Le bilan d'ouverture d'une SCI : capital, immeuble, emprunt et à-nouveaux (2026)
Toute comptabilité de SCI commence par la même écriture : le bilan d'ouverture. D'un côté, ce que la SCI possède — l'immeuble, la trésorerie. De l'autre, ce qui l'a financé : le capital, les comptes courants d'associés, l'emprunt bancaire. Vous démarrez une SCI neuve ? Vous le construisez à partir de la constitution et de l'achat. Vous reprenez une SCI déjà en activité ? Vous le récupérez par l'écriture d'à-nouveau. Ce guide passe chaque compte en revue, avec une écriture chiffrée de bout en bout et le seul contrôle qui compte : actif = passif.
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code civil, Code de commerce, CGI, BOFiP, PCG). Mis à jour le 7 juillet 2026.
Sommaire
- À quoi sert le bilan d'ouverture d'une SCI ?
- Obligatoire à l'IS, recommandé à l'IR
- Le plan de comptes minimal au démarrage
- Les apports : capital social et compte courant
- L'immeuble : ventiler terrain (211) et construction (213)
- L'emprunt bancaire (compte 164)
- Frais de constitution et frais d'acquisition
- L'écriture d'ouverture : exemple chiffré complet
- Les à-nouveaux : reprendre une SCI existante
- Le contrôle final : actif = passif
- Les erreurs fréquentes au démarrage
- FAQ
1. À quoi sert le bilan d'ouverture d'une SCI ?
Le bilan d'ouverture, c'est la photographie comptable de la SCI à l'instant zéro : premier jour du premier exercice, puis premier jour de chaque exercice suivant. Deux colonnes, qui s'équilibrent toujours au centime près :
- L'actif (à gauche) : ce que la SCI possède. Pour l'essentiel, l'immeuble — scindé en terrain et construction — et la trésorerie disponible en banque.
- Le passif (à droite) : ce qui a financé cet actif. Le capital social apporté par les associés, leurs comptes courants, l'emprunt bancaire.
Cette égalité actif = passif n'a rien d'un hasard comptable : tout euro inscrit à l'actif a forcément une origine de financement. Un bilan d'ouverture qui ne tombe pas juste signale une écriture manquante ou un montant mal placé. Premier contrôle, et le plus important de tous.
Ce bilan conditionne toute la comptabilité qui suit. Un compte courant d'associé mal enregistré au départ, et c'est un remboursement contesté cinq ans plus tard. Une ventilation terrain/construction bâclée, et c'est un amortissement faux pendant trente ans. Quelques heures passées à le construire proprement vous épargnent des dizaines de corrections en aval. Pour le cadre général des obligations comptables, voyez notre guide de la comptabilité SCI.
2. Obligatoire à l'IS, recommandé à l'IR
Comme pour le reste de la comptabilité, l'étendue de l'obligation dépend du régime fiscal.
| Aspect | SCI à l'IR | SCI à l'IS |
|---|---|---|
| Bilan d'ouverture | Non exigé par la loi | Obligatoire (art. L123-12 C. com.) |
| Type de comptabilité | Trésorerie possible | Engagement, partie double |
| Amortissement de l'immeuble | Impossible | Oui (par composants) |
| À-nouveaux chaque exercice | Recommandés | Indispensables |
| Base légale | Art. 1856 C. civ. | Art. L123-12 à L123-28 C. com. |
À l'IR, l'article 1856 du Code civil se contente d'imposer au gérant de rendre compte de sa gestion. Une comptabilité de trésorerie suffit, en théorie. En pratique, dès qu'un emprunt, des comptes courants d'associés ou un projet de revente entrent en jeu, seul un vrai bilan d'ouverture permet de suivre qui a apporté quoi.
À l'IS — par option de l'article 206-2 du CGI ou de plein droit — la SCI bascule dans le régime des sociétés commerciales : bilan, compte de résultat et annexe deviennent obligatoires (articles L123-12 à L123-28 du Code de commerce). Le bilan d'ouverture cesse d'être facultatif ; il devient le socle de la liasse fiscale 2033.
3. Le plan de comptes minimal au démarrage
Une SCI patrimoniale n'a que faire d'un plan comptable pléthorique. Voici les comptes du Plan comptable général (règlement ANC n° 2014-03) que l'on croise dans la quasi-totalité des bilans d'ouverture de SCI.
| Compte | Libellé | Rôle au bilan d'ouverture |
|---|---|---|
| 101 | Capital social | Passif — apports des associés |
| 110 / 119 | Report à nouveau (bénéfice / perte) | Passif — résultats antérieurs |
| 164 | Emprunts établissements de crédit | Passif — capital restant dû |
| 2011 | Frais de constitution | Actif — si immobilisés |
| 211 | Terrains | Actif — non amortissable |
| 213 | Constructions | Actif — amortissable (IS) |
| 2813 | Amortissements des constructions | Passif — en négatif de l'actif |
| 4551 | Associés — comptes courants | Passif — dette envers l'associé |
| 4561 | Associés — comptes d'apport en société | Transit des apports |
| 512 | Banque | Actif — trésorerie disponible |
La logique des colonnes tient en une phrase : les comptes de classe 2 (immobilisations) et la banque (512) sont des emplois, portés à l'actif au débit ; le capital (101), les comptes courants (4551) et l'emprunt (164) sont des ressources, portées au passif au crédit. Quant aux amortissements (2813), ils viennent en soustraction de l'actif immobilisé.
4. Les apports : capital social et compte courant
L'apport en capital (compte 101)
Le capital social, ce sont les apports définitifs des associés ; en échange, ils reçoivent des parts sociales. Aucun capital minimum n'est exigé en SCI : les statuts fixent le montant librement, symbolique (1 €, 100 €, 1 000 €) ou calibré sur la valeur de l'immeuble apporté. Voir notre guide du capital social en SCI.
Pour un apport en numéraire intégralement libéré, l'écriture ne pose aucune difficulté :
- Débit 512 « Banque » : la trésorerie entre sur le compte de la SCI.
- Crédit 101 « Capital social » : le capital est constitué.
Capital souscrit mais pas encore versé ? On constate d'abord la créance de la SCI sur ses associés : débit 4561 « Associés – comptes d'apport en société » / crédit 101. Le versement ultérieur vient solder le 4561 par le débit du 512. Le bilan tient l'équilibre, même avec un capital partiellement libéré.
L'apport en compte courant d'associé (compte 4551)
Le compte courant d'associé (CCA) est une avance de trésorerie qu'un associé consent à sa SCI. Juridiquement, rien à voir avec du capital : c'est une dette de la société, remboursable selon les statuts ou une convention. Et c'est, de loin, le mode de financement le plus souple d'une SCI.
- Débit 512 « Banque » : l'argent de l'associé entre dans la SCI.
- Crédit 4551 « Associés – comptes courants » (subdivisé par associé, ex. 4551-DUPONT) : la dette est constatée.
Capital ou compte courant ? Le capital est bloqué et ne se récupère qu'à la dissolution ou par réduction de capital. Le compte courant se rembourse librement, sans formalité de modification statutaire. En pratique, on met un capital modeste et on finance l'essentiel par compte courant. Tout est détaillé dans notre guide du compte courant d'associé.
5. L'immeuble : ventiler terrain (211) et construction (213)
L'immeuble est presque toujours l'actif principal de la SCI, et une règle domine son enregistrement : jamais en un seul bloc. On le scinde en deux comptes distincts.
- Compte 211 « Terrains » : la quote-part de valeur correspondant au sol. Le terrain ne se déprécie pas, il n'est jamais amortissable.
- Compte 213 « Constructions » : la quote-part correspondant au bâti. En SCI à l'IS, c'est cette part qui s'amortit sur la durée d'usage.
La ventilation entre les deux mérite toute votre attention. À défaut de valeur cadastrale distincte, d'acte notarié ventilé ou d'expertise, la pratique retient une quote-part de terrain comprise entre 10 % et 20 % de la valeur globale, la base amortissable se limitant à la seule construction (BOFiP BOI-BIC-AMT-10-30-30-10). Une répartition forfaitaire non justifiée revient régulièrement sur la table en cas de contrôle : plus la part de terrain est faible, plus l'amortissement grimpe, plus l'administration regarde de près. Notre guide dédié à la valeur du terrain en SCI explique comment la documenter.
Achat ou apport en nature ?
Deux voies amènent l'immeuble au bilan d'ouverture :
- L'achat : la SCI acquiert le bien. Débit 211 + 213 (ventilés) / crédit du financement (emprunt 164 et/ou banque 512).
- L'apport en nature : un associé apporte l'immeuble au capital. Débit 211 + 213 / crédit 4561 « Associés – comptes d'apport en société », soldé par le crédit du 101. Si un emprunt en cours est repris par la SCI (apport à titre onéreux), la part reprise va au crédit du 164.
L'apport en nature répond à ses propres règles : évaluation, éventuel commissaire aux apports, fiscalité de la plus-value d'apport. Nous les traitons intégralement dans notre guide de l'apport d'immeuble en SCI.
6. L'emprunt bancaire (compte 164)
La quasi-totalité des SCI achètent à crédit. L'emprunt s'inscrit au passif du bilan d'ouverture, au compte 164 « Emprunts auprès des établissements de crédit », pour son capital restant dû.
Au déblocage des fonds : débit 512 « Banque » / crédit 164, pour le montant emprunté. Dans la pratique, la banque verse le plus souvent les fonds directement au notaire ; l'écriture consolidée finance alors l'acquisition de l'immeuble par l'emprunt, sans passage visible par la trésorerie.
Ce qui n'appartient PAS au bilan d'ouverture : seul le capital de l'emprunt figure au compte 164. Les intérêts (compte 66116), l'assurance emprunteur (compte 616) et les frais de dossier ou de garantie (compte 627 ou 6227) sont des charges du compte de résultat, pas des postes du bilan. Ne les mélangez jamais avec le capital emprunté.
Une précision utile côté IS : les intérêts et l'assurance se déduisent chaque année, exactement comme à l'IR sur les revenus fonciers (art. 31 du CGI). Au bilan d'ouverture, en revanche, ils n'ont aucune place. Pour la mécanique du financement, voyez notre guide du prêt bancaire en SCI.
7. Frais de constitution et frais d'acquisition
Deux familles de frais surgissent au démarrage, et elles ne suivent pas le même traitement.
Les frais de constitution
Ce sont les frais de création de la société : annonce légale (au forfait de 191 € HT pour une constitution de SCI depuis l'arrêté du 19 novembre 2025, hors Mayotte et La Réunion), frais de dépôt au guichet unique de l'INPI, déclaration des bénéficiaires effectifs (RBE), sans oublier les éventuels honoraires de rédaction des statuts.
Deux traitements s'offrent à vous :
- Immobilisation au compte 2011 « Frais de constitution », amortis sur cinq ans maximum. Option surtout retenue à l'IS quand on veut lisser la charge.
- Charges immédiates (par exemple 6226 « Honoraires », 6231 « Annonces et insertions » pour l'annonce légale, 6227 « Frais d'actes et de contentieux »). Le plus fréquent, notamment à l'IR où l'immobilisation n'a pas d'intérêt.
Les frais d'acquisition de l'immeuble
Ce sont les droits de mutation (de l'ordre de 5,80 % à 6,40 % du prix selon le département, la loi de finances pour 2025 ayant autorisé les conseils départementaux à relever leur taux de 4,50 % à 5 %), les émoluments du notaire et la contribution de sécurité immobilière. Sur un achat de 250 000 €, tablez sur 18 000 à 20 000 € de frais d'acquisition. Là encore, une option existe (art. 38 quinquies de l'annexe III au CGI ; BOFiP BOI-BIC-CHG-20-20-10) :
| Option | Écriture | Effet fiscal (SCI IS) |
|---|---|---|
| Incorporés au coût | Ajoutés au compte 213 (construction) | Amortis avec le bâti, sur 25 à 50 ans |
| Passés en charges | Comptes 6226 / 635 sur l'exercice | Déduits en totalité dès l'année 1 |
L'option — incorporation ou déduction — est globale et irrévocable pour l'ensemble des immobilisations corporelles acquises au cours de l'exercice. À l'IS, passer les frais d'acquisition en charges dès la première année génère souvent un déficit, reportable en avant sans limite de durée (art. 209 I du CGI), qui vient neutraliser l'impôt des premiers exercices bénéficiaires. Un vrai choix d'optimisation, à arbitrer au cas par cas.
8. L'écriture d'ouverture : exemple chiffré complet
Prenons une SCI neuve à l'IS qui vient d'acquérir un immeuble locatif. Les données de départ :
- Capital social : 1 500 €, apport en numéraire intégralement libéré.
- Immeuble acheté 250 000 €, ventilé : terrain 37 500 € (15 %) et construction 212 500 € (85 %).
- Financement : emprunt bancaire de 220 000 € et apport en compte courant de 48 500 € par l'associé.
- Trésorerie restante sur le compte : 20 000 €.
Voici comment se présente l'écriture d'ouverture au journal :
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 211 | Terrain | 37 500 | — |
| 213 | Construction | 212 500 | — |
| 512 | Banque | 20 000 | — |
| 101 | Capital social | — | 1 500 |
| 4551 | Compte courant associé | — | 48 500 |
| 164 | Emprunt bancaire | — | 220 000 |
| TOTAL | 270 000 | 270 000 | |
Les deux colonnes tombent juste : 270 000 € = 270 000 €. Le bilan d'ouverture est équilibré. Précision utile : ici, les frais d'acquisition ont été passés en charges de l'exercice (l'option de la section 7). Ils ne figurent donc pas dans cette écriture de bilan, mais dans le journal des achats.
Chez sci-ai.app, vous saisissez simplement le capital, l'immeuble, l'emprunt et les apports dans un formulaire guidé : l'écriture d'ouverture est générée et équilibrée automatiquement, et l'amortissement par composants est calculé pour l'IS. C'est inclus dans notre offre Autonomie à 229 €/an.
9. Les à-nouveaux : reprendre une SCI existante
Tout ce qui précède vaut pour une SCI neuve. Mais neuf fois sur dix, vous reprenez une comptabilité déjà entamée : nouvel exercice, changement de logiciel, reprise du dossier d'un ancien comptable. Entrent alors en scène les à-nouveaux.
Le principe ne souffre aucune exception : le bilan de clôture de l'exercice N devient le bilan d'ouverture de l'exercice N+1. Tous les soldes de bilan passent d'un exercice à l'autre par une écriture unique, l'écriture d'à-nouveau.
Ce que l'on reprend, ce que l'on ne reprend pas
- On reprend tous les comptes de bilan (classes 1 à 5) : capital, report à nouveau, emprunt, immobilisations, amortissements, comptes courants, banque, créances et dettes.
- On ne reprend pas les comptes de charges (classe 6) et de produits (classe 7). Ils sont soldés à la clôture ; leur différence forme le résultat, affecté ensuite en report à nouveau après l'assemblée générale d'approbation des comptes (obligatoire dans les six mois, art. 1856 C. civ.).
Exemple : ouverture de l'exercice N+1
Retrouvons notre SCI un an plus tard. La construction a été amortie de 7 083 € (212 500 € sur 30 ans en moyenne), l'emprunt remboursé de 6 000 € en capital — il en reste 214 000 € —, la banque affiche 14 000 €, et le premier exercice se solde par une perte de 7 083 € (l'amortissement, unique charge de cet exercice simplifié, pèse en totalité sur le résultat). L'écriture d'à-nouveau reproduit ce bilan de clôture :
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 211 | Terrain | 37 500 | — |
| 213 | Construction | 212 500 | — |
| 512 | Banque | 14 000 | — |
| 119 | Report à nouveau (perte) | 7 083 | — |
| 101 | Capital social | — | 1 500 |
| 4551 | Compte courant associé | — | 48 500 |
| 2813 | Amortissements des constructions | — | 7 083 |
| 164 | Emprunt bancaire | — | 214 000 |
| TOTAL | 271 083 | 271 083 | |
La perte antérieure se loge au débit du compte 119 « Report à nouveau (solde débiteur) » : elle ampute les capitaux propres et viendra s'imputer sur les bénéfices futurs. Ici encore, l'écriture tombe à l'équilibre.
Cas particulier — aucune comptabilité depuis la création : si votre SCI n'a jamais tenu de comptes, vous devez reconstruire le bilan d'ouverture d'origine puis dérouler tous les à-nouveaux jusqu'à aujourd'hui. C'est un chantier spécifique que nous traitons dans notre guide du rattrapage comptable.
10. Le contrôle final : actif = passif
Voici le contrôle qui valide tout le reste. Un bilan d'ouverture faux contamine l'intégralité des exercices qui suivent. Trois vérifications, simples, suffisent.
| Contrôle | Comment le mener |
|---|---|
| Équilibre débit / crédit | Total des débits = total des crédits sur l'écriture d'ouverture. Écart nul obligatoire. |
| Actif = passif | Somme des postes d'actif (net d'amortissements) = somme des postes de passif. |
| Cohérence avec les pièces | Solde banque = relevé au jour J ; capital = statuts ; emprunt = tableau d'amortissement bancaire. |
Sous le capot, certains logiciels matérialisent l'ouverture par les comptes spéciaux de la classe 8 : 890 « Bilan d'ouverture » et 891 « Bilan de clôture ». Ils jouent le rôle de contrepartie temporaire, le temps d'équilibrer l'écriture de reprise, puis se soldent l'un l'autre. Rien à manipuler à la main, mais vous les croiserez peut-être au détour d'un grand livre.
Écart non nul ? Passez ces quatre pistes en revue, dans l'ordre : un compte courant oublié, une ventilation terrain/construction qui ne recompose pas le prix payé, un emprunt saisi à son montant initial plutôt qu'à son capital restant dû, un amortissement placé du mauvais côté. À elles seules, elles expliquent l'immense majorité des déséquilibres.
Un bilan d'ouverture équilibré, sans effort
sci-ai.app construit votre écriture d'ouverture, calcule l'amortissement par composants et refuse toute saisie déséquilibrée. Vous partez sur des bases justes dès la première année.
11. Les erreurs fréquentes au démarrage
Erreur 1 : comptabiliser l'immeuble en un seul bloc
Balancer les 250 000 € directement au compte 213 sans isoler le terrain fausse tout l'amortissement : vous amortissez une fraction de terrain qui ne devrait jamais l'être. En contrôle IS, le redressement frappe l'amortissement excédentaire de chaque exercice. Ventilez toujours terrain (211) et construction (213).
Erreur 2 : confondre capital et compte courant
Loger un apport de trésorerie en capital (101) quand l'associé compte bien le récupérer, c'est renoncer à un remboursement souple : sortir du capital passe par une réduction de capital en bonne et due forme. À l'inverse, gonfler les comptes courants sans convention en fragilise le remboursement. La question se tranche dès le bilan d'ouverture.
Erreur 3 : saisir l'emprunt pour son montant initial
Le compte 164 doit afficher le capital restant dû à la date d'ouverture, pas le montant emprunté à l'origine. Sur une reprise, reportez le solde du tableau d'amortissement bancaire au jour J, faute de quoi le passif est surévalué et le bilan refuse de s'équilibrer.
Erreur 4 : oublier les à-nouveaux d'amortissement
Sur une reprise, on pense au terrain, à la construction, à l'emprunt — et on oublie le compte 2813 « Amortissements ». La valeur nette de l'immeuble en ressort faussée, le cumul d'amortissement repart de zéro. Reprenez systématiquement les amortissements des exercices passés.
Erreur 5 : intégrer les intérêts d'emprunt au bilan
Intérêts, assurance et frais de dossier ne sont pas du capital emprunté : ce sont des charges. Les glisser dans le compte 164 gonfle la dette et déséquilibre le bilan. Seul le capital du prêt a sa place au bilan d'ouverture.
12. FAQ — Bilan d'ouverture d'une SCI
Le bilan d'ouverture est-il obligatoire pour une SCI à l'IR ?
Non. À l'IR, l'article 1856 du Code civil demande seulement au gérant de rendre compte de sa gestion, et une comptabilité de trésorerie fait l'affaire. Mais dès qu'un emprunt, des comptes courants ou un projet de revente s'en mêlent, un vrai bilan d'ouverture s'impose. À l'IS, il est carrément obligatoire (art. L123-12 du Code de commerce).
Comment ventiler le prix d'un immeuble entre terrain et construction ?
Le terrain (compte 211) n'est pas amortissable, la construction (compte 213) l'est : d'où la nécessité de séparer les deux. À défaut de valeur cadastrale ou d'expertise, la pratique retient une quote-part de terrain souvent comprise entre 10 % et 20 % du prix global, à justifier (base de l'amortissement : BOFiP BOI-BIC-AMT-10-30-30-10). Une ventilation forfaitaire non documentée reste un point de contrôle classique.
Que sont exactement les à-nouveaux ?
C'est l'écriture par laquelle on reprend, au premier jour d'un exercice, tous les soldes de bilan de la clôture précédente : immobilisations, amortissements, emprunt, capital, comptes courants, banque, report à nouveau. Seuls les comptes de bilan (classes 1 à 5) passent d'un exercice à l'autre ; les charges et les produits (classes 6 et 7) repartent de zéro.
Les frais de notaire entrent-ils dans le bilan d'ouverture ?
Au choix. Les frais d'acquisition (droits de mutation, émoluments du notaire) s'incorporent au coût de l'immeuble (art. 38 quinquies de l'annexe III au CGI) ou se passent en charges de l'exercice (BOFiP BOI-BIC-CHG-20-20-10). À l'IS, les passer en charges dès l'année 1 génère souvent un déficit reportable qui allège l'impôt des exercices suivants.
Comment vérifier que mon bilan d'ouverture est juste ?
Vérifiez trois choses : total des débits = total des crédits, actif net = passif, et chaque solde adossé à une pièce (relevé bancaire pour la banque, statuts pour le capital, tableau d'amortissement pour l'emprunt). Un écart non nul trahit presque toujours un compte courant oublié, une ventilation incomplète ou un emprunt saisi à son montant initial.
Que faire si ma SCI n'a jamais tenu de comptabilité ?
Il faut reconstituer le bilan d'ouverture d'origine (constitution, achat, emprunt, apports), puis dérouler les à-nouveaux exercice après exercice jusqu'à aujourd'hui. C'est un rattrapage comptable : la prescription fiscale vise en général les trois derniers exercices, mais les à-nouveaux obligent à remonter à l'origine. Voir notre guide du rattrapage comptable.
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil personnalisé et ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel. Les règles et chiffres cités sont à jour des textes en vigueur au 7 juillet 2026 (Code civil, Code de commerce, CGI, BOFiP, PCG). La comptabilité de votre SCI dépend de votre situation précise : pour un cas particulier, faites-vous accompagner.
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