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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC
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Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 Fiscalite d'une SCI : IR, IS, plus-values SCI à l'IR : fonctionnement SCI à l'IS : fonctionnement Imposition des revenus SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Apport-cession Cession de parts de SCI 2026 Parts de SCI : valeur et operations Fiscalité cession de parts Valeur des parts Parts ou immeuble ? Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Effet de levier du crédit Domiciliation des loyers Prêt à paliers Assurance emprunteur Simuler un prêt en SCI Banques qui financent Assurance emprunteur Hypothèque en SCI Prêt relais Emprunter pour ses parts Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Sortir de sa caution Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Bilan de liquidation Fermer une SCI sans activité Coût de la dissolution Boni de liquidation Dissoudre avec un bien Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Réforme de la copropriété Plan pluriannuel de travaux (PPT) DPE collectif en copropriété Commerce en logement Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Révision du loyer commercial Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Clause d'échelle mobile Immeuble mixte Bail à construction Charges du bail commercial Louer à une société Décret tertiaire Bail commercial : les échéances 3-6-9 Guide SCI Familiale 2026 Avantages reels de la SCI familiale SCI familiale et succession : 4 cas chiffres Inconvénients SCI familiale SCI familiale et emprunt Déclaration SCI familiale SCI et EHPAD SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Mineur associé de SCI Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale Bien atypique Vendre son bien à sa SCI Conjoint survivant SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer État des lieux Permis de louer Diagnostics obligatoires Encadrement des loyers Décès du locataire Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Qu'est-ce qu'une SCI ? Apports en SCI Délai de création Frais de notaire Le guichet unique INPI SIREN, SIRET et code APE Statuts SCI : rédiger des statuts solides Clauses de majorité Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Associé qui ne paie pas Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Modèle de PV d'augmentation de capital Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI Jouissance partagée SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif Racheter une soulte SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Du nu au meublé Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Caves et dépendances Taxe d'habitation et SCI Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Vente à réméré Expropriation d'un bien de SCI Droits de préemption à la vente Acheter un bien loué Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Vendre un immeuble en IS Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS Balance âgée des loyers Lire son bilan de SCI Bilan annuel de SCI La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Comptabiliser une subvention Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Provisionner un loyer impayé Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Déclaration DECLOYER Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités SCI qui ne peut pas payer Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers Revenus accessoires TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Donation-partage de parts SCI et succession : transmettre un bien Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Quasi-usufruit Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Forêt et bois Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv Mandat de télétransmission EDI Contester un redressement FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
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Bail commercial en SCI : piloter les échéances du 3-6-9

Un bail commercial 3-6-9 n'est pas un contrat qui dort neuf ans : il vit par fenêtres. Tous les trois ans, le locataire peut partir. Tous les trois ans, le loyer peut être révisé. À la neuvième année, tout se rejoue — et si personne ne bouge, le bail ne s'arrête pas : il se prolonge, à durée indéterminée, aux anciennes conditions. Le bailleur qui ne tient pas ce calendrier ne décide de rien : il subit. Il découvre en janvier qu'un congé est parti en octobre. Ou il apprend d'un expert que son bail « expiré depuis 2022 » n'a jamais cessé de courir. Les deux situations, je les vois passer plusieurs fois par an dans les dossiers qui arrivent chez nous.

Vous ne trouverez pas ici le statut des baux commerciaux réexpliqué depuis zéro : conditions d'application, contenu du bail, obligations respectives, fiscalité générale, tout cela est dans notre guide du bail commercial en SCI. Le présent article ne traite qu'une chose, le calendrier. Quelles dates. Quels préavis. Quelles formes. Ce qui se passe quand on les rate — et comment poser tout cela dans le pilotage courant d'une SCI, entre deux régularisations de charges et une liasse fiscale.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (code de commerce sur Légifrance, jurisprudence de la Cour de cassation, INSEE, BOFiP). Mis à jour le 3 août 2026.

L'essentiel en sept lignes

  • La durée du bail ne peut pas être inférieure à neuf ans (art. L. 145-4).
  • Le locataire peut partir à chaque échéance triennale, avec six mois de préavis, par lettre recommandée AR ou acte extrajudiciaire.
  • Le bailleur, lui, doit passer par un commissaire de justice pour tout congé de fin de bail (art. L. 145-9).
  • Sans congé ni demande de renouvellement, le bail se prolonge tacitement — à durée indéterminée, pas pour neuf ans.
  • Face à une demande de renouvellement, le bailleur a trois mois pour refuser : le silence vaut acceptation.
  • Au-delà de douze ans de durée effective, le plafonnement du loyer tombe — mais, depuis un arrêt du 16 octobre 2025, sans lissage à 10 % par an.
  • Nouveau en 2026 : la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 rend le paiement mensuel du loyer de droit pour les seuls locaux de commerce de détail ou de gros et de services commerciaux ou artisanaux (art. L. 145-32-1), légalise la clause d'indexation « tunnel » symétrique (art. L. 145-38-1) et encadre le dépôt de garantie (art. L. 145-40).

1. Pourquoi « 3-6-9 » : neuf ans de durée, trois ans de liberté

Cherchez « bail 3-6-9 » dans le code de commerce : vous ne trouverez rien. L'expression est une abréviation de praticien, et elle décrit assez bien la mécanique réelle du statut — un contrat de neuf ans, percé de deux portes de sortie ouvertes au seul locataire, à la fin de la troisième et de la sixième année. Toute la suite découle de cette asymétrie : le bailleur s'engage pour neuf ans, le locataire pour trois.

La durée plancher : neuf ans, jamais moins

L'article L. 145-4, alinéa 1er, du code de commerce est laconique : « La durée du contrat de location ne peut être inférieure à neuf ans. » Aucune tolérance, aucun aménagement conventionnel : l'article L. 145-15 répute non écrite toute clause faisant échec à l'article L. 145-4. Un bail commercial « de six ans » ne prive donc pas le preneur du droit de se prévaloir d'une durée de neuf ans.

Des contrats plus courts existent, bien sûr. Simplement, ce ne sont pas des baux commerciaux au sens du chapitre V :

  • Le bail dérogatoire de l'article L. 145-5, dont la durée totale — un bail ou plusieurs baux successifs — ne peut excéder trois ans. Le texte est précis sur le délai de bascule : si, à l'expiration de cette durée, et au plus tard à l'issue d'un délai d'un mois à compter de l'échéance, le preneur reste et est laissé en possession, il s'opère un nouveau bail soumis au statut. Une SCI qui « oublie » de faire partir son occupant à l'issue d'un bail dérogatoire se retrouve mécaniquement engagée pour neuf ans.
  • La convention d'occupation précaire de l'article L. 145-5-1, qui se caractérise, quelle que soit sa durée, par le fait que l'occupation n'est autorisée qu'à raison de circonstances particulières indépendantes de la seule volonté des parties. C'est une qualification exigeante : la précarité doit être objective, pas commode.

Ces deux outils ont toute leur place dans la stratégie d'une SCI, en particulier pour un local d'activité qu'on garde disponible en attendant un projet. Mais ils obéissent à une autre logique, et relèvent d'un autre guide. Ici, on parle du bail statutaire.

La faculté triennale du preneur

L'alinéa 2 de l'article L. 145-4 pose le principe : « le preneur a la faculté de donner congé à l'expiration d'une période triennale, au moins six mois à l'avance, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par acte extrajudiciaire ».

Trois choses là-dedans commandent tout le reste :

  1. C'est une faculté du preneur, pas un droit partagé. Le bailleur n'a pas de symétrique, sauf exceptions listées plus bas.
  2. Le délai est de six mois au moins. Pas six mois avant la fin de l'année civile. Pas six mois avant la date anniversaire de l'entrée dans les lieux. Six mois avant l'expiration de la période triennale, et rien d'autre.
  3. La forme est alternative. Lettre recommandée AR ou acte extrajudiciaire. C'est le locataire qui choisit.

Les cas où la triennale peut être écartée

La seconde phrase de l'alinéa 2 réserve quatre hypothèses dans lesquelles le bail « peut comporter des stipulations contraires » — c'est-à-dire supprimer ou aménager la faculté triennale : « Les baux conclus pour une durée supérieure à neuf ans, les baux des locaux construits en vue d'une seule utilisation, les baux des locaux à usage exclusif de bureaux et ceux des locaux de stockage mentionnés au 3° du III de l'article 231 ter du code général des impôts. » Cette liste a été remaniée par la loi n° 2014-626 du 18 juin 2014 dite loi Pinel, qui a resserré les possibilités de dérogation :

Hypothèse Ce que cela vise concrètement Point de vigilance pour la SCI
Bail de durée supérieure à neuf ansBail conclu pour dix, douze ou quinze ans fermesSécurise les recettes, mais fait perdre le plafonnement au renouvellement suivant (art. L. 145-34)
Locaux construits en vue d'une seule utilisationLocaux dits « monovalents » : cinéma, hôtel, station-service, cliniqueLa monovalence se démontre par la configuration matérielle, pas par la seule activité exercée
Locaux à usage exclusif de bureauxImmeuble ou plateau de bureaux sans partie commerciale« Exclusif » s'apprécie strictement : une surface de vente au rez-de-chaussée fait tomber la qualification
Locaux de stockageLocaux de stockage du 3° du III de l'art. 231 ter du CGILa définition fiscale prime : « locaux ou aires couvertes destinés à l'entreposage de produits, de marchandises ou de biens »

Hors de ces quatre cas, une clause qui priverait le locataire de sa faculté triennale serait réputée non écrite. L'article L. 145-15 vise expressément l'article L. 145-4 parmi les dispositions auxquelles on ne peut faire échec, avec les articles L. 145-32-1, L. 145-37 à L. 145-41, le premier alinéa de l'article L. 145-42 et les articles L. 145-47 à L. 145-54 (la référence à l'article L. 145-32-1 a été ajoutée par l'article 62 de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026). Le régime du « réputé non écrit » est redoutable : la clause est tenue pour n'avoir jamais existé, sans que le locataire ait à agir dans un délai déterminé.

Cas particulier à connaître : les baux commerciaux signés entre propriétaires et exploitants de résidences de tourisme mentionnées à l'article L. 321-1 du code du tourisme sont d'une durée de neuf ans minimum sans possibilité de résiliation à l'expiration d'une période triennale (art. L. 145-7-1). Si votre SCI détient un lot en résidence de tourisme, le calendrier de ce guide ne s'applique pas de la même façon.

La faculté du bailleur : étroite et conditionnée

L'alinéa 3 de l'article L. 145-4 donne au bailleur « la même faculté », mais dans les formes et délai de l'article L. 145-9 — donc par acte extrajudiciaire — et seulement s'il entend invoquer les articles L. 145-18, L. 145-21, L. 145-23-1 et L. 145-24. Le texte énumère lui-même les finalités admises : « afin de construire, de reconstruire ou de surélever l'immeuble existant, de réaffecter le local d'habitation accessoire à cet usage, de transformer à usage principal d'habitation un immeuble existant par reconstruction, rénovation ou réhabilitation ou d'exécuter des travaux prescrits ou autorisés dans le cadre d'une opération de restauration immobilière et en cas de démolition de l'immeuble dans le cadre d'un projet de renouvellement urbain ». La liste est plus large qu'on ne le croit : une SCI engagée dans une opération de restauration immobilière, dans une transformation en logements ou dans un projet de renouvellement urbain dispose bien, elle aussi, de la fenêtre triennale.

Traduction en langage de gérant : votre SCI ne peut pas congédier son locataire à la sixième année parce qu'un candidat s'est présenté avec 20 % de plus sur la table. Le motif économique n'est pas dans la liste, il n'y a jamais été, et aucune clause ne l'y ajoutera. Et quand le congé triennal du bailleur est ouvert, il n'est pas pour autant gratuit : les articles cités ouvrent, selon les cas, un droit à indemnité ou un droit de priorité au locataire évincé.

Restent deux alinéas que les bailleurs découvrent en général le jour où ils reçoivent la lettre. Le preneur qui a demandé à bénéficier de ses droits à la retraite, ou qui a été admis au bénéfice d'une pension d'invalidité, peut donner congé sans attendre une échéance triennale — mais dans les formes et délais de l'alinéa 2, c'est-à-dire par lettre recommandée AR ou par acte extrajudiciaire, à son choix, six mois au moins à l'avance. Ne confondez pas avec le congé du bailleur, qui exige, lui, l'acte extrajudiciaire de l'article L. 145-9. En cas de décès, les ayants droit du preneur ont la même faculté ; la règle vaut aussi pour l'associé unique d'une EURL et pour le gérant majoritaire depuis au moins deux ans d'une SARL titulaire du bail. Si votre SCI loue à un artisan qui approche de l'âge légal de départ à la retraite, le bail peut donc s'arrêter à n'importe quel semestre : ce paramètre a sa place dans les prévisions de trésorerie, pas dans les surprises.


2. La fenêtre triennale : forme, délai, erreurs fatales

Le principe est posé. Reste l'exécution, et c'est là que les dossiers se gagnent ou se perdent. Un congé triennal ne se juge que sur trois paramètres : la date à laquelle il produit effet, le délai respecté, la forme employée. Trois cases. Manquer une seule, et le dossier glisse de trois ans.

Compter les six mois : à partir de quoi ?

Le préavis se compte à rebours depuis l'expiration de la période triennale. Pas depuis une date anniversaire approximative, pas depuis la signature, pas depuis la remise des clés. Et la période triennale, elle, part de la date de prise d'effet du bail : celle que le contrat désigne comme point de départ, qui coïncide souvent avec l'entrée en jouissance, mais pas toujours. Relisez la clause avant de sortir l'agenda.

Exemple de calcul

Bail prenant effet le 1er avril 2024 pour neuf ans.

  • Fin de la 1re période triennale : 31 mars 2027 → congé au plus tard le 30 septembre 2026.
  • Fin de la 2e période triennale : 31 mars 2030 → congé au plus tard le 30 septembre 2029.
  • Terme du bail : 31 mars 2033 → congé ou demande de renouvellement à poser au plus tard le 30 septembre 2032.

Un congé délivré le 15 octobre 2026 arrive quinze jours trop tard pour la première triennale. Il ne tombe pas pour autant : les juges lui font en général produire effet à la prochaine échéance utile, soit le 31 mars 2030. Le locataire reste trois ans de plus. Pour la SCI bailleresse, c'est plutôt une bonne nouvelle — mais le locataire, lui, a préparé son déménagement pour 2027. Répondez par écrit dès réception : un malentendu de cette taille finit toujours devant un juge.

La forme du congé : ne pas confondre les deux régimes

Si je devais désigner un seul point sur lequel les gérants de SCI se trompent, ce serait celui-là. Le code ne prévoit pas une règle de forme, il en prévoit deux, et elles varient selon l'auteur du congé et selon l'échéance visée.

Qui donne congé Pour quelle échéance Forme imposée Texte
LocataireÉchéance triennaleLRAR ou acte extrajudiciaireArt. L. 145-4, al. 2
LocataireTerme du bail / prolongationActe extrajudiciaireArt. L. 145-9, dernier al.
BailleurÉchéance triennale (cas de l'al. 3)Acte extrajudiciaireArt. L. 145-4, al. 3 renvoyant à L. 145-9
BailleurTerme du bail / prolongationActe extrajudiciaireArt. L. 145-9, dernier al.

Le sujet avait divisé les juridictions du fond pendant des années : fallait-il imposer au congé triennal du preneur l'acte extrajudiciaire de l'article L. 145-9 ? La troisième chambre civile a tranché le 24 octobre 2019 (pourvoi n° 18-24.077, publié au bulletin), en censurant une cour d'appel qui avait retenu cette lecture. Pour une échéance triennale, seul l'article L. 145-4 s'applique — et il admet expressément la lettre recommandée avec avis de réception.

Conséquence pratique pour le gérant de SCI : ne rejetez jamais un congé triennal au motif qu'il est arrivé par lettre recommandée. Vous perdriez le contentieux, et vous auriez, entre-temps, considéré le local comme loué alors qu'il ne l'est plus — avec les conséquences que l'on imagine sur les prévisions de recettes et sur la vacance locative.

Qui signe, qui reçoit ?

Une SCI bailleresse agit par son gérant : c'est à lui que le congé est valablement délivré, et c'est lui qui signe les actes sortants. Trois précautions très matérielles évitent l'essentiel des accidents.

  • Le siège social doit être à jour au registre du commerce et des sociétés. Un acte délivré à l'ancienne adresse est délivré tout de même : le commissaire de justice se fonde sur les mentions publiées. Une SCI qui a déménagé sans le déclarer découvre le congé par le procès-verbal de recherches.
  • La qualité du signataire doit être vérifiable. Si la SCI a changé de gérant, l'acte de nomination et sa publicité conditionnent l'opposabilité aux tiers. Deux lectures utiles sur ce point : qui signe le bail dans une SCI et le gérant de SCI.
  • La date de réception fait courir les délais utiles. Gardez l'enveloppe, l'avis de réception, l'acte — et horodatez le tout dans le dossier du bail. Une politique d'archivage numérique sérieuse ne sert à rien d'autre qu'à ça : pouvoir prouver une date huit ans plus tard.

La règle de datation qu'il faut connaître par cœur. Quand une notification passe par lettre recommandée AR en application des articles L. 145-4, L. 145-10, L. 145-12, L. 145-18, L. 145-19, L. 145-47, L. 145-49 et L. 145-55 — l'article L. 145-9 n'y figure pas, puisqu'il exige l'acte extrajudiciaire —, l'article R. 145-38 du code de commerce fixe deux dates différentes : à l'égard de celui qui notifie, la date d'expédition ; à l'égard du destinataire, la date de première présentation. Et si la lettre n'a pas pu être présentée, la démarche doit être renouvelée par acte extrajudiciaire. C'est cette dernière phrase qui sauve — ou qui coule — un dossier : un pli revenu « non réclamé » n'a rien notifié du tout.

Ce que le bailleur peut faire — et ce qu'il ne peut pas

Situation Le bailleur SCI peut-il ?
Refuser un congé triennal régulierNon — le congé est un droit potestatif du preneur
Négocier le maintien du locataire contre une baisse de loyerOui — rien n'interdit un avenant, y compris après congé
Donner congé à la 3e ou 6e année pour relouer plus cherNon — hors des cas de l'art. L. 145-4, al. 3
Demander la révision triennale du loyerOui — art. L. 145-38, à l'initiative de l'une ou l'autre partie
Résilier pour impayésOui, mais par la clause résolutoire (art. L. 145-41, durci par la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026) ou la voie judiciaire, hors calendrier triennal
Vendre l'immeuble en cours de bailOui — le bail suit l'immeuble, l'acquéreur reprend les échéances ; penser au droit de préférence du locataire (art. L. 145-46-1), dont le champ a été resserré par la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 : il ne vise plus, pour les mutations postérieures à la promulgation, que les locaux affectés à titre principal au commerce de détail ou de gros ou à des prestations de services à caractère commercial ou artisanal, à l'exclusion des bureaux à usage exclusif et des entrepôts

Un mot sur la dernière ligne, parce qu'elle revient sans cesse. La résiliation pour impayés n'a rien à voir avec le calendrier statutaire : elle passe par la clause résolutoire et le commandement de payer, ou par une action en résiliation judiciaire, et elle peut intervenir n'importe quand. Notre guide sur les impayés de loyer en SCI détaille la procédure. Ce qu'il faut retenir ici tient en une phrase : un locataire en difficulté ne « s'élimine » pas à la triennale, cette porte-là n'est pas ouverte au bailleur.


3. La révision du loyer en cours de bail commercial

Deux voies parallèles font bouger un loyer commercial en cours de bail, et on les confond en permanence. L'une est contractuelle et joue toute seule. L'autre est légale et suppose une demande. Elles n'obéissent ni au même calendrier, ni aux mêmes plafonds.

L'indexation contractuelle (clause d'échelle mobile)

Presque tous les baux commerciaux en contiennent une. Elle fait varier le loyer à la périodicité qu'elle fixe — annuelle, dans neuf cas sur dix — en fonction d'un indice de référence. Depuis la loi Pinel, seuls l'indice des loyers commerciaux (ILC) et l'indice des loyers des activités tertiaires (ILAT), mentionnés aux premier et deuxième alinéas de l'article L. 112-2 du code monétaire et financier, servent de référence pour la fixation du loyer révisé ou renouvelé (art. L. 145-34 et L. 145-38). L'indice du coût de la construction (ICC) n'a plus sa place dans ce rôle : il continue d'être publié et de figurer dans des clauses anciennes, mais il ne sert plus au calcul du plafonnement légal.

Nouveauté 2026 — la clause « tunnel » est légalisée. L'article 62 de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique a créé l'article L. 145-38-1 du code de commerce : « Par dérogation à l'article L. 112-1 du code monétaire et financier, est autorisée dans le bail des locaux à usage commercial la clause ayant pour objet ou pour effet d'encadrer, dans les mêmes proportions, à la hausse et à la baisse, la variation annuelle de l'indice des loyers commerciaux prise en compte pour la révision du loyer en application des articles L. 145-38 et L. 145-39. » La condition est impérative : la clause doit jouer symétriquement (un plafond de + 3 % suppose un plancher de − 3 %). Le texte est en vigueur depuis le 28 mai 2026 et vise, selon la lecture dominante, les baux conclus ou renouvelés à compter de la promulgation. Une clause d'indexation « à la hausse seulement » ne bénéficie pas de cette validation.

Deux conséquences très concrètes pour votre agenda :

  • L'indexation ne se déclenche pas toute seule dans les comptes. Juridiquement, elle joue de plein droit. Pratiquement, si personne ne recalcule l'avis d'échéance, le locataire continue de payer l'ancien loyer, et il n'a aucune raison de vous le signaler. J'ai vu des SCI perdre quatre ou cinq exercices d'indexation par pure inertie, puis découvrir que la prescription quinquennale de l'article 2224 du code civil avait effacé les arriérés les plus anciens.
  • L'indice de référence sort avec du retard. L'ILC du premier trimestre 2026 n'a été publié par l'INSEE que le 24 juin 2026 : 135,26, soit − 0,45 % sur un an. Une clause qui prévoit une révision au 1er avril sur l'indice du premier trimestre est donc structurellement en avance sur sa propre référence. Prévoyez le rattrapage plutôt que de le subir.

À noter pour 2026 : l'ILC recule. Une clause d'indexation rédigée sans « clause plancher » joue alors à la baisse. Vérifiez la rédaction exacte de votre clause avant d'envoyer un avis d'échéance : un bailleur qui applique unilatéralement une hausse là où l'indice baisse s'expose à une demande de restitution.

Une soupape existe, rarement utilisée : l'article L. 145-39. Quand le jeu de la clause d'échelle mobile a fait varier le loyer de plus d'un quart, à la hausse comme à la baisse, par rapport au prix précédemment fixé contractuellement ou par décision judiciaire, l'une ou l'autre partie peut demander la révision. Sur un loyer parti de 1 800 €, cela veut dire un seuil de déclenchement à 2 250 € — autant dire qu'il faut plusieurs années d'inflation soutenue pour y arriver.

La révision triennale légale (art. L. 145-38)

Même sans clause d'indexation, la loi ouvre un droit de révision. L'article L. 145-38 est d'une précision utile :

  • Point de départ : la demande ne peut être formée que « trois ans au moins après la date d'entrée en jouissance du locataire ou après le point de départ du bail renouvelé ».
  • Effet : la révision prend effet « à compter de la date de la demande en révision ». Ce n'est pas rétroactif à l'échéance triennale : chaque semaine de retard est une semaine de loyer perdue au tarif ancien.
  • Périodicité : de nouvelles demandes peuvent être formées tous les trois ans à compter du jour où le nouveau prix est applicable.
  • Plafond : par dérogation à l'article L. 145-33, la majoration ou la diminution ne peut excéder la variation de l'ILC ou de l'ILAT intervenue depuis la dernière fixation amiable ou judiciaire du loyer — sauf preuve d'une modification matérielle des facteurs locaux de commercialité ayant entraîné par elle-même une variation de plus de 10 % de la valeur locative. Dans ce cas, la variation ne peut conduire à des augmentations supérieures, pour une année, à 10 % du loyer acquitté au cours de l'année précédente.

Le dernier alinéa vaut d'être relu par tout bailleur qui a laissé son locataire refaire la boutique : « En aucun cas il n'est tenu compte, pour le calcul de la valeur locative, des investissements du preneur ni des plus ou moins-values résultant de sa gestion pendant la durée du bail en cours. » Les 60 000 € de vitrine et d'agencement payés par le commerçant en 2027 ne serviront pas à justifier une hausse en 2030. Ce serait, littéralement, lui facturer son propre argent.

Le mécanisme complet de la révision, du déplafonnement et du contentieux devant le juge des loyers commerciaux déborde largement un guide de calendrier — et pour l'habitation, qui répond à une logique et à un indice tout autres (l'IRL), passez par notre guide sur la révision du loyer en SCI. Ce qui doit atterrir dans votre tableau de bord se résume à deux lignes : une alerte à chaque date anniversaire triennale, une alerte à chaque échéance d'indexation.

Un bail, cinq alertes, zéro oubli

Dans sci-ai.app, chaque bail est rattaché à son bien. Les échéances triennales et le terme se calculent tout seuls, les fenêtres de préavis remontent avant de se refermer, et le loyer indexé descend directement dans les écritures puis dans la déclaration. Vous n'avez plus à tenir le calendrier de tête.


4. La neuvième année : si personne ne bouge, rien ne s'arrête

Les deux fenêtres triennales passées, il reste l'échéance qui commande tout : le terme du bail. C'est le moment où le bail commercial s'éloigne le plus du droit commun des contrats. C'est aussi celui où se prennent — ou, le plus souvent, ne se prennent pas — les décisions les plus lourdes pour une SCI.

La règle que presque tous les bailleurs ignorent

L'article L. 145-9, alinéa 1er, pose une dérogation frontale au droit commun du louage : « Par dérogation aux articles 1736 et 1737 du code civil, les baux de locaux soumis au présent chapitre ne cessent que par l'effet d'un congé donné six mois à l'avance ou d'une demande de renouvellement. »

Ces deux articles du code civil sont précisément ceux qui, en droit commun, font mourir un bail à durée déterminée par la seule survenance du terme. Le statut des baux commerciaux les met de côté. Un bail commercial arrivé à son terme ne s'arrête donc pas de lui-même : il faut un acte pour l'arrêter. Rien d'autre ne produit cet effet — ni l'échéance inscrite au contrat, ni un accord verbal, ni le silence des deux parties.

L'alinéa 2 tire la conséquence : « À défaut de congé ou de demande de renouvellement, le bail fait par écrit se prolonge tacitement au-delà du terme fixé par le contrat. Au cours de la tacite prolongation, le congé doit être donné au moins six mois à l'avance et pour le dernier jour du trimestre civil. »

Prolongation n'est pas reconduction : le contresens à éliminer

Aucune autre notion du statut ne génère autant de malentendus. Posons-la nettement, une bonne fois.

Tacite reconduction (droit commun) Tacite prolongation (art. L. 145-9)
NatureUn nouveau contrat naîtLe même contrat continue
DuréeSouvent la durée initialeIndéterminée
Nouvelle période triennale ?Oui, en principeNon — il n'y a plus de périodes
Comment y mettre finAu terme du nouveau contratCongé à tout moment, 6 mois avant, pour le dernier jour d'un trimestre civil
Effet sur le loyerRenégociation au nouveau contratLoyer inchangé, sauf révision — mais le compteur des 12 ans court

Prenons un cas que je rencontre souvent. Votre SCI a signé un bail le 1er juillet 2014 pour neuf ans. Il expirait le 30 juin 2023. Personne n'a rien envoyé, ni d'un côté ni de l'autre. Nous sommes en août 2026 et le bail court toujours, aux conditions de 2014, indexation comprise. Le locataire peut s'en aller en donnant congé pour le 31 mars, le 30 juin, le 30 septembre ou le 31 décembre, six mois à l'avance. La SCI le peut aussi, par acte de commissaire de justice — mais elle devra alors regarder en face la question de l'indemnité d'éviction si elle refuse le renouvellement. Trois ans de « rien » ont donc coûté trois ans de loyer figé et une position de négociation affaiblie.

Le congé du bailleur : avec ou sans offre de renouvellement

Quand c'est la SCI qui prend l'initiative, deux options seulement s'offrent à elle. Le choix entre les deux se chiffre en dizaines de milliers d'euros.

Type de congé Objet Coût potentiel
Congé avec offre de renouvellementMettre fin au bail en cours et en proposer un nouveau, éventuellement à un loyer différentAucune indemnité d'éviction ; risque de contentieux sur le seul loyer
Congé avec refus de renouvellementRécupérer le localIndemnité d'éviction (art. L. 145-14), sauf motif de l'art. L. 145-17
Congé triennal du bailleurConstruire ou reconstruire, surélever, reprendre un logement accessoire, bâtir un local d'habitation (art. L. 145-4, al. 3)Indemnités propres aux art. L. 145-18 et suivants

Dans tous les cas, l'acte doit être délivré par commissaire de justice et, à peine de nullité, préciser les motifs pour lesquels il est donné et indiquer que le locataire qui entend soit contester le congé, soit demander le paiement d'une indemnité d'éviction, doit saisir le tribunal avant l'expiration d'un délai de deux ans à compter de la date pour laquelle le congé a été donné.

Le détail qui annule un congé : ces mentions ne sont pas de la décoration. Un congé qui oublie le délai de deux ans, ou qui reste vague sur ses motifs, est nul. Il faut alors tout reprendre, avec six mois de préavis à courir de nouveau — et le bail, lui, continue pendant ce temps. Voilà pourquoi un congé de bailleur ne se rédige pas un dimanche soir à partir d'un modèle téléchargé.

La demande de renouvellement du preneur : le piège des trois mois

L'initiative vient parfois de l'autre côté de la table. L'article L. 145-10 organise alors la demande de renouvellement du locataire, en trois temps :

  1. Quand ? « À défaut de congé, le locataire qui veut obtenir le renouvellement de son bail doit en faire la demande soit dans les six mois qui précèdent l'expiration du bail, soit, le cas échéant, à tout moment au cours de sa prolongation. »
  2. Comment ? Par acte extrajudiciaire ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. La demande doit, à peine de nullité, reproduire les termes de l'alinéa relatif au délai de réponse du bailleur.
  3. Et ensuite ? « Dans les trois mois de la notification de la demande en renouvellement, le bailleur doit, par acte extrajudiciaire, faire connaître au demandeur s'il refuse le renouvellement en précisant les motifs de ce refus. À défaut d'avoir fait connaître ses intentions dans ce délai, le bailleur est réputé avoir accepté le principe du renouvellement du bail précédent. »

Trois mois. Silence vaut acceptation. De toutes les échéances de ce guide, c'est la plus dangereuse pour une SCI patrimoniale, et pour une raison simple : elle ne figure sur aucun calendrier. Elle démarre à la réception d'un courrier. Un gérant en déplacement, un siège social domicilié chez un associé qui relève sa boîte une fois par mois, une pile de recommandés ouverte à la veille de l'assemblée annuelle — et la SCI s'est engagée pour neuf ans sans qu'aucune décision n'ait jamais été prise par personne.

Une nuance, tout de même : le bailleur est réputé avoir accepté le principe du renouvellement, pas ses conditions financières. Le montant du loyer reste discutable et se tranche, au besoin, devant le juge des loyers commerciaux. Mais le local, lui, est reparti pour neuf ans (art. L. 145-12 : durée de neuf ans, sauf accord des parties pour plus long).

La date d'effet du bail renouvelé

L'article L. 145-12 fixe aussi le point de départ du nouveau bail : il prend effet à compter de l'expiration du bail précédent ou, le cas échéant, de sa prolongation — cette dernière date étant soit celle pour laquelle le congé a été donné, soit, si une demande de renouvellement a été faite, le premier jour du trimestre civil qui suit cette demande. Ce détail commande le calcul de l'indexation et celui du plafonnement : ce n'est pas une subtilité d'avocat, c'est la date à partir de laquelle votre SCI facture le nouveau loyer. La Cour de cassation l'a rappelé le 9 juillet 2026 (3e civ., n° 25-11.167) : la demande de renouvellement ne met pas fin au bail à la date de sa signification, elle fixe seulement le point de départ du bail renouvelé au premier jour du trimestre civil suivant — avec les conséquences décrites plus bas sur le compteur des douze ans.


5. Le bail prolongé au-delà de douze ans

La tacite prolongation n'est pas un sursis tranquille : c'est un compteur qui tourne. Franchi un certain seuil de durée effective, le régime du loyer bascule — et deux arrêts récents sont venus préciser à la fois l'effet de ce basculement et la date à laquelle il s'apprécie. De toutes les échéances de ce guide, c'est celle dont l'impact financier est le plus lourd pour une SCI bailleresse.

Pourquoi douze ans changent tout

L'article L. 145-34 organise le plafonnement du loyer du bail renouvelé. À défaut de modification notable des éléments mentionnés aux 1° à 4° de l'article L. 145-33 — caractéristiques du local, destination des lieux, obligations respectives des parties, facteurs locaux de commercialité —, le taux de variation du loyer applicable lors de la prise d'effet du bail à renouveler, si sa durée n'est pas supérieure à neuf ans, ne peut excéder la variation de l'ILC ou de l'ILAT intervenue depuis la fixation initiale du loyer du bail expiré.

Deux alinéas suivants encadrent la durée :

  • « En cas de renouvellement postérieur à la date initialement prévue d'expiration du bail, cette variation est calculée à partir du dernier indice publié, pour une période d'une durée égale à celle qui s'est écoulée entre la date initiale du bail et la date de son renouvellement effectif. »
  • Et surtout : « Les dispositions de l'alinéa ci-dessus ne sont plus applicables lorsque, par l'effet d'une tacite prolongation, la durée du bail excède douze ans. » Traduction : le plafonnement tombe.

Un bail de neuf ans laissé en prolongation pendant trois ans et un jour bascule donc dans le régime de la valeur locative. Le loyer du bail renouvelé se fixe alors selon les articles L. 145-33 et R. 145-3 et suivants, par référence au marché, sans aucun butoir indiciaire. Trois ans et un jour : le « et un jour » n'est pas une coquetterie de juriste, c'est le seuil.

Déplafonnement ne veut pas dire augmentation. Le mot fait rêver les bailleurs et trembler les locataires ; en réalité il est neutre. Il supprime un plafond, pas un plancher. Quand la valeur locative de marché est passée sous le loyer indexé — ce qui arrive tous les jours en périphérie commerciale et dans les centres-villes moyens —, le déplafonnement joue à la baisse. Le bailleur qui « laisse filer » les douze ans en espérant le jackpot repart parfois avec un loyer révisé vers le bas, et sans marche arrière.

L'apport de Cass. 3e civ., 16 octobre 2025, n° 23-23.834

Le dernier alinéa de l'article L. 145-34 prévoit un amortisseur, mais il délimite lui-même son champ : « En cas de modification notable des éléments mentionnés aux 1° à 4° de l'article L. 145-33 ou s'il est fait exception aux règles de plafonnement par suite d'une clause du contrat relative à la durée du bail, la variation de loyer qui en découle ne peut conduire à des augmentations supérieures, pour une année, à 10 % du loyer acquitté au cours de l'année précédente. » C'est le fameux « lissage » issu de la loi Pinel : il étale dans le temps un rattrapage qui serait sinon brutal.

Restait à savoir à quels déplafonnements il s'applique. La troisième chambre civile a répondu par un arrêt publié au bulletin le 16 octobre 2025 (pourvoi n° 23-23.834), dans un litige entre un locataire de la grande distribution et une SCI bailleresse. La solution ne laisse pas de place au doute : l'étalement joue uniquement en cas de modification notable des quatre premiers éléments de la valeur locative, ou lorsque la durée du bail est contractuellement supérieure à neuf ans. Pas pour un bail de neuf ans poursuivi par tacite prolongation au-delà de douze ans.

Cause du déplafonnement Lissage à 10 %/an ? Effet pour la SCI bailleresse
Modification notable des 4 premiers éléments de la valeur locativeOuiHausse étalée, recette progressive
Durée du bail contractuellement supérieure à neuf ansOuiHausse étalée
Bail de neuf ans prolongé tacitement au-delà de douze ansNon (Cass. 3e civ., 16 oct. 2025)Nouveau loyer dû en une fois dès la prise d'effet

Sur le papier, une SCI bailleresse y gagne : la hausse acquise est due tout de suite, sans étalement sur plusieurs années. Le revers existe, et il est double. D'abord, le bailleur qui allongerait contractuellement son bail pour éviter les allers-retours du renouvellement retomberait, lui, dans le lissage. Ensuite, un locataire qui reçoit une hausse due en une seule fois se bat beaucoup plus durement sur la valeur locative elle-même. Ce qu'on gagne en mécanique, on le repaie parfois en contentieux.

Un mot de méthode, parce que cet arrêt circule déjà beaucoup en version déformée : il tranche le champ d'application du dernier alinéa de l'article L. 145-34, et rien d'autre. Il ne touche ni aux conditions du déplafonnement, ni à la définition de la valeur locative, ni aux règles de fixation. Ne lui faites pas dire plus qu'il ne dit.

Les douze ans se comptent à la date d'effet du bail renouvelé (Cass. 3e civ., 9 juillet 2026)

Une précision décisive vient d'être apportée pour le calcul lui-même. Par un arrêt du 9 juillet 2026 (Cass. 3e civ., n° 25-11.167), la troisième chambre civile juge que, lorsque le preneur demande le renouvellement au cours de la tacite prolongation, le bail renouvelé prend effet le premier jour du trimestre civil qui suit la demande (art. L. 145-12), et que la durée du bail expiré s'apprécie à cette date d'effet. Conséquence : si le bail expiré dépasse douze ans à la date de prise d'effet du bail renouvelé, le loyer se fixe à la valeur locative, même si la demande de renouvellement a été notifiée avant l'échéance des douze ans.

Pour un bailleur SCI, la lecture du compteur change : ce n'est pas le courrier du locataire qui gèle la situation, c'est le premier jour du trimestre civil qui suit. Une demande reçue le 2 janvier et une demande reçue le 30 mars produisent le même effet — mais une demande reçue le 30 mars et une demande reçue le 2 avril sont séparées de trois mois. Raison de plus pour dater au jour près chaque pli qui arrive.

Faut-il laisser courir la prolongation ?

Personne ne peut répondre à votre place. En revanche, une grille de décision existe, et elle tient en cinq lignes.

Si... Alors la prolongation est plutôt...
Le loyer en cours est nettement inférieur à la valeur locative de marchéUn levier : passer les douze ans ouvre le déplafonnement
Le loyer en cours est supérieur au marché (bail signé au haut du cycle)Un risque : le déplafonnement se retournera contre la SCI
La SCI veut vendre l'immeubleUn handicap : un bail à durée indéterminée décote à la revente
La SCI veut refinancerUn handicap : la banque valorise la durée ferme résiduelle
Le locataire est fragileNeutre à défavorable : le congé du preneur peut tomber à tout trimestre

La dernière ligne mérite un développement, parce qu'on la sous-estime toujours. En prolongation, le locataire dispose d'une porte de sortie quatre fois par an, au lieu d'une tous les trente-six mois. Un banquier qui instruit un refinancement et un acquéreur qui fait sa due diligence lisent exactement la même chose dans le bail : durée ferme résiduelle nulle. Le bien vaut mécaniquement moins. Gardez ce paramètre en tête, que vous réfléchissiez à l'achat d'un local commercial en SCI ou à la valorisation des murs de votre entreprise.


6. Le tableau de bord du bailleur SCI : douze ans, mois par mois

Assez de théorie. Le tableau qui suit est le calendrier type d'un bail commercial de neuf ans prenant effet le 1er janvier 2026, avec les dates à recopier telles quelles dans l'agenda de la SCI. Décalez les mois selon votre propre date de prise d'effet ; la mécanique, elle, ne bouge pas d'un pouce. Et si le bail n'est pas encore signé, c'est maintenant qu'on cale proprement les clauses de durée, d'indexation et de charges — notre modèle de bail pour une SCI est fait pour ça.

Date Événement Action du gérant de SCI
01/01/2026Prise d'effet du bailÉtat des lieux d'entrée contradictoire (art. L. 145-40-1) ; annexer l'inventaire précis et limitatif des charges, impôts, taxes et redevances (art. L. 145-40-2) ; encaisser le dépôt de garantie
01/01/20271re échéance d'indexationRecalculer le loyer sur l'indice contractuel ; émettre l'avis d'échéance révisé
30/09/20271re régularisation de chargesAdresser l'état récapitulatif annuel de l'exercice 2026 (art. L. 145-40-2 et R. 145-36 : au plus tard le 30 septembre de l'année suivante, ou dans les 3 mois de la reddition des charges de copropriété)
30/06/2028Dernier jour utile pour le congé triennal n° 1Surveiller le courrier ; relancer le locataire sur ses intentions dès mars 2028
31/12/2028Fin de la 1re période triennaleSi maintien : envisager la demande de révision triennale (art. L. 145-38) — elle prend effet à la date de la demande
01/01/2029Ouverture de la fenêtre de révisionPoser la demande sans attendre : chaque mois de retard est perdu
30/06/2031Dernier jour utile pour le congé triennal n° 2Même vigilance ; commencer à préparer l'échéance des neuf ans
31/12/2031Fin de la 2e période triennale2e fenêtre de révision triennale
30/06/2034Date limite du congé pour le terme du bailDécision à prendre avant : congé avec offre de renouvellement, congé avec refus (et indemnité d'éviction), ou laisser prolonger
31/12/2034Terme contractuel du bailSi rien n'a été fait : entrée en tacite prolongation à durée indéterminée
2035 →Tacite prolongationCongés possibles pour le 31/03, 30/06, 30/09 ou 31/12, six mois à l'avance
01/01/2038Douze ans de durée effectiveLe plafonnement de l'art. L. 145-34 cesse de s'appliquer. Faire évaluer la valeur locative avant de décider quoi que ce soit

Les six alertes à programmer, sans exception

  1. J-9 mois avant chaque échéance triennale. Soit trois mois avant que la fenêtre du locataire ne se referme. C'est le moment d'aller lui demander ses intentions, et de négocier s'il hésite — pas après avoir reçu sa lettre.
  2. J-9 mois avant le terme du bail. Un congé de bailleur suppose un rendez-vous chez un commissaire de justice et, souvent, un avocat. Six mois pile, c'est déjà trop tard pour décider sereinement.
  3. Chaque date anniversaire d'indexation. Avec l'indice de référence et la formule exacte de la clause sous les yeux.
  4. Chaque fin de période triennale + 1 jour. Pour poser la demande de révision, dont l'effet part de la demande.
  5. À réception de tout courrier recommandé du locataire. C'est peut-être une demande de renouvellement : le compteur de trois mois démarre à ce moment-là.
  6. À douze ans moins six mois de durée effective. Pour décider en connaissance de cause si l'on franchit la ligne.

Cas chiffré : un local commercial suivi sur neuf ans

Une SCI à l'impôt sur les sociétés détient un local commercial de 90 m² en centre-ville, loué à un artisan encadreur. Bail de neuf ans à effet du 1er janvier 2026. Loyer initial : 1 800 € HT par mois, soit 21 600 € HT sur l'année. Clause d'échelle mobile annuelle indexée sur l'ILC du 1er trimestre, provisions de charges à 150 € par mois, dépôt de garantie de deux mois, soit 3 600 €. Rien d'exotique : c'est le dossier moyen.

Note de méthode : l'ILC du 1er trimestre 2026 est une valeur publiée (135,26, INSEE, 24 juin 2026). Les indices des années suivantes ne sont évidemment pas connus : les valeurs ci-dessous sont des hypothèses de travail destinées à illustrer la mécanique, pas des prévisions.

Année Indice retenu Loyer mensuel HT Loyer annuel HT Événement
2026135,26 (publié)1 800,00 €21 600 €Prise d'effet, état des lieux, dépôt de garantie
2027136,611 817,96 €21 816 €1re indexation (+ 1,00 %)
2028138,661 845,23 €22 143 €Fenêtre de congé triennale n° 1 (jusqu'au 30/06/2028)
2029141,431 882,13 €22 586 €Ouverture de la 1re révision triennale
2030143,551 910,36 €22 924 €
2031145,711 939,08 €23 269 €Fenêtre de congé triennale n° 2 (jusqu'au 30/06/2031)
2032147,891 968,10 €23 617 €2e révision triennale ouverte
2033150,111 997,64 €23 972 €Préparer la décision de fin de bail
2034152,362 027,60 €24 331 €Congé au plus tard le 30/06 ; terme au 31/12

Ce que le tableau montre. Sur neuf ans, avec une indexation moyenne de l'ordre de 1,5 % l'an dans cette hypothèse, le loyer passe de 21 600 € à 24 331 € : + 12,6 % cumulés. Ce n'est pas rien. C'est pourtant très en deçà de ce qu'une valeur locative de marché peut faire en neuf ans sur un emplacement qui se valorise. Tout l'arbitrage du déplafonnement tient là : le plafonnement protège le locataire, la valeur locative protège le bailleur.

Ce que le tableau ne montre pas, et qui coûte le plus cher : une année d'indexation oubliée. Supposons que la SCI saute celle de 2029. L'ampleur du dégât dépend entièrement de la rédaction de la clause, et c'est le point à vérifier avant toute chose. Si la clause est à indice glissant (loyer précédent × indice N / indice N-1), la SCI ne perd pas 443 € : elle perd 443 € et décale toute la base des années suivantes, chaque indexation se calculant sur un loyer amputé. Cumulé sur les exercices 2029 à 2034, le manque à gagner approche alors 2 800 €. Si la clause est au contraire à indice de base fixe (loyer initial × indice N / indice de base), rédaction au moins aussi répandue, l'oubli ne décale rien : la perte se limite aux 443 € de l'année sautée et se rattrape mécaniquement à l'échéance suivante. Deux clauses, deux factures — pour un avis d'échéance qu'on n'a pas recalculé, un matin de janvier.

Et la TVA ? Les montants ci-dessus sont hors taxes. Si votre SCI a exercé l'option de l'article 260, 2° du CGI sur ce local nu à usage professionnel, elle facture 20 % de TVA en sus, la collecte et la déclare. Sinon, la location nue est exonérée (art. 261 D du CGI) et le loyer est encaissé sans TVA — avec, en contrepartie, l'impossibilité de récupérer la TVA sur les travaux. Le sujet est développé dans nos guides SCI et TVA et lever l'option TVA.


7. Ce que le calendrier change en comptabilité et en trésorerie

Un calendrier de bail ne vit pas dans un classeur juridique à part. Il commande des écritures, des provisions et des flux de trésorerie bien réels. Cinq points, en pratique, font se rencontrer le droit du bail commercial et la comptabilité d'une SCI.

Le loyer constaté d'avance

Attention, le rythme trimestriel n'est plus acquis — pour certains locaux. L'article 62 de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 a créé l'article L. 145-32-1 du code de commerce : « Le paiement mensuel du loyer est de droit lorsque le preneur à bail d'un local destiné à l'exercice d'une activité de commerce de détail ou de gros ou de prestations de services à caractère commercial ou artisanal en fait la demande, sous réserve de l'absence d'arriérés dans le paiement des sommes dues au titre du loyer et des charges, qui n'ont pas fait l'objet d'une contestation préalable. Cette demande prend effet à compter de l'échéance suivante de paiement du loyer prévue par le bail. » Lisez bien le champ : le droit à la mensualisation ne couvre pas tous les baux commerciaux. Un local à usage exclusif de bureaux, un entrepôt ou un local de stockage, un local industriel restent hors du dispositif, et le bailleur peut y refuser la mensualisation. Pour les locaux visés, en revanche, la disposition est d'ordre public (elle a été ajoutée à la liste de l'article L. 145-15) et s'applique aux baux en cours. Pour une SCI qui loue des murs de commerce, cela lisse la trésorerie mais fait disparaître l'encaissement trimestriel d'avance sur lequel beaucoup de plans de financement étaient calés.

Les loyers commerciaux se paient encore très souvent trimestriellement et d'avance. Une SCI à l'impôt sur les sociétés, qui tient une comptabilité d'engagement, doit rattacher le produit à l'exercice auquel il se rapporte. Le loyer du trimestre janvier-mars encaissé le 1er décembre N n'est pas un produit de l'exercice N : il est neutralisé par un produit constaté d'avance au passif, puis repris en N+1.

À l'impôt sur le revenu, le raisonnement s'inverse : les revenus fonciers sont imposés sur les loyers effectivement encaissés dans l'année civile. Le loyer de janvier N+1 reçu en décembre N est imposable en N, point final. Deux régimes, deux logiques — et une source d'erreurs permanente au moment de la clôture. Nos guides comptabilité SCI et écritures de loyers déroulent le détail des écritures.

La franchise de loyer et les paliers

À l'approche d'une échéance triennale, pour retenir un commerçant qui hésite, le bailleur lâche souvent une franchise — deux, trois, six mois de gratuité — ou consent un loyer progressif par paliers. Juridiquement, c'est un avenant, et il se signe. Comptablement, c'est un avantage qu'il serait dommage de laisser s'écraser sur un seul exercice.

Le plan comptable général ne consacre pas de règle spécifique aux franchises de loyer chez le bailleur. La pratique comptable dominante retient un étalement de l'avantage consenti sur la durée ferme du bail, afin de faire apparaître un produit locatif linéaire et représentatif. Le point mérite d'être arbitré avec votre expert-comptable, en particulier quand la franchise est la contrepartie de travaux réalisés par le preneur : la qualification change alors de nature.

En trésorerie, aucune ambiguïté en revanche. Trois mois de franchise sur notre local à 1 800 €, ce sont 5 400 € qui n'entrent pas — pendant que l'échéance de prêt, la taxe foncière et la prime d'assurance, elles, tombent comme d'habitude. Un suivi de cash-flow digne de ce nom voit venir ce trou six mois à l'avance.

Le dépôt de garantie

Le dépôt de garantie n'est jamais un produit. C'est une somme reçue à charge de restitution : elle s'inscrit au passif du bilan de la SCI à l'IS (compte de dépôts et cautionnements reçus), et n'entre pas dans le résultat. Il ne devient un produit que le jour où il est acquis au bailleur, en compensation d'une créance certaine — impayés, remise en état constatée par comparaison des états des lieux.

Ce que la loi du 26 mai 2026 a changé (art. L. 145-40 réécrit). L'article 62 de la loi n° 2026-403 de simplification de la vie économique a refondu le régime des garanties du bail commercial. Les sommes exigées du preneur à titre de garantie ne peuvent plus excéder le montant des loyers dus au titre d'un trimestre ; le texte ajoute qu'« il en va de même » pour la valeur des autres sûretés (cautionnement, garantie autonome, remise de biens ou de titres). Cette rédaction ouvre un débat que la Cour de cassation n'a pas encore tranché. Deux lectures s'opposent : pour la première, conforme à l'intention affichée du législateur (l'amendement qui autorisait le cumul a été rejeté), le plafond est global, dépôt et autres sûretés confondus tenant dans un seul trimestre ; pour la seconde, défendue en doctrine (J.-D. Barbier et S. Valade), chaque catégorie a son propre plafond d'un trimestre, cumulables jusqu'à deux trimestres. Par prudence, tant que la question n'est pas jugée, une SCI bailleresse a intérêt à contenir l'ensemble de ses garanties dans un seul trimestre de loyer. Le texte supprime par ailleurs les intérêts au profit du preneur sur les sommes versées dans cette limite, impose une restitution dans un délai raisonnable ne pouvant excéder trois mois à compter de la remise des clés (six mois pour la mainlevée des autres garanties), et transfère l'obligation de restitution au nouvel acquéreur en cas de vente de l'immeuble. Les dates comptent : le plafonnement ne vise que les baux conclus ou renouvelés à compter de la promulgation — un bail en cours n'est pas concerné ; l'obligation de restitution en trois mois s'applique aux baux en cours dont la remise des clés intervient à l'expiration d'un délai de trois mois après la promulgation, soit à compter du 27 août 2026 ; le transfert au nouvel acquéreur vise les mutations intervenant après ce même délai. Une SCI qui vend son local doit donc régler cette question dans l'acte, pas après.

Deux rendez-vous à ne pas manquer :

  • À chaque indexation ou révision, vérifiez si le bail prévoit un réajustement du dépôt. Et, pour les seuls baux conclus ou renouvelés depuis le 26 mai 2026, que le plafond d'un trimestre de loyer n'est pas franchi : les baux antérieurs, dont celui de notre cas chiffré (effet au 1er janvier 2026, dépôt de deux mois), échappent à ce plafonnement.
  • À la sortie du locataire, la restitution suppose l'état des lieux de sortie de l'article L. 145-40-1 et l'arrêté des comptes de charges. Pour toute remise des clés intervenant à compter du 27 août 2026, elle doit se faire dans un délai raisonnable n'excédant pas trois mois. Sans état des lieux d'entrée, la présomption de l'article 1731 du code civil est perdue pour le bailleur qui n'a pas fait toutes diligences : prouver la dégradation devient son affaire.

Le détail des écritures, compte par compte, est ici : écritures de dépôt de garantie.

Les provisions de charges et leur régularisation

L'article L. 145-40-2 impose que tout contrat de location comporte un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts, taxes et redevances liés au bail, avec l'indication de leur répartition entre bailleur et locataire. Cet inventaire donne lieu à un état récapitulatif annuel adressé par le bailleur au locataire dans un délai fixé par voie réglementaire. En cours de bail, le bailleur informe le locataire des charges, impôts, taxes et redevances nouveaux.

Obligation de rédaction, donc, mais surtout obligation de calendrier : l'état récapitulatif est annuel, et son absence affaiblit sérieusement le bailleur le jour où le locataire conteste. Rappelons au passage que les provisions appelées ne sont pas des produits définitifs tant qu'elles n'ont pas été régularisées — la régularisation est précisément le moment où le trop-perçu devient une dette, et l'insuffisance une créance. Nos guides sur les charges locatives en SCI et sur la refacturation des charges au locataire détaillent l'exercice.

La provision pour indemnité d'éviction

Dès qu'une SCI envisage de reprendre son local, la question tombe : peut-on provisionner par anticipation ?

À l'impôt sur les sociétés, la déductibilité d'une provision suppose les conditions générales de l'article 39, 1, 5° du CGI : une charge nettement précisée quant à sa nature, probable, et rendue probable par des événements en cours à la clôture. Tant qu'aucun congé avec refus de renouvellement n'a été délivré, ce dernier ingrédient manque. La charge n'est ni probable, ni précisée : elle est hypothétique. Une provision passée « par prudence » deux ans avant le terme sera réintégrée, et le contrôleur n'aura pas besoin de creuser longtemps pour la trouver.

Une fois le congé avec refus signifié et la contestation engagée, en revanche, tout change — et là, il faut vraiment en parler avec un professionnel, parce que le montant en jeu se compte couramment en années de loyer. C'est aussi le moment de relire l'article L. 145-28, dont l'effet est brutal : aucun locataire pouvant prétendre à une indemnité d'éviction ne peut être contraint de partir avant de l'avoir touchée. Une SCI sans trésorerie ne récupère pas son local, quelle que soit la qualité de son congé. Notre guide sur l'indemnité d'éviction en SCI creuse le sujet.

Les autres impôts que le calendrier déclenche

Prélèvement Lien avec le calendrier du bail
TVA sur les loyersSi l'option de l'art. 260, 2° du CGI a été exercée : chaque avis d'échéance doit porter la TVA. Voir SCI et TVA
CRLContribution de 2,5 % (art. 234 nonies du CGI) sur les revenus des immeubles achevés depuis au moins quinze ans au 1er janvier de l'année d'imposition. Elle vise les personnes morales passibles de l'IS et assimilées : une SCI à l'IR dont tous les associés sont des personnes physiques n'en est pas redevable. Sont notamment exonérés les revenus soumis à la TVA et les loyers annuels n'excédant pas 1 830 € par local. Voir CRL et SCI à l'IS
Taxe foncièreSa refacturation au preneur dépend de l'inventaire de l'art. L. 145-40-2 et du décret d'application. Voir taxe foncière en SCI
Taxe sur les bureauxArt. 231 ter du CGI : due par le propriétaire au 1er janvier, en Île-de-France, sur les bureaux, locaux commerciaux, locaux de stockage et surfaces de stationnement (des régimes analogues existent ailleurs). Voir taxe sur les bureaux
CFEAttention au contresens fréquent : l'article 1447, I du CGI répute exercée à titre professionnel la location d'immeubles nus à usage autre que l'habitation. Une SCI qui loue des murs commerciaux nus n'échappe à la CFE que tant que ses recettes brutes hors taxes de location tirées de cette activité restent inférieures à 100 000 € sur la période de référence (montant ramené à douze mois) ; au-delà, elle en est redevable. Sur notre cas chiffré à 21 600 € de loyer annuel, la SCI reste hors champ — mais deux ou trois lots suffisent à franchir le seuil. Voir CFE et SCI

Toutes ces échéances finissent par se croiser dans le calendrier fiscal de la SCI, et la règle y est la même que pour le bail : ce qui n'est pas dans l'agenda n'existe pas.


8. Les cinq erreurs de calendrier qui coûtent le plus cher

Aucune des cinq erreurs qui suivent ne relève de la mauvaise foi ou de l'incompétence. Toutes viennent d'une lecture intuitive du bail commercial — celle qui consiste à croire qu'un contrat de neuf ans se comporte comme n'importe quel contrat à durée déterminée. La bonne nouvelle, c'est qu'un agenda et deux réflexes suffisent à les éliminer.

Erreur 1 — Croire que le bail s'arrête tout seul à neuf ans

L'erreur matricielle, celle dont découlent presque toutes les autres. L'article L. 145-9 écarte les articles 1736 et 1737 du code civil : le bail ne cesse que par congé ou demande de renouvellement. Le gérant qui a noté « fin du bail : 30 juin 2025 » dans son agenda et n'a rien fait de plus n'a pas récupéré son local le 1er juillet 2025. Il se retrouve avec un bail à durée indéterminée, aux conditions de 2016, et un locataire libre de partir à chaque trimestre.

Le coût : l'écart entre le loyer indexé et la valeur locative, multiplié par les années perdues. Sur un local loué 25 % sous le marché, trois ans de prolongation représentent grosso modo une année entière de loyer envolée.

Erreur 2 — Envoyer un congé six mois avant une date qui n'est pas une échéance

Six mois de préavis n'ont de sens que rapportés à une échéance valable : fin de période triennale, terme du bail, ou — en prolongation — dernier jour d'un trimestre civil. Un congé calé sur « six mois à partir d'aujourd'hui » tombe à côté dans la quasi-totalité des cas.

Le coût : côté bailleur, un acte de commissaire de justice à refaire et six mois de plus à attendre. Côté locataire, trois ans de loyer supplémentaires. L'erreur se paie dans les deux sens.

Le corollaire est moins connu, et il compte : un congé prématuré ou mal daté n'est pas forcément nul. Les juges lui font souvent produire effet à la première échéance utile postérieure. Ne concluez donc jamais qu'un congé « mal fait » est sans effet — il peut très bien produire le sien, simplement trois ans plus tard que ce que son auteur avait en tête.

Erreur 3 — Ne pas répondre à une demande de renouvellement dans les trois mois

L'article L. 145-10 ne pardonne rien : faute d'avoir fait connaître ses intentions dans les trois mois, le bailleur est réputé avoir accepté le principe du renouvellement. Pas de relance, pas de mise en demeure préalable, pas d'indulgence pour l'associé qui était en vacances au mois d'août.

Le coût : neuf ans d'engagement non voulu, et la perte définitive du droit de refuser pour cette échéance-là. Si la SCI nourrissait un projet — vendre libre, reprendre pour un autre usage, restructurer l'immeuble —, ce projet vient d'être repoussé d'une décennie.

La parade : une règle interne, écrite noir sur blanc dans la SCI. Tout recommandé venant du locataire est ouvert sous 48 heures, scanné, daté, transmis au conseil. Ce n'est pas de la paperasse, c'est de la gouvernance ordinaire — notre guide sur le rôle et les pouvoirs du gérant de SCI replace cette obligation dans son cadre.

Erreur 4 — Confondre tacite prolongation et tacite reconduction

Le vocabulaire n'est jamais un détail. Croire que le bail « s'est reconduit pour neuf ans » produit trois décisions fausses à la suite : on ne surveille plus les congés trimestriels du preneur, on ne compte plus les douze ans, et on surestime la valeur de l'immeuble à la revente comme au refinancement.

Le coût : une décote qu'on découvre chez le notaire, le jour de la signature, quand l'acquéreur ou sa banque lit enfin le bail et constate qu'il n'y a plus une seule année ferme devant.

Erreur 5 — Laisser courir un bail au-delà de douze ans sans mesurer l'effet

Franchir la barre des douze ans n'est ni bon ni mauvais en soi. C'est une décision, et elle doit être prise comme telle. Elle ouvre le déplafonnement du loyer au renouvellement — sans lissage depuis l'arrêt du 16 octobre 2025 — ce qui est excellent quand le loyer est sous le marché, et douloureux quand il est au-dessus.

Le coût d'un franchissement subi : sur un marché de commerce détendu, la SCI qui déclenche un déplafonnement alors que son loyer dépasse déjà la valeur locative voit ce loyer baisser durablement. Sans amortisseur, et sans retour possible.

La parade : faire évaluer la valeur locative avant d'atteindre les douze ans, puis arbitrer en connaissance de cause. Et pas un simple avis de valeur d'agence : une évaluation menée selon la méthode des articles R. 145-3 à R. 145-7 (surface pondérée, facteurs locaux de commercialité, obligations respectives des parties), la seule qui tienne devant le juge des loyers. Comptez couramment 1 500 à 3 000 € HT, davantage sur un actif atypique ou monovalent. Une erreur d'arbitrage, elle, se chiffre en dizaines de milliers.

Une check-list courte, à relire chaque année en assemblée

  • Date de prise d'effet du bail et durée : notées et vérifiées sur le contrat, pas de mémoire.
  • Prochaine échéance triennale et sa date de préavis : dans l'agenda.
  • Terme du bail et date de préavis : dans l'agenda, avec neuf mois d'avance.
  • Indexation : appliquée cette année ? Sur quel indice, quelle formule ?
  • État récapitulatif annuel des charges : envoyé ?
  • Durée effective écoulée : combien d'années depuis la prise d'effet ? Approche-t-on des douze ans ?

Mettez ce point à l'ordre du jour de l'assemblée générale annuelle, au même rang que l'approbation des comptes. Dans la plupart des SCI que nous accompagnons, le bail commercial est l'actif qui produit l'essentiel des recettes. Il mérite mieux qu'une ligne dans le grand livre.


9. Six questions de terrain sur les échéances d'un bail commercial

Six questions qui reviennent à chaque rendez-vous avec un gérant de SCI propriétaire de murs commerciaux. Les seize autres — congés, délais, formes, déplafonnement — sont regroupées dans la FAQ dépliable, en bas de page.

Mon locataire a cédé son fonds de commerce : les échéances repartent-elles à zéro ?

Non. La cession du bail ou du fonds transmet le contrat tel qu'il est : même date de prise d'effet, mêmes périodes triennales, même terme, même durée effective écoulée pour le calcul des douze ans. Le cessionnaire hérite du calendrier de son prédécesseur. Une seule obligation nouvelle s'attache à l'opération : l'article L. 145-40-1 impose un état des lieux lors de la cession du droit au bail comme lors de la cession ou de la mutation à titre gratuit du fonds. C'est le moment de le faire, pas trois ans plus tard.

Si ma SCI vend l'immeuble, l'acquéreur reprend-il les échéances ?

Oui. L'article 1743 du code civil protège le locataire dont le bail est authentique ou a date certaine : l'acquéreur ne peut pas l'expulser. Le bail suit l'immeuble, avec ses échéances, son loyer et son indexation. C'est pourquoi la due diligence d'un acquéreur commence toujours par le bail : durée résiduelle ferme, date du dernier renouvellement, durée effective écoulée. Un bail en tacite prolongation depuis quatre ans se négocie moins cher qu'un bail renouvelé l'an dernier — même immeuble, même loyer, même locataire. Tout est là : vendre un immeuble détenu en SCI.

Le locataire peut-il donner congé « à la triennale » pendant la tacite prolongation ?

La question n'a plus d'objet : pendant la prolongation, il n'existe plus de périodes triennales. Le bail est à durée indéterminée. Le congé se donne au moins six mois à l'avance et pour le dernier jour d'un trimestre civil (art. L. 145-9, al. 2), donc quatre fois par an au lieu d'une fois tous les trois ans. Beaucoup de bailleurs raisonnent encore en périodes après le terme : c'est ce qui leur fait manquer un départ annoncé en février pour le 30 septembre.

Faut-il un avenant pour appliquer l'indexation annuelle ?

Non. La clause d'échelle mobile joue de plein droit, à la date et selon la formule qu'elle prévoit : aucun accord nouveau n'est nécessaire. En pratique, adressez au locataire un avis d'échéance détaillant l'indice de départ, l'indice d'arrivée, le coefficient et le nouveau loyer — et conservez ce calcul. C'est cette pièce, et non l'avenant, qui vous servira si l'indexation est un jour contestée. En revanche, une modification de la clause elle-même (changement d'indice, de périodicité) suppose bien un avenant signé.

Mon locataire est placé en procédure collective : le bail tombe-t-il ?

Non, pas de plein droit. L'article L. 145-45 du code de commerce pose le principe que la procédure collective du preneur n'entraîne pas de plein droit la résiliation du bail de l'immeuble dans lequel le fonds est exploité — et toute stipulation contraire du bail est réputée non écrite. Le sort du contrat dépend ensuite du livre VI du code de commerce et des décisions des organes de la procédure. Côté bailleur, la conséquence de calendrier tient en une ligne : les échéances du bail continuent de courir comme avant, mais les déclarations de créance, elles, obéissent à des délais bien plus courts qu'on ne l'imagine. Détail dans notre guide sur la SCI face à une procédure collective.

Combien de temps faut-il conserver les actes liés au bail ?

Gardez tout, et longtemps. Le bail, ses avenants, les états des lieux, les congés et les accusés de réception sont les seules pièces qui permettent de reconstituer une durée effective ou de prouver la date d'un congé quinze ans après. Les actions personnelles se prescrivent en principe par cinq ans à compter du jour où le titulaire a connu les faits (art. 2224 du code civil), mais une SCI qui détient un local depuis vingt ans aura besoin, le jour du déplafonnement, de la date de fixation initiale du loyer du bail expiré. Nos repères de durée figurent dans le guide sur les documents à conserver en SCI.

Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les échéances d'un bail commercial se lisent d'abord dans le contrat lui-même, clause par clause : avant toute décision de congé, de refus ou de renouvellement, faites relire votre bail par un professionnel.

Suivez les échéances de vos baux dans SCI-AI

Chaque bail rattaché à son bien. Chaque échéance triennale calculée. Chaque loyer indexé répercuté dans les écritures, et la liasse fiscale générée à partir de ces mêmes données. Plus de fenêtre ratée, et une comptabilité qui suit sans que vous ayez à la relancer.

Sources

  • Code de commerce, art. L. 145-4, L. 145-5, L. 145-5-1, L. 145-7-1, L. 145-9, L. 145-10, L. 145-12, L. 145-14, L. 145-15, L. 145-17, L. 145-18, L. 145-21, L. 145-23-1, L. 145-24, L. 145-28, L. 145-32-1, L. 145-33, L. 145-34, L. 145-38, L. 145-38-1, L. 145-39, L. 145-40, L. 145-40-1, L. 145-40-2, L. 145-41, L. 145-45 et L. 145-46-1 ; art. R. 145-3 à R. 145-7, R. 145-36 et R. 145-38 (Légifrance).
  • Loi n° 2014-626 du 18 juin 2014 relative à l'artisanat, au commerce et aux très petites entreprises (loi Pinel) ; décret n° 2014-1317 du 3 novembre 2014.
  • Loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques (forme du congé, art. L. 145-9).
  • Loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique, art. 62 (création des art. L. 145-32-1 et L. 145-38-1, réécriture de l'art. L. 145-40, ajout de la référence à l'art. L. 145-32-1 dans l'art. L. 145-15) ; titre X de la même loi pour les art. L. 145-41 et L. 145-46-1.
  • Cass. 3e civ., 24 octobre 2019, n° 18-24.077, publié au bulletin (forme du congé triennal du preneur).
  • Cass. 3e civ., 16 octobre 2025, n° 23-23.834, publié au bulletin (champ d'application de l'étalement du dernier alinéa de l'art. L. 145-34).
  • Cass. 3e civ., 9 juillet 2026, n° 25-11.167 (date d'effet du bail renouvelé demandé pendant la tacite prolongation et appréciation des douze ans).
  • INSEE, Informations rapides n° 154 du 24 juin 2026 : indice des loyers commerciaux du 1er trimestre 2026 (135,26 ; − 0,45 % sur un an).
  • Code monétaire et financier, art. L. 112-1 et L. 112-2 (indices ILC et ILAT) ; code civil, art. 1731, 1736, 1737, 1743 et 2224 ; code du tourisme, art. L. 321-1.
  • CGI, art. 39, 1, 5°, 231 ter, 234 nonies, 260, 2°, 261 D et 1447, I (seuil de 100 000 € de recettes brutes pour la location d'immeubles nus) ; BOFiP, BOI-RFPI-CTRL-20-10 (champ d'application de la CRL) et BOI-IF-CFE-10-20-30 (location ou sous-location d'immeubles nus).
FAQ

Questions fréquentes

Non, et c'est le contresens le plus coûteux. L'article L. 145-9 du code de commerce écarte expressément les articles 1736 et 1737 du code civil : le bail ne cesse que par l'effet d'un congé donné six mois à l'avance ou d'une demande de renouvellement. À défaut, le bail écrit se prolonge tacitement au-delà du terme fixé au contrat. Votre SCI reste liée, aux conditions financières de 2017 si le bail date de 2017.
Surtout pas. La tacite prolongation de l'article L. 145-9 donne naissance à un bail à durée indéterminée : le même contrat continue, aux mêmes clauses, jusqu'à ce que l'une des parties y mette fin. Personne ne se réengage pour neuf ans. La tacite reconduction du droit commun, elle, fait naître un contrat nouveau — et le mot « reconduction » ne figure nulle part à l'article L. 145-9.
Seulement dans des cas limités. L'article L. 145-4, alinéa 3, réserve cette faculté au bailleur qui entend invoquer les articles L. 145-18, L. 145-21, L. 145-23-1 et L. 145-24, et pour les seules finalités que le texte énumère : construire, reconstruire ou surélever l'immeuble existant, réaffecter le local d'habitation accessoire à cet usage, transformer à usage principal d'habitation un immeuble existant par reconstruction, rénovation ou réhabilitation, exécuter des travaux prescrits ou autorisés dans le cadre d'une opération de restauration immobilière, ou démolir l'immeuble dans le cadre d'un projet de renouvellement urbain. Hors de ces finalités — et le motif purement économique n'y figure pas —, la fenêtre triennale appartient au seul locataire.
Par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par acte extrajudiciaire, au choix (art. L. 145-4, al. 2). La Cour de cassation l'a confirmé le 24 octobre 2019 (3e civ., n° 18-24.077, publié) : c'est l'article L. 145-4 qui gouverne le congé triennal du preneur, pas l'article L. 145-9. Un gérant de SCI qui refuserait un congé triennal au motif qu'il arrive par lettre recommandée se tromperait — et s'exposerait à un contentieux qu'il perdrait.
Non, et la différence est radicale. L'article L. 145-9, dernier alinéa, dans sa rédaction issue de la loi n° 2015-990 du 6 août 2015, impose l'acte extrajudiciaire, c'est-à-dire le commissaire de justice. Une lettre recommandée ne vaut pas congé. L'acte doit en outre, à peine de nullité, préciser les motifs du congé et indiquer que le locataire qui entend le contester ou demander une indemnité d'éviction doit saisir le tribunal dans les deux ans de la date pour laquelle le congé a été donné.
Pas librement. L'article L. 145-15 répute non écrites les clauses qui font échec, notamment, à l'article L. 145-4. Les seules dérogations admises figurent dans le texte lui-même : bail conclu pour une durée supérieure à neuf ans, locaux construits en vue d'une seule utilisation (monovalents), locaux à usage exclusif de bureaux, locaux de stockage mentionnés au 3° du III de l'article 231 ter du code général des impôts. Hors de ces cas, la clause tombe.
Au dernier jour d'un trimestre civil, et six mois au moins après sa délivrance (art. L. 145-9, al. 2). Un congé signifié le 20 février 2026 ne peut donc pas prendre effet le 20 août : la première échéance utile est le 30 septembre 2026. Cette règle du trimestre civil ne joue que pendant la prolongation ; pour le terme contractuel du bail, le congé vise la date d'expiration prévue au contrat.
Trois mois, et le silence vaut acceptation. L'article L. 145-10 impose au bailleur de faire connaître son refus par acte extrajudiciaire dans les trois mois de la notification, en précisant les motifs. À défaut, il est réputé avoir accepté le principe du renouvellement du bail précédent. Une SCI qui classe le pli en attendant l'assemblée générale s'engage pour neuf ans sans s'en rendre compte.
Le plafonnement indiciaire cesse de s'appliquer lorsque, par l'effet d'une tacite prolongation, la durée du bail excède douze ans (art. L. 145-34, al. 3). Le loyer du bail renouvelé est alors fixé à la valeur locative des articles L. 145-33 et R. 145-3 et suivants. Attention : « déplafonné » ne veut pas dire « augmenté ». Si la valeur locative de marché est inférieure au loyer en cours, le déplafonnement joue contre le bailleur.
Non, et c'est un apport récent. Par un arrêt publié du 16 octobre 2025 (Cass. 3e civ., n° 23-23.834), la Cour de cassation juge que l'étalement du dernier alinéa de l'article L. 145-34 ne s'applique qu'en cas de modification notable des quatre premiers éléments de la valeur locative, ou lorsque la durée du bail est contractuellement supérieure à neuf ans — et non aux baux de neuf ans qui se sont poursuivis par tacite prolongation au-delà de douze ans. La hausse est alors due en une fois.
L'indexation résulte d'une clause d'échelle mobile du bail : elle joue automatiquement, à la périodicité prévue, sans demande. La révision triennale de l'article L. 145-38 est un droit légal : elle suppose une demande, ne peut être formée que trois ans au moins après l'entrée en jouissance ou le point de départ du bail renouvelé, et prend effet à la date de la demande. Les deux coexistent, mais ne se cumulent pas mécaniquement.
Neuf ans, sauf accord des parties pour une durée plus longue (art. L. 145-12). Il n'existe pas de renouvellement pour une durée plus courte. Et l'allongement conventionnel n'est pas neutre : au-delà de neuf ans contractuels, le plafonnement de l'article L. 145-34 ne s'applique plus au renouvellement suivant, et le lissage de 10 % par an redevient applicable.
Vous le pouvez, mais en payant. Le refus de renouvellement ouvre droit à l'indemnité d'éviction de l'article L. 145-14, sauf motif grave et légitime, insalubrité ou absence de droit au renouvellement du preneur (art. L. 145-17). Vouloir vendre libre ou relouer plus cher n'a jamais figuré parmi ces motifs. Et tant que l'indemnité n'est pas payée, le locataire se maintient dans les lieux (art. L. 145-28).
Ce n'est pas obligatoire. L'article L. 145-40-1 impose l'état des lieux à la prise de possession et à la restitution des locaux, ainsi qu'en cas de cession du droit au bail ou du fonds. Franchir une période triennale n'est ni l'un ni l'autre. En revanche, le bailleur qui n'a pas fait toutes diligences pour l'établir ne peut plus invoquer la présomption de l'article 1731 du code civil : c'est une perte de moyens de preuve, pas une amende.
À l'impôt sur les sociétés, en comptabilité d'engagement, le loyer d'un trimestre encaissé le 1er décembre pour janvier-mars est un produit constaté d'avance : seule la fraction courue rattachable à l'exercice reste en produit, le solde est neutralisé au passif. À l'impôt sur le revenu, la SCI est imposée sur les loyers effectivement encaissés dans l'année : la question ne se pose pas dans les mêmes termes. Depuis la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, le paiement mensuel du loyer est par ailleurs de droit lorsque le preneur d'un local destiné à une activité de commerce de détail ou de gros ou de prestations de services à caractère commercial ou artisanal le demande et n'a pas d'arriéré non contesté (art. L. 145-32-1). Le champ est limité : bureaux à usage exclusif, entrepôts et locaux de stockage restent hors du dispositif, et le rythme trimestriel y demeure opposable au preneur.
Seulement si les conditions générales des provisions sont réunies : charge nettement précisée, probable, et rendue probable par un événement en cours à la clôture (art. 39, 1, 5° du CGI, pour une SCI à l'IS). Tant qu'aucun congé avec refus de renouvellement n'a été délivré, l'événement n'existe pas. Une provision constituée « par prudence » dès la huitième année serait réintégrée en cas de contrôle.