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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Cession de parts de SCI 2026 Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Guide SCI Familiale 2026 SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Le guichet unique INPI Statuts SCI : rédiger des statuts solides Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

Bail dérogatoire en SCI : louer sans s'engager sur 9 ans (2026)

Le bail dérogatoire est la porte de sortie du 3-6-9. Trois ans maximum, pas de droit au renouvellement, pas d'indemnité d'éviction, pas de plafonnement du loyer : votre SCI teste un locataire, occupe un local en attendant une vente ou des travaux, accompagne un créateur d'entreprise, et récupère son bien au terme sans discussion. Sur le papier, c'est l'outil le plus souple du code de commerce.

C'est aussi le contrat qui se retourne le plus vite contre son auteur. Un preneur laissé en place quelques semaines de trop, deux quittances émises par réflexe au début du mois suivant l'échéance, et la SCI se réveille avec un bail commercial de neuf ans qu'elle n'a jamais signé — au loyer de départ, souvent volontairement bas parce que le locataire démarrait. Le mécanisme est écrit noir sur blanc à l'alinéa 3 de l'article L. 145-5 du code de commerce, il joue sans juge et sans signature, et il ne se répare pas.

Ce guide traite d'un seul régime : celui de l'article L. 145-5 du code de commerce, vu du côté de la SCI bailleresse. Le statut des baux commerciaux lui-même — durée de neuf ans, révision, déplafonnement, congé, indemnité d'éviction — fait l'objet de notre guide SCI et bail commercial, vers lequel nous renvoyons systématiquement. Ici, on parle de la dérogation, de sa durée, de son formalisme, de sa fiscalité, et surtout de la sortie.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (code de commerce, code civil, CGI, BOFiP, jurisprudence de la Cour de cassation). Mis à jour le 3 août 2026. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé.

À retenir en 30 secondes

  • Trois ans, cumulés. L'article L. 145-5 plafonne à trois ans la durée totale du bail ou des baux successifs, décomptée depuis l'entrée dans les lieux du preneur — pas depuis la signature.
  • Un mois, pas un jour de plus. Si à l'expiration, et au plus tard à l'issue d'un délai d'un mois à compter de l'échéance, le preneur reste et est laissé en possession, un bail soumis au statut se forme automatiquement. Neuf ans.
  • La dérogation se décide à l'entrée. On ne transforme jamais un bail commercial en cours en bail dérogatoire : l'alinéa 1 exige que la dérogation soit convenue « lors de l'entrée dans les lieux du preneur ».
  • L'état des lieux reste obligatoire. Il figure dans l'article L. 145-5 lui-même, à l'entrée comme à la sortie, et n'est donc pas emporté par la dérogation au statut.
  • L'occupation précaire ne se choisit pas. L'article L. 145-5-1 exige des « circonstances particulières indépendantes de la seule volonté des parties ». Sans cause objective, la convention est requalifiée.

Références mobilisées dans ce guide

Code de commerce : art. L. 145-1 (champ du statut), L. 145-2 (extensions), L. 145-4 (durée de neuf ans et faculté triennale), L. 145-5 (bail dérogatoire, trois ans, requalification, état des lieux), L. 145-5-1 (convention d'occupation précaire), L. 145-9 (congé), L. 145-14 (indemnité d'éviction), L. 145-33 et L. 145-34 (valeur locative, plafonnement), L. 145-38 (révision triennale), L. 145-40 (intérêts sur dépôt de garantie), L. 145-40-1 (état des lieux en bail commercial), L. 145-40-2 et R. 145-35 à R. 145-37 (inventaire des charges), L. 145-41 (clause résolutoire), L. 145-46-1 (droit de préférence), L. 145-47 et suivants (despécialisation), L. 145-60 (prescription biennale)
Code civil : art. 1103 et 1104 (force obligatoire et bonne foi), 1709 et suivants (louage de choses), 1719 (obligations du bailleur), 1728 (obligations du preneur), 1731 (présomption de bon état à défaut d'état des lieux), 1737 (fin du bail à durée déterminée), 1741, 1743 (vente et bail en cours)
CGI : art. 14 (revenus fonciers), 29 (recettes brutes), 31 (charges déductibles), 206, 2 (SCI commerciale de plein droit à l'IS), 260, 2° (option TVA locaux nus professionnels), 261 D 2° (exonération de TVA, hors emplacements de stationnement), 234 nonies, 234 duodecies et 234 terdecies (CRL : taux, redevables), 1447, I (champ de la CFE et seuil de 100 000 € de recettes brutes hors taxes), 1467 A (période de référence), art. 193, 194 et 207 de l'annexe II (option TVA, prise d'effet et dénonciation, régularisation par vingtièmes). Depuis le 1er septembre 2026, les dispositions de TVA sont reprises au livre II du code des impositions sur les biens et services (CIBS) : recodification à droit constant opérée par l'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025
Autres codes : art. L. 112-1 et L. 112-2 du code monétaire et financier (clauses d'indexation), art. L. 631-7 du code de la construction et de l'habitation (changement d'usage), art. 57 A de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 (bail professionnel ; son dernier alinéa renvoie au 7° du I de l'article L. 145-2 du code de commerce pour l'option en faveur du statut)
Lois et décrets : loi Pinel n° 2014-626 du 18 juin 2014 (art. 3 : durée de trois ans, délai d'un mois, état des lieux ; art. 4 : création de l'art. L. 145-5-1 ; art. 21 : application aux contrats conclus ou renouvelés à compter du 1er septembre 2014), décret n° 2014-1317 du 3 novembre 2014 (charges des baux commerciaux)
Jurisprudence et doctrine : Cass. 3e civ., 25 mai 2023, n° 21-23.007, publié au bulletin (la demande tendant à faire constater le bail statutaire né du maintien en possession n'est soumise à aucune prescription) ; Cass. 3e civ., 19 juin 2025, n° 24-22.125 (refus de renvoi de la QPC dirigée contre cette solution) ; CE, 9 septembre 2020, n° 439143 (option TVA exerçable local par local) ; BOI-IF-CFE-10-20-30 (location d'immeubles nus et CFE) ; BOI-RFPI-CTRL-20-10 (champ de la CRL) ; BOI-TVA-CHAMP-50-10 (option pour la TVA sur les locations nues) ; BOI-IS-CHAMP-10-30 § 320 (tolérance de 10 % de recettes commerciales)

1. Ce qu'est vraiment un bail dérogatoire (art. L. 145-5)

Tout le régime tient dans une phrase. Une seule. Et la quasi-totalité des dossiers qui finissent mal viennent d'une lecture trop rapide de ces trois lignes.

Le texte

« Les parties peuvent, lors de l'entrée dans les lieux du preneur, déroger aux dispositions du présent chapitre à la condition que la durée totale du bail ou des baux successifs ne soit pas supérieure à trois ans. »

Article L. 145-5, alinéa 1, du code de commerce (version en vigueur depuis le 20 juin 2014)

Relisez-la en marquant les trois temps. « Lors de l'entrée dans les lieux » : un moment précis, et un seul. « Déroger aux dispositions du présent chapitre » : un bloc entier, pas quelques articles choisis. « La durée totale du bail ou des baux successifs » : un compteur qui additionne. Chacun de ces trois membres de phrase a déjà coûté un local à un bailleur.

Une dérogation, pas un contrat autonome

Le bail dérogatoire n'est pas un type de bail à part entière, avec son régime propre. C'est un bail de droit commun, soumis aux articles 1709 et suivants du code civil, dont les parties ont convenu qu'il échapperait au chapitre V du titre IV du livre Ier du code de commerce — c'est-à-dire aux articles L. 145-1 à L. 145-60, le « statut ». Vous ne dérogez pas à quelques articles : vous dérogez au bloc.

Voilà ce que votre SCI laisse de côté en signant un dérogatoire plutôt qu'un 3-6-9. La liste est longue, et elle explique à elle seule l'attrait du contrat.

Règle du statut écartée Texte Ce que gagne la SCI
Durée minimale de neuf ansL. 145-4Une durée libre, de quelques mois à trois ans
Faculté triennale du preneurL. 145-4Le preneur est tenu jusqu'au terme convenu
Droit au renouvellementL. 145-8 et s.Le local revient libre au terme
Indemnité d'évictionL. 145-14Aucune indemnité due à la sortie
Plafonnement du loyer renouveléL. 145-33, L. 145-34Le loyer se renégocie librement au terme
Révision triennale légaleL. 145-38Indexation purement contractuelle
Inventaire limitatif des chargesL. 145-40-2, R. 145-35 à R. 145-37Répartition des charges libre, si elle est écrite
Formalisme du congéL. 145-9Fin de plein droit au terme, sans congé
DespécialisationL. 145-47 à L. 145-55La destination contractuelle s'impose sans procédure d'extension
Droit de préférence en cas de venteL. 145-46-1Vente du local sans purge du droit de préférence

La contrepartie, rarement dite : ce que la SCI gagne en souplesse, elle le paie en niveau de loyer et en qualité de locataire. Un preneur qui sait qu'il devra partir dans deux ans n'investit pas dans l'aménagement, ne construit pas de clientèle attachée au lieu, et obtient plus difficilement un financement bancaire — un bail dérogatoire ne constitue pas un droit au bail cessible. Attendez-vous à un loyer inférieur de 10 à 20 % à celui d'un 3-6-9 comparable, et à un turnover plus élevé. Anticipez cette rotation dans votre budget : voir notre guide sur la vacance locative en SCI.

Ce qui reste applicable malgré la dérogation

Déroger au statut ne veut pas dire sortir du droit. Deux blocs restent debout — et ce sont précisément ceux qu'on oublie de traiter dans le contrat.

L'état des lieux, d'abord. L'obligation figure dans l'article L. 145-5 lui-même, aux deux derniers alinéas. Le sixième alinéa dispose que « lorsque le bail est conclu conformément au premier alinéa, un état des lieux est établi lors de la prise de possession des locaux par un locataire et lors de leur restitution, contradictoirement et amiablement par les parties ou par un tiers mandaté par elles, et joint au contrat de location ». Le septième ajoute que, si l'état des lieux ne peut être établi dans ces conditions, il est dressé par un huissier de justice — aujourd'hui commissaire de justice — sur l'initiative de la partie la plus diligente, à frais partagés par moitié entre le bailleur et le locataire. Comme cette obligation est portée par l'article qui organise la dérogation, elle n'est pas emportée par elle. Notez la formalité que tout le monde oublie : l'état des lieux doit être joint au contrat de location.

Une nuance que peu d'articles relèvent, et qui a son importance en contentieux : l'article L. 145-5 ne reprend pas la sanction expresse que l'article L. 145-40-1 attache au manquement en matière de bail commercial, à savoir l'impossibilité, pour le bailleur qui n'a pas fait toutes diligences pour la réalisation de l'état des lieux, d'invoquer la présomption de l'article 1731 du code civil. La sanction est unilatérale : la présomption de l'article 1731 ne joue qu'au bénéfice du bailleur, c'est donc lui seul qu'elle prive d'un argument. En bail dérogatoire, les conséquences d'un état des lieux manquant relèvent donc du droit commun de la preuve. Ne prenez pas ce silence pour une permission : sans état des lieux d'entrée et de sortie, aucune retenue sur le dépôt de garantie ne tiendra devant un juge.

Le droit commun du louage, ensuite. Obligation de délivrance et d'entretien du bailleur (art. 1719 du code civil), obligation d'user paisiblement de la chose et de payer le loyer pour le preneur (art. 1728), extinction du bail à durée déterminée par l'arrivée du terme sans qu'il soit besoin de congé (art. 1737), transfert du bail à l'acquéreur en cas de vente (art. 1743, sous réserve de la date certaine), bonne foi dans l'exécution (art. 1104). S'y ajoutent les règles extérieures au statut : diagnostics, réglementation du changement d'usage lorsqu'elle est en jeu (art. L. 631-7 du code de la construction et de l'habitation, voir notre guide sur le changement d'usage en SCI), obligations d'assurance.

Quand le bail dérogatoire a du sens

Ce n'est pas un contrat au rabais. C'est un outil de transition, et il ne vaut que là où la transition est réelle — c'est-à-dire là où vous savez déjà ce qui se passera au terme.

  • Tester une implantation. Un commerçant veut savoir si l'emplacement fonctionne avant de s'engager sur neuf ans. La SCI accepte deux ans pour ne pas laisser le local vide, et se garde la possibilité de renégocier ensuite au prix du marché.
  • Occuper un local en attente d'une opération. Vous avez signé un compromis de vente avec une condition suspensive de financement, ou vous préparez une restructuration lourde du bâtiment. Un bail dérogatoire de douze ou dix-huit mois évite la vacance sans compromettre l'opération. Attention toutefois : si la précarité tient à une cause objective extérieure aux parties, c'est la convention d'occupation précaire du chapitre 5 qu'il faut regarder.
  • Accompagner un créateur d'entreprise. Une jeune structure n'a ni bilan ni garantie. Un bail dérogatoire de vingt-quatre mois assorti d'une caution personnelle du dirigeant permet de la loger sans exposer la SCI à un engagement de neuf ans.
  • Loger temporairement sa propre société d'exploitation. Le schéma est fréquent quand la SCI vient d'acquérir les murs et que le bail définitif n'est pas encore arbitré. Deux lectures utiles en parallèle : détenir les murs de son entreprise en SCI et le loyer facturé par la SCI à sa propre société.

Quand il n'a pas de sens du tout

Trois situations où le réflexe « on part sur un dérogatoire » est une mauvaise idée.

Quand l'occupation a vocation à durer. Si vous savez que le locataire restera cinq ou dix ans, le bail dérogatoire ne fait que reporter le problème de trois ans — et vous fera basculer dans le statut avec, comme base de départ du loyer plafonné, le loyer de complaisance consenti au début. Signez directement un 3-6-9 et négociez le loyer au bon niveau.

Quand le local est loué à un professionnel libéral. Le statut des baux commerciaux ne s'applique pas de plein droit à un cabinet d'avocat, de kinésithérapeute ou d'expert-comptable : la relation relève en principe du bail professionnel de l'article 57 A de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986, sauf option conventionnelle pour le statut : le dernier alinéa de l'article 57 A permet aux parties d'y déroger « dans les conditions fixées au 7° du I de l'article L. 145-2 du code de commerce ». Déroger à un statut qui ne s'applique pas, c'est signer un contrat pour rien. Le sujet a son guide : SCI et profession libérale.

Quand vous louez un emplacement de stationnement isolé ou un local sans exploitation de fonds. Le statut suppose l'exploitation d'un fonds de commerce, artisanal ou industriel dans les lieux (art. L. 145-1). Un box loué seul, un terrain nu, un local de stockage sans clientèle attachée n'y entrent pas : le bail relève du droit commun, sans qu'il soit besoin de « déroger » à quoi que ce soit. J'y consacre deux guides dédiés : parkings et box en SCI et le local d'activité en SCI.

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2. Durée du bail dérogatoire : trois ans maximum, et comment on les compte

La durée est la seule condition chiffrée de l'article L. 145-5, et c'est celle sur laquelle les gérants se trompent le plus souvent — non pas sur le chiffre, que tout le monde connaît, mais sur la manière de le compter.

Trois ans depuis la loi Pinel, deux ans avant

La durée maximale a été portée de deux à trois ans par l'article 3 de la loi n° 2014-626 du 18 juin 2014, dite loi Pinel, relative à l'artisanat, au commerce et aux très petites entreprises. L'article 21 de la même loi précise l'application dans le temps : cette disposition s'applique aux contrats conclus ou renouvelés à compter du premier jour du troisième mois suivant la promulgation, soit le 1er septembre 2014.

En 2026, la question ne se pose plus pour un bail en cours de négociation. Elle peut encore se poser dans un dossier de contentieux ancien, ou lorsqu'une SCI reprend un portefeuille de baux hérité — d'où l'intérêt de vérifier la date d'entrée dans les lieux avant d'appliquer le plafond de trois ans à un contrat antérieur.

Une durée totale, pas une durée par contrat

Le texte vise « la durée totale du bail ou des baux successifs ». Le plafond est donc cumulatif. Un bail de douze mois, puis un deuxième de douze mois, puis un troisième de douze mois : vous êtes exactement à la limite, et le suivant est interdit. Un bail de dix-huit mois suivi d'un bail de vingt-quatre mois fait quarante-deux mois : le second bail excède le plafond, et le glissement dans le statut se produit à la date à laquelle les trois ans sont dépassés.

Trois façons de compter, une seule est la bonne

Le point de départ : l'entrée dans les lieux

L'alinéa 1 vise la dérogation convenue « lors de l'entrée dans les lieux du preneur ». C'est donc la prise de possession effective qui ouvre le compteur, et non la date de signature de l'acte. Si vous signez le 15 janvier pour une entrée au 1er mars, les trois ans courent depuis le 1er mars. Rédigez toujours une clause qui fixe expressément la date de prise de possession, et faites-la coïncider avec l'état des lieux d'entrée.

Ce qui se cumule : les baux successifs entre les mêmes parties

Une prolongation, un avenant de prorogation, un « nouveau » bail signé le lendemain du terme : peu importe l'habillage, l'occupation continue s'additionne. Le juge regarde la réalité de l'occupation, pas l'intitulé des documents. Tenez un tableau de suivi daté, avec la durée consommée et la durée restante — c'est le premier réflexe de gestion.

Ce qui ne se cumule pas, avec prudence

L'alinéa 2 interdit, à l'expiration des trois ans, de conclure un nouveau bail dérogatoire « pour exploiter le même fonds dans les mêmes locaux ». La prohibition vise donc un couple : le fonds et les locaux. Un preneur différent, exploitant un fonds différent, peut en principe bénéficier d'un nouveau bail dérogatoire dans le même local. En revanche, l'idée de « laisser passer quelques mois » pour repartir à zéro avec le même preneur est fragile — et l'alinéa 4 traite précisément le nouveau bail conclu entre les mêmes parties pour le même local comme un basculement dans le statut. Ne construisez rien sur cette hypothèse sans validation.

L'exception de la location saisonnière

L'alinéa 5 de l'article L. 145-5 écarte l'application des deux alinéas précédents — c'est-à-dire le mécanisme de requalification — « s'il s'agit d'une location à caractère saisonnier ». Une SCI qui loue un local de plage, un chalet commercial de station ou un emplacement de marché saisonnier n'entre pas dans la mécanique du glissement automatique, à condition que le caractère saisonnier soit réel : fermeture effective du local hors saison, remise des clés, absence d'occupation continue. Une « saison » qui dure douze mois n'est pas une saison.

Et si on dépasse ?

Il n'y a pas de nullité, pas d'amende, pas de sanction administrative. La sanction est directement contractuelle et bien plus lourde : le statut s'applique. Le bail conclu au-delà des trois ans, ou l'occupation qui se poursuit au-delà, produit un bail soumis au chapitre V, avec sa durée de neuf ans et l'ensemble de ses protections au profit du preneur. C'est l'objet du chapitre suivant.


3. La requalification en bail commercial : le mécanisme qui coûte le plus cher

C'est ici que le bail dérogatoire se retourne contre son auteur. Le texte est court, il ne prévoit aucune formalité, et il joue tout seul.

Le texte

« Si, à l'expiration de cette durée, et au plus tard à l'issue d'un délai d'un mois à compter de l'échéance le preneur reste et est laissé en possession, il s'opère un nouveau bail dont l'effet est réglé par les dispositions du présent chapitre. »

« Il en est de même, à l'expiration de cette durée, en cas de renouvellement exprès du bail ou de conclusion, entre les mêmes parties, d'un nouveau bail pour le même local. »

Article L. 145-5, alinéas 3 et 4, du code de commerce

Deux conditions, cumulatives, et une seule dépend de vous

Le glissement suppose que le preneur reste et qu'il soit laissé en possession. La première condition est un fait matériel : il est encore là, il a les clés, il exploite. Vous ne la maîtrisez pas. La seconde est une abstention : vous ne vous êtes pas opposé à sa présence. Celle-là, vous la maîtrisez entièrement — et c'est la seule chose qui vous sépare d'un bail de neuf ans.

La loi Pinel a ajouté en 2014 la précision du délai : « au plus tard à l'issue d'un délai d'un mois à compter de l'échéance ». Avant cette réforme, le bailleur devait s'opposer immédiatement, ce qui alimentait un contentieux considérable sur le point de savoir à partir de quand la tolérance devenait acceptation. Le texte offre désormais une fenêtre claire, mais elle est courte : un mois, calendaire, à compter du terme. Passé ce délai, si le preneur est encore là et que rien n'a été fait, le bail statutaire est né.

Comment s'opposer, concrètement

Le code n'impose aucune forme, ce qui est un piège : l'absence de formalisme ne veut pas dire absence de preuve. C'est au bailleur de démontrer qu'il ne l'a pas « laissé en possession ». Ce qui fonctionne, par ordre croissant de solidité :

  • Une lettre recommandée avec avis de réception envoyée avant le terme, rappelant la date d'échéance, l'absence de toute reconduction et la nécessité de restituer les lieux, avec proposition de date pour l'état des lieux de sortie.
  • Une mise en demeure délivrée par commissaire de justice dans les jours qui suivent le terme, sommant le preneur de libérer les lieux. C'est la pièce qui, dans un dossier contentieux, fait la différence : date certaine, contenu incontestable, signification à personne.
  • Une assignation en référé aux fins de constat de l'occupation sans droit ni titre et d'expulsion, engagée dans le mois. C'est la seule démarche qui rend l'opposition indiscutable.

Ce qui vous trahit : encaisser un loyer après le terme et, pire encore, émettre une quittance libellée au titre du mois suivant. Ce n'est pas, en soi, une acceptation irréfragable — un bailleur qui a déjà mis en demeure peut encaisser une indemnité d'occupation sans renoncer à son opposition, à condition de le dire par écrit et de la qualifier comme telle. Mais dans la pratique des dossiers, c'est l'élément qui emporte la conviction du juge. Si le preneur paie après le terme, encaissez sous la qualification expresse d'« indemnité d'occupation », par courrier, et n'émettez pas de quittance de loyer.

Ce que devient le bail après le glissement

Le nouveau bail est un bail commercial de plein exercice. Il prend effet au lendemain de l'expiration du bail dérogatoire, pour une durée qui ne peut être inférieure à neuf ans (art. L. 145-4). Les conséquences pour la SCI :

Avant le glissement Après le glissement
Le local revient libre au termeEngagement de neuf ans minimum
Loyer renégociable librementLoyer du dérogatoire devenu base plafonnée
Aucune indemnité de sortieIndemnité d'éviction en cas de refus de renouvellement (L. 145-14)
Charges réparties librementInventaire limitatif L. 145-40-2 et R. 145-35 applicable
Vente du local sans contrainteDroit de préférence du locataire (L. 145-46-1)
Le preneur est tenu jusqu'au termeFaculté de résiliation triennale au profit du preneur
Local vendable libre d'occupationLocal vendu occupé, avec la décote correspondante

Le point le plus douloureux n'est pas dans ce tableau : c'est que le loyer de départ devient la référence. Or un bail dérogatoire est très souvent consenti à un loyer d'accompagnement, inférieur au marché parce que le preneur démarre. Ce loyer de faveur, pensé pour vingt-quatre mois, devient la base plafonnée pour les neuf années suivantes, avec pour seule évolution l'indexation. Sur la révision du loyer, les marges de manœuvre du bailleur deviennent alors celles, étroites, du statut.

Peut-on encore contester des années plus tard ?

Beaucoup de bailleurs se rassurent en se disant que le temps finit par tout effacer. Sur ce point précis, il n'efface rien. La question est montée jusqu'à la Cour de cassation, parce que le statut enferme la plupart des actions dans la prescription biennale de l'article L. 145-60. Par un arrêt du 25 mai 2023 (3e chambre civile, n° 21-23.007, publié au bulletin), la Cour a jugé que la demande tendant à faire constater l'existence du bail statutaire né du maintien en possession à l'issue d'un bail dérogatoire, qui résulte du seul effet de l'article L. 145-5, n'est soumise à aucune prescription. Le même contentieux est revenu devant elle sous la forme d'une question prioritaire de constitutionnalité : par une décision du 19 juin 2025 (3e chambre civile, n° 24-22.125), la Cour a refusé de la renvoyer au Conseil constitutionnel, jugeant que cette absence de prescription ne porte atteinte ni au droit de propriété, ni au principe d'égalité, ni à la sécurité juridique. La solution est donc solidement installée : le preneur peut faire constater son bail statutaire longtemps après, et le bailleur ne peut pas compter sur l'écoulement du temps pour effacer un glissement ancien.

Une distinction, en revanche, mérite d'être gardée en tête : l'arrêt de 2023 sépare cette action en constatation du bail statutaire né du maintien en possession, imprescriptible, de l'action en requalification d'une convention dérogatoire en bail commercial, qui reste enfermée dans la prescription biennale de l'article L. 145-60 — laquelle court, en cas de succession de conventions distinctes, à compter de la conclusion de celle dont la requalification est demandée.

Retenez la conséquence pratique : la sortie se documente au moment où elle se joue, pas cinq ans après quand un preneur vous écrit qu'il se considère titulaire d'un bail commercial depuis 2021. Gardez l'état des lieux de sortie, l'avis de réception, l'acte du commissaire de justice — indéfiniment, pas trois ans. Sur ce que doit conserver une SCI et pendant combien de temps, notre guide comptabilité SCI fait le tour.


4. Cas chiffré : ce que trois semaines d'inattention coûtent à une SCI

Le montage est banal, l'erreur aussi. Les chiffres sont volontairement modestes : ce n'est pas un dossier d'exception, c'est le dossier courant.

Le dossier

SCI Le Cormier — deux associés, un local commercial de 95 m² en périphérie d'Angers

Le bien : local commercial acquis 285 000 € en 2021, détenu par une SCI à l'impôt sur le revenu, deux associés à parts égales.

Le locataire : un traiteur qui crée son activité. Pas de bilan, pas de garantie bancaire. La SCI accepte un bail dérogatoire de vingt-quatre mois pour ne pas laisser le local vide.

Le bail : signé le 12 février 2024, entrée dans les lieux et état des lieux le 1er mars 2024, terme au 28 février 2026. Loyer 1 450 € par mois, soit 17 400 € par an — le marché est à 1 750 €, mais le gérant consent un loyer de démarrage. Taxe foncière (1 900 €) et assurance (500 €) refacturées au preneur par clause expresse.

Le projet : vendre le local libre au printemps 2026. Estimation en vente libre : 310 000 €.

Ce qui s'est passé

Le traiteur marche bien. En janvier 2026, il demande oralement à rester. Le gérant, occupé, répond « on en reparle ». Le 1er mars 2026, le preneur est toujours là, il verse son loyer par virement, la SCI l'encaisse et émet la quittance habituelle. Le 1er avril, même chose. Le 8 avril, le gérant se décide à écrire pour demander la restitution des lieux.

Il est trop tard. Le délai d'un mois de l'alinéa 3 a expiré le 28 mars 2026. Le preneur est resté et a été laissé en possession : un bail commercial de neuf ans a pris effet le 1er mars 2026, au loyer de 1 450 €.

La facture

Poste Calcul Montant
Scénario A — la SCI vend : décote sur le prixVente libre 310 000 € ; vente occupée valorisée par capitalisation du loyer annuel (17 400 € ÷ 6,8 % de rendement attendu) = 256 000 €− 54 000 €
Scénario B — la SCI conserve : manque à gagner sur le loyerÉcart au marché (1 750 − 1 450) × 12 = 3 600 €/an sur 9 ans, hors indexation. Une fois dans le statut, cet écart ne peut être résorbé que dans les limites étroites de la révision triennale plafonnée de l'article L. 145-38− 32 400 € nominaux
Perte de la refacturation élargie des chargesAprès requalification, l'inventaire limitatif de l'article R. 145-35 s'applique : les travaux de l'article 606 du code civil que le bail dérogatoire pouvait mettre à la charge du preneur reviennent définitivement au bailleurnon chiffré ici
Indemnité d'éviction si la SCI veut reprendre le localÉvaluation d'expert au cas par cas (art. L. 145-14) : valeur du fonds ou valeur du droit au bail, frais de déménagement et de remploi. Aucun barème ne s'appliquenon chiffrable a priori
Frais de conseil et de contentieuxAvocat en baux commerciaux, commissaire de justice, éventuelle expertise− 4 000 à 12 000 €

Ne cumulez pas les deux premières lignes. Les scénarios A et B s'excluent : si la SCI vend, elle subit la décote mais n'encaisse plus de loyer — le manque à gagner est alors supporté par l'acquéreur, et c'est précisément pour cela qu'il paie 256 000 € au lieu de 310 000 €. Si la SCI conserve, elle subit l'écart de loyer année après année, mais aucune décote n'est cristallisée. Le coût du glissement, c'est 54 000 € en cas de vente ou 32 400 € nominaux sur neuf ans en cas de conservation, pas la somme des deux.

Le taux de capitalisation de 6,8 % est une hypothèse de travail pour un actif commercial de périphérie ; il varie fortement selon l'emplacement, la qualité du preneur et la durée du bail restant à courir. Il est ici calé sur les autres hypothèses du dossier : au loyer de marché, 21 000 € ÷ 6,8 % ≈ 309 000 €, soit la valeur en vente libre — ce qui est cohérent, un local vendu occupé au prix du marché ne valant pas plus qu'un local vendu libre. Le raisonnement, lui, ne varie pas : un local occupé sous bail statutaire à un loyer sous-évalué vaut moins qu'un local libre.

Ce qu'il aurait fallu faire, et quand

Le scénario qui coûte 0 €

30 novembre 2025 (J-90) — Lettre recommandée avec avis de réception rappelant le terme du 28 février 2026, l'absence de toute reconduction, et proposant une date pour l'état des lieux de sortie.
29 janvier 2026 (J-30) — Relance écrite, confirmation de la date de l'état des lieux de sortie, rappel des modalités de restitution des clés.
20 février 2026 (J-8) — Confirmation du rendez-vous, inventaire des clés et badges, rappel de la remise en état contractuelle.
28 février 2026 (terme) — État des lieux de sortie contradictoire, remise des clés, procès-verbal signé. Solde du dépôt de garantie sous trente jours.
2 mars 2026 (si le preneur est encore là) — Mise en demeure de libérer les lieux délivrée par commissaire de justice, dans le mois de l'échéance. Aucune quittance de loyer émise ; toute somme reçue est qualifiée par écrit d'indemnité d'occupation.

Coût du scénario propre : deux lettres recommandées, un déplacement, et dans le pire des cas un acte de commissaire de justice. Comptez 200 à 400 €. En face, 54 000 € de décote si la SCI vend, ou 32 400 € de loyers perdus sur neuf ans si elle conserve. Je n'ai pas beaucoup d'exemples, en gestion de SCI, d'un écart aussi violent entre ce que coûte la prévention et ce que coûte la réparation — d'autant que la réparation, ici, n'existe pas : une fois le bail statutaire né, on ne revient pas en arrière.


5. La convention d'occupation précaire (art. L. 145-5-1)

L'autre porte de sortie du statut. Et la plus mal comprise : neuf gérants sur dix y voient un bail dérogatoire débarrassé de sa limite de trois ans. C'est l'inverse exact. La convention d'occupation précaire ne se choisit pas, elle se subit — c'est une qualification imposée par les circonstances, pas une case à cocher.

Le texte

« N'est pas soumise au présent chapitre la convention d'occupation précaire qui se caractérise, quelle que soit sa durée, par le fait que l'occupation des lieux n'est autorisée qu'à raison de circonstances particulières indépendantes de la seule volonté des parties. »

Article L. 145-5-1 du code de commerce, créé par l'article 4 de la loi Pinel n° 2014-626 du 18 juin 2014

Le critère : une cause objective, extérieure aux parties

Avant 2014, la convention d'occupation précaire était une construction purement jurisprudentielle. La loi Pinel l'a consacrée en la définissant par son critère, et ce critère est exigeant : l'occupation ne doit être autorisée qu'« à raison de circonstances particulières indépendantes de la seule volonté des parties ». Il faut donc une cause de précarité qui existe en dehors du contrat, que les parties subissent et ne fabriquent pas.

Causes généralement admises

  • Immeuble promis à démolition, avec permis de démolir déposé ou obtenu
  • Procédure d'expropriation engagée, déclaration d'utilité publique publiée
  • Immeuble frappé d'un arrêté de péril ou d'insalubrité en cours de traitement
  • Bien sous compromis de vente, occupation autorisée jusqu'à la réitération
  • Litige successoral ou indivision en cours de liquidation-partage, le cas échéant judiciaire (art. 815 et s. du code civil)
  • Opération d'aménagement urbain programmée avec calendrier public

Ce qui ne suffit jamais

  • Intituler le contrat « convention d'occupation précaire »
  • Écrire que les parties « entendent exclure le statut »
  • Fixer une redevance modique : c'est un indice, jamais une condition
  • Prévoir une résiliation à tout moment sans préavis
  • Une « intention de vendre un jour », sans mandat ni compromis
  • Le simple souhait du bailleur de ne pas s'engager

Pourquoi elle ne se choisit pas « pour éviter le statut »

Parce que la qualification appartient au juge, pas à vous. En droit des baux, l'intitulé d'un contrat ne lie personne : c'est l'économie réelle de la convention qui commande, et un juge qui lit « occupation précaire » en tête d'un contrat de trois ans avec loyer mensuel et clause d'indexation ne s'arrête pas au titre. Si le juge constate que la seule précarité tenait à la volonté du bailleur, il écarte la qualification d'occupation précaire — et le contrat retombe, selon les cas, sous le bail dérogatoire de l'article L. 145-5 (si la durée totale n'excède pas trois ans et si la dérogation a bien été convenue à l'entrée dans les lieux) ou directement sous le statut des baux commerciaux.

Le risque est donc symétrique à celui du chapitre précédent, mais il se réalise plus vite : une convention d'occupation précaire mal fondée peut être requalifiée dès la première année, alors que le bail dérogatoire tient au moins jusqu'à son terme.

Ce qu'il faut écrire dans une convention d'occupation précaire

  • La cause de précarité, décrite et datée, avec les pièces qui l'établissent en annexe : arrêté, permis, déclaration d'utilité publique, compromis, assignation. C'est le cœur du contrat.
  • Le lien explicite entre la cause et la fin de l'occupation : la convention prend fin lorsque la circonstance disparaît (réitération de la vente, obtention du permis, purge du recours), et non à une date arbitraire.
  • Une redevance, plutôt qu'un « loyer », et de préférence en cohérence avec la précarité de la situation — sans que la modicité soit une condition de validité.
  • Un état des lieux d'entrée et de sortie. L'article L. 145-5-1 ne l'impose pas expressément, mais s'en priver est un non-sens.
  • Une clause de restitution immédiate à la survenance de l'événement, avec un délai chiffré et un mode de notification.

La règle simple. Si vous pouvez répondre en une phrase, preuve à l'appui, à la question « quel événement extérieur à vous rend cette occupation temporaire ? », la convention d'occupation précaire est envisageable. Sinon, votre contrat est un bail dérogatoire : appelez-le par son nom, respectez les trois ans, et tenez le calendrier de sortie du chapitre 9.


6. Ce que le bail dérogatoire doit contenir

Une fois la qualification arrêtée — bail dérogatoire d'un côté, occupation précaire de l'autre —, reste à écrire le contrat. Et c'est là que le régime réserve sa dernière surprise. Aucun texte n'impose l'écrit. Aucun texte n'impose de mentions obligatoires. Et c'est précisément pour cela qu'un bail dérogatoire mal rédigé est un contrat dangereux : tout ce qui n'y figure pas relève du droit commun ou n'existe pas. Voici la trame que j'utilise, clause par clause.

Clause Ce qu'elle doit dire Pourquoi
Les partiesDénomination de la SCI, siège, SIREN, identité et qualité du signataireLe gérant doit être habilité par l'objet social et, si les statuts l'exigent, autorisé par les associés
Désignation du localAdresse, surface, références cadastrales, lots de copropriété, équipements fournisLa liste des équipements détermine si la location reste civile ou devient commerciale
Dérogation expresseVisa de l'article L. 145-5, volonté commune de déroger au statut, énoncée « lors de l'entrée dans les lieux »C'est la condition de l'alinéa 1. Sans elle, le bail est un bail commercial
DestinationActivité précise et exclusive autorisée dans les lieuxLa despécialisation des art. L. 145-47 et suivants ne s'applique pas : seule la clause protège
Durée et termeDate de prise de possession, durée en mois, date de terme en toutes lettres, mention « sans reconduction tacite »Le terme est le point de départ du délai d'un mois de l'alinéa 3
Loyer et indexationMontant, périodicité, date d'exigibilité, indice retenu (ILC ou ILAT) et date de référenceLa révision légale de L. 145-38 ne joue pas ; l'indexation doit respecter les art. L. 112-1 et L. 112-2 du CMF
Charges, impôts et taxesListe poste par poste de ce qui est refacturé, modalités d'appel et de régularisation annuelleL'inventaire limitatif de R. 145-35 ne s'applique pas, mais rien n'est dû sans clause écrite
Dépôt de garantieMontant, affectation, délai et modalités de restitution après état des lieux de sortieL'art. L. 145-40 sur les intérêts au-delà de deux termes relève du statut : la clause fait loi
État des lieuxEngagement d'établir un état des lieux d'entrée et de sortie, modalités et recours au commissaire de justiceObligation portée par l'article L. 145-5 lui-même
Travaux et entretienRépartition entre bailleur et preneur, autorisation préalable pour tout aménagement, sort des embellissements au départSans clause, le partage suit l'art. 1719 du code civil et l'accession joue en fin de bail
AssurancesObligation d'assurance du preneur, justificatif annuel, renonciation à recours réciproqueComplète l'assurance propriétaire non occupant de la SCI
Cession et sous-locationInterdiction, ou autorisation préalable écrite du bailleurLe régime protecteur du statut ne joue pas : le contrat organise tout
Clause résolutoireRésiliation de plein droit après mise en demeure restée infructueuse pendant un délai chiffréL'art. L. 145-41 ne s'applique pas : sans clause, il faut une résiliation judiciaire
GarantiesCaution personnelle du dirigeant, garantie autonome ou dépôt renforcé, avec durée et plafondC'est souvent la seule sécurité face à un preneur sans historique
Fin du bailRestitution des lieux libres de toute occupation au jour du terme, remise des clés contre décharge, absence de tout droit au maintienC'est la clause que vous produirez si le preneur conteste

Qui signe pour la SCI ?

Le gérant, dans la limite de l'objet social et des pouvoirs que lui donnent les statuts. Certaines rédactions statutaires soumettent la conclusion des baux à l'accord préalable des associés au-delà d'une certaine durée ou d'un certain loyer : vérifiez avant de signer, et formalisez la décision par un procès-verbal. Le sujet est traité en détail dans notre guide qui signe le bail dans une SCI. Pour la trame contractuelle, voir aussi notre modèle de bail pour SCI.

Faut-il enregistrer le bail ?

Ce n'est pas obligatoire. L'enregistrement auprès du service des impôts confère une date certaine, ce qui présente un intérêt réel dans deux cas : lorsque le local est en cours de vente — l'article 1743 du code civil ne protège le preneur contre l'acquéreur que si le bail a date certaine — et lorsque le montage implique des parties liées, où il est utile de pouvoir démontrer la date de conclusion sans discussion possible.


7. Bail dérogatoire : fiscalité et comptabilité de la SCI bailleresse

Évacuons tout de suite une inquiétude qui revient souvent en rendez-vous : la durée du bail n'a aucune incidence sur le régime fiscal de la SCI. Deux ans ou neuf ans, le traitement est le même. Ce qui décide, c'est la nature de ce que vous louez — nu ou équipé — et votre régime d'imposition. Le bail dérogatoire ne protège de rien et n'aggrave rien.

Quatre sujets méritent en revanche d'être posés proprement avant de signer, parce qu'ils se décident à la signature et qu'ils survivent parfois au bail de plusieurs années : la nature des loyers, le dépôt de garantie, l'option TVA et la refacturation des charges.

La nature des loyers

SCI à l'impôt sur le revenu, local loué nu. Les loyers sont des revenus fonciers au sens de l'article 14 du CGI. La SCI dépose une déclaration 2072 et chaque associé reporte sa quote-part. Les charges déductibles sont celles, limitatives, de l'article 31 du CGI. Un déficit peut naître et suivre le régime du déficit foncier.

SCI à l'impôt sur le revenu, local loué équipé. Si la SCI fournit le matériel d'exploitation — cuisine professionnelle, chambre froide, agencement de commerce, mobilier —, la location cesse d'être civile. L'article 206, 2 du CGI soumet alors la société à l'impôt sur les sociétés de plein droit, sous réserve de la tolérance administrative selon laquelle les recettes commerciales accessoires n'excédant pas 10 % des recettes totales hors taxes ne déclenchent pas la bascule — seuil apprécié de façon lissée, l'administration admettant de ne pas tirer les conséquences d'un dépassement non répété sur une période de quatre ans (BOI-IS-CHAMP-10-30 § 320). Le passage à l'IS est structurant, mais ne confondez pas les deux voies qui y mènent : s'il résulte d'une option de l'article 239 du CGI, il peut être abandonné par renonciation jusqu'au cinquième exercice suivant celui de l'option, et devient irrévocable ensuite (art. 239, 1, al. 3 et 4) ; s'il résulte de l'assujettissement de plein droit de l'article 206, 2 du fait de la location équipée, aucun verrou de cinq exercices ne joue — la société redevient imposable à l'IR lorsqu'elle cesse l'activité commerciale, mais au prix des conséquences d'une cessation d'entreprise (art. 221, 2, avec l'atténuation de l'art. 221 bis). Les enjeux sont détaillés dans SCI à l'IR ou à l'IS et passer une SCI de l'IR à l'IS. Un conseil très concret : relisez ligne à ligne l'annexe « équipements fournis » de votre bail avant de la signer. Une chambre froide et un piano de cuisson listés au contrat, et le régime fiscal de votre SCI change — pas le contrat, le régime fiscal.

SCI à l'impôt sur les sociétés. Les loyers sont des produits d'exploitation, comptabilisés en engagement. Deux conséquences pratiques quand un bail dérogatoire se termine en cours d'exercice : le loyer perçu d'avance au titre de la période postérieure à la clôture se neutralise en produits constatés d'avance (compte 487), et le loyer couru non encore facturé se rattache à l'exercice (compte 418). Les schémas d'écritures sont ici : les écritures de loyers en SCI et le plan comptable SCI.

Le dépôt de garantie n'est pas un produit

Je la retrouve dans presque toutes les comptabilités de SCI tenues sur tableur : le dépôt encaissé, passé en produit avec le loyer du premier mois. C'est faux. Le dépôt de garantie est une dette de la SCI envers le preneur : il s'enregistre au passif, en dépôts et cautionnements reçus (compte 165), et il n'apparaît au compte de résultat que le jour où il est acquis à la SCI, c'est-à-dire lorsqu'il est retenu en compensation d'un impayé ou de dégradations constatées à l'état des lieux de sortie. Le détail est dans notre guide écritures du dépôt de garantie.

TVA : l'engagement dure plus longtemps que le bail

La location d'un local nu est en principe exonérée de TVA (art. 261 D du CGI). Pour un local nu à usage professionnel, la SCI peut opter pour l'assujettissement sur le fondement de l'article 260, 2° du CGI — ce qui lui ouvre la déduction de la TVA sur l'acquisition et les travaux. C'est souvent l'arbitrage décisif d'un dossier de local commercial. Mais le calendrier de l'option ne se cale pas sur celui du bail :

  • L'option prend effet le premier jour du mois au cours duquel elle est formulée auprès du service des impôts (art. 194 de l'annexe II au CGI). Elle n'est jamais rétroactive.
  • Elle s'exerce distinctement par immeuble ou ensemble d'immeubles donné en location selon la lettre de l'article 193 de l'annexe II au CGI, et elle est possible même lorsque l'immeuble n'est pas encore achevé. Nuance décisive pour une SCI multi-locaux : le Conseil d'État a jugé, sur le fondement de la directive TVA, que l'option peut être exercée local par local, et qu'opter sans équivoque pour certains locaux d'un immeuble n'entraîne pas l'assujettissement des autres locations du même immeuble (CE, 9 septembre 2020, n° 439143) ; l'administration s'est ralliée à cette solution. Si un seul de vos preneurs est assujetti, vous n'avez donc pas à soumettre tout l'immeuble à la TVA.
  • Elle ne peut être dénoncée qu'à partir du 1er janvier de la neuvième année civile qui suit celle au cours de laquelle elle a été exercée (art. 194 de l'annexe II au CGI) — le point de départ étant, pour un immeuble non achevé lors de l'option, l'année de son achèvement.
  • Une sortie du champ ouvre une régularisation de la TVA déduite par vingtièmes pour les immeubles immobilisés (art. 207 de l'annexe II au CGI).

Note de référence. Depuis le 1er septembre 2026, l'ensemble des règles de TVA du CGI figure au livre II du code des impositions sur les biens et services (CIBS), en application de l'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025. Cette recodification est opérée à droit constant : ni les taux, ni les bases, ni les mécanismes de l'option ne changent, seules les références évoluent. Les articles cités ici (260, 2°, 261 D, 193, 194 et 207 de l'annexe II) restent le fondement des situations antérieures et la table de concordance annexée à l'ordonnance donne leur nouvel emplacement. C'est la même ordonnance qui fait disparaître, au 1er septembre 2026, la mention « art. 293 B du CGI » des factures, remplacée par l'article L. 223-3 du CIBS — l'ancienne mention restant admise jusqu'au 31 décembre 2027.

Faites le calcul avant de signer, pas après : un bail de vingt-quatre mois, une option TVA, et vous voilà engagé neuf ans au minimum, avec une régularisation possible sur vingt ans si l'immeuble sort ensuite du champ. L'option se justifie quand la TVA récupérée sur l'acquisition ou sur des travaux lourds pèse suffisamment, et à condition d'être raisonnablement sûr que le locataire suivant sera lui aussi assujetti. Dans le cas contraire, vous financez la souplesse d'un bail court avec une contrainte de neuf ans. Le mécanisme complet est détaillé dans SCI et TVA, lever l'option TVA et, si votre SCI a plusieurs locaux, le prorata de déduction.

Cas particulier — le stationnement. La location d'emplacements pour le stationnement des véhicules est expressément exclue de l'exonération par l'article 261 D 2° du CGI : elle est soumise à la TVA au taux normal de 20 %, sans qu'aucune option soit nécessaire, dès lors qu'elle n'est pas l'accessoire d'une location de local exonérée — le tout sous réserve de la franchise en base : une SCI dont les recettes restent sous les seuils applicables aux prestations de services ne facture pas de TVA. Voir SCI et location de parking.

Taxe foncière : due par la SCI, refacturable sans contrainte

La taxe foncière est due par le propriétaire au 1er janvier, donc par la SCI. Sa refacturation au preneur est possible et, ici, plus libre qu'en bail commercial : l'inventaire limitatif de l'article L. 145-40-2 et des articles R. 145-35 à R. 145-37 relève du chapitre auquel le bail dérogatoire déroge. La SCI peut donc mettre à la charge du preneur des postes qu'un bail commercial lui interdirait — y compris, en principe, certains travaux relevant de l'article 606 du code civil.

Cette liberté a une contrepartie sèche : rien n'est dû sans clause. Le silence du contrat laisse tout sur le dos du bailleur. Sur un local commercial de 95 m², une taxe foncière de 1 900 € oubliée dans la rédaction, c'est environ un mois et un tiers de loyer perdu chaque année, sans recours. Écrivez donc un article « charges, impôts et taxes » poste par poste, avec le mécanisme d'appel — provisions mensuelles ou refacturation à réception de l'avis — et la régularisation annuelle. Trois guides à garder sous la main : la taxe foncière en SCI, la refacturation des charges au locataire et les charges locatives.

CFE : la SCI en est le plus souvent hors d'atteinte

L'article 1447, I du CGI répute exercées à titre professionnel les activités de location ou de sous-location d'immeubles autres que les immeubles nus à usage d'habitation. Un local commercial loué nu entre donc, en principe, dans le champ. Mais le même texte écarte la cotisation lorsque le bailleur retire de cette activité de location nue des recettes brutes hors taxes, au sens de l'article 29 du CGI, ou un chiffre d'affaires inférieurs à 100 000 € au cours de la période de référence définie à l'article 1467 A du CGI, c'est-à-dire l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition. Lorsque cette période ne correspond pas à douze mois, le montant est ajusté sur douze mois.

Traduction pour une SCI qui encaisse 20 000 ou 40 000 € de loyers commerciaux : pas de CFE. Le locataire, lui, la doit au titre du local qu'il occupe au 1er janvier, que son bail soit dérogatoire ou statutaire — ne confondez pas les deux redevables dans vos échanges avec lui. Les cas limites sont traités dans notre guide CFE et SCI.

CRL : à vérifier dès qu'un associé relève de l'IS

La contribution annuelle sur les revenus locatifs des articles 234 nonies et suivants du CGI, au taux de 2,5 %, vise les revenus tirés de la location de locaux situés dans des immeubles achevés depuis quinze ans au moins au 1er janvier de l'année d'imposition — les terrains nus en sont exclus.

Le point que la plupart des articles manquent tient au champ des redevables. Depuis la suppression de la CRL due par les particuliers, elle ne pèse plus que sur des personnes morales : les sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés au taux normal (art. 234 duodecies du CGI), les sociétés de personnes dont l'un au moins des associés est soumis à l'IS (art. 234 terdecies), et certains organismes sans but lucratif ou non soumis à l'IS (art. 234 quaterdecies). Une SCI à l'IR dont un associé est une société à l'IS peut donc y être assujettie : le sujet ne se limite pas aux SCI à l'IS. À l'inverse, les revenus soumis à la TVA — notamment après option de l'article 260, 2° — en sont exonérés, comme les revenus n'excédant pas 1 830 € par local sur la période d'imposition. Le vecteur déclaratif mérite d'être vérifié dossier par dossier (BOI-RFPI-CTRL-20-10). Notre guide dédié fait le point : la CRL en SCI à l'IS.

Provisions et fin de bail

Une SCI à l'IS peut constater, dans les conditions de droit commun, une dépréciation de créance lorsqu'un loyer devient douteux, et provisionner certaines charges dont l'échéance est probable à la clôture. Elle ne peut pas, en revanche, provisionner une simple perte de recettes future : la vacance qui suivra le terme du bail dérogatoire n'est pas un événement provisionnable, c'est un aléa d'exploitation. Elle s'anticipe en trésorerie, pas en écritures : mettez de côté trois à six mois de loyer avant le terme, pas une provision. Deux guides complètent le sujet, la vacance locative en SCI et la SCI déficitaire. Et rappelez-vous que la dotation aux amortissements, elle, continue de courir pendant que le local est vide — c'est expliqué dans l'amortissement en SCI.

Dernier point, et il est urgent quand il se présente : si un impayé s'installe pendant le bail, n'attendez pas le terme en espérant que ça se règle. Le commandement de payer de l'article L. 145-41 ne joue pas ici. Votre seul levier rapide est la clause résolutoire que vous aurez — ou non — écrite dans le contrat. La marche à suivre est détaillée dans impayés de loyer en SCI.

Un bail court se pilote au calendrier, pas à la mémoire

SCI-AI enregistre vos baux, leurs dates de terme et leurs échéances, rattache les loyers au bon exercice, tient le dépôt de garantie au passif et produit votre 2072 ou votre liasse 2033 en fin d'année.


8. Comparatif : bail dérogatoire, occupation précaire, 3-6-9, bail professionnel

Quatre contrats, quatre logiques. Le tableau ci-dessous est celui que je fais remplir avant toute signature : si vous ne savez pas dans quelle colonne vous êtes, ne signez pas.

Critère Bail dérogatoire Occupation précaire Bail commercial 3-6-9 Bail professionnel
TexteArt. L. 145-5 C. com.Art. L. 145-5-1 C. com.Art. L. 145-1 à L. 145-60 C. com.Art. 57 A de la loi n° 86-1290 du 23/12/1986
Durée3 ans maximum, cumulésLibre, liée à la durée de la circonstance9 ans minimum6 ans minimum
Choix des partiesLibre, à l'entrée dans les lieuxImposé par les circonstancesRégime de droit commun du statutSelon la qualité du preneur
RenouvellementAucun droitAucun droitDroit au renouvellementTacite reconduction
Indemnité d'évictionNonNonOui (L. 145-14)Non
Sortie du preneurAu terme, sauf clause contraireSelon la conventionFaculté triennale, préavis 6 moisÀ tout moment, préavis 6 mois
Sortie du bailleurDe plein droit au termeÀ la disparition de la circonstanceCongé à l'échéance, avec indemnité si refusCongé à l'échéance, préavis 6 mois
Loyer et révisionLibres, indexation contractuelleRedevance librePlafonnement, révision L. 145-38Libres, indexation contractuelle
Charges (règles Pinel)Non applicablesNon applicablesInventaire limitatif R. 145-35Non applicables
État des lieuxObligatoire (L. 145-5)Vivement conseilléObligatoire (L. 145-40-1)Vivement conseillé
Usage typiqueTest d'implantation, local en attente, créateur d'entrepriseDémolition, expropriation, vente en coursCommerce, artisanat, industrie installésProfessions libérales et assimilées
Risque principalGlissement automatique dans le statutRequalification faute de cause objectiveDéplafonnement contesté, indemnité d'évictionRequalification en bail commercial selon l'activité réelle

Lire ce tableau dans le bon sens

Le bail dérogatoire et l'occupation précaire ne sont pas interchangeables. Le premier est un choix, borné à trois ans. Le second est une qualification subie, sans limite de durée mais adossée à une cause vérifiable. Choisir le second parce que le premier est trop court, c'est prendre le risque le plus élevé du tableau.

Le bail professionnel n'est pas un « bail commercial allégé ». Régi par l'article 57 A de la loi du 23 décembre 1986, il dure six ans minimum, se reconduit tacitement, et permet au locataire de partir à tout moment avec un préavis de six mois — une asymétrie que beaucoup de bailleurs découvrent tard. Le preneur libéral et le bailleur peuvent, d'un commun accord, opter pour le statut des baux commerciaux, dans les conditions fixées au 7° du I de l'article L. 145-2 du code de commerce auquel renvoie le dernier alinéa de l'article 57 A, ce qui change tout : lisez le contrat avant de supposer.

Le 3-6-9 n'est pas l'ennemi. Sur un actif que vous conservez, avec un preneur solide, il sécurise vos revenus pour neuf ans et valorise le bien. Le bail dérogatoire ne lui est supérieur que si vous avez une vraie raison de vouloir récupérer le local. Sur l'ensemble du statut, voir SCI et bail commercial, et sur la sortie du preneur en place, l'indemnité d'éviction.

Un mot si vous êtes encore en amont, au stade de l'acquisition du local. L'arbitrage entre bail court et 3-6-9 ne se décide pas le jour de la remise des clés : il se prépare dès l'offre d'achat, parce qu'il change le prix que vous êtes prêt à payer. Nos deux guides sur le sujet : acheter un local commercial en SCI et le local d'activité en SCI.


9. Sortir d'un bail dérogatoire : le calendrier trois mois, un mois, huit jours

Tout ce qui précède se joue sur trois dates. Voici la procédure que j'applique et que je recommande de coller dans le dossier du bail dès la signature — pas trois mois avant le terme, dès la signature.

Le rétroplanning de sortie

Le jour de la signature — poser l'alerte

Inscrire dans le dossier du bail : date d'entrée dans les lieux, date de terme, durée consommée sur les trente-six mois, date de l'alerte J-90 et date butoir, c'est-à-dire le jour du mois suivant le terme qui en porte le même quantième (art. 641 du code de procédure civile). Sans cette ligne écrite le premier jour, personne ne s'en souviendra la troisième année.

Six mois avant — décider

Trois options, une seule à retenir : conclure un nouveau bail dérogatoire dans la limite des trois ans cumulés ; signer un bail commercial en négociant le loyer au niveau du marché ; récupérer le local. Ne pas décider revient à choisir la deuxième option sans en négocier les conditions.

Trois mois avant — notifier par écrit

Lettre recommandée avec avis de réception : rappel de la date de terme, mention expresse qu'aucune reconduction tacite n'est prévue et qu'aucun maintien dans les lieux ne sera toléré, demande de confirmation de la date de libération, proposition de trois créneaux pour l'état des lieux de sortie. Conservez l'avis de réception avec le bail. C'est la pièce maîtresse.

Un mois avant — relancer et préparer

Deuxième courrier de relance. Fixer définitivement le rendez-vous d'état des lieux. Préparer, sans l'envoyer, le projet de mise en demeure de libérer les lieux. Prévenir votre conseil si le preneur reste silencieux ou annonce vouloir rester.

Huit jours avant — verrouiller la restitution

Confirmer par écrit le rendez-vous, l'heure, l'inventaire des clés et badges à restituer, l'état de remise en état attendu, la relève des compteurs et la résiliation des abonnements au nom du preneur. Rappeler les modalités de restitution du dépôt de garantie.

Le jour du terme — constater

État des lieux de sortie contradictoire, comparaison avec l'état des lieux d'entrée, procès-verbal signé par les deux parties, remise des clés contre décharge datée. En cas de refus ou d'absence du preneur, faire établir l'état des lieux par commissaire de justice le jour même.

Du lendemain du terme à l'expiration du délai d'un mois — la fenêtre critique

Si le preneur est encore là : mise en demeure par commissaire de justice sous quarante-huit heures, puis assignation en référé aux fins d'expulsion si rien ne bouge. N'émettez aucune quittance de loyer ; qualifiez par écrit toute somme reçue d'indemnité d'occupation. Ne signez aucun avenant, aucune « prolongation le temps de trouver ». Attention à la computation : le délai de l'alinéa 3 est d'un mois calendaire, non de trente jours. Il expire le jour du mois suivant qui porte le même quantième que l'échéance (art. 641 du code de procédure civile) — pour un terme au 28 février, le 28 mars, soit vingt-huit jours seulement. Le lendemain de cette date, il est trop tard.

Une précision qui évite un malentendu fréquent : les délais de trois mois, un mois et huit jours ne sortent d'aucun texte. Ce sont des délais de gestion, les miens. Le seul délai légal du dispositif, c'est le mois qui suit le terme, et celui-là court que vous ayez agi avant ou non.

Ces courriers ne sont pas non plus des congés au sens de l'article L. 145-9. Ils n'ont pas à en respecter le formalisme. Leur unique fonction est probatoire : établir, pièces à l'appui, que vous n'avez pas laissé le preneur en possession.

Et si votre SCI gère plusieurs baux courts, tenez-en la liste au même endroit que votre comptabilité. Pas dans un agenda personnel, pas dans une boîte mail. C'est la seule façon qu'une échéance de bail ne se perde pas entre deux exercices — notre calendrier fiscal de la SCI et la checklist de clôture vous donnent le cadre.


10. Les cinq erreurs qui transforment un bail dérogatoire en 3-6-9

Aucune de ces cinq erreurs ne suppose de la mauvaise foi, et aucune ne se voit le jour où elle est commise. Elles se paient toutes de la même façon, quelques mois plus tard : un bail commercial de neuf ans que la SCI n'a jamais voulu signer.

Erreur 1 — Dépasser les trois ans

Elle paraît grossière, elle est pourtant fréquente, parce que le compteur ne se remet jamais à zéro et que personne ne le tient. Un bail de dix-huit mois, un avenant de douze mois, une « prolongation de six mois le temps que le locataire trouve un autre local » : vous êtes à trente-six mois, et le mois suivant vous fait basculer. Le remède tient en une ligne dans le dossier : durée consommée / durée restante, mise à jour à chaque avenant. Rappel : le point de départ est l'entrée dans les lieux, pas la signature.

Erreur 2 — Laisser le preneur en place, même quelques semaines

C'est l'erreur reine, celle du cas chiffré du chapitre 4. Elle ne se commet presque jamais par négligence pure : elle se commet par bienveillance. Le locataire va bien, il demande « deux mois de plus, le temps de finir la saison », on accepte oralement. Deux mois, c'est déjà un de trop. Si vous voulez vraiment lui accorder un délai, la seule voie sûre est de rester dans les trois ans cumulés et de signer un nouveau bail dérogatoire avant le terme du précédent — jamais après, jamais oralement.

Erreur 3 — Oublier l'état des lieux

Il est obligatoire à l'entrée comme à la sortie, et il est porté par l'article L. 145-5 lui-même. Sans état des lieux d'entrée, vous ne pourrez pas démontrer l'état initial du local ; sans état des lieux de sortie, vous ne pourrez retenir aucune somme sur le dépôt de garantie et vous perdrez tout recours sur les dégradations. Et il y a un effet secondaire que peu de gérants anticipent : l'état des lieux de sortie, daté et signé, est aussi la preuve la plus nette que le preneur a quitté les lieux au terme. C'est votre meilleure protection contre une revendication tardive de bail statutaire — d'autant que, selon l'arrêt du 25 mai 2023 cité plus haut, l'action en constatation du bail né du maintien en possession n'est enfermée dans aucun délai.

Erreur 4 — Enchaîner les baux avec le même preneur pour le même fonds

L'alinéa 2 de l'article L. 145-5 est explicite : à l'expiration des trois ans, on ne peut plus conclure de nouveau bail dérogatoire « pour exploiter le même fonds dans les mêmes locaux ». Les montages qui consistent à faire signer le nouveau bail par la société du conjoint, par une holding du groupe ou par une structure créée pour l'occasion sont fragiles : le juge regarde l'exploitation réelle du fonds, pas la raison sociale du signataire. Et l'alinéa 4 traite le nouveau bail conclu entre les mêmes parties pour le même local comme un basculement dans le statut.

Erreur 5 — Déguiser un bail commercial en occupation précaire

Intituler un contrat « convention d'occupation précaire », y écrire que les parties excluent le statut et fixer une redevance modique ne crée aucune précarité. L'article L. 145-5-1 exige des circonstances particulières indépendantes de la seule volonté des parties. Faute de cause objective documentée, la convention est requalifiée — et comme elle n'est bornée par aucune durée, la requalification aboutit souvent directement au statut, sans même passer par la case dérogatoire. C'est le pire des deux mondes : ni la souplesse de l'un, ni la sécurité de l'autre.

Le test en trois questions avant de signer

  1. Combien de mois ce preneur a-t-il déjà occupé ce local, tous contrats confondus ? Si la réponse n'est pas immédiate, ne signez pas.
  2. Quelle est la date exacte du terme, et qui, dans la SCI, est chargé d'écrire au preneur trois mois avant ? Si le nom n'est pas connu, désignez-le maintenant.
  3. Si le preneur refuse de partir au terme, quelle pièce produirez-vous pour prouver que vous ne l'avez pas laissé en possession ? Si vous n'en avez pas, écrivez-la avant de signer le bail.

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Suivi des baux et de leurs dates de terme, quittances et appels de charges, dépôt de garantie au bon compte, loyers rattachés au bon exercice, déclaration 2072 ou liasse 2033 télétransmise. La gestion locative et la comptabilité au même endroit, à partir de 229 € TTC par an.


11. FAQ — Bail dérogatoire en SCI

Un bail dérogatoire de trois ans est-il plus risqué qu'un bail de deux ans ?

Oui, parce qu'il ne laisse aucune marge. À trois ans, vous avez consommé la totalité du plafond de l'article L. 145-5 : le moindre retard de libération vous fait basculer dans le statut, et vous n'avez plus la possibilité de signer un nouveau bail dérogatoire pour absorber un décalage. En pratique, je recommande de signer vingt-quatre mois et de garder douze mois de réserve — c'est exactement l'espace dont vous aurez besoin si le locataire vous demande un délai.

La SCI peut-elle vendre le local pendant un bail dérogatoire ?

Oui, et c'est même l'un des intérêts du contrat : le droit de préférence du locataire prévu par l'article L. 145-46-1 relève du statut, auquel le bail dérogatoire déroge. Le bail se poursuit avec l'acquéreur dans les conditions de l'article 1743 du code civil, sous réserve qu'il ait date certaine — d'où l'intérêt de l'enregistrement. Prévenez l'acquéreur du terme exact et transmettez-lui le dossier complet : c'est désormais à lui de tenir le calendrier de sortie.

Le preneur peut-il renoncer par avance au statut des baux commerciaux ?

Non, et c'est précisément pour cela que l'article L. 145-5 existe : il organise la seule dérogation admise, et il l'enferme dans des conditions strictes de moment et de durée. En dehors de ce cadre, une clause par laquelle le preneur renoncerait à l'avance au droit au renouvellement ou à l'indemnité d'éviction est sans effet. La renonciation n'est possible qu'après que le droit est né, ce qui suppose que le statut se soit déjà appliqué.

Que se passe-t-il si le preneur part avant le terme ?

Le bail dérogatoire est un contrat à durée déterminée : sauf clause de résiliation anticipée, le preneur reste tenu des loyers jusqu'au terme, même s'il a rendu les clés. En pratique, mieux vaut négocier une sortie amiable documentée par un protocole et un état des lieux de sortie plutôt que de courir après des loyers auprès d'une structure en difficulté. Si un nouveau preneur prend le relais, attention : sa propre occupation ouvre un nouveau compteur, distinct du précédent.

Un bail dérogatoire peut-il porter sur un local d'habitation ?

Non. L'article L. 145-5 déroge au statut des baux commerciaux, qui suppose l'exploitation d'un fonds de commerce, artisanal ou industriel dans les lieux. Un logement loué à un particulier relève de la loi du 6 juillet 1989, un local mixte pose des questions spécifiques, et un local d'habitation transformé en usage professionnel peut relever de la réglementation du changement d'usage. Ne transposez jamais le raisonnement du bail dérogatoire à une location d'habitation.

Faut-il un dépôt de garantie, et de quel montant ?

Aucun texte ne l'impose ni ne le plafonne pour un bail dérogatoire, et l'article L. 145-40 du code de commerce, qui fait porter intérêt au dépôt excédant deux termes de loyer, relève du statut auquel le bail déroge. La pratique se situe entre un et trois mois de loyer selon la solidité du preneur. Comptablement, il s'agit d'une dette de la SCI : compte 165, jamais un produit, et restitution après état des lieux de sortie et solde de tout compte.

FAQ

Bail dérogatoire en SCI : les 16 questions fréquentes

Trois ans au total. L'article L. 145-5 du code de commerce autorise les parties à déroger au statut des baux commerciaux « à la condition que la durée totale du bail ou des baux successifs ne soit pas supérieure à trois ans ». Ce plafond est cumulatif : un bail de douze mois suivi d'un bail de dix-huit mois consomme trente mois sur les trente-six disponibles. Le point de départ est l'entrée dans les lieux du preneur, pas la date de signature. La durée de trois ans est issue de l'article 3 de la loi Pinel n° 2014-626 du 18 juin 2014, applicable aux contrats conclus ou renouvelés à compter du 1er septembre 2014 ; elle était de deux ans auparavant.
Oui, tant que le cumul reste dans les trois ans. Au-delà, c'est fermé : l'alinéa 2 de l'article L. 145-5 dispose qu'à l'expiration de cette durée, « les parties ne peuvent plus conclure un nouveau bail dérogeant aux dispositions du présent chapitre pour exploiter le même fonds dans les mêmes locaux ». La prohibition vise le couple fonds + locaux : un preneur différent exploitant un fonds différent n'est pas concerné. Attendre quelques mois entre deux baux ne fait pas repartir le compteur de manière sûre, et l'alinéa 4 traite d'ailleurs le nouveau bail conclu entre les mêmes parties pour le même local comme un basculement dans le statut.
Un bail commercial statutaire se forme automatiquement. L'alinéa 3 de l'article L. 145-5 prévoit que si, à l'expiration de cette durée et au plus tard à l'issue d'un délai d'un mois à compter de l'échéance, le preneur reste et est laissé en possession, « il s'opère un nouveau bail dont l'effet est réglé par les dispositions du présent chapitre ». La SCI se retrouve alors avec un bail de neuf ans, un droit au renouvellement au profit du preneur, le plafonnement du loyer et le risque d'indemnité d'éviction de l'article L. 145-14. Aucune signature n'est nécessaire : le silence du bailleur suffit.
Juridiquement, non : le bail dérogatoire prend fin de plein droit à son terme, sans le formalisme du congé de l'article L. 145-9 propre au bail commercial. En pratique, c'est pourtant l'écrit qui vous sauve. Comme la requalification suppose que le preneur soit « laissé en possession », c'est au bailleur de démontrer qu'il s'y est opposé. Une lettre recommandée envoyée trois mois avant l'échéance rappelant le terme et l'absence de reconduction, puis une mise en demeure de libérer les lieux délivrée par commissaire de justice dans le mois qui suit le terme, constituent la seule preuve solide.
Aucun texte n'impose l'écrit, mais le rédiger est une nécessité pratique absolue : c'est le contrat qui doit porter la volonté expresse des parties de déroger au statut, la date de terme, et l'absence de toute reconduction tacite. Sans écrit, vous ne pourrez jamais prouver que la dérogation a été convenue « lors de l'entrée dans les lieux », condition posée par l'alinéa 1 de l'article L. 145-5. L'enregistrement auprès du service des impôts n'est pas obligatoire ; il donne date certaine et peut être utile lorsque le local est en cours de vente.
Oui, et c'est l'une des rares obligations du chapitre auxquelles le bail dérogatoire n'échappe pas, puisqu'elle figure dans l'article L. 145-5 lui-même. Un état des lieux doit être établi lors de la prise de possession et lors de la restitution, contradictoirement et amiablement par les parties ou par un tiers mandaté, et joint au contrat de location ; s'il ne peut être établi dans ces conditions, il est dressé par un huissier de justice, aujourd'hui commissaire de justice, à l'initiative de la partie la plus diligente et à frais partagés par moitié. Sans état des lieux de sortie, aucune retenue sur le dépôt de garantie ne tient.
Non. L'alinéa 1 de l'article L. 145-5 n'autorise la dérogation que « lors de l'entrée dans les lieux du preneur ». Une fois le statut acquis, le preneur ne peut y renoncer par avance, et un avenant qui prétendrait replacer un bail commercial en cours sous le régime dérogatoire serait sans effet. Le bail dérogatoire est un contrat de première occupation : il se décide au moment où le locataire prend possession, jamais après.
Rien ne l'interdit, mais l'opération demande une double vigilance. Sur le plan civil, le gérant qui signe des deux côtés doit être habilité par l'objet social et, si les statuts le prévoient, autorisé par les associés ; documentez la décision en assemblée. Sur le plan fiscal, le loyer doit rester conforme au marché : un loyer sous-évalué est requalifiable en libéralité, un loyer surévalué en acte anormal de gestion chez la société locataire. Et surtout, ne signez pas un bail dérogatoire pour une occupation qui a vocation à durer : au terme des trois ans, vous basculerez dans le statut avec le loyer de départ comme base plafonnée.
Le bail dérogatoire est un bail ordinaire dont la seule particularité est d'échapper au statut pendant trois ans maximum : les parties le choisissent librement. La convention d'occupation précaire de l'article L. 145-5-1 ne se choisit pas : elle « se caractérise, quelle que soit sa durée, par le fait que l'occupation des lieux n'est autorisée qu'à raison de circonstances particulières indépendantes de la seule volonté des parties ». Il faut donc une cause objective et vérifiable, extérieure aux parties : démolition programmée, expropriation en cours, immeuble sous arrêté de péril, vente sous compromis. Sans cette cause, le juge requalifie.
Seulement si le contrat le prévoit. La faculté de résiliation triennale de l'article L. 145-4 appartient au statut, auquel le bail dérogatoire déroge : le preneur est donc en principe tenu jusqu'au terme convenu, comme dans tout bail à durée déterminée de droit commun. C'est un point que les locataires découvrent souvent trop tard. Si vous voulez lui offrir une souplesse, prévoyez expressément une faculté de résiliation anticipée avec un préavis chiffré ; à l'inverse, si vous voulez sécuriser vos loyers, gardez le silence sur ce point et rappelez-le à la négociation.
Oui, et la liberté est ici plus grande qu'en bail commercial. L'inventaire précis et limitatif des charges de l'article L. 145-40-2 et des articles R. 145-35 et suivants relève du chapitre V auquel le bail dérogatoire déroge : la répartition des charges, impôts et taxes obéit donc au droit commun des contrats. En contrepartie, tout ce qui n'est pas écrit n'est pas dû : rédigez une clause de refacturation explicite, poste par poste, avec les modalités d'appel et de régularisation, faute de quoi la taxe foncière restera à la charge de la SCI.
Non, la durée du bail est sans incidence sur le régime fiscal. Ce qui compte, c'est ce que la SCI loue : un local nu loué à un commerçant reste une location civile, imposée en revenus fonciers à l'article 14 du CGI. En revanche, si la SCI livre un local équipé du matériel d'exploitation, l'activité devient commerciale et l'article 206, 2 du CGI la soumet de plein droit à l'impôt sur les sociétés, sous réserve de la tolérance administrative de 10 % de recettes commerciales accessoires. Le bail dérogatoire ne protège de rien sur ce terrain.
Réfléchissez-y à deux fois, car l'engagement survit largement au bail. L'option de l'article 260, 2° du CGI prend effet le premier jour du mois au cours duquel elle est formulée et ne peut être dénoncée qu'à partir du 1er janvier de la neuvième année civile qui suit celle au cours de laquelle elle a été exercée (art. 194 de l'annexe II au CGI) ; elle s'exerce distinctement par immeuble ou ensemble d'immeubles donné en location selon la lettre de l'article 193 de la même annexe, étant précisé que le Conseil d'État admet qu'elle soit exercée local par local (CE, 9 septembre 2020, n° 439143). Opter pour deux ans de location et rester assujetti neuf ans n'a de sens que si vous récupérez une TVA significative sur des travaux ou une acquisition, et si le locataire suivant sera lui aussi assujetti. Sinon, la reprise de TVA par vingtièmes vous rattrapera.
En général non, mais la règle mérite d'être lue. L'article 1447, I du CGI répute exercées à titre professionnel les activités de location d'immeubles autres que nus à usage d'habitation, tout en écartant la cotisation lorsque le bailleur retire de la location nue des recettes brutes hors taxes, au sens de l'article 29 du CGI, ou un chiffre d'affaires inférieurs à 100 000 € au cours de la période de référence de l'article 1467 A. Une SCI qui encaisse 20 000 ou 40 000 € de loyers commerciaux n'est donc pas redevable. Le locataire, lui, est redevable de la CFE au titre du local qu'il occupe au 1er janvier, bail dérogatoire ou non.
Oui, mais pas sur le fondement du statut. La révision triennale de l'article L. 145-38 ne s'applique pas : l'indexation, si vous en voulez une, doit résulter d'une clause du contrat, encadrée par les articles L. 112-1 et L. 112-2 du code monétaire et financier, qui exigent un indice en relation directe avec l'objet de la convention ou l'activité des parties. L'ILC ou l'ILAT publiés par l'INSEE remplissent cette condition. Évitez les clauses d'indexation à sens unique, qui ne jouent qu'à la hausse : la jurisprudence les sanctionne.
Le régime protecteur de l'article L. 145-41, avec son commandement de payer et son délai d'un mois, appartient au statut : il ne s'applique pas de plein droit. Le bail dérogatoire relève du droit commun, ce qui rend indispensable une clause résolutoire rédigée dans le contrat, avec un délai de mise en demeure précis. Agissez vite : laisser courir des impayés jusqu'au terme, c'est cumuler la perte de loyer et le risque de requalification si le preneur se maintient. Et si vous obtenez la résiliation avant le terme, faites constater la restitution des lieux par un état des lieux de sortie.