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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC
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Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 Fiscalite d'une SCI : IR, IS, plus-values SCI à l'IR : fonctionnement SCI à l'IS : fonctionnement Imposition des revenus SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Apport-cession Cession de parts de SCI 2026 Parts de SCI : valeur et operations Fiscalité cession de parts Valeur des parts Parts ou immeuble ? Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Effet de levier du crédit Domiciliation des loyers Prêt à paliers Assurance emprunteur Simuler un prêt en SCI Banques qui financent Assurance emprunteur Hypothèque en SCI Prêt relais Emprunter pour ses parts Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Sortir de sa caution Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Bilan de liquidation Fermer une SCI sans activité Coût de la dissolution Boni de liquidation Dissoudre avec un bien Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Réforme de la copropriété Plan pluriannuel de travaux (PPT) DPE collectif en copropriété Commerce en logement Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Révision du loyer commercial Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Clause d'échelle mobile Immeuble mixte Bail à construction Charges du bail commercial Louer à une société Décret tertiaire Bail commercial : les échéances 3-6-9 Guide SCI Familiale 2026 Avantages reels de la SCI familiale SCI familiale et succession : 4 cas chiffres Inconvénients SCI familiale SCI familiale et emprunt Déclaration SCI familiale SCI et EHPAD SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Mineur associé de SCI Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale Bien atypique Vendre son bien à sa SCI Conjoint survivant SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer État des lieux Permis de louer Diagnostics obligatoires Encadrement des loyers Décès du locataire Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Qu'est-ce qu'une SCI ? Apports en SCI Délai de création Frais de notaire Le guichet unique INPI SIREN, SIRET et code APE Statuts SCI : rédiger des statuts solides Clauses de majorité Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Associé qui ne paie pas Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Modèle de PV d'augmentation de capital Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI Jouissance partagée SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif Racheter une soulte SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Du nu au meublé Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Caves et dépendances Taxe d'habitation et SCI Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Vente à réméré Expropriation d'un bien de SCI Droits de préemption à la vente Acheter un bien loué Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Vendre un immeuble en IS Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS Balance âgée des loyers Lire son bilan de SCI Bilan annuel de SCI La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Comptabiliser une subvention Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Provisionner un loyer impayé Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Déclaration DECLOYER Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités SCI qui ne peut pas payer Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers Revenus accessoires TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Donation-partage de parts SCI et succession : transmettre un bien Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Quasi-usufruit Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Forêt et bois Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv Mandat de télétransmission EDI Contester un redressement FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
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État des lieux en SCI : obligations, vétusté et litiges (2026)

L'état des lieux est le document le moins cher et le plus rentable de toute la gestion locative. Il ne coûte rien quand le gérant le fait lui-même, il prend une heure, et c'est lui — lui seul — qui décidera si votre SCI peut retenir un euro sur le dépôt de garantie le jour où le locataire rend les clés. Tous les autres documents du dossier locatif servent à encadrer une relation. Celui-là sert à prouver un état à un instant donné, et il n'a aucun substitut.

Je prends volontairement le sujet par la fin : par ce qui se passe le jour de la restitution des clés, quand il est trop tard. C'est toujours là que ça se joue. Un gérant m'appelle, devis de peinture à la main, convaincu d'être dans son droit ; la première question que je lui pose porte sur l'état des lieux d'entrée. Quand la réponse est « on ne l'a pas fait, le logement était neuf », la conversation est pliée. Un état des lieux d'entrée bâclé ne se rattrape pas. Aucune régularisation, aucune tolérance : une présomption légale qui bascule, et une retenue qui devient indéfendable.

Ce guide traite l'état des lieux en SCI sous tous ses angles : la forme imposée par l'article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989 et le décret n° 2016-382, les deux délais de rectification ouverts au locataire, la vétusté et sa grille, la retenue sur dépôt de garantie et ses délais, le régime propre au bail commercial, les voies de recours et, pour finir, le traitement comptable et fiscal de la retenue dans les comptes de la société.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code civil, loi du 6 juillet 1989, décret n° 2016-382, Code de commerce, CGI, BOFiP, Légifrance). Mis à jour le 8 août 2026.

L'essentiel en six points

  • L'état des lieux est obligatoire à l'entrée et à la sortie (art. 3-2 de la loi du 6 juillet 1989), établi contradictoirement, en autant d'exemplaires que de parties, et joint au bail.
  • Sans état des lieux — ou sans remise d'un exemplaire — la SCI perd la présomption de l'article 1731 du Code civil si elle a fait obstacle à son établissement ; et même quand elle la conserve, cette présomption simple ne prouve ni l'état initial ni l'imputabilité des désordres : en pratique, plus aucune retenue possible.
  • Le locataire dispose de dix jours pour faire compléter l'état des lieux d'entrée, et du premier mois de la période de chauffe pour les éléments de chauffage.
  • La vétusté n'est jamais à la charge du locataire (art. 1755 du Code civil). Une grille de vétusté annexée au bail rend le calcul de la retenue mécanique et opposable.
  • Le dépôt de garantie se restitue dans un mois si la sortie est conforme à l'entrée, deux mois sinon, à compter de la remise des clés — au-delà, 10 % du loyer mensuel par mois entamé.
  • En bail commercial, l'article L145-40-1 du Code de commerce sanctionne plus durement : le bailleur qui n'a pas fait toutes diligences perd la présomption, même sans obstruction active.

1. Ce que risque la SCI sans état des lieux

Avant la forme du document, le risque. Beaucoup de gérants croient que l'absence d'état des lieux joue en leur faveur — après tout, le Code civil semble le dire. C'est l'inverse. Et le mécanisme mérite d'être posé texte en main, parce qu'il tient à l'articulation de deux articles que personne ne lit ensemble.

La présomption de l'article 1731 du Code civil, et son piège

Commençons par le texte que tout le monde cite de travers. L'article 1731 du Code civil dispose : « S'il n'a pas été fait d'état des lieux, le preneur est présumé les avoir reçus en bon état de réparations locatives, et doit les rendre tels, sauf la preuve contraire. »

Lu isolément, ce texte semble protéger le bailleur. Pas d'état des lieux ? Tant pis pour le locataire, il est réputé avoir reçu un logement impeccable et doit le rendre impeccable. Beaucoup de gérants de SCI s'arrêtent à cette lecture — et se croient couverts. C'est une erreur qui se paie au moment de la sortie.

Parce que l'article 3-2, alinéa 3, de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 vient neutraliser cette présomption, et il le fait dans des termes qui visent en pratique le bailleur bien plus souvent que le locataire :

Article 3-2, alinéa 3, de la loi du 6 juillet 1989

« À défaut d'état des lieux ou de la remise d'un exemplaire de l'état des lieux à l'une des parties, la présomption établie par l'article 1731 du code civil ne peut être invoquée par celle des parties qui a fait obstacle à l'établissement de l'acte ou à sa remise à l'une des parties. »

Traduction pratique. La présomption ne joue pas contre le locataire lorsque c'est le bailleur qui a fait obstacle à l'établissement de l'état des lieux ou à sa remise. Or, qui organise l'entrée dans les lieux ? Qui détient les clés ? Qui prépare les documents à signer ? Le bailleur. C'est donc lui, en pratique, qui est le plus souvent en position de faire obstacle : refuser de fixer un rendez-vous, se soustraire à la signature, conserver l'unique exemplaire.

Mais il faut lire le texte à la lettre, et ne pas lui faire dire plus. L'alinéa 3 vise « celle des parties qui a fait obstacle » : il suppose un comportement actif d'obstruction, pas une simple négligence ni une passivité. Le gérant qui a jugé que « ce n'était pas la peine », que « le logement était neuf » ou que « le locataire est un ami » n'a pas nécessairement fait obstacle au sens du texte, et conserve alors, à la lettre du texte, le bénéfice de la présomption. Prudence toutefois : aucune décision publiée ne consacre expressément cette opposition entre obstruction active et simple passivité, et la Cour de cassation sanctionne la seule carence du bailleur sur le terrain probatoire — un état des lieux de sortie dressé unilatéralement, « dont le défaut de contradiction est dû à sa carence », ne prouve pas les dégradations imputables au locataire (Cass. 3e civ., 16 novembre 2023, n° 22-19.422, publié). Le législateur a d'ailleurs marqué lui-même la différence : en bail commercial, il a retenu une formule plus large et plus sévère — le bailleur « qui n'a pas fait toutes diligences » (art. L145-40-1 du Code de commerce), où la seule passivité suffit. Nous y revenons au chapitre 7.

Et il y a pire que l'absence d'état des lieux : l'état des lieux établi mais jamais remis au locataire. Le texte met les deux hypothèses sur le même plan. Un gérant qui garde l'unique exemplaire signé dans son classeur perd la présomption aussi sûrement que celui qui n'a rien fait. C'est pourquoi l'article 3-2 exige que le document soit établi « dans les mêmes formes et en autant d'exemplaires que de parties », puis joint au contrat de location.

Ce que devient concrètement une retenue sans état des lieux d'entrée

Voilà pour le principe. Reste le terrain — et c'est là que le dossier se perd, même quand la présomption reste acquise à la SCI. Parce que la présomption de l'article 1731 est une présomption simple : elle cède devant la preuve contraire, et surtout elle ne dit rien de l'imputabilité des désordres constatés à la sortie. La SCI qui veut retenir 800 € de remise en peinture doit démontrer trois choses, cumulativement :

  • L'état du logement à l'entrée du locataire. Sans document contradictoire, il faudra des photos datées, des factures de travaux antérieures, un état des lieux de sortie du locataire précédent — et encore, un juge peut estimer que rien ne prouve ce qui s'est passé entre les deux locations.
  • L'état du logement à la sortie. Là, l'état des lieux de sortie contradictoire suffit… mais il ne dit rien de l'origine des désordres.
  • L'imputabilité au locataire. C'est le point qui fait tomber la quasi-totalité des dossiers. Une tache au plafond, un parquet marqué, une porte gauchie : rien ne permet d'affirmer que c'est ce locataire-là qui en est l'auteur.

Dans la pratique, l'absence d'état des lieux d'entrée signifie que la SCI restitue le dépôt de garantie en totalité. Ce n'est pas une fatalité juridique, c'est une réalité probatoire. Et si elle ne le restitue pas dans les délais, elle s'expose en plus à la majoration de 10 % du loyer mensuel par mois de retard prévue par l'article 22 — autrement dit, elle transforme un dossier perdu en dossier perdu et pénalisé.

L'article 1730 : ce que fait un état des lieux qui existe

À l'inverse, quand l'état des lieux existe, c'est l'article 1730 du Code civil qui s'applique : « S'il a été fait un état des lieux entre le bailleur et le preneur, celui-ci doit rendre la chose telle qu'il l'a reçue, suivant cet état, excepté ce qui a péri ou a été dégradé par vétusté ou force majeure. »

Retenez la fin de la phrase, on y reviendra longuement au chapitre 4 : même avec un état des lieux parfait, la vétusté et la force majeure restent hors du champ de l'obligation du locataire. L'état des lieux ne transforme pas le locataire en assureur du logement. Il permet seulement d'établir la différence entre deux instants — et c'est déjà tout ce dont la SCI a besoin.

Le calcul que je fais avec les gérants qui hésitent

Un état des lieux d'entrée sérieux : 1 heure de votre temps, ou 3,03 € TTC par m² au maximum pour la part du locataire si vous passez par un professionnel (plafond 2026), ou un émolument réglementé de 110,68 à 193,43 € HT partagés par moitié si vous passez par un commissaire de justice.

Le dépôt de garantie que vous ne pourrez pas mobiliser sans lui : un mois de loyer. Et la remise en état que vous financerez seul : bien souvent deux à quatre mois de loyer. Le rapport coût/bénéfice n'existe dans aucun autre poste de la gestion d'une SCI.


Le risque est posé. Passons à la règle. Le régime de l'état des lieux en location d'habitation tient en deux textes : un article de loi pour les principes, un décret pour le contenu. Il faut connaître les deux — parce qu'un état des lieux incomplet se conteste aussi bien qu'un état des lieux absent, et que la contestation, elle, arrive toujours au pire moment.

Ce qu'impose l'article 3-2 de la loi de 1989

Le premier alinéa de l'article 3-2 fixe le cadre en une phrase dense qu'il faut décomposer :

« Un état des lieux est établi selon des modalités définies par décret en Conseil d'État, pris après avis de la Commission nationale de concertation, dans les mêmes formes et en autant d'exemplaires que de parties lors de la remise et de la restitution des clés. Il est établi contradictoirement et amiablement par les parties ou par un tiers mandaté par elles et joint au contrat de location. »

Décomposons-la. Chaque membre de phrase porte une exigence, et chacune se paie quand on l'ignore :

Exigence Ce que cela veut dire pour la SCI
Deux états des lieuxUn à la remise des clés, un à la restitution. Un seul des deux ne sert à rien : c'est la comparaison qui fait la preuve.
Dans les mêmes formesLe document de sortie doit permettre la comparaison ligne à ligne avec celui d'entrée. Un formulaire d'entrée détaillé et une sortie rédigée sur une feuille libre : la comparaison devient contestable.
Autant d'exemplaires que de partiesLes parties au sens de l'article 3-2 sont le bailleur et le ou les locataires : deux exemplaires pour un locataire unique, trois en colocation à deux. Chacun repart avec le sien. Un exemplaire supplémentaire peut être remis à la caution, mais ce n'est pas une exigence du texte — la caution est n'est pas partie à l'état des lieux ; elle reçoit en revanche, à peine de nullité du cautionnement, un exemplaire du contrat de location auquel l'état des lieux est joint (art. 22-1).
ContradictoirementEn présence des deux parties ou de leurs mandataires. Un état des lieux dressé seul par le gérant et envoyé ensuite n'est pas un état des lieux : c'est une déclaration unilatérale.
AmiablementSigné sans réserve par les deux parties. Une signature arrachée « pour avoir les clés » se retourne mal en contentieux.
Joint au contrat de locationL'état des lieux d'entrée fait corps avec le bail. Il se conserve avec lui, et se transmet avec lui en cas de vente de l'immeuble.

Ce cadre s'applique à toute SCI qui donne un logement en location nue à titre de résidence principale, quelle que soit la durée du bail — six ans lorsque le bailleur est une personne morale (art. 10 de la loi de 1989), trois ans lorsque la SCI est familiale et bénéficie de l'article 13. Si vous n'avez pas encore arrêté la structure de votre contrat, commencez par notre modèle de bail pour SCI et par le guide du bail d'habitation en SCI : l'état des lieux s'y greffe, il ne s'en détache pas.

Le contenu obligatoire fixé par le décret n° 2016-382

Le décret en Conseil d'État annoncé par l'article 3-2 est le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016, qui fixe les modalités d'établissement de l'état des lieux et de prise en compte de la vétusté des logements loués à usage de résidence principale. C'est un texte court — six articles — et il faut le connaître par cœur quand on gère plusieurs lots.

Une réserve de champ d'application à ne pas oublier. L'article 5 du décret dispose qu'il « entre en vigueur le 1er juin 2016 ». Un texte réglementaire n'ayant pas d'effet rétroactif, ses exigences — mentions obligatoires de l'article 2, règles de forme de l'article 3, régime de la grille de vétusté de l'article 4 — ne devraient pas s'appliquer, faute d'effet rétroactif, à un bail conclu avant cette date et toujours en cours. L'argument est renforcé par l'article 14 de la loi ALUR du 24 mars 2014, aux termes duquel les contrats en cours demeurent soumis aux dispositions qui leur étaient applicables, avec une liste limitative d'exceptions où l'article 3-2 ne figure pas. Pour un bail antérieur au 27 mars 2014, le socle n'est d'ailleurs pas l'article 3-2, créé par cette loi, mais l'ancien article 3 de la loi de 1989. Or c'est une hypothèse fréquente : une SCI qui loge le même locataire depuis dix ou quinze ans est probablement dans ce cas. Pour ces baux anciens, le socle reste l'article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989 et les articles 1730, 1731 et 1755 du Code civil — c'est-à-dire l'obligation d'un état des lieux contradictoire et le principe de la vétusté, mais sans la liste de mentions ni le cadre de la grille.

Périmètre (article 1er). L'état des lieux porte sur l'ensemble des locaux et équipements d'usage privatif mentionnés au contrat de bail et dont le locataire a la jouissance exclusive. Une cave, un garage, un emplacement de stationnement mentionnés au bail en font donc partie — c'est un oubli fréquent, et il coûte cher quand une cave est rendue encombrée de gravats.

Mentions communes à l'entrée et à la sortie (article 2). Le décret impose une liste que je reproduis ici parce qu'elle constitue, à elle seule, un contrôle de conformité de votre formulaire :

  • Le type d'état des lieux : entrée ou sortie. Une case cochée, mais si elle manque, le document devient ambigu.
  • Sa date d'établissement.
  • La localisation du logement.
  • Le nom ou la dénomination des parties et le domicile ou le siège social du bailleur — pour une SCI, sa dénomination et son siège, pas le nom personnel du gérant.
  • Le cas échéant, le nom ou la dénomination et le domicile ou le siège social des mandataires.
  • Les relevés des compteurs individuels de consommation d'eau ou d'énergie.
  • Le détail et la destination des clés ou de tout autre moyen d'accès aux locaux à usage privatif ou commun.
  • Pour chaque pièce et partie du logement, la description précise de l'état des revêtements des sols, murs et plafonds, des équipements et des éléments du logement.
  • La signature des parties ou de leurs mandataires.

Mentions propres à l'état des lieux de sortie (article 2 également). À la sortie, la liste s'allonge. Et c'est cet ajout-là, pas le reste, qui fait la valeur probatoire du document :

  • L'adresse du nouveau domicile ou du lieu d'hébergement du locataire. Ce n'est pas une formalité administrative : sans elle, la majoration de retard de l'article 22 n'est pas due, puisque le défaut de restitution résulte alors de l'absence de transmission de l'adresse par le locataire.
  • La date de réalisation de l'état des lieux d'entrée.
  • Éventuellement, les évolutions de l'état de chaque pièce constatées depuis l'établissement de l'état des lieux d'entrée. Une SCI qui laisse cette rubrique vide vient de renoncer, sans le savoir, à toute retenue sur le dépôt.

La forme du document

L'article 3 du décret ajoute des règles de forme qu'on néglige parce qu'elles paraissent secondaires. Elles ne le sont pas :

  • La forme du document doit permettre la comparaison de l'état du logement constaté à l'entrée et à la sortie ; les états des lieux peuvent être établis sur un seul document ou sur des documents distincts ayant une présentation similaire. En clair : même trame, mêmes rubriques, même ordre des pièces.
  • Le logement ne doit contenir, lors de l'établissement de l'état des lieux, que les seuls meubles ou équipements mentionnés au contrat. Un état des lieux réalisé alors que le camion de déménagement est déjà à moitié déchargé n'a aucune valeur descriptive pour les sols et les murs.
  • Le document est remis en main propre ou par voie dématérialisée à chacune des parties au moment de sa signature. La voie dématérialisée est expressément admise — combinée à l'article 1367 du Code civil sur la signature électronique, cela valide sans ambiguïté les états des lieux sur tablette.

Le réflexe qui change tout : les photos

Le décret n'impose pas de photographies. Il n'en interdit pas non plus, et c'est la meilleure chose que vous puissiez ajouter à votre dossier. Une description écrite dit « revêtement mural : bon état, léger marquage angle gauche ». Une photo datée dit tout le reste.

Encore faut-il qu'elles soient opposables. Une photo ne pèse que si elle est annexée à l'état des lieux et visée par les deux parties — une ligne du type « photographies annexées, référencées P1 à P24, paraphées par les parties » fait l'affaire. Un jeu de clichés pris seul, stocké sur un téléphone et exhumé trois ans plus tard face à un locataire qui conteste : ce n'est pas la même chose du tout.


3. Les deux délais de l'état des lieux que personne ne connaît

L'article 3-2 contient deux mécanismes correctifs que la plupart des bailleurs — et beaucoup de locataires — ignorent complètement. Ils ne jouent qu'au bénéfice du locataire, mais un gérant de SCI a tout intérêt à les connaître : ils lui permettent de traiter proprement une réclamation au lieu de la subir en contentieux deux ans plus tard.

Le délai de dix jours pour compléter l'état des lieux d'entrée

L'état des lieux établi lors de la remise des clés peut être complété par le locataire dans un délai de dix jours à compter de son établissement. Si le bailleur refuse, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation territorialement compétente.

Le législateur a simplement admis une évidence : on ne voit pas tout le jour de l'entrée. La fenêtre qui ne ferme pas tout à fait, la prise morte derrière le canapé, la tache sous le tapis laissé par l'occupant précédent, le volet roulant qui coince à mi-course. Ces choses-là se découvrent en habitant le logement, pas en le parcourant en trente minutes avec des cartons plein les bras.

Ce que le gérant doit en retenir :

  • La forme de la demande n'est pas imposée par le texte. Un courrier simple, un e-mail, un message suffisent en droit. Mais en pratique, invitez le locataire à formuler sa demande par écrit daté : c'est dans son intérêt comme dans le vôtre. Une mention en ce sens dans votre état des lieux d'entrée (« le locataire dispose d'un délai de dix jours pour demander la modification du présent état des lieux ; il est invité à le faire par écrit ») fait très bonne impression devant un juge.
  • Le point de départ est l'établissement de l'état des lieux, c'est-à-dire sa signature, et non l'entrée dans les lieux ni la date du bail.
  • Le refus n'est pas neutre. Refuser une demande de complément raisonnable, c'est offrir au locataire un argument sérieux au moment de la sortie : il montrera qu'il avait signalé le désordre dès l'entrée et que le bailleur a refusé de l'acter. Quand la demande est fondée, acceptez et annexez un avenant signé des deux parties.

Le délai de la période de chauffe

Second mécanisme, et celui-là est encore plus méconnu : pendant le premier mois de la période de chauffe, le locataire peut demander que l'état des lieux soit complété par l'état des éléments de chauffage.

On ne teste pas un radiateur en juillet. Un locataire entré au mois de mai n'a aucun moyen de vérifier la chaudière, l'équilibrage des émetteurs ou l'efficacité d'un plancher chauffant : il faudra attendre octobre pour le savoir. D'où cette seconde fenêtre, décalée dans le temps et limitée aux seuls éléments de chauffage.

Délai Point de départ Portée Recours en cas de refus
10 joursÉtablissement de l'état des lieux d'entréeToutes les rubriques de l'état des lieuxCommission départementale de conciliation
Premier mois de la période de chauffeDébut de la période de chauffe suivant l'entréeUniquement l'état des éléments de chauffageCommission départementale de conciliation, puis juge

Le conseil que je donne systématiquement. Ne subissez pas ces délais : utilisez-les. Un gérant qui, à la fin de l'état des lieux d'entrée, dit au locataire « vous avez dix jours pour me signaler tout ce que vous découvrez, et le premier mois de chauffe pour les radiateurs, écrivez-moi » construit un dossier propre. Passé ces délais sans réclamation, l'état des lieux d'entrée devient un document que le locataire aura beaucoup de mal à contester trois ans plus tard.

Vos états des lieux, classés au bon endroit

Dans sci-ai.app, chaque bail porte ses annexes : état des lieux d'entrée et de sortie, photos, avenants, dépôt de garantie et son sort. Le jour du départ du locataire, tout est réuni en un clic — et l'écriture comptable suit.


4. La vétusté : le cœur de tous les litiges

Si vous ne lisez qu'un chapitre de ce guide, lisez celui-ci. Dans la quasi-totalité des contentieux de dépôt de garantie, personne ne discute l'existence du désordre : tout le monde voit bien que la moquette est brûlée et que le mur est marqué. Ce qui se discute, c'est qui paie. Et la réponse tient dans un mot que le droit définit très précisément.

Définition légale

L'article 4 du décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 donne, pour la première fois dans un texte réglementaire, une définition de la vétusté : l'état d'usure ou de détérioration résultant du temps ou de l'usage normal des matériaux et éléments d'équipement dont est constitué le logement.

Le texte vise deux causes et les met sur le même plan. Le temps d'abord : un revêtement se dégrade même dans un logement vide. L'usage normal ensuite : une moquette s'use parce qu'on marche dessus, ce qui est très exactement sa fonction. Tout le reste tombe en dehors — usage anormal, négligence, défaut d'entretien, dégradation volontaire. C'est là, et seulement là, que commence le domaine du locataire.

La vétusté n'est jamais à la charge du locataire

Ce principe n'est pas une tolérance jurisprudentielle, il est écrit dans le Code civil depuis 1804. L'article 1755 dispose qu'« aucune des réparations réputées locatives n'est à la charge des locataires quand elles ne sont occasionnées que par vétusté ou force majeure ». Et l'article 1730, on l'a vu, excepte de l'obligation de restitution « ce qui a péri ou a été dégradé par vétusté ou force majeure ».

La Cour de cassation applique ce principe avec constance, y compris dans les baux professionnels : par un arrêt du 30 novembre 2023 (Cass. 3e civ., n° 21-23.173, inédit), elle a jugé que l'obligation du preneur de restituer les locaux dans leur état primitif n'inclut pas la réparation des dommages dus à la vétusté, sauf convention contraire expresse. Une clause générale mettant la remise en état « aux seuls frais du preneur » ne suffit pas à écarter cette règle : il faut une stipulation qui vise expressément la vétusté.

Et attention à la charge de la preuve : lorsque le désordre est ambigu — jaunissement d'un plafond, papier peint décollé, peinture ternie — c'est au bailleur de démontrer l'usage anormal. La Cour de cassation a par exemple censuré une retenue au titre du jaunissement d'un plafond faute pour le bailleur d'établir un usage anormal (Cass. 3e civ., 21 décembre 2017, n° 16-26.565), et a approuvé le rejet d'une retenue au titre des peintures et papiers peints après huit ans d'occupation, rattachés à l'usure normale, les taches d'humidité n'ayant pu être imputées au locataire faute d'établir si elles provenaient d'un défaut d'entretien ou d'un désordre du bâti (Cass. 3e civ., 22 octobre 2015, n° 14-19.286).

La ligne rouge

Une SCI ne peut jamais facturer à un locataire sortant le remplacement d'un élément arrivé en fin de vie. Refaire les peintures d'un logement loué neuf huit ans plus tôt, changer une moquette de douze ans, remplacer une robinetterie de quinze ans : ce sont des dépenses de renouvellement à la charge du propriétaire. Les inscrire au décompte de sortie, c'est offrir au locataire le dossier idéal — et s'exposer, en plus de la restitution, à la majoration de 10 % par mois de retard.

La grille de vétusté : facultative, mais opposable si elle est convenue

L'article 4 du décret de 2016 ouvre une faculté que je recommande d'utiliser systématiquement : les parties peuvent convenir de l'application d'une grille de vétusté choisie parmi celles ayant fait l'objet d'un accord collectif de location pris en application de l'article 41 ter de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986. Cette grille définit, pour chaque catégorie d'élément d'équipement, une durée de vie théorique et des coefficients d'abattement forfaitaire annuels.

Le mot important est « convenir ». La grille n'est pas obligatoire. Mais :

  • Sans grille, la vétusté s'applique quand même — elle est d'ordre légal — mais son quantum est laissé à l'appréciation souveraine du juge. En pratique, l'abattement retenu par les juridictions est souvent plus sévère que celui d'une grille négociée, et surtout il est imprévisible.
  • Avec une grille annexée au bail, le calcul devient mécanique, vérifiable et opposable aux deux parties. Le locataire sait à quoi s'attendre, la SCI aussi, et le contentieux disparaît dans la grande majorité des cas.

La grille doit être annexée au contrat de location et acceptée par les deux parties. Une grille inventée par le bailleur au moment de la sortie et transmise avec le décompte n'a strictement aucune valeur : elle n'a jamais été convenue.

Un exemple de grille exploitable

Voici la structure d'une grille cohérente, à adapter à vos lots. Le principe : pendant la franchise, aucun abattement n'est appliqué (l'élément est réputé neuf) ; ensuite, un abattement annuel court jusqu'à un plancher résiduel qui reste à la charge du locataire quel que soit l'âge de l'élément, pour tenir compte du fait qu'une dégradation reste une dégradation.

Élément Durée de vie théorique Franchise Abattement annuel Part résiduelle
Peintures et papiers peints7 ans1 an15 %10 %
Revêtements de sol souples (moquette, vinyle)10 ans1 an10 %10 %
Parquet, carrelage20 ans2 ans5 %10 %
Éléments sanitaires (lavabo, WC, baignoire)20 ans2 ans5 %10 %
Robinetterie10 ans1 an10 %10 %
Bouches et caissons de VMC16 ans1 an6 %10 %
Volets roulants, menuiseries intérieures20 ans2 ans5 %10 %
Chaudière individuelle, ballon d'eau chaude20 ans2 ans5 %10 %

Ce que la grille fait, et ce qu'elle ne fait pas. L'article 4 du décret vise des « coefficients d'abattement forfaitaire annuels » appliqués aux frais de réparation susceptibles d'être imputés au locataire. La grille n'intervient donc qu'après avoir établi qu'il y a une dégradation imputable : elle réduit la facture, elle ne crée pas la dette. Un élément simplement arrivé en fin de vie relève de la vétusté pure et de l'article 1755 du Code civil — il est à 100 % à la charge du bailleur, quel que soit le coefficient que donnerait la grille. Une chaudière hors service après dix-huit ans reste intégralement pour la SCI, même si la grille attribuerait 20 % de valeur résiduelle : simplement, il n'y a rien à imputer.

Ces valeurs sont un exemple de structure, pas une norme. Aucun texte n'impose de durées de vie théoriques : elles résultent d'accords collectifs de location et de la pratique. Deux précisions honnêtes : la grille visée par l'article 4 du décret est celle issue d'un accord collectif de location — une grille rédigée librement par le bailleur ne relève pas de ce régime et ne vaut que comme stipulation contractuelle, à condition d'avoir été annexée au bail et acceptée par le locataire ; et aucune grille, quelle qu'elle soit, ne peut mettre à la charge du locataire une dégradation qui n'est due qu'à la vétusté (art. 1755 du Code civil).

Le calcul d'une retenue, sur un cas complet

Prenons une situation ordinaire. Une SCI familiale détient un T3 de 62 m², loué 850 € hors charges, dépôt de garantie 850 € (un mois de loyer en principal, plafond de l'article 22). Le locataire est entré le 1er septembre 2020 et rend les clés le 31 août 2026, soit six ans d'occupation. L'état des lieux d'entrée est détaillé, la grille ci-dessus est annexée au bail.

L'état des lieux de sortie relève cinq points. Voici comment chacun se traite :

Constat Devis / facture Vétusté appliquée Retenue
Peintures séjour et chambre : nombreux trous de chevilles non rebouchés, traces indélébiles1 800 € TTC(6 − 1) × 15 % = 75 %450 €
Moquette de la chambre : brûlure de 15 cm900 € TTC(6 − 1) × 10 % = 50 %450 €
Bouche de VMC de la salle de bains arrachée160 € TTC(6 − 1) × 6 % = 30 %112 €
Logement rendu non nettoyé (cuisine, sanitaires)220 € TTCAucune : une prestation de nettoyage ne subit pas de vétusté220 €
Clé de boîte aux lettres non restituée35 € TTCAucune : reproduction à l'identique35 €
Total imputable au locataire1 267 €

Conséquence. Le dépôt de garantie de 850 € est intégralement imputé, et la SCI conserve une créance de 417 € sur le locataire sortant. Le dépôt de garantie n'est pas un plafond d'indemnisation : c'est une avance de trésorerie qui s'impute sur une dette, et le solde reste dû. La SCI adresse au locataire un décompte détaillé accompagné des devis ou factures et des extraits d'état des lieux, puis, en cas de refus, engage le recouvrement dans les conditions du chapitre 8.

Le même dossier sans grille de vétusté. Les 220 € de nettoyage et les 35 € de clé passent sans difficulté. Les 1 800 € de peinture, en revanche, deviennent très fragiles : après six ans, un juge considérera fréquemment que la remise en peinture relève du renouvellement normal et n'en retiendra qu'une fraction, voire rien. La moquette et la VMC subiront un abattement librement fixé. Résultat probable : une retenue divisée par deux ou par trois, et un dossier qui se plaide.

Le même dossier sans état des lieux d'entrée. Retenue : zéro. Restitution intégrale des 850 € — dans le délai de deux mois de l'article 22, puisque le délai d'un mois suppose de constater que l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, comparaison impossible faute de document d'entrée — puis 85 € de majoration par période mensuelle commencée au-delà. En pratique, restituez sans attendre : le dossier est perdu, autant ne pas y ajouter une pénalité.

Vétusté, dégradation, entretien : la grille de lecture

Situation Qualification À la charge de
Peinture ternie après sept ans d'occupationVétustéBailleur
Mur repeint en noir sans autorisationTransformation non autoriséeLocataire
Joints de douche noircis, non entretenusDéfaut d'entretien (réparation locative)Locataire
Robinet mitigeur qui fuit après douze ansVétustéBailleur
Vitre briséeDégradationLocataire
Chaudière hors service après dix-huit ans, par fin de vieVétusté pure : rien à imputer, donc pas de grille à appliquerBailleur
Chaudière jamais entretenue, encrasséeDéfaut d'entretien annuelLocataire
Fissure structurelle apparue en cours de bailDésordre affectant le bâtiBailleur
Dégât des eaux provenant du logementSinistreAssurance du locataire

La ligne de partage entre entretien courant et grosses réparations est fixée, pour les baux d'habitation, par le décret n° 87-712 du 26 août 1987 qui liste limitativement les réparations locatives à la charge du locataire. Ce décret et la vétusté se combinent : une réparation figure-t-elle dans la liste ? Alors elle est locative — sauf si elle n'est occasionnée que par vétusté ou force majeure, auquel cas l'article 1755 la renvoie au bailleur. Pour la répartition des charges récupérables, qui obéit à une autre logique et à un autre décret, voyez notre guide des charges locatives en SCI.


5. État des lieux de sortie et dépôt de garantie : l'article 22

L'état des lieux de sortie n'a pas de valeur en soi. Sa valeur, c'est de déclencher — ou non — un délai, et de fonder — ou non — une retenue. Tout est dans l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989.

Un mois ou deux mois : ce qui fait basculer le délai

Le texte prévoit deux délais, et un seul critère pour choisir entre eux :

  • Deux mois à compter de la remise des clés, dans le cas général, déduction faite le cas échéant des sommes restant dues au bailleur et des sommes dont celui-ci pourrait être tenu aux lieu et place du locataire, sous réserve qu'elles soient dûment justifiées.
  • Un mois lorsque l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d'entrée, avec les mêmes déductions justifiées.

Autrement dit : le délai long n'est pas un droit acquis. Il n'est ouvert que si la sortie n'est pas conforme à l'entrée. Une SCI qui garde le dépôt deux mois alors que le logement est rendu en parfait état est en retard dès le trente et unième jour, et la majoration court.

Le point de départ : la remise des clés, rien d'autre

C'est l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse. Le délai part de la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, en main propre ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Ce n'est ni la date de fin du préavis, ni la date de l'état des lieux de sortie, ni la date à laquelle vous avez enfin reçu le devis du peintre.

En pratique, les deux coïncident presque toujours puisque les clés se remettent à l'issue de l'état des lieux de sortie. Mais pas toujours : un locataire qui libère les lieux le 15 et adresse les clés par recommandé le 20 fait courir le délai à compter de la réception. Notez la date sur l'état des lieux, elle vaut point de départ.

La majoration de 10 % par mois de retard

À défaut de restitution dans les délais, le dépôt de garantie restant dû au locataire est majoré d'une somme égale à 10 % du loyer mensuel en principal, pour chaque période mensuelle commencée en retard.

La phrase est courte, mais chacun de ses mots compte :

  • La majoration porte sur le loyer mensuel en principal, hors charges. Pour un loyer de 850 € hors charges, c'est 85 € par mois entamé.
  • Elle est due par période mensuelle commencée : un jour de retard sur le deuxième mois déclenche 85 € supplémentaires en totalité.
  • Elle s'applique au dépôt restant dû, c'est-à-dire au solde après retenues justifiées. Si la SCI justifie 700 € de retenues sur 850 €, la majoration se calcule sur les 150 € restants… mais elle reste de 10 % du loyer, soit 85 € par mois : le texte ne proportionne pas la pénalité au solde.

L'exception à connaître : la majoration n'est pas due lorsque l'origine du défaut de restitution résulte de l'absence de transmission par le locataire de l'adresse de son nouveau domicile. D'où l'importance de la mention imposée par le décret de 2016 — et d'une trace écrite lorsque le locataire refuse de la donner.

La provision de 20 % en immeuble collectif

Lorsque le logement se situe dans un immeuble collectif, l'article 22 organise un mécanisme spécifique, très utile aux SCI qui détiennent des lots en copropriété :

Le mécanisme en trois temps

  1. Le bailleur procède à un arrêté des comptes provisoire dans le délai d'un ou deux mois.
  2. Il peut, lorsque cela est dûment justifié, conserver une provision qui ne peut excéder 20 % du montant du dépôt de garantie, jusqu'à l'arrêté annuel des comptes de l'immeuble.
  3. La régularisation définitive et la restitution du solde interviennent dans le mois qui suit l'approbation définitive des comptes de l'immeuble. Les parties peuvent toutefois convenir amiablement de solder immédiatement l'ensemble des comptes.

Sur un dépôt de 850 €, la provision maximale est donc de 170 €. Elle sert à couvrir la régularisation des charges de copropriété récupérables non encore arrêtées — et elle doit être justifiée, pas retenue par réflexe. Une SCI qui conserve 20 % sans expliquer pourquoi expose sa retenue à la contestation, et le reste du dépôt à la majoration. Sur la mécanique des appels de fonds et de la régularisation, voyez nos guides sur les appels de fonds de copropriété et les charges de copropriété en SCI.

Ce que la SCI doit joindre pour justifier une retenue

Le texte exige des sommes « dûment justifiées ». Voici le dossier minimal que je fais préparer :

Pièce Pourquoi
Décompte détaillé, poste par posteUne somme globale « remise en état : 900 € » n'est pas justifiée. Chaque ligne doit renvoyer à un constat de l'état des lieux de sortie.
Devis ou factureAucun texte n'impose que les travaux soient réalisés, mais la jurisprudence du fond se contente rarement d'un devis : la Cour de cassation a validé le rejet d'une retenue faute pour le bailleur d'établir par factures l'exécution effective des travaux (Cass. 3e civ., 22 octobre 2015, n° 14-19.286). Joignez la facture chaque fois que vous le pouvez.
Extraits des deux états des lieuxC'est la comparaison entrée / sortie qui établit l'imputabilité, pas la seule constatation du désordre.
Photos datées, annexées et viséesElles règlent la moitié des contestations avant même qu'elles ne naissent.
Calcul de vétusté ligne à ligneMontrer l'abattement appliqué désamorce le reproche principal fait aux bailleurs. Sans grille, expliquez la méthode retenue.
Arrêté des comptes de chargesProvisoire, puis définitif. Nécessaire pour justifier la provision de 20 % en immeuble collectif.
Justificatif d'envoiLettre recommandée avec avis de réception à la nouvelle adresse. C'est la preuve du respect du délai.

Le sort comptable du dépôt de garantie — son encaissement, sa conservation au passif, son imputation à la sortie — est traité en détail dans notre guide des écritures de dépôt de garantie en SCI. Je n'en reprends ici que ce qui découle directement de l'état des lieux, au chapitre 10.


6. Qui peut établir l'état des lieux, et à quel coût

Reste une question très concrète, qui commande à la fois le budget et la valeur probatoire du document : qui tient le stylo. Trois hypothèses, trois régimes de coût, et une seule qui fonctionne quand le locataire ne joue pas le jeu.

Le gérant de la SCI

C'est la solution la plus fréquente et elle est parfaitement régulière. L'article 3-2 vise les « parties » : la partie bailleresse est la SCI, personne morale, qui agit par son représentant légal. Le gérant signe donc l'état des lieux ès qualités, en indiquant la dénomination de la SCI, son siège social et sa propre qualité — exactement comme pour le bail lui-même. La question de savoir qui signe le bail dans une SCI se règle de la même façon, et la réponse vaut pour l'ensemble des actes de gestion locative.

Une précision qui a son importance : un associé non gérant n'a aucun pouvoir pour engager la SCI. S'il établit l'état des lieux, il lui faut un mandat écrit du gérant. En cas de cogérance ou de gérance déléguée, vérifiez les statuts : ils peuvent limiter les pouvoirs de chacun.

Un tiers mandaté : agent immobilier, administrateur de biens, prestataire

L'article 3-2 admet expressément l'intervention d'un « tiers mandaté » par les parties. Sur le terrain, on rencontre surtout deux profils :

  • Le professionnel titulaire d'une carte de gestion immobilière (loi Hoguet n° 70-9 du 2 janvier 1970) agissant dans le cadre d'un mandat de gestion. C'est lui qui réalise l'état des lieux et engage la SCI.
  • Le prestataire spécialisé mandaté ponctuellement pour la seule réalisation de l'état des lieux. Il agit alors comme mandataire, et son intervention doit être mentionnée sur le document (le décret impose l'identité et le siège des mandataires).

Ce que la SCI peut refacturer au locataire. L'article 5 de la loi du 6 juillet 1989 permet un partage des honoraires lorsqu'un professionnel intervient, mais uniquement pour l'état des lieux d'entrée, et sous deux plafonds cumulatifs :

  • la part du locataire ne peut excéder celle payée par le bailleur ;
  • elle ne peut dépasser le plafond fixé par le décret n° 2014-890 du 1er août 2014, revalorisé chaque 1er janvier par arrêté du ministre chargé du logement en fonction de l'indice de référence des loyers : 3,03 € TTC par mètre carré de surface habitable pour les baux conclus depuis le 1er janvier 2026 (contre 3 € à l'origine). C'est un plafond national uniforme, contrairement aux honoraires de visite, de constitution de dossier et de rédaction de bail, qui varient selon les zones (12,10 €, 10,09 € ou 8,07 € par m² en 2026).

Pour un T3 de 62 m², la part maximale du locataire est donc de 187,86 € TTC, et seulement si le bailleur en paie au moins autant. L'état des lieux de sortie reste intégralement à la charge du bailleur : aucun texte n'autorise à en refacturer une part. Et si le gérant réalise lui-même l'état des lieux, il n'y a pas d'honoraires, donc rien à partager.

Le commissaire de justice, quand l'amiable échoue

C'est la voie prévue par l'alinéa 2 de l'article 3-2, et c'est la seule qui préserve la SCI lorsque le locataire refuse de se prêter à l'exercice :

« Si l'état des lieux ne peut être établi dans les conditions prévues au premier alinéa, il est établi par un commissaire de justice, sur l'initiative de la partie la plus diligente, à frais partagés par moitié entre le bailleur et le locataire et à un coût fixé par décret en Conseil d'État. Dans ce cas, les parties en sont avisées par le commissaire de justice au moins sept jours à l'avance, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. »

Le formalisme conditionne le partage des frais. C'est le point que les gérants ratent : l'avis préalable par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, au moins sept jours à l'avance, n'est pas une politesse. La Cour de cassation l'a jugé sans ambiguïté : à défaut de cette convocation, la partie qui a pris l'initiative de faire établir l'état des lieux par un commissaire de justice ne peut pas obtenir le remboursement de la moitié de son coût (Cass. 3e civ., 26 octobre 2023, n° 22-20.183). La SCI supporte alors l'intégralité de la dépense.

Le coût. Le tarif est réglementé et figure à l'article A444-27 du Code de commerce, au titre des prestations tarifées des commissaires de justice. Il varie selon la superficie du logement :

Superficie du logement Émolument HT (art. A444-27) Part de la SCI
Jusqu'à 50 m²110,68 €La moitié du total
Plus de 50 m² et jusqu'à 150 m²128,95 €La moitié du total
Au-delà de 150 m²193,43 €La moitié du total

Ce barème est celui en vigueur depuis le 1er mars 2024, maintenu jusqu'au 29 février 2028 par l'arrêté du 25 février 2026 fixant les tarifs réglementés des commissaires de justice. Le tarif réglementé étant révisé par arrêté, vérifiez le montant en vigueur auprès de l'étude saisie. À l'émolument s'ajoutent la TVA, les lettres de convocation — expressément exclues de l'émolument — et l'indemnité de déplacement : la facture réelle dépasse donc toujours le montant du tableau, et la SCI en supporte la moitié.

Mettez les deux montants côte à côte. D'un côté, une soixantaine d'euros d'émolument pour la part de la SCI sur un studio, frais annexes en sus. De l'autre, un dépôt de garantie d'un mois de loyer qui devient inexploitable faute de document opposable. Je n'ai jamais vu un gérant regretter d'avoir appelé une étude ; j'en ai vu beaucoup regretter de ne pas l'avoir fait. Cela vaut aussi bien à l'entrée, quand le locataire ne se présente pas, qu'à la sortie, quand il refuse de signer.


7. L'état des lieux en bail commercial

Beaucoup de SCI détiennent des locaux professionnels ou commerciaux : murs de boutique, bureaux, local d'activité. Le régime de l'état des lieux y est proche dans l'esprit, mais différent dans la lettre — et surtout dans la sanction.

L'obligation de l'article L145-40-1 du Code de commerce

Introduit par la loi Pinel n° 2014-626 du 18 juin 2014, l'article L145-40-1 du Code de commerce dispose (le texte, non modifié depuis, continue de viser l'« huissier de justice », profession fusionnée dans celle de commissaire de justice depuis le 1er juillet 2022) :

« Lors de la prise de possession des locaux par le locataire en cas de conclusion d'un bail, de cession du droit au bail, de cession ou de mutation à titre gratuit du fonds et lors de la restitution des locaux, un état des lieux est établi contradictoirement et amiablement par le bailleur et le locataire ou par un tiers mandaté par eux. L'état des lieux est joint au contrat de location ou, à défaut, conservé par chacune des parties. »

« Si l'état des lieux ne peut être établi dans les conditions prévues au premier alinéa, il est établi par un huissier de justice, sur l'initiative de la partie la plus diligente, à frais partagés par moitié entre le bailleur et le locataire. »

« Le bailleur qui n'a pas fait toutes diligences pour la réalisation de l'état des lieux ne peut invoquer la présomption de l'article 1731 du code civil. »

Ce qui change par rapport au bail d'habitation

Point Bail d'habitation Bail commercial
FondementArt. 3-2, loi du 6 juillet 1989Art. L145-40-1, Code de commerce
Faits générateursRemise et restitution des clésPrise de possession, cession du droit au bail, cession ou mutation à titre gratuit du fonds, restitution
ContenuFixé par le décret n° 2016-382Libre : aucun décret ne fixe de mentions obligatoires
Sanction du défautPerte de la présomption de l'art. 1731 pour la partie qui a fait obstaclePerte de la présomption de l'art. 1731 pour le bailleur qui n'a pas fait toutes diligences
Grille de vétustéPrévue par le décret de 2016Aucun cadre réglementaire : tout se joue dans le bail

La nuance de rédaction entre « faire obstacle » et « ne pas faire toutes diligences » n'est pas anodine. En habitation, la présomption ne se perd qu'en cas de comportement actif d'obstruction. En commercial, elle se perd dès que le bailleur reste passif : ne rien faire suffit à le priver de l'article 1731. La sanction est donc plus sévère pour la SCI bailleresse de locaux commerciaux — ce qui, en pratique, condamne l'habitude de « faire l'état des lieux plus tard ».

Le lien avec les charges et les travaux

En bail commercial, l'état des lieux ne vit pas seul. Il s'articule avec l'article L145-40-2 du Code de commerce, qui impose un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts, taxes et redevances liés au bail, avec l'indication de leur répartition entre bailleur et preneur, ainsi qu'un état prévisionnel et un état récapitulatif des travaux. Et l'article R145-35 du même code interdit d'imputer au locataire certaines charges, au premier rang desquelles les dépenses relatives aux grosses réparations de l'article 606 du Code civil et aux honoraires liés à leur réalisation.

Concrètement, pour une SCI qui loue des murs commerciaux, la chaîne documentaire est la suivante : bail → inventaire des charges → état des lieux d'entrée → états prévisionnels et récapitulatifs de travaux → état des lieux de sortie. C'est l'ensemble qui permet de justifier une remise en état ou une indemnité. Nos guides sur le bail commercial en SCI et sur l'achat d'un local commercial en SCI détaillent cette articulation.

Dernier point, souvent décisif à la sortie : la clause de remise en état. Beaucoup de baux commerciaux prévoient que le preneur restituera les locaux dans leur état d'origine, aménagements retirés. Une telle clause est valable, mais elle ne fait pas disparaître la vétusté : conformément à la jurisprudence rappelée au chapitre 4, il faut une stipulation expresse mettant à la charge du preneur les réparations dues à la vétusté pour écarter l'article 1755. Une clause de style n'y suffit pas. Sur le sort des aménagements et des indemnités de sortie, voyez notre guide de l'indemnité d'éviction.


8. Les litiges types et comment ils se tranchent

Quand le décompte de sortie est contesté, la discussion se ramène presque toujours à quelques configurations qui reviennent d'un dossier à l'autre. Les voici, avec l'élément qui, dans chacune, emporte la décision — puis les voies de recours dans l'ordre où il faut les emprunter.

Les huit situations que je rencontre le plus souvent

Situation Ce qui décide de l'issue
Dégradations contestéesLa comparaison entrée / sortie ligne à ligne. Si l'entrée dit « bon état » sans plus de précision et la sortie « mauvais état », le juge cherche l'élément objectif : photo, devis descriptif, mention circonstanciée.
Absence de photosCe n'est pas rédhibitoire — le décret ne les impose pas — mais la description écrite doit alors être suffisamment précise pour se suffire à elle-même.
État des lieux non contradictoireUn document établi hors la présence du locataire n'a aucune valeur d'état des lieux. Il ne vaut que comme pièce unilatérale, soumise à la libre appréciation du juge : il ne peut même pas constituer un commencement de preuve par écrit, celui-ci supposant, aux termes de l'article 1362 du Code civil, un écrit émanant de la partie à laquelle on l'oppose.
Logement rendu non nettoyéRetenue admise sans abattement de vétusté : une prestation de nettoyage ne s'use pas. Il faut une facture ou un devis, et un constat écrit à la sortie.
Clés non restituéesRetenue du coût de reproduction, voire du remplacement du cylindre si la sécurité l'exige. Le détail des clés étant une mention obligatoire de l'état des lieux, la preuve est facile.
Désordre découvert après la sortieTrès difficile à imputer une fois les clés remises et l'état des lieux signé sans réserve. C'est l'argument massue du locataire : le bailleur a constaté et signé.
Colocataires et solidaritéVoir ci-dessous : la clause de solidarité s'éteint dans les conditions de l'article 8-1, VI, de la loi de 1989.
Sinistre en cours de bailRelève de l'assurance, pas du dépôt de garantie. Le locataire est tenu d'assurer les risques locatifs ; la SCI, de son côté, porte une assurance propriétaire non occupant.

Le cas particulier de la colocation

En colocation, l'état des lieux se signe avec l'ensemble des colocataires présents — et en autant d'exemplaires que de parties. La question sensible arrive à la sortie d'un seul d'entre eux. L'article 8-1, VI, de la loi du 6 juillet 1989 encadre la clause de solidarité : la solidarité du colocataire sortant et celle de sa caution prennent fin à la date d'effet du congé régulièrement délivré lorsqu'un nouveau colocataire figure au bail ; à défaut, elles s'éteignent au plus tard à l'expiration d'un délai de six mois après la date d'effet du congé.

Conséquence pratique pour la SCI : à chaque rotation de colocataire, établissez un état des lieux intermédiaire contradictoire, signé par le partant, l'entrant et les restants. Ce n'est imposé par aucun texte, mais c'est le seul moyen de savoir, deux ans plus tard, qui a fait quoi. Notre guide de la colocation en SCI détaille le reste du dispositif.

Les voies de recours, dans l'ordre

Étape Fondement Ce qu'il faut savoir
1. Mise en demeure écriteDroit communLettre recommandée avec avis de réception, décompte détaillé et pièces jointes. Une majorité de dossiers se règle ici.
2. Conciliateur de justiceMode amiable de droit communGratuit, rapide, sans avocat. Saisine possible en ligne ou auprès de la mairie ou du tribunal. Un constat d'accord peut être homologué par le juge.
3. Commission départementale de conciliationArt. 20, loi du 6 juillet 1989Compétente notamment pour les litiges relatifs à l'état des lieux, au dépôt de garantie, aux charges et aux réparations. Gratuite, paritaire, avis rendu dans un délai de deux mois. Saisine facultative pour ces litiges.
4. Juge des contentieux de la protectionArt. L213-4-4 du Code de l'organisation judiciaireIl connaît des actions dont un contrat de louage d'immeubles à usage d'habitation est l'objet, la cause ou l'occasion. C'est lui, au sein du tribunal judiciaire, qui tranche un litige de dépôt de garantie.

Réflexe de gestion : une tentative amiable préalable — conciliation, médiation ou procédure participative — est obligatoire à peine d'irrecevabilité lorsque la demande porte sur une somme n'excédant pas 5 000 € (art. 750-1 du Code de procédure civile, rétabli par le décret n° 2023-357 du 11 mai 2023, applicable aux instances introduites depuis le 1er octobre 2023, sous réserve des dispenses prévues par le texte). Autant dire : dans la quasi-totalité des litiges de dépôt de garantie. Au-delà de la règle de procédure, c'est surtout la bonne méthode : un dossier de dépôt de garantie porte rarement sur plus de mille euros, et le temps passé coûte plus cher que l'enjeu. La commission départementale de conciliation, gratuite et paritaire, est très efficace sur ce type de dossier.

Les délais pour agir

  • Bail d'habitation : trois ans. L'article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que toutes actions dérivant d'un contrat de bail sont prescrites par trois ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. Le point de départ pratique, pour un litige de sortie, est la restitution des lieux.
  • Bail commercial ou professionnel : cinq ans, prescription de droit commun de l'article 2224 du Code civil, sous réserve des prescriptions spéciales du statut des baux commerciaux (l'article L145-60 du Code de commerce prévoyant une prescription biennale pour les actions exercées en vertu du chapitre relatif aux baux commerciaux).
  • Action du locataire en restitution du dépôt : même prescription triennale en habitation. Un locataire qui découvre trois ans et un jour après son départ que la SCI n'a jamais restitué son dépôt n'a plus de recours — mais je ne recommande à personne de bâtir une gestion locative sur ce pari.

Lorsque le litige se double d'un impayé de loyer, la logique change : la retenue sur dépôt s'impute d'abord sur les loyers dus, et le recouvrement suit une autre voie. Voyez notre guide des loyers impayés en SCI et, pour les garanties mobilisables, celui de la caution du locataire.


9. Modèle d'état des lieux : la checklist pièce par pièce

Ce qui suit n'est pas un modèle réglementaire — le décret de 2016 impose des rubriques, pas un formulaire. C'est la trame que j'utilise et que je fais utiliser : elle couvre les mentions obligatoires et ajoute ce qui, en contentieux, fait la différence. Vous pouvez la recopier telle quelle.

En-tête du document

  • Type : état des lieux d'entrée ou de sortie (case explicite).
  • Date d'établissement, heure de début et de fin.
  • Adresse complète du logement, étage, numéro de lot, bâtiment.
  • Bailleur : dénomination de la SCI, forme, capital, siège social, numéro d'immatriculation, représentée par son gérant.
  • Locataire(s) : nom, prénom, et pour la sortie, adresse du nouveau domicile.
  • Mandataires éventuels : identité et siège.
  • Pour la sortie : date de l'état des lieux d'entrée et référence du bail.

Compteurs, clés et accès

  • Compteur d'électricité : numéro de PDL, index HP / HC relevés.
  • Compteur de gaz : numéro de PCE, index.
  • Compteur d'eau froide et, le cas échéant, d'eau chaude : numéro et index.
  • Compteur individuel de chauffage ou répartiteurs.
  • Détail et destination de chaque clé : porte palière (nombre), boîte aux lettres, cave, local vélos, portail, badge ou bip, télécommande de garage. Comptez-les, ne notez pas « jeu de clés ».

Pour chaque pièce : sols, murs, plafonds, équipements

Pour chacune des pièces ci-dessous, décrivez le revêtement de sol, les murs, le plafond, les plinthes, la porte et sa quincaillerie, les fenêtres, vitrages, volets et stores, les prises et interrupteurs, les points lumineux, les radiateurs ou émetteurs de chauffage et les bouches de ventilation. Bannissez « bon état » seul : écrivez « peinture blanche, bon état, léger marquage angle sud-est sur 10 cm » — c'est cette précision qui vous servira six ans plus tard.

Pièce Points spécifiques à ne pas oublier
Entrée, couloirSerrure et nombre de points, judas, interphone, placard technique, tableau électrique (différentiel testé), détecteur de fumée (présence et test).
SéjourPrises TV et réseau, cheminée ou insert (ramonage), balcon ou terrasse et son garde-corps, seuil de baie.
CuisinePlan de travail, meubles hauts et bas (charnières, façades), évier, siphon, robinetterie, hotte et filtres, alimentation et évacuation lave-vaisselle et lave-linge, crédence, joints.
ChambresPlacards intégrés, tringles, occultation, état du sol sous les emplacements de meubles.
Salle de bainsBaignoire ou receveur, émail, tablier, robinetterie, flexible et pommeau, joints silicone, VMC (test à la feuille de papier), miroir, sèche-serviettes, faïence.
WCCuvette, abattant, mécanisme de chasse, robinet d'arrêt, joint de pied.
Chauffage et eau chaudeChaudière ou ballon (marque, modèle, année, dernier entretien), robinets thermostatiques, purgeurs, pression du circuit.
Annexes mentionnées au bailCave (numéro, porte, propreté), garage ou emplacement de stationnement (numéro, marquage au sol), local vélos, jardin privatif, abri.

Clôture du document

  • Observations générales et réserves de chaque partie, rédigées par la partie concernée.
  • Mention du délai de dix jours ouvert au locataire pour demander une modification, et du premier mois de la période de chauffe pour les éléments de chauffage.
  • Liste des annexes : photographies référencées, diagnostics, notice d'information, grille de vétusté.
  • Mention du nombre d'exemplaires établis et de leur remise à chaque partie.
  • Signature de chaque partie ou de son mandataire, précédée de la mention manuscrite ou électronique attestant la remise d'un exemplaire.

Trois minutes qui valent des mois de loyer : avant de signer l'état des lieux de sortie, relisez celui d'entrée ligne par ligne, sur place. C'est le seul moment où vous pouvez encore ajouter une mention contradictoire. Une fois les clés dans votre poche et le document signé sans réserve, tout ce que vous découvrirez ensuite sera, sauf preuve contraire très solide, à votre charge.


10. Retenue sur dépôt : le volet comptable et fiscal pour la SCI

Un état des lieux ne produit pas d'écriture comptable en lui-même. Mais il déclenche, à la sortie du locataire, trois flux qui doivent être traités correctement — et dont le régime diffère radicalement selon que la SCI est à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés.

La retenue sur dépôt de garantie : l'écriture

Le dépôt de garantie est une dette de la SCI envers le locataire pendant toute la durée du bail. Il figure au passif, au compte 165 « Dépôts et cautionnements reçus ». À la sortie, trois mouvements possibles :

Opération Débit Crédit
Restitution du solde au locataire165512
Fraction conservée au titre des dégradations165Compte de produits divers de gestion courante (ou compte de transferts de charges si la retenue correspond exactement à une charge comptabilisée)
Fraction imputée sur des loyers impayés165411 (ou 416 si la créance a été reclassée en douteuse)
Créance résiduelle sur le locataire au-delà du dépôt411Compte de produits divers de gestion courante

Reprenons le cas chiffré du chapitre 4 : dépôt de 850 €, retenues justifiées de 1 267 €. La SCI solde le compte 165 pour 850 €, constate une créance de 417 € sur le locataire sortant, et enregistre par ailleurs les factures de remise en état. Le détail des schémas d'écriture, y compris l'encaissement initial et le cas de la vente de l'immeuble en cours de bail, figure dans notre guide dédié aux écritures de dépôt de garantie.

Un point trop souvent négligé, et souvent mal énoncé : lorsque la SCI vend l'immeuble en cours de bail, ce que l'article 22 de la loi de 1989 transfère de plein droit, c'est l'obligation de restitution, pas les fonds. Le texte dispose qu'« en cas de mutation à titre gratuit ou onéreux des locaux loués, la restitution du dépôt de garantie incombe au nouveau bailleur » et que « toute convention contraire n'a d'effet qu'entre les parties à la mutation ». Autrement dit : si le vendeur garde les fonds sans les reverser, l'acquéreur reste néanmoins tenu envers le locataire et n'a qu'un recours contre le vendeur. Le sort des fonds se règle donc dans l'acte — reversement effectif ou ajustement du prix — et cette stipulation n'est opposable qu'entre vendeur et acquéreur. Comptablement, le compte 165 sort du bilan du cédant à la date de la vente et entre au passif de l'acquéreur.

Les travaux de remise en état

Il faut distinguer deux natures de dépenses, et la distinction n'a rien de théorique : elle change le compte, la déductibilité et, à l'IS, l'existence d'un amortissement.

  • Réparation et entretien — remettre le bien en état sans en modifier la consistance : rebouchage et remise en peinture, remplacement d'un revêtement de sol à l'identique, réparation d'une porte, remplacement d'une bouche de VMC. Charge de l'exercice, compte 615 « Entretien et réparations ».
  • Amélioration — apporter un élément de confort nouveau ou substituer un équipement d'une qualité supérieure : refaire une salle de bains vétuste en la modernisant, installer une VMC là où il n'y en avait pas. À l'IS, la dépense est immobilisée et amortie ; à l'IR, elle reste déductible pour les locaux d'habitation, mais son régime est distinct.

Notre guide des travaux en SCI traite cette frontière en détail, et celui des écritures de travaux en donne les schémas comptables.

Le régime fiscal de la retenue : IR et IS

SCI à l'impôt sur le revenu (revenus fonciers). Le principe est posé par la doctrine administrative : les sommes reçues du locataire à titre de dépôt de garantie ne constituent pas, dès leur versement, des recettes imposables au sens de l'article 29 du CGI ; elles ne peuvent être regardées comme définitivement acquises au propriétaire tant qu'il ne les a pas utilisées pour se couvrir de loyers impayés ou de frais de remise en état des locaux après le départ du locataire (BOI-RFPI-BASE-10-10, n° 380). Le n° 390 ajoute, symétriquement, que les sommes restituées au locataire à son départ ne constituent pas des charges déductibles, et le n° 400 que les sommes conservées par le propriétaire pour couvrir des loyers impayés ou des charges non remboursées sont imposables au titre de l'année où elles sont acquises.

Ce que cela donne, concrètement, dans une déclaration :

  • À l'encaissement, rien à déclarer. Le dépôt n'entre pas dans le revenu brut foncier.
  • Lorsqu'il est imputé, la fraction utilisée devient une recette imposable de l'année où elle est acquise (BOI-RFPI-BASE-10-10, n° 400), à porter sur la déclaration 2072 puis dans la quote-part 2044 de chaque associé.
  • En contrepartie, les travaux de réparation et d'entretien effectivement supportés par le propriétaire sont déductibles sur le fondement du a du 1° du I de l'article 31 du CGI, l'année de leur paiement. La doctrine admet même, par mesure de simplification, de s'abstenir de déclarer les sommes correspondantes lorsque les montants déclarés en recettes brutes sont identiques à ceux déduits en charges — à condition que les charges récupérées par la retenue n'aient pas déjà été déduites au titre d'une année antérieure.

Attention à un piège : si le propriétaire reprend le logement pour son usage personnel après le départ du locataire, il ne peut pas déduire les travaux de remise en état, même lorsqu'ils sont dus à des dégradations imputables au locataire. La déduction suppose que le bien reste affecté à la location.

SCI à l'impôt sur les sociétés. Le raisonnement change de nature : on est en comptabilité d'engagement. La retenue constitue un produit acquis dès que la créance est certaine dans son principe et déterminée dans son montant, c'est-à-dire à l'établissement du décompte de sortie, indépendamment de tout encaissement. Les travaux de remise en état sont déductibles au titre de l'article 39 du CGI s'ils constituent des charges, immobilisés et amortis s'ils constituent des améliorations. Et si le locataire ne règle jamais le solde de 417 €, la créance suit le régime des créances douteuses puis irrécouvrables — un sujet que nous traitons ailleurs.

Pour la déductibilité générale des dépenses selon le régime, voyez notre panorama des charges déductibles en SCI et le guide de la comptabilité SCI à l'IR et à l'IS.

L'assurance, l'autre filet

L'état des lieux fixe la preuve ; l'assurance finance. Encore faut-il ne pas confondre les deux contrats en présence :

  • L'assurance du locataire couvrant les risques locatifs (incendie, dégâts des eaux, explosion) est obligatoire et son attestation doit être remise chaque année. Elle prend en charge les sinistres, pas les dégradations d'usage.
  • L'assurance propriétaire non occupant de la SCI, et le cas échéant la garantie loyers impayés, couvrent d'autres risques — dont, selon les contrats, les détériorations immobilières constatées au départ du locataire, généralement sous condition expresse de production des états des lieux d'entrée et de sortie. Autrement dit : sans état des lieux, l'assureur refuse aussi.

Vérifiez la rédaction exacte de votre contrat avant de compter dessus : franchise, plafond, exclusion de la vétusté, délai de déclaration. Notre guide de l'assurance PNO et GLI en SCI détaille ces garanties. Et rappelez-vous que le cumul d'une garantie loyers impayés avec un cautionnement est interdit, sauf logement étudiant ou apprenti.

Conservation et archivage

Un état des lieux d'entrée doit survivre à toute la durée du bail — six ans pour une SCI bailleresse personne morale, trois ans renouvelables pour une SCI familiale — puis à la prescription triennale de l'article 7-1. En pratique, conservez-le au minimum trois ans après la restitution des lieux, et alignez-vous plutôt sur la durée de conservation des pièces comptables, dix ans, puisqu'il justifie une retenue enregistrée en comptabilité. Nos guides sur les documents à conserver et l'archivage numérique en SCI font le tour de la question.


11. Les huit erreurs qui coûtent le dépôt de garantie

Pour finir, la synthèse par la négative. Ces huit erreurs reviennent dans la quasi-totalité des dossiers perdus par une SCI bailleresse — et chacune se corrige en quelques minutes, à condition de s'en occuper avant la remise des clés.

Erreur 1 : ne pas faire d'état des lieux d'entrée parce que « le logement est neuf »

C'est l'erreur la plus fréquente et la plus définitive. Un logement neuf est précisément celui pour lequel un état des lieux est le plus rentable : tout écart constaté à la sortie sera imputable. Et sans document, de deux choses l'une : ou bien la SCI a fait obstacle à son établissement et perd la présomption de l'article 1731 sur le fondement de l'article 3-2, alinéa 3 ; ou bien elle la conserve, mais cette présomption simple ne prouvera ni l'état initial dans le détail ni l'imputabilité au locataire des désordres relevés à la sortie. Dans les deux cas, la retenue tombe.

Erreur 2 : établir l'état des lieux, mais ne pas en remettre d'exemplaire

Le texte met sur le même plan l'absence d'état des lieux et l'absence de remise. Un gérant qui garde l'unique exemplaire signé perd exactement les mêmes droits que celui qui n'a rien fait. Faites signer la mention de remise, ou envoyez l'exemplaire dématérialisé le jour même avec accusé de réception.

Erreur 3 : écrire « bon état » partout

Un état des lieux d'entrée entièrement coché « bon état » est une aubaine… pour le locataire, s'il est mal rédigé, parce qu'il ne décrit rien. Le décret impose une description précise de l'état des revêtements et des équipements. « Bon état » est une appréciation, pas une description. Écrivez ce que vous voyez.

Erreur 4 : oublier les annexes mentionnées au bail

Cave, garage, emplacement de stationnement, jardin privatif : dès lors qu'ils figurent au bail et que le locataire en a la jouissance exclusive, ils entrent dans le périmètre de l'état des lieux. Une cave rendue pleine d'encombrants sans état des lieux d'entrée, c'est un débarras que la SCI videra à ses frais. Le sujet se pose dans les mêmes termes pour les parkings et box loués par une SCI.

Erreur 5 : facturer la vétusté

Repeindre un logement occupé sept ans et présenter la facture au locataire, c'est le meilleur moyen de perdre le dossier en entier — y compris les postes qui étaient fondés, parce que le décompte perd toute crédibilité. Appliquez la vétusté vous-même, poste par poste, et montrez le calcul.

Erreur 6 : se tromper de délai de restitution

Un mois si la sortie est conforme à l'entrée, deux mois sinon, à compter de la remise des clés. Beaucoup de gérants retiennent « deux mois » comme une règle unique et se retrouvent en retard dès le trente et unième jour sur les logements rendus en parfait état. La majoration de 10 % du loyer par mois entamé transforme alors une gestion négligente en dette.

Erreur 7 : envoyer un décompte sans pièces

« Retenue pour remise en état : 900 € » n'est pas une somme « dûment justifiée » au sens de l'article 22. Décompte détaillé, devis ou factures, extraits des deux états des lieux, photos, calcul de vétusté : c'est le dossier qui fait la retenue, pas l'affirmation.

Erreur 8 : établir seul l'état des lieux de sortie quand le locataire ne vient pas

Un document unilatéral n'est pas un état des lieux. La seule voie utile est le commissaire de justice, à frais partagés par moitié, avec avis préalable aux parties par lettre recommandée au moins sept jours à l'avance. Une centaine d'euros pour la SCI — et un document opposable au lieu d'une feuille sans valeur.

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Chaque bail, ses annexes et son dépôt de garantie au même endroit : état des lieux d'entrée et de sortie, photos, avenants, décompte de sortie et écriture comptable associée. Le jour du départ du locataire, vous sortez le dossier complet en une minute — et votre déclaration suit automatiquement.


12. FAQ — état des lieux en SCI

Les questions qui reviennent le plus souvent de la part des gérants de SCI, et celles auxquelles la réponse intuitive est fausse.

Une SCI peut-elle se dispenser d'état des lieux avec un locataire de la famille ?

Juridiquement non, l'article 3-2 ne prévoit aucune dérogation. Et pratiquement, c'est là que je vois les dossiers les plus douloureux : une SCI familiale qui loge un proche sans état des lieux se retrouve sans preuve le jour où la relation se dégrade — et les relations familiales se dégradent aussi. L'état des lieux protège d'ailleurs les deux parties, ce qui est un bon argument pour l'imposer sans froisser personne.

Faut-il un état des lieux en location meublée ?

Oui, et il faut en plus un inventaire et un état détaillé du mobilier : l'article 25-5 de la loi du 6 juillet 1989 impose de les établir dans les mêmes formes et en autant d'exemplaires que de parties, lors de la remise et de la restitution des clés, puis de les annexer au bail. L'état des lieux décrit le logement, l'inventaire décrit ce qu'il contient : ce sont deux documents distincts, et il faut les deux. Le même article précise qu'ils ne peuvent donner lieu à aucune facturation autre que celle liée à l'établissement de l'état des lieux. Attention par ailleurs à la conséquence fiscale : la location meublée est une activité commerciale au sens du 2 de l'article 206 du CGI et fait en principe basculer la SCI à l'impôt sur les sociétés — sauf tolérance des 10 % de recettes commerciales, l'administration admettant que la société civile n'y soit pas soumise tant que le montant hors taxes de ses recettes de nature commerciale n'excède pas 10 % du montant de ses recettes totales hors taxes (BOI-IS-CHAMP-10-30, n° 320). Le seuil s'apprécie chaque année ; en cas de franchissement occasionnel, il est admis que la société ne soit pas effectivement soumise à l'IS au titre de l'année de dépassement si la moyenne des recettes commerciales hors taxes réalisées au cours de l'année en cause et des trois années antérieures n'excède pas 10 % (BOI-IS-CHAMP-10-30, n° 330). Une SCI qui meuble un lot marginal ne bascule donc pas nécessairement. Voyez notre guide de la SCI en location meublée.

Le locataire peut-il refuser de signer l'état des lieux de sortie ?

Il peut refuser, et il arrive qu'il le fasse par crainte d'une retenue. Ne signez pas un document unilatéral et ne partez pas avec les clés en espérant que cela passera : faites établir l'état des lieux par un commissaire de justice, en avisant les parties par lettre recommandée au moins sept jours à l'avance. Le partage des frais par moitié dépend de ce formalisme.

Que faire si le locataire conteste le décompte de sortie ?

Répondez par écrit, poste par poste, avec les pièces. Si le désaccord persiste, la commission départementale de conciliation est compétente pour les litiges relatifs à l'état des lieux, au dépôt de garantie, aux charges et aux réparations (art. 20 de la loi de 1989) : gratuite, paritaire, avis dans les deux mois. Le juge des contentieux de la protection n'intervient qu'ensuite.

La SCI doit-elle refaire un état des lieux au renouvellement du bail ?

Non. L'état des lieux se fait à la remise et à la restitution des clés, pas à chaque échéance. Un bail renouvelé avec le même locataire poursuit la même occupation : c'est l'état des lieux d'entrée initial qui reste la référence, même dix ou quinze ans plus tard. C'est d'ailleurs pour cela que la vétusté prend une telle place dans les dossiers de longue durée. Gardez en tête, pour ces baux anciens, la réserve du chapitre 2 : un état des lieux établi avant le 1er juin 2016 ne peut pas se voir reprocher de ne pas respecter les mentions du décret n° 2016-382, qui lui est postérieur.

Et si la SCI achète un immeuble déjà loué, sans état des lieux ?

Le bail se poursuit de plein droit avec l'acquéreur, dépôt de garantie compris, mais aucun texte ne permet d'établir rétroactivement un état des lieux d'entrée. Réclamez au vendeur les états des lieux existants dès la promesse : c'est une pièce à exiger au même titre que les baux et les quittances. À défaut, la SCI achète un risque locatif qu'elle ne pourra pas documenter — un point à intégrer dans la négociation, comme le rappelle notre guide de l'immeuble de rapport en SCI.

Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les références citées (Code civil, loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, loi n° 2014-626 du 18 juin 2014, décret n° 2016-382 du 30 mars 2016, décret n° 87-712 du 26 août 1987, décret n° 2014-890 du 1er août 2014, décret n° 2023-357 du 11 mai 2023, arrêté du 25 février 2026 sur les tarifs des commissaires de justice, Code de commerce, Code de procédure civile, Code de l'organisation judiciaire, CGI, BOI-RFPI-BASE-10-10, BOI-IS-CHAMP-10-30) sont à jour au 8 août 2026. Les tarifs réglementés et les plafonds d'honoraires indexés sur l'IRL sont revalorisés périodiquement.

FAQ

Questions fréquentes

Oui. L'article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989 impose un état des lieux lors de la remise et lors de la restitution des clés, établi contradictoirement et amiablement, dans les mêmes formes et en autant d'exemplaires que de parties, puis joint au contrat de location. Ce n'est pas une formalité de confort : c'est la pièce qui déterminera si la SCI peut retenir quoi que ce soit sur le dépôt de garantie. Le bail commercial connaît une obligation équivalente à l'article L145-40-1 du Code de commerce.
L'article 1731 du Code civil pose une présomption : à défaut d'état des lieux, le preneur est présumé avoir reçu les lieux en bon état de réparations locatives et doit les rendre tels, sauf preuve contraire. Mais l'article 3-2, alinéa 3, de la loi de 1989 la neutralise contre celle des parties qui a « fait obstacle » à l'établissement de l'acte ou à sa remise : il faut un comportement actif d'obstruction, pas une simple négligence. Un bailleur seulement passif conserve donc en principe cette présomption — mais elle reste une présomption simple, qui ne prouve ni l'état initial dans le détail ni l'imputabilité des désordres au locataire. En pratique, la retenue devient presque toujours indéfendable.
Oui, sans aucune restriction. L'article 3-2 vise les parties « ou un tiers mandaté par elles » : le gérant agit comme représentant légal de la SCI bailleresse et signe en cette qualité. Aucun professionnel n'est imposé. Il faut simplement que le document soit établi contradictoirement, en présence du locataire, et qu'un exemplaire lui soit remis — le défaut de remise imputable au bailleur lui fait perdre le bénéfice de la présomption de l'article 1731.
Le tarif est réglementé par l'article A444-27 du Code de commerce et dépend de la superficie : 110,68 € HT jusqu'à 50 m², 128,95 € HT de 50 à 150 m² et 193,43 € HT au-delà — tarif en vigueur depuis le 1er mars 2024 et maintenu jusqu'au 29 février 2028 par l'arrêté du 25 février 2026. S'y ajoutent la TVA, les lettres de convocation et l'indemnité de déplacement, non comprises dans l'émolument. L'article 3-2 impose un partage par moitié entre bailleur et locataire, mais la Cour de cassation refuse ce partage lorsque les parties n'ont pas été avisées par lettre recommandée au moins sept jours à l'avance (Cass. 3e civ., 26 octobre 2023, n° 22-20.183).
Seulement si elle a mandaté un professionnel, et seulement pour l'état des lieux d'entrée. L'article 5 de la loi de 1989 permet un partage des honoraires, la part du locataire ne pouvant ni excéder celle du bailleur ni dépasser le plafond fixé par le décret n° 2014-890 du 1er août 2014, révisé chaque 1er janvier sur l'indice de référence des loyers : 3,03 € TTC par mètre carré de surface habitable pour les baux conclus depuis le 1er janvier 2026. Si le gérant réalise l'état des lieux lui-même, il ne peut rien facturer. Et l'état des lieux de sortie reste intégralement à la charge du bailleur.
Le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 la définit comme l'état d'usure ou de détérioration résultant du temps ou de l'usage normal des matériaux et éléments d'équipement du logement. Elle est intégralement à la charge du bailleur. L'article 1755 du Code civil est explicite : aucune des réparations réputées locatives n'est à la charge du locataire quand elles ne sont occasionnées que par vétusté ou force majeure. Une SCI ne peut donc jamais facturer à un locataire sortant le remplacement d'un élément arrivé en fin de vie.
Non, elle est facultative : l'article 4 du décret de 2016 prévoit que les parties « peuvent convenir » de l'application d'une grille issue d'un accord collectif de location, définissant une durée de vie théorique et des coefficients d'abattement forfaitaire annuels. Mais si elle est convenue et annexée au bail, elle devient opposable aux deux parties et sécurise les retenues. Sans grille, la vétusté s'applique quand même — simplement, c'est le juge qui l'apprécie librement, et son abattement est en général plus sévère que celui d'une grille négociée.
Rarement en totalité. Avec une durée de vie théorique de sept ans, une franchise d'un an et un abattement de 15 % par an, la vétusté atteint 75 % au bout de six ans : la SCI ne peut retenir que 25 % du devis. Et si les murs ne présentent qu'un jaunissement ou une usure ordinaire, sans dégradation anormale imputable au locataire, elle ne peut rien retenir du tout — la Cour de cassation exige la preuve d'un usage anormal.
Un mois à compter de la remise des clés lorsque l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, deux mois dans le cas contraire (art. 22 de la loi du 6 juillet 1989). Le point de départ est la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, en main propre ou par lettre recommandée — pas la date de l'état des lieux, pas la fin du préavis. Passé le délai, le solde dû est majoré de 10 % du loyer mensuel en principal par période mensuelle commencée en retard.
Oui, dans une limite précise. Lorsque le logement se situe dans un immeuble collectif, l'article 22 autorise le bailleur à procéder à un arrêté des comptes provisoire et à conserver une provision qui ne peut excéder 20 % du montant du dépôt de garantie, jusqu'à l'arrêté annuel des comptes de l'immeuble. La régularisation définitive et la restitution du solde interviennent dans le mois qui suit l'approbation définitive des comptes. Les parties peuvent toujours convenir de solder immédiatement.
Il ne faut surtout pas établir un document seul et l'envoyer. L'article 3-2 prévoit qu'à défaut d'établissement contradictoire, l'état des lieux est dressé par un commissaire de justice à l'initiative de la partie la plus diligente, à frais partagés par moitié, les parties étant avisées au moins sept jours à l'avance par lettre recommandée avec avis de réception. C'est la seule voie qui préserve la valeur probatoire du document et le partage des frais.
Oui, deux fois. L'état des lieux d'entrée peut être complété par le locataire dans un délai de dix jours à compter de son établissement ; en cas de refus du bailleur, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation. Et pendant le premier mois de la période de chauffe, il peut demander que l'état des lieux soit complété par l'état des éléments de chauffage — un radiateur ne se teste pas au mois de juillet.
Oui. Le décret n° 2016-382 admet expressément la remise « en main propre ou par voie dématérialisée » à chacune des parties, et l'article 1367 du Code civil confère à la signature électronique fiable la même force que la signature manuscrite. Un état des lieux sur tablette, photos horodatées à l'appui, est même plus solide qu'un formulaire papier annoté à la main. La seule exigence reste la remise effective d'un exemplaire au locataire.
Oui depuis la loi Pinel du 18 juin 2014. L'article L145-40-1 du Code de commerce impose un état des lieux lors de la prise de possession et lors de la restitution des locaux, joint au bail ou conservé par chacune des parties. La sanction n'est pas la même qu'en habitation : le texte prévoit que le bailleur qui n'a pas fait toutes diligences pour la réalisation de l'état des lieux ne peut invoquer la présomption de l'article 1731 du Code civil.
Pour un bail d'habitation, les actions dérivant du contrat de bail se prescrivent par trois ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer (art. 7-1 de la loi du 6 juillet 1989). Pour un bail commercial ou professionnel, c'est la prescription de droit commun de cinq ans de l'article 2224 du Code civil, sous réserve de la prescription biennale de l'article L145-60 du Code de commerce, qui vise les actions exercées en vertu du statut des baux commerciaux. Le point de départ pratique est la restitution des lieux.
Le dépôt figure au passif au compte 165 pendant toute la durée du bail. À la sortie, la fraction conservée est sortie du 165 par le crédit d'un compte de produits — ou en atténuation de charges lorsqu'elle correspond exactement à des travaux facturés à la SCI — et le solde est restitué par le crédit du compte 512. Fiscalement, le BOFiP précise que le dépôt de garantie n'est pas une recette imposable à son versement (BOI-RFPI-BASE-10-10, n° 380) mais le devient, l'année où elles sont acquises, pour les sommes conservées afin de couvrir des loyers impayés ou des frais de remise en état (n° 400).