Distribuer le prix de vente d'un immeuble en SCI aux associés : ce que ça coûte vraiment (IR vs IS)
L'immeuble est vendu, l'acte est signé, le virement du notaire est arrivé. Le compte de la SCI affiche 260 000 €. Et là commence la vraie question : comment cet argent rejoint-il votre compte personnel, et à quel prix ?
La réponse dépend d'un seul paramètre, et l'écart est brutal. Dans une SCI à l'impôt sur le revenu, sortir le prix ne coûte rien du tout : l'impôt de plus-value a été prélevé par le notaire, et la mise à disposition du prix aux associés n'est pas un nouveau fait générateur. Dans une SCI à l'impôt sur les sociétés, le même geste peut coûter jusqu'à 31,4 % de plus — après un impôt sur les sociétés déjà calculé sur une plus-value gonflée par les amortissements pratiqués pendant toute la détention.
C'est la surprise classique de la SCI qui a opté pour l'IS sans jamais regarder la sortie. Sur le papier, l'option tenait : les amortissements effaçaient le résultat imposable, année après année, et la société ne payait presque rien. Puis arrive la revente. La facture tombe en deux temps — et le second, celui de la distribution, se découvre en général au téléphone, une fois le virement du notaire déjà encaissé et une partie déjà répartie.
Ce guide ne traite pas du calcul de l'impôt de plus-value (voir nos guides dédiés plus-value en SCI à l'IR et plus-value en SCI à l'IS), ni de la mécanique du dividende ordinaire (voir dividendes en SCI à l'IS). Il traite d'une question précise et rarement documentée : comment distribuer le prix de vente d'un immeuble en SCI — que devient le prix une fois encaissé, dans quel ordre le répartir, et combien coûte chaque voie de sortie. C'est la suite logique de notre guide consacré à la vente d'un immeuble par une SCI (« vendre-immeuble-sci »).
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code civil, CGI, BOFiP, Légifrance). Mis à jour le 30 juillet 2026. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé.
Sommaire
- L'ordre des priorités avant toute distribution
- SCI à l'IR : le prix a déjà été fiscalisé
- SCI à l'IS : le cash appartient à la société
- Le compte courant d'associé : la première sortie à faire
- Réduction de capital et boni : régimes et droits d'enregistrement
- Réinvestir dans la SCI : pas de report d'imposition
- Cas chiffré IR vs IS : distribuer 400 000 € de prix de vente
- Répartition entre associés, démembrement et calendrier
- Les erreurs qui coûtent cher au moment de distribuer
- Distribuer le prix de vente : les 4 choses à retenir
- FAQ
1. L'ordre des priorités avant toute distribution
Le réflexe naturel après une vente est de regarder le solde du compte et de le diviser par le nombre de parts. C'est la meilleure façon de se retrouver, six mois plus tard, à devoir remettre de l'argent dans la SCI. Le prix de vente n'est pas un solde disponible : c'est un flux qui doit d'abord éteindre une cascade d'obligations.
Ce qui part avant même que l'argent n'arrive
Une partie du prix ne transite jamais par le compte de la SCI. Le notaire prélève directement sur les fonds séquestrés :
- Le capital restant dû de l'emprunt. La banque adresse au notaire un décompte de remboursement anticipé arrêté à la date prévisionnelle de signature. Le notaire rembourse le prêt sur le prix.
- Les indemnités de remboursement anticipé (IRA). Le plafond légal usuellement retenu — un semestre d'intérêts sur le capital remboursé au taux moyen du prêt, sans pouvoir dépasser 3 % du capital restant dû (art. R313-25 du code de la consommation) — est prévu pour les crédits immobiliers régis par le code de la consommation, c'est-à-dire pour les emprunteurs agissant hors activité professionnelle. Une SCI est une personne morale : il faut relire l'offre de prêt. La plupart des banques reprennent le même plafond dans leurs contrats SCI, certaines non, et quelques-unes prévoient l'exonération d'IRA en cas de revente. Sortez l'offre du classeur avant de faire vos calculs — notre guide sur le prêt bancaire en SCI détaille les clauses à repérer.
- Les frais de mainlevée d'hypothèque ou de privilège de prêteur de deniers. Il s'agit d'un acte notarié soumis à publicité foncière : comptez de quelques centaines d'euros à plus de 1 000 € selon le montant du prêt — l'ordre de grandeur usuel se situe entre 0,3 % et 0,6 % du capital initialement emprunté. Bon à savoir : l'inscription cesse de produire effet un an après la dernière échéance prévue au contrat (art. 2434 du Code civil) ; passé ce terme, elle est périmée et la mainlevée est inutile. Attention toutefois au contresens fréquent : un remboursement anticipé ne fait pas tomber l'inscription avant ce terme. Si vous soldez en 2026 un prêt dont la dernière échéance était prévue en 2034, la mainlevée reste nécessaire.
- La commission d'agence lorsqu'elle est stipulée à la charge du vendeur.
- L'impôt de plus-value — mais uniquement si la SCI est à l'IR. C'est le point le plus mal compris de toute l'opération, et nous y revenons en détail au chapitre suivant.
Ce que le syndic peut bloquer
Si le bien est en copropriété, le notaire notifie la mutation au syndic. Celui-ci peut former opposition entre ses mains pour les sommes restant dues par le vendeur au syndicat des copropriétaires (art. 20 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965). Une fraction du prix reste alors séquestrée le temps de purger l'opposition. Ce n'est pas un vol : ce sont vos arriérés de charges, et ils devaient de toute façon être payés. Mais cela retarde le versement. Anticipez en soldant vos charges de copropriété et vos appels de fonds avant la signature.
Ce qui reste dû par la SCI après l'encaissement
Une fois le virement reçu, la SCI n'est pas quitte. Restent à sa charge :
- Les dépôts de garantie des locataires. Le dépôt de garantie est transféré de plein droit à l'acquéreur (art. 22 de la loi du 6 juillet 1989) : en pratique, la somme est déduite du prix ou reversée à l'acquéreur. Si elle est restée sur le compte de la SCI, elle ne vous appartient pas. Le traitement comptable est déroulé dans les écritures du dépôt de garantie.
- La taxe foncière au prorata. Elle est légalement due par le propriétaire au 1er janvier, mais l'acte prévoit presque toujours une répartition prorata temporis : la SCI rembourse ou encaisse une quote-part. Nous détaillons ce calcul dans taxe foncière en SCI.
- Les factures fournisseurs en cours : derniers travaux, honoraires du diagnostiqueur, frais de gestion locative, prime d'assurance PNO au prorata.
- Les honoraires comptables de l'exercice, souvent alourdis l'année d'une cession.
- L'impôt sur les sociétés si la SCI est à l'IS — et là, il n'y a aucun prélèvement automatique. C'est vous qui devez le mettre de côté.
La cascade complète, dans l'ordre
| Rang | Poste | Qui le prélève | Quand |
|---|---|---|---|
| 1 | Capital restant dû + IRA | Le notaire | À la signature |
| 2 | Mainlevée d'hypothèque / PPD | Le notaire | À la signature |
| 3 | Commission d'agence (si vendeur) | Le notaire | À la signature |
| 4 | Impôt de plus-value — SCI à l'IR uniquement | Le notaire | À la publication de l'acte |
| 5 | Opposition du syndic (art. 20 loi 1965) | Séquestre notarial | Sous quelques semaines |
| 6 | Dépôts de garantie, taxe foncière au prorata | La SCI | Régularisation dans l'acte |
| 7 | Fournisseurs, honoraires, assurances | La SCI | Dans les semaines suivantes |
| 8 | Provision d'IS sur la plus-value — SCI à l'IS uniquement | Vous | Solde au 15 du 4e mois après clôture — ou le 15 mai si clôture au 31/12 |
| 9 | Remboursement des comptes courants d'associés | La SCI | Dès que la trésorerie le permet |
| 10 | Capital, réserves, résultat distribuable | La SCI | Après décision collective |
La règle des trois enveloppes. Dès la réception du virement, découpez mentalement le solde en trois : l'enveloppe « dettes » (tout ce que la SCI doit encore à des tiers), l'enveloppe « impôt » (nulle à l'IR, potentiellement énorme à l'IS), l'enveloppe « associés » (le reste). Ne touchez jamais à la troisième avant d'avoir chiffré les deux premières. C'est exactement ce que fait le tableau de bord de sci-ai.app après une écriture de cession.
Le piège spécifique de la SCI à l'IS : le décalage de trésorerie
À l'IR, l'impôt part avec le notaire : ce que vous voyez sur le compte est net. À l'IS, le prix arrive intégralement — après remboursement du prêt — et l'impôt sur les sociétés n'est exigible que plusieurs mois plus tard, avec le solde de l'exercice : le 15 du quatrième mois qui suit la clôture, ou le 15 mai de l'année suivante lorsque l'exercice est clos le 31 décembre (art. 1668, 2 du CGI — c'est une règle distincte, et non l'application de la règle des quatre mois). Entre-temps, rien ne vous empêche techniquement de virer l'argent. Et c'est précisément là que les SCI se plantent.
Ajoutez que la plus-value fait bondir le résultat de l'exercice, donc la base de calcul des acomptes d'IS de l'exercice suivant : la SCI peut devoir verser des acomptes conséquents alors même qu'elle n'a plus d'immeuble ni de loyers. Une société vide qui paie des acomptes : c'est déroutant, mais c'est la règle. Deux lectures pour ne pas se faire piéger par ce décalage : le cash-flow en SCI et la distinction trésorerie ou engagement.
Simulez la distribution et son coût fiscal dans SCI-AI
Saisissez la cession, et le logiciel calcule l'impôt dû, la trésorerie réellement distribuable, le solde de chaque compte courant et le coût de sortie selon la voie retenue. Vous savez ce que vous pouvez virer, et ce que vous devez garder.
2. SCI à l'IR : le prix a déjà été fiscalisé, la distribution est neutre
Une SCI à l'impôt sur le revenu n'est pas transparente — ce terme est réservé aux sociétés d'attribution de l'article 1655 ter du CGI. Elle est translucide (art. 8 du CGI) : elle a bien une personnalité juridique et un patrimoine propre, mais elle n'est pas redevable de l'impôt. Le résultat est déterminé à son niveau puis imposé entre les mains des associés, chacun pour sa quote-part, qu'il l'appréhende ou non. Notre guide de fond sur la translucidité fiscale de la SCI reprend le mécanisme depuis le début.
Cette phrase, « qu'il l'appréhende ou non », est toute la réponse à la question posée par cet article.
Ce qui s'est déjà passé le jour de la vente
La plus-value réalisée par une SCI à l'IR relève du régime des plus-values immobilières des particuliers (art. 150 U et suivants du CGI). Concrètement :
- La plus-value est calculée au niveau de la société (prix de cession diminué du prix d'acquisition majoré des frais et travaux), avec les abattements pour durée de détention de l'article 150 VC : exonération totale d'impôt sur le revenu à 22 ans de détention, exonération totale de prélèvements sociaux à 30 ans.
- Elle est ensuite imposée entre les mains de chaque associé personne physique, au prorata de ses droits sociaux : 19 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux (taux applicable aux revenus du patrimoine immobilier — à ne pas confondre avec les 18,6 % des revenus mobiliers, voir prélèvements sociaux 2026).
- La surtaxe de l'article 1609 nonies G du CGI — barème progressif de 2 % à 6 % — s'applique si la plus-value imposable dépasse 50 000 €. Point crucial et souvent inversé : lorsque le cédant est une société relevant de l'article 8 du CGI, le seuil s'apprécie au niveau de la société, pas au niveau de chaque associé (BOI-RFPI-TPVIE-20 § 60). Deux associés à 50/50 sur une plus-value de 60 000 € ne peuvent donc pas se prévaloir chacun d'une base de 30 000 € pour y échapper. Une seule tolérance : le BOFiP admet que le seuil soit apprécié au regard de la seule fraction de plus-value revenant aux associés effectivement redevables de l'impôt sur le revenu — ce qui neutralise, dans le calcul, la quote-part d'un associé soumis à l'IS ou exonéré.
- Le notaire liquide et acquitte l'impôt pour le compte des associés, sur la déclaration de plus-value déposée à l'appui de la publication de l'acte (art. 150 VF à 150 VH du CGI).
Conséquence pratique : le virement que vous recevez du notaire est déjà net d'impôt de plus-value. Vous n'avez rien à provisionner. Le détail du calcul est dans notre guide plus-value immobilière en SCI à l'IR.
La mise à disposition du prix n'est pas un fait générateur
Puisque l'associé a été imposé sur sa quote-part de plus-value au moment de la cession, lui verser sa part du prix ne déclenche aucune imposition nouvelle. Ce n'est pas un dividende : une SCI à l'IR ne distribue pas de dividendes au sens fiscal du terme. Il n'y a ni prélèvement forfaitaire unique, ni prélèvements sociaux additionnels, ni prélèvement à la source de 12,8 %, ni déclaration 2777.
Le même raisonnement vaut pour les résultats courants : les loyers encaissés par la SCI ont été imposés chaque année entre les mains des associés via la déclaration 2072 puis leur quote-part reportée sur la 2044. Les laisser dormir sur le compte de la SCI pendant dix ans ne les rend pas taxables une seconde fois le jour où vous les sortez.
Les voies de sortie, et ce qu'elles coûtent
| Voie de sortie | Imposition | Formalisme |
|---|---|---|
| Remboursement de compte courant | Aucune | Décision de gérance, écriture au compte 455 |
| Répartition du résultat / des réserves | Aucune (déjà imposé) | Décision collective, PV |
| Réduction de capital (remboursement d'apport) | Aucune | Statuts modifiés, annonce légale, dépôt au guichet des formalités ; enregistrement facultatif et gratis (art. 814 C CGI) |
| Boni de liquidation | Pas d'IR sur les résultats déjà imposés ; droit de partage 2,5 % (art. 746 CGI) | Dissolution, liquidation, partage |
Dans la très grande majorité des SCI familiales à l'IR, la sortie se fait par la combinaison des deux premières lignes : on rembourse les comptes courants, on répartit le solde entre associés au prorata des parts, et on formalise le tout dans un procès-verbal. Aucun impôt, aucun droit d'enregistrement.
Ce qui peut quand même déraper à l'IR
1. L'associé personne morale. Si un associé est une société soumise à l'IS (une holding, par exemple), sa quote-part de résultat et de plus-value est déterminée selon les règles de l'impôt sur les sociétés et non selon celles des particuliers (art. 238 bis K du CGI). L'impôt correspondant n'est pas prélevé par le notaire : c'est la société associée qui l'intègre dans son propre résultat. Décalage de trésorerie d'un côté, choc fiscal de l'autre : beaucoup de montages holding + SCI ne s'en aperçoivent qu'à la revente. Deux guides creusent le sujet, SCI avec un associé personne morale et holding immobilière et SCI.
2. L'exonération résidence principale. L'exonération de l'article 150 U II 1° du CGI suppose que le cédant occupe le bien à titre de résidence principale au jour de la cession. Sa transposition à une cession réalisée par une SCI dépend de la situation de l'associé occupant et doit être vérifiée au cas par cas avec le notaire. Ne la présumez jamais acquise : c'est une exonération, pas un droit automatique. Le point est repris dans SCI et résidence principale.
3. Le déficit foncier de l'année. Vendre le bien qui portait un déficit foncier imputé sur le revenu global peut remettre en cause cette imputation si la cession intervient avant la fin de la troisième année suivant celle de l'imputation. Nous lui consacrons un guide entier, « deficit-foncier-vente-avant-3-ans-sci » ; le mécanisme général est dans déficit foncier en SCI. La conséquence est un rappel d'impôt personnel pour l'associé, qui peut arriver bien après que le prix a été distribué : gardez-en une trace dans votre décision de distribution.
3. SCI à l'IS : le cash appartient à la société, et le sortir coûte cher
Tout change avec l'impôt sur les sociétés. La SCI n'est plus un canal de répartition, c'est un contribuable à part entière, propriétaire de son résultat et de sa trésorerie. Le prix de vente ne « revient » donc pas aux associés. Il appartient à la société. Pour qu'il rejoigne un patrimoine privé, il faut une opération juridique — et chaque opération a son tarif.
Premier étage : l'impôt sur les sociétés sur la plus-value professionnelle
La plus-value d'une SCI à l'IS n'est pas une plus-value des particuliers. C'est une plus-value professionnelle (art. 39 duodecies et suivants du CGI), calculée par différence entre le prix de cession et la valeur nette comptable du bien, c'est-à-dire son prix de revient diminué des amortissements pratiqués.
C'est le cœur du problème. Pendant toute la durée de détention, l'amortissement a réduit le résultat imposable et donc l'impôt annuel. À la revente, ces amortissements sont mécaniquement réintégrés dans la base taxable, puisqu'ils ont abaissé la valeur nette comptable. Un immeuble acquis 250 000 €, amorti à hauteur de 100 000 € et revendu 400 000 € génère une plus-value taxable de 250 000 € — et non de 150 000 €.
- Aucun abattement pour durée de détention. Le régime des 22 et 30 ans n'existe pas à l'IS. Détenir vingt-cinq ans ne change rien.
- Taux : 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice imposable, sous les conditions de l'article 219 I b du CGI (chiffre d'affaires inférieur à 10 M€, capital entièrement libéré et détenu pour 75 % au moins par des personnes physiques), puis 25 % au-delà. Les conditions exactes sont passées au crible dans le taux réduit d'IS à 15 %.
- Les déficits antérieurs reportables s'imputent sur ce résultat et peuvent en réduire fortement la charge. C'est le premier levier à vérifier, et le plus souvent oublié : reprenez vos liasses des cinq derniers exercices avant de chiffrer quoi que ce soit (déficit reportable en SCI à l'IS).
Le détail du calcul, des composants amortis et de la ventilation terrain/construction est traité dans plus-value en SCI à l'IS et dans les écritures comptables de la vente d'un immeuble.
Second étage : la distribution
Une fois l'IS payé, le résultat net de cession vient grossir le résultat de l'exercice, puis les capitaux propres. Pour que cet argent sorte, il faut le distribuer — et une distribution de bénéfice ou de réserves par une société soumise à l'IS constitue un revenu distribué (art. 109 et suivants du CGI) imposable entre les mains de l'associé personne physique.
| Modalité | Taux global 2026 | Détail |
|---|---|---|
| PFU (par défaut) | 31,4 % | 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux |
| Option globale pour le barème | TMI + 18,6 % | Abattement de 40 % sur le dividende (art. 158, 3-2° du CGI) et fraction de CSG déductible l'année suivante |
Le taux de 18,6 % de prélèvements sociaux sur les revenus mobiliers résulte de la LFSS pour 2026 : ne le confondez pas avec les 17,2 % applicables aux revenus fonciers et aux plus-values immobilières des particuliers. Le mécanisme complet — prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % (art. 117 quater du CGI) et prélèvements sociaux de 18,6 %, soit 31,4 % précomptés par la société et versés au plus tard le 15 du mois suivant la mise en paiement sur déclaration n° 2777, dispense sur condition de revenu fiscal de référence, arbitrage PFU/barème — est détaillé dans nos guides le PFU en SCI à l'IS, dividendes en SCI à l'IS et CSG déductible.
Le calcul qui fait mal. Sur 100 € de plus-value dans une SCI à l'IS taxée à 25 %, il reste 75 € dans la société. Si vous les distribuez intégralement, le PFU de 31,4 % en prélève 23,55 €. Il vous reste 51,45 € sur 100 €, soit un taux de frottement global de 48,55 %. À l'IR, la même plus-value aurait supporté 36,2 % avant abattements (19 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux), majorés le cas échéant de 2 à 6 % de surtaxe au-delà de 50 000 € — et souvent bien moins après douze ou quinze ans de détention, une fois les abattements appliqués.
Ce qu'on peut faire à la place d'un dividende
1. Rembourser d'abord les comptes courants d'associés. C'est la seule sortie à coût fiscal nul. Elle passe avant tout le reste. Nous y consacrons le chapitre suivant.
2. La réduction de capital par rachat puis annulation de parts. Les sommes attribuées à l'associé au titre du rachat de ses parts ne sont pas des revenus distribués : elles relèvent du régime des plus-values (art. 112, 6° du CGI, qui renvoie selon les cas aux articles 39 duodecies, 150-0 A ou 150 UB). Pour un associé personne physique d'une SCI à l'IS, l'imposition porte donc sur le gain — prix de rachat diminué du prix ou de la valeur d'acquisition des parts — et non sur la totalité de la somme reçue. Le Conseil d'État a confirmé cette lecture de façon très nette : le régime des plus-values est le seul applicable, quels que soient le motif du rachat et l'origine des sommes qui le financent, bénéfices et réserves compris (CE, 15 octobre 2025, n° 495120). Nous décortiquons l'opération dans le rachat de parts par la SCI.
L'intérêt est réel lorsque les parts ont une valeur d'acquisition élevée : parts reçues par succession ou par donation (retenues pour leur valeur déclarée), parts rachetées à un associé sortant. Il est en revanche quasi nul quand les parts ont été souscrites au nominal dans une SCI au capital de 1 000 € : le gain se confond alors presque avec la somme distribuée, et le taux effectif rejoint celui du dividende. Deux réserves de forme, développées au chapitre 5 : l'article 1865-1 du Code civil, qui impose depuis le 27 juin 2026 un acte notarié ou un acte d'avocat pour la cession de parts d'une société à prépondérance immobilière, ne vise pas expressément le rachat par la société de ses propres parts — la question n'est pas tranchée à ce jour, et la sanction encourue étant la nullité, faites rédiger l'opération par un notaire ou un avocat. Et lorsque le rachat fait l'objet d'un acte distinct de l'acte de réduction, il supporte le droit d'enregistrement de 5 % de l'article 726 du CGI.
3. La réduction de capital par diminution du nominal. C'est celle qui fait le plus de dégâts. L'article 112, 1° du CGI exclut de la catégorie des revenus distribués les répartitions présentant le caractère de remboursements d'apports — mais il ajoute immédiatement qu'une répartition n'est réputée présenter ce caractère que si tous les bénéfices et réserves autres que la réserve légale ont été auparavant répartis. Or une SCI qui vient d'encaisser une plus-value est précisément dans la situation inverse : ses réserves sont au plus haut. Réduire le capital dans ces conditions revient à distribuer un revenu, avec le PFU à la clé. À relire avec capital social de la SCI.
4. La rémunération du gérant. Elle est déductible du résultat de la SCI à l'IS si elle rémunère un travail effectif et n'est pas excessive au regard des fonctions exercées (art. 39, 1-1° du CGI). Elle échappe donc au premier étage d'imposition. Mais elle supporte des cotisations sociales dont le coût global dépasse fréquemment celui du PFU sur un versement ponctuel élevé, et son régime social comme sa catégorie d'imposition varient selon que le gérant est associé ou non. Elle se justifie quand elle est régulière et proportionnée, pas comme véhicule de sortie d'un prix de vente. Le calcul complet, cotisations comprises, est dans rémunération du gérant de SCI.
5. Ne rien distribuer. Conserver le cash dans la société ne coûte rien fiscalement — mais l'argent n'est pas dans votre poche, et le second étage d'imposition n'est que reporté, jamais effacé. Il faudra le payer un jour : à la distribution, à la liquidation, ou par vos héritiers. C'est l'objet du chapitre 6.
Et le retour à l'IR pour distribuer moins cher ?
Mauvaise idée dans ce contexte, et pour deux raisons. D'abord, la renonciation à l'option pour l'IS n'est possible que jusqu'au cinquième exercice suivant celui de l'option (art. 239, 1 du CGI) : au-delà, l'option est irrévocable. Ensuite, cette renonciation emporte les conséquences fiscales d'une cessation d'entreprise sur le fondement du deuxième alinéa du 2 de l'article 221 du CGI : imposition des résultats non encore taxés, des bénéfices en sursis et des plus-values latentes — sous réserve de l'atténuation conditionnelle de l'article 221 bis du CGI, qui écarte cette imposition immédiate lorsque aucune modification n'est apportée aux écritures comptables et que l'imposition des plus-values reste possible sous le nouveau régime. Le vrai coût est ailleurs, et il est rarement anticipé : l'article 111 bis du CGI répute distribués aux associés les bénéfices et réserves, capitalisés ou non, de la société qui cesse d'être soumise à l'IS. Sortir de l'IS juste après une plus-value déclenche donc le PFU sur la totalité des réserves accumulées — exactement ce que l'on cherchait à éviter. Nous avons chiffré l'opération dans revenir de l'IS à l'IR, et comparé les deux régimes dans SCI à l'IS ou à l'IR.
La dissolution est-elle plus douce que la distribution ?
Non, à l'IS. Le boni de liquidation — l'excédent de ce qui est réparti sur le montant des apports — est traité comme un revenu distribué (art. 161 du CGI) et supporte donc le même PFU de 31,4 %. Une seule atténuation, prévue par le texte lui-même : lorsque les parts ont été acquises en cours de vie sociale à un prix supérieur au montant de l'apport, le boni n'est imposé qu'à hauteur de l'excédent du remboursement des droits sociaux annulés sur leur prix d'acquisition. S'y ajoutent le droit de partage de 2,5 % sur la valeur nette de l'actif partagé (art. 746 du CGI ; le taux réduit de 1,1 % est réservé aux partages consécutifs à une séparation, divorce ou rupture de PACS, et ne s'applique pas au partage d'une société), les frais d'annonce légale et de formalités, et l'établissement des comptes de liquidation. La dissolution coûte donc plus qu'une distribution, pas moins. On la décide pour des raisons de structure — plus d'immeuble, plus d'objet, des associés qui veulent solder —, jamais pour économiser de l'impôt. La procédure pas à pas : dissolution et liquidation d'une SCI.
4. Le compte courant d'associé : la première sortie à faire
S'il ne fallait retenir qu'un réflexe de tout cet article, ce serait celui-ci : avant toute distribution, remboursez les comptes courants d'associés. Coût fiscal nul, dans les deux régimes, sans formalisme lourd et sans décision collective solennelle. Aucune autre voie de sortie n'offre ça.
Sur les dossiers de rattrapage comptable qui arrivent chez nous après une vente, c'est aussi l'oubli numéro un — le plus cher, et le plus facile à éviter.
Pourquoi c'est neutre
Un compte courant d'associé n'est pas un apport en capital : c'est une créance de l'associé sur la société, inscrite au passif du bilan (compte 455). L'associé a prêté de l'argent à la SCI — pour financer l'apport personnel, des travaux, une échéance d'emprunt, un trou de trésorerie. Le rembourser, c'est restituer un capital, pas verser un revenu.
- Aucune imposition sur le revenu, à l'IR comme à l'IS.
- Aucun prélèvement social.
- Aucun droit d'enregistrement.
- Aucune déclaration spécifique.
Seuls les intérêts éventuellement servis sur le compte courant constituent un revenu : imposables comme revenus de capitaux mobiliers chez l'associé, et déductibles chez la SCI à l'IS dans la limite du taux fixé par l'article 39, 1-3° du CGI et sous condition de libération intégrale du capital. Beaucoup de SCI familiales n'en servent aucun, ce qui simplifie tout. Deux lectures utiles : le compte courant d'associé en SCI et les écritures du compte courant.
Le préalable absolu : que le compte courant existe vraiment
C'est là que la plupart des SCI se retrouvent bloquées. Vous avez payé 40 000 € de travaux de votre poche en 2019, mais rien n'a jamais été comptabilisé. Il n'y a pas de compte 455 mouvementé, pas de convention, pas de trace. Au moment de la vente, vous voulez récupérer votre mise : la SCI ne vous doit rien, comptablement.
Reconstituer un compte courant a posteriori est possible si les flux sont justifiables (relevés bancaires, factures au nom de la SCI, virements) — c'est l'objet d'un rattrapage comptable —, mais c'est un travail de reconstitution que l'administration peut contester si les pièces manquent. Le bon réflexe est de formaliser dès le premier euro : voir notre modèle de convention de compte courant.
Les limites à ne pas franchir
1. La trésorerie disponible. Le remboursement ne doit pas mettre la SCI en situation de ne plus pouvoir honorer ses dettes exigibles. Rembourser les associés avant les fournisseurs, avant les charges de copropriété, ou avant d'avoir provisionné l'IS, expose le gérant à sa responsabilité personnelle si la société se retrouve en difficulté. En SCI, la procédure collective relève du tribunal judiciaire — sauf dans les douze ressorts où le tribunal des activités économiques est expérimenté depuis le 1er janvier 2025 (art. 26 de la loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023 : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles), qui y est alors seul compétent y compris pour les sociétés civiles. Jamais du tribunal de commerce, en tout cas — mais la procédure existe, et nous en décrivons le déroulé dans SCI et procédure collective.
2. La clause de blocage. Les banques exigent fréquemment, à l'octroi du prêt, un engagement de blocage des comptes courants tant que le crédit court. Ce blocage tombe en principe avec le remboursement du prêt — mais relisez la rédaction exacte de l'engagement : certaines clauses survivent à la vente du bien. Sur ce terrain, lisez renégocier le crédit de la SCI.
3. L'égalité entre associés. Le compte courant ne suit pas les parts. Un associé détenant 10 % du capital peut détenir 90 % des comptes courants s'il a financé seul les travaux. Le rembourser en priorité n'est pas illégal — il s'agit d'une dette, pas d'une distribution — mais c'est une source classique de contentieux entre associés. Formalisez l'ordre et le montant des remboursements dans une décision collective, même quand rien ne vous y oblige juridiquement. Un paragraphe écrit vaut mieux que trois ans de brouille : nous en voyons les dégâts dans mésentente entre associés de SCI.
4. Le compte courant débiteur. Si vous remboursez plus que le solde créditeur, l'associé devient débiteur de la SCI. Le Code civil n'interdit pas l'opération comme le fait l'article L223-21 du Code de commerce pour la SARL, mais les conséquences sont sérieuses :
- En SCI à l'IS, l'administration peut requalifier ces sommes en revenus distribués sur le fondement de l'article 111, a du CGI, qui répute distribuées « sauf preuve contraire » les sommes mises à la disposition des associés à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes. C'est une présomption simple : elle est renversable, mais la charge de la preuve pèse sur vous — il faut démontrer l'existence d'un véritable prêt, remboursable et effectivement remboursé. Résultat, à défaut : un PFU sur un argent que vous pensiez simplement « avancé ».
- Dans tous les cas, l'utilisation des fonds sociaux à des fins personnelles engage la responsabilité civile du gérant, et peut recevoir une qualification pénale. Notre guide « responsabilite-penale-gerant-sci » indique où passe la ligne rouge.
Le guide compte courant débiteur en SCI détaille les régularisations possibles.
En pratique : l'ordre à suivre
| Étape | Action | Coût fiscal |
|---|---|---|
| A | Arrêter le solde de chaque compte courant à la date de la vente | — |
| B | Vérifier l'absence de clause de blocage encore active | — |
| C | Provisionner l'IS (SCI à l'IS) et les dettes restantes | — |
| D | Rembourser les comptes courants, à hauteur du solde | 0 % |
| E | Arbitrer le reliquat : distribution, réduction de capital, conservation | Variable |
| F | Formaliser dans un procès-verbal et passer les écritures | — |
5. Réduction de capital et boni : régimes fiscaux et droits d'enregistrement
Quand les comptes courants sont soldés et que la SCI dispose encore de trésorerie, deux opérations touchant aux capitaux propres reviennent systématiquement dans les discussions : la réduction de capital et, en fin de parcours, le boni de liquidation. Elles n'ont ni la même mécanique, ni le même coût.
Les deux techniques de réduction de capital
| Technique | Effet sur les associés | Usage typique |
|---|---|---|
| Diminution de la valeur nominale des parts | Tous les associés sont remboursés au prorata ; la répartition du capital est inchangée | Sortir de la trésorerie excédentaire sans modifier l'équilibre entre associés |
| Rachat de parts par la SCI puis annulation | Un ou plusieurs associés sortent totalement ou partiellement ; les autres voient leur pourcentage augmenter | Faire sortir un associé sans acheteur extérieur |
La procédure, étape par étape
- Vérifier les statuts. La réduction de capital modifie les statuts. L'article 1836 du Code civil pose que les statuts ne peuvent être modifiés qu'à l'unanimité des associés, sauf clause contraire. Beaucoup de statuts de SCI prévoient une majorité qualifiée : lisez-les avant de convoquer, pas après. Détails dans modifier les statuts d'une SCI et statuts de SCI.
- Réunir l'assemblée et adopter la résolution : montant de la réduction, technique retenue, nouvelle valeur nominale ou nombre de parts annulées, modalités de remboursement.
- Publier une annonce légale dans un support habilité du département du siège. Tarifs et mentions obligatoires : annonce légale de SCI.
- Déposer le dossier de modification sur le guichet des formalités des entreprises, avec les statuts mis à jour et le procès-verbal.
- L'enregistrement : plus une obligation — mais attention au rachat de parts. Depuis le 1er janvier 2021, l'article 67 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021 a supprimé l'obligation d'enregistrer les actes constatant une réduction ou un amortissement de capital ; présenté à la formalité, l'acte de réduction relève du régime de faveur de l'article 814 C du CGI. Mais ce régime ne couvre que l'acte de réduction. Lorsque le rachat des parts et la réduction corrélative sont constatés par deux actes distincts, l'administration écarte l'article 814 C pour l'acte de rachat et l'assujettit au droit proportionnel de cession de droits sociaux de l'article 726 du CGI — soit 5 % pour une société à prépondérance immobilière, ce qu'est par construction une SCI qui détient un immeuble (BOI-ENR-AVS-20-20, § 180, 200 et 210). Sur un rachat de parts à 100 000 €, l'écart est de 5 000 €. Seul un acte unique constatant à la fois le rachat et la réduction avec attribution de biens sociaux échappe au droit proportionnel.
- Passer les écritures : débit du compte de capital, crédit du compte courant ou de banque.
Une particularité de la société civile. Le Code civil n'organise pas de droit d'opposition des créanciers comparable à celui prévu pour la SARL (art. L223-34 du Code de commerce). Cela s'explique : les créanciers de la SCI ne sont pas protégés par le capital social mais par l'obligation aux dettes des associés de l'article 1857 du Code civil — indéfinie, conjointe et proportionnelle aux parts, et subsidiaire au sens de l'article 1858. Réduire le capital n'affaiblit donc pas leur position comme dans une société à risque limité. Ce point est développé dans la responsabilité des associés de SCI.
Le régime fiscal, régime par régime
| Opération | SCI à l'IR | SCI à l'IS |
|---|---|---|
| Réduction par diminution du nominal | Neutre (remboursement d'apport) | Non imposable uniquement si tous les bénéfices et réserves autres que la réserve légale ont été préalablement répartis (art. 112, 1° CGI) — sinon revenu distribué |
| Rachat de parts puis annulation | Régime des plus-values de cession de parts de société à prépondérance immobilière (art. 150 UB CGI) | Régime des plus-values (art. 112, 6° CGI) : imposition du gain, PFU 31,4 % ou barème sur option |
| Droits d'enregistrement de l'acte | Acte de réduction : enregistrement facultatif depuis 2021, régime de faveur de l'art. 814 C CGI. Rachat de parts constaté par un acte distinct : droit de 5 % de l'art. 726 CGI (BOI-ENR-AVS-20-20 § 200) | Acte de réduction : enregistrement facultatif depuis 2021, régime de faveur de l'art. 814 C CGI. Rachat de parts constaté par un acte distinct : droit de 5 % de l'art. 726 CGI (BOI-ENR-AVS-20-20 § 200) |
| Boni de liquidation | Pas de nouvelle imposition sur le revenu dès lors que les résultats ont déjà été imposés chez les associés ; droit de partage 2,5 % (art. 746 CGI) | Revenu distribué (art. 161 CGI) : PFU 31,4 % + droit de partage 2,5 % |
La condition de l'article 112, 1° du CGI, en clair
Presque toutes les SCI qui viennent de vendre butent ici. L'idée séduisante — « je réduis le capital, je récupère mon apport, ce n'est pas un revenu » — se heurte à une condition d'ordre : le remboursement d'apport n'est réputé tel que si la société a d'abord vidé ses réserves. Le texte réserve la seule réserve légale — or la société civile n'est pas tenue d'en constituer une, contrairement à la SARL ou à la SAS (art. L232-10 du Code de commerce). Dans une SCI, ce sont donc toutes les réserves qui doivent avoir été réparties au préalable.
Prenez une SCI à l'IS au capital de 1 000 € qui vient d'encaisser 175 000 € de plus-value nette d'IS. Ses capitaux propres sont désormais de 176 000 €, dont 175 000 € de résultat et de réserves. Réduire le capital de 1 000 € sans avoir distribué les 175 000 € revient, pour l'administration, à distribuer un revenu de 1 000 €. L'ordre compte : d'abord les réserves, ensuite le capital. Ce qui, précisément, retire à l'opération tout intérêt d'optimisation dans cette configuration.
La réduction de capital devient en revanche pertinente lorsque la SCI a un capital élevé — parce que l'immeuble y a été apporté, ou parce que les associés ont libéré des sommes importantes à la constitution — et peu de réserves. Typiquement : une SCI au capital de 300 000 € constituée par apport de l'immeuble, qui a distribué son résultat chaque année. Là, la réduction de capital prend tout son sens. À croiser avec apport d'un immeuble à une SCI, dépôt du capital et affectation du résultat en SCI.
Le risque d'abus de droit
Répéter des réductions de capital année après année, dans une société qui dégage un résultat régulier, pour ne jamais verser de dividende, expose à la procédure de l'abus de droit fiscal (art. L64 du Livre des procédures fiscales, complété par l'article L64 A pour les montages à but principalement fiscal). L'administration recherche alors la substance de l'opération : besoin réel de réduire les fonds propres, cohérence avec la situation de la société, absence de reconstitution immédiate du capital. Une opération unique, motivée par la sortie effective d'un associé ou par la disparition de l'objet social après la vente du dernier immeuble, ne pose aucune difficulté. C'est la répétition qui attire l'œil, pas l'opération elle-même. Les critères retenus par l'administration sont listés dans abus de droit en SCI.
Faire sortir un associé plutôt que distribuer
Quand un seul associé veut récupérer sa mise et que les autres souhaitent poursuivre, trois voies coexistent : la cession de parts à un tiers ou à un coassocié, le rachat des parts par la SCI suivi de leur annulation, et le retrait organisé par les statuts. Le comparatif complet est dans sortir d'une SCI.
Formalisme des cessions de parts : attention, la règle a changé. Depuis le 27 juin 2026, l'article 1865-1 du Code civil — créé par l'article 68 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 — impose que « la cession de parts sociales ou d'actions d'une personne morale à prépondérance immobilière, au sens du 2° du I de l'article 726 du code général des impôts », soit constatée par acte authentique, par acte contresigné par avocat (art. 1374 du Code civil) ou, dans les seuls cas où il y est légalement habilité, par acte sous signature privée rédigé par un expert-comptable, le tout à peine de nullité. Ce n'est plus une simple condition d'opposabilité comme sous l'article 1865 : c'est une condition de validité. L'acte sous signature privée « fait maison » entre associés n'est donc plus valable pour une SCI, y compris pour une cession au profit d'un coassocié. Reste une question ouverte : le texte ne vise expressément que la cession et ne dit rien du rachat par la société de ses propres parts ni de la réduction de capital. Une partie de la doctrine publiée depuis juin 2026 retient une lecture large de la notion de cession — tout transfert à titre particulier entre vifs — et y inclut les réductions de capital non motivées par des pertes destinées à faire sortir un associé ; d'autres auteurs relèvent que le texte ne tranche pas la question. En l'absence de jurisprudence et de doctrine administrative, et vu la sanction encourue, faites rédiger tout rachat de parts par un notaire ou un avocat.
6. Réinvestir dans la SCI : pas de report d'imposition en immobilier
« Je vends, je réinvestis dans un autre immeuble, donc je ne suis pas imposé. » C'est faux, et c'est la deuxième idée reçue la plus coûteuse après celle sur la réduction de capital.
Aucun mécanisme de report ne s'applique
Il existe bien, en fiscalité française, des dispositifs de report ou de sursis d'imposition permettant de différer la taxation d'une plus-value en cas de réinvestissement. Le plus connu est l'article 150-0 B ter du CGI : il concerne l'apport de titres à une société contrôlée par l'apporteur, avec obligation de réinvestissement d'une fraction du prix en cas de cession rapide par la holding. Il ne s'applique pas à la vente d'un immeuble par une SCI.
Pour l'immobilier détenu en direct par une société civile, la règle est simple et sans exception générale :
- SCI à l'IR : l'impôt de plus-value est liquidé et payé lors de la publication de l'acte. Le réinvestissement postérieur est sans effet sur cette imposition.
- SCI à l'IS : la plus-value est un produit de l'exercice, imposée à la clôture de cet exercice. Réinvestir dans un nouvel immeuble ne la neutralise pas — cela crée seulement une nouvelle base amortissable pour les exercices suivants.
La seule exception notable, à l'IR, est l'exonération conditionnelle pour remploi dans l'acquisition d'une résidence principale (art. 150 U II 1° bis du CGI). Ses conditions sont strictes — première cession d'un logement, cédant non propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédant la cession, remploi effectif du prix dans l'acquisition ou la construction de sa résidence principale dans un délai de vingt-quatre mois, exonération limitée à la fraction du prix effectivement remployée — et sa transposition à une cession réalisée par une SCI doit être vérifiée au cas par cas. Nous lui consacrons un guide dédié, « exoneration-remploi-residence-principale-sci ».
Ce que le réinvestissement évite réellement
Le réinvestissement ne supprime rien au premier étage d'imposition. Il évite, en revanche, le second étage propre à la SCI à l'IS : tant que le cash reste dans la société, il n'y a pas de distribution, donc pas de PFU. Dit autrement :
| Scénario après la vente (SCI à l'IS) | IS sur la plus-value | Second étage |
|---|---|---|
| Distribution intégrale en dividendes | Dû | 31,4 % immédiatement |
| Rachat d'un autre immeuble par la SCI | Dû | Différé (aucune distribution) |
| Placement de la trésorerie dans la SCI | Dû | Différé, mais les produits financiers sont eux-mêmes imposés à l'IS |
| Dissolution et partage | Dû | 31,4 % + droit de partage 2,5 % |
Le levier n'est donc pas fiscal, il est financier : réinvestir permet de faire travailler 100 % du net d'IS plutôt que 68,6 % du net d'IS. Sur un horizon long, l'écart de capitalisation est considérable. Mais l'impôt de sortie n'est pas effacé. Il est reporté — potentiellement jusqu'à la génération suivante, qui le découvrira à son tour. Deux guides prolongent la réflexion : l'immeuble de rapport en SCI et une SCI par bien ou plusieurs.
Placer la trésorerie en attendant
Entre la vente et le réinvestissement, la trésorerie ne doit pas dormir sur un compte courant bancaire non rémunéré. Comptes à terme, supports de capitalisation, produits monétaires : les options existent, avec des contraintes propres à chaque régime — à l'IR, les produits financiers perçus par la SCI sont des revenus de capitaux mobiliers imposés chez les associés et ne se fondent pas dans le résultat foncier ; à l'IS, ils entrent dans le résultat imposable. Les options sont passées en revue dans placer la trésorerie d'une SCI et SCI, SCPI et actions.
Deux garde-fous : votre objet social doit permettre ces opérations, et une activité financière trop développée peut poser la question de la nature civile de la société. Une SCI qui n'a plus d'immeuble et se contente de placer sa trésorerie devient d'ailleurs une simple société de gestion de liquidités : c'est parfois le signal qu'il faut la mettre en sommeil ou la dissoudre plutôt que de la maintenir artificiellement en vie.
Un effet de bord à connaître : l'IFI
Les parts de SCI ne sont imposables à l'IFI qu'à hauteur de la fraction représentative de biens et droits immobiliers (art. 964 et suivants du CGI), appréciée au 1er janvier. Une SCI qui a vendu son immeuble et ne détient plus que de la trésorerie au 1er janvier suivant sort mécaniquement de l'assiette — sous réserve des dispositifs anti-abus et de la situation d'ensemble du redevable. Réinvestir dans un autre immeuble la fait au contraire réintégrer. Ce n'est pas un objectif en soi. C'est un paramètre du calendrier, à mettre dans la balance quand on hésite entre vendre en novembre et vendre en février. Assiette et exclusions : SCI et IFI.
Comparez les voies de sortie avant de virer quoi que ce soit
SCI-AI chiffre pour vous le coût de chaque option — remboursement de compte courant, dividende, réduction de capital, conservation — à partir de vos écritures réelles. Un rendez-vous de 30 minutes suffit souvent à éviter plusieurs dizaines de milliers d'euros d'erreur.
7. Cas chiffré IR vs IS : distribuer 400 000 € de prix de vente
Les taux ne parlent à personne. Un cas complet, si. Voici celui que je sors en rendez-vous quand un client hésite encore sur son régime : même SCI, même immeuble, même durée de détention, même dette. On ne change qu'une chose, le régime fiscal.
Les données communes
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| SCI | 2 associés personnes physiques, 50 / 50 — capital 1 000 € (100 parts de 10 €) |
| Acquisition | Janvier 2014 — prix 250 000 €, frais d'acquisition 18 000 € |
| Travaux | 30 000 € réalisés par entreprise en 2014, facturés à la SCI |
| Financement | Emprunt de 250 000 € sur 20 ans + 40 000 € apportés en comptes courants (20 000 € chacun) |
| Vente | 30 juin 2026 — 400 000 € net vendeur |
| Capital restant dû | 110 000 € |
| Indemnité de remboursement anticipé | 2 200 € |
| Mainlevée d'hypothèque | 1 100 € |
Dans les deux scénarios, la SCI reçoit donc, avant impôt : 400 000 − 110 000 − 2 200 − 1 100 = 286 700 €.
Scénario A — SCI à l'impôt sur le revenu
Étape 1 : le prix d'acquisition majoré. Deux options s'offrent à la SCI, et il faut prendre la plus favorable. Aux frais réels (18 000 €) et travaux réels (30 000 €), soit 298 000 €, on préfère ici les forfaits : 7,5 % du prix d'acquisition au titre des frais et 15 % au titre des travaux (immeuble bâti détenu depuis plus de cinq ans). Côté prix de cession, une seule des deux dépenses de sortie est déductible : les frais de mainlevée d'hypothèque figurent dans la liste limitative de l'article 41 duovicies H de l'annexe III au CGI, pris pour l'application du III de l'article 150 VA — l'indemnité de remboursement anticipé, elle, n'y figure pas.
| Élément | Montant |
|---|---|
| Prix d'acquisition | 250 000 € |
| Forfait frais d'acquisition (7,5 %) | + 18 750 € |
| Forfait travaux (15 %) | + 37 500 € |
| Prix d'acquisition majoré | 306 250 € |
| Prix de cession | 400 000 € |
| Frais de mainlevée d'hypothèque, déductibles du prix de cession (CGI ann. III, art. 41 duovicies H, 5°) | − 1 100 € |
| Prix de cession retenu | 398 900 € |
| Plus-value brute | 92 650 € |
Étape 2 : les abattements pour durée de détention. Douze années révolues au 30 juin 2026, soit sept années au-delà de la cinquième.
| Assiette | Abattement | Base imposable | Impôt |
|---|---|---|---|
| Impôt sur le revenu (19 %) | 7 × 6 % = 42 % | 53 737 € | 10 210 € |
| Prélèvements sociaux (17,2 %) | 7 × 1,65 % = 11,55 % | 81 949 € | 14 095 € |
| Surtaxe (art. 1609 nonies G) | Base > 50 000 €, 1re tranche | 53 737 € | 762 € |
| Impôt de plus-value total, prélevé par le notaire | 25 067 € | ||
Notez le passage par la surtaxe : la base de 53 737 € est appréciée au niveau de la société. Chaque associé ne peut pas invoquer sa part de 26 869 € pour rester sous le seuil de 50 000 €.
Étape 3 : la distribution. La SCI reçoit 286 700 − 25 067 = 261 633 €. Elle rembourse les 40 000 € de comptes courants, puis répartit le solde de 221 633 € entre les deux associés. Coût fiscal de cette distribution : zéro.
Scénario B — SCI à l'impôt sur les sociétés
Étape 1 : la valeur nette comptable. Le terrain (50 000 €, soit 20 % du prix) n'est pas amortissable. La construction (200 000 €) est amortie sur 30 ans, les travaux (30 000 €) sur 15 ans. Les frais d'acquisition ont été déduits en charges la première année. Au 30 juin 2026, la détention amortie est de 12,5 ans.
| Élément | Montant |
|---|---|
| Valeur d'origine immobilisée (250 000 + 30 000) | 280 000 € |
| Amortissements cumulés — construction (200 000 / 30 × 12,5) | − 83 333 € |
| Amortissements cumulés — travaux (30 000 / 15 × 12,5) | − 25 000 € |
| Valeur nette comptable | 171 667 € |
| Prix de cession | 400 000 € |
| Plus-value professionnelle | 228 333 € |
La plus-value est près de 2,5 fois plus élevée qu'à l'IR, pour une vente rigoureusement identique. Ce n'est pas une anomalie. C'est la facture des 108 333 € d'amortissements qui ont allégé le résultat imposable pendant douze ans : ce que l'IS a donné pendant la détention, il le reprend à la sortie. Et aucun abattement pour durée de détention ne viendra amortir le choc.
Étape 2 : l'impôt sur les sociétés (SCI éligible au taux réduit, résultat d'exploitation nul par ailleurs). Attention à une subtilité qui change le résultat : contrairement au régime des particuliers, l'indemnité de remboursement anticipé (2 200 €) et les frais de mainlevée (1 100 €) sont ici des charges déductibles de l'exercice (art. 39, 1 du CGI). La base imposable n'est donc pas la plus-value brute de 228 333 €, mais 225 033 €.
| Tranche | Base | Taux | IS |
|---|---|---|---|
| Taux réduit | 42 500 € | 15 % | 6 375 € |
| Taux normal | 182 533 € | 25 % | 45 633 € |
| Impôt sur les sociétés total | 52 008 € | ||
Étape 3 : la sortie du cash. Après paiement de l'IS, la SCI dispose de 286 700 − 52 008 = 234 692 €. Elle rembourse d'abord les 40 000 € de comptes courants — à coût nul. Restent 194 692 €, correspondant au résultat net de l'exercice (225 033 − 52 008 = 173 025 €), aux réserves antérieures (20 667 €) et au capital (1 000 €).
| Opération | Montant brut | Impôt | Net perçu |
|---|---|---|---|
| Remboursement des comptes courants | 40 000 € | 0 € | 40 000 € |
| Dividendes (résultat + réserves) | 193 692 € | 60 819 € | 132 873 € |
| Réduction de capital (réserves préalablement réparties) | 1 000 € | 0 € | 1 000 € |
| Total dans la poche des associés | 234 692 € | 60 819 € | 173 873 € |
Remarquez l'ordre : les réserves sont distribuées avant la réduction de capital. C'est ce qui permet aux 1 000 € de remboursement d'apport de sortir en franchise d'impôt, conformément à la condition posée par l'article 112, 1° du CGI. Fait dans l'autre sens, ce remboursement aurait été traité comme un revenu distribué.
Remarquez aussi le circuit de l'impôt : les 60 819 € ne sont pas payés par les associés l'année suivante, ils sont précomptés par la SCI lors de la mise en paiement (12,8 % de prélèvement forfaitaire non libératoire + 18,6 % de prélèvements sociaux) et reversés au Trésor le 15 du mois suivant, sur la déclaration n° 2777. La sortie de trésorerie immédiate de la société n'est donc pas de 24 793 € — le seul acompte d'impôt sur le revenu — mais bien de 60 819 €.
Le verdict
| Indicateur | SCI à l'IR | SCI à l'IS |
|---|---|---|
| Prix de vente | 400 000 € | 400 000 € |
| Disponible après dette et frais | 286 700 € | 286 700 € |
| Base taxable de la plus-value | 53 737 € (après abattements) | 225 033 € (après charges de l'exercice) |
| Premier étage d'imposition | 25 067 € | 52 008 € |
| Second étage (distribution) | 0 € | 60 819 € |
| Coût fiscal total de la sortie | 25 067 € | 112 827 € |
| Net dans la poche des associés | 261 633 € | 173 873 € |
| Taux de frottement sur le disponible | 8,7 % | 39,4 % |
87 760 € d'écart sur la même opération, à la seule différence du régime fiscal. C'est presque un quart du prix de vente. Cet écart n'invalide pas l'option pour l'IS — pendant douze ans, l'amortissement a effacé le résultat imposable et généré un gain de trésorerie annuel significatif. Mais il rappelle une règle simple : l'IS est un régime de détention et de capitalisation, pas un régime de revente rapide avec sortie du cash. Le comparatif complet est dans SCI à l'IS ou à l'IR.
Ce qui aurait changé le résultat
- Un déficit reportable à l'IS aurait réduit d'autant la base taxable de la plus-value.
- Des comptes courants plus élevés auraient déplacé une part du cash vers la sortie à 0 %. Une SCI à l'IS dont les associés ont financé 150 000 € en compte courant sort 150 000 € sans frottement.
- Une conservation du cash dans la SCI à l'IS aurait ramené le coût immédiat à 52 008 €, en reportant le second étage.
- Vingt-deux ans de détention auraient ramené l'impôt sur le revenu à zéro dans le scénario IR (abattement total), sans rien changer au scénario IS.
- Une vente à moins de cinq ans aurait supprimé tout abattement à l'IR — voir vendre moins de 5 ans après l'achat.
Les écritures correspondantes — constatation du prix, sortie d'actif, reprise des amortissements, remboursement de l'emprunt, affectation du résultat — sont détaillées pas à pas dans comptabiliser la vente d'un immeuble en SCI. Et si le passage du résultat comptable au résultat fiscal vous échappe encore, commencez par résultat comptable et résultat fiscal.
8. Répartition entre associés, démembrement et calendrier
Une fois le montant distribuable arrêté, reste à savoir qui reçoit quoi, et quand. C'est là que se jouent la plupart des conflits post-cession, souvent entre membres d'une même famille.
Le principe : la proportionnalité aux parts
L'article 1844-1 du Code civil pose la règle : la part de chaque associé dans les bénéfices et sa contribution aux pertes se déterminent à proportion de sa part dans le capital social, « le tout sauf convention contraire ». Les statuts peuvent donc prévoir une répartition différente de la répartition capitalistique — à une limite près, essentielle : la clause léonine, qui attribuerait à un associé la totalité du profit ou l'exonérerait de toute perte, est réputée non écrite.
En pratique, dans une SCI où les associés détiennent 70 % et 30 % des parts, le solde distribuable se répartit 70 / 30, sauf clause statutaire valable. Nos guides répartition du résultat entre associés et affectation du résultat détaillent les clauses admises et celles qui tombent.
Les deux couches à ne jamais confondre
| Couche | Clé de répartition | Nature juridique |
|---|---|---|
| Comptes courants d'associés | Solde propre à chaque associé | Dette de la société — indépendante du nombre de parts |
| Résultat, réserves, capital | Proportion des parts (art. 1844-1 C. civ.) | Droits d'associé — modulables par les statuts |
Un associé à 10 % qui a financé seul 80 000 € de travaux via son compte courant récupère ses 80 000 € en totalité, puis 10 % du solde. Toute autre lecture est une erreur — et une source de contentieux garantie si l'on distribue « tout au prorata des parts ».
Le cas des parts démembrées
Lorsque les parts sont démembrées entre usufruitier et nu-propriétaire — configuration très fréquente après une donation de parts ou une succession —, la question « qui touche le prix ? » n'a pas une réponse unique :
- Les revenus courants (loyers, résultat d'exploitation) reviennent à l'usufruitier, qui en est également le redevable fiscal.
- Un dividende prélevé sur les réserves revient à l'usufruitier, mais sous forme de quasi-usufruit (art. 587 du Code civil) : il peut en disposer, à charge de restituer une somme équivalente en fin d'usufruit, le nu-propriétaire détenant une créance de restitution. C'est la solution retenue par la Cour de cassation, sauf convention contraire des parties.
- Un remboursement d'apport (réduction de capital) constitue une restitution de capital et suit en principe la nue-propriété.
- La répartition de l'impôt de plus-value entre usufruitier et nu-propriétaire, dans une SCI à l'IR, dépend de la configuration exacte du démembrement : faites-la trancher par le notaire avant l'acte, pas après.
La règle d'or : écrire la convention avant la distribution, pas après. Une convention de quasi-usufruit signée et enregistrée protège la créance de restitution du nu-propriétaire et sécurise sa déduction future de l'actif successoral. À lire avant de signer : le démembrement de parts de SCI et la donation temporaire d'usufruit. Si c'était l'immeuble lui-même qui était démembré, et non les parts, le sujet est traité dans notre guide « plus-value-bien-demembre-sci ».
Le calendrier de la distribution
| Étape | SCI à l'IR | SCI à l'IS |
|---|---|---|
| Remboursement des comptes courants | Immédiat | Immédiat, après provision de l'IS |
| Arrêté des comptes de l'exercice | À la clôture | À la clôture |
| Assemblée d'approbation | Dans les 6 mois (usage et statuts) | Dans les 6 mois (usage et statuts) |
| Distribution du solde | Possible à tout moment, à formaliser | Après approbation des comptes |
| Précompte à la source : PFNL 12,8 % + PS 18,6 % (déclaration n° 2777) | Sans objet | Le 15 du mois suivant la mise en paiement — soit 31,4 % décaissés par la SCI |
| Paiement du solde d'IS | Sans objet | 15 du 4e mois suivant la clôture, ou 15 mai si clôture au 31/12 (art. 1668, 2 CGI) |
Conséquence pratique majeure à l'IS : entre l'encaissement du prix (juin) et la distribution effective du dividende (juin de l'année suivante, après approbation des comptes), il peut s'écouler douze mois. Douze mois, pendant lesquels l'argent dort sur le compte de la société. D'où, encore une fois, l'importance du remboursement immédiat des comptes courants : c'est la seule sortie disponible sans attendre. Le déroulé exact figure dans l'approbation des comptes, l'assemblée générale de SCI et le calendrier fiscal de la SCI.
Et l'acompte sur dividendes ?
Le régime légal des acomptes sur dividendes — comptes intermédiaires certifiés par un commissaire aux comptes, bénéfice constaté depuis la clôture précédente — est propre aux sociétés commerciales (art. L232-12 du Code de commerce). Il ne s'applique pas à la société civile. Dans une SCI, la distribution relève des statuts et de la décision collective : si les statuts l'autorisent, une répartition en cours d'exercice sur la base d'une situation intermédiaire est concevable.
Mais l'absence de cadre légal n'est pas une liberté sans risque : distribuer un bénéfice qui ne sera finalement pas réalisé engage la responsabilité du gérant et transforme l'excédent en compte courant débiteur. Après une plus-value réalisée et encaissée, ce risque est faible : le résultat est acquis, il ne se dégradera pas d'ici la clôture. Nous développons ce mécanisme dans dividendes en SCI à l'IS.
Formaliser, toujours
Même quand la loi ne l'exige pas, écrivez la décision. Un procès-verbal de la collectivité des associés doit mentionner : le montant distribuable et son origine (résultat de l'exercice, réserves, remboursement de compte courant), la clé de répartition retenue, les montants individuels, la date de mise en paiement, et le traitement des parts démembrées le cas échéant. C'est ce document qui, en cas de contrôle ou de litige entre associés, fait la différence entre une distribution régulière et une appropriation contestable. Une page, quinze minutes. Ce qu'il faut classer et pendant combien de temps : les documents à conserver et les registres comptables de la SCI.
9. Les erreurs qui coûtent cher au moment de distribuer
Neuf situations reviennent à presque chaque cession. Elles ont un point commun : elles se règlent toutes avant le premier virement. Après, il ne reste que des solutions bancales et un associé mécontent.
Erreur 1 — Distribuer avant d'avoir provisionné l'IS
C'est l'erreur numéro un, et elle est spécifique à la SCI à l'IS. Le prix arrive en juin, les associés se répartissent le solde en juillet, et le 15 mai suivant la SCI doit 52 000 € d'IS qu'elle n'a plus. Il faut alors rappeler les associés et leur demander de remettre l'argent. Quand ils l'ont encore. Calculez l'IS avant de virer le premier euro — le calendrier de paiement est dans acomptes et solde d'IS.
Erreur 2 — Transposer le raisonnement de l'IR à l'IS
« On a vendu, on a payé l'impôt, l'argent est à nous. » Vrai à l'IR, faux à l'IS. À l'IS, l'impôt payé par la société ne libère en rien la distribution : c'est une taxation de la société, pas des associés. Beaucoup de gérants ayant opté pour l'IS n'ont jamais eu à distribuer pendant la phase de détention (les amortissements effaçaient le résultat) et découvrent le second étage le jour de la revente.
Erreur 3 — Vouloir récupérer un compte courant qui n'a jamais existé
Les 40 000 € d'apport personnel de 2014 n'ont jamais été comptabilisés en compte courant. Au moment de la vente, ils n'existent pas juridiquement : ils ne peuvent pas sortir en franchise d'impôt. À l'IS, la même somme devra sortir en dividende, à 31,4 %, soit 12 560 € d'impôt évitable. Formalisez vos comptes courants dès le premier versement — modèle de convention, écritures.
Erreur 4 — Croire que la réduction de capital échappe à l'impôt
Le montage « je réduis le capital pour récupérer mon apport sans impôt » ne fonctionne, à l'IS, que si toutes les réserves ont été préalablement réparties (art. 112, 1° du CGI). Juste après une plus-value, c'est presque toujours l'inverse. Traitée dans le mauvais ordre, l'opération est requalifiée en revenu distribué.
Erreur 5 — Distribuer strictement au prorata des parts alors que les apports étaient inégaux
L'associé qui avait financé 80 % des travaux se retrouve avec 50 % du prix. Le déséquilibre se traduit comptablement par un compte courant qui reste créditeur pour l'un et débiteur pour l'autre — avec, à l'IS, un risque de requalification sur le fondement de l'article 111, a du CGI. À rattraper vite : compte courant débiteur.
Erreur 6 — Oublier les dettes résiduelles
Dépôts de garantie non reversés, régularisation de charges locatives due au locataire sortant, taxe foncière au prorata, dernière prime d'assurance, honoraires du comptable de l'exercice de cession : ces montants ne sont pas distribuables. Pris séparément, ce sont des broutilles ; additionnés, ils dépassent souvent 5 000 €. Passez-les en revue avec charges locatives et checklist de clôture.
Erreur 7 — Ne plus déclarer l'année de la vente
La SCI existe encore. À l'IR, elle doit déposer sa déclaration 2072 pour les loyers encaissés jusqu'à la cession. À l'IS, elle doit déposer sa liasse 2033 et sa 2065, qui portent précisément la plus-value. Ne rien déposer expose aux majorations de l'article 1728 du CGI. Les sanctions sont listées dans retard de déclaration.
Erreur 8 — Laisser une coquille vide qui coûte de l'argent
Une SCI sans immeuble et sans trésorerie reste une société : obligations déclaratives, frais de tenue, risque de radiation d'office. Décidez rapidement de son sort — nouvelle acquisition, mise en sommeil, ou dissolution. Une SCI dormante se réactive, mais elle ne s'oublie pas.
Erreur 9 — Vendre à un associé sans précaution
La cession de l'immeuble à l'un des associés — ou à une société qu'il contrôle — soulève des questions de prix de marché, d'intérêt social et, à l'IS, d'acte anormal de gestion. Elle mérite une évaluation indépendante et une décision collective explicite — surtout si le prix retenu est « arrangeant ». Nous traitons le cas dans « vente-a-un-associe-sci », et la position du dirigeant dans le gérant peut-il vendre un bien de la SCI.
10. Distribuer le prix de vente en SCI : les 4 choses à retenir
Quatre idées suffisent à éviter l'essentiel des erreurs que nous voyons passer après une cession. Les voici.
- À l'IR, la sortie est gratuite. La plus-value a été imposée entre les mains des associés et prélevée par le notaire (art. 150 U et suivants du CGI). La mise à disposition du prix n'est pas un nouveau fait générateur : ni PFU, ni prélèvements sociaux additionnels, ni formalité fiscale.
- À l'IS, la sortie coûte un second étage. L'IS frappe une plus-value gonflée par les amortissements, puis la distribution supporte 31,4 % de PFU. Sur notre cas, 112 827 € contre 25 067 € : près de 88 000 € d'écart pour la même vente.
- Le compte courant d'associé est la seule sortie à 0 %. Dans les deux régimes, immédiatement, sans formalisme lourd. C'est la première opération à faire — à condition qu'il ait été formalisé dès l'origine.
- L'ordre compte autant que le montant. Dettes, puis impôt, puis comptes courants, puis réserves, puis capital. Inverser cet ordre coûte de l'impôt évitable — et parfois la trésorerie de la SCI.
Une dernière remarque de méthode. La question « comment sortir le prix » ne devrait jamais se poser après la vente : elle se pose au moment de choisir le régime fiscal, à la création de la SCI ou lors de l'option. Le régime d'entrée fixe le coût de sortie, dix ou vingt ans plus tard, quand plus personne ne se souvient de la case cochée à la création. Trois lectures pour arbitrer à froid : SCI à l'IS ou à l'IR, passer de l'IR à l'IS et notre guide SCI complet.
11. FAQ — Distribuer le prix de vente d'un immeuble en SCI
Faut-il payer un impôt supplémentaire quand une SCI à l'IR verse le prix de vente aux associés ?
Non. La plus-value a déjà été imposée entre les mains des associés au moment de la vente (art. 150 U et suivants du CGI), l'impôt étant liquidé et acquitté par le notaire. La mise à disposition du prix n'est pas un nouveau fait générateur : ni PFU, ni prélèvements sociaux additionnels. Seul le formalisme — décision collective, procès-verbal, écritures — doit être respecté.
La SCI à l'IS doit-elle payer 31,4 % pour sortir le prix de vente ?
Pour la part distribuée en dividendes, oui : le PFU s'élève à 31,4 % en 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026), sauf option globale pour le barème. Mais la totalité du prix n'a pas vocation à passer en dividendes : le remboursement des comptes courants sort à 0 %, et une réduction de capital obéit à un régime distinct. Le détail du calcul est dans le PFU en SCI à l'IS.
Dans quel ordre faut-il payer avec le prix de vente ?
Capital restant dû et IRA, mainlevée, impôt de plus-value (prélevé par le notaire à l'IR, provisionné à l'IS), dettes courantes — fournisseurs, charges de copropriété, dépôts de garantie, taxe foncière au prorata —, puis comptes courants d'associés, et enfin capital et réserves. Inverser cet ordre est la première cause de trésorerie négative après une vente.
Le remboursement d'un compte courant d'associé est-il imposable ?
Non. Le compte courant est une créance de l'associé sur la SCI : le rembourser, c'est restituer un capital, pas verser un revenu. Aucun impôt sur le revenu, aucun prélèvement social, aucun droit d'enregistrement — à l'IR comme à l'IS. Seuls les intérêts éventuellement servis constituent un revenu imposable. Tout est repris dans le compte courant d'associé en SCI.
Peut-on distribuer le prix de vente avant l'assemblée générale d'approbation des comptes ?
Le remboursement des comptes courants peut intervenir immédiatement. En revanche, une distribution de bénéfice suppose des comptes arrêtés et un bénéfice distribuable : dans une SCI à l'IS, cela reporte de fait la distribution à l'assemblée d'approbation de l'exercice de la vente, soit jusqu'à douze mois après l'encaissement. La société civile ne relève pas du régime légal des acomptes sur dividendes des sociétés commerciales.
Le notaire prélève-t-il l'impôt de plus-value d'une SCI ?
Oui pour une SCI à l'IR : il dépose la déclaration de plus-value et acquitte l'impôt pour le compte des associés personnes physiques (art. 150 VF à 150 VH du CGI). Le prix versé à la SCI est donc déjà net. Pour une SCI à l'IS, rien n'est prélevé : l'IS est dû avec le solde de l'exercice, le 15 du quatrième mois suivant la clôture — ou le 15 mai de l'année suivante si l'exercice est clos le 31 décembre (art. 1668, 2 du CGI). Attention également à la quote-part d'un associé personne morale, qui échappe au prélèvement du notaire.
La réduction de capital permet-elle d'échapper au PFU ?
Pas automatiquement. Une réduction par diminution du nominal n'est un remboursement d'apport non imposable que si tous les bénéfices et réserves autres que la réserve légale ont été préalablement répartis (art. 112, 1° du CGI) — condition rarement remplie juste après une plus-value. Une réduction par rachat puis annulation de parts relève du régime des plus-values (art. 112, 6° du CGI), plus favorable seulement si les parts ont une valeur d'acquisition élevée — sous deux réserves de forme. L'article 1865-1 du Code civil impose depuis le 27 juin 2026 un acte notarié ou un acte d'avocat pour la cession de parts d'une société à prépondérance immobilière ; son application au rachat par la société de ses propres parts n'est pas tranchée, et la sanction étant la nullité, mieux vaut faire rédiger l'opération par un notaire ou un avocat. Et lorsque le rachat fait l'objet d'un acte distinct de l'acte de réduction, il supporte le droit d'enregistrement de 5 % de l'article 726 du CGI.
Peut-on éviter l'impôt en réinvestissant le prix dans un autre immeuble ?
Non. Il n'existe pas, pour la cession d'un immeuble par une SCI, de report ou de sursis d'imposition comparable à l'article 150-0 B ter du CGI applicable aux apports de titres. L'impôt est dû au titre de l'année ou de l'exercice de la cession. Le réinvestissement évite seulement le second étage propre à la SCI à l'IS, puisqu'aucune distribution n'intervient.
Que se passe-t-il si on distribue plus que le solde du compte courant ?
Le compte courant devient débiteur. Dans une SCI à l'IS, l'administration peut requalifier ces sommes en revenus distribués sur le fondement de l'article 111, a du CGI, qui vise les avances, prêts ou acomptes consentis aux associés. Dans tous les cas, l'utilisation de fonds sociaux à des fins personnelles engage la responsabilité du gérant. Voir compte courant débiteur en SCI.
Vaut-il mieux dissoudre la SCI que distribuer un dividende ?
Rarement, à l'IS. Le boni de liquidation est traité comme un revenu distribué (art. 161 du CGI) et supporte le même PFU de 31,4 %, auquel s'ajoute le droit de partage de 2,5 % sur l'actif net partagé (art. 746 du CGI) et les frais de liquidation. À l'IR, la dissolution reste neutre en matière d'impôt sur le revenu dès lors que les résultats ont déjà été imposés chaque année chez les associés : seul le droit de partage reste dû. Le détail de la procédure : dissolution et liquidation d'une SCI.
Comment répartir le prix quand les associés n'ont pas apporté les mêmes sommes ?
En distinguant deux couches. Les comptes courants sont remboursés à chacun selon son solde propre, indépendamment du nombre de parts. Le solde disponible se répartit ensuite à proportion des parts (art. 1844-1 du Code civil), sauf clause statutaire différente — à condition qu'elle ne prive aucun associé de tout droit aux bénéfices, faute de quoi elle serait réputée non écrite.
Qui touche le prix quand les parts de la SCI sont démembrées ?
Les revenus courants reviennent à l'usufruitier. Un dividende prélevé sur les réserves lui revient également, mais sous forme de quasi-usufruit (art. 587 du Code civil), le nu-propriétaire disposant d'une créance de restitution, sauf convention contraire. Un remboursement d'apport suit en principe la nue-propriété. Tranchez et écrivez la convention avant la distribution. Voir le démembrement de parts de SCI.
Combien de temps le notaire garde-t-il le prix de vente ?
Le prix est généralement versé dans les deux à trois semaines suivant la signature, le temps des formalités. Une partie peut rester séquestrée plus longtemps : le syndic de copropriété peut former opposition entre les mains du notaire pour les sommes dues par le vendeur au syndicat (art. 20 de la loi du 10 juillet 1965), et certaines garanties contractuelles prévoient une retenue temporaire.
Faut-il encore déposer une déclaration 2072 l'année de la vente ?
Oui. Une SCI à l'IR qui a encaissé des loyers entre le 1er janvier et la date de la vente doit déclarer ces revenus fonciers sur la 2072 de l'année. La plus-value, elle, n'y figure pas : elle a été déclarée séparément par le notaire. À l'IS, ce sont la 2065 et la liasse 2033 qui portent la plus-value de cession.
Peut-on verser une rémunération exceptionnelle au gérant plutôt qu'un dividende ?
C'est possible dans une SCI à l'IS : la rémunération est déductible du résultat si elle correspond à un travail effectif et n'est pas excessive (art. 39, 1-1° du CGI). Mais elle supporte des cotisations sociales dont le coût global dépasse souvent celui du PFU sur un versement ponctuel élevé. Elle se justifie quand elle est régulière et proportionnée. Notre guide rémunération du gérant de SCI chiffre les deux options.
Quel est l'écart de coût réel entre une SCI à l'IR et une SCI à l'IS pour sortir le prix ?
Sur notre cas d'une vente à 400 000 € d'un bien acquis 250 000 € douze ans plus tôt, le coût fiscal total de la sortie est de 25 067 € à l'IR contre 112 827 € à l'IS, soit environ 88 000 € d'écart. Cet écart est structurel : à l'IS, l'amortissement gonfle la plus-value taxable, puis la distribution ajoute un second étage d'imposition.
Simulez la distribution et son coût fiscal dans SCI-AI
Saisissez la cession, et le logiciel calcule l'impôt dû, la trésorerie réellement distribuable, le solde de chaque compte courant et le coût de chaque voie de sortie. Vous savez exactement ce que vous pouvez virer — et ce que vous devez garder pour le fisc.
Pour aller plus loin