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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Cession de parts de SCI 2026 Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Guide SCI Familiale 2026 SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Le guichet unique INPI Statuts SCI : rédiger des statuts solides Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

La clause d'inaliénabilité des parts de SCI : durée et validité (2026)

Vous donnez à vos enfants les parts de la SCI qui détient l'immeuble familial, et vous ajoutez la phrase qui vous rassure : « les parts données ne pourront être cédées ». C'est légitime. C'est même fréquent. Et cela peut être parfaitement valable — à condition de savoir que deux mots de l'article 900-1 du code civil décident du sort de toute la clause. Ces deux mots sont temporaires et légitime. S'ils manquent, la clause tombe. S'ils sont là mais que les circonstances changent, un juge peut lever l'interdiction quinze ans plus tard, sans que vous ayez votre mot à dire — et si vous aviez pris la précaution d'écrire que celui qui conteste perd la donation, la loi neutralise expressément cette précaution.

Le sujet est piégeux pour une seconde raison. Une clause d'inaliénabilité peut naître de deux endroits complètement différents : d'un acte de donation ou d'un testament, où elle est encadrée par un texte précis, ou des statuts de la SCI, où aucun texte ne l'encadre. Ces deux clauses portent le même nom, produisent des effets voisins et n'obéissent pas au même régime. Elles n'ont surtout pas la même solidité depuis le 1er octobre 2025 : la réforme des nullités en droit des sociétés a rendu la clause statutaire nettement moins mordante, alors que la clause de donation, elle, a gardé toute sa force. Ce guide sépare les deux terrains, vérifie chaque fondement à la source, et vous dit ce qui se passe vraiment quand quelqu'un passe outre.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (code civil, code de commerce, CGI, LPF, jurisprudence de la Cour de cassation). Mis à jour le 4 août 2026.

L'essentiel en sept points

  • Dans une donation ou un testament, la clause n'est valable que si elle est temporaire et justifiée par un intérêt sérieux et légitime (art. 900-1 du code civil).
  • Aucune durée maximale n'est fixée par la loi. Les dix ans qu'on cite partout sont ceux de l'article L227-13 du code de commerce, propre à la SAS : ils ne s'appliquent pas aux sociétés civiles.
  • Même valable, la clause peut être levée par un juge si l'intérêt qui l'a justifiée a disparu, ou si un intérêt plus important l'exige.
  • La clause pénale qui priverait de la donation celui qui conteste est réputée non écrite (art. 900-8).
  • Dans les statuts d'une SCI, aucun texte n'organise la clause : elle repose sur la liberté contractuelle, et bute sur la prohibition des engagements perpétuels (art. 1210).
  • Depuis le 1er octobre 2025, la violation des statuts n'est plus, par elle-même, une cause de nullité (art. 1844-10, dernier alinéa) : la clause statutaire s'est affaiblie, pas celle de la donation.
  • La clause ne bloque pas la transmission par décès. Face aux créanciers, tout dépend de son origine : une clause purement statutaire n'est pas une insaisissabilité, tandis qu'une clause de donation valable fait obstacle à la saisie tant qu'elle produit effet.

1. Clause d'inaliénabilité : deux terrains à ne jamais confondre

Quand quelqu'un m'écrit « j'ai mis une clause d'inaliénabilité sur les parts », ma première question est toujours la même : elle est où, cette clause ? Dans l'acte de donation, ou dans les statuts de la SCI ? La réponse change tout : le texte applicable, les conditions de validité, la durée admissible, la personne qui peut agir, et surtout la sanction en cas de violation.

Terrain n° 1 : la clause stipulée dans une libéralité

Ici, le terrain est balisé. Un donateur transmet des parts de SCI, un testateur les lègue, et l'un ou l'autre ajoute une interdiction de céder : on tombe sous le coup de l'article 900-1 du code civil. Son premier alinéa tient en quelques lignes, et il est nettement plus exigeant qu'il n'en a l'air :

Article 900-1 du code civil

« Les clauses d'inaliénabilité affectant un bien donné ou légué ne sont valables que si elles sont temporaires et justifiées par un intérêt sérieux et légitime. Même dans ce cas, le donataire ou le légataire peut être judiciairement autorisé à disposer du bien si l'intérêt qui avait justifié la clause a disparu ou s'il advient qu'un intérêt plus important l'exige.

Les dispositions du présent article ne préjudicient pas aux libéralités consenties à des personnes morales ou mêmes à des personnes physiques à charge de constituer des personnes morales. »

Deux alinéas, trois phrases. Ils suffisent à écarter l'essentiel de ce qu'on lit ailleurs sur le sujet.

  • Deux conditions cumulatives, pas alternatives. La clause doit être temporaire et justifiée. Une clause de dix ans sans motif exprimé est aussi fragile qu'une clause perpétuelle parfaitement motivée.
  • Le texte vise « un bien donné ou légué ». Des parts sociales sont un bien : la clause s'applique donc pleinement à une donation de parts de SCI, y compris à une donation-partage.
  • La validité ne met pas la clause à l'abri. Le « même dans ce cas » de la seconde phrase est essentiel : une clause valable reste levable en justice. C'est une soupape que le donateur ne peut pas fermer.

Terrain n° 2 : la clause inscrite dans les statuts de la SCI

Là, silence complet. Aucun article du code civil consacré aux sociétés civiles n'organise l'inaliénabilité des parts. Le législateur a réglé l'agrément (art. 1861), le nantissement (art. 1866 à 1868), le retrait (art. 1869), le décès (art. 1870) — mais rien sur l'interdiction pure et simple de céder.

Et le texte que tout le monde cite pour combler ce vide ne s'applique pas. L'article L227-13 du code de commerce« Les statuts de la société peuvent prévoir l'inaliénabilité des actions pour une durée n'excédant pas dix ans » — figure au chapitre VII du titre II du livre II du code de commerce, qui est le chapitre de la société par actions simplifiée. Il vise des actions, pas des parts sociales, et il vise la SAS, pas la société civile.

L'erreur que je vois le plus souvent

Des statuts de SCI qui portent, noir sur blanc : « conformément à l'article L227-13 du code de commerce, les parts sont inaliénables pendant dix ans ». Ce visa est faux. Il ne rend pas nécessairement la clause nulle — la limitation de durée reste une bonne idée — mais il révèle des statuts recopiés d'un modèle de SAS, et il fragilise la clause devant un juge qui verra tout de suite que le rédacteur n'a pas identifié le bon régime. Si vous trouvez ce visa dans vos statuts, faites-les relire.

Le tableau de partage

Critère Clause dans une donation ou un testament Clause dans les statuts de la SCI
Texte applicableArt. 900-1 et 900-2 à 900-8 du code civilAucun. Liberté contractuelle (art. 1103)
Conditions de validitéTemporaire et intérêt sérieux et légitimeNon fixées. Par analogie : durée limitée et motif légitime
Durée maximaleNon chiffrée par la loiNon chiffrée. Les dix ans de la SAS ne s'appliquent pas
Qui est liéLe seul donataire ou légataire, sur les seules parts reçuesTous les associés, présents et futurs, sur toutes les parts visées
Mise en placeVolonté unilatérale du disposant, dans l'acte notariéUnanimité par défaut (art. 1836), ou majorité statutaire
Levée possible ?Oui, autorisation judiciaire de disposer (art. 900-1)Par modification des statuts, ou en plaidant la nullité de la clause
Sanction de la violationNullité de la cession (solution dominante)Dommages-intérêts (art. 1844-10, dernier al.)
Opposabilité aux tiersPar l'acte, et par la connaissance qu'en a l'acquéreurStatuts déposés au RCS : consultables par tout tiers

Lisez la ligne « sanction de la violation » deux fois. C'est elle que l'ordonnance du 12 mars 2025 a clarifiée au 1er octobre 2025, et c'est elle qui devrait guider votre choix de support. Nous y revenons au chapitre 5.

Les deux clauses se cumulent très bien

Rien n'interdit — et beaucoup recommande — de faire les deux. Dans un montage familial classique, les statuts posent le cadre général applicable à tous (agrément, préemption, éventuellement une inaliénabilité de démarrage), et chaque acte de donation ajoute une inaliénabilité personnalisée sur les parts qu'il transmet, avec sa propre durée et son propre motif. La clause statutaire structure la société, la clause de donation protège une transmission précise. Elles ne poursuivent pas le même but et n'ont pas la même durée de vie.

Pour situer ce guide dans l'ensemble : l'agrément est traité dans le guide dédié à la clause d'agrément dans les statuts d'une SCI, la transmission elle-même dans le guide sur la donation de parts de SCI, et les engagements extra-statutaires dans celui sur le pacte d'associés en SCI. Ici, on ne parle que de l'inaliénabilité elle-même.


2. La clause dans une donation de parts : durée et intérêt légitime

Le cas type, en SCI familiale : des parents donnent des parts à leurs enfants et voudraient éviter que l'immeuble acheté en 1998 finisse revendu en 2029 pour financer un projet dont ils ne sauront rien. La clause tient debout sur deux jambes. Regardons-les l'une après l'autre.

Condition n° 1 : le caractère temporaire

« Temporaire » ne veut pas dire « courte ». Cela veut dire qui a un terme. Une durée en années fait l'affaire ; un événement dont la survenance est certaine, même si sa date ne l'est pas, aussi. Voici les rédactions que je croise le plus souvent, classées de la plus sûre à celle qui ne tiendra pas.

Rédaction Caractère temporaire Commentaire
« Pendant dix ans à compter de ce jour »AcquisTerme certain et daté. La configuration la plus sûre.
« Jusqu'au décès du donateur »AdmisLa jurisprudence admet de longue date que l'inaliénabilité stipulée pour la durée de la vie du donateur est temporaire : elle a un terme certain, et le gratifié la verra prendre fin.
« Jusqu'aux 30 ans du donataire »AdmisTerme daté et intelligible, particulièrement adapté à la protection d'un jeune donataire.
« Pendant toute la vie du donataire »Très fragileLe bénéficiaire ne verra jamais le terme : l'interdiction est perpétuelle de son point de vue.
« Les parts sont incessibles » (sans durée)NulPerpétuité pure. La clause tombe et la donation subsiste (art. 900) — sauf si, selon une jurisprudence constante, l'inaliénabilité était la cause impulsive et déterminante de la libéralité, auquel cas c'est la donation entière qui peut être annulée.

Sur la durée chiffrée, une précision honnête s'impose : la loi n'en fixe aucune. Aucun texte ne dit « pas plus de dix ans », « pas plus de vingt ans ». La durée s'apprécie à la lumière du motif : plus la durée est longue, plus l'intérêt sérieux et légitime doit être fort pour la porter. Une inaliénabilité de cinq ans justifiée par la jeunesse du donataire passe sans discussion. Une inaliénabilité de trente ans justifiée par la même jeunesse — alors que le donataire aura cinquante ans à l'échéance — invite le juge à s'interroger.

Ma règle de travail, que je donne comme repère prudent et non comme règle de droit : calez la durée sur l'événement qui fait disparaître le risque que vous voulez couvrir, et écrivez cet événement dans la clause. Si vous protégez un enfant de vingt ans contre lui-même, calez sur ses trente ans. Si vous protégez un usufruit que vous vous êtes réservé, calez sur votre décès. Une durée qui ne correspond à rien de concret est une durée que personne ne saura défendre.

Condition n° 2 : l'intérêt sérieux et légitime

Le second verrou est plus mou en apparence, plus décisif en réalité. La loi ne définit pas l'intérêt sérieux et légitime : c'est le juge qui l'apprécie souverainement, à la date de la libéralité. Voici les motifs qui sont classiquement retenus dans les donations de parts de SCI, avec ce qu'ils supposent d'être écrit pour tenir.

Motif invoqué Ce qu'il faut écrire dans l'acte Durée cohérente
Protection d'un donataire jeune ou inexpérimentéL'âge du donataire au jour de l'acte et le risque de dilapidation d'un actif immobilier familialJusqu'à un âge donné (25, 28, 30 ans)
Protection d'un donataire vulnérableLa situation de fragilité, en termes non stigmatisants, et le besoin de sécuriser un revenu locatif régulierLongue, mais avec revoyure explicite
Maintien de l'unité du patrimoine familialL'origine familiale de l'immeuble, la volonté d'éviter l'entrée d'un tiers au capital et l'existence de la clause d'agrémentSouvent calée sur la vie du donateur
Protection de l'usufruit réservéLa réserve d'usufruit, les pouvoirs de gestion conservés et le lien entre la vente des parts et la perte de la jouissanceJusqu'au décès du ou des donateurs
Garantie d'une charge imposée au donataireLa charge elle-même (rente, prise en charge d'un emprunt, obligation de logement) et le lien de garantieLe temps d'exécution de la charge
Prévention d'un conflit successoral prévisibleÀ manier avec précaution : le motif doit rester tourné vers l'intérêt du gratifié, pas vers le confort du donateurCourte et argumentée

Le motif doit être écrit

Techniquement, l'article 900-1 n'impose pas que le motif figure dans l'acte : il faut qu'il existe. Mais le jour du procès, c'est celui qui défend la clause qui doit le prouver, souvent des décennies plus tard, alors que le donateur est mort et que personne ne sait plus ce qu'il avait en tête. Un motif exprimé dans l'acte fait la différence entre une clause défendue et une clause perdue. Consacrez-lui trois lignes, pas trois mots.

L'articulation avec la réserve d'usufruit

C'est le montage le plus courant : les parents donnent la nue-propriété des parts et gardent l'usufruit. Deux choses méritent d'être dites, et la première va peut-être vous surprendre.

L'inaliénabilité y est en grande partie redondante. Un nu-propriétaire seul ne peut pas vendre la pleine propriété des parts : il lui faut l'usufruitier. Il peut toujours céder sa nue-propriété toute seule, mais qui achète une nue-propriété de parts de SCI familiale, grevée d'une clause d'agrément, sans droit aux revenus et sans date de sortie ? Personne. Le démembrement fait déjà le gros du travail, sans clause. Le mécanisme complet est détaillé dans le guide sur le démembrement de parts de SCI.

La clause garde son utilité sur ce que le démembrement laisse ouvert : la cession de la seule nue-propriété, justement, et l'apport des parts démembrées à une autre structure. Un conseil de rédaction, parce que j'ai vu le débat naître sur ce seul point : écrivez que l'interdiction vise « les droits démembrés comme la pleine propriété reconstituée ». Sans cette précision, un donataire malin soutiendra que sa nue-propriété n'était pas visée.

Le cas particulier de la donation-partage

La donation-partage de parts de SCI est l'outil de référence pour figer les valeurs et éviter le rapport et la réévaluation au décès. On y insère volontiers une clause d'inaliénabilité, et c'est légitime : le donateur veut que le partage qu'il a organisé tienne.

Attention à deux choses, propres à cet acte. Une inaliénabilité stipulée lot par lot, avec des durées différentes selon les enfants, doit être motivée enfant par enfant : sinon, la différence de traitement devient l'argument principal de celui qui est le plus contraint, et il aura raison de s'en servir. Ensuite, et je le répète parce que la confusion revient sans cesse en rendez-vous : la clause d'inaliénabilité n'est pas un bouclier successoral. Elle n'empêche pas une action en réduction si la réserve héréditaire est entamée. Deux registres, deux logiques. Le guide sur la SCI familiale ou la donation directe compare ces deux voies de transmission.

Le sort de la clause au décès du donateur

Question posée à chaque fois, et la réponse dépend uniquement de la rédaction.

  • Si la clause est calée sur le décès du donateur, elle s'éteint à ce décès. Les parts redeviennent librement cessibles, sous réserve de l'agrément statutaire qui, lui, survit.
  • Si la clause est calée sur une durée fixe, elle survit au donateur et court jusqu'à son terme. Elle produit alors ses effets au profit de la succession, et ce sont les héritiers du donateur qui ont vocation à en réclamer le respect.
  • Si la clause ne dit rien du décès, elle survit — mais le motif qui la justifiait a souvent disparu avec le donateur, ce qui ouvre grand la porte à la demande d'autorisation judiciaire de disposer. C'est exactement le scénario du chapitre suivant.

Un arrêt utile ici, et souvent mal résumé : la troisième chambre civile de la Cour de cassation, le 30 janvier 2020 (Cass. 3e civ., n° 18-25.381), était saisie d'un moyen soutenant qu'une promesse synallagmatique de vente conclue sur un bien rendu inaliénable par une donation serait « de nul effet ». Elle a rejeté ce moyen. Elle retient que la promesse n'était affectée d'aucune condition, que les parties ne l'avaient pas dénoncée, que l'obstacle juridique avait seulement empêché jusqu'alors la régularisation, et qu'une fois cet obstacle levé par le décès des donateurs les parties « demeuraient engagées par cette promesse » — au point d'annuler la donation consentie ensuite en fraude des droits de l'acquéreur. Traduction pratique : l'inaliénabilité gèle, elle ne détruit pas nécessairement. Un avant-contrat signé trop tôt n'est pas forcément perdu pour toujours — mais on ne construit pas une stratégie sur cette base, et cet arrêt ne dit rien, en sens inverse, de la nullité d'une cession définitive passée pendant la période d'inaliénabilité.

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3. Faire lever la clause d'inaliénabilité devant le juge (art. 900-1)

C'est la partie que les donateurs découvrent le plus souvent par un courrier d'avocat, dix ou quinze ans après avoir signé. Une clause d'inaliénabilité parfaitement valable n'est pas définitive. Le législateur a prévu sa propre soupape, dans la phrase qui suit immédiatement les conditions de validité — et cette soupape est bien plus large qu'on ne l'imagine.

La voie principale : l'autorisation judiciaire de disposer (art. 900-1)

Elle est écrite dans la seconde phrase du premier alinéa de l'article 900-1, que je remets ici parce qu'elle est le cœur du sujet : « Même dans ce cas, le donataire ou le légataire peut être judiciairement autorisé à disposer du bien si l'intérêt qui avait justifié la clause a disparu ou s'il advient qu'un intérêt plus important l'exige. »

Notez le « ou ». Les deux fondements sont alternatifs : il suffit d'en tenir un.

Fondement Ce qu'il faut démontrer Exemples en SCI
L'intérêt qui justifiait la clause a disparuQue le motif d'origine n'existe plus, en faitLe donateur usufruitier est décédé ; le donataire protégé a quarante ans et une situation stable ; l'immeuble familial que la clause devait maintenir dans la famille a été vendu par la SCI
Un intérêt plus important l'exigeQue la balance des intérêts penche désormais de l'autre côtéLe donataire doit financer des soins, un divorce, une dette fiscale ; la SCI est déficitaire et appelle des fonds que le donataire ne peut pas suivre ; l'immeuble impose des travaux hors de portée

Cette action est la sortie normale des conflits familiaux. Dans la plupart des dossiers, le donataire ne conteste même pas la validité de la clause : il reconnaît qu'elle était bien motivée en 2010, et il explique pourquoi elle ne l'est plus en 2026. C'est un débat de fait, tranché au vu des pièces : composition du patrimoine, situation personnelle, état de la SCI, projet du demandeur.

Devant quel juge ? Devant le tribunal judiciaire, juridiction de droit commun en matière civile — et rappelons au passage que les litiges concernant une société civile ne relèvent jamais du tribunal de commerce. Les défendeurs naturels sont le donateur s'il est vivant, et ses héritiers s'il est décédé.

L'arme neutralisée : la clause pénale de l'article 900-8

Le réflexe du donateur bien conseillé — ou mal conseillé, selon le point de vue — est d'ajouter : « celui qui contesterait la présente clause ou solliciterait l'autorisation d'aliéner sera déchu de la présente donation ». Cette précaution est inefficace par la volonté expresse du législateur. L'article 900-8 du code civil est net :

Article 900-8 du code civil

« Est réputée non écrite toute clause par laquelle le disposant prive de la libéralité celui qui mettrait en cause la validité d'une clause d'inaliénabilité ou demanderait l'autorisation d'aliéner. »

« Réputée non écrite » : la clause tombe seule, la donation reste. Le donataire peut donc saisir le juge sans rien risquer sur ce terrain. Si vous voulez dissuader une contestation, la seule voie efficace est de rendre la clause raisonnable : une durée mesurée et un motif crédible dissuadent mille fois mieux qu'une menace que la loi désarme.

L'autre voie, moins praticable : la révision des articles 900-2 à 900-8

On lit souvent que la clause d'inaliénabilité peut être « révisée » sur le fondement des articles 900-2 et suivants. C'est à nuancer, et la nuance est très concrète.

L'article 900-2 ouvre bien une action de révision : « Tout gratifié peut demander que soient révisées en justice les conditions et charges grevant les donations ou legs qu'il a reçus, lorsque, par suite d'un changement de circonstances, l'exécution en est devenue pour lui soit extrêmement difficile, soit sérieusement dommageable. » Et l'article 900-4 donne au juge des pouvoirs étendus, dont celui d'« autoriser l'aliénation de tout ou partie des biens faisant l'objet de la libéralité en ordonnant que le prix en sera employé à des fins en rapport avec la volonté du disposant ».

Mais l'article 900-5 pose une condition de recevabilité qui change tout : « La demande n'est recevable que dix années après la mort du disposant ou, en cas de demandes successives, dix années après le jugement qui a ordonné la précédente révision. La personne gratifiée doit justifier des diligences qu'elle a faites, dans l'intervalle, pour exécuter ses obligations. »

Le point à retenir

La révision des articles 900-2 et suivants suppose que le disposant soit mort depuis dix ans au moins. L'autorisation judiciaire de disposer de l'article 900-1, elle, n'est enfermée dans aucun délai : elle peut être demandée du vivant du donateur. Dans les dossiers de SCI familiale, c'est donc presque toujours l'article 900-1 qu'on invoque, et non la procédure de révision. Confondre les deux fait perdre une année de procédure.

Pour être complet sur la mécanique de révision, puisqu'elle peut servir quand la clause s'accompagne de véritables charges : la demande se forme par voie principale ou par voie reconventionnelle contre l'action en exécution ou en révocation des héritiers, elle est dirigée contre les héritiers du disposant, et le ministère public doit dans tous les cas avoir communication de l'affaire (art. 900-3). Le jugement de révision n'est susceptible de tierce opposition que dans des conditions restreintes et les tiers acquéreurs de bonne foi sont protégés (art. 900-6). Enfin, si l'exécution des conditions ou charges telles qu'elles étaient prévues à l'origine redevient possible, les héritiers peuvent en demander le rétablissement (art. 900-7).

Ce que la judiciarisation coûte vraiment

Soyons lucides une seconde. Une demande d'autorisation de disposer, sur le papier, c'est une requête. Dans la vraie vie, c'est un enfant qui assigne ses frères et sœurs, ou sa mère, ou la succession de son père. Comptez douze à vingt-quatre mois et plusieurs milliers d'euros d'honoraires. Le chèque, on finit par l'oublier ; le Noël suivant, non. Le vrai coût d'une clause d'inaliénabilité mal calibrée n'est pas juridique, il est familial. Les tensions entre associés ont leur guide dédié — la mésentente entre associés de SCI — et l'inaliénabilité y figure en bonne place parmi les déclencheurs.


4. La clause d'inaliénabilité statutaire : un terrain sans texte

Changement de terrain. La clause qui figure non pas dans une donation mais dans les statuts de la SCI — celle qui dit « les parts sont inaliénables pendant cinq ans à compter de l'immatriculation », typiquement dans une SCI montée à trois entre amis pour acheter un immeuble à crédit — obéit à un régime que le législateur n'a jamais écrit. Je vais donc avancer prudemment, en distinguant ce qui est acquis de ce qui n'est qu'une opinion dominante. Et je vous dirai franchement où s'arrête ma certitude.

Sur quel fondement l'admettre

Le fondement est la liberté contractuelle et la force obligatoire du contrat, aujourd'hui codifiée à l'article 1103 du code civil (l'ancien article 1134, dont le numéro traîne encore dans beaucoup de modèles) : les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits. Les statuts d'une société civile sont un contrat entre associés. Rien n'interdit à des associés de convenir qu'ils ne céderont pas leurs parts pendant un temps donné.

La doctrine majoritaire admet donc la clause statutaire d'inaliénabilité en société civile. Elle le fait avec des tempéraments constants, et ces tempéraments sont empruntés — par analogie, faute de mieux — à l'article 900-1 : une durée limitée et un motif légitime. C'est une construction, pas une règle légale. Il faut le dire honnêtement : à ma connaissance, il n'existe pas de jurisprudence de principe de la Cour de cassation qui fixerait, pour les sociétés civiles, un régime de la clause statutaire d'inaliénabilité. Méfiez-vous de tout article qui vous affirmerait le contraire avec une date et un numéro : vérifiez-le à la source avant de vous appuyer dessus.

Pourquoi une clause perpétuelle est intenable

Sur ce point précis, le droit est clair. L'article 1210 du code civil dispose : « Les engagements perpétuels sont prohibés. Chaque contractant peut y mettre fin dans les conditions prévues pour le contrat à durée indéterminée. » Une clause statutaire qui interdirait indéfiniment de céder ses parts enferme l'associé dans un engagement sans terme, ce que ce texte prohibe.

La sanction n'est d'ailleurs pas nécessairement la nullité de la clause : le texte lui-même indique la voie, qui est la faculté de résiliation unilatérale reconnue dans les contrats à durée indéterminée. Traduit en société civile, cela signifie qu'un associé enfermé pourrait faire valoir que son engagement, à défaut de terme, ne l'oblige pas indéfiniment. Le résultat pratique est le même pour celui qui comptait sur la clause : elle ne tient pas.

L'articulation avec le droit de retrait de l'article 1869

Nous arrivons à l'angle mort de la plupart des clauses statutaires d'inaliénabilité. Celui que les modèles de statuts ne mentionnent jamais. L'article 1869 du code civil est ainsi rédigé : « Sans préjudice des droits des tiers, un associé peut se retirer totalement ou partiellement de la société, dans les conditions prévues par les statuts ou, à défaut, après autorisation donnée par une décision unanime des autres associés. Ce retrait peut également être autorisé pour justes motifs par une décision de justice. » Le second alinéa — le texte n'en compte que deux — ajoute : « À moins qu'il ne soit fait application de l'article 1844-9 (3e alinéa), l'associé qui se retire a droit au remboursement de la valeur de ses droits sociaux, fixée, à défaut d'accord amiable, conformément à l'article 1843-4. »

Relisez la première phrase et tirez-en la conséquence.

Le retrait n'est pas une cession. L'associé qui se retire ne vend rien à personne : la société lui rembourse la valeur de ses droits sociaux, ses parts étant en principe annulées — la réserve de l'article 1844-9, 3e alinéa, permettant aussi de les attribuer à un ou plusieurs associés. Une clause qui vise « toute cession » ne l'atteint donc pas. Pour l'atteindre, il faudrait viser le retrait nommément — et là, on prétend priver l'associé d'un droit que la loi lui donne, ce qui est un tout autre débat.

Le retrait judiciaire pour justes motifs est le contre-feu naturel de l'inaliénabilité. Réfléchissez comme le fera l'associé prisonnier de la clause, ou plutôt comme le fera son avocat. Pourquoi attaquer une clause, avec le risque de perdre, quand il suffit de demander au juge l'autorisation de se retirer ? Le résultat recherché est le même — sortir avec un chèque — et le débat sur la validité de l'inaliénabilité n'a même pas lieu. La doctrine considère très majoritairement que les statuts ne peuvent pas supprimer purement et simplement cette faculté judiciaire. Les voies de sortie sont détaillées dans le guide sur comment sortir d'une SCI.

Le principe de fond

Nul n'est tenu de rester dans une société contre son gré indéfiniment. C'est le sens conjugué de l'article 1210, du retrait de l'article 1869 et de la dissolution pour justes motifs de l'article 1844-7, 5°. Une clause d'inaliénabilité statutaire est un aménagement temporaire de la liberté de sortir, pas une prison. Rédigée comme une prison, elle sera lue comme telle par le juge — et elle perdra.

Comment l'insérer dans une SCI existante

Étape bâclée dans neuf dossiers sur dix. Insérer une clause d'inaliénabilité dans des statuts déjà en place suppose de respecter l'article 1836 du code civil : « Les statuts ne peuvent être modifiés, à défaut de clause contraire, que par accord unanime des associés. » Si vos statuts prévoient une majorité de modification, c'est elle qui s'applique — mais attention, car le second alinéa du même article ajoute : « En aucun cas, les engagements d'un associé ne peuvent être augmentés sans le consentement de celui-ci. »

Priver un associé du droit de céder ses parts est-il une « augmentation de ses engagements » ? La question se discute : on ne lui demande pas de payer quoi que ce soit, on restreint sa liberté. Le débat existe, et je ne prétendrai pas qu'il est tranché. La conduite prudente est simple : faites signer la modification par tous. Une clause d'inaliénabilité adoptée à la majorité contre l'avis d'un associé qui, précisément, voulait vendre, est une clause qui finira devant un juge. La procédure complète est décrite dans le guide sur la modification des statuts d'une SCI, et le socle statutaire dans celui consacré aux statuts de SCI.

Une bonne pratique complémentaire : quand la clause est insérée à l'occasion de l'entrée d'un nouvel associé, faites-la accepter dans l'acte d'entrée lui-même, en toutes lettres, et pas seulement par renvoi aux statuts. Le sujet est traité dans le guide sur l'entrée d'un nouvel associé dans une SCI.


5. Céder ses parts malgré la clause : quelle sanction ?

Une clause vaut ce que vaut sa sanction. Sur ce terrain-là, les deux clauses qui portent le même nom depuis le début de ce guide viennent de se séparer pour de bon.

Clause de donation : la nullité de la cession

Lorsque l'inaliénabilité vient d'une libéralité, la cession consentie en violation de la clause encourt la nullité. Cette solution ne repose pas sur un texte qui la prononcerait expressément : elle se déduit de l'article 900-1, qui rend le bien indisponible entre les mains du gratifié tant que la clause produit effet, combiné au droit commun des contrats. C'est la position dominante en doctrine et en pratique notariale, et je la présente comme telle — pas comme une règle de principe posée par un arrêt. Attention aux articles qui adossent cette nullité à l'arrêt du 30 janvier 2020 (3e civ., n° 18-25.381) : cet arrêt a précisément rejeté le moyen qui la soutenait, comme expliqué au chapitre 2.

Cette nullité est analysée par la doctrine dominante comme une nullité relative : la clause protège un intérêt particulier — celui du donateur, du donataire ou de la famille — et non l'intérêt général. Elle ne peut donc être invoquée que par ceux dans l'intérêt desquels elle a été stipulée : le donateur de son vivant, ses héritiers ensuite, et selon les cas le donataire lui-même. Un tiers quelconque à l'opération ne peut pas s'en prévaloir.

À la nullité peuvent s'ajouter, selon la rédaction de l'acte, des dommages-intérêts et le jeu d'une clause pénale — étant entendu qu'une clause pénale visant le seul fait de contester la clause ou de demander l'autorisation d'aliéner est réputée non écrite (art. 900-8), là où une clause pénale sanctionnant la violation effective de l'interdiction ne tombe pas sous ce texte.

Clause statutaire : ce que consolide l'ordonnance du 12 mars 2025

Ici, le droit s'est clarifié. L'ordonnance n° 2025-229 du 12 mars 2025, portant réforme du régime des nullités en droit des sociétés, applicable depuis le 1er octobre 2025, a réécrit l'article 1844-10 du code civil, dont voici le texte en vigueur :

Article 1844-10 du code civil

« La nullité de la société ne peut résulter que de l'incapacité de tous les fondateurs ou de la violation des dispositions fixant un nombre minimal de deux associés.

Toute clause statutaire contraire à une disposition impérative du droit des sociétés dont la violation n'est pas sanctionnée par la nullité de la société, est réputée non écrite.

La nullité des décisions sociales ne peut résulter que de la violation d'une disposition impérative de droit des sociétés, à l'exception du dernier alinéa de l'article 1833, ou de l'une des causes de nullité des contrats en général.

Sauf si la loi en dispose autrement, la violation des statuts ne constitue pas une cause de nullité. »

Le dernier alinéa est celui qui nous intéresse. Céder ses parts au mépris d'une clause statutaire d'inaliénabilité n'est pas, en soi, une cause de nullité de la cession. Le bénéficiaire de la clause conserve une action en responsabilité contractuelle et peut obtenir des dommages-intérêts, éventuellement liquidés par une clause pénale statutaire. Mais il ne récupère pas les parts, et il ne fait pas sortir l'acquéreur.

Deux précisions d'honnêteté, parce qu'on lit beaucoup de choses excessives sur cette réforme. Premièrement, ce n'est pas un renversement. Avant le 1er octobre 2025, la nullité d'une cession pour violation d'une clause purement statutaire n'était déjà pas acquise : la solution classique était l'allocation de dommages-intérêts, la nullité restant réservée aux cas de fraude ou de collusion avec l'acquéreur. L'ordonnance consolide et généralise une solution déjà dominante, elle ne la crée pas. Deuxièmement, l'article 1844-10 a pour objet propre la nullité de la société et des décisions sociales. Étendre son dernier alinéa à un contrat de cession conclu entre un associé et un tiers est la lecture — large, et à mon sens la bonne — de la doctrine ; à ma connaissance, aucune décision publiée ne l'a encore consacrée. Ne construisez donc pas sur cette base une certitude dans un sens ou dans l'autre.

Le « sauf si la loi en dispose autrement » du même alinéa mérite pour sa part d'être lu de près, car c'est lui qui explique l'asymétrie que l'on constate avec les sociétés commerciales. En SAS, l'article L227-15 du code de commerce dispose que « toute cession effectuée en violation des clauses statutaires est nulle » : c'est le type même de disposition légale contraire que réserve l'article 1844-10. Une clause d'inaliénabilité statutaire n'a donc pas du tout la même force dans une SAS et dans une société civile — raison de plus pour ne jamais transposer les modèles de l'une à l'autre.

Cession faite en violation de… Nullité de la cession ? Fondement
Une clause d'inaliénabilité de donationOui (solution dominante)Art. 900-1 combiné au droit commun des contrats ; nullité relative, sans texte la prononçant expressément
Une clause d'inaliénabilité statutaireNon, par elle-mêmeArt. 1844-10, dernier al., depuis le 1er oct. 2025
L'agrément légal de l'article 1861OuiExigence légale, et non simple stipulation statutaire : la cession non agréée est annulable sur le fondement de l'art. 1861 lui-même
Le formalisme de l'article 1865-1OuiNullité expressément prévue par le texte
Une clause statutaire, avec fraude ou collusionPossibleDroit commun des contrats, fraude

Le vrai levier, en réalité : l'agrément et le formalisme

Cette bascule n'est pas la catastrophe qu'on décrit parfois, parce que dans une SCI la cession de parts se heurte à deux autres verrous autrement plus solides.

L'agrément. L'article 1861, alinéa 1, du code civil pose que les parts sociales ne peuvent être cédées qu'avec l'agrément de tous les associés. C'est une règle légale, applicable de plein droit même en l'absence de clause dans les statuts — et une cession consentie sans l'agrément requis encourt la nullité, sur ce fondement propre. Autrement dit : l'associé qui cède au mépris de l'inaliénabilité statutaire aura, dans la quasi-totalité des cas, également cédé sans agrément. Il tombe alors sur le second verrou. Un rappel utile au passage : le second alinéa de l'article 1861 dispose que, sauf dispositions contraires des statuts, les cessions consenties à des ascendants ou descendants du cédant ne sont pas soumises à agrément. Dans une SCI familiale, c'est précisément le trou par lequel une cession peut passer, et c'est une raison de plus de traiter le sujet dans les statuts.

Le formalisme de 2026. L'article 1865-1 du code civil, créé par l'article 68 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 et applicable depuis le 27 juin 2026, impose que la cession de parts d'une personne morale à prépondérance immobilière — ce qu'est presque toujours une SCI — soit constatée, à peine de nullité, par acte notarié, par acte d'avocat contresigné, ou par acte sous signature privée rédigé par un expert-comptable dans les seuls cas où il y est légalement habilité. La prépondérance immobilière s'apprécie principalement au sens de l'article 726 du CGI. Conséquence directe : la cession clandestine sur papier libre entre associés, celle qui contournait discrètement les clauses statutaires, est aujourd'hui nulle par elle-même. Et le professionnel rédacteur, qui lit les statuts avant de signer, ne rédigera pas un acte violant frontalement une clause d'inaliénabilité qu'il a sous les yeux.

La lecture d'ensemble

La clause statutaire d'inaliénabilité a perdu sa sanction propre, mais elle reste très utile comme signal : elle est publiée au RCS, le rédacteur obligatoire de l'acte la lit, et elle rend la cession pratiquement infaisable sans en parler à tout le monde. Sa force n'est plus dans la nullité qu'elle produit, mais dans le fait qu'elle rend l'opération visible. Le mécanisme complet de la cession est repris dans le guide sur la cession de parts de SCI.

La publicité de la clause et la connaissance du tiers

Sur le terrain de la donation, l'opposabilité de la clause à l'acquéreur n'est pas automatique : encore faut-il qu'il ait pu la connaître. Pour un immeuble, la réponse est simple : l'inaliénabilité se publie au service de la publicité foncière et nul ne peut prétendre l'ignorer. Pour des parts sociales, il n'y a pas d'équivalent. La connaissance passe alors par trois canaux, et ils ne se ferment pas tout seuls.

  • Les statuts déposés au RCS, si l'inaliénabilité y est reprise — d'où l'intérêt de mentionner dans les statuts qu'une partie des parts est grevée d'une inaliénabilité d'origine libérale, même si le détail figure ailleurs.
  • Le registre des mouvements de parts tenu par la gérance, sur lequel on porte utilement une mention marginale « parts grevées d'une clause d'inaliénabilité expirant le … ». Cela ne coûte rien et rend la clause impossible à ignorer.
  • L'acte de donation lui-même, que tout rédacteur sérieux réclamera dans les pièces d'origine de propriété du cédant, en particulier depuis que la rédaction de l'acte de cession est réservée à un professionnel.

Un registre des parts tenu à jour n'est pas une coquetterie de juriste : c'est souvent la seule pièce qui prouve, dix ans après, que l'acquéreur savait. Cette traçabilité-là, la plateforme SCI-AI la tient toute seule, mouvement par mouvement, avec les dates.


6. Ce que la clause d'inaliénabilité ne bloque pas

C'est le chapitre qui déçoit, et c'est celui qu'il faut lire avant de signer. Une clause d'inaliénabilité interdit d'aliéner. Elle n'interdit pas tout le reste — et « tout le reste » couvre plusieurs façons de voir les parts changer de mains.

Opération Bloquée par la clause ? Précisions
Vente des parts à un tiersBloquéeC'est l'objet même de la clause
Vente des parts à un autre associéBloquéeÀ condition que la clause ne vise pas les seules cessions « à un tiers »
Donation ultérieure des partsSeulement si la clause le ditUne clause visant « toute cession » ne couvre pas nécessairement les mutations à titre gratuit : viser expressément
Apport des parts à une autre sociétéSeulement si la clause le ditL'apport est translatif : il doit être visé nommément
Transmission par décèsNon bloquéeArt. 1870 : la société continue avec les héritiers, sauf clause d'agrément statutaire
Saisie des parts — clause statutaireNon bloquéeLa clause n'est pas une insaisissabilité : les parts restent dans le patrimoine du débiteur, et l'art. L112-2 du CPCE ne vise pas les biens rendus incessibles par contrat
Saisie des parts — clause de donation ou de legsBloquée tant que la clause produit effetNullité du commandement portant sur un bien inaliénable (Cass. 2e civ., 30 juin 1993, n° 91-14.775), et le créancier ne peut pas faire lever la clause par voie oblique (Cass. 1re civ., 8 mars 2005, n° 03-20.968)
Nantissement des partsSeulement si la clause le ditLe nantissement n'est pas une aliénation, mais sa réalisation forcée en est une (art. 1866 à 1868)
Retrait de l'associéNon bloquéeArt. 1869 : le retrait n'est pas une cession, et le retrait judiciaire pour justes motifs reste ouvert
Rachat des parts par la SCI elle-mêmeDiscutéC'est une cession au profit de la société : à viser, dans un sens ou dans l'autre
Vente de l'immeuble par la SCINon bloquéeLa clause porte sur les parts, pas sur l'actif social : c'est la gérance qui décide, dans les conditions des statuts
Dissolution de la SCINon bloquéeUne dissolution votée par les associés fait disparaître l'objet de la clause

Le décès : l'illusion la plus coûteuse

Beaucoup de donateurs croient qu'une clause d'inaliénabilité maintient les parts dans la branche familiale jusqu'à la fin des temps. C'est faux. L'article 1870 du code civil dispose que la société n'est pas dissoute par le décès d'un associé mais continue avec ses héritiers ou légataires, sauf à prévoir dans les statuts qu'ils doivent être agréés par les associés. Le décès n'est pas une aliénation : la clause ne l'atteint pas.

Prenez la mesure de ce que cela signifie. Si votre fils décède pendant la période d'inaliénabilité, ce sont ses héritiers à lui qui reçoivent les parts. Sa veuve, par exemple. Celle-là même dont vous ne vouliez pas au capital et pour qui, croyiez-vous, vous aviez écrit la clause. La parade n'est pas dans l'inaliénabilité : elle est dans une clause statutaire d'agrément des héritiers, complétée par l'organisation de leur remboursement. L'article 1870-1 précise à cet égard que les héritiers ou légataires qui ne deviennent pas associés n'ont droit qu'à la valeur des parts sociales de leur auteur, valeur déterminée au jour du décès dans les conditions de l'article 1843-4. Ce mécanisme est détaillé dans les guides sur le décès d'un associé de SCI et sur le fait de léguer ses parts de SCI.

Les créanciers : tout dépend de l'origine de la clause

C'est le point où il faut cesser de raisonner en bloc, parce que les deux terrains divergent complètement — et c'est aussi la nuance que l'on trouve le moins souvent écrite.

Une clause purement statutaire ne protège rien. Elle n'est pas une clause d'insaisissabilité et ne le devient pas. Aucun texte ne range parmi les biens insaisissables ceux qu'un simple contrat rend incessibles : l'article L112-2 du code des procédures civiles d'exécution soustrait à la saisie « les biens que la loi rend incessibles » (2°) et « les biens disponibles déclarés insaisissables par le testateur ou le donateur » (4°) — pas ceux que les associés ont décidé entre eux de rendre incessibles. Les parts restent donc dans le patrimoine de leur titulaire et répondent de ses dettes. Si votre enfant associé connaît un divorce coûteux, une caution appelée ou une procédure collective sur son activité professionnelle, la clause des statuts ne l'arrêtera pas : ses créanciers pourront faire saisir les parts et les faire vendre, la vente forcée devant seulement, à peine de nullité, être notifiée un mois à l'avance aux associés et à la société (art. 1868 du code civil). Je le donne pour ce que c'est — un raisonnement de textes, cohérent avec la nature purement contractuelle de la clause : à ma connaissance, la Cour de cassation n'a pas eu à se prononcer sur l'opposabilité d'une clause statutaire d'inaliénabilité au créancier saisissant. Le mécanisme est décrit dans le guide sur la saisie des parts de SCI, et les difficultés personnelles d'un associé dans celui consacré à l'associé surendetté.

Une clause stipulée dans une donation ou un testament, en revanche, gêne réellement le créancier. D'abord parce que le disposant peut aller plus loin que l'inaliénabilité et déclarer les parts insaisissables : le 4° de l'article L112-2 précité les soustrait alors à la saisie, les créanciers postérieurs à l'acte de donation ou à l'ouverture du legs ne pouvant les appréhender qu'avec l'autorisation du juge et pour la portion qu'il détermine. Ensuite et surtout parce que le créancier n'a pas les moyens de faire tomber la clause lui-même. Dans une affaire où le Trésor public, créancier d'une donataire, demandait la mainlevée d'une clause d'inaliénabilité afin de pouvoir engager une saisie immobilière, la Cour de cassation a censuré la décision qui l'avait accueillie, au visa des articles 900-1 et 1166 du code civil : « l'action tendant à être autorisé à disposer d'un bien donné avec clause d'inaliénabilité, qui est prévue par l'article 900-1 du Code civil, est exclusivement attachée à la personne du donataire, de sorte que cette action ne peut être exercée par un créancier agissant par voie oblique à la place de son débiteur » (Cass. 1re civ., 8 mars 2005, n° 03-20.968, publié au bulletin). La porte de sortie que le texte ouvre au gratifié est fermée à ses créanciers.

Jusqu'où va la protection ?

Jusqu'à l'insaisissabilité elle-même, au moins dans une affaire jugée. Un immeuble avait été donné avec une clause d'inaliénabilité ; un créancier du donataire avait fait publier un commandement aux fins de saisie immobilière. La deuxième chambre civile a confirmé la nullité de ce commandement, l'immeuble étant, à la date de la publication, « frappé d'une clause d'inaliénabilité insérée dans l'acte de donation antérieurement publié et établie dans l'intérêt du donateur, sa vie durant », « comme portant sur un bien insaisissable » (Cass. 2e civ., 30 juin 1993, n° 91-14.775, publié au bulletin).

Retenez la mécanique plutôt que le slogan : la validité de la saisie s'apprécie à la date du commandement, et l'obstacle disparaît avec la clause. L'inaliénabilité ne met pas les parts définitivement hors d'atteinte — elle les y met tant qu'elle produit effet. Deux réserves avant d'en faire une stratégie : l'arrêt a été rendu à propos d'un immeuble et avant la codification du code des procédures civiles d'exécution, et il suppose une clause valable au sens de l'article 900-1 — une clause perpétuelle ou non motivée tombe, et la protection tombe avec elle. Si votre objectif est de mettre durablement les parts hors d'atteinte des créanciers du donataire, ajoutez à l'inaliénabilité une déclaration expresse d'insaisissabilité : c'est celle-là qui a un texte.

Reste le nantissement, oublié neuf fois sur dix, et qui concerne cette fois les deux terrains. Les parts de société civile peuvent être données en garantie (art. 1866). Tout associé peut obtenir des autres associés leur consentement à un projet de nantissement dans les mêmes conditions que leur agrément à une cession de parts (art. 1867), et la réalisation forcée qui ne procède pas d'un nantissement auquel les autres associés ont donné leur consentement doit, à peine de nullité, être notifiée un mois avant la vente aux associés et à la société (art. 1868). Nantir n'est pas aliéner : une clause d'inaliénabilité muette sur ce point ne l'empêche pas. Mais le nantissement débouche, en cas de défaillance, sur une vente forcée qui, elle, transfère les parts. Si vous voulez fermer cette porte, il faut viser le nantissement expressément dans la clause.

L'actif social : la clause ne suit pas l'immeuble

Enfin, le rappel le plus élémentaire et pourtant le plus oublié : une clause d'inaliénabilité sur des parts ne dit rien de l'immeuble. La SCI peut parfaitement vendre le bien, avec l'accord requis par ses statuts, alors même que les parts sont inaliénables. Les associés se retrouvent alors avec des parts incessibles dans une société qui ne détient plus que des liquidités — situation absurde, mais parfaitement possible. Si votre objectif réel est que l'immeuble reste dans la famille, l'inaliénabilité des parts est le mauvais outil : il faut travailler la majorité requise pour vendre l'actif dans les statuts, ce que traite le guide sur la vente d'un immeuble détenu en SCI.


7. Les alternatives souvent préférables

À ce stade, la vraie question n'est plus « comment bien rédiger ma clause d'inaliénabilité ». Elle est : en avez-vous besoin ? Dans une bonne moitié des dossiers qui arrivent chez nous, la réponse est non — l'objectif poursuivi est atteignable autrement, avec moins de risque juridique et souvent moins de tension familiale. Passons ces outils en revue.

Outil Ce qu'il fait Sa limite
Agrément renforcéVerrouille l'entrée d'un tiers, sur un fondement légal solide (art. 1861)N'empêche pas la cession entre associés si les statuts en dispensent
Clause de préemptionPermet aux associés de prendre la place de l'acheteur, plutôt que de subir un blocageSuppose une trésorerie disponible chez les préempteurs
Démembrement avec usufruit conservéRend la cession économiquement inutile et conserve le pouvoir au donateurS'éteint au décès de l'usufruitier
Pacte d'associés à durée déterminéeEngage les signataires sans toucher aux statuts ni au RCSN'engage que les signataires ; à re-signer par les entrants
Promesse de vente croisée entre associésOrganise à l'avance à qui les parts iront, et à quel prixDurée à surveiller ; prix à sécuriser
Répartition statutaire des pouvoirsLaisse céder les parts mais garde la maîtrise des décisions (gérance, majorités)Ne protège pas contre l'arrivée d'un associé hostile
Mandat à effet posthumeConfie l'administration des parts à un mandataire après le décès du donateurSuppose un intérêt sérieux et légitime, et une durée encadrée

Pourquoi le démembrement fait souvent le même travail

S'il ne fallait retenir qu'une phrase de ce guide, ce serait celle que je répète le plus souvent en rendez-vous : donner la nue-propriété en gardant l'usufruit produit à peu près le même blocage qu'une inaliénabilité, sans dépendre d'une clause qu'un juge peut lever, et avec en prime un effet fiscal bien réel.

Le raisonnement est simple. Le nu-propriétaire ne peut pas vendre la pleine propriété sans l'usufruitier : blocage juridique. Sa nue-propriété seule est cessible en théorie, mais invendable en pratique, sur un marché qui n'existe pas et avec une clause d'agrément par-dessus : blocage économique. Et l'usufruitier encaisse les revenus courants et garde, selon la rédaction des statuts, l'essentiel du pouvoir de décision : le donateur reste aux commandes. Trois verrous. Aucun ne dépend de l'idée qu'un magistrat se fera, dans quinze ans, d'un « intérêt sérieux et légitime » écrit par quelqu'un qui n'est plus là pour l'expliquer.

À quoi s'ajoute ce que l'inaliénabilité n'apporte pas : l'assiette des droits de donation est réduite à la valeur de la nue-propriété, déterminée selon le barème légal de l'article 669, I du CGI en fonction de l'âge de l'usufruitier (60 % de la pleine propriété entre 61 et 70 ans, 70 % entre 71 et 80 ans). Les deux dispositifs à comparer sont détaillés dans les guides sur le démembrement de parts de SCI et sur la donation temporaire d'usufruit.

Le pacte d'associés, quand les statuts ne peuvent pas bouger

Quand l'unanimité statutaire est hors d'atteinte — un associé refuse, ou l'on ne veut pas exposer l'engagement au RCS — le pacte d'associés est la solution de repli. Un engagement de conservation à durée déterminée y trouve naturellement sa place, aux côtés de la préemption et des promesses croisées. Il n'engage que ses signataires, il ne rend pas la cession nulle, mais il permet d'assortir l'engagement d'une pénalité contractuelle librement négociée. Le sujet est traité en détail dans le guide sur le pacte d'associés en SCI.

Le mandat à effet posthume, pour l'après

Si votre inquiétude porte sur ce qui se passera après votre décès — des héritiers jeunes, un actif technique, une gérance à assurer — l'inaliénabilité est un mauvais outil : elle bloque la cession, elle n'organise pas la gestion. Le mandat à effet posthume, lui, désigne à l'avance qui administrera les parts, et pour combien de temps. Voyez le guide dédié au mandat à effet posthume en SCI.


8. Fiscalité : valorisation des parts, abattements, abus de droit

L'inaliénabilité fait-elle baisser la valeur des parts données ?

Question posée à chaque rendez-vous de transmission, et j'y réponds toujours avec prudence. Point de départ : la base des droits de mutation à titre gratuit, c'est la valeur vénale réelle des parts au jour de la donation : l'article 666 du CGI assied les droits proportionnels d'enregistrement sur les valeurs, et cette valeur fait l'objet d'une déclaration détaillée et estimative des parties, placée sous le contrôle de l'administration — qui peut la rectifier lorsqu'elle lui paraît inférieure à la valeur vénale réelle (art. L17 du LPF).

Dans la pratique de l'évaluation des parts de sociétés non cotées, plusieurs facteurs sont retenus pour minorer la valeur mathématique de l'actif net réévalué : l'absence de marché organisé, le caractère minoritaire de la participation, les clauses statutaires qui restreignent la cession — agrément, préemption, et le cas échéant inaliénabilité. Ces décotes sont pratiquées et parfois admises. Mais je vous demande de retenir trois choses.

Ce que je ne vous dirai pas

1. Aucun taux n'est fixé par un texte. Ni le CGI ni la doctrine administrative publiée ne posent de barème de décote. Les « 10 à 30 % » que l'on lit partout sont une observation de pratique, pas une règle opposable. Ne les inscrivez jamais dans un acte comme s'ils l'étaient.

2. La décote doit être motivée, pièce par pièce. Une évaluation défendable s'appuie sur une estimation immobilière récente, le tableau d'amortissement de l'emprunt, la lecture des clauses statutaires et une motivation écrite de chaque abattement retenu.

3. Une décote auto-infligée est la plus fragile de toutes. Un donateur qui écrit lui-même la clause d'inaliénabilité puis s'en prévaut pour décoter la valeur des parts qu'il donne s'expose à une objection évidente : la contrainte est volontaire, et il l'a créée. Les décotes les mieux admises sont celles qui correspondent à des contraintes subies, pas fabriquées pour l'occasion.

Les abattements de donation restent le vrai levier

L'effet fiscal massif d'une transmission de parts de SCI ne vient pas de la clause d'inaliénabilité, mais des abattements. Rappel des règles applicables en 2026.

Élément Règle Base
Abattement en ligne directe100 000 € par parent et par enfantArt. 779, I du CGI
Donation à un petit-enfant31 865 €Art. 790 B du CGI
Renouvellement des abattementsTous les 15 ansArt. 784 du CGI
Assiette en cas de démembrementValeur de la nue-propriété selon l'âge de l'usufruitierArt. 669 du CGI
Effet de la clause d'inaliénabilitéAucun effet direct sur les abattements

Retenez la dernière ligne du tableau : la clause d'inaliénabilité est un outil civil, pas fiscal. Elle sécurise une intention de transmission. Elle ne fait pas baisser la note. Le calcul complet d'une transmission de parts est repris dans le guide sur la donation de parts de SCI, et l'usage de la SCI comme outil familial dans celui consacré à la SCI familiale.

L'attention de l'administration sur les montages de façade

Terminons par un avertissement. Additionnez : le donateur donne les parts, garde l'usufruit, verrouille la cession par une inaliénabilité de trente ans, se réserve la gérance à vie et continue d'encaisser la totalité des loyers. Qu'a-t-il donné, exactement ? La question n'est pas de moi, elle est celle que posera le vérificateur. Et il a deux procédures pour la poser.

  • L'abus de droit de l'article L64 du LPF, qui vise les actes fictifs et ceux qui, recherchant le bénéfice d'une application littérale des textes à l'encontre des objectifs de leurs auteurs, n'ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d'éluder ou d'atténuer l'impôt.
  • L'abus de droit à but principalement fiscal de l'article L64 A du LPF, issu de l'article 109 de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018, applicable aux actes passés ou réalisés à compter du 1er janvier 2020 et aux rectifications notifiées à compter du 1er janvier 2021. Le seuil est ici le but principalement fiscal, et non plus exclusivement fiscal.

Le rempart est toujours le même : une SCI qui a une vie réelle. Assemblées tenues, comptes approuvés, revenus effectivement répartis, décisions prises collectivement. Une clause d'inaliénabilité stipulée dans une société qui ne tient jamais d'assemblée est un signal, pas une protection. Les critères sont détaillés dans le guide sur l'abus de droit en SCI, et la formalisation de la vie sociale dans celui sur l'assemblée générale de SCI.


9. Trames de clause commentées : donation et statuts

Ce qui suit est une grille de relecture, pas un modèle à recopier. La rédaction définitive dépend de votre situation et doit être établie par le professionnel qui rédigera l'acte — notaire pour la donation, notaire ou avocat pour les statuts. Prenez ces trames comme un point de comparaison avec ce que vous avez déjà sous les yeux.

Version donation : la clause insérée dans l'acte notarié

Trame — Clause d'inaliénabilité dans une donation de parts

« Interdiction d'aliéner. Les parts sociales présentement données ne pourront être cédées, apportées à une société, données, échangées ni nanties par le donataire, en tout ou partie, en pleine propriété comme en nue-propriété, sans le consentement exprès et écrit du donateur.

« Durée. Cette interdiction est stipulée jusqu'au décès du donateur, et au plus tard jusqu'au [date] / jusqu'au jour où le donataire aura atteint l'âge de [XX] ans. Elle prendra fin de plein droit à cette échéance, sans qu'aucune formalité soit nécessaire.

« Intérêt sérieux et légitime. Cette interdiction est justifiée par les circonstances suivantes, que les parties déclarent expressément : le donateur se réserve l'usufruit des parts données et entend conserver, sa vie durant, la perception des revenus de la société ainsi que la maîtrise de la gestion de l'immeuble situé [adresse], acquis par lui en [année] et constituant le bien de famille ; le donataire, âgé de [XX] ans à ce jour, n'a pas encore acquis l'expérience de la gestion d'un patrimoine immobilier ; les parties entendent enfin préserver l'unité de détention du capital de la société entre les descendants du donateur.

« Levée conventionnelle. Le donateur pourra à tout moment, par acte écrit, lever tout ou partie de cette interdiction, notamment pour permettre une cession au profit d'un autre descendant.

« Mention. Le donataire s'oblige à faire porter mention de la présente interdiction sur le registre des mouvements de parts de la société et à en informer la gérance dans le mois des présentes. »

Ce qui se joue derrière chaque bloc.

  • Le premier bloc énumère les opérations. « Cédées » seul laisse dehors la donation, l'apport et le nantissement. On les vise nommément, et on vise aussi la nue-propriété, sans quoi le donataire pourra soutenir que seule la pleine propriété est concernée.
  • Le second bloc double le terme. Un terme événementiel (le décès) plus un terme calendaire de sécurité : si le donateur vit très longtemps, la clause ne devient pas pour autant une prison. C'est exactement l'argument qui sauve une clause devant un juge.
  • Le troisième bloc est le plus important, et c'est celui qu'on bâcle. Trois motifs concrets, datés, vérifiables. Pas « pour protéger le patrimoine familial », formule creuse que n'importe quel avocat démontera.
  • Le quatrième bloc est votre soupape. Il évite d'avoir à passer par un juge le jour où vous-même voudrez autoriser une cession entre vos enfants.
  • Le cinquième bloc rend la clause opposable en fait. Un registre à jour vaut mieux qu'une clause enfouie dans un acte que personne ne relira.

Ce qu'il ne faut surtout pas écrire

« Le donataire qui contesterait la présente clause ou solliciterait l'autorisation judiciaire d'aliéner sera déchu de plein droit de la présente donation. » Cette phrase est réputée non écrite par l'article 900-8 du code civil. Elle n'a aucun effet, mais elle a un coût : elle signale à tout lecteur que le rédacteur n'a pas lu le texte jusqu'au bout, et elle fragilise la crédibilité de l'ensemble de la clause.

Version statuts : la clause insérée dans les statuts de la SCI

Trame — Article X : Inaliénabilité temporaire des parts

« Principe. Les parts sociales sont inaliénables pendant une durée de [X] années à compter de [l'immatriculation de la société / la date de la présente modification statutaire]. Pendant cette période, aucun associé ne pourra céder ses parts à titre onéreux, les apporter à une société, ni les nantir, sans l'accord unanime des autres associés.

« Motif. Cette inaliénabilité est justifiée par la nécessité de stabiliser l'actionnariat de la société pendant la durée de l'opération immobilière qu'elle a pour objet, et notamment pendant la période de remboursement du prêt souscrit auprès de [établissement] et garanti par [garanties], les associés s'étant engagés personnellement au titre de ce financement.

« Exceptions. L'inaliénabilité ne s'applique pas : aux transmissions par décès, régies par l'article [Y] des présents statuts ; au retrait d'un associé autorisé dans les conditions de l'article 1869 du code civil ; aux cessions autorisées à l'unanimité des associés autres que le cédant.

« Sanction. Tout associé qui contreviendrait aux stipulations du présent article devra à chacun des autres associés une indemnité forfaitaire égale à [X] % de la valeur des parts cédées, telle que déterminée à la date de la cession dans les conditions de l'article 1843-4 du code civil, sans préjudice de l'application des règles d'agrément prévues à l'article [Z] des présents statuts.

« Articulation. Le présent article ne dispense en aucun cas de l'agrément prévu à l'article [Z] des présents statuts et à l'article 1861 du code civil, qui demeure applicable à toute cession, y compris après l'expiration de la période d'inaliénabilité. »

Les cinq choix de rédaction qui font tenir cette clause.

  • Une durée chiffrée et un point de départ daté. Sans terme, la clause bute sur l'article 1210. Le point de départ doit être objectif : une date, pas un événement flou.
  • Un motif écrit, même si aucun texte ne l'impose ici. C'est ce qui distingue une restriction proportionnée d'une entrave arbitraire. Le motif « stabilité de l'actionnariat pendant le remboursement du prêt » est solide parce qu'il est daté, mesurable, et qu'il s'éteint naturellement.
  • Des exceptions explicites. Écrire noir sur blanc que le décès et le retrait judiciaire échappent à la clause n'est pas un aveu de faiblesse : c'est ce qui empêche un juge de considérer que la clause prétend faire ce qu'elle n'a pas le droit de faire, et de la censurer en entier.
  • Une sanction indemnitaire, pas une nullité. Depuis le 1er octobre 2025, écrire « la cession sera nulle » est un vœu pieux : l'article 1844-10, dernier alinéa, dit l'inverse. Une clause pénale chiffrée, en revanche, produit un effet réel.
  • Le renvoi exprès à l'agrément. Beaucoup de rédacteurs croient que l'inaliénabilité absorbe l'agrément. Elle ne l'absorbe pas : l'agrément de l'article 1861 s'applique de plein droit, avant comme après la période d'inaliénabilité.

Une dernière précision de procédure. Depuis le 27 juin 2026, toute cession de parts d'une SCI à prépondérance immobilière doit être constatée par acte notarié, par acte d'avocat contresigné ou, dans les seuls cas où il y est légalement habilité, par acte sous signature privée rédigé par un expert-comptable, à peine de nullité (art. 1865-1 du code civil). La donation, elle, relève d'un texte distinct et plus ancien : l'article 931 du code civil, qui impose l'acte notarié pour tous les actes portant donation entre vifs. Dans les deux cas, un professionnel lira vos statuts. Ils ont donc intérêt à être lisibles. Le rachat des parts par la société elle-même, lui, appelle une prudence particulière : le texte de 2026 ne le vise pas expressément et l'extension n'est pas tranchée, ce qui conduit à recommander l'acte notarié ou d'avocat par précaution. Le mécanisme est décrit dans le guide sur le rachat de parts par la SCI.


10. Cas pratique chiffré : la SCI Les Tilleuls, quinze ans après

Assez de théorie. Un dossier, des chiffres, quinze ans d'écart entre la signature et le jour où la clause devient un problème. Les noms sont changés, la mécanique ne l'est pas.

Le point de départ, en 2011

Donnée Valeur
Immeuble détenu par la SCIImmeuble de rapport, 4 lots, valorisé 600 000 €
Emprunt restant dû180 000 €
Actif net réévalué420 000 €
Capital1 000 parts
DonateurMonsieur B., 61 ans, gérant, associé à 100 %
DonatairesSes deux enfants, 24 et 27 ans
OpérationDonation-partage de la nue-propriété de 900 parts, 450 à chacun, avec réserve d'usufruit et clause d'inaliénabilité

La clause retenue en 2011 : « les parts données ne pourront être cédées, apportées ni nanties jusqu'au décès du donateur, en raison de l'usufruit qu'il se réserve et du jeune âge des donataires. »

Le calcul fiscal, à l'époque. Monsieur B. ayant 61 ans, il relève de la tranche « moins de soixante et onze ans » du barème de l'article 669, I du CGI : l'usufruit vaut 40 % et la nue-propriété 60 % de la pleine propriété. Les 900 parts représentent 90 % de l'actif net réévalué, soit 378 000 € en pleine propriété, donc 226 800 € en nue-propriété, soit 113 400 € par enfant. En 2011, l'abattement en ligne directe de l'article 779, I du CGI s'élevait encore à 159 325 € — il n'a été ramené à 100 000 € que par l'article 5 de la loi de finances rectificative du 16 août 2012. Il absorbait donc la totalité : droits de donation dus : 0 €.

Le même calcul aujourd'hui. Avec l'abattement de 100 000 € en vigueur, les 113 400 € reçus par chaque enfant laisseraient une base taxable de 13 400 €, soit environ 1 000 € de droits par enfant au barème de l'article 777 du CGI (5 % jusqu'à 8 072 €, 10 % de 8 072 à 12 109 €, 15 % de 12 109 à 15 932 €). L'ordre de grandeur ne change pas : ce sont le démembrement et l'abattement qui font l'économie. La clause d'inaliénabilité, elle, n'a joué aucun rôle dans ce résultat — je le souligne, parce que beaucoup s'imaginent le contraire.

Ce qui se passe en 2026

Quinze ans plus tard, la situation a changé. Monsieur B. a 76 ans, il est toujours vivant, toujours usufruitier, toujours gérant. L'immeuble vaut désormais 780 000 €, l'emprunt est soldé. L'aîné, aujourd'hui 42 ans, divorce et doit verser une prestation compensatoire de 90 000 €. Ses parts de SCI en nue-propriété représentent l'essentiel de son patrimoine. Il veut les vendre — à son frère, ou à un tiers.

Il ne peut pas. La clause court jusqu'au décès de son père, qui se porte très bien. Trois portes de sortie, et elles ne se valent pas du tout.

Issue Comment Délai et coût indicatifs
Levée conventionnelleLe père lève la clause par écrit, comme la trame le prévoyait ; la cession se fait au profit du frère, avec agrémentQuelques semaines. Honoraires de l'acte, droits d'enregistrement de 5 % (art. 726, I, 2° du CGI)
Autorisation judiciaireL'aîné saisit le tribunal judiciaire sur le fondement de l'art. 900-1 : un intérêt plus important l'exige12 à 24 mois. Plusieurs milliers d'euros d'honoraires. Issue incertaine, mais argument sérieux
Retrait de la sociétéDemande de retrait pour justes motifs (art. 1869), valeur des droits fixée le cas échéant selon l'art. 1843-4Long. Suppose que la SCI puisse rembourser, ce qui n'est pas acquis sans vendre l'immeuble

Ce que ce cas enseigne. La clause a parfaitement rempli sa fonction pendant quinze ans : aucun des enfants n'a vendu, l'immeuble est resté dans la famille, le père a gardé la main. Puis un événement de vie que personne n'avait anticipé l'a transformée en problème. Et c'est la clause de levée conventionnelle — cinq lignes, écrites par prudence en 2011 — qui fait toute la différence entre un rendez-vous chez le notaire et deux ans de procédure entre frères.

La leçon en une phrase

Une clause d'inaliénabilité bien rédigée ne se juge pas au moment où on la signe, mais quinze ans plus tard, le jour où quelqu'un a besoin d'en sortir. Écrivez-la en pensant à ce jour-là : un terme clair, un motif crédible, et une porte de sortie amiable que vous contrôlez.


11. Les 5 erreurs qui rendent la clause d'inaliénabilité inutile

Erreur 1 — La clause sans durée

« Les parts données sont inaliénables. » Point. C'est la rédaction la plus fréquente et c'est la plus mauvaise. Dans une donation, elle contredit frontalement l'exigence de l'article 900-1 : la clause tombe et, en principe, la donation subsiste, l'article 900 du code civil réputant non écrites les conditions contraires à la loi. Une réserve importante toutefois, souvent oubliée, et qui n'est pas dans le texte mais dans une jurisprudence constante : lorsque l'inaliénabilité a été la cause impulsive et déterminante de la libéralité — le donateur n'a donné que parce qu'il croyait bloquer la revente —, c'est la donation tout entière qui peut être annulée. Dans des statuts, elle bute sur la prohibition des engagements perpétuels de l'article 1210. Dans les deux cas, celui qui comptait sur la clause découvre le jour du conflit qu'il n'a rien. Correctif : un terme, toujours, et de préférence double — un événement et une date butoir.

Erreur 2 — La clause sans motif

Une durée impeccable ne sauve pas une clause dont personne ne sait pourquoi elle existe. L'intérêt sérieux et légitime est apprécié en fait par le juge, à la date de la libéralité, et c'est celui qui défend la clause qui doit l'établir — souvent vingt ans après, quand le donateur est mort. Correctif : trois à cinq lignes de motivation concrète dans l'acte, avec des éléments datés et vérifiables : âge du donataire, origine familiale du bien, réserve d'usufruit, charge garantie.

Erreur 3 — Transposer les dix ans de la SAS

L'article L227-13 du code de commerce plafonne l'inaliénabilité à dix ans pour les actions de SAS. Il ne concerne ni les parts sociales, ni les sociétés civiles. Le viser dans des statuts de SCI est un marqueur de modèle recopié, et cela n'apporte aucune sécurité juridique. Correctif : fixez votre durée en fonction du motif que vous avez écrit. Si vous retenez dix ans, retenez-les pour une raison qui vous est propre, pas parce qu'un texte étranger le dit.

Erreur 4 — Croire que la clause survit à toute succession

Le décès n'est pas une aliénation. Si le donataire meurt pendant la période d'inaliénabilité, l'article 1870 du code civil s'applique : la société continue avec ses héritiers, sauf clause statutaire d'agrément. La clause d'inaliénabilité ne maintient pas les parts dans la branche familiale du donateur — elle empêche seulement une vente volontaire. Correctif : traitez le décès par une clause d'agrément des héritiers dans les statuts, en organisant leur remboursement, et non par une inaliénabilité.

Erreur 5 — Oublier qu'un juge peut la lever

C'est l'erreur de perspective la plus coûteuse, parce qu'elle conduit à surinvestir dans un outil qui n'offre pas la sécurité qu'on lui prête. Même parfaitement valable, la clause peut tomber sur décision de justice si l'intérêt qui la justifiait a disparu ou si un intérêt plus important l'exige, et la clause pénale destinée à dissuader la contestation est réputée non écrite (art. 900-8). Correctif : considérez l'inaliénabilité comme un frein temporaire, pas comme un verrou, et adossez-la à des outils qui, eux, produisent un effet structurel : démembrement, agrément, répartition des pouvoirs.

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Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. La rédaction d'une clause d'inaliénabilité, dans une donation comme dans des statuts, engage votre patrimoine sur plusieurs décennies : faites-la établir par le notaire ou l'avocat qui rédigera l'acte, au vu de votre situation réelle.


12. FAQ sur la clause d'inaliénabilité des parts de SCI

Peut-on interdire à ses enfants de revendre les parts de SCI qu'on leur donne ?

Oui, sous deux conditions cumulatives posées par l'article 900-1 du code civil : la clause doit être temporaire et justifiée par un intérêt sérieux et légitime. Une interdiction perpétuelle est nulle, et une interdiction sans motif exprimé est très difficile à défendre. Même valable, la clause reste levable en justice si l'intérêt qui l'avait justifiée disparaît.

Quelle durée maximale pour une clause d'inaliénabilité de parts de SCI ?

Aucun texte n'en fixe pour une donation : l'article 900-1 exige seulement le caractère « temporaire ». La jurisprudence admet de longue date qu'une inaliénabilité stipulée pour la durée de la vie du donateur est temporaire, puisqu'elle a un terme certain que le gratifié verra survenir. À l'inverse, une clause calée sur la vie du donataire lui-même est la configuration la plus fragile, puisqu'il n'en verra jamais le terme.

La limite de dix ans de la SAS s'applique-t-elle à une SCI ?

Non. L'article L227-13 du code de commerce figure au chapitre consacré à la société par actions simplifiée et ne vise que les actions de SAS. Le transposer à une société civile est une erreur fréquente dans les modèles de statuts recopiés. Cela dit, en l'absence de texte, ce délai de dix ans reste une référence prudente que beaucoup de rédacteurs retiennent volontairement pour limiter le risque.

Une clause d'inaliénabilité peut-elle figurer dans les statuts d'une SCI ?

Aucun texte ne l'organise ni ne l'interdit. La doctrine majoritaire l'admet sur le fondement de la liberté contractuelle et de la force obligatoire du contrat (art. 1103 du code civil), à condition qu'elle soit limitée dans le temps et justifiée par un motif légitime, par analogie avec l'article 900-1. Une clause perpétuelle heurte la prohibition des engagements perpétuels de l'article 1210. Il n'existe pas, à ma connaissance, d'arrêt de principe fixant ce régime pour les sociétés civiles : soyez prudent avec les sources qui affirment le contraire.

Qu'est-ce qu'un « intérêt sérieux et légitime » au sens de l'article 900-1 ?

La loi ne le définit pas : c'est le juge qui l'apprécie, au cas par cas, à la date où la clause a été stipulée. Sont couramment retenus la protection d'un donataire jeune, prodigue ou vulnérable, le maintien de l'unité d'un patrimoine familial, la garantie d'une charge imposée au donataire, ou la protection du donateur qui s'est réservé l'usufruit. Le motif doit être exprimé dans l'acte : une clause muette sur son motif est plaidable.

Un juge peut-il lever une clause d'inaliénabilité ?

Oui, et c'est prévu par le texte lui-même. L'article 900-1, alinéa 1 in fine, permet au donataire ou au légataire d'être judiciairement autorisé à disposer du bien « si l'intérêt qui avait justifié la clause a disparu ou s'il advient qu'un intérêt plus important l'exige ». C'est l'issue la plus fréquente des conflits familiaux, devant le tribunal judiciaire. Aucun délai n'enferme cette action : elle peut être exercée du vivant du donateur.

Peut-on lever une clause d'inaliénabilité à l'amiable, sans juge ?

Oui, si l'acte l'a prévu. C'est la clause de levée conventionnelle : le donateur se réserve la faculté d'autoriser par écrit tout ou partie des opérations interdites. Sans cette réserve, la levée amiable suppose l'accord de tous ceux dans l'intérêt desquels la clause a été stipulée — ce qui, après le décès du donateur, signifie l'ensemble de ses héritiers. Cinq lignes en 2011 évitent deux ans de procédure en 2026.

Le donateur peut-il prévoir que celui qui conteste la clause perd la donation ?

Non. L'article 900-8 du code civil dispose qu'« est réputée non écrite toute clause par laquelle le disposant prive de la libéralité celui qui mettrait en cause la validité d'une clause d'inaliénabilité ou demanderait l'autorisation d'aliéner ». La clause pénale dissuasive est donc neutralisée par la loi elle-même : elle tombe, et la donation reste.

Que se passe-t-il si un associé cède ses parts malgré la clause ?

Tout dépend de l'origine de la clause. Si elle vient d'une donation ou d'un testament, la cession encourt la nullité : c'est la solution dominante, déduite de l'article 900-1 combiné au droit commun des contrats, aucun texte ne la prononçant expressément. Si elle figure seulement dans les statuts, l'article 1844-10, dernier alinéa, du code civil, en vigueur depuis le 1er octobre 2025, prévoit que la violation des statuts n'est pas une cause de nullité : la sanction se réduit à des dommages-intérêts. En pratique, le vrai levier reste le défaut d'agrément de l'article 1861.

La clause d'inaliénabilité empêche-t-elle la transmission des parts au décès ?

Non. Le décès n'est pas une aliénation. L'article 1870 du code civil prévoit que la société continue avec les héritiers ou légataires, sauf clause statutaire d'agrément. Si vous voulez maîtriser qui entre au capital en cas de décès, la parade est une clause d'agrément des héritiers avec organisation du remboursement (art. 1870-1), pas une inaliénabilité.

Une clause d'inaliénabilité protège-t-elle les parts contre les créanciers ?

Tout dépend de l'origine de la clause, et c'est une distinction que l'on lit rarement. Une clause purement statutaire n'est pas une insaisissabilité : l'article L112-2 du code des procédures civiles d'exécution ne soustrait à la saisie que les biens que la loi rend incessibles (2°) et ceux que le testateur ou le donateur a déclarés insaisissables (4°), pas ceux qu'un contrat rend incessibles. Les parts restent donc dans le patrimoine de l'associé et ses créanciers peuvent les faire saisir et vendre. Quand la clause vient d'une donation ou d'un testament, la protection est bien réelle : la Cour de cassation a confirmé la nullité d'un commandement aux fins de saisie immobilière portant sur un bien grevé d'une clause d'inaliénabilité valable, « comme portant sur un bien insaisissable » (Cass. 2e civ., 30 juin 1993, n° 91-14.775, publié au bulletin), et le créancier ne peut pas non plus obtenir lui-même la levée de la clause, l'action de l'article 900-1 étant exclusivement attachée à la personne du donataire et fermée à la voie oblique (Cass. 1re civ., 8 mars 2005, n° 03-20.968, publié au bulletin). Attention toutefois : cette protection ne dure que ce que dure la clause, la validité de la saisie s'appréciant à la date du commandement. Attention enfin au nantissement, qui n'est pas une aliénation mais qui aboutit, en cas de défaillance, à une réalisation forcée : pour le bloquer, il faut le viser expressément.

La clause d'inaliénabilité empêche-t-elle la SCI de vendre son immeuble ?

Absolument pas. La clause porte sur les parts, pas sur l'actif social. La société peut vendre l'immeuble dans les conditions prévues par ses statuts, alors même que les parts sont inaliénables. Si votre objectif réel est de garder l'immeuble dans la famille, c'est la majorité requise pour vendre l'actif qu'il faut travailler dans les statuts, pas l'inaliénabilité des parts.

Faut-il l'unanimité pour insérer une clause d'inaliénabilité dans des statuts existants ?

En principe oui : l'article 1836 du code civil impose l'accord unanime à défaut de clause statutaire contraire, et son second alinéa interdit d'augmenter les engagements d'un associé sans son consentement. Le point de savoir si une restriction du droit de céder constitue une augmentation d'engagement se discute. La conduite prudente ne se discute pas : faites signer tout le monde.

La clause d'inaliénabilité dispense-t-elle de la clause d'agrément ?

Jamais. L'inaliénabilité interdit de céder pendant un temps ; l'agrément permet de refuser l'entrant quand la cession redevient possible. L'agrément de l'article 1861 s'applique de plein droit, même sans clause statutaire, avec cette nuance essentielle : sauf disposition contraire des statuts, les cessions consenties aux ascendants ou descendants du cédant y échappent. Prévoyez explicitement les deux mécanismes et leur articulation.

La clause d'inaliénabilité fait-elle baisser la valeur des parts données ?

Elle peut compter parmi les éléments justifiant une décote, aux côtés de l'absence de marché, du caractère minoritaire de la participation et de la clause d'agrément. Mais aucun texte ni aucune doctrine administrative publiée ne fixe de taux : la base des droits reste la valeur vénale réelle, sous le contrôle de l'administration. Et une contrainte que le donateur a lui-même créée est l'argument de décote le plus fragile qui soit.

Un acte sous seing privé suffit-il pour une donation de parts avec clause d'inaliénabilité ?

Non : la donation exige un acte notarié en application de l'article 931 du code civil. À ne pas confondre avec l'article 1865-1 du code civil, créé par la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, qui impose depuis le 27 juin 2026 un acte notarié, d'avocat contresigné ou d'expert-comptable habilité, à peine de nullité, pour les cessions de parts de personnes morales à prépondérance immobilière.

FAQ

Questions fréquentes

Oui, mais sous deux conditions cumulatives posées par l'article 900-1 du code civil : la clause doit être temporaire et justifiée par un intérêt sérieux et légitime. Une interdiction perpétuelle ou une interdiction sans motif exprimé est nulle. Et même valable, la clause peut être levée par un juge si l'intérêt qui l'avait justifiée disparaît ou si un intérêt plus important l'exige.
Aucun texte ne fixe de durée maximale pour une donation : l'article 900-1 exige seulement que la clause soit « temporaire ». La jurisprudence admet de longue date que l'inaliénabilité stipulée pour la durée de la vie du donateur est temporaire, puisqu'elle a un terme certain. À l'inverse, une clause calée sur la vie du donataire lui-même est la configuration la plus fragile, puisque le gratifié n'en verra jamais le terme.
Non. L'article L227-13 du code de commerce figure au chapitre consacré à la société par actions simplifiée et ne vise que les actions de SAS. Le transposer à une société civile est une erreur fréquente dans les modèles de statuts recopiés. Cela dit, en l'absence de texte, ce délai de dix ans reste une référence prudente que beaucoup de rédacteurs retiennent volontairement pour limiter le risque.
Aucun texte ne l'organise ni ne l'interdit. La doctrine majoritaire l'admet sur le fondement de la liberté contractuelle et de la force obligatoire du contrat (art. 1103 du code civil), à condition qu'elle soit limitée dans le temps et justifiée par un motif légitime, par analogie avec l'article 900-1. Une clause statutaire perpétuelle heurte la prohibition des engagements perpétuels de l'article 1210 du code civil.
La loi ne le définit pas : c'est le juge qui l'apprécie, au cas par cas, à la date où la clause a été stipulée. Sont couramment retenus la protection d'un donataire jeune, prodigue ou vulnérable, le maintien de l'unité d'un patrimoine familial, la garantie d'une charge imposée au donataire, ou la protection du donateur qui s'est réservé l'usufruit. Le motif doit être exprimé dans l'acte : une clause muette sur son motif est plaidable.
Oui, et c'est prévu par le texte lui-même. L'article 900-1, alinéa 1 in fine, permet au donataire ou au légataire d'être judiciairement autorisé à disposer du bien « si l'intérêt qui avait justifié la clause a disparu ou s'il advient qu'un intérêt plus important l'exige ». C'est l'issue la plus fréquente des conflits familiaux, devant le tribunal judiciaire, et aucun délai n'enferme cette action : elle peut être exercée du vivant du donateur.
Oui, si l'acte l'a prévu. C'est la clause de levée conventionnelle : le donateur se réserve la faculté d'autoriser par écrit tout ou partie des opérations interdites. Sans cette réserve, la levée amiable suppose l'accord de tous ceux dans l'intérêt desquels la clause a été stipulée, ce qui, après le décès du donateur, signifie l'ensemble de ses héritiers.
Non, et c'est le piège classique. L'article 900-8 du code civil dispose qu'« est réputée non écrite toute clause par laquelle le disposant prive de la libéralité celui qui mettrait en cause la validité d'une clause d'inaliénabilité ou demanderait l'autorisation d'aliéner ». La clause pénale dissuasive est donc neutralisée par la loi.
Il faut distinguer. Si la clause vient d'une donation ou d'un testament, la cession encourt la nullité — c'est la solution dominante, déduite de l'article 900-1 combiné au droit commun des contrats, et non une règle posée par un texte exprès. Si la clause figure seulement dans les statuts, l'article 1844-10, dernier alinéa, du code civil, en vigueur depuis le 1er octobre 2025, dispose que « sauf si la loi en dispose autrement, la violation des statuts ne constitue pas une cause de nullité » : la sanction se réduit alors à des dommages-intérêts.
Non. Le décès n'est pas une aliénation : les parts se transmettent selon l'article 1870 du code civil, qui prévoit que la société continue avec les héritiers ou légataires, sauf clause statutaire contraire. Une clause d'inaliénabilité ne fait pas obstacle à la succession ; croire l'inverse est l'une des erreurs les plus répandues.
Tout dépend de l'origine de la clause, et c'est une distinction que l'on lit rarement. Une clause purement statutaire n'est pas une insaisissabilité : l'article L112-2 du code des procédures civiles d'exécution ne soustrait à la saisie que les biens que la loi rend incessibles (2°) et ceux que le testateur ou le donateur a déclarés insaisissables (4°), pas ceux qu'un contrat rend incessibles. Les parts restent donc dans le patrimoine de l'associé et ses créanciers peuvent les faire saisir et vendre. Quand la clause vient d'une donation ou d'un testament, la protection est bien réelle : la Cour de cassation a confirmé la nullité d'un commandement aux fins de saisie immobilière portant sur un bien grevé d'une clause d'inaliénabilité valable, « comme portant sur un bien insaisissable » (Cass. 2e civ., 30 juin 1993, n° 91-14.775, publié au bulletin), et le créancier ne peut pas non plus obtenir lui-même la levée de la clause, l'action de l'article 900-1 étant exclusivement attachée à la personne du donataire et fermée à la voie oblique (Cass. 1re civ., 8 mars 2005, n° 03-20.968, publié au bulletin). Attention toutefois : cette protection ne dure que ce que dure la clause, la validité de la saisie s'appréciant à la date du commandement. Attention enfin au nantissement, qui n'est pas une aliénation mais qui aboutit, en cas de défaillance, à une réalisation forcée : pour le bloquer, il faut le viser expressément.
Absolument pas. La clause porte sur les parts, pas sur l'actif social : la société peut vendre l'immeuble dans les conditions prévues par ses statuts alors même que les parts sont inaliénables. Si l'objectif réel est de garder l'immeuble dans la famille, c'est la majorité requise pour vendre l'actif qu'il faut travailler dans les statuts, pas l'inaliénabilité des parts.
En principe oui. L'article 1836 du code civil pose que les statuts ne peuvent être modifiés, à défaut de clause contraire, que par accord unanime des associés. Et son second alinéa ajoute que les engagements d'un associé ne peuvent être augmentés sans son consentement : une clause qui prive un associé du droit de céder ses parts est un cas d'école de restriction qu'il vaut mieux faire accepter expressément par chacun.
Jamais. Ce sont deux mécanismes différents : l'inaliénabilité interdit de céder pendant un temps, l'agrément de l'article 1861 du code civil permet de refuser l'entrant lorsque la cession devient possible. Une SCI dotée d'une clause d'inaliénabilité reste soumise à l'agrément unanime légal, avec cette nuance : sauf disposition contraire des statuts, les cessions consenties aux ascendants ou descendants du cédant y échappent.
Elle est l'un des éléments qui peuvent justifier une décote de valorisation, aux côtés de l'absence de marché, de la clause d'agrément et du caractère minoritaire de la participation. Mais aucun texte ni aucune doctrine administrative ne fixe de taux : la base des droits reste la valeur vénale réelle des parts, et toute décote doit être motivée pièce par pièce dans l'acte, sous le contrôle de l'administration.
Non : une donation exige un acte notarié depuis toujours, en application de l'article 931 du code civil, et l'acceptation doit être expresse. À ne pas confondre avec l'article 1865-1 du code civil, créé par la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, qui impose depuis le 27 juin 2026 un acte notarié, d'avocat ou d'expert-comptable habilité, à peine de nullité, pour les cessions de parts de personnes morales à prépondérance immobilière.