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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC
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Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 Fiscalite d'une SCI : IR, IS, plus-values SCI à l'IR : fonctionnement SCI à l'IS : fonctionnement Imposition des revenus SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Apport-cession Cession de parts de SCI 2026 Parts de SCI : valeur et operations Fiscalité cession de parts Valeur des parts Parts ou immeuble ? Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Effet de levier du crédit Domiciliation des loyers Prêt à paliers Assurance emprunteur Simuler un prêt en SCI Banques qui financent Assurance emprunteur Hypothèque en SCI Prêt relais Emprunter pour ses parts Faux RIB et virement frauduleux Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Crédit vendeur en SCI Sortir de sa caution Décès associé SCI 2026 Recel de parts de SCI Dissolution SCI 2026 Bilan de liquidation Fermer une SCI sans activité Coût de la dissolution Boni de liquidation Dissoudre avec un bien Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Transfert de permis Réforme de la copropriété Plan pluriannuel de travaux (PPT) DPE collectif en copropriété Commerce en logement Autoliquidation de la TVA travaux Garantie de paiement des travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Révision du loyer commercial Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Clause d'échelle mobile Immeuble mixte Bail à construction Charges du bail commercial Louer à une société Décret tertiaire Bail commercial : les échéances 3-6-9 Accession et construction en SCI Guide SCI Familiale 2026 Avantages reels de la SCI familiale SCI familiale et succession : 4 cas chiffres Inconvénients SCI familiale SCI familiale et emprunt Déclaration SCI familiale SCI et EHPAD SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Mineur associé de SCI Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale Bien atypique Vendre son bien à sa SCI Conjoint survivant Logement de la famille SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer Représenter la SCI en justice Locataire en procédure collective État des lieux Permis de louer Diagnostics obligatoires Encadrement des loyers Décès du locataire Local industriel ICPE Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Qu'est-ce qu'une SCI ? Apports en SCI Délai de création Frais de notaire Le guichet unique INPI SCI jamais immatriculée SIREN, SIRET et code APE Statuts SCI : rédiger des statuts solides Clauses de majorité Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Associé qui ne paie pas Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Modèle de PV d'augmentation de capital Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI Jouissance partagée SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif Racheter une soulte SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Du nu au meublé Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Caves et dépendances Taxe d'habitation et SCI Résidence gérée Dégrèvement taxe foncière Créer une SCI seul Assemblée générale SCI Contester un PV d'assemblée
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Vente à réméré Expropriation d'un bien de SCI Droits de préemption à la vente Acheter un bien loué Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Vendre un immeuble en IS Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS Balance âgée des loyers Lire son bilan de SCI Bilan annuel de SCI La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Comptabiliser une subvention Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Provisionner un loyer impayé Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Déclaration DECLOYER Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités SCI qui ne peut pas payer Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers Taxe sur les salaires Revenus accessoires TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Donation-partage de parts SCI et succession : transmettre un bien Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Quasi-usufruit Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Forêt et bois Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv Mandat de télétransmission EDI Contester un redressement Commission de conciliation FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
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Apport d'un immeuble à une SCI : droits, plus-value et procédure (2026)

Publié le 1er juin 2026 — mis à jour le 19/09/2026
Lecture 22 minutes
Par Quentin Hagnéré, fondateur de SCI AI

À retenir en 30 secondes

  • Droits d'enregistrement. L'apport pur et simple est enregistré gratuitement en SCI à l'IR (art. 810, I CGI), sans engagement à prendre. En SCI à l'IS, il supporte 5,00 % : 2,20 % au titre de l'art. 810, III, plus 1,60 % et 1,20 % de taxes additionnelles.
  • Plus-value à régler. L'apport est un fait générateur de plus-value des particuliers (art. 150 U CGI) : 19 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux, abattements pour durée de détention applicables.
  • Évaluation libre. Pas de commissaire aux apports obligatoire en SCI (contrairement à la SARL), mais expert indépendant fortement recommandé (500-1 500 €) pour sécuriser la valeur.
  • Emprunt en cours. Apport mixte (pur et simple + à titre onéreux pour la reprise de dette) possible, mais accord bancaire impératif sur la cession du prêt.
  • La gratuité n'est pas définitive. Une option ultérieure pour l'IS rend les droits exigibles sur la valeur vénale du bien au jour du changement (art. 809, II CGI). S'y ajoutent, dans tous les cas, la contribution de sécurité immobilière de 0,10 % et les émoluments du notaire.

Sommaire

  1. 1. Qu'est-ce qu'un apport d'immeuble à une SCI ?
  2. 2. Apport pur et simple, à titre onéreux ou mixte
  3. 3. Droits d'enregistrement : gratuit à l'IR, 5 % à l'IS
  4. 4. Engagement de conservation et piège de l'option IS
  5. 5. Plus-value immobilière : un fait générateur à anticiper
  6. 6. Évaluation du bien : méthodes et bonnes pratiques
  7. 7. Pas de commissaire aux apports en SCI
  8. 8. Apporter un immeuble grevé d'un emprunt
  9. 9. Bien commun et accord du conjoint
  10. 10. La procédure pas à pas chez le notaire
  11. 11. Apport en démembrement : nue-propriété et usufruit
  12. 12. Cas pratique 1 : Hélène, médecin à Nantes
  13. 13. Cas pratique 2 : les Lefebvre à Bordeaux
  14. 14. Les 6 erreurs à éviter absolument
  15. 15. FAQ — 12 questions clés

Ce que ce guide vous apporte. Un décryptage chirurgical de la distinction entre apport pur et simple, apport à titre onéreux et apport mixte, avec leurs régimes fiscaux respectifs. Un calcul détaillé de la plus-value immobilière déclenchée par l'apport, abattements pour durée de détention compris, et la mécanique de la surtaxe au-delà de 50 000 € de plus-value. Un arbitrage chiffré entre SCI à l'IR et SCI à l'IS dans le contexte spécifique d'un apport d'immeuble. Enfin une procédure complète chez le notaire, de la rédaction de l'acte à la publicité foncière, avec les pièges à éviter sur l'emprunt en cours et l'accord du conjoint. Contenu vérifié au 19/09/2026 contre Légifrance et BOFiP par Quentin Hagnéré. Pour aller plus loin sur les sujets connexes, consultez nos guides dédiés à la plus-value en SCI à l'IR, au capital social d'une SCI et au choix entre IR et IS.

Références mobilisées dans ce guide

Code général des impôts

  • Art. 810 I (apports enregistrés gratuitement)
  • Art. 809 I 3° et II (champ, option IS)
  • Art. 810 III (2,20 % apport IS)
  • Art. 683 bis, 1584, 1595 (fraction onéreuse)
  • Art. 879 I et 881 K (CSI 0,10 %)
  • Art. 150 U (PV particuliers)
  • Art. 150 VC (abattements durée)
  • Art. 200 B (taux 19 % + 17,2 %)
  • Art. 1609 nonies G (surtaxe)
  • Art. 669 (barème démembrement)

Code civil et de commerce

  • Art. 1832 CC (contrat de société)
  • Art. 1843-3 CC (apport en nature)
  • Art. 1843-4 CC (évaluation expert)
  • Art. 1832-2 CC (conjoint)
  • Art. L. 223-9 Cco (contraste SARL)

Doctrine BOFiP

  • BOI-RFPI-PVI-10 (PV particuliers)
  • BOI-RFPI-PVI-20 (abattements)
  • BOI-ENR-AVS-10 (apports purs et simples)
  • BOI-ENR-DMTOI (mutations)

Procédure et abus de droit

  • Art. L. 64 LPF (abus de droit)
  • Décret 78-704 art. 22 (publicité)
  • Art. 1427 CC (nullité conjoint)

1. Qu'est-ce qu'un apport d'immeuble à une SCI ?

Hélène Dubois, médecin à Nantes, possède un T3 acheté 200 000 € en 2010 et estimé aujourd'hui 300 000 €. Elle veut le transmettre à Camille et Romain sans le vendre, ni perdre la main sur les loyers. Sa notaire lui glisse : « Apportez-le à une SCI familiale. » Reste à préciser ce que recouvre, sur le plan juridique, l'apport d'un immeuble à une société.

La définition juridique

L'apport est l'opération par laquelle une personne, l'apporteur, transfère la propriété d'un bien à une société en contrepartie de l'attribution de parts sociales représentatives de cet apport dans le capital social. C'est le fondement du contrat de société, que définit l'article 1832 du Code civil. "La société est instituée par deux ou plusieurs personnes qui conviennent par un contrat d'affecter à une entreprise commune des biens ou leur industrie en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l'économie qui pourra en résulter."

L'article 1843-3 du Code civil précise les trois formes possibles : l'apport en numéraire (somme d'argent), l'apport en nature (bien meuble ou immeuble) et l'apport en industrie (force de travail ou compétences). Apporter un immeuble à une SCI relève donc de l'apport en nature, plus précisément de l'apport en pleine propriété. À ne pas confondre avec l'apport en jouissance, qui met le seul usage du bien à disposition de la société sans transférer la propriété.

En pratique, trois étapes s'enchaînent. On commence par évaluer le bien à sa valeur vénale au jour de l'apport. On passe ensuite chez le notaire pour signer l'acte authentique : aucune marge de manœuvre ici, l'article 710-1 du Code civil combiné au décret du 4 janvier 1955 l'impose pour toute mutation immobilière publiée au registre foncier. Reste enfin à attribuer à l'apporteur les parts sociales correspondant à la valeur de son apport rapportée au capital social total.

Apport en nature vs numéraire vs industrie

La SCI, par sa nature même de société civile immobilière, repose massivement sur l'apport en nature d'immeubles. L'apport en numéraire reste possible et utile pour constituer la trésorerie initiale (frais de notaire à régler, charges courantes), mais le cœur du capital social d'une SCI patrimoniale est presque toujours constitué par l'apport d'un ou plusieurs biens immobiliers.

L'apport en industrie, lui, ne forme jamais de capital. L'article 1843-3 alinéa 6 du Code civil l'autorise, mais il donne seulement droit à une part dans les bénéfices et l'actif net. Dans une SCI patrimoniale, dont l'objet est la détention d'un patrimoine, il n'a guère d'utilité. On le rencontre surtout en SCI de marchand de biens.

Trois cas d'usage typiques de l'apport d'immeuble

L'apport d'un immeuble à une SCI répond à trois grandes situations stratégiques. La première est l'isolement patrimonial : un propriétaire qui détient en direct un ou plusieurs biens locatifs souhaite les regrouper dans une structure dédiée, distincte de son patrimoine personnel. Cela facilite la gestion comptable et isole les risques juridiques liés à la location. La protection contre les créanciers reste partielle : le voile sociétaire est perçable en cas de fraude.

Vient ensuite le cas où la SCI sert à préparer la transmission familiale, qui est exactement le cas d'Hélène. Une fois le bien apporté à la SCI, le propriétaire peut transmettre progressivement les parts sociales à ses enfants, par donations successives bénéficiant de l'abattement de 100 000 € par enfant renouvelable tous les 15 ans (art. 779 I CGI). Voir notre guide dédié à la donation de parts de SCI pour l'optimisation complète de cette stratégie.

La troisième situation, plus rare mais très intéressante, est la mutualisation entre conjoints ou indivisaires. Deux époux qui détiennent chacun un bien locatif en propre peuvent les apporter à une SCI commune pour clarifier la gestion et faciliter les arbitrages futurs. Des frères et sœurs en indivision sur un bien hérité peuvent l'apporter à une SCI pour sortir des règles de l'indivision (art. 815 et suivants CC). La gouvernance sociétaire qui s'y substitue est plus souple, organisée par les statuts de la SCI.

Apport d'immeuble vs apport de parts : ne pas confondre

Attention à la confusion fréquente

L'apport d'un immeuble à une SCI et l'apport de parts de SCI à une holding sont deux opérations radicalement différentes, soumises à des régimes fiscaux et juridiques distincts. Ce guide traite exclusivement de l'apport d'un bien immobilier physique à une SCI.

Pour apporter des parts de SCI existantes à une holding patrimoniale, consultez notre guide sur la holding immobilière et l'apport de parts de SCI. La fiscalité (article 150-0 B ter CGI sur le report d'imposition) et les droits d'enregistrement (article 726 CGI à 5 %) y sont tout autres.

La distinction est essentielle, et elle est souvent manquée. L'apport d'un bien immobilier déclenche une plus-value immobilière des particuliers (art. 150 U CGI). L'apport de parts sociales relève des plus-values mobilières (art. 150-0 A CGI) et peut bénéficier du report de l'article 150-0 B ter CGI si la holding est soumise à l'IS. Confondre les deux coûte des dizaines de milliers d'euros en impôt mal anticipé.

Hélène, dans notre cas, doit donc bien comprendre qu'elle s'apprête à céder fiscalement son appartement à la SCI familiale qu'elle va créer avec Camille et Romain. Cette cession déclenchera mécaniquement le calcul d'une plus-value immobilière sur l'écart entre 300 000 € (valeur d'apport) et 200 000 € (prix d'achat 2010), soit 100 000 € de plus-value brute. Cet enchaînement — apport = cession fiscale = plus-value à régler — sera décortiqué dans les sections suivantes, en commençant par la frontière entre apport pur et simple, apport à titre onéreux et apport mixte.


2. Apport pur et simple ou apport à titre onéreux : quelle différence ?

La distinction entre apport pur et simple et apport à titre onéreux semble très théorique. Elle conditionne pourtant tout le traitement fiscal de l'opération. Un mot mal placé dans l'acte notarié, une reprise de passif oubliée, et la facture peut tripler. Décortiquons.

2.1. L'apport pur et simple : la forme la plus courante

L'apport pur et simple, régi par l'article 1843-3 du Code civil, désigne le transfert d'un bien à la société en contrepartie exclusive de l'attribution de parts sociales. Aucun paiement immédiat, aucune reprise de dette : l'apporteur reçoit du capital social, point. Il devient associé à hauteur de la valeur apportée, divisée par la valeur nominale de chaque part.

Concrètement, si Hélène Dubois apporte son appartement valorisé à 300 000 € à la SCI familiale créée avec ses enfants Camille et Romain, et que les statuts fixent la valeur nominale d'une part à 100 €, elle reçoit 3 000 parts. Ces parts représentent sa quote-part dans le capital, et seront soumises au régime fiscal de l'apport pur et simple.

En SCI à l'IR, cet apport pur et simple est enregistré gratuitement. L'article 810, I du CGI le dit en cinq mots, et n'exige aucun engagement de conservation. La raison tient au champ du 3° du I de l'article 809, qui n'assimile l'apport d'immeuble à une mutation à titre onéreux que si la société bénéficiaire est passible de l'IS. Une SCI à l'IR n'y entre pas.

2.2. L'apport à titre onéreux : quand la société paie

L'apport à titre onéreux change radicalement la nature de l'opération. Ici, la société ne se contente pas de remettre des parts : elle verse une contrepartie en argent, prend en charge une dette de l'apporteur, ou s'oblige à un paiement futur. D'un point de vue juridique, ce n'est plus un apport pur : c'est une vente déguisée pour la fraction onéreuse.

La conséquence fiscale est directe, mais elle n'est pas celle qu'on lit partout. La fraction onéreuse ne suit pas le tarif des ventes : elle a son propre régime, celui des apports. Il empile 2,20 % au profit de l'État (art. 683 bis), 1,60 % au profit du département (art. 1595) et 1,20 % au profit de la commune (art. 1584). Dans une commune de 5 000 habitants au plus, ces 1,20 % vont au fonds de péréquation départemental (art. 1595 bis) : l'un ou l'autre, jamais les deux. Soit 5,00 % pile. Il n'y a pas de prélèvement de 2,37 % pour frais d'assiette : l'article 1647, V-a le réserve aux droits départementaux de l'article 1594 A, qui régit les ventes. Le BOI-ENR-DMTOI-10-40 § 70 énumère les quatre mêmes articles et retient le même « taux global de 5 % ».

Une reprise de passif par la SCI constitue toujours une contrepartie au sens fiscal. Si le bien apporté est grevé d'un emprunt et que la société reprend la dette, la part onéreuse est égale au montant du capital restant dû. La gratuité de l'article 810, I ne couvre pas cette fraction, qui supporte les 5,00 % du régime des apports. Le reste de l'apport, lui, ne bascule pas : en cas de doute, l'apport est même réputé pur et simple (BOI-ENR-AVS-10-20 § 10).

2.3. L'apport mixte : le cas le plus fréquent en pratique

La quasi-totalité des apports immobiliers à une SCI sont des apports mixtes : une partie pure et simple (rémunérée en parts), une partie onéreuse (reprise de l'emprunt en cours). Le notaire ventile alors la base imposable. L'assiette de la fraction onéreuse est l'intégralité du passif repris, sans déduction de la quote-part de l'apporteur correspondant à ses droits d'associé (BOI-ENR-AVS-10-20 § 200).

2.4. Tableau comparatif des effets fiscaux

Critère Apport pur et simple Apport à titre onéreux
Contrepartie Parts sociales uniquement Espèces, reprise de dette, ou paiement futur
Droits à l'IR Enregistrement gratuit (art. 810, I CGI) 5,00 % (art. 683 bis, 1595, 1584)
Droits à l'IS 2,20 % (art. 810, III) + 2,80 % de taxes additionnelles 5,00 % (art. 683 bis, 1595, 1584)
Plus-value imposable Oui, sur 100 % de la valeur apportée Oui, sur 100 % de la valeur apportée
Acte notarié Obligatoire (immeuble) Obligatoire (immeuble)
Engagement conservation Aucun à l'IR ; à l'IS, réservé à l'apport d'une activité professionnelle Non applicable à la fraction onéreuse

2.5. Cas pratique : l'apport mixte de Marc Lefebvre

Marc et Isabelle Lefebvre, 55 et 50 ans, dirigent une PME industrielle à Bordeaux. Ils détiennent en direct un immeuble de rapport de quatre lots, acheté 320 000 € en 2008 (18 ans de détention), aujourd'hui valorisé 580 000 €. Cet immeuble est financé par un emprunt dont le capital restant dû s'élève à 180 000 €. Marc souhaite apporter le bien à une SCI à l'IS qu'il vient de constituer avec Isabelle, dans la perspective de transmettre progressivement les parts à leur fils.

La SCI étant à l'IS, l'apport entre dans le champ du 3° du I de l'article 809 : apporteur non soumis à l'IS, société bénéficiaire passible de l'IS, les deux conditions sont réunies. Le tarif est celui du III de l'article 810, soit 2,20 %, auquel s'ajoutent 1,60 % pour le département et 1,20 % pour la commune : 5,00 % au total.

La structure de l'apport se présente ainsi :

  • Valeur totale de l'immeuble apporté : 580 000 €
  • Capital restant dû repris par la SCI : 180 000 € (fraction onéreuse)
  • Solde rémunéré en parts sociales : 400 000 € (fraction pure et simple)

Le traitement fiscal des droits d'enregistrement est dès lors le suivant :

  • Sur la fraction pure et simple (400 000 €) : 5,00 % (art. 810, III et taxes additionnelles) = 20 000 €
  • Sur la fraction onéreuse (180 000 €) : 5,00 % au titre du régime des apports (art. 683 bis, 1595 et 1584) = 9 000 €
  • Total des droits d'enregistrement : 29 000 €, soit 5,00 % de 580 000 €

Si Marc avait remboursé son emprunt avant l'apport, la note aurait été identique : 5,00 % × 580 000 € = 29 000 €. À l'IS, la ventilation entre fraction pure et fraction onéreuse ne change rien aux droits, les deux fractions étant taxées au même taux. À l'IR, elle change tout : la fraction pure et simple est gratuite, la fraction onéreuse ne l'est pas.

Marc a également étudié l'option d'apporter d'abord à une SCI à l'IR, gratuitement, puis de basculer à l'IS deux ans plus tard. Le calcul ne tient pas. L'article 809, II rend alors les droits exigibles sur la valeur vénale du bien au jour du changement de régime (voir section 4) : la gratuité obtenue à l'IR n'est qu'un report, assis sur une valeur qui aura pu monter entre-temps. Nous traitons cet arbitrage en détail dans le guide SCI à l'IS ou à l'IR.


3. Droits d'enregistrement : gratuit à l'IR ou 5 % à l'IS, le grand écart

Peu de régimes fiscaux français créent un tel écart. Pour la même opération économique (apporter un immeuble à une SCI), la facture varie de zéro à plusieurs dizaines de milliers d'euros selon le régime fiscal choisi. Décryptage des deux régimes.

3.1. Le régime de l'IR : l'enregistrement gratuit, sans condition

La SCI à l'IR ne paie aucun droit d'enregistrement sur un apport pur et simple, que le bien vaille 150 000 € ou 1,2 M€. L'article 810, I du CGI est laconique : « Les apports sont enregistrés gratuitement. » Aucune condition, aucun engagement de conservation à prendre. Le droit fixe de 500 € que citent encore beaucoup de guides a été supprimé par la loi de finances pour 2019.

Ce n'est pas un régime de faveur, mais l'effet d'une règle de champ. Le 3° du I de l'article 809 n'assimile l'apport d'immeuble à une mutation à titre onéreux que dans deux conditions cumulatives : un apporteur non soumis à l'IS, et une société bénéficiaire passible de l'IS. La SCI à l'IR échoue à la seconde. Aucun des trois renvois du III de l'article 810 n'est alors satisfait, et c'est le I qui gouverne. La règle vaut à la constitution comme lors d'une augmentation de capital ultérieure.

« Enregistré gratuitement » n'est pas « gratuit ». L'acte authentique reste obligatoire, donc les émoluments du notaire restent dus, et la publication au fichier immobilier appelle la contribution de sécurité immobilière de 0,10 % de la valeur publiée (art. 879, I et 881 K CGI). Sur un apport de 300 000 €, cela fait 300 € de CSI à côté d'environ 4 500 € d'émoluments. Chiffrer un apport en droits d'enregistrement seuls, c'est oublier l'essentiel de la facture.

3.2. Le régime de l'IS : 2,20 % de droit, 5,00 % avec les taxes additionnelles

Lorsque la société destinataire est soumise à l'impôt sur les sociétés, le traitement change radicalement. Le 3° du I de l'article 809 assimile l'opération à une mutation à titre onéreux, sans fixer de taux. Le tarif est au III de l'article 810 : 2,20 % pour les apports qui ont pour objet un immeuble ou des droits immobiliers. S'y ajoutent deux taxes additionnelles, 1,60 % pour le département (art. 1595) et 1,20 % pour la commune (art. 1584) ou le fonds de péréquation départemental (art. 1595 bis). Total : 5,00 % de la valeur apportée. Le 5 % que la plupart des guides attribuent au seul article 810, III n'existe pas comme tel : c'est un empilement.

La logique économique éclaire cet écart. Une société à l'IS bénéficie de l'amortissement (voir notre guide comptabilité SCI), avantage que le législateur a compensé par des droits plus élevés à l'entrée.

3.3. L'écart en chiffres : tableau comparatif par valeur d'apport

Valeur de l'apport Droits SCI à l'IR (gratuit) Droits SCI à l'IS (5,00 %) CSI 0,10 % (due dans les deux cas)
150 000 € 0 € 7 500 € 150 €
300 000 € 0 € 15 000 € 300 €
500 000 € 0 € 25 000 € 500 €
800 000 € 0 € 40 000 € 800 €
1 200 000 € 0 € 60 000 € 1 200 €

Le différentiel devient vertigineux dès que la valeur de l'apport dépasse quelques centaines de milliers d'euros. Pour une SCI familiale à 300 000 €, le choix de l'IR économise 15 000 € de droits à l'entrée, soit plusieurs mois de loyers nets. Encore faut-il que ce choix tienne dans la durée : la section suivante montre comment l'article 809, II reprend cette économie si la SCI passe un jour à l'IS.

3.4. Le piège du basculement automatique à l'IS

Le choix d'apporter à une SCI à l'IR pour bénéficier de la gratuité ne doit pas faire oublier que ce régime n'est pas immuable. L'article 206-2 du CGI fait basculer de plein droit à l'IS la SCI qui exerce une activité commerciale (location meublée habituelle, para-hôtellerie, marchand de biens) au-delà de 10 % de ses recettes totales, seuil qui s'apprécie chaque année.

Concrètement, si Hélène Dubois apporte son appartement puis décide de le louer en meublé annuel, sa SCI bascule mécaniquement à l'IS. Et la gratuité obtenue à l'apport ne lui reste pas acquise. L'article 809, II du CGI rend alors les droits de mutation exigibles sur les apports purs et simples reçus depuis le 1er août 1965. L'assiette est la valeur vénale des biens au jour du changement. S'y ajoute le changement de régime lui-même : amortissement, plus-values professionnelles, comptabilité commerciale. Ce point est traité dans notre guide SCI à l'IS ou à l'IR.

La bascule à l'IS prend effet à l'ouverture de l'exercice au cours duquel le seuil de 10 % est dépassé (BOI-IS-CHAMP-10-30 n° 320). Mais cette absence de rétroactivité ne protège pas l'apport : les droits du II de l'article 809 sont dus au jour du changement, sur la valeur du bien à cette date. Un immeuble qui a pris 40 % en dix ans coûte donc plus cher à l'arrivée qu'au départ.

3.5. Cas pratique : l'arbitrage d'Hélène Dubois

Hélène Dubois, médecin libéral à Nantes, hésite entre deux scénarios pour l'apport de son T3 de 300 000 €. Elle crée la SCI familiale avec ses enfants Camille (28 ans, ingénieure à Paris) et Romain (25 ans, étudiant à Nantes).

Scénario 1 : SCI à l'IR. L'appartement est loué en nu, les loyers sont déclarés en revenus fonciers. Droits d'enregistrement : 0 € (art. 810, I CGI). Contribution de sécurité immobilière : 300 €. Émoluments du notaire : environ 4 500 €. Total entrée : ~4 800 €.

Scénario 2 : SCI à l'IS. Le bien est destiné à être loué en meublé saisonnier (Hélène anticipe une demande locative étudiante forte). Droits d'enregistrement : 5,00 % × 300 000 € = 15 000 €. Contribution de sécurité immobilière : 300 €. Émoluments du notaire : environ 4 500 €. Total entrée : ~19 800 €.

L'écart de 15 000 € à l'entrée doit être mis en regard de l'économie générée par l'amortissement à l'IS, qui peut représenter plusieurs milliers d'euros d'impôt évité chaque année pendant 20 à 30 ans. Hélène a finalement opté pour le régime IR, ses enfants n'ayant pas la fiscalité marginale qui justifierait le surcoût d'entrée. La SCI restera à l'IR avec location nue, en attendant une éventuelle option ultérieure.


4. L'engagement de conservation des parts : à quoi il sert vraiment

Beaucoup de guides présentent un engagement de conservation de trois ans comme la contrepartie d'un droit fixe à l'IR. Ce montage n'existe plus. À l'IR, l'apport est gratuit sans contrepartie. L'engagement de trois ans existe bien dans le code, mais ailleurs, et il sert à autre chose : à neutraliser des droits dus par une société passible de l'IS. Voici ce qu'il couvre réellement, et le risque qu'il ne couvre pas.

4.1. Les deux engagements que prévoit vraiment le code

Le premier figure au second alinéa du III de l'article 810 du CGI. Il permet d'enregistrer gratuitement un apport fait à une société passible de l'IS, si l'apporteur conserve trois ans les titres reçus. Son champ est étroit. Le texte écarte les immeubles « n'étant pas compris dans l'apport de l'ensemble des éléments d'actif immobilisés affectés à l'exercice d'une activité professionnelle ».

Traduction pour une SCI patrimoniale : la porte est fermée. Un immeuble locatif apporté seul n'est pas l'ensemble des actifs immobilisés d'une activité professionnelle. C'est le cas de la quasi-totalité des apports traités dans ce guide. Il ne faut donc pas compter dessus pour effacer les 5,00 % dus à l'IS.

Le second engagement joue lors d'un changement de régime fiscal. Il est souscrit non plus par l'apporteur seul, mais par les associés présents à la date du changement, dans l'acte qui le constate. Il vise le même effet et bute sur la même restriction de champ.

4.2. Le vrai risque : l'option pour l'IS après un apport gratuit

C'est le piège le moins souvent écrit, et le plus coûteux. L'article 809, II du CGI est explicite. Le changement de régime « rend les droits et taxes de mutation à titre onéreux exigibles sur les apports purs et simples qui lui ont été faits depuis le 1er août 1965 par des personnes non soumises audit impôt ». Et il précise l'assiette : « Les droits sont perçus sur la valeur vénale des biens à la date du changement. »

Deux conséquences pratiques. La gratuité obtenue à l'IR est un report, pas une exonération définitive. Et l'assiette n'est pas la valeur d'apport, mais celle du jour du changement : plus l'immeuble a pris de valeur, plus la note grossit.

Hélène Dubois apporte son T3 nantais à 300 000 € en 2026 : zéro droit d'enregistrement. Six ans plus tard, la SCI opte pour l'IS et l'appartement vaut 360 000 €. Les droits deviennent exigibles au tarif du III de l'article 810 majoré des taxes additionnelles départementale et communale, soit 5 % de 360 000 € = 18 000 €. L'assiette a grossi de 60 000 € entre-temps, et personne n'avait provisionné cette ligne.

4.3. Ce qui déclenche l'article 809, II

Le fait générateur n'est pas un mouvement de parts : c'est le changement de régime fiscal de la SCI. Trois chemins y mènent.

  • L'option volontaire pour l'IS (art. 239 CGI), souvent décidée quelques années après l'apport pour bénéficier de l'amortissement. C'est le cas de figure le plus fréquent, et le plus facile à anticiper puisqu'il se décide.
  • La bascule de plein droit de l'article 206-2 du CGI, lorsque les recettes commerciales dépassent 10 % des recettes totales : location meublée habituelle, para-hôtellerie, marchand de biens. Elle ne se décide pas, elle se constate.
  • La transformation de la SCI en société commerciale, ou son absorption par une structure passible de l'IS. Le changement de régime est alors la conséquence d'une opération juridique plus large.

4.4. Ce qui ne le déclenche pas : les parts circulent librement

C'est la contrepartie de la règle : tant que la SCI reste à l'IR, la gratuité de l'apport ne peut plus être remise en cause. Aucun mouvement de parts ne menace l'apport lui-même. Ce qui ne veut pas dire que ces mouvements soient sans coût.

  • La cession de parts ne rappelle aucun droit d'apport. Elle relève du droit de 5 % de l'article 726 du CGI, dû par le cessionnaire sur la valeur des parts. Attention toutefois au calendrier : cédées dans les trois ans de l'apport, dans une société non passible de l'IS dont le capital n'est pas divisé en actions, ces parts sont considérées comme ayant pour objet l'immeuble lui-même (article 727 du CGI). Les droits sont alors perçus au tarif immobilier.
  • La donation de parts aux enfants, y compris dans l'année qui suit l'apport, ne déclenche rien non plus côté droits d'apport. C'est ce qui rend le calendrier de transmission libre.
  • Le décès de l'apporteur et la transmission successorale des parts sont sans effet sur l'apport initial.
  • La dissolution de la SCI a ses propres droits de partage, mais ne rappelle pas les droits d'apport gratuits.

4.5. Conseil pratique : décider du régime avant l'apport, pas après

La conclusion opérationnelle tient en une phrase : le régime fiscal se choisit avant de signer l'acte, parce qu'il ne se rattrape pas gratuitement ensuite.

  • Si l'IS est probable à terme, comparer deux scénarios chiffrés : 5,00 % payés aujourd'hui sur la valeur d'apport, ou 5,00 % payés plus tard sur une valeur vénale qui aura monté.
  • Inscrire dans les statuts de la SCI que toute option pour l'IS relève d'une décision collective, afin qu'aucun gérant ne l'exerce sans que le coût de l'article 809, II soit chiffré.
  • Surveiller chaque année le ratio de recettes commerciales de l'article 206-2. Une location meublée lancée sans arbitrage peut faire basculer la SCI, donc déclencher les droits, sans qu'aucune décision n'ait été prise.
  • Faire mentionner au procès-verbal d'assemblée générale d'apport la valeur vénale retenue et sa méthode. C'est cette pièce qui servira de point de comparaison le jour d'un changement de régime.
  • Conserver l'acte d'apport sans limite de durée. L'article 809, II remonte aux apports reçus depuis le 1er août 1965 : la mémoire du dossier vaut plus que le délai de prescription courant.

À retenir : à l'IR, aucun engagement de conservation ne conditionne la gratuité de l'apport. La seule menace est l'option pour l'IS, et elle se pilote. L'engagement de trois ans du III de l'article 810 ne sauve pas une SCI patrimoniale, son champ étant réservé aux immeubles apportés avec l'ensemble des actifs d'une activité professionnelle.

La SCI dispose donc d'une grande liberté pour organiser la circulation des parts entre associés (voir notre guide cession de parts de SCI) sans risque sur l'opération d'apport initiale. C'est d'ailleurs l'intérêt de la SCI comme outil de transmission progressive du patrimoine immobilier familial.


5. Comment se calcule la plus-value immobilière sur un apport ?

C'est le piège n° 1 : pour le fisc, apporter c'est vendre. Vous transférez le bien, vous recevez des parts en échange, et l'article 150 U du CGI traite l'opération comme une cession à titre onéreux — plus-value à régler, comme si vous aviez encaissé un chèque. Le BOFiP BOI-RFPI-PVI-10 confirme cette analyse depuis vingt ans.

Piège n° 1 : la plus-value est due même sans encaisser un euro

Beaucoup d'apporteurs raisonnent ainsi : aucun cash ne sort, donc aucun impôt n'est dû. Faux. L'apport pur et simple déclenche le calcul de plus-value comme une vente sèche, et l'apporteur doit ponctionner son épargne pour régler la note. Ce point se chiffre avant de signer chez le notaire.

Mécanisme de calcul de la plus-value

Le mécanisme est strictement aligné sur celui d'une vente immobilière classique entre particuliers. Quatre éléments entrent dans l'équation :

  • Prix d'apport : la valeur retenue par l'AG constitutive ou par l'acte d'apport, soit la valeur vénale du bien au jour de l'opération.
  • Prix d'acquisition d'origine : le prix payé lors de l'achat initial du bien par l'apporteur, majoré des frais d'acquisition réels ou du forfait 7,5 %.
  • Frais et travaux : travaux réalisés sur facture ou forfait 15 % si le bien est détenu depuis plus de 5 ans.
  • Abattements pour durée de détention : article 150 VC du CGI, exonération progressive sur 22 ans pour l'IR et 30 ans pour les prélèvements sociaux.

Taux d'imposition applicables

L'apporteur est un particulier (pas une société), et la SCI bénéficiaire est translucide ou opaque selon son régime. Mais c'est toujours le régime des plus-values immobilières des particuliers qui s'applique côté apporteur :

Composante Taux Base légale
Impôt sur le revenu 19 % art. 200 B CGI
Prélèvements sociaux 17,2 % CSG, CRDS, prélèvement de solidarité
Total imposition de base 36,2 % avant abattements
Surtaxe sur PV nettes > 50 k€ 2 % à 6 % art. 1609 nonies G CGI

Les abattements pour durée de détention

L'article 150 VC du CGI prévoit deux barèmes distincts qui s'appliquent dès la 6ème année de détention, avec un point de bascule à 22 ans pour l'IR et 30 ans pour les prélèvements sociaux. Le BOFiP BOI-RFPI-PVI-20 détaille ce mécanisme.

Durée de détention Abattement IR (par an) Abattement PS (par an)
Années 1 à 5 0 % 0 %
Années 6 à 21 6 % 1,65 %
Année 22 4 % (exonération IR) 1,60 %
Années 23 à 30 déjà exonéré 9 %
Au-delà de 30 ans Exonération totale IR Exonération totale PS

Lecture concrète du barème : à 11 ans de détention, l'apporteur a accumulé 6 années d'abattement (années 6 à 11), soit 36 % d'abattement IR et 9,9 % d'abattement PS. À 22 ans révolus, l'IR tombe à zéro mais la note PS reste lourde. Il faut tenir 30 ans pour neutraliser totalement l'impôt.

Cas chiffré : Hélène apporte son T3 nantais à sa SCI familiale

Reprenons Hélène, médecin libéral à Nantes, 52 ans. Elle a acheté en 2010 un T3 locatif rue de Strasbourg pour 200 000 € (frais d'acquisition forfaitisés à 7,5 % inclus dans le prix d'origine retenu). En juin 2026, elle l'apporte à la SCI familiale Dubois qu'elle vient de constituer avec ses deux enfants Camille (28 ans) et Romain (25 ans). La valeur d'apport retenue après expertise notariale est de 300 000 €. Durée de détention : 16 ans révolus (2010 → 2026), soit 11 années d'abattement (années 6 à 16).

Calcul de la plus-value imposable d'Hélène

  • Prix d'apport (valeur vénale 2026) : 300 000 €
  • Prix d'acquisition 2010 majoré du forfait 7,5 % : 200 000 € × 1,075 = 215 000 €
  • Forfait travaux 15 % (détention > 5 ans) : 200 000 € × 0,15 = 30 000 €
  • Plus-value brute : 300 000 − 215 000 − 30 000 = 55 000 €
  • Abattement IR : 11 ans × 6 % = 66 % → base IR = 55 000 × 34 % = 18 700 €
  • IR à payer : 18 700 × 19 % = 3 553 €
  • Abattement PS : 11 ans × 1,65 % = 18,15 % → base PS = 55 000 × 81,85 % = 45 018 €
  • Prélèvements sociaux : 45 018 × 17,2 % = 7 743 €
  • Surtaxe art. 1609 nonies G : PV nette < 50 000 € → non applicable
  • Total impôt PV pour Hélène : ≈ 11 296 €

Hélène débourse donc environ 11 300 € de plus-value sans rien encaisser en contrepartie. D'où sa décision d'ouvrir un compte courant d'associé : les loyers rembourseront une partie de cet effort initial. Le barème année par année figure sur notre page plus-value SCI.

La surtaxe sur les plus-values nettes > 50 000 €

Pour les apports portant sur des biens de valeur, l'article 1609 nonies G du CGI ajoute une surtaxe progressive applicable à la plus-value nette imposable (après abattements pour durée de détention) lorsqu'elle dépasse 50 000 € :

Tranche de PV nette Taux de surtaxe
50 000 € à 60 000 €2 %
60 000 € à 100 000 €2 %
100 000 € à 150 000 €3 %
150 000 € à 200 000 €4 %
200 000 € à 250 000 €5 %
Au-delà de 250 000 €6 %

Pour Hélène, la PV nette de 18 700 € reste sous le seuil de 50 000 € : la surtaxe n'est pas due. Pour un bien à 600 000 € détenu 10 ans avec 200 000 € de PV brute, elle ajoute plusieurs milliers d'euros. Le calendrier de l'apport est donc lui aussi un paramètre.

Qui déclare et qui paie ?

L'article 150 VG du CGI confie la déclaration de plus-value (formulaire n° 2048-IMM) au notaire qui rédige l'acte d'apport. Il calcule l'impôt, le prélève sur l'opération ou le réclame en sus si l'apport est pur, puis le reverse au Trésor public. L'apporteur n'a aucune démarche personnelle à faire.

Synthèse plus-value à l'apport

  • L'apport = cession à titre onéreux (art. 150 U CGI) déclenchant la PV des particuliers.
  • Taux global 36,2 % (19 % IR + 17,2 % PS) sur la PV imposable.
  • Abattement complet IR à 22 ans, PS à 30 ans (art. 150 VC CGI).
  • Surtaxe 2 % à 6 % au-delà de 50 000 € de PV nette (art. 1609 nonies G CGI).
  • Déclaration et paiement assurés par le notaire (art. 150 VG CGI).

6. Comment évaluer le bien immobilier apporté à la SCI ?

La valeur retenue pour l'apport n'est pas un chiffre que les associés peuvent fixer librement. Elle conditionne trois enjeux. Le montant des parts attribuées à l'apporteur, donc l'équilibre capitalistique de la SCI. Le calcul de la plus-value imposable, donc la facture fiscale immédiate. Et l'assiette des droits d'enregistrement, nuls à l'IR, 5,00 % du bien à l'IS. Une valeur mal motivée expose la SCI et l'apporteur à un risque fiscal et juridique sévère.

Méthode 1 : la base DVF (gratuit, indispensable)

La base Demandes de Valeurs Foncières, accessible librement sur app.dvf.etalab.gouv.fr, recense toutes les transactions immobilières enregistrées en France depuis 2018 (hors Alsace-Moselle et Mayotte). Cet outil officiel permet d'identifier les comparables : ventes du même type de bien, dans le même quartier, sur les 24 derniers mois.

La méthode est rigoureuse. Sélectionner 5 à 10 transactions comparables (même surface ±15 %, même typologie, même secteur), calculer un prix moyen au m², l'appliquer à la surface du bien apporté. Ajuster ensuite selon les spécificités : étage, exposition, état général, garage ou balcon. La méthodologie se documente dans une note annexée au procès-verbal de l'AG constitutive.

Méthode 2 : l'estimation par un professionnel

Trois interlocuteurs peuvent fournir une estimation chiffrée et signée :

  • Le notaire qui rédigera l'acte d'apport. La plupart des offices fournissent une estimation gratuite à leurs clients, fondée sur la base PERVAL (équivalent professionnel de DVF, plus précis). Cette estimation a une valeur probatoire forte vis-à-vis de l'administration.
  • Un agent immobilier mandaté pour un avis de valeur écrit. Coût : entre gratuit (en échange du mandat de gestion locative) et 200 € pour un avis formalisé. Probatoire moyen, à compléter par d'autres méthodes.
  • Un expert immobilier certifié (membre de la CEIF, du TEGoVA ou de la Chambre des Experts Immobiliers). Coût : 500 à 1 500 € selon la complexité. C'est l'évaluation la plus solide juridiquement, recommandée pour les biens atypiques ou de forte valeur.

Méthode 3 : l'expert judiciaire de l'article 1843-4 du Code civil

Si les associés ne parviennent pas à s'accorder sur la valeur retenue, l'article 1843-4 du Code civil permet à l'un d'entre eux de saisir le président du tribunal judiciaire pour faire désigner un expert. La décision de cet expert est opposable à tous les associés et insusceptible de recours sur le fond, sauf erreur grossière. La saisine est rare en pratique pour les apports initiaux (les associés discutent en amont), mais elle constitue une protection précieuse en cas de blocage.

Coût d'une expertise judiciaire : entre 1 500 et 3 500 € à la charge de la partie demanderesse, parfois réparti à parts égales par le juge. Délai : 2 à 4 mois entre saisine et rapport définitif.

Le double risque d'une mauvaise évaluation

Risque n° 1 : la sous-évaluation = abus de droit

Sous-évaluer le bien apporté minore artificiellement les droits d'enregistrement et la plus-value imposable. L'administration fiscale peut alors actionner l'article L. 64 du LPF, qui ouvre la procédure d'abus de droit fiscal. Si elle démontre que la sous-évaluation procure aux co-associés (notamment les enfants) un enrichissement non taxé, elle requalifie l'opération en donation indirecte. Conséquence : droits de mutation à titre gratuit (jusqu'à 45 % en ligne directe, 60 % entre tiers) sur la différence, majorés des intérêts de retard (0,2 %/mois) et d'une majoration de 80 %.

La jurisprudence et la doctrine administrative sont constantes : une sous-évaluation de plus de 15 % par rapport à la valeur de marché expose à requalification. Au-delà de 30 %, la requalification est quasi automatique. Les seuils restent doctrinaux et s'apprécient in concreto par le juge du fond.

Risque n° 2 : la sur-évaluation = action en responsabilité

Inversement, sur-évaluer un bien donne à l'apporteur trop de parts au regard de sa contribution réelle. Les co-associés, dilués, peuvent engager une action en responsabilité contre lui sur le fondement de l'article 1843-3 du Code civil. Il sera alors condamné à compenser, par une soulte ou par la restitution de parts à la SCI.

Bonnes pratiques d'évaluation

Pour sécuriser durablement l'opération, trois règles méritent d'être systématisées :

  • Croiser au minimum deux méthodes : DVF + estimation notariale, ou DVF + agent immobilier. La convergence des deux méthodes (écart < 5 %) constitue une présomption forte de valeur juste.
  • Tracer la motivation dans une note d'évaluation détaillée annexée au PV d'AG constitutive : sources DVF, identification des comparables, ajustements appliqués, valeur finale retenue. Cette note doit être conservée pendant 10 ans (délai de prescription fiscale étendu en cas d'abus de droit).
  • Pour les biens à forte valeur (> 500 000 €) ou atypiques, faire intervenir un expert immobilier certifié dont le rapport sera annexé à l'acte d'apport notarié. Les 800 à 1 500 € de l'expert pèsent peu face à un redressement potentiel chiffré en dizaines de milliers d'euros (droits de donation à 45 %, majoration 80 %).

Notre page capital social SCI détaille la procédure d'évaluation des apports. La même rigueur vaut pour les apports en numéraire adossés à un compte courant d'associé.


7. Faut-il nommer un commissaire aux apports en SCI ?

La réponse est nette : la nomination d'un commissaire aux apports n'est jamais obligatoire en SCI, quelle que soit la valeur du bien apporté. C'est une différence structurelle avec la SARL, la SAS et la SA, et elle pèse dans le bilan économique de l'opération.

Le contraste avec les sociétés commerciales

L'article L. 223-9 du Code de commerce impose un commissaire aux apports à toute SARL constituée avec un apport en nature. Deux conditions cumulatives en dispensent : aucun apport ne dépasse 30 000 € individuellement et le total des apports en nature ne dépasse pas la moitié du capital social. Pour les SAS, l'article L. 227-1 renvoie aux règles de la SA, soit une nomination quasi systématique. Le coût d'un commissaire aux apports oscille entre 1 500 et 4 000 € HT selon la complexité du dossier.

En SCI, rien de tel. Aucune disposition du Code civil ni du Code de commerce n'impose cette intervention. Les associés évaluent eux-mêmes le bien et l'inscrivent à la valeur de leur choix dans l'acte d'apport.

Pourquoi cette différence de traitement ?

La logique du commissaire aux apports en société commerciale repose sur la protection des tiers (créanciers, fournisseurs, banques) qui ne peuvent pas se retourner contre les associés au-delà de leur apport — la responsabilité y est limitée. Le commissaire valide que le capital affiché correspond bien à une réalité économique, sur laquelle les tiers peuvent compter.

Dans la SCI, ce raisonnement n'a plus lieu d'être. L'article 1857 du Code civil fait répondre chaque associé des dettes sociales indéfiniment, au prorata de sa part dans le capital. Après vaine poursuite contre la société (art. 1858 du Code civil), un créancier agit directement contre chaque associé pour sa quote-part. La valeur affichée du capital compte donc peu : la garantie ultime offerte aux tiers, c'est le patrimoine personnel des associés. Le législateur en a tiré la conséquence en n'imposant pas de commissaire.

Quand recourir à un expert volontaire malgré tout ?

L'absence d'obligation ne signifie pas l'absence d'intérêt. Dans plusieurs configurations, l'intervention d'un expert immobilier indépendant ou d'un commissaire aux apports nommé volontairement par les associés apporte une sécurité juridique et fiscale substantielle :

  • Bien complexe ou atypique : immeuble de rapport divisé en plusieurs lots, terrain à bâtir avec permis en cours, monument historique avec contraintes patrimoniales, local commercial mixte. L'expert apporte une méthodologie qui résisterait à un contrôle fiscal.
  • Désaccord entre associés sur la valeur retenue. L'avis d'un tiers indépendant désamorce les conflits, particulièrement dans les SCI familiales où les enjeux successoraux complexifient les relations.
  • Apport > 100 000 € : le seuil au-delà duquel le risque de contrôle fiscal et de requalification en donation indirecte (art. L. 64 LPF) devient significatif. Un rapport d'expert constitue alors la meilleure pièce de défense.
  • Apport mixte avec soulte ou compte courant : les opérations complexes (apport rémunéré partiellement en parts et partiellement en compte courant) bénéficient d'une validation experte qui sécurise la qualification fiscale.

Cas Lefebvre : pourquoi Marc & Isabelle choisissent un expert volontaire

Marc et Isabelle Lefebvre, 55 et 50 ans, apportent un immeuble de rapport bordelais composé de quatre lots (deux T2 et deux T3) à leur SCI à l'IS nouvellement créée pour préparer la transmission progressive à leurs deux filles. Valeur de l'immeuble : 580 000 €. Acheté en 2008 pour 320 000 €, l'immeuble a fait l'objet de travaux importants entre 2015 et 2020 (réfection toiture, isolation, mise aux normes électriques). Reste à rembourser sur l'emprunt initial : 180 000 €.

Pourquoi mandatent-ils un expert immobilier à 1 200 € HT alors que rien ne les y oblige ? Trois raisons :

  1. L'apport déclenche des droits d'enregistrement de 5,00 % sur la valeur totale (2,20 % au titre de l'art. 810, III, plus 2,80 % de taxes additionnelles), soit 29 000 € qu'il faut pouvoir justifier en cas de contrôle. Une évaluation faite par 8 méthodes croisées documente la valeur de manière incontestable.
  2. Le projet de donation progressive aux filles dans les 5 prochaines années amplifie le risque fiscal : si l'administration requalifie la valeur d'apport, elle pourra remettre en cause les donations futures qui en découlent.
  3. L'immeuble étant divisé en 4 lots aux configurations différentes, l'évaluation forfaitaire au m² n'est pas pertinente. Chaque lot doit être évalué individuellement, méthode que seul un expert maîtrise.

Coût total de la sécurisation : 1 200 € HT pour l'expert + 350 € d'analyse complémentaire par leur conseil = 1 550 € HT. À comparer aux 29 000 € de droits d'enregistrement et aux centaines de milliers d'euros de transmission préparée : l'investissement est dérisoire.

Tarification indicative d'un expert volontaire en 2026

Type d'évaluation Coût indicatif HT Délai
Avis de valeur agent immobilier (formel) 200 à 400 € 1 à 2 semaines
Rapport d'expert immobilier (appartement) 500 à 900 € 2 à 4 semaines
Rapport d'expert immobilier (immeuble divisé) 900 à 1 500 € 3 à 6 semaines
Commissaire aux apports volontaire 1 500 à 2 500 € 4 à 8 semaines
Expertise judiciaire (art. 1843-4 CC) 1 500 à 3 500 € 2 à 4 mois

Économie réalisée par rapport à une SARL/SAS

Sur un apport de 300 000 € à une SCI, l'économie en frais de commissaire aux apports (par rapport à une SARL où il aurait été obligatoire) atteint 2 000 à 3 500 €. C'est l'un des avantages structurels de la SCI pour les apports immobiliers de valeur modérée à élevée, à condition de compenser cette liberté par une évaluation rigoureuse.

Une clause statutaire d'évaluation peut être prévue dès l'origine, notamment pour les augmentations de capital futures. Notre page statuts de SCI en détaille la rédaction, et notre guide création de SCI couvre la constitution avec apport en nature.

Synthèse : commissaire aux apports en SCI

  • Aucune obligation légale, quelle que soit la valeur du bien apporté.
  • Contraste fort avec SARL (L. 223-9 Cco, obligatoire si apport > 30 000 €) et SAS.
  • Justification : responsabilité indéfinie des associés (art. 1857 CC) protège les tiers.
  • Recommandé volontairement pour : biens complexes, apports > 100 000 €, désaccord entre associés, opérations préparatoires à donation.
  • Coût d'un expert volontaire : 500 à 2 500 € selon profondeur, à comparer aux 1 500-4 000 € obligatoires en SARL.

8. Apporter un immeuble avec emprunt en cours : la mécanique de l'apport mixte

Situation très fréquente : le bien à apporter est encore grevé d'un crédit. La règle de base ne souffre pas d'exception, on n'apporte jamais une dette seule. Ce qu'on apporte, c'est le bien, à charge pour la SCI de reprendre l'emprunt si la banque l'accepte. Fiscalement, cette reprise fait basculer le dossier en apport mixte.

Le mécanisme tient en deux blocs. Le bien moins le capital restant dû = apport pur et simple, enregistré gratuitement à l'IR, taxé 5,00 % à l'IS. La fraction correspondant à la dette reprise = apport à titre onéreux, taxé 5,00 % quel que soit le régime de la SCI. Une partie « cadeau », une partie « vente » : c'est comme si la SCI vous achetait la fraction du bien correspondant à la dette qu'elle reprend.

Attention au piège de lecture sur ce second bloc. Son 5,00 % n'est pas celui des ventes : il empile 2,20 % au profit de l'État (article 683 bis), 1,60 % pour le département (article 1595) et 1,20 % pour la commune (article 1584) ou le fonds de péréquation (article 1595 bis). L'article 1594 D, qui régit les ventes et conduit aujourd'hui à environ 6,32 %, n'a rien à faire ici.

Le double coût fiscal qu'on oublie

Beaucoup d'associés calculent le coût de leur apport sur la seule gratuité de l'article 810, I, en oubliant que la fraction « reprise de dette » sort de cette gratuité. Sur un immeuble à 580 000 € avec 180 000 € d'emprunt repris, la facture passe de 0 € à 9 000 € en SCI à l'IR. En SCI à l'IS, elle ne bouge pas : 29 000 € avec ou sans reprise de dette, les deux fractions étant taxées au même taux.

Cas pratique Marc & Isabelle Lefebvre : décomposition chiffrée

Reprenons Marc et Isabelle, qui apportent leur immeuble de rapport bordelais valorisé 580 000 € à leur SCI à l'IS. Il reste 180 000 € sur l'emprunt initial. La banque accepte le transfert du prêt à la SCI sans modification des conditions.

Décomposition de l'opération :

  • Apport pur et simple : 580 000 € − 180 000 € = 400 000 €. Droits à 5,00 % (article 810, III et taxes additionnelles, régime IS) = 20 000 €.
  • Apport à titre onéreux (reprise de dette) : 180 000 €, sans déduction de la quote-part de Marc. Droits à 5,00 % (articles 683 bis, 1595 et 1584) = 9 000 €.
  • Total droits fiscaux : 29 000 €.

Si Marc et Isabelle avaient opté pour une SCI à l'IR, le calcul aurait été : 0 € sur la part pure et simple (article 810, I CGI) et 9 000 € sur la part onéreuse, soit 9 000 € au total. La fraction reprise de dette reste taxée à 5,00 % quel que soit le régime de la SCI : à l'IR, c'est la seule ligne qui pèse. S'y ajoutent dans les deux cas la contribution de sécurité immobilière de 0,10 % et les émoluments du notaire. Et la plus-value des particuliers, due sur la totalité de la valeur apportée et non sur la seule fraction onéreuse (calcul détaillé en section 5).

La procédure bancaire : information préalable, accord écrit

Avant toute signature chez le notaire, il faut sécuriser le volet bancaire. La séquence :

  1. Information écrite de la banque sur le projet d'apport (lettre recommandée recommandée, idéalement 2 mois avant l'acte).
  2. Demande formelle de transfert du prêt à la SCI, ou alternativement de substitution de débiteur.
  3. Accord écrit de la banque, généralement assorti d'une garantie réelle (hypothèque ou caution).
  4. Avenant au contrat de prêt formalisant le nouveau débiteur (la SCI) et conservant idéalement les conditions initiales (taux, durée, échéances).

Point clé à négocier : obtenir le transfert sans renégociation des conditions. Une banque profite parfois de l'opération pour ramener le client au taux du marché, ce qui coûte cher si l'emprunt initial était à taux bas. À défaut, négocier le maintien de la durée résiduelle et l'absence de frais de dossier.

Alternative : la vente classique à la SCI

Quand la banque refuse le transfert, ou quand le différentiel fiscal est marginal, certains préfèrent vendre l'immeuble à la SCI plutôt que de l'apporter. La SCI emprunte alors pour financer l'achat (rachat de l'emprunt résiduel + complément de prix). Conséquences :

  • Droits de mutation à titre onéreux d'environ 6,32 % sur la totalité du prix (article 1594 D CGI), et non sur la seule fraction onéreuse.
  • Plus-value des particuliers due immédiatement sur l'intégralité de la cession.
  • Mais création d'un compte courant d'associé alimenté par le prix de vente, qui ouvre une voie de transmission progressive de cash à l'apporteur. Voir notre guide compte courant d'associé en SCI.

Le choix entre apport mixte et vente dépend du couple "âge de l'apporteur + horizon de transmission" : plus on vise le long terme, plus l'apport est pertinent malgré son coût d'entrée.


9. Apport d'un bien commun : faut-il l'accord du conjoint ?

Question simple, réponse à plusieurs étages selon le régime matrimonial. Le piège ici est moins fiscal que civil. Un apport réalisé sans le consentement du conjoint, quand il était requis, ouvre une action en nullité pendant 2 ans à compter du jour où le conjoint en a eu connaissance (article 1427 du Code civil). De quoi déstabiliser le montage si la séparation pointe son nez.

Régime de communauté légale : l'accord est obligatoire

Le régime par défaut depuis 1966 est la communauté légale réduite aux acquêts. L'article 1832-2 du Code civil y pose une règle nette : un époux ne peut, sans le consentement de l'autre, employer des biens communs pour faire un apport à une société. Elle vaut pour tous les biens communs, y compris ceux acquis avec un emprunt remboursé sur les revenus du couple.

Le consentement du conjoint doit être :

  • Écrit, dans l'acte authentique d'apport ou par acte séparé annexé.
  • Spécial à l'opération projetée (un consentement général n'est pas valable).
  • Mentionné dans le procès-verbal d'AG ayant approuvé l'apport.

Le conjoint dispose d'une faculté supplémentaire : revendiquer la qualité d'associé pour la moitié des parts émises en contrepartie de l'apport (article 1832-2 du Code civil). Cette revendication doit être notifiée à la société ; à défaut, l'apporteur reste seul associé pour la totalité des parts. Beaucoup de couples optent justement pour cette revendication d'office dans l'acte, ce qui simplifie la gestion ultérieure et la transmission.

Les régimes où l'accord n'est pas requis

Plusieurs cas dispensent du consentement du conjoint :

Situation Accord conjoint requis ? Référence
Bien propre apporteur (acquis avant mariage ou par succession/donation) Non art. 1428 CC
Bien commun en communauté légale Oui (impératif) art. 1832-2 CC
Séparation de biens Non (chaque époux gère ses biens propres) art. 1536 CC
PACS sans indivision conventionnelle Non art. 515-5 CC
PACS avec indivision conventionnelle Oui (régime de l'indivision) art. 815-3 CC
Participation aux acquêts pendant le mariage Non (gestion comme séparation) art. 1569 CC

Bien commun avec emprunt : double accord

Quand le bien commun est grevé d'un emprunt que la SCI reprend, les deux exigences se cumulent : accord du conjoint pour l'apport (article 1832-2 CC) et accord de la banque pour le transfert du prêt. La banque exigera souvent la signature des deux époux sur l'avenant, même si l'un seulement devient associé.

Divorce en cours : prudence absolue

Apporter un bien commun pendant une procédure de divorce non encore prononcée est une mauvaise idée. Le risque : que l'apport soit annulé ou requalifié lors de la liquidation patrimoniale, ou pire, qu'il soit perçu comme une tentative de soustraire un actif au partage. La règle prudentielle : attendre le prononcé du divorce et la liquidation du régime matrimonial avant tout apport. Si l'urgence patrimoniale est réelle, négocier une convention de liquidation amiable qui prévoit explicitement l'apport.

Pour les couples qui structurent leur patrimoine via une SCI, notre guide dédié SCI familiale approfondit la question du régime matrimonial et des clauses statutaires protectrices (agrément du conjoint survivant, démembrement croisé, clause d'inaliénabilité).


10. La procédure d'apport pas-à-pas : du projet à la publication

Concrètement, comptez 2 à 4 mois entre la décision et l'inscription au registre foncier. Apporter un immeuble à une SCI n'est pas une formalité expéditive : c'est un parcours en 7 étapes, qui aboutit à l'inscription au registre foncier. Une règle domine la séquence. L'acte authentique chez le notaire est obligatoire pour tout apport d'immeuble (article 710-1 du Code civil et décret du 4 janvier 1955 sur la publicité foncière) : pas de raccourci par acte sous seing privé.

Les 7 étapes opérationnelles

  1. 1

    Évaluation du bien

    Méthode par comparaison, capitalisation locative ou expertise immobilière (voir section 6). Documenter formellement la valeur retenue dans un rapport ou un mandat d'expert pour anticiper un contrôle fiscal.

  2. 2

    Rédaction (ou modification) des statuts

    Clause type d'apport en nature mentionnant la valeur retenue, le descriptif cadastral du bien, et la quote-part de parts émises en contrepartie. Aucun engagement de conservation n'est à prendre si la SCI est à l'IR : la gratuité de l'article 810, I n'est soumise à aucune condition. Voir notre guide statuts de SCI.

  3. 3

    Décision en assemblée générale

    Procès-verbal d'AG approuvant l'apport, l'évaluation et l'attribution des parts. Si bien commun en communauté légale : signature du conjoint apporteur. La valeur vénale retenue et sa méthode de détermination figurent explicitement au PV. Voir notre guide assemblée générale SCI.

  4. 4

    Acte authentique d'apport chez le notaire

    Obligatoire pour tout immeuble (article 710-1 du Code civil + décret du 4 janvier 1955 sur la publicité foncière). C'est l'acte qui opère juridiquement le transfert de propriété de l'apporteur vers la SCI. Frais notariaux : 1 à 3 % de la valeur du bien (émoluments, débours, formalités).

  5. 5

    Publicité foncière au Service de Publicité Foncière

    Le notaire dépose l'acte au SPF compétent du lieu de l'immeuble. Coût : contribution de sécurité immobilière de 0,10 % de la valeur publiée (articles 879, I et 881 K CGI), plus les frais d'enregistrement. C'est cette publication qui rend l'apport opposable aux tiers.

  6. 6

    Enregistrement fiscal

    L'acte notarié est enregistré au Service des Impôts des Entreprises (SIE) dans le mois suivant la signature. C'est à ce stade que sont liquidés l'enregistrement gratuit (SCI à l'IR) ou les droits de 5,00 % (SCI à l'IS), ainsi que les 5,00 % dus sur la fraction onéreuse en cas d'apport mixte. Le notaire prend généralement en charge cette formalité, intégrée à l'acte.

  7. 7

    Formalités RNE et JAL

    L'apport entraîne souvent une modification statutaire : augmentation de capital, changement d'objet, nouvel associé. Il faut alors déclarer sur le Guichet Unique vers le Registre National des Entreprises (~195 €) et publier un avis dans un Journal d'Annonces Légales (~150 à 200 €).

Récapitulatif des frais

Poste Coût indicatif Exemple bien 400 000 €
Notaire (émoluments + débours) 1 à 3 % de la valeur 4 000 à 12 000 €
Contribution de sécurité immobilière (CSI) 0,10 % de la valeur publiée 400 €
Droits enregistrement SCI IR (apport pur et simple) Enregistrement gratuit 0 €
Droits enregistrement SCI IS 5,00 % de la valeur 20 000 €
Expertise immobilière (si requise) 500 à 1 500 € ~1 000 €
Formalités RNE + JAL (si modification statuts) ~350 à 400 € ~380 €

Timeline indicative

  • Mois 1 : évaluation + rédaction statuts + information banque (si emprunt).
  • Mois 2 : AG + collecte pièces notariales + accord bancaire écrit.
  • Mois 3 : signature de l'acte authentique chez le notaire.
  • Mois 3 à 4 : publicité foncière, enregistrement fiscal, formalités RNE.

Le délai s'allonge si la banque traîne, ou si le SPF est saturé.


11. Apport en pleine propriété ou en démembrement : quelle stratégie ?

Dernière question avant de signer : apporter le bien en pleine propriété, ou n'en apporter que la nue-propriété en conservant l'usufruit ? Le choix dépend de l'âge de l'apporteur, de son besoin de revenus locatifs et de l'horizon de transmission.

Apport en pleine propriété : la voie classique

L'apporteur transfère à la SCI la totalité des droits réels sur le bien et reçoit en contrepartie des parts en pleine propriété. Les loyers sont perçus par la SCI, puis redistribués aux associés. C'est le schéma d'Hélène Dubois (cas 1) et des Lefebvre (cas 2).

Apport en nue-propriété : la voie patrimoniale

L'apporteur conserve l'usufruit du bien (droit d'usage et de perception des revenus locatifs) et n'apporte que la nue-propriété à la SCI. Conséquence économique : l'apporteur continue de percevoir les loyers à titre personnel jusqu'à son décès, tandis que la SCI détient la nue-propriété qui se rechargera automatiquement en pleine propriété à l'extinction de l'usufruit (réversion automatique sans droits supplémentaires, article 1133 CGI).

L'évaluation de la nue-propriété et de l'usufruit s'effectue selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, fonction de l'âge de l'usufruitier au jour de l'apport :

Âge de l'usufruitier Valeur usufruit Valeur nue-propriété
Moins de 21 ans 90 % 10 %
21 à 30 ans 80 % 20 %
31 à 40 ans 70 % 30 %
41 à 50 ans 60 % 40 %
51 à 60 ans 50 % 50 %
61 à 70 ans 40 % 60 %
71 à 80 ans 30 % 70 %
81 à 90 ans 20 % 80 %
Plus de 91 ans 10 % 90 %

Avantages et limites de l'apport en nue-propriété

Avantages :

  • Assiette des droits d'enregistrement réduite à la seule valeur de la nue-propriété (40 à 60 % selon l'âge). Sur un immeuble de 500 000 €, apporté en NP par un parent de 62 ans : assiette = 300 000 €, droits IS = 15 000 € au lieu de 25 000 €.
  • Assiette de la plus-value imposable réduite dans les mêmes proportions (à condition que la nue-propriété n'ait pas été démembrée précédemment).
  • Réversion automatique de la pleine propriété au décès de l'usufruitier, sans droits de mutation supplémentaires (article 1133 CGI).
  • L'apporteur conserve son train de vie via les loyers perçus à titre personnel.

Limites :

  • La SCI ne perçoit aucun revenu locatif tant que l'usufruit n'est pas éteint. Le cash flow attendu de la mise en SCI est donc différé.
  • Si la SCI a souscrit des emprunts complémentaires (travaux, autre acquisition), elle ne dispose pas des loyers pour les rembourser. Difficile à financer.
  • L'usufruitier reste fiscalement imposé sur les revenus fonciers selon son barème personnel (IR + prélèvements sociaux), sans bénéfice de la déduction des intérêts d'emprunt SCI.

Cas typique : parents 60 ans préparant leur succession

Des parents de 60-62 ans, déjà rentiers grâce aux loyers de plusieurs immeubles, créent une SCI familiale avec leurs enfants majeurs. Ils apportent la nue-propriété d'un immeuble locatif valorisé 500 000 € (NP = 300 000 € selon barème 669 CGI). Trois effets concrets. L'assiette des droits d'apport tombe à 300 000 € au lieu de 500 000 €. Les parents gardent les loyers pour vivre. Et ils donnent les parts NP aux enfants avec l'abattement de 100 000 € (article 779 CGI) tous les 15 ans. Au décès, la pleine propriété se reconstitue sans droits supplémentaires.

Le démembrement appelle une rédaction statutaire spécifique (répartition des droits de vote entre usufruitier et nu-propriétaire, sort des dividendes, modalités de gestion). Notre guide dédié démembrement en SCI détaille tous les mécanismes, clauses types et arbitrages associés. À combiner avec une lecture du guide donation de parts SCI pour intégrer la stratégie de transmission post-apport.


12. Cas n° 1 — Hélène apporte un appartement de 300 000 € à une SCI familiale à l'IR

Hélène Dubois, 52 ans, médecin libéral à Nantes, est mariée à Vincent (50 ans, ingénieur). Ils ont deux enfants : Camille (28 ans, ingénieure à Paris) et Romain (25 ans, étudiant à Nantes). Tranche marginale d'imposition du foyer : 41 %.

Hélène détient en propre un T3 de 60 m² dans le 6e arrondissement de Nantes, loué nu depuis 2010. Valeur de marché actuelle : 300 000 €. Acquisition en 2010 pour 200 000 €, soit 16 ans de détention. Loyer net annuel 14 400 €, charges 2 800 €.

Son objectif est limpide : créer une SCI familiale baptisée "Dubois Patrimoine" avec ses deux enfants pour amorcer une transmission progressive sans se déposséder, tout en gardant la main sur la gestion locative.

Structure retenue

  • SCI à l'IR (revenus fonciers classiques, pas d'amortissement)
  • Capital social : 372 000 €, soit l'apport en nature de 300 000 € et 72 000 € en numéraire
  • Hélène apporte l'appartement pour 300 000 € et 10 000 € en numéraire = 310 000 € → 83,3 % des parts
  • Camille apporte 31 000 € en numéraire → 8,3 % des parts
  • Romain apporte 31 000 € en numéraire (prêt familial documenté de Vincent à Romain) → 8,3 % des parts
  • Hélène est nommée gérante statutaire, révocable à la majorité des 3/4

Calcul fiscal détaillé de l'apport

Décomposition du coût total

  • Droits d'enregistrement : 0 € — l'apport pur et simple à une SCI à l'IR est enregistré gratuitement (art. 810, I CGI)
  • Prix d'acquisition majoré du forfait 7,5 % (art. 150 VB CGI) : 200 000 € × 1,075 = 215 000 €
  • Forfait travaux 15 % (détention > 5 ans) : 200 000 € × 0,15 = 30 000 €
  • Plus-value brute : 300 000 − 215 000 − 30 000 = 55 000 €
  • Abattement IR durée détention (11 années pleines au-delà de la 5e × 6 %) : 66 % → PV taxable IR = 18 700 € × 19 % = 3 553 €
  • Abattement PS (11 années × 1,65 %) : 18,15 % → PV taxable PS = 45 018 € × 17,2 % = 7 743 €
  • Surtaxe art. 1609 nonies G : PV nette imposable IR < 50 000 € → non applicable
  • Total plus-value : 3 553 + 7 743 = 11 296 €
  • Émoluments du notaire (1,5 % de 300 000 €) : 4 500 €
  • Contribution de sécurité immobilière (0,10 %, art. 879, I CGI) : 300 €

Coût total de l'apport : 16 096 € (5,4 % de la valeur apportée)

Ce qu'Hélène obtient en contrepartie

  • Contrôle préservé : 83,3 % des parts + gérance statutaire = pleine maîtrise des décisions de gestion courante
  • Camille et Romain entrent au capital pour 31 000 € chacun en numéraire (8,3 % chacun)
  • Préparation transmission : Hélène pourra désormais donner ses parts par tranches de 100 000 € à chaque enfant tous les 15 ans en franchise (art. 779 CGI)
  • Revenus fonciers proratisés : 83,3 % des loyers nets remontent à Hélène, 8,3 % à chaque enfant — léger lissage fiscal côté Camille (TMI 30 %) et Romain (TMI 0 %)
  • Sortie du patrimoine personnel : le bien devient un actif social, gouverné par les statuts et non plus par les règles d'indivision matrimoniale

Ce qu'il faut retenir du dossier Hélène

16 096 € pour amorcer une transmission qui économisera potentiellement plusieurs dizaines de milliers d'euros de droits de mutation à terme. La logique fiscale tient tant que la SCI reste à l'IR : une option pour l'IS ferait resurgir des droits de mutation sur la valeur du bien au jour du changement (art. 809, II CGI). Pour la suite, voir le guide donation de parts.


13. Cas n° 2 — Marc et Isabelle Lefebvre apportent un immeuble de 580 000 € avec emprunt à une SCI à l'IS

Marc Lefebvre, 55 ans, dirige une SAS dans le bâtiment à Bordeaux. Isabelle, 50 ans, est professeure agrégée. Trois enfants : Hugo (25 ans, salarié), Léa (22 ans, étudiante master), Théo (17 ans, lycéen). TMI du foyer : 41 %.

Le couple détient en communauté un immeuble de rapport de 4 lots à Bordeaux Caudéran. Valeur de marché 580 000 €, acquis 320 000 € en 2008 (18 ans de détention). Emprunt restant dû : 180 000 € sur 22 ans. Loyer net annuel 32 000 €, charges 6 500 €.

L'objectif diffère du cas précédent : Marc et Isabelle veulent loger l'immeuble dans une SCI à l'IS pour bénéficier de l'amortissement comptable du bâti, réduire la pression fiscale courante et préparer une transmission long terme aux trois enfants.

Structure retenue

  • SCI à l'IS sur option dès la création (irrévocable au-delà de 5 ans, art. 239 CGI)
  • Capital social : 5 000 € en numéraire + apport en nature mixte de 580 000 €
  • Décomposition de l'apport : 400 000 € en apport pur et simple + 180 000 € en apport à titre onéreux (reprise de l'emprunt par la SCI)
  • Marc et Isabelle détiennent chacun 48,5 % des parts ; Hugo, Léa et Théo (mineur représenté) détiennent 1 % chacun pour amorcer la transmission
  • Marc est nommé gérant ; en cas d'incapacité, Isabelle prend le relais (clause de gérance subsidiaire)

Calcul fiscal détaillé de l'apport

Décomposition du coût total

  • Droits sur partie pure et simple (SCI à l'IS : 2,20 % de l'art. 810, III plus 2,80 % de taxes additionnelles) : 400 000 € × 5,00 % = 20 000 €
  • Droits sur partie onéreuse (régime des apports, art. 683 bis, 1595 et 1584) : 180 000 € × 5,00 % = 9 000 €
  • Total droits d'enregistrement : 29 000 €
  • Prix d'acquisition majoré du forfait 7,5 % (art. 150 VB CGI) : 320 000 € × 1,075 = 344 000 €
  • Plus-value brute : 580 000 − 344 000 = 236 000 €
  • Abattement IR (13 années pleines au-delà de la 5e × 6 %) : 78 % → PV taxable IR = 51 920 € × 19 % = 9 865 €
  • Abattement PS (13 années pleines au-delà de la 5e × 1,65 %) : 21,45 % → PV taxable PS = 185 378 € × 17,2 % = 31 885 €
  • Surtaxe sur PV nette imposable IR > 50 000 € (art. 1609 nonies G CGI) : 51 920 € se situe dans la première tranche, lissage du barème ≈ 634 €
  • Total plus-value : 9 865 + 31 885 + 634 = 42 384 €
  • Émoluments du notaire (2 % de 580 000 €) : 11 600 €
  • Contribution de sécurité immobilière (0,10 %, art. 879, I CGI) : 580 €

Coût total de l'apport : 83 564 € (14,4 % de la valeur apportée)

Pourquoi Marc et Isabelle acceptent 83 564 € de coût d'entrée

La décision de Marc et Isabelle s'appuie sur trois leviers compensatoires :

  • Amortissement comptable du bâti : 400 000 € amortis sur 30 ans = 13 333 €/an de charge déductible du résultat IS. Économie d'impôt sur les sociétés annuelle estimée à 2 000-3 333 € selon la tranche IS applicable (15 % puis 25 %)
  • Donation programmée des parts : chaque parent peut donner 100 000 € de parts à chaque enfant tous les 15 ans en franchise (art. 779 CGI), soit jusqu'à 600 000 € transmis sans droits sur deux générations
  • IFI : si le foyer dépasse le seuil de 1,3 M€ de patrimoine immobilier net, la dette adossée à la SCI (180 000 € d'emprunt) reste déductible — mais sous conditions de l'art. 974 CGI

À retenir : l'engagement de conservation du second alinéa du III de l'article 810 n'est d'aucun secours ici. Il suppose que l'immeuble soit compris dans l'apport de l'ensemble des éléments d'actif immobilisés affectés à une activité professionnelle, ce qu'un immeuble de rapport apporté seul n'est pas. Marc et Isabelle paient donc les 5,00 % sans échappatoire, mais ajustent ensuite la répartition des parts sans contrainte fiscale supplémentaire.

L'angle mort à ne pas manquer

Le passage à l'IS fait basculer l'imposition de la plus-value future vers le régime des plus-values professionnelles, et non plus celui des particuliers. Si la SCI revend l'immeuble dans 15 ans pour 750 000 €, la PV imposable se calcule sur la valeur nette comptable amortie — souvent bien plus élevée qu'en régime IR. Arbitrage IR/IS développé en détail dans notre guide dédié.


14. Les 6 erreurs qui plombent un apport d'immeuble à une SCI

Erreur n° 1 — Oublier la plus-value immobilière

Piège : croire que l'apport est neutre fiscalement parce qu'aucun euro de cash n'est encaissé.

Risque : redressement fiscal automatique + intérêts de retard + pénalités si la déclaration n'est pas déposée dans le mois qui suit la signature de l'acte (BOI-RFPI-PVI-10).

Parade : calculer la plus-value via notre simulateur dédié avant de signer quoi que ce soit. Si le résultat est dissuasif, repenser le projet.

Erreur n° 2 — Sous-évaluer le bien apporté

Piège : volonté de réduire l'assiette des droits d'enregistrement ou de la plus-value en affichant une valeur d'apport inférieure au marché.

Risque : abus de droit (art. L. 64 LPF), requalification en donation indirecte aux co-associés, pénalité 80 % et intérêts. Les rappels se comptent en dizaines de milliers d'euros sur les SCI familiales.

Parade : deux méthodes convergentes (comparaison et capitalisation locative), motivation chiffrée en annexe de l'acte. Un rapport d'expert indépendant (500 à 1 500 €) reste le meilleur bouclier.

Erreur n° 3 — Croire que la gratuité obtenue à l'IR est définitive

Piège : apporter gratuitement à une SCI à l'IR (art. 810, I CGI), puis faire opter la structure pour l'IS quelques années plus tard pour capter l'amortissement.

Risque : l'art. 809, II CGI rend alors les droits de mutation exigibles sur les apports purs et simples reçus depuis le 1er août 1965, et l'assiette est la valeur vénale au jour du changement. Sur un immeuble apporté à 300 000 € et valant 360 000 € lors de l'option, ce sont 360 000 € qui sont taxés, soit 18 000 € au tarif de 5 % (2,20 % art. 810, III majoré des taxes additionnelles).

Parade : décider du régime fiscal avant l'apport, pas après, et chiffrer les deux scénarios. L'engagement de conservation du second alinéa du III de l'art. 810 n'est pas une porte de sortie : il est fermé à l'immeuble locatif isolé.

Erreur n° 4 — Apporter un bien commun sans accord du conjoint

Piège : régime de communauté légale, l'un des époux apporte seul un bien dépendant de la communauté sans signature du conjoint.

Risque : nullité demandée pendant 2 ans par le conjoint exclu (art. 1427 du Code civil). L'apport tombe et la SCI perd son actif principal.

Parade : signature du conjoint dans l'acte notarié (art. 1832-2 CC) et mention au procès-verbal d'AG. Il peut consentir sans devenir associé.

Erreur n° 5 — Apporter sans accord de la banque (immeuble grevé)

Piège : transférer la dette à la SCI sans informer préalablement l'établissement prêteur, en pensant que c'est une simple formalité technique.

Risque : exigibilité immédiate du capital restant dû. La plupart des prêts immobiliers comportent une clause d'exigibilité anticipée en cas de changement de débiteur.

Parade : information écrite de la banque avant la signature, demande formelle de transfert du prêt à la SCI, ou nouveau prêt souscrit par la SCI pour solder l'ancien. Compter 2 à 3 mois.

Erreur n° 6 — Confondre apport d'immeuble et apport de parts

Piège : croire que les deux opérations relèvent du même traitement fiscal, alors qu'elles obéissent à des régimes radicalement différents.

Risque : appliquer le mauvais régime. L'apport d'immeuble à une SCI relève de l'art. 150 U CGI (plus-value) et de l'art. 810, I ou 810, III CGI (droits). L'apport de parts à une holding relève des art. 150-0 B ou 150-0 B ter CGI (report ou sursis d'imposition). Confondre les deux peut conduire soit à payer un impôt indu, soit à manquer un mécanisme d'optimisation puissant.

Parade : distinguer clairement l'opération projetée. Pour l'apport de parts de SCI à une société holding, voir notre guide holding immobilière.


15. FAQ — Apport d'un immeuble à une SCI 2026

Combien coûte l'apport d'un immeuble à une SCI en 2026 ?

Le coût total se décompose en quatre postes. L'apport pur et simple est enregistré gratuitement en SCI à l'IR (art. 810, I CGI). En SCI à l'IS, il supporte 5,00 % de la valeur du bien : 2,20 % au titre de l'art. 810, III, plus 1,60 % pour le département (art. 1595) et 1,20 % pour la commune (art. 1584). Dans les deux cas s'ajoute la contribution de sécurité immobilière de 0,10 % (art. 879, I CGI). Les frais d'acte notarié représentent 1 à 3 % de la valeur (l'acte authentique est obligatoire pour tout transfert d'immeuble). Enfin, la plus-value immobilière éventuelle est due au taux global de 36,2 % (19 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux), majorée de la surtaxe au-delà de 50 000 € de plus-value (art. 1609 nonies G CGI). Les formalités annexes (JAL, RNE) ajoutent 350 à 400 €.

Faut-il payer des droits d'enregistrement sur un apport d'immeuble à une SCI à l'IR ?

Non, aucun droit proportionnel n'est dû sur un apport pur et simple. L'article 810, I du CGI le dit en cinq mots : les apports sont enregistrés gratuitement. Le droit fixe de 500 € que citent encore beaucoup de guides a été supprimé par la loi de finances pour 2019. La raison tient au champ du 3° du I de l'article 809, qui pose deux conditions cumulatives : un apporteur non soumis à l'IS, et une société bénéficiaire passible de l'IS. Une SCI à l'IR échoue à la seconde, donc aucun tarif ne s'applique. Cette gratuité n'est pas définitive pour autant : l'article 809, II rend les droits exigibles si la SCI passe un jour à l'IS.

Pourquoi l'apport à une SCI à l'IS est-il taxé à 5 % ?

Ce 5 % est un empilement, et non le taux d'un article unique. Le 3° du I de l'article 809 assimile l'opération à une mutation à titre onéreux sans fixer de tarif. Le tarif est au III de l'article 810 : 2,20 %. S'y ajoutent 1,60 % au profit du département (art. 1595) et 1,20 % au profit de la commune ou du fonds de péréquation (art. 1584 et 1595 bis), soit 5,00 % au total. La différence avec le régime de l'IR tient à la translucidité fiscale : à l'IR, l'immeuble reste rattaché aux associés personnes physiques, alors qu'à l'IS, il intègre le patrimoine d'une personne morale opaque. Pour un bien à 580 000 €, le coût atteint 29 000 € de droits, contre zéro en SCI à l'IR.

Faut-il déclarer une plus-value lors de l'apport d'un immeuble à sa SCI ?

Oui, l'apport d'un immeuble est un fait générateur de plus-value immobilière des particuliers (art. 150 U CGI), au même titre qu'une vente. La plus-value brute correspond à l'écart entre la valeur d'apport (prix de marché) et le prix d'acquisition majoré des frais. Le BOFiP BOI-RFPI-PVI-10 confirme expressément que l'apport en société constitue une cession à titre onéreux. Les abattements pour durée de détention s'appliquent (art. 150 VC), avec exonération totale d'IR à 22 ans et de prélèvements sociaux à 30 ans.

L'apport d'un immeuble à une SCI nécessite-t-il un commissaire aux apports ?

Non. Contrairement à la SARL (art. L. 223-9 du Code de commerce) où le commissaire est obligatoire si un apport en nature dépasse 30 000 €, la SCI échappe à cette obligation. Les associés évaluent donc librement le bien (art. 1843-3 du Code civil). Attention à ne pas transposer ici la garantie solidaire de cinq ans des associés de SARL : elle vient de l'article L. 223-9 du Code de commerce et ne s'applique pas à une société civile, où chaque associé répond des dettes sociales indéfiniment mais **non solidairement**, à proportion de sa part (art. 1857), et seulement après poursuite vaine de la société (art. 1858). Une surévaluation vous expose en revanche au redressement fiscal et, entre associés, à une action en responsabilité. Reste qu'un expert immobilier indépendant (500 à 1 500 €) sécurise la valeur retenue face au fisc, surtout si elle s'écarte sensiblement des comparables du quartier.

Peut-on apporter à une SCI un immeuble grevé d'un emprunt bancaire ?

Oui, via un apport mixte : la partie correspondant à la valeur nette (valeur du bien moins capital restant dû) constitue un apport pur et simple rémunéré en parts sociales, tandis que la reprise du passif bancaire constitue un apport à titre onéreux. Cet apport mixte exige l'accord exprès et préalable de la banque (articles 1327 et suivants du Code civil sur la cession de dette, issus de la réforme du droit des obligations de 2016), faute de quoi l'apporteur reste personnellement débiteur. Seule la fraction onéreuse bascule : elle supporte 5,00 % au titre du régime des apports, sur l'intégralité du passif repris et sans déduction de la quote-part de l'apporteur (BOI-ENR-AVS-10-20 § 200). En cas de doute sur la nature de l'apport, il est réputé pur et simple.

Comment évaluer la valeur d'un bien immobilier apporté à une SCI ?

La méthode privilégiée combine trois sources : la base DVF (Demandes de Valeurs Foncières) accessible sur cadastre.gouv.fr pour les comparables de ventes récentes dans le quartier, une estimation gratuite par notaire ou agence, et idéalement un rapport d'expertise indépendante. En cas de désaccord entre associés sur l'évaluation, l'article 1843-4 du Code civil permet de saisir un expert désigné par le président du tribunal judiciaire, dont l'évaluation s'impose aux parties.

Un époux peut-il apporter seul un bien commun à une SCI ?

Non. L'article 1832-2 du Code civil exige l'accord exprès du conjoint pour l'apport d'un bien commun à une société, sous peine de nullité de l'apport pendant 2 ans (art. 1427 CC). Le conjoint non-apporteur peut aussi revendiquer la qualité d'associé sur la moitié des parts émises, sauf renonciation expresse de sa part. C'est pour ça que le notaire convoque les deux époux à l'acte d'apport, même si un seul détient juridiquement le bien.

Vaut-il mieux apporter un immeuble à une SCI ou le vendre à la SCI ?

L'apport est presque toujours préférable. La vente déclenche les droits de mutation à titre onéreux de l'art. 1594 D CGI, soit environ 6,32 % dans la grande majorité des départements depuis la loi de finances pour 2025 : 18 960 € pour un bien à 300 000 €, à comparer à zéro pour un apport pur et simple à une SCI à l'IR. La plus-value est due dans les deux cas. La vente présente cependant un avantage en cas d'emprunt en cours (la SCI rachète comptant via un nouveau crédit), alors que l'apport mixte oblige à négocier la reprise du prêt avec la banque.

L'engagement de conservation des parts de 3 ans s'applique-t-il à tous les apports ?

Non, et il ne concerne surtout pas la SCI à l'IR, où l'apport est enregistré gratuitement sans aucune condition (art. 810, I CGI). L'engagement de conservation des titres pendant trois ans figure au second alinéa du III de l'article 810 : il permet d'obtenir la gratuité sur un apport fait à une société passible de l'IS. Son champ est étroit. Le texte exige que l'immeuble soit compris dans l'apport de l'ensemble des éléments d'actif immobilisés affectés à l'exercice d'une activité professionnelle. Un immeuble locatif isolé, cas de la quasi-totalité des SCI patrimoniales, en est donc exclu.

Peut-on apporter à une SCI uniquement la nue-propriété d'un immeuble ?

Oui, l'apport d'un droit démembré est parfaitement valide. La nue-propriété est évaluée selon le barème de l'article 669 CGI en fonction de l'âge de l'usufruitier (par exemple 60 % de la valeur en pleine propriété si l'usufruitier a entre 61 et 70 ans, l'usufruit valant alors 40 %). Cette technique combine optimisation fiscale et conservation de la jouissance pour l'apporteur, qui conserve l'usufruit. Elle est très utilisée en stratégie de transmission patrimoniale anticipée.

Quel est le délai entre la décision d'apport et l'achèvement de la procédure ?

Compter en moyenne 2 à 4 mois. La rédaction des statuts ou de l'acte d'apport modificatif prend 2 à 4 semaines, l'évaluation et l'obtention d'un éventuel accord bancaire 2 à 6 semaines, la signature de l'acte authentique chez le notaire 1 jour, la publicité foncière au service de la publicité foncière (SPF) 1 à 2 mois, puis l'inscription modificative au RNE (Registre National des Entreprises) 2 à 3 semaines. Les délais s'allongent en cas d'apport mixte ou de bien démembré.