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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Cession de parts de SCI 2026 Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Guide SCI Familiale 2026 SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Le guichet unique INPI Statuts SCI : rédiger des statuts solides Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

Acheter la nue-propriété d'un bien via une SCI

Un appartement à 300 000 €, acheté 180 000 € par la SCI. Pendant quinze ans, elle n'encaisse rien, ne déclare rien, ne paie ni taxe foncière, ni charges de copropriété, ni impôt. Au terme, elle devient pleine propriétaire d'un bien à 300 000 €. Sans verser un euro de plus, sans acte à signer, sans le moindre droit d'enregistrement.

Dit comme ça, acheter la nue-propriété d'un bien via une SCI ressemble à un tour de passe-passe. Il n'en est pas un : la décote de 40 % correspond exactement à quinze années de loyers auxquels vous renoncez. Vous n'achetez pas moins cher, vous achetez plus tard. Reste à savoir si le prix de cette attente est correctement fixé. C'est là que les dossiers se trient, et pas ailleurs.

C'est aussi, à mon avis, l'un des rares montages où la SCI n'apporte pas seulement de la souplesse mais un vrai gain fiscal — à condition de la laisser à l'impôt sur le revenu, et de savoir que les intérêts d'emprunt ne se déduisent presque jamais. Ce guide traite d'une seule opération : l'achat de la nue-propriété d'un bien par la société, sa fiscalité pendant le démembrement et sa sortie. Si vous cherchez le démembrement des parts, allez voir démembrement en SCI ; pour choisir entre les deux stratégies de détention, SCI ou nue-propriété ; pour donner temporairement l'usufruit à un tiers, la donation temporaire d'usufruit.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code civil, CGI, BOFiP, Code de la construction et de l'habitation, Légifrance). Mis à jour le 31 juillet 2026.

L'essentiel en 8 points

  • Ce que la SCI achète : un droit réel, la nue-propriété, qui donne l'abusus (disposer, vendre, hypothéquer) mais ni l'usage ni les fruits pendant toute la durée du démembrement.
  • Deux valorisations à ne pas confondre : le barème forfaitaire de l'article 669 du CGI (23 % de la pleine propriété par période de dix ans entamée pour un usufruit à durée fixe) sert à liquider les droits d'enregistrement ; le prix payé, lui, se négocie sur une base économique.
  • Aucun revenu, donc aucun impôt pendant le démembrement : ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux à 17,2 %, ni contribution sur les revenus locatifs.
  • Taxe foncière à la charge de l'usufruitier (art. 1400 II du CGI). Charges d'entretien à l'usufruitier, grosses réparations au nu-propriétaire (art. 605 et 606 du Code civil) — sauf convention contraire, et la convention dit souvent le contraire.
  • Les intérêts d'emprunt ne se déduisent pas, faute de revenu foncier. Sauf l'exception du d du 1° du I de l'article 31 du CGI : usufruit appartenant à un organisme d'HLM, à une SEM ou à un organisme agréé — le déficit s'impute alors sur les revenus fonciers des dix années suivantes.
  • IFI : l'article 968 du CGI impose l'usufruitier sur la valeur en pleine propriété. Le nu-propriétaire n'est pas imposé, hors les trois exceptions du texte — qui ne visent pas l'achat auprès d'un tiers.
  • Sortie sans frottement : l'extinction ne donne ouverture à aucun impôt ni taxe (art. 1133 du CGI). En cas de revente, le prix d'acquisition est reconstitué à la valeur de la pleine propriété au jour de l'entrée de la nue-propriété dans le patrimoine (BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10 § 220).
  • L'IS est le mauvais choix ici : rien à amortir pendant le démembrement, base amortissable réduite ensuite, et surtout revente taxée sur la valeur nette comptable — la reconstitution gratuite de la pleine propriété y est intégralement imposée.

Sources mobilisées dans ce guide

Code civil : art. 578 (définition de l'usufruit), art. 605 et 606 (réparations d'entretien à l'usufruitier, grosses réparations au propriétaire), art. 599 (le nu-propriétaire ne peut nuire aux droits de l'usufruitier), art. 595 (baux consentis par l'usufruitier), art. 617 (causes d'extinction), art. 619 (usufruit d'une personne morale limité à trente ans), art. 621 (répartition du prix en cas de vente simultanée des deux droits ; vente du bien grevé sans l'accord de l'usufruitier, qui conserve son droit), art. 1832 et s. (société civile).
CGI : art. 669 (barème de valorisation de l'usufruit et de la nue-propriété, I usufruit viager, II usufruit à durée fixe), art. 1133 (absence d'imposition à la réunion), art. 1400 II (taxe foncière au nom de l'usufruitier), art. 31, I, 1°, d (intérêts de dettes, y compris pour le nu-propriétaire dont l'usufruit appartient à un organisme d'HLM, une SEM ou un organisme agréé), art. 156, I, 3° (imputation des déficits fonciers), art. 8 (translucidité), art. 150 U et s. (plus-values des particuliers), art. 150 VB (prix d'acquisition), art. 1609 nonies G (surtaxe au-delà de 50 000 € de plus-value imposable), art. 968 (IFI et biens démembrés), art. 965 (assiette de l'IFI), art. 751 (présomption de propriété visée par l'exception du 2° de l'art. 968), art. 39, 1, 2° (amortissements), art. 209 I (report des déficits à l'IS), art. 13, 5 (cession à titre onéreux d'un usufruit temporaire).
BOFiP : BOI-RFPI-BASE-30-20-20 (déficits subis par les nus-propriétaires : principe § 10, immeuble loué par l'usufruitier § 40, régime des logements dont l'usufruit est détenu par un bailleur social § 80 à § 140), BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10 (prix d'acquisition, cession après réunion de la propriété § 210 et § 220), BOI-RFPI-BASE-20-80 (intérêts et frais d'emprunt), BOI-PAT-IFI-20-20-30-10 (biens démembrés à l'IFI), BOI-IF-TFB-10-20-20 (titulaires de droits spéciaux et taxe foncière).
Code de la construction et de l'habitation : art. L. 253-1 (usufruit conventionnel au profit d'une personne morale, durée minimale de quinze ans), art. L. 253-1-1 (la convention précise la répartition des dépenses de l'immeuble ; l'usufruitier assume seul les provisions des articles 14-1 et 14-2-1 de la loi du 10 juillet 1965 et est de droit le mandataire commun en copropriété ; clauses inopposables au syndicat), art. L. 253-3 (mention du statut du logement dans le bail), art. L. 253-4 (le bail prend fin de plein droit au plus tard à la date d'extinction de l'usufruit), art. L. 253-5 (notification du nu-propriétaire six mois avant le terme), art. L. 253-6 (rappel des dispositions un an avant, offre de relogement trois mois avant), art. L. 253-7 (déchéance du titre d'occupation du locataire qui refuse à la fois le bail proposé par le nu-propriétaire et l'offre de relogement de l'usufruitier-bailleur), art. L. 253-8 (caractère d'ordre public du chapitre lorsque les logements sont des logements locatifs sociaux au sens de l'art. L. 302-5 ou des logements locatifs intermédiaires au sens de l'art. L. 302-16), art. L. 411-2 (organismes d'HLM), art. L. 365-1 (organismes agréés).
Autres : loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (art. 13 et 15-I, congé pour reprise réservé à la société civile familiale au profit d'un associé), loi n° 2006-872 du 13 juillet 2006 dite ENL, art. 42 (création des articles L. 253-1 et suivants du CCH, usufruit locatif social), loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, art. 14-1 et 14-2-1 (budget prévisionnel et fonds de travaux), Cass. 3e civ., 10 juillet 2002, n° 00-22.158 (l'usufruitier ne peut contraindre le nu-propriétaire à exécuter les grosses réparations), CE, 10e-9e ch. réunies, 24 avril 2019, n° 419912 (caractère amortissable de l'usufruit d'un bien immobilier).

1. Le principe : ce que la SCI achète en nue-propriété

Le démembrement sépare la propriété en deux droits réels distincts, chacun autonome, chacun cessible, chacun saisissable. L'usufruit, défini à l'article 578 du Code civil, c'est le droit de jouir de la chose dont un autre a la propriété et d'en percevoir les fruits. La nue-propriété, c'est tout le reste : le droit de disposer du bien, de le vendre, de l'hypothéquer, de le transmettre — sans pouvoir l'habiter ni le louer.

La configuration typique

Dans une opération d'acquisition en nue-propriété, la SCI n'achète pas la moitié d'un bien : elle achète l'intégralité d'un droit, celui du nu-propriétaire, sur un bien dont l'usufruit est simultanément vendu ou conservé par quelqu'un d'autre. Trois configurations dominent en pratique.

  • L'usufruit locatif social (ULS). Un promoteur construit un immeuble, vend l'usufruit temporaire à un bailleur social pour quinze à vingt ans et les nues-propriétés à des investisseurs. L'article L. 253-1 du CCH autorise expressément la constitution par convention d'un usufruit au profit d'une personne morale, « pour une durée minimale de quinze années, en vue de la location » des logements. C'est le format le plus répandu, issu de la loi ENL du 13 juillet 2006.
  • L'usufruit temporaire vendu à un investisseur privé. Une entreprise, une société patrimoniale ou un particulier achète l'usufruit pour dix ou quinze ans afin de percevoir les loyers, la SCI achète la nue-propriété. Le montage est licite mais plus exposé : la qualité du contrepartiste et la rédaction de la convention deviennent décisives.
  • L'usufruit viager conservé par le vendeur. Le vendeur âgé cède la nue-propriété et conserve l'usage du bien jusqu'à son décès. On bascule alors dans une logique aléatoire, très proche du viager en SCI. Avec une différence de taille : pas de rente à servir, mais un aléa sur la durée qu'aucun barème ne résout.

Un plafond à connaître avant de discuter la durée : l'article 619 du Code civil limite à trente ans l'usufruit qui n'est pas accordé à des particuliers. Un bailleur social, une SEM ou une société commerciale ne peut donc pas détenir un usufruit plus longtemps. Combiné au plancher de quinze ans de l'article L. 253-1 du CCH, cela explique que le marché se concentre entre quinze et vingt ans.

Ce que la SCI peut faire — et ne peut pas faire — pendant le démembrement

Prérogative SCI nue-propriétaire Usufruitier
Occuper le bienNonOui
Louer et percevoir les loyersNonOui
Vendre son propre droitOui (art. 621, al. 2 C. civ.)Oui, sauf clause contraire
Hypothéquer son droitOuiOui, mais l'hypothèque s'éteint avec l'usufruit
Vendre le bien en pleine propriétéUniquement avec l'accord de l'usufruitierUniquement avec l'accord du nu-propriétaire
Décider de gros travauxOui, sans nuire aux droits de l'usufruitier (art. 599)Non au-delà de l'entretien, sauf convention
Donner congé au locataireNon pendant l'usufruitOui, il est le bailleur

La ligne qui compte vraiment dans ce tableau est la cinquième : ni l'un ni l'autre ne peut vendre le bien entier seul. Une SCI qui voudrait liquider sa position en cours de démembrement n'a que deux portes de sortie. Convaincre l'usufruitier de vendre avec elle, ou céder sa seule nue-propriété sur un marché d'occasion très étroit. J'y reviens au chapitre 8.

Pourquoi loger l'opération dans une SCI plutôt qu'en direct

Disons-le franchement : la nue-propriété s'achète très bien en nom propre, et beaucoup d'investisseurs n'ont aucune raison de monter une société pour ça. La SCI se justifie quand vous cherchez ce que la détention directe ne donne pas.

  • Une transmission progressive et fluide. Vous donnez des parts, pas des mètres carrés : les abattements de l'article 779 du CGI (100 000 € par parent et par enfant, renouvelables tous les quinze ans en application de l'article 784) se réutilisent tranche par tranche. Voir donner des parts de SCI.
  • Une gouvernance écrite. Les statuts organisent les pouvoirs du gérant, les majorités, l'agrément des cessions. Sur une opération à quinze ans, c'est loin d'être un détail : les associés d'aujourd'hui ne seront pas tous ceux du terme.
  • La sortie de l'indivision. Acheter à plusieurs une nue-propriété en indivision, c'est s'exposer à l'article 815 du Code civil et au droit de provoquer le partage à tout moment. La SCI verrouille. Comparaison détaillée dans indivision ou SCI.

À l'inverse, la SCI ajoute un coût de fonctionnement, des obligations d'assemblée générale et de comptabilité, et — c'est le point que beaucoup découvrent trop tard — une déclaration à ne pas oublier alors même que la société n'encaisse rien. Sur ce que la translucidité fiscale implique concrètement, lisez la translucidité fiscale de la SCI.

Vérifiez votre objet social avant de signer. Un objet rédigé « acquisition et gestion d'immeubles en vue de leur location » couvre l'achat d'une nue-propriété ; un objet trop étroit, non. Une SCI qui n'a jamais rien loué et n'a acquis qu'une nue-propriété n'a rien d'anormal, mais la cohérence entre l'objet, les statuts et les actes reste la meilleure protection en cas de contestation. Voir l'objet social de la SCI.


2. Valoriser la nue-propriété : barème de l'article 669 et prix négocié

C'est la confusion numéro un, et elle traverse toutes les plaquettes. Deux valeurs cohabitent dans une opération de nue-propriété. Elles ne servent pas à la même chose. Croire qu'elles doivent coïncider fait acheter au mauvais prix.

Le barème fiscal de l'article 669 du CGI

L'article 669 du CGI fixe, pour la liquidation des droits d'enregistrement et de la taxe de publicité foncière, la valeur respective de l'usufruit et de la nue-propriété comme une quotité forfaitaire de la valeur de la propriété entière. C'est un outil de liquidation d'impôt, pas une méthode d'évaluation financière.

Pour un usufruit viager, le I retient un barème par tranches d'âge de l'usufruitier :

Âge de l'usufruitier Valeur de l'usufruit Valeur de la nue-propriété
Moins de 21 ans révolus90 %10 %
Moins de 31 ans révolus80 %20 %
Moins de 41 ans révolus70 %30 %
Moins de 51 ans révolus60 %40 %
Moins de 61 ans révolus50 %50 %
Moins de 71 ans révolus40 %60 %
Moins de 81 ans révolus30 %70 %
Moins de 91 ans révolus20 %80 %
Plus de 91 ans révolus10 %90 %

Pour un usufruit à durée fixe — le cas de toutes les opérations temporaires —, le II de l'article 669 pose une règle beaucoup plus rustique : l'usufruit est estimé à 23 % de la valeur de la propriété entière pour chaque période de dix ans de sa durée, sans fractionner et sans égard à l'âge de l'usufruitier, la valeur obtenue ne pouvant excéder celle de l'usufruit viager.

Une période commencée compte pour une période entière, et cela produit des effets de seuil brutaux. Un usufruit de onze ans vaut fiscalement exactement autant qu'un usufruit de vingt ans : 46 %. Ajoutez une année de plus au second, vingt et un ans, et vous sautez à 69 %.

Durée de l'usufruit temporaire Périodes de 10 ans entamées Usufruit (art. 669 II) Nue-propriété
8 ans123 %77 %
10 ans123 %77 %
15 ans246 %54 %
20 ans246 %54 %
25 ans369 %31 %

La valorisation économique, celle que vous payez

Le prix réellement stipulé dans l'acte ne se déduit d'aucun barème. Il se négocie, et sa logique est celle de l'actualisation. En achetant la nue-propriété, vous renoncez à n années de loyers nets et vous récupérez, au terme, un bien dont la valeur suivra approximativement l'inflation. Le prix « juste », c'est donc la valeur actualisée du bien à l'échéance, ni plus ni moins.

D'où une lecture très simple, que je recommande de faire avant toute autre analyse : convertissez la décote en rendement annuel réel implicite. Si vous payez une fraction f de la valeur en pleine propriété pour une durée n, votre rendement réel annualisé, hors évolution du marché, vaut f -1/n − 1.

Prix de la nue-propriété Usufruit 10 ans Usufruit 15 ans Usufruit 20 ans
55 % (décote 45 %)6,2 %/an4,1 %/an3,0 %/an
60 % (décote 40 %)5,2 %/an3,5 %/an2,6 %/an
65 % (décote 35 %)4,4 %/an2,9 %/an2,2 %/an
70 % (décote 30 %)3,6 %/an2,4 %/an1,8 %/an

Ce chiffre est un rendement net de tout impôt et de toute charge, et réel si le bien suit l'inflation. Comparez-le à ce que rapporte, après impôt, une location nue classique : un rendement brut de 4,5 %, amputé d'un quart de charges, puis d'un impôt marginal à 30 % et de prélèvements sociaux à 17,2 %, laisse environ 1,8 % net par an, plus l'appréciation du bien. La comparaison n'est donc pas de même nature : les 3,5 % de la nue-propriété sont un rendement en capital, réel si le bien suit l'inflation, tandis que les 1,8 % du locatif sont un rendement de trésorerie auquel il faut encore ajouter la valorisation du bien. À décote correcte, la nue-propriété reste devant — sans locataire, sans travaux, sans vacance —, mais l'écart est plus étroit que ne le laisse croire une lecture rapide.

Ma règle de rejet : en dessous de 3 % de rendement réel implicite, je passe mon tour. Une nue-propriété à 70 % sur vingt ans, c'est 1,8 %/an sans liquidité pendant deux décennies. Vous faites mieux sur un support liquide et sans risque immobilier. Et cette décote se juge sur la valeur de marché réelle du bien, pas sur le prix affiché par le commercialisateur : commencez par vérifier le prix au mètre carré du quartier.

Droits d'enregistrement et frais d'acquisition

Deux cas de figure, selon que le bien est neuf ou ancien.

  • Bien neuf ou en VEFA (le cas de la majorité des opérations d'usufruit locatif social) : la vente est dans le champ de la TVA, incluse dans le prix affiché, et la taxe de publicité foncière est perçue au taux réduit d'environ 0,715 %. Ajoutés aux émoluments du notaire et aux débours, les frais d'acquisition tournent autour de 2 à 3 % du prix.
  • Bien ancien : droits de mutation à titre onéreux au taux global d'environ 6,32 % dans la grande majorité des départements depuis la majoration ouverte par l'article 116 de la loi de finances pour 2025 (une minorité de départements reste à 5,81 %), auxquels s'ajoutent les émoluments du notaire selon le barème de l'article A444-91 du Code de commerce (3,870 / 1,596 / 1,064 / 0,799 %). Comptez 7,5 à 8 % du prix.

Ne ratez pas ce détail, il vaut de l'argent : ces droits se calculent sur le prix de la seule nue-propriété, pas sur la valeur en pleine propriété. Sur un bien à 300 000 € acquis en nue-propriété à 180 000 € dans l'ancien, l'assiette évitée est de 120 000 € : environ 7 600 € de droits de mutation en moins à 6,32 %, et près de 9 000 € si l'on ajoute le différentiel d'émoluments du notaire et la contribution de sécurité immobilière. L'article 669 sert alors de point de comparaison : si le prix stipulé s'écartait très sensiblement de la valeur que ce barème assigne au droit cédé, l'administration aurait un terrain pour discuter l'assiette.

Pour la comptabilisation de l'acquisition dans la SCI — ventilation terrain/construction, traitement des frais d'acte, écriture du droit démembré à l'actif —, notre guide écritures d'achat d'un immeuble en SCI détaille les schémas ; la ventilation entre terrain et construction, qui deviendra structurante au moment de la réunion si la société est à l'IS, est traitée dans déterminer la valeur du terrain.

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3. La répartition des charges entre l'usufruitier et la SCI

Voilà le chapitre que les plaquettes commerciales expédient en trois lignes, et celui que je vous conseille de lire deux fois. Le droit civil pose une répartition. La convention a le droit de la défaire. Et c'est l'écart entre les deux qui décide si votre investissement sera vraiment « sans souci » pendant quinze ans, ou s'il vous rappellera à lui un jour de ravalement.

La règle légale : articles 605 et 606 du Code civil

L'article 605 dispose que l'usufruitier n'est tenu qu'aux réparations d'entretien et que les grosses réparations demeurent à la charge du propriétaire, à moins qu'elles n'aient été occasionnées par le défaut de réparations d'entretien depuis l'ouverture de l'usufruit, auquel cas l'usufruitier en répond aussi.

L'article 606 définit limitativement les grosses réparations : celles des gros murs et des voûtes, le rétablissement des poutres et des couvertures entières, celui des digues et des murs de soutènement et de clôture en entier. Toutes les autres réparations sont d'entretien. La liste est étroite : une chaudière, une salle de bains, un ravalement de simple embellissement n'en font pas partie.

La jurisprudence ajoute ici deux nuances qui prennent la plupart des acheteurs à contre-pied :

  • Le nu-propriétaire ne peut pas être contraint d'exécuter les grosses réparations. La Cour de cassation l'a rappelé (3e civ., 10 juillet 2002, n° 00-22.158) : usufruitier et nu-propriétaire sont titulaires de droits réels indépendants, l'un ne peut pas obliger l'autre à faire. La SCI garde donc la maîtrise de sa dépense, mais elle assume aussi la dégradation du bien si elle choisit de ne rien faire.
  • Le nu-propriétaire ne peut pas nuire aux droits de l'usufruitier. L'article 599, alinéa 1er, du Code civil ne vise que lui : « le propriétaire ne peut, par son fait, ni de quelque manière que ce soit, nuire aux droits de l'usufruitier ». Des travaux de restructuration décidés unilatéralement par la SCI en cours d'usufruit sont donc juridiquement fragiles. L'obligation symétrique de l'usufruitier ne se fonde pas sur ce texte mais sur les articles 578, 601 et 618 (jouir en bon père de famille, fournir caution, déchéance en cas d'abus de jouissance).

Ce que la convention prévoit, et pourquoi elle prime

Les articles 605 et 606 ne sont pas d'ordre public. Dans une opération d'usufruit locatif social bien construite, la convention met l'intégralité des charges, travaux et réparations — grosses réparations comprises — à la charge de l'usufruitier, qui s'engage en outre à restituer le bien en bon état d'entretien. C'est précisément ce qui fait la valeur du montage : quinze ans sans un euro à sortir.

Le législateur a d'ailleurs prévu le sujet. L'article L. 253-1-1 du CCH impose que « la convention d'usufruit précise la répartition des dépenses de l'immeuble entre nu-propriétaire et usufruitier », et il tranche lui-même deux points souvent litigieux :

  • pendant toute la durée de la convention, l'usufruitier assume seul le paiement des provisions prévues aux articles 14-1 (budget prévisionnel) et 14-2-1 (fonds de travaux) de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965. La question du fonds de travaux est donc réglée par la loi dans une opération d'usufruit locatif social, et non par la seule négociation ;
  • par dérogation à l'article 23 de la même loi, l'usufruitier est de droit le mandataire commun en copropriété et dispose d'une délégation de vote sur les décisions des articles 24, 25 et d'une partie de l'article 26 ;
  • la convention doit enfin fixer la répartition des charges à son expiration ainsi que le sort des avances, provisions et régularisations postérieures — étant précisé que ces clauses sont inopposables au syndicat des copropriétaires, qui continue de s'adresser au propriétaire au sens de la loi de 1965.

Mais ce n'est pas automatique, et l'article L. 253-1-1 ne s'applique qu'aux conventions d'usufruit relevant du chapitre III du titre V du livre II du CCH. J'ai vu des conventions laisser à la charge du nu-propriétaire la quote-part de fonds de travaux, les appels de fonds pour ravalement votés en assemblée générale de copropriété, ou l'assurance propriétaire non occupant. Avant de signer, posez au commercialisateur ces cinq questions et exigez la clause qui répond à chacune :

  1. Qui supporte les grosses réparations de l'article 606 ?
  2. Qui supporte les charges de copropriété, courantes et exceptionnelles, et les appels de fonds travaux votés pendant l'usufruit ?
  3. Qui alimente et qui supporte le fonds de travaux obligatoire de la copropriété ?
  4. Qui assure le bien, et pour quel compte ?
  5. Dans quel état le bien doit-il être restitué, et selon quelle procédure de constat contradictoire ?

Sur ces sujets, nos guides charges de copropriété en SCI, appels de fonds de copropriété, fonds de travaux ALUR et assurance PNO et GLI détaillent le régime applicable une fois que vous saurez qui paie quoi.

La taxe foncière : à l'usufruitier, par la loi

Aucune ambiguïté ici. Le II de l'article 1400 du CGI prévoit que, lorsque l'immeuble est grevé d'usufruit, l'imposition à la taxe foncière est établie au nom de l'usufruitier. La logique est explicitée par la doctrine (BOI-IF-TFB-10-20-20) : la taxe frappe les produits de l'immeuble, sa charge doit peser sur celui qui a la propriété utile. Le nom de l'usufruitier figure au rôle à la suite de celui du nu-propriétaire.

La SCI ne reprend donc la taxe foncière à son compte qu'à partir de l'année qui suit la réunion. C'est un poste substantiel : sur quinze ans, une taxe foncière de 1 400 € par an représente plus de 21 000 € que la SCI n'a pas décaissés. Ce montant fait partie intégrante du rendement du montage, même s'il n'apparaît nulle part dans la plaquette. Pour la suite, voir la taxe foncière en SCI.

Poste Règle légale Usage en opération d'usufruit locatif social
Taxe foncièreUsufruitier (art. 1400 II CGI)Usufruitier
Réparations d'entretienUsufruitier (art. 605 C. civ.)Usufruitier
Grosses réparations (art. 606)Nu-propriétaireLe plus souvent transférées à l'usufruitier par la convention — à vérifier
Charges de copropriété courantes et fonds de travauxUsufruitier (charges de jouissance)Usufruitier, par la loi (art. L. 253-1-1 CCH)
Travaux votés en AG de copropriétéSelon leur nature (entretien ou grosse réparation)Point de vigilance n° 1 de la convention
Assurance du bienChacun pour son droitUsufruitier, en pratique
Gestion locative, vacance, impayésUsufruitier (il est le bailleur)Usufruitier — risque intégralement transféré

Ne passez pas trop vite sur la dernière ligne. En achetant une nue-propriété, la SCI ne se débarrasse pas seulement des charges : elle se débarrasse de la vacance locative, des impayés, des dégradations et de toute la relation avec le locataire. Si l'appartement reste vide trois ans, ce n'est pas votre problème. Comparez avec ce que coûte réellement un logement vacant dans vacance locative en SCI et avec les impayés de loyer : ce transfert de risque est la contrepartie la plus sous-estimée de la décote.


4. La fiscalité de la SCI pendant le démembrement : le cœur du sujet

Tout le montage tient dans cinq mots : pas de revenu, pas d'impôt. Encore faut-il regarder ce que cette absence de revenu emporte derrière elle. Et notamment ce qu'elle fait aux intérêts d'emprunt, qui est rarement ce que l'acheteur espérait.

Zéro revenu, zéro imposition

La SCI à l'IR relève de l'article 8 du CGI : elle n'est pas redevable de l'impôt, son résultat est imposé entre les mains des associés à proportion de leurs droits. Or, pendant le démembrement, son résultat foncier est nul. Les loyers sont perçus par l'usufruitier et imposés chez lui. Dans une opération d'usufruit locatif social, c'est donc le bailleur social qui les déclare, et vous n'avez rien à faire de votre côté.

Résultat, du côté des associés, il n'y a strictement rien :

  • aucun impôt sur le revenu au barème progressif ;
  • aucun prélèvement social à 17,2 % (le taux des revenus fonciers, à ne pas confondre avec les 18,6 % qui frappent depuis 2026 les dividendes, les intérêts et les plus-values mobilières — voir les prélèvements sociaux 2026) ;
  • aucune contribution sur les revenus locatifs, faute de loyers encaissés par la société (le régime de la CRL ne redeviendra pertinent qu'après la réunion, si la SCI loue) ;
  • aucun effet sur le revenu fiscal de référence, donc aucune répercussion sur les dispositifs qui en dépendent.

C'est là que le montage prend tout son sens pour un associé fortement imposé. Le rendement de 3,5 % réel calculé au chapitre 2 est un rendement net. Pour l'égaler avec un investissement locatif classique imposé à une tranche marginale de 41 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, il faudrait dégager plus de 8 % de rentabilité nette de charges. Ce n'est pas courant.

Les intérêts d'emprunt : le point qui fait échouer les montages

Voilà le sujet sur lequel je vois passer le plus d'espoirs déçus. Le raisonnement fiscal de base est implacable : les charges ne sont déductibles des revenus fonciers que si elles se rapportent à des immeubles dont les revenus sont imposables et si elles ont été engagées en vue de l'acquisition ou de la conservation du revenu. La doctrine le formule sans détour (BOI-RFPI-BASE-30-20-20 § 10) : le nu-propriétaire ne peut normalement pas déduire les charges foncières puisqu'il n'en perçoit aucun revenu imposable.

Il existe cependant deux ouvertures, et il faut les distinguer soigneusement.

Première ouverture — les charges autres que les intérêts, quand l'usufruitier loue. Le § 40 du même document admet que, lorsque l'immeuble est effectivement donné en location à titre onéreux dans des conditions normales et que le revenu correspondant est imposé au nom de l'usufruitier, le nu-propriétaire peut déduire les dépenses de conservation qu'il supporte du revenu de ses autres propriétés. Prenons un cas : la SCI paie une reprise de toiture de l'article 606 sur un immeuble que l'usufruitier loue normalement. La dépense s'impute sur les revenus fonciers de la société, donc sur ceux de ses autres immeubles, ou à défaut sur ceux des associés selon les règles de droit commun de l'article 156, I, 3° du CGI (BOI-RFPI-BASE-30-20-20 § 50). Changez un seul paramètre — l'usufruitier se réserve la jouissance du local, le cas du vendeur âgé qui continue d'habiter — et plus rien n'est déductible.

Seconde ouverture — les intérêts, et seulement dans le cas du bailleur social. Le d du 1° du I de l'article 31 du CGI vise les intérêts de dettes contractées pour la conservation, l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration des propriétés, « y compris celles dont le contribuable est nu-propriétaire et dont l'usufruit appartient à un organisme d'habitations à loyer modéré mentionné à l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation, à une société d'économie mixte ou à un organisme disposant de l'agrément prévu à l'article L. 365-1 du même code ». C'est une exception ciblée, créée pour rendre l'usufruit locatif social finançable.

Et la doctrine ne réserve pas cette faveur aux personnes physiques : elle admet expressément que la nue-propriété soit détenue « par une personne physique ou par l'intermédiaire d'une société civile non soumise à l'impôt sur les sociétés », ce qui vise aussi bien une SCPI qu'une SCI à l'IR (BOI-RFPI-BASE-30-20-20 § 80). Le montage en société ne fait donc perdre aucun droit à déduction, à une condition près, et elle est capitale : rester à l'impôt sur le revenu. La doctrine relève par ailleurs que ces conventions sont « en général conclues pour une durée d'au moins quinze ans » (§ 100), ce qui recoupe le plancher de l'article L. 253-1 du CCH.

Situation de la SCI nue-propriétaire Intérêts d'emprunt Autres charges supportées
Usufruit détenu par un organisme d'HLM, une SEM ou un organisme agrééDéductibles (art. 31, I, 1°, d CGI)Déductibles si l'immeuble est loué (BOI-RFPI-BASE-30-20-20 § 40)
Usufruit détenu par un investisseur privé qui loue le bienNon déductiblesDéductibles du revenu des autres propriétés
Usufruitier qui se réserve la jouissance du bienNon déductiblesNon déductibles

Le sort du déficit d'intérêts dans le cas du bailleur social

Ne vous emballez pas trop vite : la déduction existe, mais son utilisation est encadrée. La doctrine précise (BOI-RFPI-BASE-30-20-20 § 120 à § 140) que seuls les intérêts d'emprunt entrent dans le dispositif (les intérêts d'autres dettes en sont exclus) et que la fraction du déficit foncier résultant de ces intérêts s'impute exclusivement sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Ce déficit n'est donc pas un cadeau, c'est un crédit d'impôt différé. Utilisable si les associés ont d'autres revenus fonciers, et seulement dans une fenêtre de dix ans. Ce que cela donne concrètement :

  • Un associé sans aucun autre revenu foncier ne tirera rien de cette déduction. Le déficit s'accumule et périme.
  • Un associé qui perçoit déjà 15 000 € de revenus fonciers nets voit au contraire chaque euro d'intérêt effacer un euro imposé à sa tranche marginale plus 17,2 %. Sur une tranche à 30 %, l'économie atteint 47,2 % du montant des intérêts.
  • Le déficit est constaté au niveau de la société puis réparti entre les associés. Il faut donc que la déclaration soit déposée pour qu'il existe : voir la déclaration 2072, et le report de la quote-part sur la 2044 côté associé.

Le régime général du déficit foncier — plafond de 10 700 € imputable sur le revenu global, sort particulier des intérêts — est détaillé dans le déficit foncier en SCI. La différence, dans notre cas : le déficit est intégralement composé d'intérêts, donc rien ne descend sur le revenu global. Pas un euro.

L'IFI : le nu-propriétaire n'est pas imposé

L'article 968 du CGI pose une règle simple : les actifs immobiliers grevés d'un usufruit sont compris dans le patrimoine de l'usufruitier pour leur valeur en pleine propriété. Le nu-propriétaire ne déclare rien.

Le texte prévoit trois exceptions, dans lesquelles l'imposition est au contraire répartie entre usufruitier et nu-propriétaire selon les proportions de l'article 669 :

  1. lorsque l'usufruit résulte de l'application des articles 757, 767, 1094 ou 1098 du Code civil, c'est-à-dire pour l'essentiel de l'usufruit légal du conjoint survivant, à condition qu'il ne soit ni vendu ni cédé à titre gratuit ;
  2. lorsque le démembrement résulte de la vente d'un bien dont le vendeur s'est réservé l'usufruit (ou un droit d'usage ou d'habitation) et que l'acquéreur n'est pas l'une des personnes visées à l'article 751 du CGI (héritier présomptif, donataire, personne interposée) ;
  3. lorsque l'usufruit (ou le droit d'usage ou d'habitation) a été réservé par le donateur d'un bien donné ou légué à l'État, à un département, à une commune ou à un syndicat de communes et à leurs établissements publics, aux établissements publics nationaux à caractère industriel et commercial ou à une association reconnue d'utilité publique.

Aucune de ces trois exceptions ne vise l'achat d'une nue-propriété auprès d'un tiers. Dans une opération d'usufruit locatif social, la conséquence est nette : l'usufruitier est un bailleur social, personne morale hors du champ de l'IFI, et le nu-propriétaire n'est pas imposable. La valeur n'est taxée nulle part pendant toute la durée du démembrement. Et les parts de la SCI ne portent, à hauteur de ce bien, aucune fraction taxable.

Attention à l'excès de zèle. L'effacement d'IFI est une conséquence légale du montage, pas son objectif affichable. Une opération dont l'économie tiendrait exclusivement à l'évitement de l'impôt, sans substance ni logique patrimoniale, s'exposerait à la procédure de l'article L64 du LPF. Le montage est solide parce qu'il repose sur une vraie renonciation aux revenus pendant quinze ans ; c'est cette réalité économique qui le protège. Lire abus de droit et SCI et SCI et IFI.

Et les obligations déclaratives, alors ?

La société continue de vivre : assemblée générale annuelle, approbation des comptes, registres, comptabilité. Ne prenez pas une SCI sans recette pour une SCI sans obligations : c'est la meilleure façon de laisser s'installer une apparence de société fictive et de compliquer inutilement la transmission des parts quinze ans plus tard. Nos guides assemblée générale de SCI et comptabilité de la SCI couvrent le minimum vital.


5. La sortie : extinction de l'usufruit, revente, plus-value

La sortie décide si le montage a tenu ses promesses. Fiscalement, c'est le chapitre le plus favorable du dossier, et de loin.

L'extinction : aucun droit, aucun impôt

À l'arrivée du terme, l'usufruit s'éteint de plein droit. Aucun acte n'est nécessaire, aucun prix n'est dû, aucune formalité n'est à accomplir. Tout au plus une mention au fichier immobilier, pour la clarté des origines de propriété. L'article 617 du Code civil énumère les causes d'extinction ; l'expiration du temps pour lequel il a été accordé en fait partie.

Fiscalement, l'article 1133 du CGI est catégorique : « sous réserve des dispositions de l'article 1020, la réunion de l'usufruit à la nue-propriété ne donne ouverture à aucun impôt ou taxe lorsque cette réunion a lieu par l'expiration du temps fixé pour l'usufruit ou par le décès de l'usufruitier ». C'est le pivot du montage : la SCI reçoit gratuitement, et sans imposition, un droit qui valait 40 % du bien.

Le calendrier de sortie d'une opération d'usufruit locatif social

Si l'usufruitier est un bailleur social, un locataire occupe le logement et la loi organise sa sortie. L'article L. 253-4 du CCH pose le principe : « le bail conclu dans le cadre d'un usufruit prend fin de plein droit au plus tard à la date de l'extinction des droits d'usufruit sur le bien loué ». Les articles L. 253-5 et L. 253-6 en organisent le calendrier :

Échéance Qui agit Ce qui se passe
12 mois avant le termeUsufruitierRappel des dispositions applicables au locataire et au nu-propriétaire, et de l'extinction du bail au terme de l'usufruit (art. L. 253-6 CCH)
6 mois avant le termeSCI nue-propriétaireNotification par lettre recommandée : renouvellement de la convention d'usufruit, proposition d'un nouveau bail au locataire, ou congé pour vendre ou pour reprise dans les formes de l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989 (art. L. 253-5 CCH)
3 mois avant le termeUsufruitierOffre de relogement au locataire qui remplit toujours les conditions de ressources fixées par décret (art. L. 253-6 CCH) ; le locataire qui n'a ni conclu le bail proposé par le nu-propriétaire ni accepté l'offre de relogement de l'usufruitier-bailleur est déchu de tout titre d'occupation à l'expiration de l'usufruit (art. L. 253-7) — c'est le refus des deux offres, et non l'absence d'offre, qui emporte déchéance
Au termeSCIRécupération de la pleine propriété. Le bail consenti par l'usufruitier prend fin de plein droit (art. L. 253-4 CCH)

Le piège du congé pour reprise. Beaucoup d'investisseurs achètent une nue-propriété en pensant loger un enfant au terme. Or l'article 15-I de la loi du 6 juillet 1989 réserve le congé pour reprise au bailleur personne physique et, par renvoi de l'article 13, à la société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré inclus, au profit d'un associé. Une SCI entre amis ou entre associés non parents ne pourra jamais donner congé pour reprise. Si votre projet est celui-là, constituez une SCI familiale dès le départ et lisez le congé pour reprise en SCI ainsi que loger un enfant ou un parent via la SCI.

Après la réunion : louer, occuper, vendre

Une fois pleine propriétaire, la SCI redevient un bailleur ordinaire. Elle peut louer, mettre le bien à disposition d'un associé, ou vendre.

  • Louer. Les revenus fonciers redeviennent imposables entre les mains des associés, avec les prélèvements sociaux à 17,2 %. C'est le moment où le déficit d'intérêts accumulé pendant le démembrement peut enfin s'imputer, à condition d'être encore dans le délai de dix ans. Voir SCI et bail d'habitation et le modèle de bail.
  • Mettre à disposition d'un associé. Attention, l'opération n'est pas neutre : la mise à disposition gratuite prive la société de recettes et interdit corrélativement la déduction des charges. Le cadre est décrit dans louer un bien de la SCI à un associé.
  • Vendre. Le calcul de la plus-value réserve une bonne surprise, développée juste après.

La plus-value en cas de revente : le prix d'acquisition reconstitué

Si vous ne deviez retenir qu'un paragraphe de ce guide, ce serait celui-ci. C'est le plus gros avantage du montage, et pratiquement personne ne le connaît avant de signer. Pour une SCI à l'IR, la revente relève du régime des plus-values immobilières des particuliers (article 150 U du CGI), la société n'étant qu'un écran translucide.

Or la doctrine (BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10 § 220) énonce que, « d'une manière générale, lorsque l'usufruit a été acquis par voie d'extinction, son prix d'acquisition est nul. Toutefois, il est admis de retenir pour le calcul de la plus-value immobilière imposable la valeur vénale de chacun des droits » — donc la valeur de la pleine propriété — « à la date d'entrée de la nue-propriété dans le patrimoine du cédant ».

Traduisez : la SCI a payé 180 000 € pour un bien qui en valait 300 000 € le jour de l'acte. Au moment de la revente, elle retient un prix d'acquisition de 300 000 €. Les 120 000 € reçus gratuitement par l'effet de l'extinction ne sont jamais imposés. La plus-value ne porte que sur l'appréciation réelle du marché entre l'achat et la revente.

Restent deux points de calcul, souvent mal maîtrisés :

  • La durée de détention se décompte depuis l'acquisition de la nue-propriété. La réunion par extinction n'est pas une acquisition nouvelle et n'ouvre pas une seconde période. Au terme d'un usufruit de quinze ans, la SCI bénéficie donc déjà de dix années d'abattement (6 % par an de la sixième à la vingt et unième année pour l'impôt sur le revenu, 1,65 % par an pour les prélèvements sociaux). L'exonération totale intervient à vingt-deux ans pour l'IR et à trente ans pour les prélèvements sociaux.
  • La surtaxe de l'article 1609 nonies G s'applique au-delà de 50 000 € de plus-value imposable, appréciée au niveau de la société (BOI-RFPI-TPVIE-20 § 60) et non associé par associé. Avec un prix d'acquisition reconstitué, on l'atteint rarement.

Le régime complet — abattements, exonérations, calcul pas à pas — est traité dans la plus-value en SCI à l'IR et, pour la mécanique de la vente elle-même, dans vendre un immeuble détenu par une SCI.

Revendre la nue-propriété avant le terme

Juridiquement, rien ne l'interdit : la nue-propriété est un droit réel autonome et cessible, et l'article 621, alinéa 2, du Code civil confirme que « la vente du bien grevé d'usufruit, sans l'accord de l'usufruitier, ne modifie pas le droit de ce dernier, qui continue à jouir de son usufruit sur le bien s'il n'y a pas expressément renoncé ». La SCI n'a donc besoin de l'accord de personne pour céder sa position — sauf clause contraire de la convention de démembrement (certaines prévoient un droit de préférence au profit de l'usufruitier : vérifiez). L'alinéa 1er du même article règle, lui, le cas différent de la vente simultanée des deux droits, dont le prix se répartit selon la valeur respective de chacun d'eux, sauf report conventionnel de l'usufruit sur le prix.

Économiquement, c'est une autre affaire. Le marché secondaire de la nue-propriété existe mais reste étroit : peu d'acheteurs, aucune cotation, une valorisation qui dépend de la durée résiduelle. Attendez-vous à céder avec une décote supplémentaire par rapport à la valeur théorique actualisée, d'autant plus forte que la durée restante est longue. Le calcul de la plus-value se fait alors sur le seul droit cédé, en retenant la fraction du prix d'acquisition correspondante.

Une alternative existe et elle est souvent meilleure : céder les parts de la SCI plutôt que la nue-propriété du bien. Attention toutefois, depuis le 27 juin 2026, l'article 1865-1 du Code civil impose que la cession de parts d'une personne morale à prépondérance immobilière soit constatée par acte notarié, par acte d'avocat contresigné ou, dans les cas où il y est légalement habilité, par acte d'un expert-comptable — à peine de nullité. L'acte sous seing privé rédigé entre associés ne vaut plus rien. Voir la cession de parts de SCI.


6. La SCI à l'IS : la nue-propriété est-elle amortissable ?

On me pose cette question à chaque fois qu'un client envisage l'impôt sur les sociétés. Elle mérite mieux qu'un oui ou un non lâché sans démonstration.

La réponse : non pendant le démembrement

Un élément d'actif ne s'amortit que si son utilisation par l'entreprise est déterminable, c'est-à-dire limitée dans le temps. C'est le fondement de l'amortissement, repris par l'article 39, 1, 2° du CGI et par le plan comptable général. Or la nue-propriété d'un immeuble n'a rien d'un droit qui s'épuise : elle ne se déprécie pas par l'écoulement du temps, elle s'apprécie, puisque chaque année écoulée rapproche la reconstitution de la pleine propriété. Le raisonnement est le miroir exact de celui qui rend l'usufruit amortissable : le Conseil d'État a jugé qu'un droit d'usufruit portant sur un immeuble constitue un actif amortissable dès lors que ses effets bénéfiques prennent fin à une date déterminable — y compris pour un usufruit viager, en se référant aux tables de mortalité de l'INSEE (CE, 24 avril 2019, n° 419912). La nue-propriété, dont les effets bénéfiques ne prennent jamais fin, échappe par construction à ce raisonnement.

Droit acquis par une société à l'IS Amortissable ? Raison
Usufruit temporaireOui, sur sa duréeDroit dont la valeur s'épuise avec l'écoulement du temps et disparaît au terme
Nue-propriété pendant le démembrementNonDroit dont la valeur croît avec le temps ; aucune consommation d'avantages économiques
Immeuble en pleine propriété après la réunionOui, par composantsRetour au régime de droit commun, sur la base du coût inscrit à l'actif

Après la réunion, l'amortissement démarre enfin, mais sur la seule base du coût d'acquisition de la nue-propriété, ventilé entre terrain non amortissable et composants de construction. Sur notre exemple : la SCI amortira 180 000 € moins la quote-part de terrain, là où l'acquisition en pleine propriété du même bien aurait donné une base de 300 000 €. L'avantage classique de l'IS — l'amortissement qui neutralise le résultat locatif — est amputé de 40 %, et il n'arrive qu'après quinze ans d'attente. La mécanique complète est décrite dans l'amortissement en SCI à l'IS et le plan d'amortissement.

Ce que l'IS apporte quand même : la déduction des charges sans revenu

Soyons juste, l'IS a un vrai atout dans ce montage. Une société soumise à l'IS détermine un résultat d'entreprise : ses charges sont déductibles dès lors qu'elles sont engagées dans l'intérêt social, sans condition de rattachement à un revenu de la même nature. Les intérêts d'emprunt, les frais d'acte s'ils ne sont pas immobilisés, les frais de tenue de comptabilité, l'assurance emprunteur : tout cela crée un déficit reportable en avant sans limitation de durée (article 209, I du CGI), imputable sur les bénéfices futurs dans la limite annuelle de 1 million d'euros majorée de 50 % de la fraction excédentaire.

Autrement dit : là où l'IR condamne les intérêts à l'inutilité (sauf usufruit locatif social), l'IS les stocke sans date de péremption. Voir le déficit reportable en SCI à l'IS.

Pourquoi l'IS reste, malgré tout, le mauvais choix

Parce que la sortie annule tout le reste. À l'IS, la revente relève du régime des plus-values professionnelles : la plus-value est égale à la différence entre le prix de cession et la valeur nette comptable, c'est-à-dire le coût de la nue-propriété diminué des amortissements pratiqués après la réunion. Il n'existe ici aucun mécanisme de reconstitution du prix d'acquisition à la valeur de la pleine propriété, aucun abattement pour durée de détention.

Reprenons l'exemple. Bien à 300 000 €, nue-propriété payée 180 000 €, revente quinze ans plus tard à 375 000 €.

Élément SCI à l'IR SCI à l'IS
Prix d'acquisition retenu300 000 € (valeur en pleine propriété reconstituée)180 000 €, diminué des amortissements
Base taxable avant abattement75 000 €195 000 € (aucun amortissement à réintégrer, la SCI n'ayant rien pu amortir avant la réunion)
Abattement pour durée de détention60 % à l'IR, 16,5 % aux prélèvements sociauxAucun
Impôt sur la cessionEnviron 16 500 €Environ 44 500 € d'IS (15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, puis 25 % — art. 219, I, b du CGI)
Pour sortir le prix de la sociétéRien de plus, le prix est déjà chez les associésDistribution soumise au PFU à 31,4 %

La conclusion est difficile à contourner : la reconstitution gratuite de la pleine propriété, qui est le gain central du montage, est intégralement imposée à l'IS et intégralement exonérée à l'IR. Sauf projet très particulier (un patrimoine professionnel déjà logé à l'IS, une stratégie d'accumulation sur plusieurs décennies sans intention de revendre), gardez cette SCI à l'IR. Le comparatif général reste dans SCI à l'IS ou à l'IR, et la mécanique de la plus-value professionnelle dans la plus-value en SCI à l'IS. Si votre SCI est déjà à l'IS, notez que la renonciation reste possible jusqu'au cinquième exercice suivant celui de l'option (article 239, 1 du CGI) : revenir de l'IS à l'IR.

Un point non tranché, que je préfère signaler. Le traitement comptable et fiscal de la réunion elle-même chez une société à l'IS — l'actif reste-t-il inscrit pour son coût d'acquisition, ou faut-il constater un produit correspondant à la valeur de l'usufruit recueilli ? — ne fait l'objet d'aucune doctrine administrative explicite pour l'immobilier. La position dominante retient l'absence de produit imposable, l'actif demeurant au coût historique. Si vous envisagez ce montage à l'IS, faites valider le schéma par écrit : c'est exactement le genre de sujet sur lequel notre offre avec expert-comptable dédié prend son sens.


7. Le financement : ce qu'une banque accepte de prêter sans loyers

Un investissement locatif classique s'autofinance en partie : la banque intègre 70 à 80 % des loyers attendus dans le calcul du taux d'effort. Ici, il n'y a aucun loyer. La mensualité pèse intégralement sur les revenus des associés. C'est la contrainte structurante du montage.

Ce que les banques acceptent

  • Le financement de la nue-propriété est un dossier bancable, surtout lorsque l'usufruitier est un bailleur social clairement identifié : l'établissement connaît le produit et sait que la valeur du sous-jacent est intacte.
  • La garantie porte sur la nue-propriété, qui est hypothécable. Certaines banques préfèrent un nantissement d'un contrat d'assurance-vie ou d'un portefeuille de titres, notamment quand l'emprunt est adossé à un montage patrimonial plus large. Voir SCI et assurance-vie.
  • La durée est souvent calée sur celle du démembrement, ou légèrement inférieure, pour que la SCI soit désendettée quand les loyers arrivent.
  • L'assurance emprunteur reste exigée dans les conditions habituelles, sur la tête des associés ou du gérant selon la structuration du prêt.

Amortissable ou in fine ?

Les deux se défendent. Le choix n'est pas neutre pour autant, et il dépend surtout de ce que les associés ont comme revenus fonciers à côté.

Critère Prêt amortissable Prêt in fine
Effort mensuelÉlevé, constantFaible (intérêts seuls) mais capital à rembourser en une fois
Coût total des intérêtsPlus faibleNettement plus élevé
Intérêt fiscal en cas d'usufruit locatif socialDéduction décroissanteDéduction constante et maximale — utile si les associés ont beaucoup de revenus fonciers
Adossement exigé par la banqueRarePresque systématique (nantissement)

Le raisonnement complet sur les deux formules est dans le prêt in fine en SCI, et la préparation du dossier bancaire dans obtenir un prêt bancaire en SCI. Pensez aussi à mesurer l'impact de cet engagement sur votre capacité d'emprunt personnelle : un crédit sans revenu locatif compensateur consomme votre capacité d'endettement bien plus vite qu'un investissement classique.

Le point de trésorerie que personne n'anticipe

La SCI n'encaisse rien pendant quinze ans, mais elle doit payer la mensualité, les frais de tenue de comptabilité et éventuellement une prime d'assurance. Il faut donc que quelqu'un alimente la trésorerie : les associés, par des apports en compte courant d'associé, ou par un capital social suffisant.

Deux précautions, et elles se prennent le premier jour, pas la dixième année. D'abord, formalisez ces apports : une convention de compte courant écrite évite les discussions quinze ans plus tard, surtout si les associés n'apportent pas à proportion de leurs parts. Ensuite, surveillez le sens du solde : un compte courant débiteur serait un signal très négatif dans une société sans recette. Le suivi de la trésorerie prévisionnelle sur toute la durée du démembrement est traité dans le cash-flow d'une SCI.


8. Pour qui acheter en nue-propriété est pertinent — et les cinq risques

La mécanique est posée. Reste la seule question qui décide vraiment : acheter la nue-propriété d'un bien via une SCI est-il adapté à votre situation ? Ce montage n'est ni bon ni mauvais dans l'absolu. Il l'est pour un profil, et pour un horizon.

Les profils pour lesquels le montage fonctionne

  • Préparer un complément de revenus à échéance connue. Un actif de 45 ans qui achète une nue-propriété sur quinze ans se constitue un revenu locatif qui démarre pile au moment de la retraite, sans avoir payé d'impôt pendant la phase de constitution. C'est le cas d'usage le plus rationnel du produit.
  • Loger un enfant plus tard. À condition d'avoir constitué une SCI familiale — relisez l'encadré du chapitre 5 sur le congé pour reprise. Le calendrier se cale sur les études ou l'installation professionnelle.
  • Transmettre en tranches. Acheter la nue-propriété via une SCI puis donner les parts progressivement combine deux décotes de nature différente : celle du démembrement du bien, et l'usage répété des abattements de donation. Voir la donation de parts et léguer des parts de SCI.
  • Neutraliser l'IFI sur une phase d'accumulation. Conséquence légale du montage, à ne pas ériger en objectif exclusif (chapitre 4).
  • Investir sans temps disponible. Zéro gestion, zéro locataire, zéro appel du syndic pendant quinze ans. Pour un professionnel très occupé, ce n'est pas un détail — c'est parfois la seule raison valable.

Les profils pour lesquels c'est une mauvaise idée

  • Celui qui a besoin de revenus maintenant. Le montage produit exactement zéro euro pendant toute sa durée. Si vous cherchez un flux, regardez plutôt le rendement d'une SCI en location ou la comparaison avec les SCPI.
  • Celui qui compte sur la déduction des intérêts. Hors usufruit locatif social, elle n'existe pas. Un montage à crédit sur une nue-propriété acquise auprès d'un investisseur privé accumule des intérêts fiscalement stériles.
  • Celui dont l'horizon est incertain. Divorce probable, mobilité professionnelle, besoin de liquidité à cinq ans : la nue-propriété est le placement le plus illiquide de l'immobilier.
  • Le jeune investisseur qui débute avec un capital limité. Immobiliser toute son épargne dans un actif sans revenu pendant quinze ans est rarement le bon premier pas. Voir SCI et jeune investisseur.
  • Le non-résident, pour qui l'articulation avec les conventions fiscales et la fiscalité de sortie demande une analyse spécifique : SCI et non-résident.

Les cinq risques, sans enrobage

  1. La qualité de l'usufruitier. Un bailleur social solide, une SEM, un organisme agréé : le risque est faible et la convention est standardisée. Un usufruitier privé, société patrimoniale ou personne physique : vous dépendez de sa solvabilité pour l'entretien du bien pendant quinze ans, et vous n'avez aucun moyen simple de le contraindre. Vérifiez qui est en face avant de regarder la décote.
  2. L'état du bien à la restitution. C'est le risque le plus concret. Quinze ans de location sociale laissent des traces. Exigez une clause de remise en état, un constat contradictoire avant le terme, et provisionnez malgré tout un budget de remise à niveau : je conseille 5 à 8 % de la valeur du bien. Pensez aussi au diagnostic de performance énergétique : un logement classé E ou F au terme du démembrement peut être interdit à la location tant que des travaux n'ont pas été réalisés.
  3. L'illiquidité. Marché secondaire étroit, décote de sortie, aucun mécanisme de rachat garanti. Considérez que le capital est bloqué jusqu'au terme.
  4. L'horizon long. Quinze à vingt ans, c'est plus long qu'une carrière dans la même entreprise, plus long que la moyenne des mariages, et bien plus long que la durée de vie d'un régime fiscal. La règle de la reconstitution du prix d'acquisition, les abattements pour durée de détention, le régime de l'IFI : rien de tout cela n'est gravé dans le marbre.
  5. Le marché. Vous pariez sur la valeur d'un bien à quinze ans. Si le quartier se dégrade ou si le marché recule de 20 %, la décote initiale ne vous protège que partiellement : votre rendement réel implicite de 3,5 % se transforme en 2 % ou moins. Achetez l'emplacement, pas la décote.

Le test que je fais passer à tout dossier de nue-propriété : si le bien était vendu en pleine propriété au prix de marché, l'achèteriez-vous quand même comme investissement locatif ? Si la réponse est non, la décote ne rachètera pas un mauvais emplacement. Elle ne fait que déplacer le rendement dans le temps.


9. Cas chiffré sur quinze ans : le rendement réel du montage

Assez de principes. Prenons une opération réaliste — acheter la nue-propriété d'un appartement neuf via une SCI familiale à l'IR — et déroulons-la de bout en bout, de l'acte d'acquisition à la revente quinze ans plus tard.

Les données de départ

Donnée Valeur
StructureSCI familiale à l'IR, deux associés (parents), gérance conjointe
BienAppartement neuf de 62 m², valeur en pleine propriété 300 000 €
MontageUsufruit locatif social de 15 ans au profit d'un organisme d'HLM
Prix de la nue-propriété180 000 € (60 % de la pleine propriété)
Frais d'acquisition (neuf, TPF réduite)4 500 € — soit 2,5 %
Total investi184 500 €
ConventionToutes charges, travaux et grosses réparations à l'usufruitier ; remise en état au terme

Quinze ans de flux : le tableau le plus court du guide

Poste annuel Montant Sur 15 ans
Loyers encaissés0 €0 €
Impôt sur le revenu et prélèvements sociaux0 €0 €
Taxe foncière (art. 1400 II CGI)0 € — payée par l'usufruitierÉconomie d'environ 21 000 €
Charges de copropriété et travaux0 € par conventionÉconomie d'environ 25 000 €
IFI0 € (art. 968 CGI)Variable selon le patrimoine
Frais de fonctionnement de la SCI229 € (offre Autonomie)3 435 €

Au terme : trois scénarios de marché

À l'échéance, la SCI récupère la pleine propriété sans impôt ni droit (article 1133 du CGI). Le rendement dépend alors uniquement de la valeur du bien.

Scénario sur 15 ans Valeur au terme Rendement annualisé sur 184 500 €
Marché en baisse de 10 %270 000 €2,6 %/an
Marché stable300 000 €3,3 %/an
Marché à + 1,5 %/an375 000 €4,8 %/an

Ces rendements sont calculés avant imposition d'une éventuelle plus-value de revente, et nets de toute charge locative — l'opération n'en supporte aucune. Pour les comparer à un investissement locatif classique, il faut leur opposer un rendement également net : une location nue à 4,5 % brut, diminuée de 25 % de charges puis imposée à 30 % de tranche marginale et 17,2 % de prélèvements sociaux, laisse environ 1,8 % net par an, plus l'appréciation du bien. La nue-propriété fait mieux sur le rendement, mais elle ne produit pas un centime de trésorerie entre-temps. C'est un arbitrage entre performance et liquidité. Rien n'est offert.

Et si la SCI revend au terme ?

Scénario central, revente à 375 000 € après quinze ans de détention.

Étape du calcul Montant
Prix de cession375 000 €
Prix d'acquisition reconstitué (BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10 § 220)300 000 €
Plus-value brute75 000 €
Abattement pour durée de détention — impôt sur le revenu (10 années au-delà de la 5e × 6 %)60 % → base 30 000 €
Impôt sur le revenu à 19 %5 700 €
Abattement pour durée de détention — prélèvements sociaux (10 × 1,65 %)16,5 % → base 62 625 €
Prélèvements sociaux à 17,2 %10 771 €
Surtaxe de l'article 1609 nonies G (base 30 000 € < 50 000 €)0 €
Imposition totale16 471 €, soit 4,4 % du prix de vente

Net d'impôt, la SCI encaisse 358 529 € pour 184 500 € investis quinze ans plus tôt, soit 4,5 % par an ; en tenant compte des 229 € annuels de frais de fonctionnement de la société, le taux de rendement interne ressort à environ 4,4 % par an, frais de SCI inclus. Le même calcul en SCI à l'IS aurait laissé environ 44 500 € d'IS (15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, puis 25 %), puis un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % pour sortir le solde de la société. C'est toute la démonstration du chapitre 6.

La variante à crédit

Reprenons le même dossier avec un financement de 92 250 € (la moitié), amortissable sur quinze ans à 3,5 %. La mensualité s'établit autour de 660 €, et le coût total des intérêts approche 26 500 €.

  • Sans usufruit locatif social : ces 26 500 € d'intérêts ne sont déductibles nulle part. Ils réduisent mécaniquement le rendement de l'opération d'environ un point.
  • Avec un usufruit détenu par un organisme d'HLM : les intérêts sont déductibles au titre du d du 1° du I de l'article 31 du CGI, le déficit s'impute sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Si les associés disposent chaque année d'au moins 2 000 € de revenus fonciers nets, l'économie peut atteindre 47,2 % de 26 500 €, soit environ 12 500 €. Le crédit revient alors à moins de 14 000 € net.
  • Dans tous les cas : 660 € par mois à sortir pendant quinze ans, sans un euro de recette en face. C'est la contrainte réelle, et elle doit être supportable au premier jour, pas au terme.

À retenir de ce cas : le montage est excellent en fonds propres pour un contribuable fortement imposé, correct à crédit lorsque l'usufruitier est un bailleur social et que les associés ont d'autres revenus fonciers, et médiocre à crédit dans toutes les autres configurations. C'est aussi simple que ça.


10. FAQ — acheter la nue-propriété via une SCI

Le démembrement du bien et le démembrement des parts, c'est la même chose ?

Non, et les confondre coûte cher. Ici, la SCI est nue-propriétaire d'un bien : elle détient un droit réel démembré à son actif. Dans le démembrement de parts, c'est le titre social qui est scindé entre un usufruitier et un nu-propriétaire, la société restant pleine propriétaire de ses immeubles. Les deux se combinent parfaitement mais obéissent à des règles différentes, notamment sur la répartition du résultat. Voir démembrement en SCI.

Peut-on acheter la nue-propriété d'un local commercial ou de bureaux ?

Oui, le mécanisme du démembrement n'est pas réservé au logement. En revanche, l'exception de déduction des intérêts du d du 1° du I de l'article 31 du CGI vise les logements dont l'usufruit appartient à un bailleur social : elle ne s'applique pas à un local commercial. Les règles de TVA et de bail commercial ajoutent par ailleurs une couche de complexité, développée dans acheter un local commercial en SCI.

La SCI peut-elle acheter la nue-propriété d'un bien dont un associé garderait l'usufruit ?

Techniquement oui, mais soyez extrêmement prudent. Un montage dans lequel un associé vend la nue-propriété à sa propre SCI en se réservant l'usufruit sera regardé de près : le prix doit correspondre à la valeur réelle du droit cédé, le paiement doit être effectif, et l'intérêt social de l'opération doit pouvoir s'expliquer autrement que par un avantage fiscal. C'est un terrain classique de requalification et de contestation de la réalité de la société. Ne le faites pas sans avis écrit.

Qui déclare les loyers pendant le démembrement ?

L'usufruitier, exclusivement. C'est lui qui a la qualité de bailleur, qui signe le bail, qui encaisse les loyers et qui les déclare. La SCI nue-propriétaire n'a aucun revenu à déclarer et ses associés n'ont aucune quote-part à reporter — c'est précisément l'objet du montage. Le mécanisme de répartition en temps normal est expliqué dans la translucidité fiscale de la SCI.

Que se passe-t-il si l'usufruitier fait faillite ou disparaît ?

La nue-propriété de la SCI n'est pas atteinte : c'est un droit réel autonome, qui n'entre pas dans le gage des créanciers de l'usufruitier. En revanche, la disparition d'une personne morale usufruitière met fin à l'usufruit, et la SCI récupère la pleine propriété par anticipation sans avoir à payer quoi que ce soit. Le sort des baux en cours dépend du cadre : dans une opération d'usufruit locatif social, l'article L. 253-4 du CCH les fait prendre fin de plein droit au plus tard à l'extinction de l'usufruit ; hors de ce cadre, les baux consentis par l'usufruitier obéissent aux règles de l'article 595 du Code civil et le nu-propriétaire doit en principe en respecter le terme. Le vrai risque n'est pas patrimonial, il est opérationnel : plus personne pour entretenir le bien ni gérer les locataires.

La décote de 40 % est-elle négociable ?

Sur les programmes neufs commercialisés en bloc, très peu : le prix de la nue-propriété résulte d'un calcul d'équilibre avec le prix payé par le bailleur social pour l'usufruit. En revanche, tout se négocie sur le marché secondaire et sur les opérations de gré à gré avec un usufruitier privé. La vraie question n'est pas de gratter deux points de décote, c'est de vérifier que la valeur en pleine propriété affichée correspond au prix réel du marché local.

Peut-on faire des travaux d'amélioration pendant le démembrement ?

La SCI peut engager des travaux sur son bien, mais l'article 599 du Code civil lui interdit de nuire, par son fait, aux droits de l'usufruitier : concrètement, elle ne peut pas transformer un bien occupé sans son accord. Et fiscalement, ces dépenses ne seront déductibles que dans les conditions du chapitre 4 — c'est-à-dire seulement si l'usufruitier loue effectivement le bien, et sur les revenus fonciers des autres propriétés. Le régime général des travaux en SCI ne reprend ses droits qu'après la réunion.

Faut-il un notaire, et combien coûte l'acquisition ?

L'acquisition d'un droit immobilier exige en pratique un acte notarié, seul publiable au fichier immobilier : la vente est valable entre les parties par acte sous seing privé, mais c'est la publicité foncière — condition d'opposabilité aux tiers et exigence de tout financement bancaire — qui impose la forme authentique (décret n° 55-22 du 4 janvier 1955, art. 4). Sur du neuf, comptez 2 à 3 % du prix de la nue-propriété ; sur de l'ancien, 7,5 à 8 % avec des droits de mutation à environ 6,32 % dans la grande majorité des départements. Les frais se calculent sur le prix du droit acquis, pas sur la valeur en pleine propriété — c'est une économie substantielle.

Comment comptabiliser la nue-propriété dans la SCI ?

Le droit acquis s'inscrit à l'actif pour son coût d'acquisition, frais compris ou non selon l'option retenue, avec une ventilation entre terrain et construction qui deviendra structurante si la société est à l'IS. Aucun amortissement pendant le démembrement. Les schémas d'écriture sont détaillés dans les écritures d'achat d'un immeuble et, pour le financement, dans les écritures d'emprunt.

Et si la SCI veut au contraire vendre l'usufruit d'un bien qu'elle possède déjà ?

C'est l'opération symétrique, et elle a son propre régime : le 5 de l'article 13 du CGI soumet le produit de la première cession à titre onéreux d'un usufruit temporaire à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus que procure le bien, donc en revenus fonciers, imposés immédiatement et sans abattement, et non en plus-value. C'est un piège fréquent. Si votre objectif est de transmettre temporairement des revenus, la voie de la donation temporaire d'usufruit obéit à d'autres règles.

Structurez et suivez votre acquisition en nue-propriété dans SCI-AI

Une opération en nue-propriété, c'est quinze ans de silence comptable puis une bascule à ne pas rater. sci-ai.app inscrit le droit démembré à l'actif, suit l'emprunt, garde en mémoire l'échéance de fin d'usufruit et bascule la SCI en pleine propriété le moment venu. Et si vous voulez faire relire la convention de démembrement avant de signer, un expert-comptable dédié s'en charge.

Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Une acquisition en nue-propriété engage sur quinze à vingt ans : la qualité de l'usufruitier, la rédaction de la convention de démembrement, la situation fiscale propre à chaque associé et l'horizon de détention commandent une analyse au cas par cas avant toute signature.

FAQ

Questions fréquentes

Vous payez 55 à 70 % du prix au lieu de 100 %, et vous ne percevez aucun loyer pendant toute la durée du démembrement. Comme il n'y a aucun revenu, il n'y a ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux, ni charge de gestion. À l'extinction de l'usufruit, la SCI récupère la pleine propriété sans payer un euro de plus et sans droit ni impôt (article 1133 du CGI). L'opération transforme un rendement locatif taxé en une plus-value latente non taxée pendant la durée du démembrement.
Il faut distinguer deux valeurs. Le barème fiscal de l'article 669 du CGI sert à liquider les droits d'enregistrement : pour un usufruit à durée fixe, il retient 23 % de la valeur de la propriété entière par période de dix ans entamée, soit 46 % pour un usufruit de 15 ou de 20 ans. Le prix économiquement négocié, lui, résulte de l'actualisation des loyers auxquels vous renoncez : sur le marché des opérations d'usufruit locatif social, la nue-propriété se traite le plus souvent entre 55 et 70 % de la valeur en pleine propriété selon la durée.
Non. Le II de l'article 1400 du CGI prévoit que, lorsqu'un immeuble est grevé d'usufruit, l'imposition est établie au nom de l'usufruitier. C'est lui qui perçoit les revenus, c'est lui qui supporte la taxe foncière pendant toute la durée du démembrement. La SCI ne la reprend à sa charge qu'à compter de l'année qui suit la réunion de la pleine propriété.
En principe non : sans revenu foncier imposable, il n'y a rien à déduire. Une exception importante existe au d du 1° du I de l'article 31 du CGI, qui admet la déduction des intérêts de dettes contractées pour des propriétés dont le contribuable est nu-propriétaire et dont l'usufruit appartient à un organisme d'HLM (article L. 411-2 du CCH), à une société d'économie mixte ou à un organisme agréé. Le déficit qui en résulte s'impute alors exclusivement sur les revenus fonciers des dix années suivantes (BOI-RFPI-BASE-30-20-20).
Non, en règle générale. L'article 968 du CGI pose que les actifs grevés d'usufruit sont compris dans le patrimoine de l'usufruitier pour leur valeur en pleine propriété : le nu-propriétaire n'est pas imposé. Les trois exceptions du texte (usufruit légal du conjoint survivant, vente avec réserve d'usufruit à un acquéreur qui n'est pas un héritier présomptif au sens de l'article 751 du CGI, donation ou legs à l'État, à une collectivité, à un établissement public ou à une association reconnue d'utilité publique avec réserve d'usufruit) ne visent pas l'achat d'une nue-propriété auprès d'un tiers. Si l'usufruitier est un bailleur social, personne morale hors du champ de l'IFI, personne ne paie l'impôt sur cette valeur.
L'usufruit s'éteint de plein droit à l'arrivée du terme, sans formalité, sans acte à signer et sans prix à payer. L'article 1133 du CGI dispose que la réunion de l'usufruit à la nue-propriété ne donne ouverture à aucun impôt ni taxe lorsqu'elle résulte du décès de l'usufruitier ou de l'expiration du temps fixé. La SCI devient pleine propriétaire : elle peut louer, occuper via un associé dans les conditions du droit commun, ou vendre.
Pour une SCI à l'IR, la doctrine est très favorable : lorsque l'usufruit a été acquis par voie d'extinction, son prix d'acquisition est en principe nul, mais l'administration admet de retenir la valeur vénale de chacun des droits, donc la valeur de la pleine propriété, à la date d'entrée de la nue-propriété dans le patrimoine du cédant (BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10 § 220). Le prix d'acquisition est donc reconstitué à 100 %, ce qui neutralise la décote initiale dans le calcul de la plus-value.
Juridiquement oui : la nue-propriété est un droit réel cessible, la SCI n'a besoin de l'accord de personne, sauf clause contraire de la convention de démembrement. Économiquement, c'est le vrai point faible du montage : le marché secondaire de la nue-propriété est étroit, l'acheteur exige une décote supplémentaire et vous vendrez généralement en dessous de la valeur théorique actualisée. Considérez ce placement comme illiquide sur toute la durée du démembrement.
Non pendant le démembrement. Un actif ne s'amortit que si son utilisation est limitée dans le temps ; la nue-propriété ne se déprécie pas par l'écoulement du temps, elle s'apprécie au contraire par la reconstitution progressive de la pleine propriété. L'amortissement ne démarre qu'après la réunion, et sur la seule base du coût inscrit à l'actif, c'est-à-dire le prix décoté. À l'inverse, l'usufruit temporaire, dont la valeur s'épuise avec le temps, est un actif amortissable.
La règle légale figure aux articles 605 et 606 du Code civil : l'usufruitier n'est tenu qu'aux réparations d'entretien, les grosses réparations (gros murs, voûtes, poutres, couvertures entières, digues et murs de soutènement) demeurent à la charge du propriétaire. Mais cette règle n'est pas d'ordre public : dans une opération d'usufruit locatif social, la convention met le plus souvent l'intégralité des travaux, y compris les grosses réparations, à la charge de l'usufruitier. Lisez la convention avant de signer, c'est le poste qui fait la différence entre une opération sans souci et une mauvaise surprise à quinze ans.
Dans le cadre d'un usufruit locatif social, le bail conclu par l'usufruitier prend fin avec l'usufruit et la loi organise une sortie encadrée : information du locataire un an avant, notification du nu-propriétaire six mois avant (renouvellement de la convention, nouveau bail, congé pour vendre ou pour reprise), puis offre de relogement par le bailleur social trois mois avant l'extinction si le locataire remplit toujours les conditions de ressources. En pratique, prévoyez que la libération effective puisse prendre plusieurs mois au-delà du terme théorique.
Seulement si elle est une SCI familiale. L'article 15-I de la loi du 6 juillet 1989 réserve le congé pour reprise au bailleur personne physique et, par renvoi de l'article 13, à la société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré inclus, au profit d'un associé. Une SCI entre amis ou entre partenaires d'affaires ne peut pas donner congé pour reprise : elle ne pourra que proposer un nouveau bail ou vendre.
Oui, mais elle ne raisonne pas comme sur un investissement locatif classique. Il n'y a aucun loyer à intégrer dans le calcul du taux d'effort : la mensualité pèse intégralement sur les revenus des associés ou sur la trésorerie de la SCI. Les banques financent volontiers ce type d'opération lorsque l'usufruitier est un bailleur social identifié, avec une durée de prêt souvent calée sur celle du démembrement, une garantie hypothécaire ou un nantissement, et une assurance emprunteur classique.
L'IR est presque toujours préférable. À l'IS, la SCI ne peut rien amortir pendant le démembrement, elle amortira ensuite sur une base réduite au prix décoté, et surtout la revente sera taxée sur la valeur nette comptable : la reconstitution gratuite de la pleine propriété est intégralement imposée à l'IS (15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, puis 25 %), puis de nouveau à 31,4 % lors de la distribution. À l'IR, le prix d'acquisition est reconstitué à la valeur de la pleine propriété et les abattements pour durée de détention s'appliquent.
Trente ans au maximum. L'article 619 du Code civil dispose que l'usufruit qui n'est pas accordé à des particuliers ne dure que trente ans. Dans le cadre d'un usufruit locatif social, l'article L. 253-1 du CCH impose par ailleurs une durée minimale de quinze ans. Les opérations du marché se situent donc presque toujours entre quinze et vingt ans.
Oui, la vie sociale continue : assemblée générale annuelle, approbation des comptes, tenue des registres, comptabilité de la SCI. Sur le plan fiscal, une SCI à l'IR sans recette n'a en principe pas de résultat foncier à répartir — mais dans le cas particulier de l'usufruit détenu par un bailleur social, le dépôt de la déclaration est précisément ce qui matérialise le déficit d'intérêts et ouvre son report sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Ne sautez pas cette étape.