au prélèvement forfaitaire unique, le taux fixe qui frappe les revenus de capitaux mobiliers : 12,8 % d'impôt sur le revenu, soit 2 150,40 €, plus 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 3 124,80 €. Total du prélèvement forfaitaire : 5 275,20 €.

Coût de la première année : 2 520 + 5 275,20 = 7 795,20 €.

Reste l'hypothèse de l'avantage occulte : un avantage consenti sans être inscrit comme tel dans les comptes (article 111, c du Code général des impôts). Si l'administration retient cette qualification, la base de la part impôt sur le revenu est majorée de 25 % : 16 800 × 1,25 = 21 000 €, dont 12,8 % = 2 688 €. Les prélèvements sociaux, eux, ne subissent jamais cette majoration et restent à 3 124,80 €. Le total passe alors à 2 520 + 2 688 + 3 124,80 = 8 332,80 €.

Trente mois, durée réaliste d'une procédure contentieuse : 30 × 1 400 = 42 000 € de recettes abandonnées. Impôt sur les sociétés 15 % = 6 300 €, prélèvement forfaitaire unique 31,4 % = 13 188 €. Total 19 488 € dans l'hypothèse simple. Et 20 832 € si l'administration retient l'avantage occulte : la base de la part impôt sur le revenu passe à 52 500 €, soit 6 720 €, auxquels s'ajoutent 7 812 € de prélèvements sociaux et 6 300 € d'impôt sur les sociétés. Pour un logement que personne n'a loué à personne.

Une précision de taux, parce qu'elle est récente et qu'elle change les montants. Les prélèvements sociaux sur les revenus distribués sont passés à 18,6 % par le II de l'article 12 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, ce qui porte le prélèvement forfaitaire unique à 31,4 % et non à 30 %. Un avantage occulte n'étant pas prélevé à la source, la hausse le touche dès l'imposition des revenus de 2025. Les revenus fonciers et les plus-values immobilières des particuliers, eux, restent à 17,2 % : c'est pourquoi le cas 3 applique 47,2 % et pas davantage. Ne mélangez jamais les deux séries.

Reste une question que personne n'a tranchée. Une gratuité imposée par un juge est-elle une renonciation volontaire à recettes ? On peut soutenir que non : la société subit. On peut soutenir l'inverse, et l'administration ne s'en privera pas : la décision ne lui étant pas opposable, la société pouvait agir et ne l'a pas fait. Il n'existe ni jurisprudence ni doctrine administrative sur ce point précis.

Trois parades réduisent le risque, pour une demi-journée de travail. Faire délibérer les associés pour constater la contrainte, la dater et la porter au registre. Adresser à l'occupante une mise en demeure de payer, même si elle reste sans effet. Ou facturer une indemnité d'occupation dès le premier mois, quitte à ne pas la recouvrer : une créance impayée n'est pas une renonciation.


9. La clause d'unanimité des statuts : ce qu'elle vaut depuis le 1er octobre 2025

Le conseil qu'on lit partout, y compris chez de bons rédacteurs, tient en une phrase : « insérez dans les statuts une clause soumettant la vente de l'immeuble à l'unanimité des associés ». L'intention est bonne, l'effet est presque nul, et deux textes expliquent pourquoi.

Le premier est ancien. L'article 1849, alinéa 3, du Code civil énonce que les clauses statutaires limitant les pouvoirs des gérants sont inopposables aux tiers. L'acquéreur de bonne foi n'a pas à connaître vos statuts : la vente tient à son égard, même conclue en violation de la clause.

Le second est tout neuf. L'ordonnance n° 2025-229 du 12 mars 2025 a réécrit le régime des nullités en droit des sociétés, avec effet au 1er octobre 2025. Le dernier alinéa de l'article 1844-10 dispose désormais que, « sauf si la loi en dispose autrement, la violation des statuts ne constitue pas une cause de nullité ». La clause d'unanimité n'annule donc plus rien par elle-même. Elle ouvre seulement une action en responsabilité contre le gérant, ce qui suppose un gérant solvable et un préjudice chiffré.

Mettez cela en regard de l'article 215, alinéa 3, et le renversement est complet. Le droit matrimonial produit sa propre nullité, opposable à l'acquéreur, dans un délai d'un an. Le droit des sociétés, depuis octobre 2025, n'en produit plus.

Vous comptez sécuriser le logement familial par une clause d'unanimité dans vos statuts, et vous en tenir là ? Dans ce cas, ne faites pas ça. La clause ne coûte rien et ne fait pas de mal, mais elle ne protège pas le toit de vos enfants. Ce qui le protège, c'est un titre d'occupation régulièrement consenti : un bail, ou une décision unanime portée au registre des procès-verbaux. C'est la différence entre une vente annulable et une vente qui tient.

Une réserve, tout de même. L'articulation entre l'article 1844-10 et les nullités venues d'autres branches du droit n'a, à ce jour, aucune jurisprudence. La lecture retenue ici est la plus naturelle : une nullité de droit matrimonial n'est pas une nullité de droit des sociétés, elle échappe donc au verrou. Elle n'est pas confirmée pour autant. Pour la rédaction des clauses, voyez les statuts de SCI et la clause de majorité ; pour les assemblées et le registre, l'assemblée générale de SCI.

À retenir

Trois lignes à porter au procès-verbal de votre prochaine assemblée, adoptées à l'unanimité : la société autorise Monsieur et Madame X à occuper l'immeuble situé à telle adresse, à titre de logement de la famille, à compter de telle date. Signature de tous les associés, registre coté et paraphé. Cela vaut mieux que dix clauses statutaires.


10. Le majeur protégé logé par une SCI : l'article 426 protège lui aussi un titre

Le même raisonnement se retrouve, à l'identique, dans le droit des majeurs protégés. L'article 426 du Code civil conserve le logement de la personne protégée à sa disposition aussi longtemps qu'il est possible. Son alinéa 3 soumet à l'autorisation du juge, ou du conseil de famille, le fait de disposer « des droits relatifs à son logement ou à son mobilier par l'aliénation, la résiliation ou la conclusion d'un bail ».

Là encore : des droits, pas des murs. Le texte saisit donc le bail par lequel un majeur sous tutelle occupe l'immeuble d'une société civile immobilière. Le tuteur ne peut pas le résilier sans l'autorisation du juge. L'alinéa 2 va dans le même sens, mais il dit autre chose que ce qu'on lui fait dire. Tant que la personne protégée est absente, le pouvoir d'administrer son logement ne permet au tuteur que des conventions de jouissance précaire. Ce sont des mises à disposition qui cessent « malgré toutes dispositions ou stipulations contraires, dès le retour de la personne protégée dans son logement ». Le logement est gardé, jamais reloué durablement. La vente de l'immeuble par la société, elle, ne relève pas de l'article 426 : elle passe par le vote de l'associé protégé, autre mécanique, détaillée dans SCI et associé sous tutelle ou curatelle.

Réserve de méthode, explicite. La recherche « article 426 » croisée avec « société civile immobilière » et « logement » dans la base de jurisprudence ne renvoie aucune décision, ni dans un sens ni dans l'autre. Ce qui précède est une lecture de texte, cohérente avec celle que la Cour de cassation retient de l'article 215, et rien de plus. Un tuteur prudent demandera l'autorisation même s'il croit pouvoir s'en passer. Une requête au juge des contentieux de la protection se dépose sans avocat obligatoire. Un acte annulé, lui, se chiffre en milliers d'euros : le cas 2 en donne la mesure, avec 5 222,76 € d'émoluments perdus pour l'acquéreur et une instance à financer par-dessus.


11. Les textes, pour ceux qui veulent vérifier

Les textes ci-dessous ont été lus dans leur version consolidée au 3 septembre 2026. Les liens pointent vers les pages effectivement ouvertes pendant la rédaction ; les autres références sont citées en clair, ce qui vaut mieux qu'un lien fabriqué.

  • Article 215 du Code civil, en vigueur depuis le 1er juillet 1976 — protection des droits par lesquels est assuré le logement de la famille, action en nullité dans l'année.
  • Article 226 du Code civil — les règles du régime primaire s'appliquent par le seul effet du mariage, quel que soit le régime matrimonial.
  • Cass. 1re civ., 14 mars 2018, n° 17-16.482, publié au bulletin, rejet — la condition du droit d'associé ou de la décision unanime.
  • Article 1424 du Code civil — co-signature obligatoire pour aliéner un immeuble de communauté ou des droits sociaux non négociables.
  • Article 1832-2 du Code civil — le conjoint doit être averti de l'apport de biens communs, et il doit en être justifié dans l'acte. Sanction de l'article 1427, deux ans.
  • Article 255 du Code civil, version du 1er août 2020 — mesures provisoires, 4° pour la jouissance du logement, 8° pour les autres biens communs ou indivis.
  • Article 1844-10 du Code civil, en vigueur depuis le 1er octobre 2025 (ordonnance n° 2025-229 du 12 mars 2025) — la violation des statuts n'est plus une cause de nullité.
  • Article 426 du Code civil — logement du majeur protégé, autorisation du juge pour l'aliénation, la résiliation ou la conclusion d'un bail.
  • Cass. 1re civ., 8 décembre 2021, n° 19-24.039, inédit, rejet — jouissance du domicile conjugal attribuée sur un immeuble de SCI ; le pourvoi tranché porte sur la responsabilité du notaire et l'insolvabilité organisée de la société, non sur l'article 215.
  • Cass. 3e civ., 7 janvier 2021, n° 19-23.469, inédit, cassation, au visa de l'article 31 du Code de procédure civile. Le propriétaire d'un logement donné à bail, dont le locataire est privé de sa jouissance par des occupants sans droit ni titre, a qualité pour agir contre eux. La formule « n'étant pas opposable à la SCI » ne figure que dans le moyen annexé, où elle résume l'arrêt d'appel cassé.
  • Cass. 1re civ., 16 juillet 1985, n° 83-17.393, publié, cassation — le consentement porte non seulement sur le principe de la disposition, mais aussi sur les conditions de leur cession.
  • Cass. 1re civ., 11 mars 1986, n° 84-12.489, publié, rejet — société anonyme fictive interposée, annulation de la vente confirmée, l'acquéreur connaissant la fictivité.
  • Cass. 1re civ., 1er juillet 1986, n° 85-12.695, publié, rejet — le cautionnement n'est pas un acte de disposition au sens de l'article 215, le créancier qui inscrit ensuite une hypothèque judiciaire provisoire n'exerçant qu'une prérogative légale.
  • Articles 217, 220-1, 220-3, 254, 262-1, 515-4, 815-9, 1355, 1427, 1428, 1743, 1751, 1751-1, 1849, 1853, 1854, 1844-14 et 1844-15-2 du Code civil, cités dans le corps du guide. L'article 1844-14 y figure pour un délai de deux ans dont l'articulation avec l'article 215 n'est pas tranchée, et l'article 1844-15-2 comme un texte inapplicable ici, faute de décision sociale annulée.
  • Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, articles 9-1, 10 et 13 — opposabilité des notifications, durée du bail, société civile familiale et reprise.
  • Décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 — article 44 pour le contenu des procès-verbaux, article 45 pour le registre spécial coté et paraphé tenu au siège. Registre électronique admis depuis le 1er janvier 2020 (décret n° 2019-966 du 18 septembre 2019).
  • Code général des impôts : articles 15, II ; 111, c ; 219, I, b ; 810, I ; 1418 pour la déclaration d'occupation. Article 154 quinquies, II pour les 6,8 points de CSG déductibles. Articles 879 et 881 K, la contribution de sécurité immobilière étant liquidée « au taux unique de 0,10 % ». Article 1961 pour la restitution des droits sur un acte annulé par une décision passée en force de chose jugée.
  • Code de commerce : articles A444-91 (barème de vente) et A444-158 (actes de société portant sur des biens soumis à publicité foncière).

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Pour aller plus loin sur le logement familial en SCI

Chaque sujet effleuré ici a son guide ; voici où creuser, selon l'étape où vous en êtes.

Avant : le couple, les parts, l'apport

Le titre d'occupation, en pratique

Quand ça se tend

Les situations voisines


12. FAQ — 14 questions sur le logement familial en SCI

Les quatorze questions qui reviennent le plus souvent, avec des réponses à jour au 3 septembre 2026 : conjoint non associé, meubles meublants, délais concurrents, opposition au fichier immobilier, refus de signer, pacte civil de solidarité, hypothèque, avenant au compromis. Elles se déplient juste en dessous.

FAQ

Logement de la famille en SCI : les 14 questions les plus posées

Pas sur le fondement de l'article 215, alinéa 3. L'arrêt du 14 mars 2018 exige qu'un époux au moins soit associé, et qu'il tienne de cette qualité ou d'une décision unanime le droit d'occuper. Si aucun des deux n'est associé, il n'y a aucun droit dans leur patrimoine, donc rien dont ils puissent « disposer » au sens du texte. Deux autres voies restent ouvertes. La société civile immobilière peut d'abord être déclarée fictive, si elle n'a ni vie sociale ni autonomie réelle. Le 11 mars 1986, la Cour de cassation a maintenu sur ce terrain l'annulation de la vente d'un appartement détenu par une société anonyme fictive (1re civ., n° 84-12.489, publié, rejet). La société étant fictive, l'appartement avait en réalité été acquis par le mari, donc entré en communauté ; et la Cour relève que l'acquéreur connaissait cette fictivité. Le raisonnement vaut pour toute société écran, société civile comprise, mais aucun arrêt publié ne l'a dit en ces termes : il faut prouver la fictivité, et la connaissance de l'acquéreur pour l'atteindre. Et l'article 220-1 du Code civil permet au juge aux affaires familiales d'interdire en urgence tout acte de disposition. Attention à sa portée : cette interdiction vise un époux, jamais la société qui détient les murs.
Vous n'avez aucune protection matrimoniale. Ni vous ni votre conjoint n'êtes associés, donc la condition posée en 2018 ne peut pas être remplie. Votre situation dépend entièrement du titre que vous détenez sur les murs. Avec un bail, vous êtes locataires : la vente ne rompt pas le bail, et l'acquéreur reprend la place du bailleur. Sans bail, vous êtes occupants par tolérance, et une tolérance se retire. Le seul acte utile, ici, est de signer un bail écrit avec la société avant que la question ne se pose.
Oui, et c'est écrit dans le même alinéa. L'article 215, alinéa 3, vise les droits par lesquels est assuré le logement de la famille, « ni des meubles meublants dont il est garni ». La vente du mobilier du salon, de la chambre ou de la cuisine sans l'accord de l'autre époux est donc annulable, dans le même délai d'un an. En pratique, le contentieux est rare et l'action bute sur la preuve : personne ne tient l'inventaire de son mobilier. Un couple qui redoute ce point a intérêt à photographier et à lister les meubles de valeur.
Les deux, et il faut compter à partir du plus court. L'apport d'un immeuble commun qui sert de logement à la famille viole les deux textes à la fois. L'article 1424 exige la signature des deux époux sur les immeubles de communauté ; l'article 215, alinéa 3, protège le toit. Le cumul des deux actions est la lecture doctrinale courante, mais aucun arrêt publié ne la consacre expressément : le point n'est pas tranché. Ne pariez pas dessus. Retenez le délai d'un an comme échéance de travail : agir dans l'année ferme le débat, attendre la deuxième année l'ouvre.
Non. Le fichier immobilier publie des actes et des droits réels, pas des avertissements. Aucune procédure ne permet d'y inscrire une opposition unilatérale de conjoint, et un notaire n'a pas de fichier des consentements à consulter. La seule voie judiciaire est l'article 220-1 du Code civil : le juge aux affaires familiales peut, en cas d'urgence, interdire à un époux de disposer de ses biens propres ou communs sans le consentement de l'autre. Mais elle ne mord pas sur l'immeuble social. L'interdiction ne peut viser que les biens de votre conjoint, ici ses parts, jamais les murs, qui appartiennent à la société. Le mécanisme de publication de l'article 220-3 est donc sans objet : il ne joue que sur un bien dont l'aliénation est sujette à publicité, et des parts de société civile n'y sont pas soumises. Ajoutez que la mesure est plafonnée à trois ans, prolongation comprise. La voie contractuelle, moins spectaculaire, est plus solide : faites-vous consentir un titre d'occupation par la société.
Seulement avec l'autorisation du juge. L'article 217 du Code civil permet d'être autorisé à passer seul un acte pour lequel le concours du conjoint serait nécessaire. Deux cas l'ouvrent : le conjoint est hors d'état de manifester sa volonté, ou son refus n'est pas justifié par l'intérêt de la famille. Le juge apprécie l'intérêt de la famille, pas l'intérêt patrimonial de l'apporteur. Un refus motivé par la crainte de perdre le toit familial a de bonnes chances d'être jugé légitime. Autrement dit : cette porte existe, elle est étroite, et une optimisation successorale ne suffit pas à l'ouvrir.
Aucune obligation d'enregistrement ni de publicité foncière ne pèse sur une décision d'assemblée qui autorise un associé à occuper un immeuble social. Le procès-verbal obéit à l'article 44 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 pour son contenu, et à l'article 45 pour sa conservation : un registre spécial tenu au siège, coté et paraphé. Depuis le 1er janvier 2020 (décret n° 2019-966 du 18 septembre 2019), l'article 45 admet aussi le registre tenu sous forme électronique, avec signature électronique avancée. Ce qui compte n'est pas la formalité, c'est la date certaine et l'unanimité. Faites signer le procès-verbal par tous les associés, mentionnez l'unanimité, et conservez-le. C'est cette pièce que le juge lira pour dire si la condition posée en 2018 est remplie.
Non. Le régime primaire des articles 214 à 226 du Code civil est réservé au mariage, et l'article 515-4 ne le transpose pas au pacte civil de solidarité. Les partenaires ne disposent donc d'aucune action en nullité contre la vente du logement. Deux mécanismes leur restent. La cotitularité du bail de l'article 1751 leur est ouverte, mais seulement s'ils en font la demande conjointement au bailleur : ce n'est pas automatique comme pour les époux. Et l'article 1751-1 organise l'attribution du bail à la dissolution du pacte. Les concubins, eux, n'ont ni l'un ni l'autre.
Sur un immeuble détenu par la société, l'hypothèque est consentie par la société : la question se règle comme pour la vente, à la condition posée en 2018. Le terrain voisin du cautionnement est instructif. La Cour de cassation a jugé le 1er juillet 1986 (1re civ., n° 85-12.695, publié, rejet) qu'un époux se portant caution ne fait pas un acte de disposition au sens du texte. Le créancier avait ensuite inscrit, de sa seule initiative, une hypothèque judiciaire provisoire sur l'immeuble : il n'avait fait, dit la Cour, qu'exercer une prérogative légale. La leçon est nette : l'article 215 saisit l'acte de disposition lui-même, pas l'engagement qui le rend possible. Une hypothèque conventionnelle, elle, en est bien un : consentie par un époux sur le logement de la famille, elle tombe sous l'alinéa 3.
Non, et c'est un arrêt ancien et publié qui le dit. Le 16 juillet 1985, la Cour de cassation a jugé que le consentement du conjoint ne se limite pas au principe (1re civ., n° 83-17.393, publié, cassation). Il doit porter « non seulement sur le principe de la disposition des droits par lesquels est assuré le logement de la famille, mais aussi sur les conditions de leur cession ». Dans cette affaire, un avenant avait modifié les conditions de paiement, et l'accord donné sur l'acte initial ne le couvrait pas. Un accord sur un prix de 480 000 € ne couvre pas davantage une vente conclue à 430 000 €. Conséquence pratique pour l'époux qui vend : faites signer chaque avenant. Conséquence pour celui qui n'a pas signé : le délai d'un an court du jour où il a connu l'avenant, pas l'acte initial.
C'est la conséquence logique, mais elle n'est ni automatique ni sans obstacle. L'annulation de l'apport fait rétroactivement sortir l'immeuble du patrimoine social : la société a donc vendu un bien qui n'était pas le sien. L'acquéreur oppose alors sa bonne foi et la publicité foncière, ce registre où sont inscrites les ventes d'immeubles, et le juge doit arbitrer. Ne comptez pas davantage sur l'article 1844-15-2 du Code civil, en vigueur depuis le 1er octobre 2025. Il ne permet de différer que les effets de la nullité d'une décision sociale, et ne couvre ni la nullité d'un apport prononcée sur le fondement de l'article 215, ni celle d'une vente. Ne comptez pas non plus sur un effet domino : attaquez l'acte que vous voulez vraiment faire tomber, dans son propre délai.
Elle vaut ce que vaut l'unanimité qui la porte. Rien n'interdit à une société civile immobilière de consentir un titre d'occupation en cours d'instance, et une décision prise à l'unanimité des associés remplit la condition de l'arrêt de 2018 comme n'importe quelle autre. Le problème est ailleurs : à ce stade, l'unanimité est presque toujours impossible à réunir, puisque le conjoint gérant n'a aucun intérêt à la donner. Une convention signée par le seul gérant, elle, ne remplit pas la condition. Le bon moment pour créer le titre est celui où personne n'y voit d'enjeu.
La société, en tant que propriétaire. La déclaration d'occupation des locaux d'habitation incombe au propriétaire, personne physique ou morale (article 1418 du Code général des impôts), et se fait depuis l'espace professionnel de la société. Tout changement d'occupant ou de situation d'occupation doit y être porté. Le point pratique compte : c'est le gérant qui accède à cet espace, donc souvent l'époux avec lequel le litige est ouvert. Si l'occupation est gratuite et que la société relève de l'impôt sur les sociétés, cette déclaration devient une pièce du dossier fiscal, puisqu'elle date la mise à disposition.
C'est possible, mais c'est le mauvais angle depuis la réforme du 1er octobre 2025. Une décision sociale ne peut désormais être annulée que pour deux causes : la violation d'une disposition impérative du droit des sociétés, ou une cause de nullité des contrats. La violation des statuts n'en fait plus partie (dernier alinéa de l'article 1844-10), et le délai est tombé de trois à deux ans (article 1844-14). L'action de l'article 215, alinéa 3, est plus directe : elle vise l'acte de disposition lui-même et produit sa propre nullité. Visez la vente, pas l'assemblée qui l'a autorisée.