Ce guide est à vocation pédagogique. Il ne constitue pas un conseil juridique individuel. En cas de conflit entre associés ou de situation complexe, consultez un avocat spécialisé en droit des sociétés.
Assemblée Générale SCI : Obligations, Convocation et PV (2026)
Beaucoup de SCI n'ont jamais tenu d'AG depuis leur création. C'est une erreur grave. L'assemblée générale n'est pas un formalisme facultatif : c'est une obligation légale, avec des risques civils et fiscaux graves pour le gérant qui l'ignore, et un risque de remise en cause de tous les actes de la société. Ce guide couvre tout : obligation, convocation, quorum, PV, modèles, cas particuliers.
Mise à jour 2024 : La loi n° 2024-537 du 13 juin 2024 (entrée en vigueur le 14 septembre 2024) a modifié l'article 1853 du Code civil pour autoriser explicitement la consultation écrite par voie électronique, à condition que les statuts définissent les modalités. Les SCI dont les statuts prévoient la consultation écrite peuvent désormais s'appuyer sur ce texte pour dématérialiser leurs décisions collectives.
Sommaire
- 1. L'obligation légale d'AG annuelle en SCI
- 2. Les 3 formes de prise de décision en SCI
- 3. Tableau : quelle décision, quelle majorité ?
- 4. Étape 1 — Convoquer l'AG : délai, forme et contenu
- 5. Les documents obligatoires de l'AG (rapport de gérance, comptes, feuille de présence, pouvoir)
- 6. Étape 2 — Tenir l'AG : quorum, vote, quitus
- 7. Étape 3 — Rédiger le PV et tenir le registre
- 8. Cas particuliers (gérant récalcitrant, mineur, démembrement, visio, décès)
- 9. SCI à l'IR vs SCI à l'IS : différences pratiques
- 10. Affectation du résultat : bénéfice, déficit, dividendes
- 11. AG manquantes : risques, sanctions et régularisation
- 12. FAQ
L'obligation légale d'AG annuelle en SCI
Contrairement à une idée reçue, la loi ne dit nulle part explicitement « la SCI doit tenir une assemblée générale annuelle ». Ce qu'elle dit, c'est que le gérant doit rendre compte de sa gestion aux associés au moins une fois par an (art. 1856 Code civil). Et c'est précisément cette obligation de reddition de compte qui génère, en pratique, une AG annuelle obligatoire.
Article 1856 du Code civil
« Les gérants doivent, au moins une fois dans l'année, rendre compte de leur gestion aux associés. Cette reddition de compte doit comporter un rapport écrit d'ensemble sur l'activité de la société au cours de l'année ou de l'exercice écoulé comportant l'indication des bénéfices réalisés ou prévisibles et des pertes encourues ou prévues. »
En parallèle, les associés ont le droit d'obtenir communication des livres et documents sociaux au moins une fois par an, et de poser des questions écrites sur la gestion auxquelles le gérant doit répondre sous un mois (art. 1855 Code civil).
Ces deux obligations combinées impliquent dans quasiment toutes les SCI la tenue d'une assemblée générale ordinaire annuelle (AGOA) consacrée a minima à :
- L'approbation du rapport de gestion du gérant
- L'approbation des comptes de l'exercice écoulé
- L'affectation du résultat (report à nouveau, distribution, réserves)
Délai recommandé : dans les 6 mois après la clôture
Contrairement aux SARL (art. L. 223-26 C.com), aucun texte légal ne fixe un délai chiffré aux SCI : l'art. 1856 CC impose seulement de rendre compte « au moins une fois dans l'année ». En pratique, les statuts prévoient souvent un délai de 3 à 6 mois après la clôture, et les banques ou l'administration attendent généralement les comptes dans ce délai. Pour une clôture au 31 décembre, viser une AG avant le 30 juin reste la bonne pratique — mais ce n'est pas une obligation légale chiffrée pour les SCI.
Calendrier type — SCI avec exercice clôturant au 31 décembre
| Étape | Délai légal / recommandé | Date indicative (clôture 31/12/N) |
|---|---|---|
| Clôture de l'exercice | — | 31/12/N |
| Finalisation des comptes par l'expert-comptable | Bonne pratique : 6 à 10 semaines | Fin février / mars N+1 |
| Envoi de la convocation LRAR | Au moins 15 jours avant l'AG | Avant mi-mai N+1 (si AG fin mai) |
| Tenue de l'AG annuelle | Bonne pratique : avant le 30 juin N+1 | Idéalement avril–juin N+1 |
| Dépôt déclaration 2072 (SCI IR) | Date limite : mi-mai N+1 | ~15 mai N+1 (avant l'AG si clôture tardive) |
| Dépôt liasse fiscale IS (SCI IS) | Selon régime : 3 à 4 mois après clôture | ~18 mai N+1 (régime simplifié) |
| PV d'AG rédigé et inséré dans le registre | Dès l'AG tenue | Dans la semaine suivant l'AG |
| ⚠ Pour SCI IR : les comptes doivent souvent être faits AVANT la déclaration 2072, pas après | La déclaration 2072 reprend les données des comptes → préparez les comptes en mars-avril pour tenir l'AG avant mi-mai | |
Les 3 formes de prise de décision en SCI
Le Code civil prévoit trois façons de prendre des décisions collectives en SCI. Les statuts déterminent laquelle (ou lesquelles) s'appliquent.
Réunion en assemblée (art. 1853 al. 1)
La forme classique : les associés se réunissent physiquement (ou en visioconférence si les statuts/tous les associés y consentent). Convocation par LRAR au moins 15 jours avant. PV obligatoire. C'est la forme la plus sécurisée juridiquement.
Consultation écrite (art. 1853 al. 2 — modifié par la loi 2024)
Si les statuts le prévoient, les décisions peuvent résulter d'une consultation écrite, y compris par voie électronique depuis la loi du 13 juin 2024. Les documents nécessaires sont envoyés aux associés, qui répondent dans un délai fixé par les statuts (minimum recommandé : 15 jours). Un PV est établi. Pratique pour les SCI avec associés dispersés géographiquement.
Acte signé de tous les associés (art. 1854)
La décision résulte du consentement de tous les associés exprimé dans un acte. Pas besoin de réunion ni de consultation formelle : tous signent simplement un document constatant leur accord. Ne peut pas se substituer à l'approbation annuelle des comptes si des tiers (banques, administration) attendent un PV d'AG. Valide surtout pour les décisions ponctuelles.
AGO vs AGE : une distinction sans valeur juridique en SCI. Contrairement aux SA et SARL, la distinction entre « assemblée générale ordinaire » et « assemblée générale extraordinaire » n'a aucune portée légale en SCI. Ce n'est pas la nature de l'assemblée qui détermine la majorité requise, mais le type de décision et ce que prévoient les statuts.
En pratique, les gérants et notaires utilisent néanmoins ces termes pour distinguer les décisions de gestion courante des décisions structurantes. Voici comment s'opère ce classement :
| Type de décision | Appellation courante | Majorité habituelle |
|---|---|---|
| Décisions ordinaires (gestion courante) | ||
| Approbation des comptes annuels | AGO | Prévue par statuts (unanimité si muets) |
| Affectation du résultat (dividendes, réserves, report) | AGO | Prévue par statuts (unanimité si muets) |
| Nomination / révocation du gérant | AGO | Prévue par statuts (unanimité si muets) |
| Rémunération du gérant | AGO | Prévue par statuts (unanimité si muets) |
| Décisions extraordinaires (modifications structurantes) | ||
| Modification des statuts | AGE | Unanimité (art. 1836 CC) — sauf clause contraire |
| Changement d'objet social, transfert de siège | AGE | Unanimité (art. 1836 CC) — sauf clause contraire |
| Augmentation / réduction de capital | AGE | Unanimité impérative si engagements alourdis (art. 1836 al. 2 CC) |
| Dissolution / liquidation de la SCI | AGE | Unanimité (art. 1844-7 CC) |
| Agrément d'un nouvel associé (cession de parts) | AGE | Selon clause d'agrément des statuts |
Tableau : quelle décision, quelle majorité ?
C'est ici que réside la principale source de confusion. En SCI, la règle de base est simple mais souvent mal comprise :
Article 1852 du Code civil — règle supplétive
« Les décisions qui excèdent les pouvoirs reconnus aux gérants sont prises selon les dispositions statutaires ou, en l'absence de telles dispositions, à l'unanimité des associés. »
Traduction : si vos statuts ne disent rien, la règle par défaut est l'unanimité pour toute décision dépassant les pouvoirs du gérant. Les statuts peuvent déroger à cette règle (sauf pour l'augmentation des engagements des associés qui reste irréductiblement unanime).
| Type de décision | Majorité par défaut (statuts muets) |
Aménageable par statuts ? |
Référence |
|---|---|---|---|
| Gestion courante (pouvoirs du gérant) | Gérant seul | Oui | Art. 1848 CC |
| Approbation des comptes annuels | Unanimité | Oui | Art. 1852 + 1856 CC |
| Affectation du résultat | Unanimité | Oui | Art. 1852 CC |
| Nomination du gérant | Majorité des parts | Oui | Art. 1846 CC |
| Révocation du gérant | Majorité des parts | Oui | Art. 1851 CC |
| Rémunération du gérant | Unanimité | Oui | Art. 1852 CC |
| Modification des statuts | Unanimité | Oui (ex : 2/3) | Art. 1836 al. 1 CC |
| Augmentation des engagements des associés | UNANIMITÉ IMPÉRATIVE | NON | Art. 1836 al. 2 CC |
| Cession de parts sociales | Agrément tous associés | Oui | Art. 1861 CC |
| Achat/vente d'immeuble (si hors pouvoirs gérant) | Unanimité | Oui | Art. 1852 CC |
| Dissolution de la SCI | Unanimité | Oui | Art. 1844-7 CC |
Aucun quorum légal en SCI. La loi ne prévoit aucun quorum minimum pour les SCI. Une AG réunissant un seul associé (sur plusieurs) est valide si l'ordre du jour est compatible avec la majorité requise. C'est uniquement si les statuts prévoient un quorum qu'il s'applique.
Étape 1 — Convoquer l'AG : délai, forme et contenu
La règle des 15 jours par LRAR
L'article 40 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 impose de convoquer les associés par lettre recommandée avec avis de réception (LRAR), expédiée au moins 15 jours avant la date de l'assemblée. Le délai court à compter de la date d'expédition du courrier (et non de sa réception). Les statuts peuvent prévoir un délai plus long mais pas plus court.
Exemple concret
AG prévue le 15 juin → la LRAR doit être expédiée au plus tard le 31 mai (15 jours avant, le jour de l'AG étant compté). En pratique, envoyez-la 3 à 4 semaines avant pour vous laisser une marge confortable.
Ce que la convocation doit obligatoirement mentionner
L'article 40 du décret 78-704 précise que l'ordre du jour doit être rédigé de sorte que « le contenu et la portée des questions qui y sont inscrites apparaissent clairement sans qu'il y ait lieu de se reporter à d'autres documents ». En pratique, la convocation doit mentionner :
- La dénomination sociale, siège social, capital, numéro SIREN de la SCI
- La date, l'heure et le lieu de l'AG
- L'ordre du jour (chaque point listé clairement)
- La possibilité de se faire représenter par un mandataire
- L'information que les documents (rapport de gestion, comptes) sont consultables au siège social
Rédiger un ordre du jour précis : exemples
L'ordre du jour doit être suffisamment précis pour que les associés sachent exactement sur quoi ils voteront. On ne peut pas voter sur une résolution non annoncée à la convocation (sauf accord unanime de tous les associés présents). Voici les formulations exactes à utiliser pour les cas courants :
Formulations d'ordre du jour — exemples courants
"Questions diverses" ne permet pas de voter. Inscrire un point en "questions diverses" autorise uniquement les discussions et questions orales — pas un vote formel sur une résolution. Si vous souhaitez qu'une décision soit prise, formulez un point précis à l'ordre du jour.
Modèle de convocation
Modèle de lettre de convocation
SCI [NOM]
Capital social : [X] € — Siège : [adresse] — RCS [ville] n° [SIREN]
Lettre recommandée avec accusé de réception
À [Prénom Nom de l'associé]
[Adresse]
[Lieu], le [date]
Objet : Convocation à l'Assemblée Générale Ordinaire Annuelle
Madame, Monsieur,
En ma qualité de gérant(e) de la SCI [NOM], j'ai l'honneur de vous convoquer à l'assemblée générale ordinaire annuelle qui se tiendra le [date] à [heure], au [lieu complet].
Ordre du jour :
1. Rapport de gestion du gérant sur l'exercice clos le [31/12/N]
2. Approbation des comptes de l'exercice [N]
3. Affectation du résultat de l'exercice [N]
[4. Toute résolution supplémentaire, décrite précisément]
5. Questions diverses
Conformément à l'article 40 du décret n° 78-704, les documents nécessaires à votre information sont tenus à votre disposition au siège social. Vous pouvez vous faire représenter par un associé ou tout tiers muni d'un pouvoir écrit.
[Signature du gérant]
La LRAR non réclamée reste valide
Si un associé refuse délibérément de récupérer la LRAR, la convocation reste juridiquement valide dès lors qu'elle a été envoyée à la bonne adresse dans le délai légal (Cass. 3e civ., 4 oct. 1989). Conservez précieusement le récépissé d'envoi et mentionnez dans le PV que l'associé a été « régulièrement convoqué par LRAR du [date], avis de réception non réclamé ».
Exception : convocation verbale si tous les associés sont présents
Si tous les associés sont présents ou représentés et y consentent, l'AG peut se tenir sans convocation formelle ni délai de 15 jours. Cette exception est particulièrement utile pour les petites SCI familiales (époux + enfants, deux associés). Il suffit que le PV mentionne que tous les associés étaient présents et qu'ils ont renoncé aux formalités de convocation. En l'absence de tout associé, la LRAR reste impérative.
Les documents obligatoires de l'AG
Une AG annuelle repose sur un corpus de documents précis — certains sont préparés par le gérant avant l'assemblée, d'autres sont établis pendant ou après. L'absence ou l'insuffisance de l'un de ces documents expose la société à des contestations ultérieures ou à un redressement fiscal.
Chronologie des documents
Avant l'AG
- • Lettre de convocation (LRAR)
- • Ordre du jour
- • Rapport de gérance
- • Comptes annuels
- • Pouvoirs de représentation
Pendant l'AG
- • Feuille de présence
- • Brouillon de résolutions
Après l'AG
- • Procès-verbal
- • Inscription au registre des délibérations
- • Publication JAL (si modif. statutaire)
1. Le rapport de gérance
C'est le document central de l'AG annuelle. L'article 1856 du Code civil impose au gérant de rédiger un rapport écrit d'ensemble sur l'activité de la société au cours de l'exercice écoulé, comportant obligatoirement l'indication des bénéfices réalisés ou prévisibles et des pertes encourues ou prévues. La loi impose donc la forme écrite — un simple exposé verbal ne suffit pas.
Contenu minimal imposé par l'art. 1856 CC
- → Rapport écrit d'ensemble sur l'activité
- → Bénéfices réalisés ou prévisibles
- → Pertes encourues ou prévues
En pratique, les statuts et les banques attendent bien plus. Un rapport de gérance complet devrait couvrir :
SCI à l'IR — contenu recommandé
- • Identification : dénomination, SIREN, exercice couvert, associés et leurs parts
- • Patrimoine immobilier : liste des biens détenus, situation locative (loués / vacants / travaux), loyers appelés et perçus
- • Travaux et charges : travaux réalisés dans l'exercice, charges exceptionnelles
- • Emprunts : capital restant dû à la clôture, intérêts payés dans l'exercice
- • Résultat foncier : recettes − charges = résultat, répartition entre les associés proportionnellement à leurs parts
- • Perspectives N+1 : travaux planifiés, renouvellements de baux, projets d'acquisition ou de cession
- • Événements postérieurs à la clôture (sinistre, litige, changement de locataire)
SCI à l'IS — contenu recommandé (plus dense)
- • Tous les points SCI IR ci-dessus, plus :
- • Analyse du bilan : évolution de l'actif immobilisé, amortissements, valeur nette comptable des biens
- • Analyse du compte de résultat : chiffre d'affaires (loyers), dotations aux amortissements, charges financières, IS de l'exercice
- • Tableau des amortissements par composant (gros œuvre, toiture, réseaux…)
- • Situation de trésorerie et endettement net
- • Résultat distribuable calculé, options d'affectation proposées aux associés
- • Conventions réglementées : opérations avec des associés ou des sociétés liées (même si le régime des conventions réglementées des SARL ne s'applique pas aux SCI, les mentionne par bonne pratique)
Quand envoyer le rapport de gérance ? La convocation mentionne que les documents (rapport de gérance, comptes) sont « tenus à disposition au siège social ». En pratique, joindre le rapport de gérance à la lettre de convocation ou l'envoyer séparément dans les jours suivants est fortement recommandé : cela permet aux associés de préparer des questions et facilite le vote en AG. En SCI IS avec expert-comptable, les comptes sont souvent finalisés 4 à 6 semaines après la clôture.
Sanctions si le rapport de gérance est absent
Le gérant qui ne rend pas compte de sa gestion au moins une fois par an commet une faute de gestion grave. Les conséquences sont multiples : (1) Révocation judiciaire pour cause légitime (art. 1851 CC) — la Cour de cassation a jugé que l'absence chronique de comptes constitue une cause légitime de révocation judiciaire, y compris dans une SCI familiale (Cass. com., 23 oct. 2019, n° 17-31.653). (2) Responsabilité civile envers les associés et les tiers pour tout préjudice subi du fait de cette carence (art. 1850 CC). (3) Risque de requalification fiscale en société fictive si la SCI n'a aucune vie juridique. (4) Difficultés pratiques : valorisation impossible des parts lors d'une cession ou d'une succession, déclarations fiscales annuelles non déposables.
2. Les comptes annuels
Les comptes annuels sont soumis à l'approbation de l'AG. Leur forme dépend du régime fiscal de la SCI :
| Document | SCI à l'IR | SCI à l'IS |
|---|---|---|
| Type de comptabilité | Trésorerie (recettes / dépenses) | Engagement (bilan complet) |
| Bilan (actif / passif) | Non obligatoire | Obligatoire (formulaire 2033-A) |
| Compte de résultat | Simplifié (recettes − charges) | Obligatoire (formulaire 2033-B) |
| Tableau des immobilisations et amortissements | Non applicable | Obligatoire (formulaire 2033-C) |
| Annexe comptable | Non obligatoire | Obligatoire — fait partie des comptes |
| Dépôt au greffe | Non obligatoire | Non obligatoire (SCI = société civile) |
| Certification par un commissaire aux comptes | Non obligatoire | Non obligatoire (sauf si statuts le prévoient) |
Les comptes sont présentés et expliqués par le gérant ou l'expert-comptable en début d'AG, avant le vote d'approbation. Ils doivent être signés par le gérant et annexés au procès-verbal. Un associé peut demander à les consulter avant l'AG (art. 1855 CC).
Exception : les grandes SCI ont des obligations supplémentaires
L'article L. 612-1 du Code de commerce s'applique aux personnes morales de droit privé non commerçantes (dont les SCI) dépassant deux des trois seuils suivants : 50 salariés, 3,1 M€ de chiffre d'affaires, 1,55 M€ de total de bilan. Dans ce cas, la SCI est obligée d'établir des comptes annuels complets et de nommer un commissaire aux comptes (CAC). Elle doit en outre déposer et publier ses comptes (art. L. 612-4 C. com.). Ces cas restent rares pour les SCI patrimoniales classiques, mais concernent certaines SCI IS détenant un patrimoine important. Attention si vous envisagez de nommer un CAC volontairement : cela déclenche tout le droit du commissariat aux comptes (mandat de 3 ans irrévocable sauf juste motif, obligations de certification et de rapport, signalement des délits, etc.) — une décision à ne pas prendre à la légère.
Annexe simplifiée : une SCI IS ne dépassant pas deux des seuils suivants (7,5 M€ de total bilan, 15 M€ de chiffre d'affaires, 50 salariés) peut établir une annexe simplifiée, en omettant notamment la ventilation du chiffre d'affaires par zone géographique et les créances/dettes d'impôt différé. La quasi-totalité des SCI IS locatives entre dans ce régime allégé.
3. La feuille de présence
L'article 44 du décret n° 78-704 n'impose pas explicitement un document séparé appelé "feuille de présence" — ce qu'il impose, c'est que le procès-verbal mentionne le nom et prénom de chaque associé ayant participé, le nombre de parts détenu par chacun, et un résumé des débats. En pratique, on établit une feuille de présence distincte à l'ouverture de l'AG que chacun signe, qui sert ensuite à alimenter le PV. Ce document est une pièce justificative indispensable en cas de contestation de la validité des votes.
Modèle de feuille de présence
FEUILLE DE PRÉSENCE
SCI [NOM] — AG du [date] à [lieu]
| Nom / Prénom | Nb parts | Qualité | Représenté par | Signature |
|---|---|---|---|---|
| [Nom Prénom] | [X] | Présent | — | ___ |
| [Nom Prénom] | [Y] | Représenté | [Nom mandataire] | ___ |
| TOTAL | [Z] / [Total] | [Z] parts représentées sur [Total] (soit [X] %) | ||
Certifiée exacte par le gérant : ___________
4. Le pouvoir de représentation (mandat)
Un associé empêché peut se faire représenter par un autre associé — c'est la règle supplétive du droit commun des sociétés civiles. Mais les statuts peuvent l'élargir : s'ils prévoient expressément la représentation par « tout tiers », l'associé peut alors désigner son conjoint, un ami, un avocat ou toute autre personne. Vérifiez vos statuts avant de désigner un mandataire non-associé. Le mandat doit être écrit ; aucune forme notariée n'est requise. Un seul mandataire peut représenter plusieurs associés (aucune limite légale en SCI, contrairement aux SA cotées).
Modèle de pouvoir / mandat
POUVOIR DE REPRÉSENTATION À L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
Je soussigné(e), [Prénom Nom], associé(e) de la SCI [NOM], détenant [X] parts sociales, domicilié(e) [adresse],
donne pouvoir à [Prénom Nom du mandataire], domicilié(e) [adresse],
pour me représenter à l'assemblée générale de la SCI [NOM] qui se tiendra le [date] à [heure] au [lieu], et voter en mon nom sur toutes les résolutions inscrites à l'ordre du jour, selon les instructions suivantes :
[ ] Vote pour toutes les résolutions
[ ] Vote contre toutes les résolutions
[ ] Instructions spécifiques : ___________
Fait à [lieu], le [date]
Signature du mandant : ___________
Si l'associé ne donne aucune instruction précise, le mandataire vote à sa discrétion. Il est donc recommandé de cocher l'option voulue ou de donner des instructions écrites. Annexez le pouvoir original à la feuille de présence, qui restera dans le registre.
Étape 2 — Tenir l'AG : quorum, vote, feuille de présence
L'ouverture de séance
Au début de l'AG, le gérant ou le président de séance doit vérifier et constater :
- Que les formalités de convocation ont été régulièrement accomplies (LRAR expédiées à temps, ordre du jour conforme)
- La liste des associés présents et représentés avec le nombre de parts correspondant
- Si les statuts prévoient un quorum, que celui-ci est atteint
Feuille de présence (obligatoire)
La feuille de présence doit mentionner pour chaque associé : nom et prénom, qualité (présent ou représenté par), nombre de parts. Elle est signée par chaque associé ou représentant. Elle constitue la pièce justificative du nombre de parts représentées, essentielle pour vérifier que les majorités requises sont atteintes.
Le vote : comment ça se passe
En SCI, les associés votent à proportion de leur participation au capital (nombre de parts), et non par tête (une personne = une voix). C'est une différence fondamentale avec les associations. Un associé détenant 80 % du capital pèse donc 80 % des votes.
La question du gérant-associé votant sur sa révocation est un classique : contrairement aux SARL (où le gérant associé unique peut être exclu du vote), aucune règle légale n'empêche le gérant-associé de voter dans une SCI. Il peut voter sur sa propre révocation — et potentiellement se maintenir en poste avec sa majorité.
Le quitus au gérant
Le quitus est la décharge formelle donnée par les associés au gérant pour sa gestion de l'exercice écoulé. Ce n'est pas une obligation légale, mais une pratique fortement recommandée : les banques et les notaires demandent couramment les PV d'AG récents (dont le quitus fait partie) lors d'un refinancement ou d'une vente d'immeuble.
Article 1843-5, alinéa 3 — Code civil — texte fondateur
« Aucune décision de l'assemblée des associés ne peut avoir pour effet d'éteindre une action en responsabilité contre les gérants pour la faute commise dans l'accomplissement de leur mandat. »
C'est l'article clé. Il signifie que le quitus n'a aucun effet libératoire en droit français — même s'il est voté à l'unanimité, même s'il est accordé "en pleine connaissance de cause". La Cour de cassation l'a confirmé dans un arrêt de principe publié : un gérant de SCI condamné à 120 000 € pour avoir vendu deux lots immobiliers bien en dessous de leur valeur réelle ne pouvait pas s'exonérer en invoquant le quitus que l'AG lui avait accordé (Cass. 3e civ., 27 mai 2021, n° 19-16.716). L'action en responsabilité des associés contre le gérant reste ouverte malgré le quitus.
Le quitus ne protège pas le gérant — contrairement à l'idée reçue
Beaucoup de gérants pensent que le quitus voté par les associés les met à l'abri de toute poursuite. C'est faux. L'art. 1843-5 al. 3 CC est d'ordre public : aucune décision d'AG ne peut effacer la responsabilité du gérant pour une faute dans l'exercice de son mandat. La seule chose que le quitus accomplit réellement, c'est de témoigner que les associés présents étaient satisfaits de la gestion au moment du vote — un élément utile en cas de litige, mais pas une exonération.
Le gérant-associé peut voter son propre quitus (art. 1844 CC : droit de participer aux décisions collectives, d'ordre public). Ce vote est sans incidence pratique réelle puisque l'art. 1843-5 al. 3 CC neutralise l'effet libératoire du quitus dans tous les cas — que le gérant ait voté ou non.
Résolution type — Quitus au gérant
Résolution n°3 — Quitus au gérant
L'assemblée générale, après avoir pris connaissance du rapport de gérance et approuvé les comptes de l'exercice clos le [31/12/N], donne quitus entier et sans réserve à [Prénom Nom], gérant, pour l'intégralité de sa gestion au cours de l'exercice [N].
Vote : Pour [X parts] — Contre [X parts] — Abstentions [X parts] — RÉSOLUTION ADOPTÉE.
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Essayer SCI AI gratuitementÉtape 3 — Rédiger le PV et tenir le registre
Le contenu obligatoire du procès-verbal
L'article 44 du décret 78-704 détaille les mentions obligatoires du PV. Leur absence n'entraîne pas la nullité de l'assemblée, mais crée un risque de contestation ultérieure. Un PV doit contenir :
- Les noms et prénoms des associés présents et représentés, avec le nombre de parts de chacun
- Les documents et rapports soumis à l'assemblée
- Le texte des résolutions mises aux voix (complet, pas un résumé)
- Le résultat de chaque vote : parts pour, parts contre, parts abstenues
- La conclusion : résolution adoptée ou rejetée
Le PV est signé par les gérants et, s'il y a lieu, par le président de séance.
Modèle de PV d'AG ordinaire annuelle
Modèle de procès-verbal
PROCÈS-VERBAL DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE ANNUELLE
SCI [NOM] — [Date]
L'an [année], le [date], à [heure], les associés de la SCI [NOM] se sont réunis en assemblée générale ordinaire au [lieu], sur convocation du gérant adressée par LRAR le [date d'envoi].
ASSOCIÉS PRÉSENTS ET REPRÉSENTÉS :
— [Nom Prénom] : [X] parts — Présent
— [Nom Prénom] : [Y] parts — Représenté par [Nom mandataire]
Total représenté : [Z] parts sur [Total] parts (capital social : [X] €)
Le gérant constate que les formalités de convocation ont été régulièrement accomplies et que l'assemblée peut valablement délibérer.
PREMIÈRE RÉSOLUTION — Approbation des comptes
Après lecture du rapport de gestion de l'exercice clos le [31/12/N], l'assemblée approuve les comptes (bilan, compte de résultat) de cet exercice tels que présentés, faisant apparaître un [bénéfice / déficit] de [X] €.
Vote : Pour [X parts] — Contre [X parts] — Abstentions [X parts]
RÉSOLUTION ADOPTÉE.
DEUXIÈME RÉSOLUTION — Affectation du résultat
L'assemblée décide d'affecter le résultat de [X] € en [report à nouveau / réserves / distribution aux associés à hauteur de X € par part].
Vote : Pour [X parts] — Contre [X parts] — Abstentions [X parts]
RÉSOLUTION ADOPTÉE.
L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à [heure].
[Signature du gérant]
Le registre des délibérations
Chaque PV doit être inséré dans un registre des délibérations, qui est obligatoire. Ce registre doit être coté et paraphé par un juge du tribunal ou un adjoint au maire. Alternatif : des feuilles mobiles numérotées et paraphées par les mêmes autorités. Le registre est conservé au siège social et doit être consultable par tout associé qui en fait la demande.
Cas particuliers
1. Le gérant refuse de convoquer l'AG
C'est le cas le plus conflictuel. L'article 39 du décret 78-704 prévoit une procédure spécifique :
- Adresser une LRAR au gérant lui demandant de convoquer une AG sur un ou plusieurs points précis.
- Attendre 1 mois. Si le gérant ne répond pas ou refuse…
- Saisir le président du tribunal judiciaire par voie de procédure accélérée au fond pour obtenir la désignation d'un mandataire chargé de convoquer l'AG avec l'ordre du jour demandé par l'associé.
Ce mandataire peut inclure à l'ordre du jour la révocation du gérant. C'est souvent le seul recours quand le gérant est aussi associé majoritaire et bloque toute décision.
2. Le gérant est associé majoritaire — blocage de la révocation
La loi ne prévoit pas d'exclusion du droit de vote du gérant-associé sur sa propre révocation (contrairement aux SA). Un gérant détenant 60 % des parts peut donc voter contre sa révocation et se maintenir. Les recours :
- Révocation judiciaire (art. 1851 al. 2) : tout associé peut saisir le tribunal pour obtenir la révocation pour « cause légitime » — abandon de poste, faute de gestion grave, défaut de comptabilité, dépassement de pouvoirs. Le juge apprécie souverainement.
- Clause statutaire préventive : rédiger dès la création des statuts une clause excluant le gérant du vote sur sa propre révocation (légal, car les statuts peuvent aménager librement les règles de vote).
3. Un associé est mineur
L'associé mineur ne vote pas personnellement. Ses droits sociaux sont exercés par ses représentants légaux (parents ou tuteur) selon les règles suivantes :
- Actes d'administration (approbation des comptes, vote ordinaire) : les parents exercent le droit de vote sans autorisation préalable, même si l'un d'eux exerce seul l'autorité parentale.
- Actes de disposition graves (liste limitative à l'art. 387-1 CC — dont les apports en société, les emprunts au nom du mineur, les renonciations à droits) : autorisation préalable du juge des tutelles requise, même si les parents sont d'accord.
- En cas de tutelle (pas de parents) : le tuteur doit obtenir l'accord du conseil de famille ou du JAF pour les actes de disposition.
4. Parts démembrées — usufruit/nue-propriété
La règle légale de l'article 1844 du Code civil est souvent méconnue. Pour tout savoir sur le démembrement de parts SCI, consultez notre guide dédié.
Nu-propriétaire — vote sur :
- Toutes les décisions
- Sauf : affectation des bénéfices
Usufruitier — vote sur :
- Affectation des bénéfices uniquement
- Droit de participer à toutes les AG
Les statuts peuvent attribuer conventionnellement le droit de vote à l'usufruitier pour d'autres décisions. Cette répartition est fréquemment aménagée dans les SCI de transmission familiale.
5. AG en visioconférence ou consultation électronique
Depuis la loi n° 2024-537 du 13 juin 2024 (art. 1853 CC modifié), la consultation électronique est légalement possible si les statuts définissent les délais et modalités. En pratique :
- Vérifiez que vos statuts contiennent une clause autorisant la consultation écrite (et électronique depuis 2024)
- La visioconférence est valide si les statuts le prévoient ou si tous les associés y consentent
- Le PV doit mentionner explicitement le mode de tenue (visioconférence, consultation email, etc.)
- Assurez-vous de pouvoir prouver la participation de chaque associé (accusé de réception, trace des votes)
6. Associé injoignable ou en conflit
Si un associé a déménagé sans informer la SCI ou est injoignable, envoyez la LRAR à la dernière adresse connue (adresse figurant dans les statuts ou au registre). La convocation reste valide. Si la décision requiert l'unanimité et que l'associé est introuvable, vous pourrez saisir le président du tribunal judiciaire pour désigner un administrateur ad hoc qui représentera cet associé.
7. Décès d'un associé
Par défaut, la SCI n'est pas dissoute par le décès d'un associé : elle continue avec ses héritiers ou légataires (art. 1870 CC). Mais les statuts peuvent déroger à ce principe : ils peuvent prévoir soit la dissolution au décès, soit la continuation avec les seuls associés survivants. Lisez vos statuts avant toute action.
- Indivision successorale : si plusieurs héritiers se partagent les parts, ils doivent désigner un mandataire commun pour exercer les droits de vote. À défaut d'accord, tout associé peut saisir le président du tribunal judiciaire pour le faire nommer.
- Clause d'agrément : si les statuts soumettent l'entrée des héritiers à l'agrément des associés, une AGE doit être convoquée. En cas de refus, la SCI rachète les parts à leur valeur vénale.
- Si le défunt était gérant : double formalité — transmission des parts et nomination d'un nouveau gérant en AG (suivi d'une publication au journal d'annonces légales).
SCI à l'IR vs SCI à l'IS : ce qui change pratiquement
Le régime fiscal (IR ou IS) ne modifie pas l'obligation d'AG, mais change ce qu'on y présente. Pour comprendre les différences fiscales en profondeur, voir notre comparatif SCI IS ou IR.
| SCI à l'IR | SCI à l'IS | |
|---|---|---|
| Obligation d'AG annuelle | Oui (art. 1856) | Oui (art. 1856) |
| Type de comptabilité à présenter | Trésorerie (simplifiée) | Engagement (bilan complet) |
| Approbation des comptes | Comptes simplifiés | Bilan + compte de résultat + annexes |
| Affectation du résultat | Transparent (imputé chez les associés) | Décision AG : dividendes, réserves, RAN |
| Dépôt des comptes au greffe | Non obligatoire | Non obligatoire (SCI = société civile) |
| Sanctions si absence d'AG | Responsabilité civile du gérant (art. 1856 CC) + risque requalification société fictive | Responsabilité civile du gérant (art. 1856 CC) + risque requalification société fictive |
Contrairement aux idées reçues, les SCI ne sont pas obligées de déposer leurs comptes au greffe du tribunal de commerce. Les sociétés civiles immobilières ne sont pas des sociétés commerciales. L'obligation de dépôt des comptes vaut pour les SA, SARL, SAS, etc. — pas pour les SCI, quelle que soit leur taille ou leur régime fiscal.
Affectation du résultat en AG : bénéfice, déficit et dividendes
L'affectation du résultat est le cœur économique de l'AG annuelle. Elle doit obligatoirement être votée après l'approbation des comptes — jamais avant. La résolution d'approbation est le prérequis logique et juridique à toute décision sur le résultat.
Ordre impératif des résolutions en AG
1. Approbation des comptes annuels → 2. Affectation du résultat → 3. Autres décisions (quitus, rémunération gérant…)
SCI à l'IR : la transparence fiscale change tout
En SCI à l'IR, le résultat (revenus fonciers) est imposé directement chez les associés, proportionnellement à leurs parts, qu'il soit distribué ou non. C'est le mécanisme de transparence fiscale (art. 8 CGI) : pensez-y comme si vous déteniez l'immeuble directement à votre nom — le fisc vous impose sur les loyers à votre proportion de parts, sans attendre que l'argent soit dans votre poche.
Piège : « taxation sans trésorerie »
Si la SCI IR réalise 10 000 € de bénéfice foncier mais que l'AG décide de le laisser en report à nouveau sans distribuer, chaque associé est quand même imposé sur sa quote-part. Il paie l'impôt sans avoir reçu l'argent. La résolution d'affectation en SCI IR n'a donc pas d'impact fiscal — elle a uniquement une portée juridique (droits entre associés, traçabilité).
La résolution d'affectation en SCI IR suit cet ordre :
Résolution type — SCI IR, exercice bénéficiaire
Résolution n°X — Affectation du résultat de l'exercice [N]
L'assemblée générale, après avoir approuvé les comptes de l'exercice clos le [date], constate un résultat de [X] €. Elle décide d'affecter ce résultat de la façon suivante :
— Report à nouveau : [X] € (ou versement aux associés à proportion de leurs parts)
Vote : Pour [X parts] — Contre [X parts] — Abstentions [X parts] — RÉSOLUTION ADOPTÉE.
SCI à l'IS : le résultat distribuable et les dividendes
En SCI IS, l'impôt est payé par la société elle-même (taux IS). La distribution aux associés génère une seconde imposition (dividendes). Le résultat distribuable se calcule ainsi :
| Calcul du résultat distribuable | Montant |
|---|---|
| Résultat net comptable de l'exercice | + X € |
| Report à nouveau créditeur (bénéfices non distribués N-1, N-2…) | + X € |
| Report à nouveau débiteur (pertes antérieures à apurer en priorité) | − X € |
| Dotation réserve légale (5 % du résultat net — si plafond non atteint) | − X € |
| Dotations réserves statutaires éventuelles | − X € |
| = Résultat distribuable | = X € |
Exemple chiffré — SCI IS, 2 associés à 50/50
Capital social : 10 000 € — Résultat net de l'exercice : 20 000 € — Pas de pertes antérieures.
→ Réserve légale (si applicable) : 5 % × 20 000 = 1 000 € (plafond = 10 % × 10 000 = 1 000 € — une fois atteint, la dotation cesse)
→ Résultat distribuable : 20 000 − 1 000 = 19 000 €
→ L'AG décide de distribuer 14 000 € et de mettre 5 000 € en réserves.
→ Chaque associé reçoit : 7 000 € de dividendes
→ Flat tax (PFU 2026 : 31,4 %) : 7 000 × 31,4 % = 2 198 € d'impôt par associé
→ Net perçu après impôt : 4 802 € par associé
Réserve légale en SCI IS : un point débattu
La doctrine est divisée. L'article L. 232-10 du Code de commerce impose une réserve légale (5 % du résultat net jusqu'à 10 % du capital) aux SARL et SA. Pour les SCI à l'IS, aucun texte ne le prévoit expressément — la responsabilité indéfinie des associés (art. 1857 CC) constitue déjà une garantie. La doctrine majoritaire considère que la réserve légale n'est pas obligatoire en SCI IS. Par prudence, constituez-la quand même si votre expert-comptable le recommande.
Report à nouveau (RAN) : c'est le "tiroir" de la SCI où s'accumulent les bénéfices non distribués et non mis en réserve des années précédentes. Un RAN créditeur (positif) augmente le résultat distribuable. Un RAN débiteur (négatif = pertes antérieures) doit être absorbé en priorité avant toute distribution.
Les 3 options d'affectation en SCI IS
Distribution de dividendes
Les bénéfices sont versés aux associés à proportion de leurs parts (ou selon les statuts si une répartition différente est prévue). Aucun délai légal n'est imposé aux SCI pour le versement — les associés fixent librement la date de paiement dans la résolution d'affectation. En pratique, un versement dans les 9 mois suivant la clôture est recommandé (par analogie avec les sociétés commerciales). Fiscalité pour les associés personnes physiques : PFU 30 % en 2025, 31,4 % en 2026 (hausse CSG, LFSS 2026) — ou option barème IR avec abattement 40 % et CSG déductible à 6,8 %.
Mise en réserves
Le bénéfice est affecté à une réserve facultative (trésorerie conservée dans la SCI pour financer des travaux futurs, un nouveau bien, etc.). Aucune imposition chez les associés au moment de l'affectation. La réserve augmente la valeur des parts.
Report à nouveau
Le bénéfice reste en « instance » d'affectation. Il s'ajoute au résultat distribuable des exercices suivants. Souple : l'AG peut décider l'année suivante de le distribuer ou de le mettre en réserve.
Résolution type — SCI IS, exercice bénéficiaire avec distribution
Résolution n°2 — Affectation du résultat de l'exercice [N]
L'assemblée décide d'affecter le bénéfice net de l'exercice s'élevant à [X] € de la manière suivante :
— Dotation à la réserve légale : [X] € (le cas échéant)
— Report à nouveau : [X] €
— Mise en distribution (dividendes) : [X] €
Il sera distribué [X] € par part, soit :
— [Nom], [X] parts : [X] €
— [Nom], [X] parts : [X] €
Les dividendes seront mis en paiement le [date].
Vote : Pour [X parts] — Contre [X parts] — RÉSOLUTION ADOPTÉE.
Important : la dérogation ponctuelle aux statuts sur la répartition des résultats doit résulter d'une convention signée avant la clôture de l'exercice concerné, à date certaine (CE 18 oct. 2022, n° 462497). Un simple vote d'AG après la clôture pour modifier rétroactivement la répartition ne suffit pas.
Déficit : constat et report
Danger : distribuer quand le report à nouveau est négatif
En SCI IS, il est interdit de distribuer des dividendes si le résultat distribuable est négatif (pertes antérieures supérieures au bénéfice de l'exercice). Une telle distribution constitue des dividendes fictifs — le gérant engage sa responsabilité civile et pénale, et les sommes versées sont récupérables auprès des associés.
En cas de déficit, l'AG n'a pas de liberté : elle constate le déficit et vote son affectation obligatoire en report à nouveau débiteur. Les bénéfices futurs devront d'abord apurer ce déficit avant toute distribution. En SCI IS, le déficit fiscal est reportable sur les exercices suivants sans limite de durée (art. 209-I CGI).
Répartition inégalitaire : ce que la loi permet
L'article 1844-1 du Code civil interdit les « clauses léonines » (du latin leo — celui qui prend la part du lion) mais autorise les répartitions différentes du capital, à condition qu'aucun associé ne soit totalement exclu des bénéfices ou exonéré de toute perte. Concrètement :
| Situation | Légal ? |
|---|---|
| 2 associés 50/50 en capital, statuts prévoient 70/30 sur les bénéfices | Oui |
| Convention entre associés prévoyant une répartition différente, signée avant la clôture de l'exercice (date certaine, temporaire) | Oui (CE 18 oct. 2022, n° 462497) |
| Un associé reçoit 100 % des bénéfices, l'autre 0 % | Non — clause léonine |
| Un associé supporte 100 % des pertes | Non — clause léonine |
AG manquantes : risques, sanctions et régularisation
Les risques concrets
Responsabilité civile et révocation du gérant
Le gérant qui ne rend pas compte de sa gestion engage sa responsabilité civile envers les associés et les tiers (art. 1850 CC pour les fautes de gestion, art. 1856 CC pour l'obligation de reddition de comptes). Tout associé peut demander sa révocation judiciaire pour cause légitime (art. 1851 al. 2 CC) et des dommages-intérêts. Contrairement aux SARL (art. L. 241-5 C.com) et aux SA (art. L. 242-10 C.com), il n'existe pas de sanction pénale spécifique codifiée pour le gérant de SCI — mais l'absence chronique d'AG constitue une faute de gestion grave.
Requalification en société fictive
Une SCI qui n'a jamais tenu d'AG, sans comptabilité, sans registre, sans PV, sans vie sociale réelle, peut être requalifiée en société fictive par l'administration fiscale lors d'un contrôle. Les conséquences sont radicales : réintégration des biens dans le patrimoine personnel des associés, imposition des plus-values latentes, requalification des loyers perçus, majorations et pénalités.
Nullité des délibérations — prescription 3 ans
Les actions en nullité des délibérations sociales se prescrivent par 3 ans à compter du jour où la nullité est encourue (art. 1844-14 CC). Un associé lésé peut donc contester une décision prise il y a moins de 3 ans. Attention : en cas de dissimulation empêchant l'exercice du droit d'action, le délai peut être suspendu (Cass. com., 26 sept. 2018, n° 16-13.917).
Régulariser les AG manquantes
Si votre SCI n'a pas tenu d'AG depuis plusieurs années, il est possible (et fortement conseillé) de régulariser la situation :
- Reconstituer la comptabilité manquante avec l'aide d'un expert-comptable, exercice par exercice.
- Tenir des AG de rattrapage pour chaque exercice non approuvé, en reprenant les comptes de chaque année et en les soumettant à l'approbation des associés.
- Rédiger les PV correspondants avec la date effective de tenue, et les insérer dans le registre des délibérations.
- Conserver les preuves que les associés ont effectivement été convoqués et ont approuvé les comptes.
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Erreurs fréquentes à éviter
Convoquer par email ou SMS sans clause statutaire
Sans clause statutaire autorisant la consultation écrite ou électronique, la seule forme légale est la LRAR. Une convocation par email peut être valide si tous les associés y consentent expressis verbis, mais c'est une zone grise à éviter.
Ordre du jour vague ou modifié en cours d'AG
L'ordre du jour doit être suffisamment précis. On ne peut pas voter sur une résolution non annoncée dans la convocation (sauf unanimité ou accord de tous les associés présents). Une décision prise hors ordre du jour est exposée à la nullité.
Confondre « majorité des parts » et « majorité des associés »
En SCI, on vote en parts, pas par tête. Un associé détenant 70 % des parts constitue une majorité même si les 2 autres associés (30 % des parts) votent contre. Ne pas mentionner le nombre de parts dans les PV est une erreur courante.
Ne pas tenir de registre des délibérations
Le registre est obligatoire et doit être coté et paraphé. Stocker les PV dans un dossier ou une boîte mail ne remplace pas le registre légal. En cas de contrôle ou de conflit judiciaire, l'absence de registre affaiblit considérablement la position de la SCI.
Oublier la publication au journal d'annonces légales après certaines décisions
L'approbation des comptes et l'affectation du résultat ne nécessitent aucune publication. En revanche, certaines décisions d'AG modifiant les statuts doivent être publiées dans un support habilité aux annonces légales (SHAL) dans le mois suivant l'AG, puis enregistrées au guichet unique : changement de gérant, modification du capital, transfert de siège, changement d'objet social, dissolution. Coût : 190 à 415 € selon le type de modification et le département.
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FAQ
Questions fréquentes
Oui. L'article 1856 du Code civil impose au gérant de rendre compte de sa gestion aux associés au moins une fois par an. Cette obligation de reddition de compte se matérialise en pratique par une assemblée générale ordinaire annuelle pour approuver les comptes et le rapport de gestion.
Le gérant qui ne rend pas compte de sa gestion engage sa responsabilité civile (art. 1856 et 1848 CC) et peut être révoqué judiciairement. Contrairement aux SARL ou SA, il n'existe pas de sanction pénale spécifiquement codifiée pour le gérant de SCI — mais l'absence chronique d'AG peut conduire à une requalification en société fictive par l'administration fiscale, avec des conséquences fiscales considérables.
L'article 40 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 impose un délai minimum de 15 jours entre l'envoi de la convocation (par lettre recommandée avec avis de réception) et la date de l'assemblée.
Le délai court à compter de la date d'expédition de la LRAR, pas de sa réception par l'associé. Si un associé ne retire pas sa LRAR, la convocation reste valide. Les statuts peuvent prévoir un délai plus long.
Depuis la loi n° 2024-537 du 13 juin 2024 (entrée en vigueur le 14 septembre 2024), la consultation écrite par voie électronique est autorisée si les statuts le prévoient et définissent les délais et modalités.
Sans clause statutaire, un email ou un message WhatsApp ne suffit pas. Il faut soit tenir une réunion physique, soit obtenir le consentement de tous les associés par acte (art. 1854). Si vous souhaitez dématérialiser, faites modifier vos statuts pour y intégrer une clause de consultation électronique.
L'absence d'un associé dûment convoqué ne bloque pas l'AG, sauf si les statuts imposent un quorum ou si la décision requiert l'unanimité. Si la décision exige l'unanimité (art. 1852 par défaut), l'absence-refus d'un associé empêche la prise de décision.
L'associé absent peut donner pouvoir à un tiers (associé ou non) pour le représenter. Si un associé fait systématiquement obstruction, une procédure judiciaire peut être engagée (désignation d'un administrateur ad hoc) ou une révision statutaire des majorités peut être envisagée.
Non. L'article 39 du décret 78-704 prévoit une procédure spécifique : si le gérant refuse ou ne répond pas dans le délai d'1 mois à une demande d'associé, ce dernier peut saisir le président du tribunal judiciaire (procédure accélérée au fond) pour obtenir la désignation d'un mandataire chargé de convoquer l'AG.
Ce mandataire peut inclure à l'ordre du jour la révocation du gérant. C'est souvent le seul levier efficace en cas de conflit sévère entre associés.
L'unanimité par défaut si les statuts ne prévoient rien (art. 1852 CC). C'est la règle supplétive : toute décision excédant les pouvoirs du gérant requiert l'unanimité en l'absence de clause statutaire. Les statuts peuvent prévoir une majorité qualifiée (ex : 2/3) pour faciliter les modifications.
Exception absolue et irréductible : l'augmentation des engagements des associés nécessite l'unanimité impérative — les statuts ne peuvent pas y déroger (art. 1836 al. 2 CC).
Oui, si les statuts le prévoient ou si tous les associés y consentent. La loi n'interdit pas la visioconférence. Depuis la loi du 13 juin 2024, la consultation électronique est même explicitement légale si les statuts définissent les modalités.
Le PV doit mentionner explicitement la tenue en visioconférence et la traçabilité des votes doit être assurée (enregistrement, logs de connexion, accusés de réception). Des outils comme DocuSign ou Yousign peuvent sécuriser la signature électronique du PV.
Les PV et le registre des délibérations doivent être conservés pendant au moins 5 ans (prescription civile de droit commun, art. 2224 CC). En pratique, les praticiens recommandent de les conserver pendant toute la durée de vie de la SCI et au moins 10 ans après sa dissolution.
Points d'attention : les actions en nullité de délibérations se prescrivent par 3 ans (art. 1844-14 CC) et les contrôles fiscaux pour une SCI IS peuvent remonter jusqu'à 3 ans en arrière. L'idéal est de ne jamais détruire les PV d'une SCI active.
Oui, si elle n'est pas fixée dans les statuts. En l'absence de clause statutaire, le gérant exerce ses fonctions à titre gratuit. La rémunération doit être allouée par une délibération de l'AG, à la majorité prévue par les statuts (unanimité par défaut si les statuts sont muets, art. 1852 CC).
Le gérant-associé peut voter sa propre rémunération en SCI : les SCI ne sont pas soumises au régime des conventions réglementées des SARL (art. L. 223-19 C.com.), qui leur est inapplicable. Attention au régime fiscal : en SCI IR, la rémunération du gérant-associé n'est pas déductible du résultat foncier (BOFiP BOI-RFPI-BASE-20-10). En SCI IS, elle est déductible si elle est effective et proportionnée aux fonctions exercées.