SCI et caution du locataire : Visale, acte de cautionnement et interdiction de cumul (2026)
Voici l'erreur que je vois revenir presque à chaque dossier : un gérant fait signer un garant aux parents de son locataire, range l'acte dans un dossier, se croit couvert — et découvre le jour de l'impayé que son cautionnement ne vaut rien. Parce qu'une SCI n'est pas un bailleur comme les autres. C'est une personne morale, et la loi lui interdit, dans la plupart des cas, de réclamer un garant « classique ». Ce guide fait le tri : ce qu'une SCI peut réellement exiger de son locataire, comment rédiger un acte de cautionnement qui tient (formalisme allégé depuis la loi ELAN), pourquoi Visale est souvent votre meilleure carte, l'interdiction de cumuler garant physique et assurance impayés, et l'ordre dans lequel actionner vos garanties quand le loyer ne tombe plus.
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (loi du 6 juillet 1989, Code civil, service-public.fr, Action Logement). Mis à jour le 21 juillet 2026. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé.
Sommaire
- Caution, dépôt de garantie, GLI : ne pas confondre
- Le point clé : la SCI ne peut pas toujours exiger un garant
- L'acte de cautionnement : formalisme depuis la loi ELAN
- Caution simple vs caution solidaire
- La garantie Visale d'Action Logement
- Interdiction de cumuler cautionnement et GLI
- Le dépôt de garantie
- Ordre d'appel des garanties : cas chiffré
- Comparatif des garanties
- Les erreurs fréquentes
- FAQ
1. Caution, dépôt de garantie, GLI : ne pas confondre
Trois mécanismes protègent le bailleur contre les impayés. On les mélange sans arrêt, et cette confusion coûte cher au moment de faire jouer la garantie. Retenez une chose : ce guide parle des garanties que vous exigez du locataire. C'est le pendant de notre guide sur les assurances de la SCI (PNO et GLI), qui traite lui des contrats que la SCI signe de son côté.
| Mécanisme | Qui paie / s'engage ? | Rôle |
|---|---|---|
| Dépôt de garantie | Le locataire lui-même | Somme bloquée à l'entrée (1 mois de loyer hors charges en nu), imputée en fin de bail |
| Cautionnement (garant) | Un tiers : personne physique ou organisme | Engagement de payer à la place du locataire défaillant |
| Visale | Action Logement (organisme) | Caution gratuite, forme particulière de cautionnement |
| GLI | Un assureur (souscription par la SCI) | Assurance loyers impayés — remboursement du bailleur |
La ligne de partage est simple. Le cautionnement et Visale, c'est le locataire qui vous les apporte. La GLI, c'est vous qui la payez à un assureur. Gardez cette différence en tête : c'est elle qui explique la règle d'incompatibilité du chapitre 6, celle qui envoie tant de gérants dans le mur.
2. Le point clé : la SCI ne peut pas toujours exiger un garant
C'est le point aveugle de neuf gérants sur dix. Votre SCI est une personne morale. Et dès qu'un bailleur personne morale demande un garant, l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 verrouille la porte.
Règle de l'article 22-1 (alinéa 1) : lorsqu'un cautionnement est exigé par un bailleur personne morale, il ne peut être souscrit que par un organisme figurant sur une liste fixée par décret (dont Visale) — à moins que la personne morale ne soit une société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré inclus, c'est-à-dire une SCI familiale.
Concrètement, cela crée deux régimes selon la nature de votre SCI :
| Type de SCI bailleur | Garant personne physique ? | Solutions possibles |
|---|---|---|
| SCI familiale (parents/alliés ≤ 4e degré) | Oui, autorisé | Caution personne physique, Visale, ou GLI (jamais caution physique + GLI ensemble) |
| SCI non familiale (associés tiers) | Non, interdit | Organisme uniquement (Visale, garant payant) ou GLI |
Traduisons. Votre SCI est familiale ? Vous jouez avec les mêmes règles qu'un propriétaire particulier : les parents du locataire peuvent se porter caution, aucun souci. Vos associés ne sont pas de la même famille ? Là, la caution des parents vous est fermée. Point final. Il vous reste trois portes : Visale, un garant payant agréé, ou une assurance loyers impayés.
Exception à connaître : l'article 22-1 (alinéa 1) autorise malgré tout une SCI non familiale à exiger un cautionnement personne physique lorsque le logement est loué à un étudiant ne bénéficiant pas d'une bourse de l'enseignement supérieur. En dehors de ce cas, l'interdiction pour la SCI non familiale est totale.
Pourquoi ce deux-poids-deux-mesures ? L'idée du législateur : empêcher les bailleurs institutionnels d'empiler les sûretés sur le dos des proches d'un locataire. La SCI familiale, elle, n'est pas vue comme un investisseur — c'est un patrimoine de famille, on la laisse tranquille. Encore faut-il que votre structure coche vraiment la case « familiale » : notre guide sur la SCI familiale vous dit comment le vérifier.
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3. L'acte de cautionnement : formalisme depuis la loi ELAN
Vous avez le droit de demander un garant (SCI familiale, ou logement loué à un étudiant non boursier) ? Ne bâclez pas l'acte. C'est là que tout se joue : un acte de cautionnement mal ficelé est un acte qui saute devant le juge, et vous vous retrouvez seul face à l'impayé. L'article 22-1 impose un formalisme conçu pour protéger la caution — donc, en creux, pour piéger le bailleur pressé.
La fin de la mention manuscrite (loi ELAN, puis réforme du cautionnement)
Longtemps, se porter caution voulait dire recopier à la main un pavé juridique de plusieurs lignes — la fameuse « mention manuscrite ». La loi ELAN du 23 novembre 2018 a rangé ce rituel au placard. Puis la réforme du droit du cautionnement (ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021, en vigueur au 1er janvier 2022) a réécrit l'article 22-1, qui pointe maintenant vers la mention de l'article 2297 du Code civil. En clair :
- La caution personne physique appose elle-même la mention de l'article 2297 ; celle-ci n'a plus à être manuscrite et peut être dactylographiée (ou intégrée à un acte électronique signé).
- Cette mention reste obligatoire : son absence rend le cautionnement nul.
- La signature électronique de l'acte de cautionnement est admise (article 1174 du Code civil).
Pratique pour signer un bail à distance. Mais attention au faux sentiment de liberté : la mention est plus simple à produire, elle n'a pas disparu. Et le contenu de l'acte, lui, n'a rien perdu de sa rigueur.
Le contenu obligatoire de l'acte
Aux termes de l'article 22-1 de la loi de 1989, l'acte de cautionnement doit, à peine de nullité :
- Faire état du montant du loyer et de ses conditions de révision tels qu'ils figurent au contrat de location.
- Comporter la mention de l'article 2297 du Code civil, apposée par la caution : elle y reconnaît s'engager à payer au bailleur ce que lui doit le locataire en cas de défaillance, dans la limite d'un montant maximum exprimé en toutes lettres et en chiffres.
- Si la caution est solidaire, la mention doit préciser qu'elle renonce aux bénéfices de discussion et de division (à défaut, elle conserve ces bénéfices).
Dernier réflexe, souvent oublié : remettez un exemplaire du bail à la caution. Elle doit savoir exactement ce qu'elle s'engage à couvrir. Et comme le montant du loyer et sa clause de révision doivent être reportés dans l'acte, autant les maîtriser en amont : notre guide sur la révision du loyer en SCI vous explique comment l'indice IRL fait bouger ces chiffres d'une année sur l'autre.
Montant et durée de l'engagement
Ce que garantit le garant, ce n'est pas seulement le loyer : ce sont toutes les sommes dues au titre du bail — loyers, charges, réparations locatives, indemnités d'occupation si le locataire se maintient dans les lieux après résiliation. Sur la durée, deux options :
- Être à durée déterminée : il fixe le nombre d'années couvertes. La caution ne peut pas résilier avant le terme.
- Être à durée indéterminée : la caution peut résilier à tout moment, mais la résiliation ne prend effet qu'au terme du bail en cours (le garant reste tenu jusqu'à la fin de la période contractuelle en cours).
4. Caution simple vs caution solidaire
Un mot dans l'acte, et tout change le jour où le loyer ne tombe plus. Ce mot, c'est « solidaire ». Voici pourquoi.
| Critère | Caution simple | Caution solidaire |
|---|---|---|
| Ordre de poursuite | Le locataire d'abord, le garant ensuite | Le garant directement, dès le 1er impayé |
| Bénéfice de discussion | Oui (le garant peut l'invoquer) | Non (renoncé) |
| Protection du bailleur | Moyenne | Forte |
| Usage en pratique | Rare | Standard |
Le bénéfice de discussion, c'est le droit pour la caution simple de vous dire : « allez d'abord saisir les biens du locataire, revenez me voir après ». Une usine à gaz qui vous fait perdre des mois. La caution solidaire jette ce droit à la poubelle : dès le premier loyer manquant, vous réclamez la totalité au garant, sans passer par la case locataire. Résultat, sur le terrain, l'immense majorité des actes sont solidaires. Si vous en signez un, exigez-le solidaire — sinon vous vous liez les mains vous-même.
5. La garantie Visale d'Action Logement
Si vous ne deviez retenir qu'une chose de ce guide, ce serait celle-ci. Pour une SCI non familiale, Visale résout tout d'un coup. L'interdiction du garant personne physique ? Contournée, puisque le garant, ici, c'est un organisme : Action Logement. Le coût ? Zéro euro, ni pour vous, ni pour votre locataire. Difficile de faire mieux.
Comment ça marche
C'est une caution, mais portée par Action Logement. Le loyer n'arrive plus ? Vous déclarez l'impayé, Action Logement vous rembourse, puis se débrouille avec le locataire selon un échéancier qu'il fixe lui-même. Vous encaissez sans avoir à courir après votre locataire — au moins dans un premier temps, c'est l'organisme qui porte le risque.
Public éligible
- Tous les jeunes de 18 à 30 ans, sans condition de statut ni de ressources (étudiants, alternants, salariés, demandeurs d'emploi).
- Les salariés de plus de 30 ans gagnant jusqu'à 1 710 € nets par mois, embauchés depuis moins de 6 mois (hors CDI confirmé), en mobilité professionnelle ou en situation de précarité.
- Les ménages logés via un dispositif d'intermédiation locative.
Plafonds de loyer charges comprises (2026)
La réforme du 6 janvier 2026 a relevé les plafonds de loyer charges comprises. Un piège à connaître : le loyer réellement garanti n'est jamais le plafond brut, mais le plus bas de deux montants — le plafond de zone ci-dessous, ou 50 % des ressources nettes du locataire. Un candidat à 1 800 € nets ne fait donc couvrir que 900 € de loyer, même à Paris.
| Profil / zone | Loyer max (charges comprises) |
|---|---|
| Île-de-France | 1 940 € |
| Agglomération de plus de 100 000 habitants | 1 575 € |
| Reste du territoire | 1 365 € |
| Étudiants et alternants — Île-de-France | 1 000 € |
| Étudiants et alternants — hors Île-de-France | 680 € à 840 € |
Ces plafonds sont révisés périodiquement par Action Logement. Vérifiez la valeur en vigueur sur visale.fr avant de vous engager.
Ce que couvre Visale
- Loyers et charges impayés survenant durant les 36 premiers mois du bail (soit les 3 premières années). Depuis la réforme du 6 janvier 2026, la garantie ne court plus sur toute la durée du bail mais s'éteint au terme de ces 3 ans, période durant laquelle surviennent la très grande majorité des incidents.
- Dégradations locatives constatées à la sortie, à hauteur de 2 mois de loyer charges comprises (également sur les 3 premières années).
Bonne nouvelle depuis la réforme du 6 janvier 2026 : dans le parc locatif privé, Visale prend désormais en charge l'intégralité des frais de procédure de recouvrement engagés durant les 3 premières années du bail — un poste qui restait auparavant à votre charge. Ce que Visale ne fait toujours pas : compenser les mois où le logement reste vide entre deux locataires (la vacance locative reste exclue). Et elle ne remplace pas le dépôt de garantie — ça, c'est toujours votre locataire qui le verse.
La procédure côté SCI
- Le candidat locataire fait sa demande de visa sur visale.fr et obtient un « visa certifié » indiquant le loyer maximal garanti.
- La SCI vérifie que le loyer du logement respecte ce plafond.
- Une fois le bail signé, le bailleur enregistre le contrat de cautionnement Visale sur son espace Action Logement dans le délai imparti.
- La caution Visale couvre alors les impayés survenant durant les 3 premières années du bail (jusqu'à 36 mensualités) ; au-delà de cette période, une nouvelle demande de garantie doit être faite.
Pour une SCI qui loue à des étudiants ou à des jeunes actifs, Visale est presque toujours le meilleur choix : gratuit, rapide, et il résout d'un coup le problème de l'interdiction de garant personne physique. Voyez aussi notre guide SCI et bail mobilité / étudiant.
6. Interdiction de cumuler cautionnement et GLI
Voici le piège qui prend le plus de bailleurs au dépourvu. On se dit : « ceinture et bretelles, je prends une GLI ET je fais signer les parents, comme ça je suis blindé ». Mauvais calcul. L'article 22-1 pose une incompatibilité pure et simple :
Principe : le cautionnement par une personne physique ne peut pas être exigé par un bailleur qui a déjà souscrit une assurance garantissant les loyers impayés (GLI) — sauf en cas de logement loué à un étudiant ou à un apprenti.
Concrètement : GLI d'un côté, caution des parents de l'autre, les deux en même temps, c'est non. Il faut trancher. La seule fenêtre où le double filet est toléré, c'est l'étudiant ou l'apprenti — des profils sans historique de revenus, pour qui le législateur a accepté qu'on cumule les deux garanties. Pour tout le reste, un seul dispositif à la fois.
| Combinaison | Locataire « classique » | Étudiant / apprenti |
|---|---|---|
| GLI + caution personne physique | Interdit | Autorisé |
| GLI seule | Autorisé | Autorisé |
| Caution personne physique seule | Autorisé (si SCI familiale) | Autorisé |
| Visale + GLI | Impossible | Impossible |
Et Visale + GLI ? N'y pensez même pas : les deux se neutralisent. Aucun assureur GLI n'acceptera de couvrir un logement déjà garanti par Visale — sa garantie tournerait à vide — et Visale, de son côté, exclut les logements déjà couverts par une garantie de même nature. Une garantie de solvabilité, pas deux. Pour le détail de la GLI côté SCI (coût réel, déductibilité, conditions d'accès), filez vers notre guide Assurance PNO et GLI de la SCI.
7. Le dépôt de garantie
On l'appelle parfois « caution » dans le langage courant, et c'est une source de confusion. Le dépôt de garantie n'a rien d'un cautionnement : c'est le locataire lui-même qui met cette somme sur la table en entrant, comme matelas pour la sortie. Bonne nouvelle : il se cumule avec absolument tout — garant, Visale, GLI — sans jamais poser de problème.
| Point | Location nue | Location meublée |
|---|---|---|
| Montant maximum | 1 mois de loyer hors charges | 2 mois de loyer hors charges |
| Délai de restitution | 1 mois (2 mois si retenues justifiées) | 1 mois (2 mois si retenues justifiées) |
| Révision en cours de bail | Non (montant figé) | Non (montant figé) |
L'erreur classique : vouloir « prendre » un mois d'impayé sur le dépôt en cours de bail. Interdit. Le dépôt ne se touche qu'au solde de tout compte, à la sortie (impayés qui traînent, réparations locatives). Autre point qui vous concerne comme bailleur : si vous tardez à le rendre, la loi vous inflige 10 % du loyer mensuel de pénalité par mois de retard entamé. Et en comptabilité, ne le passez surtout pas en produit — ce n'est pas votre argent, il dort au passif de la SCI. Le détail des écritures est dans notre guide des écritures comptables du dépôt de garantie en SCI.
8. Ordre d'appel des garanties : cas chiffré
La théorie, c'est bien. Un cas concret, c'est mieux. Prenons la SCI Familiale des Dupont, qui loue un T2 750 € charges comprises. Dépôt de garantie encaissé : 700 € (le loyer hors charges). Garant : les parents du locataire, en solidaire. En mars, plus rien ne tombe. Que fait la SCI, et dans quel ordre ?
| Étape | Action de la SCI | Effet |
|---|---|---|
| 1 | Relance amiable puis mise en demeure du locataire (LRAR) | Point de départ des intérêts et de la procédure |
| 2 | Mise en demeure du garant solidaire dès le premier impayé | Le garant doit payer sans attendre la poursuite du locataire |
| 3 | Commandement de payer par commissaire de justice, signifié à la caution dans les 15 jours (art. 24 loi 1989), puis assignation | Enclenche la clause résolutoire ; à défaut de signification à la caution, celle-ci n'est pas tenue des pénalités et intérêts de retard |
| 4 | En fin de bail : imputation du dépôt de garantie (700 €) sur le solde dû | Réduit le montant final restant à recouvrer |
Faisons les comptes. Trois mois sans loyer, soit 2 250 €. La SCI met les parents en demeure : ils doivent sortir les 2 250 €, tout de suite, sans que les Dupont aient à saisir quoi que ce soit chez le locataire — c'est tout l'intérêt du « solidaire ». Les 700 € de dépôt, eux, restent au chaud : ils ne viendront en déduction qu'à la sortie, sur le solde de tout compte.
Même scénario, mais avec Visale : l'étape 2 bascule. Plus de parents à relancer — la SCI déclare l'impayé à Action Logement (une fois la mise en demeure du locataire restée lettre morte, et dans les délais Visale). Action Logement paie, puis se retourne lui-même contre le locataire. Franchement, c'est souvent plus tranquille qu'un garant particulier — parce qu'un parent qui se porte caution peut lui aussi se retrouver le dos au mur financièrement, et vous voilà à courir après deux insolvables au lieu d'un.
La procédure complète d'impayé — relance, commandement, clause résolutoire, expulsion, délais de chaque étape — mérite un guide à elle seule : c'est notre dossier sur les impayés de loyer en SCI.
9. Comparatif des garanties
| Garantie | Coût | Accessible à une SCI non familiale ? | Points forts |
|---|---|---|---|
| Caution personne physique | Gratuit | Non (SCI familiale uniquement) | Simple si SCI familiale ; solidaire = forte protection |
| Visale | Gratuit | Oui | Gratuit, public jeune/précaire, 36 mois couverts |
| GLI (assurance) | ≈ 2,5 à 4 % du loyer annuel | Oui | Couvre impayés + frais + détériorations, déductible |
| Garant payant agréé | Payé par le locataire | Oui | Alternative à Visale hors critères d'éligibilité |
Ce que je conseille, selon votre situation :
- SCI familiale, locataire dont les parents ont les reins solides → cautionnement solidaire personne physique. Gratuit, robuste, rien à ajouter.
- SCI non familiale, locataire jeune ou en début de carrière → Visale, les yeux fermés. C'est gratuit et il coche les cases d'éligibilité.
- SCI non familiale, candidat hors radar Visale → GLI (mais préparez-vous à ses exigences de solvabilité : CDI, taux d'effort) ou garant payant agréé.
- Location à un étudiant → Visale reste le réflexe, mais c'est aussi le seul cas où vous pouvez empiler GLI + caution des parents.
Ces garanties ne vivent pas seules : elles s'imbriquent dans tout le régime du bail d'habitation en SCI — durée, congés, révision de loyer, clauses interdites. On déroule le tout dans notre guide SCI et bail d'habitation.
10. Les erreurs fréquentes
Erreur 1 : Exiger un garant alors que la SCI n'est pas familiale
La plus coûteuse de toutes. La SCI non familiale fait signer un garant, se croit protégée, et le jour de l'impayé le garant brandit l'article 22-1 : engagement nul, écarté par le juge. Vous vous retrouvez sans filet, précisément au moment où vous en avez besoin. Le préalable absolu, c'est de savoir si votre SCI est familiale ou non.
Erreur 2 : Cumuler GLI et caution des parents (hors étudiant)
Vous avez une GLI, et vous demandez quand même un garant à un locataire qui n'est ni étudiant ni apprenti ? Le cautionnement tombe. Vous payez donc deux garanties, dont une qui ne vaudra rien devant le juge. Le pire des deux mondes : la dépense sans la sécurité.
Erreur 3 : Oublier la mention obligatoire de l'acte
La fin de la recopie manuscrite n'a pas supprimé la mention, elle l'a juste simplifiée. L'acte doit toujours indiquer le montant du loyer et sa clause de révision, et la caution doit apposer la mention de l'article 2297 du Code civil — avec le montant maximum garanti, en toutes lettres et en chiffres. Il manque une virgule à ce dispositif ? L'acte est nul. Partez d'un modèle à jour, ou faites-le relire, ça coûte moins cher qu'un impayé non garanti.
Erreur 4 : Piocher dans le dépôt de garantie en cours de bail
Le dépôt n'est pas une avance sur loyer dans laquelle on se sert quand ça coince. Il ne se solde qu'à la fin, sur le compte de sortie. S'en servir en cours de route, c'est irrégulier, et ça donne au locataire un angle d'attaque pour contester toute votre procédure d'impayé.
Erreur 5 : Signer le bail avant de vérifier le plafond Visale
L'ordre compte. Si le loyer charges comprises dépasse le plafond de zone, le visa est refusé — sauf que vous l'apprenez souvent une fois le bail signé, donc trop tard, et sans garantie. Le bon réflexe : exiger le visa certifié du candidat AVANT de signer, et vérifier que votre loyer entre dans les clous.
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11. FAQ — SCI et caution du locataire
Une SCI peut-elle exiger une caution (un garant) de son locataire ?
Pas toujours. L'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 interdit à un bailleur personne morale d'exiger un cautionnement souscrit par une personne physique — sauf si la SCI est familiale (constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au 4e degré inclus). Une SCI non familiale doit passer par un organisme (Visale, garant payant agréé) ou par une assurance loyers impayés.
Qu'est-ce que la garantie Visale et combien coûte-t-elle ?
Visale est une caution gratuite d'Action Logement. Elle garantit les loyers et charges impayés survenant durant les 36 premiers mois du bail (3 ans depuis la réforme du 6 janvier 2026) et les dégradations locatives (2 mois de loyer), dans la limite de plafonds de loyer. Elle est totalement gratuite pour le bailleur comme pour le locataire, et accessible aux 18-30 ans, aux salariés en mobilité ou en précarité et aux ménages accompagnés.
Peut-on cumuler une caution et une assurance loyers impayés (GLI) ?
Non, pas avec une caution personne physique. La loi interdit d'exiger un cautionnement par une personne physique lorsque le bailleur a déjà souscrit une GLI, sauf si le logement est loué à un étudiant ou à un apprenti. Le cumul Visale + GLI est de son côté impossible car les deux garanties couvrent le même risque.
Quelle différence entre caution simple et caution solidaire ?
La caution simple bénéficie du « bénéfice de discussion » : le bailleur doit poursuivre le locataire avant de se retourner contre le garant. La caution solidaire y renonce : la SCI peut réclamer directement au garant dès le premier impayé. La caution solidaire, standard en pratique, est bien plus protectrice pour le bailleur.
La mention manuscrite est-elle encore obligatoire ?
Non. La loi ELAN du 23 novembre 2018 a supprimé l'exigence de recopie manuscrite ; depuis la réforme du cautionnement (ordonnance du 15 septembre 2021, en vigueur au 1er janvier 2022), l'article 22-1 renvoie à la mention de l'article 2297 du Code civil. L'acte doit faire état du montant du loyer et de ses conditions de révision, et la caution appose la mention (montant maximum garanti en toutes lettres et en chiffres), qui peut être dactylographiée ou signée électroniquement. À défaut, le cautionnement est nul.
Une SCI familiale peut-elle demander un garant ?
Oui. La SCI familiale est expressément exclue de l'interdiction de l'article 22-1. Elle est traitée comme un bailleur particulier et peut exiger un cautionnement par une personne physique (les parents du locataire, par exemple), à condition de respecter le formalisme de l'acte de cautionnement.
Quels sont les plafonds de loyer de Visale ?
Depuis la réforme du 6 janvier 2026, le loyer charges comprises ne doit pas dépasser 1 940 € en Île-de-France, 1 575 € dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants et 1 365 € sur le reste du territoire (plafonds étudiants dédiés : 1 000 € en Île-de-France, 680 € à 840 € ailleurs). Au-delà, la demande de visa est refusée. Ces plafonds évoluent : vérifiez la valeur en vigueur sur visale.fr.
Quelle durée pour un engagement de caution ?
L'acte peut être à durée déterminée (nombre d'années précisé) ou indéterminée. Dans ce dernier cas, la caution peut résilier à tout moment, mais la résiliation ne prend effet qu'au terme du bail en cours. L'indication de la durée n'est pas prescrite à peine de nullité : à défaut, l'engagement est simplement réputé à durée indéterminée et reste résiliable unilatéralement par la caution.
Le dépôt de garantie remplace-t-il la caution ?
Non. Le dépôt de garantie (1 mois de loyer hors charges en location nue, 2 mois en meublé) est une somme versée par le locataire lui-même, imputable seulement en fin de bail. La caution est l'engagement d'un tiers de payer en cas de défaillance. Les deux se cumulent sans difficulté.
Dans quel ordre appeler les garanties en cas d'impayé ?
On relance d'abord le locataire (mise en demeure), puis on actionne le garant solidaire ou on déclare le sinistre à Visale/GLI selon la garantie retenue, dans les délais propres à chaque dispositif. Le dépôt de garantie ne s'impute qu'en fin de bail, sur le solde de tout compte.
Que couvre exactement Visale ?
Visale couvre les loyers et charges impayés survenant durant les 36 premiers mois du bail (3 ans depuis la réforme du 6 janvier 2026), plus les dégradations locatives à hauteur de 2 mois de loyer charges comprises constatées à la sortie. Depuis la réforme du 6 janvier 2026, elle prend aussi en charge, dans le parc locatif privé, l'intégralité des frais de procédure de recouvrement engagés durant les 3 premières années du bail ; en revanche, elle ne couvre pas la vacance locative.
Un étudiant peut-il bénéficier de Visale ?
Oui, c'est même un public prioritaire. Tout étudiant ou alternant de 18 à 30 ans est éligible sans condition de ressources, avec un plafond de loyer spécifique. Pour une SCI qui loue à des étudiants, Visale est souvent la meilleure garantie : gratuite et contournant l'interdiction faite aux personnes morales d'exiger un garant.
Une SCI peut-elle refuser Visale et exiger sa propre GLI ?
Oui, la SCI peut préférer souscrire une GLI plutôt que d'accepter Visale. Mais elle ne peut pas cumuler la GLI avec un cautionnement personne physique (sauf étudiant/apprenti). La GLI impose au candidat des critères de solvabilité (taux d'effort, CDI) plus stricts que Visale : le choix dépend du profil du locataire.
Que se passe-t-il si l'acte de cautionnement est irrégulier ?
Un acte qui ne comporte pas les mentions exigées à peine de nullité par l'article 22-1 (montant du loyer, conditions de révision, et mention de l'article 2297 du Code civil apposée par la caution) est frappé de nullité. La SCI ne pourra alors pas actionner le garant en cas d'impayé — d'où l'importance d'utiliser un modèle conforme ou de faire relire l'acte.
La caution est-elle utile si la SCI a déjà une assurance PNO ?
Oui, ce sont deux choses différentes. L'assurance PNO (propriétaire non occupant) couvre les risques du bâtiment (incendie, dégât des eaux, responsabilité), pas les impayés de loyer. Pour se protéger des impayés, la SCI a besoin d'une garantie sur le locataire : caution, Visale ou GLI. Voir notre guide dédié à l'assurance PNO et GLI de la SCI.
Pour aller plus loin